L’argent empoché par le sénateur Duffy

18 mai 2013

Depuis les tout débuts du règne pour le moins austère des conservateurs de Stephen Harper au pouvoir à Ottawa, on ne compte plus les lois qui viennent en aide aux victimes d’actes criminels. Toutefois, lorsque les gestes reprochés touchent à des membres du parti, il semble que monsieur Harper soit enclin à faire preuve d’une clémence « exemplaire ».

La saga du sénateur de l’Île-du-Prince-Édouard, Mike Duffy, qui aurait bénéficié d’une double source de paiements alors qu’il faisait campagne pendant l’élection de 2011, en offre une nouvelle démonstration. En effet, avant l’affaire Duffy, il y a eu les cas Peter Penashue, Bev Oda, Peter MacKay, Tony Clement etc…et, à chaque fois, Harper s’est empressé de prendre leur défense et a refusé de condamner leurs gestes contraires à l’éthique, à la loi électorale ou aux lignes directrices en matière de dépenses ministérielles.

Si Mike Duffy a dû rembourser 90 172,24 $ au Sénat, c’est carrément parce qu’il a floué les contribuables, un geste qui aurait dû en soi lui valoir une sanction immédiate de son chef. Mais voilà, ce gouvernement, qui se prétend grand défenseur des fonds publics, de l’éthique et de la transparence, n’a pas seulement pris la défense de Duffy, il a cherché à lui trouver une sortie de secours par la voie du chef de cabinet du premier ministre et vieil ami de Duffy qui lui a tout bonnement donné les 90 000 $ dont il avait besoin.

Une attitude désinvolte qui soulève de nombreuses interrogations, comme par exemple, pourquoi le sénateur a-t-il indiqué qu’il avait remboursé lui-même les 90 000 $ au Sénat ? Pourquoi le chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, a-t-il personnellement donné cet argent à Mike Duffy au mépris apparent des règles éthiques en vigueur ? Pourquoi le premier ministre a-t-il défendu M. Duffy si longtemps, son bureau allant même jusqu’à saluer le « leadership » du sénateur ? Comment Stephen Harper pouvait-il ne pas être au courant de l’arrangement entre Duffy et Wright ?

Les conservateurs ont toujours allégué le respect des victimes pour justifier les sentences sévères inscrites dans leurs projets de loi. Dans les cas de MM. Duffy et Compagnie, les victimes sont faciles à trouver. Ce sont les contribuables qui ont un moyen efficace de se faire respecter, à savoir exercer leur droit de vote lors du prochain appel aux urnes.

Le PM s’en va jouer la grande séduction à New York

Stephen Harper, ce même premier ministre qui préfère inaugurer un Tim Horton’s plutôt que de se présenter à l’ONU, doit se rendre à New York cette semaine pour jouer la grande séduction aux Américains dans le dossier de l’oléoduc Keystone XL, une visite perçue par plusieurs analystes politiques comme un aveu des inquiétudes grandissantes du gouvernement canadien quant à l’approbation du tunnel à bitume qu’Ottawa souhaite brancher sur le pétrole de l’Alberta. Pour que Stephen Harper porte lui-même le dossier devant le Conseil des relations extérieures des États-Unis, c’est que l’heure est grave…Toutefois, malgré toute la mièvrerie dont le PM canadian peut faire preuve, je doute fort qu’il puisse influencer de quelque manière que ce soit l’agenda de Barack Obama !

vigile.net tribune libre 18 mai 2013
quebechebdo 21 mai 2013 "L'affaire Duffy" (version abrégée)
cyberpresse.ca 25 mai 2013 "L'affaire Duffy" (version abrégée)



Des funérailles décentes grâce à Gilles Kègle

18 mai 2013

On est souvent porté à regarder dans les pays en voie de développement lorsqu’il s’agit de pauvreté et de misère. Pourtant, ici même au Québec, plus précisément dans le quartier Saint-Roch à Québec, 23 personnes, dont les corps n’ont pas été réclamés dans les six derniers mois ou dont les proches n’avaient pas les moyens d’offrir une sépulture, ont eu droit à des funérailles décentes grâce au dévouement indéfectible de l’infirmier de la rue, Gilles Kègle.

De plus, grâce à la générosité d’une maison funéraire, Gilles Kègle a reçu un lot au cimetière il y a quelques années pour y faire reposer les cendres de ceux qu’ils refusent d’abandonner jusqu’à la fin.

Gilles Kègle, un personnage authentique dont les mérites n’ont d’égale que la générosité sans bornes dont il fait preuve depuis des années auprès des démunis laissés pour compte, tels des animaux abandonnés.

quebechebdo 18 mai 2013

Un des effets pervers du néolibéralisme

17 mai 2013

Un article de Pauline Gravel publié dans Le Devoir du 11 mai sous le titre « Plaidoyer en faveur de l’enseignement des langues anciennes » a soudainement éveillé en moi des souvenirs encore frais de mes huit années de cours classique pendant lesquelles j’ai baigné dans notre langue d’origine lointaine qu’est la latin.

Puis, avec les années, j’ai pu me rendre compte à quel point ce « bain » de connaissances du latin avait pu jouer autant sur ma connaissance du français au niveau linguistique que sur mes capacités d’analyse et de synthèse, deux éléments essentiels à la formation de l’esprit critique et de la résolution de problème.

Mais revenons à l’article de Mme Gravel et regardons les raisons qui, selon Thierry Petit, professeur au Département d’histoire de l’Université Laval, ont conduit à la disparition de l’enseignement du latin : « L’esprit antiélitiste et anticlérical qui a animé la société québécoise à la suite de la Révolution tranquille a bien sûr contribué à cette disparition. Mais la vague de néolibéralisme, qui sévit dans le domaine des études secondaires et qui atteint maintenant le monde universitaire, n’a rien fait pour y remédier. Les temps sont désormais à l’utilitaire et à la rentabilité. Leurs adeptes entendent faire des jeunes générations des outils productifs efficaces, dans une société où l’économie a pris le pas sur toute autre considération. Au nom de ce nouveau Moloch, les disciplines non directement rentables sont vouées à disparaître ».

À mon sens, M. Petit touche au « nerf de la guerre » en attribuant la disparition du latin, voire même « les disciplines non directement rentables » au néo-libéralisme qui privilégie « l’utilitaire et la rentabilité » et « [fait] des jeunes générations des outils productifs efficaces ».

Selon Geneviève Issalys, une ancienne diplômée de l’Université Laval en grec ancien et en latin qui a enseigné le latin au secondaire avant de devenir consultante en éthique professionnelle dans les domaines éducatif et social, elle utilise tous les jours les concepts qu’elle a acquis durant ses études de grec ancien et de latin. « Ces concepts, affirme-t-elle, nous confèrent une compréhension du monde et une absence de certitude qui nous aident à réfléchir, à délibérer, et qui procurent une rhétorique qui est essentielle pour faire valoir nos idées ».

Au risque de paraître pour un dinosaure d’une époque préhistorique [ce qui en soi ne me déplaît nullement compte tenu des avantages que me procure aujourd’hui mon séjour dans cette époque lointaine], je suis convaincu q’une école secondaire actuelle qui aurait la témérité d’offrir dans son curriculum l’enseignement du latin verrait sa clientèle augmenter de façon significative et, qui plus est, attirerait dans son sillon d’autres directions d’école.

Pour connaître d’autres arguments relatifs à l’importance du latin dans la formation de notre jeunesse, je vous invite à lire l’opinion de Christian Rioux parue dans Le Devoir du 17 mai sous le titre « Vive le latin » dont voici un extrait :

« Comme le soulignent nos « rêveurs » de l’Université Laval, l’enseignement du latin aurait plusieurs vertus, surtout dans un pays où les programmes de français ont si radicalement expulsé la littérature. La première consisterait à renouer avec les racines gréco-latines de notre civilisation. À lire les programmes actuels d’histoire ainsi que d’éthique et de culture religieuse, on a l’impression que les Amérindiens et l’animisme ont eu plus d’influence sur la culture québécoise que la grande tradition gréco-latine. Ce qui est risible. À feuilleter certains manuels, on croirait même qu’un nouveau clergé, guère plus éclairé que l’ancien, a mis les humanités à l’index au profit de la pensée cool et jetable.

L’autre grande qualité de l’enseignement des langues mortes, c’est de forcer les élèves à l’un des exercices les plus formateurs qui soit : la traduction. Depuis que l’enseignement des langues vivantes est axé sur l’oral, la traduction est pratiquement disparue des écoles. Or, il n’y a rien de plus formateur que de s’interroger, pour traduire la pensée d’un auteur, sur le sens exact d’un mot, son étymologie et sa place dans la phrase. Cette discipline est le fondement même de tout travail sur la langue et, par voie de conséquence, sur les idées. À plus forte raison dans un pays où tant de nos élites parlent deux langues secondes. »

quebechebdo 15 mai 2013 "Les effets pervers du néolibéralisme" (version abrégée)
vigile.net tribune libre 17 mai 2013

Coderre le chef d’orchestre

17 mai 2013

Il est de notoriété publique que le député libéral fédéral de Bourassa, Denis Coderre, ne fait jamais les choses comme les autres.

Eh bien, après des mois de spéculations soigneusement entretenues par le principal intéressé, sa réputation s’est poursuivie le 16 mai lorsqu’il a annoncé officiellement sa candidature à la mairie de Montréal sous les huées d’une quarantaine de manifestants militant pour le logement social et contre le règlement P-6, deux manifestants masqués plantés derrière lui. Et tout ça après qu’il ait confirmé sa décision en «primeur» à 10h35 sur ses comptes Twitter et Facebook.

«Contrairement à ce que plusieurs pensent, Montréal n’a pas besoin d’un «sauveur», elle a besoin d’un leader, d’un rassembleur compétent et inclusif, d’un chef d’orchestre ! Je serai ce chef d’orchestre», a-t-il lancé dans son allocution.

En tête des sept thèmes de sa campagne, trônent l’honnêteté, la gouvernance et la cohérence. Parlant d’honnêteté, que faisait l’ancien ministre libéral fédéral au moment du scandale des commandites ? Une question à laquelle il risque d’avoir à répondre s’il désire établir sa crédibilité comme «chef d’orchestre»!

quebechebdo 16 mai 2013
Le Devoir 18 mai 2013 "Le chef d'orchestre"

L’obsession du déficit zéro

16 mai 2013

Comme s’il n’en avait pas assez d’être pris dans le carcan d’un gouvernement minoritaire, le gouvernement Marois s’en est doté lui-même d’un autre, à savoir l’obsession du déficit zéro. Le résultat…des ministres qui ressortent bredouille du bureau du ministre Marceau, Martine Ouellet étant le plus bel exemple concernant les redevances minières.

Dans son édition du vendredi 19 avril, La Presse rapportait que, lors d’une discussion avec plusieurs leaders du monde des affaires du Québec, Pauline Marois considérait l’idée de « reporter d’un an l’atteinte du déficit zéro ». L’article du quotidien relatait aussi que ces gens d’affaires affichaient une certaine compréhension devant ce changement d’orientation, les gestionnaires sachant mieux que quiconque qu’une stratégie doit s’adapter continuellement au contexte économique changeant.

Pourquoi en serait-il autrement pour le gouvernement du Québec ? Quelle rationalité explique que l’échéancier du plan de retour à l’équilibre budgétaire déterminé en 2009 devrait rester inchangé, alors que la reprise de l’économie québécoise et mondiale est beaucoup plus lente que prévu ? Lors de l’élaboration du plan, Nicolas Marceau tablait sur une croissance du PIB en 2013 de 4,2 % pour le Québec et de plus de 4,5 % pour les États-Unis. Or, les résultats actuels s’avèrent inférieurs aux prévisions de près d’un point de pourcentage. En réalité, personne n’avait prédit l’enlisement économique actuel de l’Europe pas davantage que la paralysie de la politique américaine qui a poussé le gouvernement des États-Unis dans le « précipice fiscal »..

Compte tenu d’une économie plus faible que prévu, le gouvernement se retrouve privé des revenus suffisants pour stimuler la croissance. En conséquence, le gouvernement Marois pourrait ajuster la trajectoire de son plan de retour à l’équilibre budgétaire. Aux dires de la plupart des économistes, un léger déficit pour l’année 2013-2014 ne remettrait aucunement en cause la solidité financière du Québec. À preuve, même le Conseil du patronat critique le « saupoudrage des réductions budgétaires » et appelle à une plus vaste réflexion sur les services publics et leur financement.

Je veux bien comprendre que le statut minoritaire du gouvernement peut le contraindre à la prudence dans la gestion de certains dossiers. Toutefois, il m’apparaît inconcevable qu’une telle obsession du déficit zéro pousse le ministre Marceau à exiger des autres ministres du cabinet Marois qu’ils se serrent la ceinture, occasionnant par là les reculs que nous connaissons envers les promesses électorales du PQ.

Une stratégie aussi démesurément rigoureuse risque de nuire considérablement au climat économique du Québec. À mon sens, il est grand temps d’arrêter de nous demander où le couperet tombera la prochaine fois et d’utiliser nos leviers économiques pour stimuler notre croissance…et cela peut se concrétiser même par un gouvernement minoritaire.

Enfin, pour ajouter à mon argumentaire, je vous suggère de lire le premier de deux articles de Jacques Parizeau sur la dette du Québec, paru dans Le Devoir du 16 mai sous le titre « Les finances publiques du Québec, un désastre ? – Ne surdramatisons pas notre endettement », le second étant publié le 17 mai sur les revenus et dépenses du gouvernement.

vigile.net tribune libre 16 mai 2013



Mieux vaut prévenir que guérir?

16 mai 2013

Sans remettre en question la décision d’Angelina Jolie concernant l’ablation de ses seins à la suite d’un diagnostic positif de la présence de gènes pouvant développer le cancer, lequel diagnostic provenant de la médecine génétique dite « prédictive », il m’apparaît sage de mentionner que, dans plusieurs cas, la présence d’un gène n’annonce rien avec certitude, la génétique étant beaucoup plus complexe qu’on ne le croyait il y a 15 ans, alors que certains scientifiques promettaient nombre de thérapies géniques miraculeuses.

Le cas Jolie, fort médiatisé, pourrait cependant entraîner avec lui une logique médicale qui risque de devenir de plus en plus courante, à savoir l’intervention chirurgicale déclenchée en l’absence de symptôme ou de maladie, mais à partir d’une évaluation d’un risque obtenu par un test génétique. Mieux vaut prévenir que guérir? Certes, mais encore faut-il que la prévention s’appuie sur un diagnostic reconnu scientifiquement.

quebechebdo 16 mai 2013

Le PQ sous les feux des paradoxes

16 mai 2013

Je me suis beaucoup amusé en lisant la chronique de Francine Pelletier parue dans Le Devoir du 15 mai sous le titre Le cynisme, particulièrement au passage des « vedettes véreuses de la commission Charbonneau » qui se pavanent sans scrupule dans « la procession de complets-cravates ».

Par la suite, la chroniqueuse mise en plein dans le mille lorsqu’elle montre du doigt le paradoxe « cynique » du PQ qui, sous le couvert du défenseur de la probité, est en train de s’approprier le slogan peu reluisant du parti qui « flashe à gauche pis tourne à droite » relativement à ses « promesses brisées et [ses] retournements de vestes ».

Parlant de paradoxe, je vous propose celui-ci : le 8 mai, le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, annonçait une enquête sur les causes du « printemps érable », et notamment sur le comportement des policiers. Vingt-quatre heures plus tard, la première ministre Pauline Marois et le même ministre Bergeron vantaient le travail des policiers après l’arrestation de l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt… Cherchez l’erreur !

Le Devoir 16 mai 2013

La propagande derrière le paravent de l’information

15 mai 2013

En lisant la chronique de Manon Cornellier parue dans Le Devoir du 15 mai sous le titre "Imposer sa marque", l’image de Stéphane Harper, le flagorneur invétéré, a surgi spontanément dans ma tête…le visage angélique cachant habilement des intentions pernicieuses.

Pour vous placer dans le contexte, la chroniqueuse réfère au Plan d’action économique (PAE) qui envahit carrément, ces temps-ci, la présentation télévisée des séries éliminatoires de hockey, sans compter les nombreuses parutions du logo du PAE qui surgit à tout moment sur le petit écran aux heures de pointe.

La version officieuse du gouvernement Harper : "Tout le monde sait qu’il est important que les Canadiens comprennent bien les mesures qui sont proposées par le Parlement et qui auront des répercussions sur eux".

La version officielle, selon Manon Cornellier [et la mienne] : "Elles [les publicités télévisées] servent avant tout à vanter les prétendues retombées des politiques du gouvernement et à promouvoir l’image des conservateurs".

Pourtant, un sondage réalisé en 2012 pour le compte du gouvernement, et obtenu par La Presse canadienne en vertu de la Loi d’accès à l’information, démontre clairement que la majorité des personnes interrogées considèrent que ces publicités ne sont que de la propagande ou du gaspillage. Toutefois, une analyse approfondie des résultats par le bureau du Conseil privé a permis de constater que de 42 à 47 % des gens avaient tout de même gardé une image positive du gouvernement.

Le prix ? De 2009 à 2012, le gouvernement Harper a dépensé, à même les revenus des contribuables qui sont attaqués de toutes parts par les compressions budgétaires de ce même gouvernement, au moins 113 millions$ pour la "promotion" de son plan économique. Pendant ce temps-là, sous le prétexte du "assez, c’est assez de discussion", Harper multiplie les bâillons au point d’avoir atteint un sommet à ce chapitre par rapport à tous les gouvernements précédents.

En réalité, si on ajoute les nombreuses ingérences cavalières du gouvernement Harper dans les compétences provinciales et ses incursions rétrogrades dans le monde ancestral de la monarchie à ces publicités fallacieuses, c’est à se demander si notre flagorneur national n’est pas un des meilleurs promoteurs de l’urgence d’accéder à notre indépendance !

vigile.net tribune libre 15 mai 2013



Labrador: le bleu tourne au rouge

15 mai 2013

La candidate libérale Yvonne Jones a remporté l’élection complémentaire fédérale dans Labrador sur son rival conservateur Peter Penashue en récoltant 48% des voix contre 33% pour l’ex-député conservateur.

En guise d’argument expliquant sa victoire, Mme Jones a évoqué le « désir de changement » des électeurs en leur promettant que le Labrador sera « mis de l’avant » à Ottawa. À cet effet, je me demande sur quel critère se base Mme Jones pour justifier son engagement compte tenu que, jusqu’à maintenant son chef, à part le fait de s’appeler Trudeau, n’a rien laisser paraître d’un quelconque « renouveau » au parti libéral.

Reste à voir si la victoire du PLC, à l’image de la tempête de neige qui sévissait le jour de l’élection partielle le long de la côte septentrionale du Labrador, n’est pas le signe avant-coureur d’une « tempête » libérale pan-canadienne lors des prochaines élections fédérales!

quebechebdo 15 mai 2013

 

 

Le cul-de-sac…à moins que…

14 mai 2013

Lors du conseil national du Parti québécois qui s’est tenu le 11 mai à Québec, Pauline Marois a suggéré aux partis indépendantistes rivaux de se saborder à l’exemple de Pierre Bourgault qui avait décidé de saborder le RIN « afin de faire avancer la cause souverainiste ».

Or, Pierre Bourgault, lors d’une entrevue qu’il avait donnée douze ans après avoir dissous son parti en 1968, le PQ gagnant en popularité à l’époque et le chef du RIN voulant éviter une division du vote, avait déclaré : « C’est une chose sur laquelle je n’arrive pas à me faire une idée précise ; quand je suis déprimé, que je trouve que les choses ne vont pas très bien […], je me dis que nous n’aurions pas dû saborder le RIN ».

Par ailleurs, comme le dit Antoine Robitaille dans son éditorial paru dans Le Devoir du 14 mai sous le titre « Union des souverainistes – Refus primaire » : « On peut comprendre que Mme Marois, devant ses partisans, ait ressenti le besoin de répliquer aux nombreuses attaques dont son gouvernement fait constamment l’objet de la part des QSistes et Onistes. Malgré plusieurs critiques méritées à l’endroit de ce gouvernement erratique, on a l’impression que le « grand frère souverainiste » est pour QS et ON le seul réel adversaire ; davantage encore que les libéraux et les caquistes ».

En suggérant à Qs et ON de se saborder, j’ai l’impression que Pauline Marois a attisé le feu au lieu de tenter de l’éteindre. « C’était pour le moins malhabile, voire insultant, à l’endroit de ces anciennes clientèles potentielles définitivement perdues au PQ et dont le poids a augmenté récemment : 11% pour QS et 4 % pour ON, selon les derniers sondages », poursuit Antoine Robitaille.

Dans un tel contexte, l’union des forces souverainistes s’annonce difficile, voire même impossible…C’est le cul-de-sac ! On imagine mal qu’elles puissent s’entendre sur quoi que ce soit. Aux dires d’Antoine Robitaille : « Pour QS, le PQ incarne la dérive néo-libérale. Pour ON, le parti de Mme Marois représente la démission nationale ».

À mon sens, nous avons atteint un point de non-retour…à moins que les trois partis souverainistes se fusionnent. Toutefois, une condition devra faire l’unanimité, à savoir une déclaration officielle de processus d’accession à l’indépendance du Québec nettement inscrite dans le règlement numéro 1 du nouveau parti.

vigile.net tribune libre 14 mai 2013