La fin des haricots

18 mai 2012

Quelques minutes avant d’entrer en Chambre pour présenter son projet de loi 78 visant « à mettre fin au conflit étudiant », Michelle Courchesne déclarait : « Une loi spéciale, ça ne signifie pas la fin des haricots…même après la loi spéciale, il pourra y avoir une entente ».

Par ailleurs, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin, a soutenu qu’il ne pouvait négocier avec une telle menace aussi grande placée au-dessus de sa tête. « Il s’agit d’un projet de loi qui vise à tuer à terme les associations étudiantes, mais aussi à taire l’expression d’une population. »

« On vient dire aux jeunes que tout ce qu’ils ont fait, tout ce qu’ils ont créé comme mouvement social depuis 14 semaines sera désormais criminel… C’est une déclaration de guerre au mouvement étudiant . », s’est indignée Martine Desjardins de la Fédération étudiante universitaire du Québec.

Aux yeux de Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la CLASSE, avec cette loi, le Québec est en train de « sombrer dans une dérive autoritaire ». Il a dit « avoir honte d’être gouverné par des gens qui osent déposer des projets de loi aussi ignobles ». Il a soutenu qu’il s’agissait d’un « projet de loi qui remet en question des libertés fondamentales et des droits constitutionnels reconnus ».

À mon sens, ce projet de loi est incendiaire par son caractère répressif et constitue une entrave profonde aux libertés d’expression en les restreignant outrageusement et cavalièrement.

En agissant avec autant de mépris devant le mouvement étudiant, la gouvernement Charest vient de clore tout dialogue avec 150 000 étudiants qui manifestent démocratiquement depuis plus de cent jours le droit de se faire entendre.

En termes clairs, le projet de loi 78 décrète l’omerta en demandant aux étudiants de se taire et de se ranger gentiment pour avoir le « droit » de réintégrer leurs cours, à défaut de quoi, ils seront soumis à des amendes salées.

Soyons logiques…comment la ministre peut-elle avoir la moindre crédibilité auprès des leaders étudiants alors qu’elle se montrait encore ouverte au dialogue la veille de la présentation de son projet de loi incendiaire ? Comment peut-elle affirmer avec autant de désinvolture qu’une « loi spéciale, ça ne signifie pas la fin des haricots » ?

À moins de faire preuve d’une naïveté peu probable, compte tenu de l’expérience de Michelle Courchesne dans les négociations qu’elle a déjà menées antérieurement, j’ai plutôt l’impression que le projet de loi 78, de par son contenu répressif, vient d’annoncer « la fin des haricots »…en d’autres termes, le début d’une mobilisation accrue autour des revendications des étudiants !

En terminant, je laisse la parole à Lise Payette à travers cet extrait de sa chronique publiée dans Le Devoir du 18 mai sous le titre « Honte à vous, Jean Charest » : « Les blessures que vous laisserez dans notre peuple, M. Charest, seront longues à guérir. Mais j’ai la certitude que nous y arriverons. Je suis heureuse de savoir que la relève est debout. Ça ira plus vite. »

vigile.net tribune libre 18 mai 2012
quebechebdo 18 mai 2012



La loi de l’omerta

17 mai 2012

C’était écrit dans le ciel du Québec…La nomination de Michelle Courchesne à titre de ministre de l’Éducation présageait d’une veille météorologique. La foudre s’est finalement abattue sur le Québec!

Dès le lendemain de sa rencontre avec les leaders des associations étudiantes, la ministre annonçait ses couleurs : « Il n’y a pas davantage de place au compromis…j’ai senti un durcissement de leur position ». La porte de la loi spéciale était dorénavant ouverte…

Et ce, malgré l’ouverture des représentants étudiants sur une trêve sur l’augmentation des frais de scolarité, malgré les inquiétudes manifestes et légitimes des parents arborant le carré blanc concernant l’usage abusif et dangereux de la matraque de la part des forces policières, malgré le fiasco des injonctions qui placent les intervenants des institutions scolaires dans des situations dramatiques…

Et ce, malgré le compromis présenté à Michelle Courchesne par les leaders des quatre associations étudiantes le 15 mai et qui divergeait peu de l'accord de principe intervenu, le 4 mai, après une nuit de négociations. Le nouvel énoncé des représentants étudiants préconisait toujours la création d'un Conseil provisoire pour dégager des économies dans les cégeps et universités devant servir à diminuer la facture « globale » qu'assument les inscrits. Cette diminution se serait appliquée non seulement aux frais afférents imposés par les administrateurs des deux réseaux d'enseignement, mais aussi aux frais de scolarité. Le protocole pour émerger de la crise avançait que les recteurs perdraient deux des six sièges initialement prévus pour leurs représentants au Conseil provisoire. La principale avancée portait sur la suite à donner à un éventuel accord de principe. Le 4 mai, les leaders des associations n'avaient promis que de «soumettre» à leurs membres l'entente. Cette fois, ils entendaient la «recommander» tout en promettant de ne pas «organiser de manifestations» sur ce qui serait signé.

Néanmoins, dans ce marasme engendré par un gouvernement déterminé à faire passer la facture d’une gestion défaillante des universités aux étudiants, j’octroie la citation de la semaine au représentant de la FECQ, Léo Bureau-Blouin : « Un bon père de famille ne fait pas venir la police pour régler un problème avec ses enfants, un bon père de famille s’adresse à ses enfants et leur parle pour régler la crise ».

Pourtant, sans grande surprise, le couperet est tombé, l’omerta est décrétée…Le gouvernement Charest a tranché. La récréation est terminée, la cloche a sonné, les étudiants doivent rentrer en classe! Fini le temps de la contestation…en termes clairs, assez, c’est assez, taisez-vous, on vous a assez entendus, nous reprenons le contrôle! « Il est temps que le calme revienne! », dixit Jean Charest.

À mon sens, une telle loi, ayant pour effet de contraindre les étudiants au silence dans le but de les ramener au « calme » tient de l’utopie! Le mouvement étudiant enclenché depuis des semaines, mobilisant encore près de 150 000 jeunes allumés et convaincus de la force de leurs arguments, ne s’éteindra pas sur un simple « appel à l’ordre ».

Au contraire, la loi de l’omerta engendrera un effet boomrang qui ne fera que durcir la position des étudiants. Je ne suis pas prophète et je ne dispose d’aucune boule de cristal, mais mon « gros bon sens » m’a toujours bien servi…Dans ce cas-ci, il me prédit que le 16 mai aura été un jour sombre pour le Québec!

Toutefois, j’ai aussi été toujours bien servi par un tempérament positif qui me dit que le beau temps succède à la pluie…que l’avenir du Québec, grâce à tous ces jeunes imbus d’une société plus juste, est riche et rempli de promesses de jours meilleurs.

À nous toutes et tous d’appuyer notre jeunesse, de maintenir le cap avec eux sur une destination où la société québécoise portera fièrement le flambeau de l’accessibilité de tous ses citoyens à des études supérieures à l’intérieur d’une société dans laquelle le dialogue est encore possible.

quebechebdo 17 mai 2012
vigile.net tribune libre 21 mai 2012 "L'omerta est décrétée"

 

Une initiative maladroite et inappropriée

16 mai 2012

Le 15 mai, le Parti québécois a déposé une motion, qui a été adoptée par l’Assemblée nationale du Québec, et qui est ainsi libellée :

« Conformément aux principes de la séparation des pouvoirs, que l’Assemblée nationale exprime [sic] que dans une société de droit, les injonctions doivent être respectées ».

Par ailleurs, force nous est de constater que le recours aux injonctions n’a causé jusqu’ici qu’un affrontement extrêmement malsain entre les parties. En prenant l’initiative de présenter cette motion, le PQ donne l’impression de cautionner les désastres causés par la débandade de ces injonctions.

À cet effet, les propos de la directrice du Cégep Lionel-Groulx concernant le drame vécu par les manifestants le 15 mai méritent d’être rapportés : « On me demande à moi de faire un travail qui n’est pas fait dans un autre lieu. On se sent larguées, les directions générales, par le politique. »

La conclusion du directeur des communications du Cégep Lionel-Groulx, Monsieur Yves Marcotte, est sans appel : « Nous venons de faire la preuve, devant tout le Québec, que l’injonction n’est pas une bonne façon de faire pour assurer le retour en classe. »

L’initiative du PQ est maladroite et inappropriée, compte tenu du contexte tendu dans lequel sévit le conflit. Un parti politique qui affiche ses couleurs en arborant le carré rouge devrait plutôt travailler à garder le débat dans les sillons du politique plutôt que de le faire sombrer dans les abysses du juridique! 

quebechebdo 16 mai 2012

L’ultime compromis

15 mai 2012

Depuis les quatorze semaines que dure le conflit entre le gouvernement et les étudiants, personne ne pouvait s’attendre à la démission de Line Beauchamp à titre de ministre de l’Éducation et députée du comté de Bourassa-Sauvé…bref à un retrait de la vie politique.

Toutefois, au-delà de l’onde choc suscitée par la démission de Line Beauchamp, il convient d’analyser les raisons évoquées par Mme Beauchamp pour justifier sa démission.

Confrontée à un mouvement de grève des étudiants qui s’éternise, Line Beauchamp a dit avoir échoué à régler un conflit important: «J'en assume la responsabilité et je fais l'ultime compromis que je puisse faire: je cède ma place». Se disant en «mode solution», elle a dit espérer que son geste «servira un peu d'électrochoc».

Pour leur part, les représentants étudiants, qui se sont entretenus avec l'ex-ministre quelques heures à peine avant l’annonce officielle de sa démission, ne s'attendaient pas à cette décision. En entrevue à RDI, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Martine Desjardins, s'est dite «surprise».

«Ce n'est pas en changeant de ministre qu'on va régler la crise actuelle», a de son côté commenté le co-porte-parole de la CLASSE, Gabriel-Nadeau Dubois. Pour les étudiants, les frais de scolarité demeurent au coeur du problème».

Selon ses propos officiels, la conférence téléphonique à laquelle Line Beauchamp a participé avec les leaders des associations étudiantes (FEUQ, FECQ, CLASSE et TaCEQ), en matinée, a joué dans sa décision:

«Ma dernière conversation téléphonique avec les représentants des quatre associations étudiantes m'a amenée à constater que personnellement, j'avais perdu confiance dans leur volonté de régler le conflit et que nous ne partagions pas les mêmes valeurs du respect de la démocratie et des élus de l'Assemblée nationale».

En réalité, quelles sont-elles ces «valeurs du respect de la démocratie et des élus de l’Assemblée nationale»? Le droit de manifester son désaccord face à une décision du gouvernement ne fait-il plus partie des «valeurs» de l’ex-ministre? Les élus de l’Assemblée nationale incarneraient-ils tout à coup la «voix du peuple» à partir du moment où ils occuperaient un siège à la Chambre?

Par ailleurs, quelques heures après la démission de Line Beauchamp, la présidente du Conseil du trésor, responsable des goussets du gouvernement, et ex-ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, a prêté serment comme «nouvelle» ministre de l'Éducation, tout en conservant ses responsabilités au Conseil du trésor…une nomination qui, à mon sens, risque de durcir davantage la position du gouvernement concernant sa décision de maintenir la hausse des droits de scolarité.

Devant cette chaise musicale qui ne fait que tourner en rond, je serais porté à donner raison à Gabriel Nadeau-Dubois sur le fait qu’un changement de ministre ne règlera pas la crise actuelle…à moins que Mme Courchesne ait des cartes cachées dans son jeu!

En attendant, l’«ultime compromis», auquel a fait allusion à quelques reprises Line Beauchamp lors de la conférence de presse du 14 mai relativement à sa démission, risque de constituer un coup d’épée dans l’eau plutôt que de «servir d’électrochoc»!

quebechebdo 15 mai 2012
vigile.net tribune libre 15 mai 2012

Deux « carrés » plutôt qu’un

14 mai 2012

Résumons les convictions relativement aux « couleurs » arborées par les différents mouvements inhérents au conflit entre les étudiants et le gouvernement qui, rappelons-le, part d’une hausse unilatérale des droits de scolarité universitaires décrétée par le gouvernement Charest.

D’un côté, les carrés rouges qui, dès le départ, se sont opposés à cette hausse, alléguant, entre autres arguments, qu’elle risquait de causer un préjudice à l’accessibilité aux études supérieures pour certains étudiants, d’un autre, les carrés verts parmi lesquels plusieurs d’entre eux s’opposent aussi à cette augmentation mais refusent d’utiliser la grève comme moyen de pression, et finalement les carrés blancs, généralement constitués de parents inquiets devant la débandade des interventions policières lors des dernières manifestations étudiantes, qui réclament un moratoire sur la hausse des frais de scolarité.

En conséquence, dans le but d’ajouter plus de poids aux revendications de ces trois « carrés », pourquoi les rouges et les verts contre la hausse des droits de scolarité n’ajouteraient-ils pas le carré blanc sur l’autre boutonnière?

À mon sens, un tel agencement de couleurs contribuerait grandement à harmoniser leurs intérêts communs, à créer une consolidation de ces mêmes intérêts et à étendre le mouvement de contestation à des couches sociales beaucoup plus variées, entre autres des parents, en polarisant le débat sur le nécessaire moratoire.

Enfin, je défie qui que ce soit, même parmi les plus radicaux du mouvement étudiant et les plus fervents défenseurs des politiques néolibérales, de trouver « un seul argument » solide qui pourrait militer contre un moratoire immédiat sur la hausse des droits de scolarité, compte tenu du marasme dans lequel se trouvent embourbées, non seulement les deux parties en cause à l’origine du conflit, mais aussi toute la société québécoise et ce, depuis des semaines.

En terminant, en cette journée de la fête des mères, permettez-moi de souhaiter mes meilleurs souhaits à toutes les mères du Québec tout en ayant une pensée spéciale pour toutes celles qui vivent des moments de profondes inquiétudes envers leur enfant impliqué dans le conflit actuel!

quebechebdo 13 mai 2012 

Aux parents porteurs du carré blanc

12 mai 2012

D’entrée de jeu, je voudrais que vous sachiez que je suis entièrement d’accord avec votre cause, à savoir la déclaration d’un moratoire sur la hausse des droits de scolarité.

Étant moi-même père de deux filles qui, heureusement, ne sont plus sur les bancs d’école, je peux facilement comprendre votre inquiétude lorsque votre enfant, s’étant rangé du côté des «rouges», part de la maison pour se rendre à une manifestation qui risque de dégénérer, comme nous l’avons constaté dernièrement, en des actes de représailles inacceptables et dangereux de la part des forces policières.

À mon sens, les associations étudiantes ont tenu, depuis le début de ce conflit, un discours cohérent qui, dès le départ, aurait dû conduire à des discussions avec le gouvernement Charest.

Toutefois, force nous est de constater que la ministre de l’Éducation, appuyée en cela du premier ministre, à préféré jouer la carte de la confrontation avec les étudiants, une attitude qui a conduit à la situation désastreuse que nous connaissons aujourd’hui.

Face à ce cul-de-sac, disons-le, provoqué par le gouvernement, il serait illusoire de penser que les étudiants vont retourner «docilement» en classe en attendant qu’une commission, majoritairement formée de cadres universitaires mandatée pour étudier les possibles compressions dans leur propre style de gestion, fasse des «recommandations» à la ministre sur ces «compressions» qui pourraient éponger l’effet de la hausse des droits de scolarité.

En conséquence, vous avez entièrement raison de viser le premier ministre comme étant le seul mandataire officiel pour décréter une trêve sur la hausse des droits de scolarité et constituer immédiatement une commission parlementaire spéciale ou des états généraux sur l’éducation supérieure au Québec, en y incluant dans leur mandat les droits de scolarité et le financement et la gestion des universités.

Après tout, c’est Jean Charest lui-même qui déclare dans son autobiographie: «Je dis souvent qu’il ne faut jamais sous-estimer la capacité des gouvernements de se tromper. […] S’il y a une chose qui me fait frémir, c’est quand j’entends des gens dire: «Après tout, c’est le gouvernement; ils doivent savoir ce qu’ils font.» Il ne faut jamais présumer qu’ils savent ce qu’ils font

Le printemps 2012 ne peut pas rester lettres mortes dans les annales de l’histoire de la société québécoise…nos jeunes nous ont démontré hors de tout doute une force de conviction inébranlable devant les controverses suscitées par les politiques néolibérales plaçant en priorité les intérêts des classes dirigeantes au détriment de l’intérêt commun qui, dans le cas présent, réclame l’admissibilité de tous les Québécois à des études supérieures, un droit fondamental acquis dans les Chartes des droits et libertés de la personne.

Finalement, je terminerai avec la dernière phrase tirée du manifeste que vous avez publié dans divers médias et que j’ai le goût de placer dans la bouche des étudiants :

«Le carré blanc parce qu'on a mis des jeunes au monde et qu'on devrait peut-être les écouter».

quebechebdo 12 mai 2012
vigile.net tribune libre 12 mai 2012

Commentaire:

"Monsieur Marineau, je tiens à vous remercier pour votre magnifique lettre et je porterai fièrement le carré blanc, pour tous nos enfants".

France Demers
quebechebdo tribune libre 12 mai 2012

Le parlementaire s’affirme de plus en plus

11 mai 2012

Le 10 mai 2011, je publiais sur cette tribune un article intitulé « Vivement un leader charismatique », lequel se terminait par les mots suivants :

« Mais, où se cache ce leader ? Qui est-il ?… Je vous avoue que je n’en ai aucune idée ! L’important est de prendre conscience qu’il nous en faut un si nous voulons avancer vraiment comme peuple vers notre indépendance ! Toutefois, je serais porté à avancer une piste de réflexion…Nous sommes là, depuis des décennies, entre têtes blanches, à discuter de la meilleure stratégie pour parvenir à notre statut de pays ! Pourquoi n’irions-nous pas scruter auprès de la génération montante s’il n’y aurait pas quelques jeunes animés de la conviction profonde d’accéder à notre indépendance ? »

Un an plus tard, j’ai obtenu la réponse à ma question « Où se cache ce leader ? ». En effet, dans mon esprit, seul Jean-Martin Aussant possède toutes les qualités pour mobiliser les indépendantistes à l’accession à notre statut de pays…un politicien intègre, rationnel, jeune, animé par des convictions profondes, entre autres, celle de placer la cause au-dessus du pouvoir, et ayant en main une plateforme claire et cohérente sur les véritables enjeux de notre indépendance.

À cet effet, permettez-moi de vous citer le blogueur Vladimir de Thézier, aussi membre d’Option nationale :

« Il nous faut un nouveau chef qui incarne un changement . Il nous faut un nouveau parti qui ne traîne pas le boulet de ses erreurs passées. Il nous faut un nouveau discours qui explique pourquoi l’indépendance du Québec est le seul moyen de régler efficacement les vraies affaires, telles que la santé, l’éducation, l’économie et la qualité de nos infrastructures. Ce chef, c’est Jean-Martin Aussant. Ce parti, c’est Option nationale. Et ce discours, je m’y identifie fièrement ».

Quant à ceux qui doutent encore des qualités parlementaires de Jean-Martin Aussant, je vous propose cet extrait d’un article d’Antoine Robitaille, paru dans Le Devoir du 9 mai sous le titre « Aussant célèbre la défaite de Sarkozy »

« Le chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, s’est réjoui hier en Chambre de la défaite du président français sortant, Nicolas Sarkozy, survenue dimanche. M. Sarkozy avait en 2009 assimilé la souveraineté du Québec à « la détestation de l’autre », ce qui dénotait selon le député québécois une « influence d’un certain domaine de Sagard ».

M. Aussant faisait référence à l’homme d’affaires fédéraliste Paul Desmarais, propriétaire du fameux domaine dans Charlevoix. En 2008, M. Sarkozy avait déclaré : « Si je suis aujourd’hui président, je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et à la fidélité de Paul Desmarais. » M. Aussant a évoqué les liens de Jean Charest avec la célèbre famille : « Pendant que l’ancien président français était influencé par Sagard, il y avait un certain chef du gouvernement québécois qui dormait à Sagard. Donc, la bonne nouvelle, c’est que les Français, démocratiquement, ont signifié son congé au premier et j’ai bonne confiance que les Québécois sauront bientôt montrer leur choix clair au deuxième. »

Finalement, Jean-Martin Aussant est en train de prouver aux médias qu’il mérite sa place honorable dans leurs couvertures et qu’il a, non seulement les qualités et la plateforme requises pour incarner le leader qui conduira le Québec à son indépendance, mais aussi la rigueur intellectuelle, la présence d’esprit et l’acuité nécessaires pour sortir, au besoin, les arguments percutants qui replacent objectivement et vertement les événements dans leur contexte approprié.

vigile.net tribune libre 11 mai 2012 

Au sujet des « rouges » peints en vert

10 mai 2012

Je peux facilement comprendre la frustration des « verts » dans le conflit sans fin qui oppose les associations étudiantes au gouvernement sur la hausse des droits de scolarité. Toutefois, j’éprouve énormément de difficultés à saisir la logique de leur argumentaire quand, pour la plupart d’entre eux, ils se disent contre la hausse des droits de scolarité tout en se prononçant contre la grève comme moyen de pression.

À mon sens, la mobilisation des “verts” constitue un mouvement « sans âme » en ce sens qu’elle incarne une conception à courte vue, axée sur la nécessaire conclusion d’une session de cours au détriment d’un légitime combat contre la stratégie d’un gouvernement électoraliste qui est le premier responsable de la déplorable situation qu’ils subissent.

En conséquence, les « verts » se retrouvent devant un choix à faire : ou ils sont conséquents en se rangeant du côté de ceux qui se battent contre la hausse des droits de scolarité, ou ils persistent dans leur paradoxe en demeurant des « rouges » peints en vert!

quebechebdo 10 mai 2012

Le « contre-pouvoir » des artistes

10 mai 2012

Ce soir-là, dans la salle surchauffée de la rue Fullum, étaient regroupées des figures aussi connues que Guylaine Tremblay, Ariane Moffatt, Dominic Champagne, Jean-Marc Vallée, Pierre Curzi, Daniel Boucher, Christian Bégin, Nathalie Gascon, Anne-Marie Cadieux, le médecin Alain Vadeboncoeur et l’économiste et professeur de sociologie économique à l’UQAM, Éric Pineault.

Parmi eux, se retrouvait aussi Philippe Falardeau qui résumait en ces termes les intentions des artistes :

« Ce que font les artistes aujourd’hui, c’est un zoom arrière, cet effet d’éloignement de l’objectif de la caméra qui permet le recul, la perspective, la distance critique. Bref, qui permet de saisir une problématique dans son ensemble. »

Pas moins de 250 cosignataires d’un manifeste intitulé « Nous sommes ensemble » y avaient convoqué les médias pour deux raisons : d’abord affirmer publiquement la solidarité des artistes avec le mouvement étudiant mais surtout, réclamer du gouvernement Charest deux mesures très précises, soit un moratoire sur la hausse des droits de scolarité et la tenue d’états généraux sur l’éducation supérieure.

Selon les porte-parole des artistes, le spectaculaire de la rue empêche ce recul et, ce faisant, occulte ce qui se joue dans les antichambres du pouvoir. « Les choses sont en train de se passer, qu’on le veuille ou non, et elles profitent à ceux qui sont en train de nous les passer. Il ne faut pas lâcher. Ce n’est pas un show », a clamé Dominic Champagne.

Toujours aux dires des participants, l’idée que le spectacle des manifestations diffusé à tous les soirs aux bulletins de nouvelles arrange bien le gouvernement Charest, compte tenu qu’il chasse de l’actualité tous les autres dossiers compromettants, entre autres, celui que le conflit étudiant soit le révélateur d’une crise sociale plus large, qui dépasse le cadre des droits de scolarité et qui porte sur les valeurs mêmes de la société québécoise.

Quoique en désaccord avec la perception des artistes concernant les manifestations dans la rue qui, à mon sens, doivent continuer de se tenir, je dois leur concéder que l’idée de « saisir la problématique dans son ensemble », que ce soit au moyen d’états généraux sur l’éducation supérieure ou d’une commission parlementaire spéciale, représente sans contredit le meilleur véhicule pour résoudre le conflit actuel qui a largement dépassé la hausse des droits de scolarité.

D’ailleurs, le mouvement étudiant n’est-il pas en train de réaliser son propre « zoom arrière » en invitant ses sympathisants à un débat de société ?

vigile.net tribune libre 9 mai 2012
quebechebdo 11 mai 2012

Une douce vengeance?

9 mai 2012

Selon le député libéral Pierre Reid, le rejet de l'entente de principe par plusieurs associations dénote que les dirigeants étudiants « ont échappé le ballon». Je me demande si l’ancien recteur de l'Université de Sherbrooke et ministre de l'Éducation lors du conflit étudiant de 2005 qui lui a coûté son poste de ministre n’est pas en train de laisser sortir une douce vengeance face aux étudiants.

Après tout, lorsque Pierre Reid allègue qu’il y a un problème dans le fait que les leaders étudiants s'entendent sur quelque chose et que la base ne les suit pas du tout, il pourrait reprendre à son compte cette déclaration relativement aux événements de 2005 alors que sa « base » ne l’a pas du tout suivi et qu’il « a échappé le ministère »! 

quebechebdo 9 mai 2012