Départ de Catherine Dorion de la politique active

2 avril 2022

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le départ de la politique de la députée de Taschereau pour Québec solidaire, Catherine Dorion, va creuser un grand vide au sein de la députation de QS qui perd une politicienne hors norme dont la spontanéité et la transparence ont nettement contribué à lui procurer ses lettres de noblesse. Quand Catherine Dorion s’exprimait à l’Assemblée nationale ou devant les caméras, il n’était pas question d’utiliser la lange de bois, son argumentaire était sans ambiguïté.

Catherine Dorion sort de la politique mais soyez sûrs que la politique ne sortira pas complètement de ses sujets d’intérêt qui vont sûrement se pointer là où elle a laissé il y a quatre ans, soit dans sa carrière artistique sans pour autant cesser de militer pour les causes sociales qui lui tiennent à cœur.

Dans sa «lettre d’amour aux gens de Taschereau» de plus de 10 minutes publiée sur sa page Facebook, Catherine Dorion déclare qu’« on a gagné des choses à Québec à travers tout le tumulte des dernières années, et il ne faudra pas lâcher le morceau. Et pas seulement à l’Assemblée nationale, mais dans la rue aussi. Et moi, c’est ça que je veux faire maintenant. Je veux militer sur le terrain, dans les salles de spectacle et dans les bars, dans des livres et à travers les gens, et je veux y mettre tout mon temps». Dans cette foulée, la députée de Taschereau incite ses électeurs à faire le saut en politique pour faire avancer des causes progressistes. «C’est exactement ça que ça nous prend en politique, des grandes gueules qui aiment la liberté et qui n’ont pas peur d’exprimer leurs opinions», lance-t-elle.

Catherine Dorion ne faisait peut-être pas toujours «dans la dentelle», mais une chose est sûre, elle donnait son point de vue sans fioriture ni tergiversation … C’est peut-être ça «faire de la politique autrement».


quebechebdo tribune libre 2 avril 2022
vigile.quebec tribune libre 3 avril 2022
Le Devoir 5 avril 2022 "Catherine Dorion laissera un vide"

 

La paranoïa de Pablo Rodriguez

2 avril 2022

Les sanctions économiques contre la Russie, on le sait, dans le conflit qui l’oppose à l’Ukraine, ont été nombreuses depuis le début du conflit, et force est de constater qu’elles n’ont pas donné les résultats escomptés.

Or, à mon sens, le ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, pousse un peu fort sur l’accélérateur en coupant les subventions aux artistes russes et biélorusses qui ont des projets avec la Russie. Dans cette foulée, M. Rodriguez cite les Chœurs de l’Armée rouge en exemple. Et, s’empresse-t-il d’ajouter: «Il y en a bien d’autres aussi où il y a un lien direct avec l’État de Poutine, qui pourrait s’en servir comme instrument de propagande».

En réaction à cette déclaration du ministre, je retiens l’intervention fort à propos du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet: «Doit-on croire que les artistes canadiens et québécois qui reçoivent du financement de l’État canadien sont assujettis aux valeurs canadiennes, à la propagande canadienne, au multiculturalisme canadien s’ils veulent de l’argent? Si c’est non ici, on peut penser que des artistes qui auraient une forme ou une autre de soutien en Russie ne sont pas nécessairement non plus les porteurs de la propagande du régime russe».

En termes clairs, j’ai la nette impression que le ministre Rodriguez est en train de verser dans la paranoïa eu égard aux «méchants Russes», et qu’il devrait retrouver sa raison avant de perdre la face. De toute façon, soyons réalistes, le fait d’empêcher des artistes russes ou biélorusses de se produire au Canada va-t-il contribuer à désamorcer de quelque façon le conflit entre la Russie et l’Ukraine? Poser la question, c’est y répondre…


vigile.quebec tribune libre 1er avril 2022

 

L’Université Laval et la discrimination positive

30 mars 2022

Dans le but d’accroître la représentativité des femmes, des Autochtones, des personnes en situation de handicap et de celles appartenant aux minorités visibles aux postes de titulaires de Chaires de recherche du Canada» au sein de l’Université Laval, seules les personnes candidates possédant les compétences requises et s’étant auto-identifiées comme membre d’au moins un de ces quatre groupes sous-représentés seront sélectionnées au terme d’un concours du Département de biologie de la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval.

Du côté de l’Université Laval, on explique que les programmes des Chaires de recherche du Canada (CRC) sont soumises aux exigences et pratiques en matière d’équité, de diversité et d’inclusion, qu’elles sont financées par le gouvernement fédéral, que le financement accordé permet l’embauche de nouveaux membres du corps professoral et que toutes les universités doivent se conformer à ces exigences.Le programme des Chaires de recherche du Canada a pour but d’augmenter la représentativité de chercheuses et de chercheurs diversifiés parmi les titulaires de ces chaires. Selon l’Université Laval, l’augmentation de la représentativité en recherche a des bénéfices parce qu’elle apporte une diversité des perspectives qui «permet d’aborder les enjeux complexes auxquels notre société est actuellement confrontée avec une plus grande agilité».

Or, aussi paradoxal que cela puisse paraître, dans son appel de candidature, la Faculté précise que, conformément à ses propres politiques de recrutement, l’Université Laval «garantit l’égalité des chances à toutes les candidates et tous les candidats». Andrée-Anne Stewart, la porte-parole de l’Université Laval, assure que les offres d’emplois de l’établissement n’excluent personne. «Au contraire, elles priorisent, à compétence équivalente, une personne de l’un de ces groupes : les femmes, les membres de minorités visibles et ethniques, les autochtones et les personnes handicapées, lorsqu’il est sous-représenté».

La morale de cette histoire : encore une fois, le fédéral étend ses tentacules multiculturalistes jusque dans l’enseignement supérieur en faisant valoir la discrimination positive pour justifier les objectifs de son programme des Chaires de recherche du Canada.

vigile.quebec trinune libre 30 mars 2022
Le Soleil (version internet) 31 mars 2022

Zelensky ouvert à la neutralité de l’Ukraine

30 mars 2022

Un pas important a été franchi dans le processus de cessez-le-feu dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine. En effet, Volodymyr Zelensky s’est montré ouvert sur la question de la neutralité de l’Ukraine au plan international, (un pays neutre étant un État faisant le choix de ne pas s’immiscer dans un conflit ou une guerre, que ce soit directement ou indirectement). En Europe, la Suède, l'Autriche et la Suisse revendiquent ce statut. Rappelons par ailleurs que Vladimir Poutine réclame, en plus de la neutralité du pays, la démilitarisation de l’Ukraine et sa "dénazification".

Bien que ce compromis de la part de Zelensky ne représente qu’une partie des conditions de Poutine, il ouvre la porte à d’autres négociations qui pourraient aboutir éventuellement à un accord de paix. Toutefois, je suis d’avis qu’un cessez-le-feu doit préalablement être décrété par les deux parties pendant le temps des négociations à défaut de quoi le conflit risque de s’envenimer de plus belle. En réalité, comment négocier «de bonne foi» et poursuivre les attaques simultanément?

À mon avis, il est temps que Zelensky et Poutine aient une rencontre face à face… Espérons que le tsar de Moscou daignera rencontrer le Serviteur du peuple et qu’une lueur d’espoir ressortira de ce tête-à-tête pour le plus grand bien du peuple ukrainien traqué comme des rats depuis plus d’un mois!

Le Soleil (version internet) 30 mars 2022

La saga de l’extension de la loi 101 au cégep

29 mars 2022

Bien honnêtement, je n’arrive pas à comprendre les raisons, voire l’entêtement, qui motivent le gouvernement caquiste à ne pas étendre la loi 101 au cégep d’autant plus que, de source sure, depuis 1995, la part des étudiants collégiaux qui fréquentent les cégeps en anglais et leur pendant privé subventionné est passée de 14,9% à 19%, un bond pour le moins inquiétant. Par ailleurs, au lieu d’en interdire l’accès, le gouvernement a plutôt choisi de plafonner la proportion d’admissions au cégep anglophone au niveau de 2019, soit 17%.

Et pourtant, dans 13 cégeps de partout au Québec, des professeurs de cégep revendiquent l’extension de la loi 101 au cégep. Ces professeurs oeuvrent dans la réalité. Ils sont témoins plus que tous de la dynamique linguistique chez les jeunes, témoins que la langue des couloirs est de plus en plus l’anglais. Ces professeurs constatent que les jeunes générations s’anglicisent, et que c’est la communauté anglophone qui assimile les nouveaux arrivants. En bref, l’État finance notre propre anglicisation tout en dévalorisant une partie de notre système d’éducation francophone.

Or, un sondage de juin 2021 révélait que 58 % des Québécois étaient favorables à l’extension de la loi 101 au cégep. Les Québécois le demandent, les chercheurs le justifient, et maintenant les professeurs le revendiquent, et le gouvernement persiste dans sa décision de ne pas étendre la loi 101 au cégep. De son côté, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, estime qu’il n’est pas nécessaire d’étendre la loi 101 au cégep pour protéger la langue française au Québec. La solution, selon lui, « se passe au primaire et au secondaire». Selon lui, qui fait pourtant partie de l’aile nationaliste de la CAQ, « la loi 96, telle qu’elle est écrite en ce moment, va assez loin », un constat qu’il fait, rappelons-le, après plus de trois ans aux commandes du ministère de l’Éducation.

En bref, pendant que l’anglicisation galopante du Québec, particulièrement de la grande région de Montréal, fait irruption, le projet de loi 96, Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, propose aux Québécois des fusils à eau pour éteindre les flammes pendant que la maison est en feu…

vigile.quebec tribune libre 28 mars 2022


 

Paroles, des paroles, des paroles…

26 mars 2022

S’il fallait compter le nombre de menaces des pays membres de l’OTAN et de l’ONU envers la Russie depuis le début du conflit en Ukraine, nous atteindrions un nombre assez phénoménal. Quant aux sanctions économiques contre la Russie, force est de constater qu’elles n’ont pas réussi à stopper aucunement l’ardeur de Vladimir Poutine.

Encore récemment, les pays de l’OTAN, réunis à Bruxelles, ont promis d’aider davantage l’Ukraine pour faire face à l’armée russe mais ils veulent éviter toute escalade pouvant entraîner l’alliance atlantique dans une «guerre totale» contre la Russie. Pour sa part, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté une nouvelle résolution, non contraignante, qui «exige» de la Russie un arrêt immédiat de son offensive militaire en Ukraine.

Toutefois, le ton est monté d’un cran contre la Russie de la part du président américain Joe Biden qui a déclaré que l’OTAN «répondra» si Moscou utilise des armes chimiques en Ukraine. Encore faut-il se demander de quelle façon l’OTAN répondra!

Il m’apparaît évident que la pierre angulaire de ce non-interventionnisme des alliés s’appuie sur l’imminence d’une escalade pouvant entraîner les membres de l’OTAN dans une guerre contre le Russie.

Par ailleurs, pendant ce temps-là, les Ukrainiens subissent les bombardements de l’armée russe à tous les jours, des centaines de milliers de morts, principalement des civils, femmes et enfants, jonchent le sol, et le quart de la population s’est exilé.

De son côté, le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, s’est adressé aux élus de plusieurs pays, dont les États-unis, le Canada, le Royaume-Uni, la France, et, à chaque occasion, les élus, d’un bond, se sont tous levés pour applaudir à tout rompre le président ukrainien qui les suppliait de lui venir en aide de toute urgence.

Les belles paroles, les sanctions, les applaudissements ne réussiront pas à stopper l’armée rouge. Il faut plus que cela. Il faut des armes bien sûr, mais il faut surtout des bras… Nous en sommes là, messieurs les dirigeants, à vous de passer à l’action!

vigile.quebec tribune libre 26 mars 2022

Tramway: Marchand garde le cap

25 mars 2022

Décidément, le projet de tramway dans la Capitale nationale aura dû emprunter les montagnes russes à moultes occasions depuis son lancement par l’administration précédente. Aujourd’hui, c’est au tour du maire Bruno Marchand de goûter aux tergiversations pour le moins douteuses du gouvernement caquiste.

Cette fois-ci, l’enjeu tourne autour des rues partagées, notamment sur le boulevard René-Lévesque, contre lesquelles la CAQ s’oppose malgré toutes les études réalisées par la Ville. «Présentement, on a l’impression d’être dans Astérix et la Maison des fous, puis qu’à chaque fois qu’on arrive à destination, il y a toujours une étape plus loin», clame le maire.

Mais là où le bât blesse de façon outrancière, c’est au niveau des compétences pour lesquelles la CAQ se bat bec et ongles quand le gouvernement fédéral ose s’ingérer dans ses compétences alors que le gouvernement provincial interfère dans les compétences municipales sans coup férir dans le dossier du tramway.

De toute évidence, le maire n'a pas l'intention de renoncer aux rues partagées dans le projet de tramway d’autant plus que le conseil des ministres était au courant depuis juin dernier de ce scénario. Et pendant ce temps-là, le conseil municipal attend désespérément les décrets du gouvernement pour lui permettre de lancer les appels d’offres.

À mon avis, la CAQ ne «digère» pas l’attitude attentiste du maire Marchand eu égard au troisième lien entre Québec et Lévis, si cher à François Legault, le maire arguant qu’il n’avait pas l’intention de «signer un chèque en blanc» sans connaître au préalable les tenants et aboutissants.

En bref, dans toute cette saga, nous assistons à de la basse politicaillerie de la part de la CAQ qui, malheureusement pour elle, fait face, en la personne de Bruno Marchand, à un homme dont la droiture et la transparence font force de pierres d’assise depuis le début de son mandat à titre de maire de Québec.

quebechebdo tribune libre 25 mars 2022

Trudeau et Singh: une entente fragile

24 mars 2022

En négociant une entente avec le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, pour gouverner jusqu’en 2025, moyennant l’instauration d’un programme de soins dentaires pour les plus démunis et d’un régime universel d’assurance médicaments, le premier ministre libéral Justin Trudeau devrait assurer sa survie jusqu’à 2025.

Dans ces circonstances, deux questions me triturent les méninges : compte tenu que quatre budgets seront déposés par le gouvernement de Justin Trudeau d’ici 2025, qu’arrivera-t-il si, d’ici là, un élément inacceptable aux yeux des néo-démocrates apparaît dans un budget, compte tenu que l’entente prévoit que le NPD s’engage à ne pas faire tomber le gouvernement d’ici l’échéance de l’entente? En d’autres termes, le NPD marchera-t-il sur ses principes pour respecter l’entente ou la déchirera-t-il tout simplement?

Dans le même ordre d’idée, si l’on considère que le programme de soins dentaires pour les plus démunis et le régime universel d’assurance médicaments représente la pierre angulaire de l’entente aux yeux des néo-démocrates, comment l’entente réussira-t-elle à se maintenir dans l’hypothèse où les deux partis n’arrivent pas à s’entendre sur le contenu d’un ou des deux programmes?

Je ne possède pas de boule de cristal mais je demeure perplexe eu égard à la durée de vie de cette entente qui m’apparaît reposer sur des bases fragiles. Le NPD représente le troisième parti d’opposition aux Communes et le PLC, même minoritaire, n’en constitue pas moins le parti au pouvoir. Force est de constater que le rapport de force est pour le moins inégal. En bref, la véritable question demeure la suivante: jusqu’à quand l’entente tiendra-t-elle?


vigile.quebec tribune libre 24 mars 2022
Le Soleil 26 mars 2022

Les journalistes et les médias au banc des accusés

23 mars 2022

Le dernier coup de sonde du cabinet Edelman fait ressortir un sentiment marqué de méfiance envers les médias, notamment envers les journalistes. À ce titre, un Québécois sur deux craint que les professionnels de l’information tentent de l’induire en erreur en diffusant volontairement de fausses nouvelles. Une statistique qui donne froid dans le dos!

De surcroît, 56% des répondants québécois se disent préoccupés par le fait que les journalistes cherchent délibérément à les tromper en disséminant de l’information erronée ou largement exagérée, une augmentation substantielle de neuf points de pourcentage comparativement à 2021. De plus, l’expression fake news s’immisce partout aussitôt que le lecteur se sent contredit dans ses convictions.

Mince consolation, 62% des Québécois interrogés ont confiance aux médias traditionnels qui demeurent une meilleure source d’information que les moteurs de recherche (58%), les médias de marque (42%) et les médias sociaux (27%).
Mais comment interpréter ces piètres résultats eu égard à l’insatisfaction des lecteurs envers les journalistes et les médias? 

Personnellement, j’y vois deux causes qui ont suscité ce scepticisme quasi systémique à l’endroit des informations en général. D‘abord, le phénomène trumpiste qui a régné en roi et maître pendant quatre ans tout en faisant ses choux gras des fake news. Ensuite, la pandémie qui a fini par exacerber des milliers de Québécois dans les méandres contraignants des mesures sanitaires, sans compter les mouvements de va et vient constants de la cellule de crise qui ont contribué au scepticisme envers la crédibilité des décideurs.

Enfin, je suis d’avis que les médias dits traditionnels persistent à véhiculer une information journalistique de qualité de façon à ce que le lecteur puisse être informé adéquatement sur les événements qui se produisent quotidiennement dans la société… C’est son droit le plus élémentaire!

Le Soleil (version internet) 23 mars 2022

L’art de « se plaindre le ventre plein »

22 mars 2022

Aux yeux de la présidente du Quebec Community Groups Network (QCGN), Marlene Jennings, le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a trouvé la «formule parfaite» pour «éradiquer» la minorité anglophone du Québec dans son projet de loi 96 amendé.

Marlene Jennings appelle à lutter contre la «fabulation» selon laquelle la langue française est «en danger» dans les milieux de travail alors que, de source sure, la proportion de travailleurs qui accordent une place prédominante au français au travail s’est effritée au Québec au fil des 15 dernières années, passant de 82% en 2006 à 79,7% en 2016. Du même souffle, Mme Jennings argue que l’abandon du projet d’agrandissement du cégep Dawson ainsi que le gel des programmes conduisant au diplôme d’études collégiales (DEC) ou encore à l’attestation d’études collégiales (AEC) en anglais prévu dans la version amendée du projet de loi 96 entraîneront des conséquences «pernicieuses» pour les communautés anglophones du Québec.

Or, depuis son adoption en 1977, la Charte de la langue française a été tellement décriée par les médias anglophones que plusieurs ont cru à la «répression linguistique». Certains anglophones du Québec sont encore convaincus d'être aujourd'hui «la minorité la plus maltraitée au Canada». Il existe toujours au sein d'une partie des anglophones une attitude de méfiance à l'égard des francophones, certains croyant que les francophones d'aujourd'hui cherchent à leur «faire payer la bataille des Plaines-d'Abraham», une perception qui s'oppose à celle des francophones qui, loin d'être persécutés, croient plutôt que les anglophones sont très bien traités au Québec et disposent de très nombreux droits et privilèges en matière linguistique, et que ce sont eux, les francophones, qui, en tant que minoritaires en Amérique du Nord, ont besoin d'être protégés.

En termes clairs, je suis plutôt d’avis que les anglophones du Québec auraient avantage à se déplacer quelque temps hors Québec pour réaliser les difficultés linguistiques des francophones qui y vivent… Peut-être réaliseraient-ils alors qu’ils ont tendance à «se plaindre le ventre plein»!

vigile.quebec tribune libre 22 mars 2022