Mes vœux aux Québécois pour 2024

3 janvier 2024

Les Québécois sont entourés d’anglophones, rendant ainsi continuellement précaire la survie de leur langue maternelle. En ce début d’année 2024, je formule le vœu que tous les Québécois de langue française fassent preuve de vigilance autour d’eux et persistent à faire valoir la nécessité d’utiliser leur langue maternelle dans quelque situation que ce soit.

Les dernières négociations collectives dans le secteur publique auront donné lieu à un phénomène de mobilisation soutenu de la part de la population envers les syndicats. Peu importe la partie à laquelle elle s’est identifiée, elle a fait preuve d’une solidarité sans limite, et de ce fait, je ne peux que lui souhaiter qu’elle maintienne cette solidarité jusque dans ses valeurs profondes, notamment envers sa culture et sa langue.

Compte tenu que notre société, y compris le Québec, emprunte de plus en plus la violence pour faire valoir leurs droits, je souhaite que les Québécois fassent preuve d’indulgence et de tolérance, particulièrement envers les minorités, l’inclusion étant un phénomène qui aura tendance à prendre de plus en plus d’ampleur avec l’arrivée massive de nouveaux immigrants.

L’été 2023 a donné lieu à des catastrophes sans précédent dues aux changements climatiques, et le Québec n’y a pas échappé. De surcroît, ces phénomènes sont appelés à s’accroître. À cet égard, je souhaite que les Québécois s’impliquent concrètement dans cette lutte aux changements climatiques en adoptant des mesures à leur portée, telle l’économie de notre ressource en électricité.

Sur le plan politique, 2023 a été une année difficile pour notre premier ministre et, par ricochet pour les Québécois qui ont dû vivre avec certaines décisions fort discutables de la part de François Legault. À cet égard, je formule le vœu, dans l’intérêt de plusieurs québécois, que les efforts nécessaires de la part du gouvernement soient consentis, notamment sur le plan de la crise du logement, de l’inflation galopante et du nombre toujours croissant des itinérants au Québec.

Enfin, je souhaite ardemment que la réforme de Christian Dubé sur notre système de santé apporte les fruits escomptés, notamment l’obtention d’un médecin de famille pour chaque Québécois, le désengorgement des urgences et des conditions de travail humaines pour les infirmières, tout cela dans le but d’offrir aux Québécois les services qu’on leur promet depuis des décennies.

Santé, amour et joie de vivre à toutes les Québécoises et tous les Québécois!

Le Soleil (version numérique) 3 janvier 2024
 

Que nous réserve 2024?

28 décembre 2023

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’année 2023 se termine sur un rythme effréné eu égard aux négociations dans le secteur public en espérant fortement que les nouvelles ententes atténueront une fois pour toutes les écueils démobilisateurs inhérents à la tâche des enseignants et des infirmières.

Sur le plan gouvernemental, deux méga réformes verront le jour en Éducation et en Santé et Services sociaux. Les ministres Drainville et Dubé auront fort à faire pour s’ériger en défenseurs de réformes dont la centralisation des pouvoirs risquent de faire dérailler les mécanismes de prise de décision.

Sans grande surprise, l’intelligence artificielle (IA) et plus spécifiquement le robot ChatGPT font sentir leur présence à la vitesse grand V si bien que des profs de cégeps et des chargés de cours tirent la sonnette d’alarme et réclament d’urgence un moratoire afin de freiner le développement de l’intelligence artificielle, les intervenants étant confondus devant une explosion de cas de tricheries de la part des élèves.

Sur la scène internationale, les hécatombes de violence innommable générées par le conflit entre Israël et le Hamas se répercutent à une vitesse grand V au Québec en une panoplie de meurtres gratuits perpétrés sans vergogne à ciel ouvert au grand dam des forces policières.

Du côté économique, l’inflation se poursuivra en 2024 semant derrière elle de plus en plus de familles se tournant vers les banques alimentaires pour assurer leurs subsistances, et des jeunes désireux de s’acheter une propriété qui sont étouffés par des taux d’intérêt exorbitants.

La crise du logement prend des dimensions alarmantes. Le gouvernement devra s’atteler dans les meilleurs délais à mettre sur pied une politique du logement déjà amplifiée par l’arrivée massive des immigrants qui accentuent considérablement la pénurie de logements abordables.

Enfin, le fléau généré par le nombre croissant d’itinérants devra faire partie des priorités du gouvernement, une situation inacceptable, voire scandaleuse, dans une société qui se dit inclusive. Encore faudrait-il que le ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant, cesse ses tergiversations et passe à l’action.

Le Devoir 28 décembre 2023 "Et pour 2024?"
vigile.quebec tribune libre le 28 décembre 2023
 

Réminiscences de mes Noëls d’antan

18 décembre 2023

Quand arrive la période des Fêtes, je ne peux m’empêcher de me remémorer nos traditions québécoises qui, malheureusement, sont reléguées de plus en plus derrière l’éphémère clinquant d’aujourd’hui. Néanmoins, tels des billots qui seraient retenus au fond de l’eau par une pression incontrôlable, la réminiscence de mes souvenirs d’antan refait immanquablement surface lorsque les premiers chants de Noël recommencent à tourner sur les ondes.

Je me rappelle alors du traditionnel arbre de Noël que j’avais le privilège de monter avec mon père dans la soirée du 24 décembre et au pied duquel trônait une petite église qui se mettait à carillonner au moyen d’une clef que nous devions tourner à l’arrière.

Je me souviens aussi de mes premières messes de minuit auxquelles toute la famille assistait, envoûtée par les chants grégoriens qu’entonnaient des religieuses cloîtrées avec des voix qui semblaient venir du ciel.

Et que dire de la remise des étrennes dont mon père avait la responsabilité exclusive, trônant au milieu des cadeaux et les remettant délicatement à chacun de nous, tel un trésor venu d’un pays étranger.

Puis, délice ultime, nous étions conviés à la table pour déguster le frugal réveillon préparé depuis des jours par ma mère, une assiettée bien garnie de dinde, de patates en purée, de maïs en crème, d’atocas, de sa recette unique de farce et, pour couronner le tout, la bûche à la vanille enrobée d’un glaçage au chocolat.

Avec le temps, ces traditions québécoises tendent peu à peu à disparaître. Toutefois, installés bien au chaud dans mes tiroirs secrets, leurs souvenirs demeurent bien présents dans ma mémoire.


Le Soleil (version numérique) 18 décembre 2023 

L’école, un service essentiel?

15 décembre 2023

 

Les enfants ayant fait leur entrée en première année en septembre 2019 s’approchent de la fin de leur parcours primaire en n’ayant pratiquement pas connu d’année scolaire standard. Les mesures sanitaires ont forcé la fermeture des écoles, des catastrophes naturelles ont entraîné d’autres journées sans classe et maintenant le conflit de travail dans le secteur public prive les enfants d’apprentissages.

«On n’a pas de services essentiels en éducation et c’est une catastrophe pour les enfants», plaide le pédiatre Gilles Julien en parlant des graves conséquences sur leur développement. S’il considère la grève des enseignants comme étant «bien justifiée», le pédiatre social en appelle tout de même à une sérieuse réflexion sur l’ajout de l’école à la liste des services essentiels. Il dit craindre la démotivation des enfants et des conséquences à long terme pouvant ultimement mener à des décrochages qui auraient pu être évités.

Par ailleurs, il est indéniable qu’une telle argumentation remet en question le droit de grève des enseignants. Or, nonobstant le fait que les hôpitaux soient considérés comme un service essentiel, le personnel syndiqué bénéficie du droit de grève. Dans cette foulée, je verrais très bien les enseignants bénéficier de grèves rotatives sectorielles de deux ou trois jours, et ainsi atténuer grandement les effets collatéraux de l’absentéisme occasionnel des enseignants qui pourrait être comblé par un suppléant.

Selon le pédiatre Gilles Julien, la fermeture des écoles débouche sur d’importantes conséquences sur la santé des jeunes. Conséquemment, il réclame que l’école soit reconnue comme un service essentiel qui, par définition, doit répondre aux exigences indispensables de la vie collective et de la dignité humaine, et servir l’intérêt général.


Le Soleil (version numérique) le 15 décembre 2023
Le Devoir le 15 décembre 2023

 

 

 

 

 

Mépris malsain de Legault envers les syndicats

12 décembre 2023

Il fut un temps au Québec où le «chef» du gouvernement s’obstinait à «casser» littéralement les syndicats et à manipuler les employés de l’État et les travailleurs du secteur privé jusqu’à ce qu’il obtienne gain cause dans le conflit qui les opposait. Eh bien, il semble y avoir un retour à ce mépris malsain avec lequel le premier ministre Legault agit dans les négociations actuelles, notamment envers les enseignants et les infirmières.

Actuellement, les négociations sont au point mort eu égard aux salaires et à l’organisation du travail. De son côté, François Legault ne trouve rien de plus utile à faire que de déblatérer contre les syndicats qui, à son dire, s’acharnent à vouloir gérer nos services publics, et de clamer que l’avenir de nos services publics est en péril s’il n’obtient pas la flexibilité espérée.

À écouter parler le premier ministre, il donne l’impression qu’il voudrait libérer les employés du joug de leur syndicat. En réalité, il ne semble pas réaliser la mobilisation exceptionnelle de ses employés à l’appui de leurs revendications et leur rejet des propositions du gouvernement.

M. Legault, votre approche est littéralement dépassée. Vous n’arriverez pas à manipuler les syndiqués en jouant comme vous le faites avec leurs sentiments. Les enseignants comme les infirmières en ont ras-le-bol de devoir se plier à des tâches inhumaines. Il est grand temps que vous ayez une oreille attentive à leurs revendications…

vigile.quebec tribune libre 10 décembre 2023
Le Devoir 13 décembre 2023

La dégringolade de François Legault

12 décembre 2023

Au moment où la CAQ prend le pouvoir en 2018, le Québec est ankylosé sous le poids des coupures budgétaires émanant du gouvernement de Philippe Couillard. Le désir de changement est tellement fort qu’on aurait pu prévoir l’issue de la campagne avant la fin. Le climat politique est donc propice à l’émergence de projets mobilisateurs tels la naissance de la Loi 21 sur la laïcité de l’État et de la Loi 96 sur d'importantes modifications à la Charte de la langue française.

En 2020, la COVID 19 vient chambarder les habitudes de vie des Québécois. Le Québec est littéralement sous le choc. Durant cette période noire, François Legault se démarque par sa capacité à jouer le rôle de «bon père de famille» en mobilisant les Québécois autour de règles de conduite contraignantes. L’étoile de François Legault atteint son apogée.

En 2022, lors du scrutin général, la CAQ obtient une majorité écrasante. Or, la boussole de Françoi Legault semble tout à coup avoir perdu le nord. Rien ne va plus au royaume de la CAQ. Les tergiversations dans le dossier de la SAAQ créent de nombreuses insatisfactions auprès des Québécois. Ainsi en est-il des changements de cap sur le troisième lien et le tramway à Québec. Les sondages commencent à démontrer une perte importante de la popularité des Québécois envers François Legault. C’est sans compter la saga des Kings de Los Angeles dans le décor.

Et, pour clore le portrait, le vent des négociations dans le secteur public prend la direction des syndiqués au détriment du gouvernement. Les sondages révèlent une augmentation croissante de la faveur des Québécois auprès du PQ au détriment de la CAQ. Même si les élection de 2026 sont encore loin, il n’en reste pas moins que l’usure du pouvoir continue de gruger la popularité de François Legault. Bien malin celui qui pourrait prévoir son avenir sur la scène politique Québécoise…

vigile.quebec tribune libre 10 décembre 2023
Le Soleil (version numérique) 12 décembre 2023
 

L’auto-infantilisation selon Legault

27 novembre 2023

Je me rappelle qu’un jour, ma fille, alors âgée de huit ans, est arrivée à la maison en larmes en se plaignant que ses amis étaient fâchés contre elle! C’est précisément cette image qui m’est apparue en tête lorsque j’ai entendu notre premier ministre avouer péniblement en point de presse qu’il était très conscient que les Québécois étaient «fâchés contre lui» et qu’il allait essayer de faire mieux pour regagner leur confiance.

Puis, à l’exemple de ma fille qui est demeurée coite sur les raisons de cette mésentente avec ses amis, François Legault a répondu tout bonnement qu’il ne voulait pas «commencer à jouer à l’analyste, c’est un ensemble de raisons» comme s’il n’avait pas le goût d’entrer dans le vif du sujet.

Ce n’est pas la première fois que le premier ministre utilise l’auto-infantilisation pour se sortir du pétrin. Et pourtant, en réalité, les citoyens ne sont pas fâchés contre lui, mais plutôt déçus de ses dernières tergiversations, notamment eu égard au projet de tramway à Québec. Encore une fois, François Legault a emprunté la voie de l’enfance au lieu de celle de l’adulte, qui aurait été d’avouer sa déception d’avoir trahi ses citoyens.

Un premier ministre, M. Legault, assume ses choix sans les envelopper d’un ruban rose. Je vous invite donc à y faire face et à les assumer sans tomber dans un mélodrame enfantin dans un effort de dédramatisation complètement hors contexte.

Le Soleil (version numérique) le 27 novembre 2023

 

La notion de priorité selon Éric Girard

16 novembre 2023

Pas plus tard qu’il y a une semaine, le ministre des Finances, Éric Girard, lors de la présentation de sa mise à jour économique, annonçait aux Québécois qu’ils devraient «se serrer la ceinture» au cours des prochains mois. Or, on apprend aujourd’hui que les Kings de Los Angeles tiendront la fin de leur camp d’entraînement au Centre Vidéotron en octobre 2024 sous l’initiative du gouvernement du Québec qui octroiera une somme de 5 à 7 millions $ pour faciliter la venue de l’équipe à Québec.

Je n’ai rien contre la venue des Kings de Los Angeles au Centre Védéotron. Toutefois, dans les contexte d’une inflation galopante jumelée à une période de négociation collective du secteur public, il y a tout lieu de s’interroger sur la notion de priorité du ministre des Finances dans le fait qu’il puise 5 millions $ dans les poches des contribuables pour venir en aide à des propriétaires milliardaires. Tout simplement scandaleux!

Dans cette foulée, je ne puis qu’abonder dans les sens du député de Jean -Talon, Pascal Paradis, qui y est allé de ce commentaire: « J'adore le hockey, je suis heureux que des équipes de la LNH viennent jouer à Québec. Mais allouer 5 à 7 millions de l'argent des contribuables pour ça? Pendant qu'on nous dit qu'il n'y a plus d'argent pour traiter adéquatement les enseignants, les infirmières, [...]que les banques alimentaires et les organisations communautaires sont à bout de souffle et de moyens? »

Quant à vous, M. Girard, une tache attaquant votre crédibilité vient d’apparaître sur votre dossier de ministre «responsable» des Finances… Vous devez en prendre bonne note et éviter de tels écarts de conduite dans vos prochaines discussions avec les magnats du hockey professionnel!

Le Devoir 16 novembre 2023
Le Soleil 18 novemre 2023

Les parents à besoins particuliers

13 novembre 2023

Depuis belle lurette, les élèves à besoins particuliers font les manchettes des articles les associant à la lourdeur de la tâche des enseignants. Dans cette foulée, il arrive fréquemment que les auteurs de ces articles les associent aux lacunes de certains parents eu égard à l’éducation de leurs enfants, notamment à la fréquence de l’utilisation des médias sociaux à la maison, et au climat de violence qui règne à la maison.

D’entrée de jeu, je me refuse à placer tous les parents dans le même bateau, conscient que plusieurs d’entre eux ont réussi à établir un sain équilibre envers l’utilisation des médias sociaux, Par contre, pour certains parents, le contrôle sur une utilisation modérée des médias sociaux devient illusoire si bien que les parents de ces jeunes abandonnent au profit d’un calme «apparent» à la maison. Il n’en faut pas davantage pour que ces jeunes développent un problème de concentration à l’école.

Le climat qui règne à la maison eu égard au respect de chacun des membres de la famille est révélateur de l’attitude que développera le jeune en société, notamment à l’école. À titre d’exemple, un climat de violence les uns envers les autres sans intervention de la part des parents risque fort de se répercuter à l’école de la part du jeune qui vit un tel climat à la maison.

Le manque de concentration des jeunes et la violence envers le personnel scolaire sont souvent identifiés comme des sources importantes attribuées aux élèves à besoins particuliers. Peut-être pourrions-nous fouiller en amont auprès des parents à besoins particuliers…

vigile.quebec tribune libre 6 novembre 2023
 

C’est la faute à l’inflation!

13 novembre 2023

Selon un sondage Léger/Le Journal-TVA, les intentions de vote pour la CAQ ont chuté à 30%, en baisse de 4% en un mois et de onze points depuis les élections générales de 2022 et, pour la première fois depuis la naissance de la CAQ, François Legault est moins populaire que son parti.

«C’est sûr que ça me fait de la peine de voir la baisse d’appuis des Québécois à mon égard, puis j’en prends toute la responsabilité… Je vais essayer d'être meilleur», a commenté M. Legault. On se serait attendu à ce que le premier ministre fasse preuve d’humilité en citant en exemples des attitudes ou des déclarations qu’il regrettait dans l’exercice de ses fonctions.

Mais il a réagi tout autrement. En effet, questionné à deux reprises sur les causes de cette décote, le chef caquiste a uniquement évoqué l’inflation qui frappe le portefeuille des Québécois en répondant qu’il envisageait d’aider à nouveau les Québécois face à la hausse du coût de la vie. «Je sais que les Québécois, actuellement, souffrent beaucoup de l’augmentation des prix puis je vais essayer de voir comment je peux mieux les aider», a-t-il argué.

En termes clairs, ce n’est pas de ma faute si ma cote de popularité a baissé dans ce sondage, c’est la faute à l’inflation!

vigile.quebec tribune libre 6 novembre 2023