Éliminer la partisanerie sectaire

10 juin 2011

On dit souvent que derrière tout incident bouleversant émerge une leçon susceptible d’améliorer le cours des événements à venir. Les dernières démissions au sein du caucus péquiste font ressortir, entre autres, un malaise profond concernant la « vieille » façon de faire de la politique, soit de placer trop souvent les intérêts partisans et opportuns avant les intérêts des citoyens. Selon Louise Beaudoin et Pierre Curzi, la partisanerie excessive dont font preuve les formations politiques est à l’origine du profond désabusement des citoyens à l’égard des politiciens.
Toutefois, si nous nous référons à la définition de la partisanerie au sens propre, nous y découvrons qu’elle est le fait de prendre parti pour quelqu’un, un système, une doctrine ou une théorie et d’en assumer la promotion et la défense dans le respect des opinions des autres. En ce sens, la non-partisanerie est l’absence de convictions et de repères historiques et idéologiques.
Là où le bât blesse, c’est lorsque que la partisanerie dérape vers un parti pris sectaire, porteur d’une intolérance et d’une étroitesse d’esprit qui refusent d’admettre les opinions différentes. Cette partisanerie « excessive » engendre alors des attaques personnelles pernicieuses, créant un climat malsain qui transforme le Parlement en perpétuel vaudeville. À cet effet, Louise Beaudoin, dans son allocution annonçant sa récente démission, traduit assez bien le malaise engendré par cette forme de partisanerie qu’elle ressent depuis son retour à la politique active en 2008 :
« J’ai commencé à m’interroger sur la partisanerie qui souvent rend aveugle, qui nous force à toujours être dans la certitude, jamais dans le doute, sur le ton guerrier que l’on se croit obligés d’employer. Ce sont des maux dont la politique est en train de mourir. »
Et Pierre Curzi, visiblement déçu de son plongeon en politique il y a quatre ans, d’ajouter :
« On se rend compte que les partis politiques s’éloignent de plus en plus de ce que les gens disent et souhaitent. Les gens demandent qu’on ait une liberté de parole, qu’on affirme des principes et qu’on respecte ces principes. »
De telles déclarations ouvrent nécessairement la voie à une nouvelle façon de faire de la politique pour autant que les politiciens désirent réparer cette fracture qui sépare le citoyen des élus, à commencer par des changements d’attitudes. À titre d’exemples, Louise Beaudoin propose de ne plus voir ses adversaires comme des ennemis, de mettre fin à la langue de bois, d’accorder plus de latitude aux députés, en particulier par une discipline de parti mois systématique et moins contraignante.
Cependant, au-delà de ces changements d’attitudes essentiels à tout effort de faire de la politique autrement, les politiciens devront un jour s’attaquer sérieusement à notre culture politique, la base de l’ensemble des valeurs, traditions et stratégies liées à la manière d’exercer et de contrebalancer le pouvoir, laquelle culture politique est héritière de nos nombreuses années d’un parlementarisme empoussiéré. Pour rafraîchir un peu cette image grisâtre de notre culture politique, je vous suggère de consulter l’ambitieuse mission que se donnée 400 jeunes de 20 à 35 ans provenant de toutes les régions du Québec pour en arriver à présenter leur mémoire le 8 juin à la suite de la réflexion menée par Génération d’idées et dans lequel ces jeunes nous présentent des pistes de solutions pour refaire le Québec à leur image…et qui pourraient peut-être aussi alimenter notre réflexion sur les modifications à apporter pour moderniser notre culture politique désuète.
www.generationdidees.ca

vigile.net tribune libre 10 juin 2011    

« Cloclo » est parti

9 juin 2011

En apprenant le décès de Claude Léveillée, j’ai ressenti un grand vide comme si je venais de perdre un être cher! Puis, de magnifiques souvenirs sont remontés dans ma mémoire, tels son admirable talent de chansonnier, de parolier et de musicien. Toutefois, un personnage est venu prendre une place particulière dans mon album-souvenirs, c’est Cloclo, ce clown sympathique qui a habité l’imaginaire des enfants dans le cadre de l’émission « Domino » diffusée sur les ondes de la télévision de Radio-Canada  de 1957 à 1962.
Parlant de ce personnage, Léveillée a déjà dit qu’il faisait chanter les enfants en s’accompagnant sur un piano, décoré d’accessoires variés, tels une poire à bicyclette, des fleurs ou des cages à souris. Un détail peu connu de la carrière du célèbre chansonnier, il a écrit des centaines de chansons pour les enfants. Il avait même conservé le costume et les bottines de Cloclo, et son nez, qu’il arborait encore pour faire rigoler ses amis, était demeuré à sa portée dans sa chambre.
Cloclo est parti et, avec lui, l’imaginaire débordant de Claude Léveillée. Grand merci à toi, Claude!

vigile.net tribune libre 9 juin 2011
Le Devoir 10 juin 2011
quebechebdo 10 juin 2011
cyberpresse.ca 14 juin 2011

 

Arrive maintenant le temps d’un nouveau défi

9 juin 2011

En ces temps sombres où le rêve de l’accession au pays du Québec semble vouloir s’éclipser derrière une nébulosité stagnante, je vous offre ce petit poème puisé dans mes souvenirs en guise d’espoir d’un temps plus clément.

Il fut un temps pas si lointain
Où des hommes et des femmes d’ici ont rêvé d’un pays
Il fut un temps pas si lointain
Où des hommes et des femmes d’ici se sont donné un défi

Mais ce temps, cet implacable temps
A semé les graines perverses des ambitions
Au détriment des profondes convictions
De nos vaillants défricheurs d’antan

Puis, avec le temps vint un temps
De piétinement sur le sol de nos aïeux
Un temps nuageux où s’assombrirent les cieux
Jusqu’à ce que le torrent inonde les champs

Cependant le temps, tolérant et patient
A attendu patiemment le retour des paysans
Qui, vaillamment, à nouveau, ont remis
Le cap sur la création d’un pays

Il fut un temps pas si lointain
Où des hommes et des femmes d’ici ont rêvé d’un pays
Arrive maintenant le temps d’un nouveau défi
Où des hommes et des femmes d’ici se donneront la main
Pour réaliser enfin
Ce grand et beau pays

vigile.net tribune libre 9 juin 2011      

La descente aux enfers

8 juin 2011

Le 16 avril 2011, lors du 16ième congrès du Parti québécois, Pauline Marois obtient un vote de confiance de 93,08% de la part des quelque 1700 participants.
« Nous nous dirigeons vers une victoire, une victoire qui pourra avoir des conséquences absolument formidables pour le Québec, lance-t-elle, émue, sur la scène du congrès. Ma victoire, c’est votre victoire. C’est la victoire d’un parti uni, d’un parti solidaire, d’un parti qui a le goût de proposer au peuple du Québec que nous nous donnions un pays. »
Moins de soixante jours plus tard, le parti « uni et solidaire » vit l’une des pires crises de son histoire. Trois de ses ténors, Louise Beaudoin, Lisette Lapointe et Pierre Curzi quittent le bercail le 6 juin, suivis du député de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Haussant, le lendemain, ce dernier montant d’un cran sa critique envers son chef en lui suggérant de « penser à la souveraineté d’abord » et de démissionner, alléguant que « la souveraineté va se faire avec quelqu’un d’autre. »
Bien sûr, la question fondamentale réside dans les raisons qui ont conduit à une telle descente aux enfers dans un laps de temps aussi court. En ce qui a trait aux événements qui ont entouré le projet de loi privé 204, tous conviennent, y compris les quatre démissionnaires, qu’ils ne peuvent représenter un dossier assez important pour causer un tel cataclysme. Ces événements auront contribué tout au plus de prétexte pour faire déborder le vase qui déjà avait atteint son niveau de tolérance maximum avant que la saga sur l’amphithéâtre n’occupe toute la scène politique québécoise.
Si on se fie aux déclarations des députés démissionnaires, il semblerait que le nerf de la guerre se situe au niveau du style de leadership de Pauline Marois, jugé trop directif par certains députés du caucus péquiste. Reliée à cette attitude, ressort la ligne de parti, critiquée pour son caractère sclérosant, muselant les députés dans leurs opinions et leurs convictions jusque dans leurs votes à l’Assemblée nationale. À cette critique, Pauline Marois rétorque qu’elle écoute les membres de son caucus mais qu’en bout de ligne, quelqu’un doit prendre la décision, en l’occurrence, la chef du parti, conseillée par ses proches collaborateurs.
À mon sens, le nœud du problème réside dans ce dilemme entre le processus de consultation et le processus de décision, une démarche qui demande du tact de la part du leader et de la maturité de la part de ceux qui doivent se rallier à une décision vis-à-vis de laquelle ils sont en désaccord. Toutefois, cette démarche de consultation demeure essentielle dans tout organisme qui respecte les principes de base de la démocratie. Quant à la sacro- sainte ligne de parti, elle ne devrait, en aucun temps, brimer la liberté de parole des députés, encore moins leur vote au moment de la présentation d’un projet de loi à l’ANQ.
Je ne connais pas les qualités personnelles de Mme Marois pas plus que ses défauts. Toutefois, il me semble évident qu’elle possède une force de caractère remarquable et une détermination manifeste…une détermination qui pourrait être associée parfois à de l’entêtement. Néanmoins, pour avoir reçu un vote de confiance aussi élevé de la part des participants au congrès du 16 avril 2011, j’imagine qu’elle possède aussi le leadership nécessaire pour conduire ses troupes à la victoire lors des prochaines élections. Compte tenu de ces atouts indispensables à tout chef de parti politique, saura-t-elle rallier ses ouailles et surtout, pourra-t-elle conduire le peuple québécois à son indépendance ? En dernière heure, nous apprenons que Mme Marois fait amende honorable en s’excusant de ne pas avoir consulté son caucus sur le projet de loi privé 204…trop peu, trop tard? Des questions qui demeurent pour l’instant sans réponses!

vigile.net tribune libre 8 juin 2011
cyberpresse.ca 13 juin 2011                       


  

Menace d’implosion au PQ

7 juin 2011

Examinons d’abord la version « officielle » qui, aux yeux du commun des mortels, auraient conduit aux démissions fracassantes des trois députés péquistes le 6 juin 2011, avant qu’ils ne fassent leur déclaration.
Le projet de loi privé 204, déposé par la députée Agnès Maltais, appuyée par Pauline Marois, a suivi la voie d’une commission parlementaire tant souhaitée par les tenants d’une consultation populaire sur les détails de l’entente et ce, sans qu’aucune anomalie ne soit ressortie sur les détails de l’entente. Toutefois, comme le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a déjà annoncé qu’il votera contre le projet de loi qui doit recevoir l’unanimité des voix, il devra prendre le chemin d’une loi omnibus pour être accepté à la majorité simple des membres présents. Par ailleurs, la Cour supérieure du Québec ne s’est pas encore prononcée sur la requête en nullité déposée par Denis de Belleval concernant l’entente intervenue entre la Ville de Québec et Quebecor sur la gestion du nouvel amphithéâtre de la Capitale nationale.Toujours selon la version « officielle », dans ce branle-bas de combat , la grogne s’installe dans les officines du PQ. Puis, coup de théâtre! Trois ténors de la députation péquiste démissionnent. Les scénarios les plus noirs évoquent même une menace d’implosion au sein du PQ.
Imaginez…un parti solidement implanté au Québec risque de s’effondrer, de se désagréger pour des motifs qui ne sont encore que des allégations! Trois politiciens chevronnés claquent la porte pour des raisons de principes démocratiques après qu’une commission parlementaire leur ait permis de s’exprimer au sujet d’un projet de loi accepté par la majorité des députés de leur parti…au grand plaisir des amis d’en face, tous partis confondus. En un mot, la baraque menace de sauter pour un projet d’amphithéâtre. Voilà pour l’avant.
Puis, subitement, le chat sort du sac à la lumière des déclarations des trois députés péquistes démissionnaires! Le projet de loi privé 204 n’est que « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », selon les dires de Lisette Lapointe. Le style de leadership de Pauline Marois est remis en question. Bref, il y a du linge sale à laver et « l’atmosphère est devenue irrespirable », toujours selon Mme Lapointe! Et pourtant, malgré cette « implosion appréhendée », et Louise Beaudoin et Lisette Lapointe ont toutes les deux confirmé le choix de certains de leurs collègues, en ces termes, dans une entrevue accordée sur RDI le 6 juin :
« Certains de mes collègues vont mener le combat vers l’intérieur…je choisis de le faire de l’extérieur. » (Louise Beaudoin)
« Les collègues qui sont restés à l’intérieur vont brasser la cage. » (Lisette Lapointe)
Alors, pourquoi déserter la maison au lieu d’y rester pour faire le lavage en famille? Le salut dans la fuite n’a jamais profité à personne. À mon sens, pendant que le torchon brûle, une question essentielle doit faire partie des réflexions des trois démissionnaires, et ils doivent rapidement lui apporter une réponse: l’enjeu en vaut-il la chandelle? Voilà pour l’après.

vigile.net tribune libre 7 juin 2011   

L’énigme Khadir (prise 2)

6 juin 2011

D’entrée de jeu, je vous cite un extrait d’un article du journal français Libération en date du 3 juillet 2008 :
« Peut-on être de gauche en Amérique du Nord, à la fois immigrant et souverainiste québécois, de tradition musulmane et militant de la cause féministe? Médecin d'origine iranienne, activiste de longue date, Amir Khadir est tout cela à la fois. S'il n'est pas l'unique politicien québécois issu de l'immigration dans la province, il est sans doute le seul à réunir toutes ces caractéristiques…. » (1)
Rien pour résoudre l’énigme Khadir, vous allez me dire…non, mais peut-être des éléments qui peuvent expliquer les paradoxes dans lesquels semblent baigner parfois le député de QS. Entre autres, l’appui d’un chef de parti souverainiste au NPD lors des dernières élections fédérales, invoquant le vote « utile » pour justifier ses calculs politiques au détriment de ses convictions.
On pourrait citer aussi sa démarche en dents de scie dans le dossier de l’amphithéâtre de Québec, s’objectant d’abord au dépôt du projet de loi 204 pour ensuite l’accepter, alléguant qu’une commission parlementaire permettrait à tous les intervenants de s’exprimer sur le sujet, y compris lui, et qu’une fois les audiences terminées sans qu’aucune anomalie sur l’entente entre la Ville de Québec et Quebecor ne soit ressortie, il persiste à dire qu’il votera contre l’entente, et cela, avant même que la Cour supérieure ne donne son verdict concernant la contestation de Denis de Belleval.
Et, pour ajouter un peu de piquant à l’énigme qui entoure le personnage, je crois opportun de vous rapporter certains faits historiques qui se dégagent du même article cité plus haut :
« En 1995, le Parti québécois (PQ) digère très mal l'échec du référendum d'indépendance. Son rêve lui échappe à 1 % des voix près. Il vire alors à droite, adoptant une stratégie néolibérale. Les déçus, parmi lesquels Amir Khadir, fondent alors le Rassemblement pour une alternative politique (RAP), avec le but de créer une force à la gauche du PQ. En 2002, l'initiative débouche sur la formation de l'Union des forces progressistes (UFP), un parti qui rassemble tous les groupuscules de gauche, y compris le Parti communiste. »(1)
Considérant d'une part, que QS est nés de la fusion de l'UFP et d'Opition citoyenne, et que d'autre part, l'une des raisons d’être de sa formation était de « créer une force à la gauche du PQ », je ne crois pas qu’il soit dans les intentions d’Amir Khadir de conclure quelque alliance avec le PQ alors que plusieurs intervenants persistent à croire à cette possible coalition.
Enfin, une chose est certaine, on ne peut l’accuser d’utiliser la langue de bois, souvent reprochée aux politiciens comme porteuse d’un discours creux. Pourtant, aux qualificatifs élusif et de nébuleux attribués aux utilisateurs de la langue de bois, sont souvent substitués ceux de despotes et de manipulateurs aux politiciens ayant leur franc parler. Porteur d’un discours ouvert, empreint d’une dialectique implacable, et sans détour, recourant même souvent à l’insulte envers ses adversaires, Amir Khadir subit néanmoins souvent les doléances de plusieurs de ses auditeurs tout en en ralliant un bon nombre. À preuve que l’énigme Khadir est loin d’être résolue!
 
(1)   http://www.quebecsolidaire.net/actualite-nationale/portrait-damir-dans-liberation 

vigile.net tribune libre 6 mai 2011

Une alliance PQ-QS…un mariage de raison?

2 juin 2011

Depuis quelques mois, nombreux sont les commentaires préconisant une alliance entre le Parti québécois et Québec solidaire. Au fil de ces lectures, je me suis demandé quels étaient les tenants et aboutissants d’une telle démarche. Aussi, avec toute modestie, je vous livre en vrac le fruit de ma réflexion.
D’abord, force nous est de constater la montée en flèche de la popularité de QS, un parti qui n’a que cinq ans d’existence puisqu’il a été créé en février 2006 de la fusion d’Option citoyenne et de l’Union des forces progressistes qui avaient respectivement vu le jour en 2004 et en 2002. Dès sa création, le parti se définit comme étant écologiste, de gauche, démocrate, féministe, alter-mondialiste, et d’un Québec pluriel, souverain et solidaire.
Par ailleurs, il ne fait aucun doute à mes yeux que l’élection d’Amir Khadir et sa présence à l’Assemblée nationale ont contribué grandement à mettre QS sur l’écran radar de la scène politique québécoise. En effet, il faut reconnaître que le député de Mercier possède le talent pour susciter les débats sur des sujets d’actualité en plus d’avoir le verve pour les alimenter.
De l’autre côté, le PQ, souffrant d’une existence de plus de quarante ans, démontre depuis quelques années des signes évidents de vieillissement qui laissent souvent des relents amers dans les convictions profondes de ses sympathisants. De là à zieuter du côté d’un parti jeune et vigoureux, il faut reconnaître que la tentation est attirante!
Toutefois, avant de contracter une alliance avec ce nouveau parti, les péquistes, à mon sens, auraient avantage à se poser quelques questions. À titre d’exemples, QS ne repose-t-il pas actuellement sur les épaules d’un seul homme? Si oui, n’y-a-t-il pas un danger qu’il ne soit qu’un feu de paille advenant le retrait d’Amir Khadir de la scène politique? Le PQ, quant à lui, ne devrait-il pas, enfin, reprendre le leadership de l’accession à l’indépendance, en tant que premier parti souverainiste créé au Québec? Avant d’envisager une alliance avec QS, un parti qui n’a que cinq ans d’expérience sur la scène politique québécoise, le PQ ne devrait-il pas lui laisser le temps de faire ses armes sans pour autant le renier? Les deux partis n’auraient-ils pas avantage à cheminer parallèlement et ainsi garder toute la latitude nécessaire pour faire avancer le débat sur l’indépendance plutôt que de vivre une cohabitation qui risque d’avoir des conséquences sclérosantes? Enfin, une alliance PQ-QS ne représente-t-elle pas un mariage de raison qui risque de dégénérer en chicanes de couple compte tenu de la grande différence d’âge entre les deux conjoints?

vigile.net tribune libre 2 juin 2011 

   

Le plan nord de Bettman

2 juin 2011

Lorsque Gary Bettman clame sur tous les toits son intention de tout faire pour empêcher les déménagements des équipes de la LNH, sa crédibilité ne pèse pas lourd dans la balance si l’on considère le fait que pas moins de dix concessions de son circuit ont changé de lieu de résidence au cours des trente-cinq dernières années, soit de 1976 à 2011.
Tout un palmarès d’excursions pour une ligue de hockey professionnelle qui se targue de vouloir conserver ses franchises! Enfin, lorsque l’on observe la direction des transferts, on constate qu’ils se sont effectués, soit sur la terre de l’oncle Sam, soit en direction sud lorsqu’ils ont immigré du Canada aux USA…sauf le dernier-né, celui d’Atlanta à Winnipeg. Est-ce à dire que Gary Bettman a changé son plan sud pour son plan nord, placé devant l’inévitable constat d’un climat où le hockey incarne le sport national de ses habitants?

quebechebdo 2 juin 2011 

Pas facile, la politique!

1 juin 2011

Souvent utilisée par les politiciens, la langue de bois incarne une forme d’expression n’apportant aucune information nouvelle, évitant de répondre à des questions embarrassantes et utilisant un flot de paroles inutiles dans le but de noyer l’auditeur. En ce sens, la langue de bois se présente comme l’antagonisme entre la censure qu’elle véhicule et la liberté d’expression et de pensée.
La langue de bois étant souvent reprochée aux politiciens comme porteur d’un discours creux, il semble par ailleurs que les tenants d’un discours ouvert et sans détour n’aient pas plus de succès auprès de certains auditeurs. Aux qualificatifs d’élusif et de nébuleux attribués aux utilisateurs de la langue de bois, sont substitués ceux de despote et de dictateur aux politiciens ayant leur franc parler.
Pour illustrer mon propos, demandez aux Montréalais leur opinion sur leur maire…puis, faites le même exercice auprès des citoyens de Québec relativement au leur! Pas facile, la politique, n’est-ce pas?

quebechebdo 31 mai 2011

Harper sauvé des eaux

31 mai 2011

L’Exode, second livre de l’Ancien Testament, raconte comment Moïse fut sauvé des eaux du Nil par la fille du pharaon. Plus près de nous, l’histoire nous raconte comment le premier ministre Harper fut sauvé des eaux par le ROC qui le recueillit dans un panier d’osier bleu le long du canal Rideau au soir du 2 mai 2011.
Toutefois, au contraire de Moïse qui conduisit tout son peuple vers la Terre promise, notre pharaon semble avoir oublié une partie de son peuple envahi par les inondations qui sévissent en Montérégie, se contentant d’envoyer une infime partie de ses légionnaires en terrains inondés pour des besognes auxquelles ils son voués, soit les situations d’urgence et le maintien de la qualité de vie! Pour ce qui est des tâches de nettoyage des débris, l’argument d’Ottawa invoque une concurrence déloyale envers les firmes privées, comme si la détresse humaine se transigeait en une occasion d’affaires à offrir aux entreprises privées.
Et, pendant cette guéguerre stupide qui se déroule dans les hautes instances de notre gouvernement conservateur majoritaire, des milliers de sinistrés luttent désespérément depuis des semaines contre les éléments d’une nature déchaînée pour assurer leur survie et tenter de sauver leur résidence. Et, pendant ce temps-là, notre pharaon national retire sa légion de l’immense région inondée au moment où des milliers de citoyens sont en désarroi devant l’ampleur des dégâts et des tâches de reconstructions!
Les inondations en Montérégie…des événements qui ressemblent étrangement à la politique de George W. Bush en 2005 lors du passage de l’ouragan Katrina en Louisiane, le président manifestant plus de hâte à déployer son armée en Irak que dans cet « état isolé »! Dans cette ligne de pensée, je me demande comment monsieur Harper aurait réagi si ces inondations s’étaient produites ailleurs dans « the rest of Canada »

vigile.net tribune libre 31 mai 2011
quebechebdo 31 mai 2011