Les fruits de la gouvernance « provinciale »

20 juin 2013

Un sondage CROP-Le Soleil-La Presse, réalisé entre le 12 et le 17 juin, dresse un portrait désastreux pour le gouvernement Marois et la première ministre. En effet, 69% des personnes interrogées jugent le bilan du gouvernement négatif contre 25% qui le perçoivent positif.

Comme conséquences, le taux d’insatisfaction de la population à l’égard du gouvernement péquiste s’établit à 68%, et seulement 11% d’entre elle croit que Pauline Marois est la meilleure personne pour occuper le siège de premier ministre, troisième derrière Philippe Couillard et François Legault.

À mon sens, la débandade du gouvernement péquiste et la désaffection de Pauline Marois à titre de première ministre résident en grande partie dans la désillusion des militants péquistes envers un gouvernement qui a tergiversé de reculs en reculs sur ses promesses électorales depuis sa prise du pouvoir et qui récolte les fruits d’une gouvernance «provinciale» dite «souverainiste».

quebechebdo 20 juin 2013

Retrait de Jean-Martin Aussant de la vie politique

19 juin 2013

C’est avec stupéfaction que j’ai appris via un message électronique la décision de Jean-Martin Aussant de se retirer de la vie politique. Quoique je respecte les motifs de ce choix, particulièrement liés au contexte familial, l’absence du chef d’Option nationale au sein du parti aura certes un effet choc au coeur de la nouvelle formation politique.

Jean-Martin Aussant incarnait plus que la tête dirigeante d’ON, il en était l’âme, le père spirituel. Son départ, même si la présidente Nathaly Dufour assure l’intérim en vertu des statuts, laisse le parti orphelin. Deux ans, c’est bien jeune pour se retrouver dans cet état !

Qu’adviendra-t-il maintenant de ce jeune parti ? Arrivera-t-il à passer au travers de ce « deuil » politique ? Pour Jean-Martin Aussant, Option nationale a toute sa place sur l’échiquier politique québécois :

« Depuis sa fondation, Option nationale a intéressé pour la première fois des milliers de gens à la politique et à la souveraineté, en bonne partie des jeunes. Une telle réussite vaut de l’or pour une société. L’espoir qu’incarne Option nationale pour tous ces gens doit se poursuivre. Le Québec en a besoin ».

Je rejoins JMA sur la place des jeunes au sein du parti et, s’il y a de l’espoir, c’est bien la place importante que les jeunes occupent à l’intérieur du membership d’Option nationale. Le fait que « des milliers de gens [s’intéressent pour la première fois]à la politique et à la souveraineté, en bonne partie des jeunes » représente, à mes yeux, un défi réaliste et encourageant pour l’avenir du parti.

Pour l’instant, j’invite les militants à demeurer sereins devant la décision de Jean-Martin Aussant et à « laisser tomber la poussière » avant de prendre la décision précipitée d’abandonner le parti. Nous devons plutôt suivre la voie de son fondateur dans son dernier message à titre de chef d’ON :

« Mon message aux souverainistes est fort simple : continuez, vous avez raison. La souveraineté est incontournable et nécessaire et le destin naturel de la nation québécoise est de pouvoir décider elle-même de ce qu’elle devient et de comment y arriver. Lois, impôts, traités, voilà ce que toutes les nations du monde devraient pouvoir contrôler elles-mêmes ».

vigile.net tribune libre 19 juin 2013

Après 30 ans, rien n’a changé!

19 juin 2013

Après près de 40 années au Soleil, dont les 14 dernières sur la colline parlementaire à Ottawa, le chroniquer Raymond Giroux tire sa révérence. Pour l’occasion, j’ai relu quelques unes de ses chroniques et je suis tombé sur une de celles-ci qui mérite qu’on se la rappelle. Il s’agit d’un article paru le 20 mai 2010 sous le titre « Les Québécois entre deux chaises », soit 30 ans jour pour jour après le premier référendum sur la souveraineté du Québec.

En voici quelques extraits :

« Ni fédéralistes, ni souverainistes, répondent les Québécois, 30 ans après le premier référendum sur la souveraineté-association. René Lévesque avait vu juste en accolant les deux concepts.

Mais sur le plan politique, il y a meilleure façon de se faire respecter dans le reste du Canada que de s’acharner à ne pas prendre position sur une question aussi fondamentale.

Un sondage Crop réalisé pour une boîte à idées qui se nomme L’Idée fédérale – son nom décrit bien son orientation – nous donne cette semaine un résultat à la fois étonnant et réaliste. Voici :

22 % se disent surtout fédéralistes ;

24 % se disent surtout souverainistes ;

22 % se disent entre les deux ;

25 % se disent ni l’un ni l’autre ;

7 % ne savent pas ce qu’ils sont.

Cela ressemble à du Yvon Deschamps – un Québec indépendant dans un Canada fort. Étonnant, parce qu’après des décennies de débats, le camp des indécis domine toujours le paysage politique.

Réaliste, parce que ce sondage reflète exactement les bruits de la rue. Regardez autour de vous, écoutez les conversations politiques, ou du moins ce qu’il en reste, et vous verrez bien : les Québécois abordent la question nationale en ordre dispersé. Il n’y a que le niqab, la burqa et le hockey pour rassembler tout le monde… »

Le 19 juin 2013, Le Soleil publie un article intitulé « Le PQ veut étudier les « ingérences » fédérales » dans lequel on nous informe que le gouvernement Marois investit 500 000 $ pour répertorier l’ensemble des dédoublements causés par l’empiètement d’Ottawa dans les compétences du Québec. Enfin, une excellente initiative, me dis-je.

Toutefois, la conclusion de l’article jette une douche froide sur mes premières réactions lorsque j’apprends que le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier, « jure qu’il n’est pas à la recherche d’une confrontation avec Ottawa pour mousser l’option souverainiste. »

Pourquoi diable le ministre ne profite-t-il pas de cette occasion stratégique pour « mousser l’option souverainiste » et faire voir aux Québécois les avantages de la souveraineté au lieu de la balayer sous le tapis? Non vraiment, rien n’a changé!

quebechebdo 19 juin 2013

Décès de Pierre F Côté: un homme de devoir

19 juin 2013

À titre d’ancien élève du Collège des Jésuites de Québec que j’ai eu l’occasion de rencontrer lors de réunions d’anciens élèves, et de parent de son fils à qui j’ai enseigné, j’ai toujours été impressionné par la stature imposante et le ton assuré de Pierre F. Côté.

Je me souviens, entre autres, d’une discussion que nous avons eue sur la qualité de la formation qu’il avait reçue au Collège des Jésuites et de l’infinie gratitude qu’il vouait aux « bons Pères » qui lui avaient non seulement enseigné mais qui lui avaient surtout inculqué les valeurs de dépassement et d’ouverture aux autres.

Le directeur général des élections actuel, Jacques Drouin, qui a travaillé avec Pierre F. Côté pendant près de 20 ans, à titre de secrétaire général, décrit son ancien patron en ces termes : « C’était un grand homme, qui avait le courage d’aller au bout de ses idées. Il était difficile à arrêter s’il pensait que quelque chose devait se faire d’une certaine façon. Mais il savait aussi faire en sorte que les gens le suivent. » M. Drouin évoque quelqu’un d’« humble », qui savait donner le crédit à son équipe et qui éprouvait un grand respect pour l’organisme qu’il a dirigé.

Je retiendrai de Pierre F. Côté qu’il incarnait un homme de devoir pour qui l’intégrité et la détermination faisaient figure de proue dans l’exercice des fonctions qu’il a occupées tout au cours de sa carrière.

quebechebdo 19 juin 2013

Candidature à la mairie de Montréal: qui est Mélanie Joly?

18 juin 2013

C’est sans tambour ni trompette que l’avocate de 34 ans, Mélanie Joly, a annoncé officiellement sa candidature à la mairie de la ville de Montréal le 17 juin pour le scrutin du 3 novembre 2013.

Mais qui est Mélanie Joly? Après une formation en droit à l'Université de Montréal et l'université d'Oxford, en Angleterre, Mélanie Joly a fait une courte carrière d'avocate au bureau de Stikeman Elliott. Elle a ensuite fait un stage en journalisme à Radio-Canada, avant d'occuper le poste d'associée directrice de Cohn & Wolfe, un cabinet de relations publiques. Elle siège également sur de nombreux conseils d’administration, dont celui du Musée d’art contemporain de Montréal.

Toutefois, Mélanie Joly est mieux connue du grand public pour avoir cofondé Génération d'idées, un groupe de réflexion politique destiné aux 25 à 35 ans. Elle est également membre du collectif Sortie 13, qui a réuni à l'automne 2011 des penseurs et leaders de divers horizons. Alors que chacun des 13 membres devait publier un texte de réflexion, Mélanie Joly avait choisi d'écrire sur… la politique municipale.

Dans un texte publié sur son blogue et intitulé «Les villes au pouvoir ou comment relancer le monde municipal québécois», elle plaide pour une plus grande autonomie des villes. Elle souhaite notamment une plus grande latitude fiscale pour les villes en leur   permettant d'obtenir plus de sources de revenus, dont la mise en marché de produits et l'instauration d'un modèle utilisateur-payeur. Fait à noter, le premier point de son plaidoyer se lit ainsi: «Assurer un meilleur leadership municipal en appuyant la relève compétente et intègre qui se présentera aux élections de 2013».

Prémonition ou intérêt personnel?…Dans un cas comme dans l’autre, Mélanie Joly semble avoir le feu et les compétences pour prendre sa juste place sur la scène politique municipale montréalaise!

quebechebdo 18 juin 2013

Michael Applebaum: insouciance ou arrogance?

18 juin 2013

« Aujourd’hui, je vous prête serment [citoyens de Montréal], celui d’effacer cette tache sur notre Ville, laquelle, je vous l’assure, n’est pas [indélébile]. Celui de vous consulter, car il est préférable de vous écouter plutôt que de me tromper. Oui, aujourd’hui, je vous prête serment. Celui de regagner votre confiance et de vous redonner votre ville. » Michael Applebaum lors de son assermentation à titre de maire intérimaire de Montréal en novembre 2012.

Sept mois plus tard, Michael Applebaum est arrêté par des agents de l’UPAC à son domicile et fait face à 14 chefs d’accusation dont «complot, fraudes envers le gouvernement, abus de confiance et actes de corruption».

Quoique conscient de la présomption d’innocence, je vois mal les autorités de l’UPAC procéder ainsi à l’arrestation d’un maire sans avoir un dossier solide et des preuves bien établies.

Pourtant, si la justice et les témoignages divers ont forcé Gérald Tremblay à démissionner, comment penser une seule seconde que les squelettes que je cache dans mon propre placard ne seront pas éventuellement étalés au grand jour?

En conséquence, soit que Michael Applebaum n’ait pas fait cette réflexion et il est insouciant, soit qu’il y ait pensé et cru que la justice ne le rattraperait pas et il est arrogant. Dans les deux cas, il n’a pas d’affaires dans l’administration de la métropole.

quebechebdo 18 juin 2013

Conseil général du PLQ: retour vers le futur

17 juin 2013

Devant quelque 500 militants réunis en conseil général à Québec le 15 juin, l’ex-ministre de la santé dans le gouvernement Charest et nouveau chef du PLQ, Philippe Couillard, a lancé un grand cri de ralliement à ses troupes les invitant à revenir aux « valeurs intrinsèques » qui ont fait la marque distinctive de son parti.

« Mes chers amis, disons-le haut et fort et avec fierté, le Parti libéral du Québec, c’est le grand parti progressiste de notre histoire, celui qui a su nous donner les moyens de la solidarité et du partage. »

En réponse à la « social-démocratie de pacotille » du gouvernement Marois, Philippe Couillard essaie ainsi de refocusser le Parti libéral comme l’option progressiste au Québec. « Le changement a commencé », a martelé Philippe Couillard, tentant de mobiliser ses brebis assoiffés de pouvoir.

Selon l’enfant prodigue libéral revenant triomphalement au bercail, si le PQ et la CAQ

« ne peuvent dire quelles sont leurs racines ou leurs valeurs profondes », le Parti libéral du Québec, lui, connaît ses priorités. Et la toute première, c’est le développement économique « parce que c’est en créant la richesse que nous pourrons bâtir une société plus juste qui tend vers l’égalité des chances ; c’est ça, le véritable progressisme ».

Puis, ressortant l’album de photos de famille libéral de la boîte de souvenirs, le « bon père de famille » tourne une à une les pages montrant la liste des mesures progressistes adoptées au fil du temps par le Parti libéral, insistant sur les mesures économiques tout en précisant que l’économie redeviendra le thème central de son « nouveau » parti.

Et, dans cette envolée oratoire digne des grands tribuns d’une époque lointaine où le PLQ volait sur les ailes de la Révolution tranquille, notre badaboum national, toujours hypothéqué par une sortie de scène politique alambiquée, ose se donner des allures de sauveur du PLQ en le ramenant à ses belles années…en bref, un véritable « retour vers le futur »!

Toutefois, ce que l’ex-ministre de John James Charest oublie de mentionner, c’est qu’il s’est produit une cassure entre son parti et l’électorat québécois et, qu’à ce chapitre, il devra s’inspirer d’un autre scénario que le film « Back to the future » s’il désire le ressusciter de ses cendres.

En attendant le « nouveau » programme du PLQ Couillard, son fier porte-étendard a soulevé les passions « canadian » de ses troupes en lançant un vibrant cri du cœur pour la défense et la sauvegarde du pays : « Nous nous battrons, je me battrai pour elle [citoyenneté canadienne] et nous répéterons avec fierté : notre patrie le Québec, notre pays le Canada. »

Comme dirait la chanson « Paroles, paroles » interprétée par Dalida en compagnie d’Alain Delon, « Parole, parole, parole, parole encore des paroles que tu sèmes au vent… Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots. »

quebechebdo 17 juin 2013
Le Devoir 18 juin 2013 (version abrégée)

Une fleur à jamais refermée

16 juin 2013

Nous célébrons aujourd’hui la fête des pères et, comme bien d’autres de ma génération, j’ai eu un père renfermé sur l’expression de ses émotions. Lorsque à mon tour, je suis devenu père, il m’est venu ce poème que j’aimerais offrir aujourd’hui à tous ces pères qui éprouvent de la difficulté à s’ouvrir face à leurs enfants et les inviter à leur exprimer leur amour.

J’avais un père que je voyais rarement
Un père voyageur très souvent absent
Et lorsqu’il était là
Il ne me parlait pas

Son dernier voyage fut précipité
Je n’ai pas eu le temps de lui exprimer
À quel point je l’aimais
Dans ma tête un regret…

Pourquoi papa es-tu resté
Une fleur à jamais refermée?

À mon tour d’être père de deux enfants
Un père divorcé donc souvent absent
Pourtant lorsqu’elles sont là
Je ne leur parle pas

J’ai peur de partir trop tôt à regret
Et de ne pouvoir leur dire à jamais
Combien je les aimais
À leur tour elles diraient…

Pourquoi papa es-tu resté
Une fleur à jamais refermée?

quebechebdo 16 juin 2013

La culture, fondement de l’identité québécoise

16 juin 2013

« C’est par la culture plus que par le nombre que nous nous imposerons. » – Georges-Émile Lapalme

Le groupe de travail sur la philanthropie culturelle, présidé par l'homme d'affaires et mécène Pierre Bourgie propose d’inciter les Québécois et les entreprises privées à faire davantage de dons aux arts et à la culture plutôt qu'uniquement aux causes liées à la santé, aux services sociaux, à la religion ou aux organismes internationaux , tout en demandant aux deux paliers de gouvernements d’accorder des crédits d'impôt plus généreux aux donateurs.

C’est un secret de polichinelle de constater que la culture est l’enfant pauvre des causes encouragées par les donateurs. À titre d’exemple, la santé et les hôpitaux ont accaparé 32 % des dons en 2010, les organismes religieux, 20 % et ceux reliés aux services sociaux 14 % alors que la part de l'art et de la culture s’est vu remettre seulement 3 % des dons.

Pourtant, tous les experts en retombées économiques admettent que la culture francophone est l'un des fondements du Québec et de son identité et qu'elle contribue grandement au développement économique et au rayonnement du Québec sur la scène internationale.

Toutefois, afin d’éviter que les gouvernements se désengagent et se fient au privé pour prendre le relais, le groupe de travail a bien pris soin de faire une mise en garde au gouvernement en insistant sur le fait que la philanthropie culturelle doit être un complément pour le milieu culturel et non pas un palliatif pour les gouvernements.

En accord avec Pierre Bourgie, je demeure convaincu que les mentalités des donateurs ne changeront pas du jour au lendemain. Toutefois, un des premiers gestes que les organismes culturels devraient poser serait de dissocier le mot « don » de l’expression péjorative véhiculée par le vocable « don de charité ».

Autrement dit, offrir une visibilité positive de l’art et de la culture québécois dans le paysage du Québec au lieu de l’image traditionnelle du quémandeur miséreux!

quebechebdo 15 juin 2013

Quand mon père chantait Félix…

15 juin 2013

Nombreuses sont les activités qui soulignent cette année le 25ième anniversaire de la mort de Félix Leclerc, décédé le 8 août 1988. Pour l’occasion, j’aimerais vous partager une page de mon enfance qui est restée marquée dans ma mémoire.

D’été en été, mon père avait pris l’habitude de louer un chalet au Lac Sept-Îles en banlieue de Saint-Raymond dans le comté de Portneuf où toute la famille se réfugiait pour quelques semaines. Et je me souviens du périple qui nous y menait, cordés comme des sardines dans la voiture, entourés de bagages et de victuailles qui n’avaient pas pu trouver place dans le coffre arrière de la voiture.

Puis, tout à coup, sans avertissement, profitant d’un des rares moments de silence, mon père, arborant sa voix de chanteur, entonnait Le P’tit bonheur de Félix Leclerc…Avec les années, j’ai commencé à en connaître les paroles, si bien que j’accompagnais mon père en sourdine car, quand mon père chantait Félix, c’était un moment sacré !

Un autre moment privilégié qu’il m’était donné de vivre consistait à accompagner mon père dans les sentiers de broussailles qui remontaient le cours de la rivière donnant accès au Lac Sept-Îles. Accoutré dans mon costume de pêcheur rudimentaire, mon chapeau d’expéditeur de brousse renfoncé sur la tête, ma canne constituée d’une branche que mon père m’avait appareillée, nous partions tous les deux à la conquête de la truite de ruisseaux.

Ce sont ces moments qui m’ont inspiré le poème qui suit et que je dédie à tous les pères du Québec à l'occasion de la journée de la fête des pères.

Le pêcheur

Partant très tôt le matin
Sa canne à pêche à la main
Il arpente le long sentier
Le menant à son gibier

Tout près d’un arbre géant
Il appâte son guet-apens
Et d’un gracieux mouvement
Dépose sa ligne dans l’étang

Entouré de maringouins
Fouinant ses moindres recoins
Il s’allume une cigarette
Faisant fuir tous ces insectes

Soudain la corde se raidit
Et son poignet réagit
D’un coup sec il sort sa proie
Qui sans succès se débat

Il l’empoigne dans ses mains
La ramène sur sa poitrine
Désamorce sa gueule fine
Et l’ensache avec grand soin

Bien planté sur une roche
Une main dans sa poche
Passe le temps lentement
Tournoie la ligne rondement

Puis au bout de quelques heures
Empli de son élixir
Il reprend son p’tit bonheur
Sur ses lèvres un sourire

vigile.net tribune libre 15 juin 2013