Garder la mainmise sur notre histoire nationale

14 juin 2013

Ottawa investira 12 M$ dans différentes mesures de promotion de l’histoire canadienne dans le but de « faire mieux connaître l’histoire du Canada » à l’approche de son 150e anniversaire. Le nouveau Fonds pour l’histoire du Canada accaparera la plus grande part du budget, soit 4,3 M$ en 2013-2014 et 6,3 M$ par année jusqu’en 2017.

Il chapeaute, entre autres, les Prix d’histoire, 225 bourses de 1000 $ et 30 autres de 2 000$ qui seront remises annuellement [soit plus de 1 M$ étalé sur quatre ans] à des élèves et des enseignants « remarquables qui manifestent un intérêt pour la célébration de l’histoire du Canada ». C’est l’organisme indépendant Histoire Canada qui sera chargé de gérer ce programme.

On se souvient qu’une controverse avait éclaté à ce sujet entre Québec et Ottawa en mai dernier, un comité parlementaire fédéral ayant suggéré d’analyser et de comparer le contenu des cours d’histoire nationale offerts dans les provinces. Or, cette fois-ci, le gouvernement Harper a bien pris soin de prévenir les coups. À cet effet, selon la directrice d’Histoire Canada, Deborah Morrison, les travaux récompensés pourront aborder tous les pans de l’histoire canadienne. « On veut encourager une grande exploration de notre histoire …Les prix seront remis de façon équitable entre les provinces et n’empiètent pas sur les systèmes d’éducation provinciaux ».

C’est Lionel Groulx qui disait : « Le devoir certain, où il n'y a pas de risque de se tromper, ni de perdre son effort, c'est de travailler à la création d'un État français dans le Québec, dans la Confédération si possible, en dehors de la Confédération si impossible. » À mon sens, l’un des outils privilégiés pour « travailler à la création d’un État français dans le Québec », c’est de garder la mainmise sur son histoire nationale…Aux dirigeants d’en prendre bonne note et de veiller à promouvoir l’histoire du Québec auprès de notre jeunesse!

quebechebdo 14 juin 2013

Projet de loi 52: aux frontières de la légalité

13 juin 2013

Loin de moi l’intention de mettre en doute tout le sérieux des membres du comité « Mourir dans la dignité » dont le rapport a été présenté le 12 juin dans le projet de loi 52. Toutefois, en ouvrant la porte à « l’aide médicale à mourir », ce projet de loi jette les bases d’un balisage de l’euthanasie qui se définit, selon Le Larousse, comme étant « l’acte d'un médecin qui provoque la mort d'un malade incurable pour abréger ses souffrances ou son agonie, illégal dans la plupart des pays ».

Reste maintenant à valider les balises entourant cet acte médical pour lui donner le caractère « humain » qu’il vise en plaçant le patient au centre de la décision qu’il prend en demandant l’aide médicale à mourir.

quebechebdo 13 juin 2013
vigile.net tribune libre 13 juin 2013 "Réflexions personnelles"

Projet de loi 52: les balises

13 juin 2013

Attendu depuis longtemps, le projet de loi 52, intitulé Loi concernant les soins de fin de vie, suscite incontestablement des débats auxquels nous ne pouvons ni ne devons échapper au risque de nous laisser emporter par l’émotivité et la subjectivité.

Aussi est-il essentiel de valider les balises qui sous-tendent le projet de loi qui introduit l’obligation de fournir des soins de fin de vie « respectueux de la dignité et de l’autonomie » des personnes mourantes, un respect de l’autonomie qui va jusqu’à l’aide médicale à mourir tout en comprenant le continuum des soins palliatifs et la sédation terminale.

Le cœur du débat se situe autour de la notion d’ « aide médicale à mourir », une option qui, selon les termes du projet de loi, serait limitée aux personnes majeures, aptes à consentir aux soins, atteintes d’une maladie grave et incurable qui provoque des souffrances constantes et insupportables à un stade où le déclin est avancé et irréversible. De plus, la personne en fin de vie doit pouvoir signifier de façon immédiate et répétée son désir de recevoir l’aide médicale à mourir et faire entériner par deux médecins ses intentions.

Partant du principe où la personne qui demanderait l’aide médicale à mourir dans le contexte de ces balises demeure la première préoccupation à laquelle nous devons nous référer, les intervenants ont-t-ils en mains tous les outils pour prendre une décision juste et équitable? Une question à laquelle il faudra apporter une réponse « blindée » sans quoi les portes sont ouvertes au débat sur l’euthanasie.

quebechebdo 13 juin 2013
vigile.net tribune libre 13 juin 2013 "Réflexions personnelles"

Fred Pellerin, le pèlerin du conte québécois

12 juin 2013

Diplômé en littérature à l’Université du Québec à Trois-Rivières, fils de comptable agréé, Fred Pellerin est devenu "conteur agréable par mégarde" après avoir été bercé par les histoires de sa grand-mère, de son voisin Eugène et de son père. Les histoires de Fred Pellerin sont celles de son village : Saint-Elie-de-Caxton, petit village québécois de la Mauricie à travers duquel anecdotes, potins, rumeurs passent à la moulinette pour en ressortir sous forme de contes pour adultes.

Fred Pellerin, c’est aussi plus de 200 000 spectateurs en Europe et au Canada, plus de 150 représentations à guichets fermés en France et 8000 spectateurs à Paris… 36 ans seulement et plus de 2 500 représentations professionnelles au sein de la francophonie mondiale…sans compter son entrée officielle dans le Petit Robert.

Dans son nouveau spectacle de conte "De peigne et de misère" présenté à l’Atelier à Paris, Fred Pellerin continue de faire vivre les légendes de Saint-Elie-de-Caxtone, cinquième chapitre qui met en scène Méo, le coiffeur…ou décoiffeur du village, qu’on découvrait au travers des précédents spectacles et qui prend ici, le premier rôle.

"Au recensement du Saint-Élie-de-Caxton légendaire, le barbier figure en tête de liste… Le barbier, Méo. Lui qui tint chignon sur rue principale pendant de nombreuses années et qui marqua l’histoire de son fer à friser. Au village, Méo veilla pendant longtemps sur la capillarité générale. À décoiffer juste à point, il su prendre de front tous les tenants de la raie droite et monotone. Le génie frisait la folie. Ou l’inverse. Et peu importe. Ça se tenait ensemble.

Maître dans l’art du sarclage, habile à trier les cheveux blancs et les idées noires, Méo avait surtout les cheveux en face des trous. Aussi, sachant tirer profit de son accès aux têtes des chacune et chacun, Méo en vint vite à s’inventer une philosophie du secret éventré et une sagesse de la redistribution de la confidence. Sans lui, les histoires ambiantes n’auraient pas l’élan qu’on leur connaît. Méo. Fin stratège de l’incroyable. Jusqu’à ce jour-là où le sort de l’humanité vint se poser sur les épaules du village. Ce fut lui qui sut garder vive la mèche de l’espoir." Fred Pellerin

Toutefois, à mon sens, Fred Pellerin, c’est d’abord et avant tout un vibrant représentant du langage québécois qui outrepasse les frontières, un "p’tit gars de chez nous" qui a su faire vivre les légendes de son village et prendre avec conviction et simplicité le bâton du pèlerin du conte québécois !

Un Québécois à la Grande Boucle

C’est maintenant confirmé, le cycliste de 25 ans, David Veilleux, natif de Cap-Rouge, en banlieue de Québec, fera partie de la 100 ième édition du Tour de France et deviendra le premier Québécois d’origine à faire partie de la Grande Boucle…un honneur qui rejaillit sur l’organisation cycliste québécoise en général et sur la détermination du cycliste caprougeois en particulier.

vigile.net tribune libre 12 juin 2013
quebechebdo 11 juin 2013 (version abrégée)

Port du turban au soccer: à la FIFA de trancher

12 juin 2013

La guerre de tranchée que se livrent actuellement l'Association canadienne de soccer (ACS) et la Fédération de soccer du Québec (FSQ) concernant la décision de la FSQ d'interdire le port de turbans, patkas et keski par les joueurs lors de matchs qu'elle sanctionne au Québec doit, à mon sens, trouver son dénouement dans l’application du règlement 4 de la Fédération internationale de football association (FIFA), qui détaille les pièces d'équipement permises sur le terrain de soccer, le turban ne faisant pas partie de cette liste.

Dans sa requête, l'ACS rappelle que la consigne d'autoriser le port du turban, du patkas et du keski a bien été transmise le 11 avril 2013 à tous ses membres provinciaux et territoriaux et est depuis « appliquée avec succès à travers le Canada ». Pour sa part, la FSQ allègue que le port du turban sera défendu sur un terrain de soccer au sein d'une équipe membre de la Fédération de soccer du Québec tant que la Fédération Internationale de football association (FIFA) n'aura pas modifié ses règlements pour le permettre.

Comme c'est la FIFA qui régit la réglementation au niveau mondial, elle seule a le pouvoir de la modifier ou de la préciser si elle contient des zones grises. Alors, la balle est dans le camp de la FIFA…à elle de trancher!

quebechebdo 12 juin 2013

La grogne au sein d’Option nationale

11 juin 2013

Candidat dans Hochelaga-Maisonneuve pour Option nationale lors du scrutin du 4 septembre 2012, André Lamy, vice-président régional de la formation politique, a remis sa démission le 14 novembre, expliquant en ces termes les raisons qui motivaient son choix : « L’absence de vision organisationnelle claire et cohérente ayant cours au sein de la direction d’Option nationale conduit notre parti à une impasse…Après mûre réflexion, j’en suis arrivé à la conclusion que je ne peux plus assumer les fonctions que j’occupe au sein de notre parti dans les circonstances actuelles. »

Dans un article publié sur cette tribune le 15 mars 2013 sous le titre « La critique est une force », André Lamy touche, à mon sens, à une des pierres angulaires essentielles à toute formation politique qui aspire à une mobilisation de ses membres, à savoir l’ouverture à la critique. Voici un extrait du billet de M. Lamy :

« D’aucuns ont dénoncé une atmosphère de camp retranché installée à la permanence du parti ayant pour effet de décourager les talents prometteurs à force de faire taire leur esprit critique ou d’étouffer leurs questionnements. Pour certains membres de la direction, la critique est vue comme une attaque contre le parti ou, pire, vécue comme une attaque personnelle. Comment pouvons-nous laisser l’organisation du parti aux mains de gens qui ont peur de la critique ?

Or la critique a un rôle essentiel à jouer dans toute organisation. La critique est une force, car elle est la meilleure façon pour un individu ou une organisation d’éviter de se planter. C’est par ce moyen qu’une personne ou une direction peut être mise en contact avec les problèmes et les réalités du terrain, recevant les mises en garde, les avertissements ou les conseils des gens aguerris qui les entourent. Fermer la porte à la critique, c’est paver la voie aux ratés, aux dysfonctionnements et, dans le cas qui nous occupe, aux frustrations comme celles générées par le dernier Congrès d’ON. »

Le 19 mars 2013, Denis Monière signait à son tour un article sur Vigile sous le titre « Poser les vrais questions », lequel article débutait en ces termes :

« Les militants sont des courroies de transmission et des diffuseurs du message politique dans l’opinion publique, ils doivent être en mesure de faire la défense et l’illustration du programme adopté au congrès. Mais malheureusement ce programme est flou sur la démarche d’accession à l’indépendance et certains ont même soutenu qu’il fallait entretenir ce flou parce que ce serait rentable électoralement. Ceux qui pensaient qu’ON voulait faire la politique autrement en seront bien marris. Je pense au contraire que pour être efficace politiquement, il faut tenir un discours clair et cohérent. Or le programme actuel ne répond pas à cette exigence de la clarté. »

« Vision organisationnelle claire et cohérente », « ouverture à la critique », « clarté dans la démarche d’accession à l’indépendance »…autant de sujets essentiels sur lesquels la grogne semble porter ombrage à l’image d’Option nationale et que les responsables du parti, à commencer par son chef, devront pallier dans les meilleurs délais s’ils désirent positionner adéquatement ON sur la carte électorale du Québec.

vigile.net tribune libre 11 juin 2013

La talon d’Achille d’Option nationale?

10 juin 2013

Un mois jour pour jour après la tenue du premier congrès d’Option nationale les 2 et 3 mars 2013, André Lamy et Denis Monière cosignaient un article sur cette tribune le 2 avril sous le titre « Pour redresser la barre d’Option nationale et construire un parti efficace ». En relisant cet article dernièrement, je me suis arrêté tout particulièrement à ce passage :

« En effet, pourquoi se donner la peine de mettre en place toute une structure organisationnelle cohérente et fonctionnelle, si le but du parti est de se fondre dans une autre formation à la première occasion. Cette situation en porte-à-faux n’est pas sans conséquence. Elle induit une démobilisation des militants onistes se traduisant par une incapacité à attirer et à retenir des organisateurs de talents s’inscrivant dans la durée. Il s’agit d’une perspective des plus préoccupantes pour l’avenir du parti.

Option nationale, son chef, ses instances, ses membres et militants doivent redresser la barre du parti avant qu’il ne soit trop tard. Nous devons d’abord cesser de croire que le salut viendra de l’extérieur. D’un ailleurs politique, au PQ ou à QS, qui retrouverait comme par magie leur vertu souverainiste et leur marche en avant. Car il faut d’abord compter sur soi, se construire et s’organiser avant de penser imprimer sa marque dans une alliance ou un mariage avec un autre parti. Il faut être fort chez-soi avant d’envisager de faire un pas au dehors. Il faut être costaud à l’intérieur de soi si l’on veut se faire respecter chez les autres. Cette force qu’ON saurait se donner ne pourrait que constituer un atout supplémentaire appréciable rendant toute alliance incontournable entre forces politiques partageant le même idéal souverainiste que lui. Il faut malheureusement reconnaître qu’Option nationale se situe à mille lieux d’un tel résultat. Les signataires du présent manifeste demandent donc que des mesures soient prises afin qu’ON reprenne l’initiative politique au Québec. »

Un passage qui, à mon sens, porte son lot de lourdes conséquences sur l’avenir, voire la survie d’ON. À cet effet, je me permets de revenir sur un extrait de l’argumentaire des auteurs : « … pourquoi se donner la peine de mettre en place toute une structure organisationnelle cohérente et fonctionnelle, si le but du parti est de se fondre dans une autre formation à la première occasion. »

En réalité, l’ouverture manifeste de Jean-Martin Aussant, même s’il l’encadre dans certaines conditions, face à une fusion avec un autre parti souverainiste, n’est-elle pas le talon d’Achille du parti ? N’est-elle pas en train de créer « une démobilisation des militants onistes » ? Ne vaudrait-il pas mieux « compter sur soi, se construire et s’organiser avant de penser imprimer sa marque dans une alliance ou un mariage avec un autre parti » ?

Des interrogations qui soulèvent chez moi une sérieuse réflexion sur la stratégie d’ouverture de JMA qui, en théorie semble bien fondée mais qui, en pratique, risque de se retourner contre la mobilisation de la base militante de son parti.

« Cette force qu’ON saurait se donner [de l’intérieur] avant de penser imprimer sa marque dans une alliance ou un mariage avec un autre parti, ne pourrait que constituer un atout supplémentaire appréciable rendant toute alliance incontournable entre forces politiques partageant le même idéal souverainiste que lui. » De fait, Option nationale ne devrait-il pas mobiliser sa base à sa cause avant de zieuter ailleurs ? J’en suis rendu là dans ma réflexion !…

En terminant, je vous laisse à cette réflexion de Montesquieu qui a paru ce matin en haut de page de la tribune libre de Vigile et qui pourrait fort bien, dans les circonstances, s’appliquer au chef d’Option nationale : « Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie ; il ne faut pas être au-dessus des hommes ; il faut être avec eux"

vigile.net tribune libre 10 juin 2013

Ça s’est passé il y a 35 ans

10 juin 2013

En 1978, Gilles Villeneuve en est à sa première saison complète en Formule 1. Pendant les 15 Grands Prix disputés avant celui du Canada, Gilles Villeneuve est contraint d’abandonner six courses, trois fois en raison de bris mécanique et à trois autres reprises en raison d’un accident ou d’une sortie de route.

Néanmoins, il signe une quatrième place au Grand Prix de Belgique, la sixième étape de la saison. Puis, après une étape difficile au cours des cinq courses suivantes, il atteint son premier podium avec une troisième place en Autriche. Ensuite, il obtient deux autres résultats encourageants, à savoir une sixième position au Danemark et une septième place au Grand Prix d’Italie.

Après des ennuis de moteur au Grand Prix des États-Unis, il ne lui reste plus que le Grand Prix du Canada à Montréal pour terminer sa première année en Formule 1. Lorsque la Lotus du Français Jean-Pierre Jabouille, dominante jusque-là, éprouve des ennuis après 49 tours, Gilles Villeneuve, qui est à ce moment deuxième, hérite de la tête. Il reste alors 21 tours à faire avant que le Québécois franchisse le fil d’arrivée en première place, devançant dans l’ordre son futur coéquipier Jody Scheckter et Carlos Reutemann, son compagnon d’alors chez Ferrari.

Ce qui venait de se passer en ce 8 octobre 1978 était non seulement spécial, mais unique… En effet, plus jamais on ne reverra un événement aussi mémorable sur le circuit de Montréal… Merci à toi, Gilles, pour ces souvenirs inoubliables!

quebechebdo 10 juin 2013

Vivement la relâche à l’Assemblée nationale!

9 juin 2013

Comme dirait l'expression populaire, "les couteaux volaient bas" lors de la période de questions à l'assemblée nationale jeudi le 6 juin, à une semaine de la fin de la session parlementaire. 

Toutefois, si je devais décerner le premier prix des insultes qui ont déferlé dans l’enceinte de nos élus, je la décernerais sans hésiter au député caquiste Jacques Duchesneau qui, faisant référence au ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud, y est allé d’une antithèse acerbe en le qualifiant de «ministre de l’Injustice», devant son inertie à réclamer des poursuites civiles contre les entreprises citées à la commission Charbonneau.

Puis, pour ajouter la grivoiserie à l’insulte, M. Duchesneau est venu coiffer son intervention par une métaphore dénigrante en comparant le ministre de la Justice à un «leader d’une bande d’eunuques incapables de prendre des décisions».

Je présume que le député de Saint-Jérôme ne faisait pas allusion au sens propre du mot «eunuque», mais plutôt au sens figuré, soit un homme dépourvu de virilité, sans énergie. Quoi qu’il en soit, il est temps que nos «distingués députés» quittent l’atmosphère nauséabond du Salon bleu et se retirent sur leurs terres pour respirer un peu d’air pur avant leur retour dans l’arène politique en septembre!

quebechebdo 9 juin 2013

L’effet boomerang du déficit zéro

9 juin 2013

Inutile d’être expert en finances, l’objectif du déficit zéro que s’est fixé le gouvernement Marois occasionne comme conséquences ultimes des augmentations de taxes aux contribuables québécois.

Le dernier exemple de cet effet boomerang auprès des contribuables est parfaitement illustré par les coupures de quelque 80 millions $ imposées aux commissions scolaires en avril dernier, lesquelles s’ajoutaient à la coupe de 200 millions $ décrétée en novembre 2012.

Il n’y aura donc pas de surprise si des hausses de taxes scolaires sont annoncées par les commissions scolaires pour la période d’août 2013 à août 2014. À sa défense, le réseau affirme qu’il ne peut comprimer davantage ses dépenses administratives qui sont déjà « sur l’os » tout en soutenant que ses frais administratifs de 5 % sont parmi les plus bas de toute la fonction publique québécoise.

Du côté du ministre des Finances, Nicolas Marceau, la réplique se présente en deux volets, rappelant d’une part qu’il a invité les commissions scolaires à réduire leurs coûts avant de taxer davantage, et d’autre part, que les décisions que prennent les commissions scolaires leur appartiennent puisqu’elles sont des « gouvernements autonomes ».

Et pourtant, sans entrer dans les astuces comptables que seuls les experts sont en mesure de déchiffrer, je suis enclin à me poser la question suivante : les versements annuels au Fonds des générations, créé en 2006 par le gouvernement libéral « dans le but de réduire le fardeau de la dette du Québec », ne sont-ils pas en train de produire un effet boomerang sur les coupures annoncées par le gouvernement péquiste dans les services publics pour atteindre à la date prévue le déficit zéro ?

Selon des sources officielles du ministère des Finances et de l’Économie, le Fonds des générations a atteint en mars 2013 la somme de 5,5 milliards de dollars. En tenant compte des versements effectués depuis sa création et de ceux prévus au cours des prochaines années ainsi que de l’utilisation du Fonds des générations pour rembourser des emprunts venant à échéance, le Fonds des générations devrait atteindre 13,5 milliards de dollars au 31 mars 2018.

Conséquemment, pourquoi ne pas puiser dans le versement annuel à ce Fonds pour réduire le déficit au lieu de marteler les contribuables de coupures dans les services publics qu’ils se paient à gros prix à même leurs impôts ?

vigile.net tribune libre 9 juin 2013