Réflexion sur la démarche d’accession du Québec à son indépendance

«S’engager dans une démarche constituante, laquelle amènera les Québécois à débattre de questions fondamentales comme celles touchant le type de régime politique, le principe de la laïcité de l’État ou la régionalisation des pouvoirs, aura pour résultat certain d’élever le jeu politique. Les Québécois, c’est ce que l’on a notamment pu voir lors du “printemps érable”, ont soif de “grande politique”.»

Danic Parenteau, Reconnecter le projet d’indépendance, Le Devoir, 22 juillet 2013

« On se bat pour son indépendance politique par nécessité, quand l’oppression que l’on subit est aussi flagrante qu’insupportable, comme l’était la situation québécoise dans les années 1960 et 1970, où notre infériorité économique et notre arriération culturelle étaient patentes et criantes de vérité. La lutte pour l’indépendance était alors intimement liée à un projet social, elle était par elle-même le projet social.

Un peuple opprimé n’attend pas après maints conciliabules et palabres d’érudits constitutionnalistes pour se mobiliser et revendiquer ses droits. Il laisse cette foire d’empoigne aux experts de ces questions. Si l’on veut vraiment reconnecter le projet d’indépendance avec quelque chose de tangible, que nos intellectuels commencent enfin par faire ressortir quels sont les véritables rapports de force qui s’activent dans notre société et à quels intérêts ils correspondent. »

Denis Christian Morin, Projet souverainiste – Finissons-en avec la réunionite autour de l’indépendance, Le Devoir, 25 juillet 2013

Un sujet, l’indépendance du Québec, deux argumentaires, le premier proposant une démarche davantage « théorique » le deuxième, une approche plutôt « empirique »…Contradictoires? Je ne crois pas. Je dirais, complémentaires.

Toutefois, je dois me rallier à l’opinion de M. Morin sur l’essentielle nécessité d’éveiller d’abord la population aux avantages de l’indépendance du Québec, sans quoi toute démarche visant à privilégier la mise sur pied d’une constituante comme moyen d’ « [amener] les Québécois à débattre des questions fondamentales » risque de rater la cible.

« Un peuple opprimé n’attend pas après maints conciliabules et palabres d’érudits constitutionnalistes pour se mobiliser et revendiquer ses droits. » Telle est, à mon sens, la bougie d’allumage qui fera démarrer la construction du vaisseau-amiral de l’indépendance du Québec.

Et ce vaisseau-amiral pourra être construit à même les matériaux que nous fournit gratuitement la fédération canadienne, à savoir, entre autres les dédoublements de juridictions fédérales-provinciales qui constituent sans contredit la « coque du vaisseau », sans compter les nombreux empiétements du fédéral sur les juridictions provinciales qui n’ont cessé d’augmenter depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Harper.

En termes clairs, les Québécois se mobiliseront autour de la construction du vaisseau pour autant qu’ils soient convaincus de son utilité…Pour les modalités techniques, quoique essentielles à la navigation sécuritaire du navire, les spécialistes pourront y travailler en relation avec le capitaine de l’équipage du vaisseau!

quebechebdo 26 juillet 2013

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