Citations en syllogisme

26 novembre 2013

Quoique les trois citations suivantes soient de trois auteurs différents, je n’ai pu m’empêcher de les regrouper dans un énoncé qui a toutes les apparences d’un syllogisme, à savoir un raisonnement déductif appliqué à trois propositions logiquement impliquées.

« Le sort a voulu que le Québécois naisse et grandisse sous le signe de l’ambigüité et de l’ambivalence, ce qui en fait un être confus, tourmenté, divisé contre lui-même, incapable d’intégrer les éléments de sa riche personnalité, d’harmoniser ses aspirations et son action, d’inscrire ses rêves dans la réalité, de secouer les tutelles, de vaincre ses peurs, d’affronter l’inconnu à ses risques et périls, d’assumer pleinement sa liberté, son histoire et son existence. » Camille Laurin

Or « Les « Canadians » [...] croient que nous sommes un peuple dégénéré et que l’état de notre langue est la preuve de notre décadence. Cette attitude est normale. Les colonisateurs ne pouvant fonder leur occupation sur la justice, s’appuient sur un sentiment de supériorité. Ils croient que le peuple dominé a besoin de lui, que, privé de sa présence, il sombrerait dans l’anarchie et la pauvreté. » François-Albert Anger, Les droits du français au Québec, Éditions du Jour, 1971, p. 133

Donc « Canada is not a bilingual country. In fact it is less bilingual today than it has ever been. » Stephen Harper

quebechebdo 26 novembre 2013

Appel au changement

26 novembre 2013

À mon sens, il y a une forme de mépris envers l’électorat d’Outremont dans le fait que le Parti québécois, en ne présentant aucun candidat dans ce comté pour l’élection partielle du 9 décembre, manifeste ainsi sa décision de laisser la voie libre au chef du PLQ Philippe Couillard, une stratégie anti-démocratique et irrespectueuse envers les électeurs.

D’autre part, c’est faire peu de cas du seul autre parti souverainiste, à savoir Option nationale qui lui, respecte les électeurs souverainistes d’Outremont en présentant la candidate Julie Surprenant pour mousser la cause souverainiste dans cette élection partielle et faire contrepoids à la vieille machine partisane libérale, actuellement sous la loupe de l’UPAC.

Quoique la victoire de Julie Surprenant dans Outremont contre Philippe Couillard semble peu probable, j’en appelle à tous les souverainistes du comté pour réagir vivement à ce « laisser-passer gratuit » offert par le PQ et lui barrer la porte de l’Assemblée nationale en votant ON.

quebechebdo 25 novembre 2013
cyberpresse.ca 28 novembre 2013

Je me souviens…mais après?

26 novembre 2013

En 1883, Eugène-Étienne Taché, architecte et commissaire adjoint des terres de la Couronne, fait graver dans la pierre la devise Je me souviens juste en dessous des armoiries du Québec, qui se trouvent au-dessus de la porte principale de l'Hôtel du Parlement à Québec. Taché ne semble pas avoir laissé de document mentionnant de façon explicite le sens de la devise.

La première interprétation du sens de la devise que l'on puisse citer est celle de l'historien Thomas Chapais qui, dans un discours donné à l'occasion du dévoilement d'une statue en bronze à la mémoire du duc de Lévis, le 24 juin 1895, dit : « [...] la province de Québec a une devise dont elle est fière et qu'elle aime à graver au fronton de ses monuments et de ses palais. Cette devise n'a que trois mots : « Je me souviens » ; mais ces trois mots, dans leur simple laconisme, valent le plus éloquent discours. Oui, nous nous souvenons. Nous nous souvenons du passé et de ses leçons, du passé et de ses malheurs, du passé et de ses gloires ».

« Nous nous souvenons du passé et de ses leçons »…du passé, certes, mais qu’en est-il des leçons du passé ? Quelles leçons en avons-nous retirées ? Après 150 ans de frustrations à répétition concernant notre identité socio-culturelle et linguistique, nous en sommes pourtant encore là à supporter docilement le joug d’un gouvernement fédéral centralisateur et dominateur.

« Je me souviens », oui, mais après ? Qu’attendons-nous pour tirer les leçons du passé et enfin nous affirmer en tant que nation autonome qui lèguera à ses descendants le souvenir d’un passé qui l’a conduit sur le chemin de l’indépendance du Québec…Alors seulement, il sera bon de clamer notre devise « Je me souviens ! »

quebechebdo 26 novembre 2013
vigile.net tribune libre 26 novembre 2013

Un affront aux souverainistes du Québec

24 novembre 2013

Le gouvernement du Québec a déjà annoncé officiellement sa contribution financière aux festivités qui souligneront en 2017 le 150ième anniversaire du Canada. Pour le candidat d’Option nationale dans la circonscription de Viau, Patrick R. Bourgeois, il est clair que cette commémoration revêt une vaste opération de propagande fédérale, rappelant que le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a déclaré aux Communes que le but des festivités en 2017 sera de «susciter un fort sentiment de fierté et d’appartenance parmi tous les Canadiens.»

«Ça rappelle drôlement l’époque des commandites et la tentative de fêter la Conquête en 2009. Le gouvernement canadien veut encore une fois enfoncer l’identité canadienne dans la gorge des Québécois», a déclaré Patrick Bourgeois.

Le militant d’Option nationale s’est aussi montré estomaqué que l’opération de propagande fédéraliste reçoive l’appui financier du gouvernement péquiste. «Déjà que le gouvernement du PQ refuse d’engager des fonds publics pour la souveraineté, mais là, qu’il subventionne une opération de propagande fédéraliste, les bras m’en tombent!…Si c’est ça, la gouvernance souverainiste, les fédéralistes peuvent dormir tranquilles…»

Et le nouveau chef d’ON Sol Zanetti d’ajouter : «La fédération canadienne n’a pas été créée dans le meilleur intérêt des Québécois. C’est le résultat d’une histoire d’annexion coloniale antidémocratique qui ne mérite pas d’être célébrée par ceux qui en ont subi les conséquences. Ce n’est pas en collaborant à de telles festivités que le gouvernement du Québec redonnera aux Québécois la fierté et le courage de faire leur indépendance.»

Je ne connais pas les intentions qui se cachent derrière la décision du gouvernement Marois de dégager des fonds publics pour la «célébration» des festivités entourant le 150ième anniversaire de la fondation de l’«utopie» d’un pays dans lequel le Québec, depuis un siècle et demi, subit sans vergogne les affres du ROC et les rejets de sa propre identité culturelle et linguistique.

Un affront inacceptable envers tous les souverainistes du Québec qu’il faut dénoncer haut et fort sur toutes les tribunes médiatiques qui voudront bien nous écouter en espérant que, dans la foulée d’Option nationale, le gouvernement péquiste arrivera à entendre raison et retirer illico sa contribution financière à ces célébrations qui n’ont aucune signification pour le Québec, hormis le symbole d’un asservissement qui a trop duré.

quebechebdo 24 novembre 2013
vigile.net tribune libre 24 novembre 2013 "Un engagement inadmissible du Québec"

Un sort déplorable

23 novembre 2013

L’Association des gens de l’air, née dans les années 70 pour défendre les francophones et promouvoir l’usage du français dans l’aviation, se sabordera à compter de 15 décembre 2013 après 38 ans d’existence, le nombre de membres ne permettant plus d’assurer la viabilité de l’organisation bénévole.

Pour bien comprendre la portée de cette décision, il faut remonter dans le temps et se rappeler que la question du bilinguisme à Air Canada prend un tournant décisif à l’automne 1975, lorsque deux contrôleurs aériens se font blâmer par le ministre des Transports, Otto Lang, pour avoir communiqué en français avec des avions prêts à atterrir.

La réaction de l’Association des gens de l’air du Québec ne se fait pas attendre et est vive. Durant l’été 1976, l’association des pilotes de ligne manifeste son appui aux contrôleurs et débraie durant neuf jours, obligeant les compagnies aériennes canadiennes à cesser toute activité. Le député péquiste Claude Charron appuie la grande bataille des gens de l’air concernant l’interdiction de parler français dans l’industrie aérienne…Le slogan « Il y a du français dans l’air » est lancé…Le débat enflamme le Canada tout entier !

C’est donc durant les années d’effervescence du nationalisme québécois que l’Association des gens de l’air est créée, certains analystes estimant même que son combat linguistique a été un des facteurs déterminants ayant conduit à l’élection du Parti québécois de René Lévesque en 1976.

À mon sens, le gouvernement péquiste actuel, qui s’est montré muet jusqu’à maintenant devant le sort déplorable de l’Association des gens de l’air, se doit de démontrer son appui essentiel envers une association qui a toujours été le chien de garde de la langue française dans le transport aérien, et de prendre les moyens nécessaires pour assurer sa survie.

vigile.net tribune libre 23 novembre 2013
quebechebdo 23 novembre 2013 "Association des gens de l'air: un sort déplorable" 

Pour en apprendre davantage sur l’Association des gens de l’air et la crise nationale qui a entouré l’acceptation de l’usage du français dans le contrôle aérien, je vous invite à ouvrir ce lien www.tou.tv/tout-le-monde-en-parlait/s01e02

 

Maurice « Mad dog » Vachon: le « méchant » sympathique

22 novembre 2013

C’est bien connu, un combat de lutte accueille toujours sur le ring un bon et un méchant contre qui la foule peut se défouler. Le lutteur québécois de renommée internationale Maurice « Mad dog » Vachon, qui s’est éteint dans son sommeil à l’âge de 84 ans, incarnait certes la catégorie des « méchants ».

Pourtant, contre toute attente, il était devenu, avec les années, le favori des amateurs de lutte tout en gardant toujours son style robuste. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il déclarait, le 13 octobre 1986 lors de son dernier gala de lutte en carrière au Centre Paul-Sauvé : « J’ai tout fait en 40 ans de carrière pour me faire haïr, mais je pense que j’ai échoué. »

Sans vouloir jouer au psychologue, je crois que la popularité de Maurice Vachon est due en grande partie à l’image du héros québécois qu’il incarnait et qui s’est toujours tenu debout devant ses adversaires…Et c’est peut-être là la plus belle victoire du « méchant » sympathique « Mad dog »!

quebechebdo 22 novembre 2013
Le Journal de Québec 25 novembre 2013

À l’image des Québécois

22 novembre 2013

En faisant paraître dans les médias la photo montrant six jeunes enfants se promenant dans la rue en compagnie de deux éducatrices arborant le niqab dans l’intention de mettre en évidence ce symbole de soumission des femmes « qui se croient obligées d’obtempérer au désir, consigne ou pression sociale de leurs proches », l’auteure ne devait pas s’attendre à créer un pôle d’attraction tel qu’elle a été partagée sur Facebook quelque 9000 fois en deux jours.

Toutefois, en guise de rétractation devant un texte signé par trois parents, choqués par la diffusion à grande échelle du visage de leurs enfants, l’auteure, qui a demandé l’anonymat, écrit : « Je conçois que j’aie pu déranger le quotidien de la garderie, tant celui des parents que [celui] des intervenants, et que je vous ai choqués. J’en suis désolée croyez-moi, d’autant plus que les commentaires de parents qui fréquentent votre garderie semblent bien favorables. »

Quant aux parents concernés, ils protestent contre la menace que fait peser sur leurs enfants la circulation de cette photo sur les médias sociaux et les commentaires haineux qui l’accompagnent. « Notre peur n’origine pas du milieu de garde que fréquentent nos enfants. Sa source est extérieure, dans notre quartier, et cible nos enfants. Elle origine des scènes horribles où des personnes jettent leurs tasses au visage des éducatrices, les insultent […] Notre coeur nous dit que nos enfants sont en danger. » Et, ils ajoutent, après avoir eu accès à la philosophie et à la vision de l’éducation prônée par le personnel de la garderie. « […] la confiance s’est installée. Et tout cela a soufflé sur nos appréhensions, sur nos peurs, nos doutes. »

Une invitation à la « tolérance légendaire » des Québécois, une ouverture viscérale aux différences culturelles, fruit d’un multiculturalisme omniprésent imposé par un fédéralisme outrancier. Une photo qui sème la controverse dans la population comme en font foi ces quelques commentaires parus sur les tribunes libres :

« Ce n’est pas normal de se voiler comme ça. »

« On a remplacé l’habillement des sœurs religieuses des années 50 par pire ! Inacceptable ! »

« Je ne confierais pas mes enfants à une femme qui ne veut pas me montrer son visage, question de confiance, désolée… Comment expliquer ça aux enfants ? »

« Avoir des enfants, ils n’iraient pas à cette garderie. »

« Moi, je tolère. Ce n’est pas ça qui m’incitera à me convertir. Ensuite, on peut expliquer aux enfants que tout être humain est libre de ses choix et de sa religion. »

« On s’en fout de leur habillement ; ce n’est pas pire que la mode des décolletés et la jupe ultracourte ; franchement, moi, tant quelle s’occupe de mes enfants de façon respectueuse et les aime… Bonjour la tolérance. »

« Une chose est sûre, ces enfants sont en train d’apprendre dès leur jeune âge comment pouvoir être tolérants aux différences et s’habituer à vivre et interagir avec des gens qui sont différents de leurs parents et leurs proches. »

En bref, Bernard Drainville n’est pas au bout de ses efforts pour faire passer la Charte de la laïcité auprès des Québécois qui se montrent divisés sur le port d’un signe aussi avilissant que le niqab par des éducatrices en garderie !

vigile.net tribune libre 22 novembre 2013
quebechebdo 22 novembre 2013

Sécurité ferroviaire, vous dites?

21 novembre 2013

La ministre fédérale des Transports, Lisa Raitt, vient d’annoncer que les compagnies ferroviaires devront dorénavant fournir aux municipalités des renseignements sur les matières dangereuses qu’elles transportent sur leur territoire à raison de quatre fois par année sauf pour les plus petites compagnies, telle la MMA, qui seront soumises à cette consigne une fois par année.

En d’autres termes, le seul changement apporté à la situation antérieure est que les autorités municipales sauront que tel convoi transporte un produit dangereux sans pour autant avoir quelque contrôle sur le contenu de ces convois.

En réalité, si nous posons comme hypothèse qu’une telle mesure aurait été en vigueur avant la catastrophe de Lac-Mégantic, croyez-vous que le nombre de victimes aurait diminué?

quebechebdo 21 novembre 2013
Le journal Métro 22 novembre 2013

Pat Burns, l’homme en fin de vie

21 novembre 2013

Tous les amateurs de hockey de ma génération ont eu l’occasion de voir à l’œuvre l’ardeur et l’exubérance de l’instructeur Pat Burns derrière le banc de ses joueurs. Toutefois, bien rares sont ceux qui ont pu l’entendre quelques mois avant sa mort survenue le 19 novembre 2010 à l’âge de 58 ans des suites d’un cancer.

Je viens de terminer la lecture de la biographie de Pat Burns « L’homme qui voulait gagner ». En mars 2010, le jour de la mise en chantier du projet d’aréna qui allait porter son nom, Pat Burns s’exprima en ces termes :

« Quand votre vie touche à sa fin, vous vous rendez compte que votre corps faiblit et que votre esprit peine, mais que votre cœur s’adoucit. En vous rapprochant de votre famille, vous vous rapprochez de Dieu. Chemin faisant, il y a des choses dont vous vous rendez compte, vous vous rappelez des gens formidables avec qui vous avez travaillé. Je me suis dit à moi-même ainsi qu’à mes enfants que quand vous jetez un regard sur votre vie, vous ne devez pas pleurer parce que c’est fini; vous devez être heureux parce que tout ça est arrivé. »

quebechebdo 21 novembre 2013

Journée internationale de l’homme

20 novembre 2013

Tout comme moi, vous avez probablement déjà entendu cette phrase lapidaire à propos d’une journée internationale de l’homme : « Vous autres les hommes, c’est votre fête 365 jours par année! » Eh bien, je suis tombé des nues lorsque j’ai appris par hasard en écoutant la radio d’une oreille distraite le 19 novembre que cette journée internationale de l’homme existait depuis 1999.

En faisant une petite recherche sur internet, j’ai appris que les objectifs d’une telle journée sont la focalisation sur les hommes et la santé des garçons socialement, émotivement, physiquement, sexuellement et spirituellement, l'amélioration et la promotion des relations et de l'égalité entre les sexes, et la mise en lumière de modèles masculins positifs, en particulier de leurs contributions à la société, à la communauté, à la famille, au mariage, aux soins des enfants et à l'environnement.

Dans l’esprit des pionniers de cette journée, elle n'est pas destinée à concurrencer la journée internationale de la femme, mais a plutôt pour but de mettre en évidence les expériences des hommes. À titre d’exemples, un thème différent est abordé à chaque année, tel que la paix en 2002, la santé des hommes en 2003 et la guérison et le pardon en 2007.

En cette période où le discours entourant le projet de charte de la laïcité semble faire l’unanimité sur l’égalité entre les hommes et les femmes, la journée internationale de l’homme, au même titre que celle de la femme, est porteuse d’une complémentarité bénéfique pour l’ensemble de la société.

quebechebdo 20 novembre 2013