Retour au bercail partiel

2 juin 2026

L'obligation de trois jours de présence au bureau suscite un tollé de contestations, particulièrement chez les fonctionnaires syndiqués du gouvernement. Les syndicats dénoncent une mesure politique "illogique", soulignant les aberrations d'un présentiel forcé, telles l’obligation de tenir des réunions virtuelles depuis le bureau, des locaux inadaptés et les longs déplacements pour se rendre au bureau.

En guise de rappel, il m’apparaît important de souligner ici que le télétravail à la maison a été introduit dans le contexte de l’épidémie suscité par la COVID-19 en 2020 et que, de facto, les travailleurs de la fonction publique travaillaient cinq jours semaine avant cette date. C’est donc dans des circonstances exceptionnelles qu’une mesure circonstancielle et implicitement temporaire a été instaurée. Or depuis six ans, le télétravail a peu à peu fait son nid si bien qu’il est devenu dans la norme de penser qu’il est là pour rester à long terme.

Un tel constat suscite à mon sens une question préalable : avant l’arrivée du télétravail dont on ignorait l’existence avant la pandémie, pourquoi était-il « normal » de travailler cinq jours semaine? En d’autres termes, pourquoi, une fois la cause de l’avènement du télétravail éliminée, ne devrait-on pas revenir au travail à temps plein au bureau comme c’était le cas avant la pandémie?

Enfin, au risque de passer pour un dinosaure, et nonobstant les « avantages » soulevés par les tenants du télétravail, je suis plutôt d’avis que les liens qui se créent entre les employés doivent primer sur les considérations évoquées par les syndiqués pour le plus grand bien de la solidarité et de l’esprit d’équipe qui contribuent directement à la qualité du climat de travail et, par conséquent, au rendement des employés.

vigile.quebec tibune libre 2 juin 2026
Le Devoir 3 juin 2026

Qui trop embrasse, mal étreint

2 juin 2026

Interrogée par le chef de l’opposition officielle lors de la séance sur l’étude des crédits, André Fortin, la première ministre, Christine Fréchette, a dû admettre qu’elle ignorait le montant de la dette du Québec évalué à 7,7 milliards de dollars, et n’était pas au courant de la hausse prévue de la taxe de vente sur les primes d’assurance auto et habitation à compter du 1er janvier. « Ce n’était pas dans mon territoire à moi quand ça a été annoncé, j’étais à l’Économie, à l’Innovation, à l’Énergie, donc je n’étais pas nécessairement au fait du détail de cette augmentation-là », a répondu Mme Fréchette.

Dans un contexte où elle multiplie les mesures pour permettre aux Québécois de respirer un peu devant la hausse du coût de la vie, une telle ignorance de l’étendue du déficit du Québec m’apparaît pour le moins gênant, voire inquiétant. En effet, comment peut-elle donner sans réserve d’une main et ignorer l’étendue du déficit de l’autre? On nage ici en pleine aberration.

Dès les premiers jours ayant suivi sa nomination officielle à titre de première ministre le 12 avril, Christine Fréchette a voulu s’afficher comme la représentante du changement et la responsable de l’économie. Elle a affiché l’attitude posée d’une première ministre en contrôle de la situation, et tout un train de mesures électoralistes liées à la croissance du coût de la vie s’ensuivirent. Or aujourd’hui, il semble que le temps la rattrape. Ses mesures, hormis un montant forfaitaire aux personnes bénéficiant du crédit d'impôt pour solidarité, s’appliquent à tous les Québécois de tous revenus confondus.

En revanche, Christine Fréchette dispose de très peu de temps avant la fin de la session parlementaire et le début de la campagne électorale conduisant au scrutin du 5 octobre. Six petites semaines se sont écoulées depuis sa nomination à titre de première ministre et déjà, la Coalition avenir Québec a rejoint le peloton de tête au chapitre des sondages sur les intentions de vote des Québécois. Toutefois elle devra s’éloigner de cette image de « distributrice de bonbons » aux Québécois, et démontrer davantage qu’elle possède les atouts pour bien gérer les finances publiques du Québec.

vigile.quebec tribune libre 2 juin 2026

 

 

Le parcours des combattants

2 juin 2026

Après avoir brillamment disposé du Lightning de Tampa Bay et des Sabres de Buffalo, le CH s’est finalement incliné en cinq matchs contre les Hurricanes de la Caroline en finale de la Conférence de l’Est de la LNH. Une performance somme toute impressionnante de la part d’une équipe majoritairement formée de jeunes joueurs et dirigée par un instructeur de peu d’expérience derrière le banc.

Cependant, le parcours des combattants a laissé des traces profondes dans son sillon, particulièrement à l’égard de l’engouement extraordinaire des partisans du Tricolore qui n’ont cessé de l’appuyer du début jusqu’à la fin. Or au-delà de la défaite crève-coeur du CH contre les Hurricanes, c’est tout un peuple qui a vécu des moments exceptionnels d’allégresse et de fierté perdus depuis des décennies marquées par la reconstruction du club. À cet effet, il ne faudrait pas oublier le travail infatigable de toute l’équipe de direction qui a réussi à recréer autour d’elle une équipe talentueuse animée par le désir de vaincre.

Les barrières linguistiques ont tombé, et l’effervescence s’est fait ressentir d’un océanl’autre. Le « go habs go » a résonné de partout au Canada. Chaque victoire du CH faisait remonter d’un cran l’enthousiasme de ses partisans. Bref, la Sainte-Flanelle a repris ses lettres de noblesse auprès d’un public qui provenait de tous les coins du pays. Le hockey a dépassé les frontières du sport et a atteint le sentiment patriotique de millions de Canadiens. Les espoirs étaient grands et chaque victoire rapprochait davantage le Tricolore de la tant convoitée coupe Stanley.

Malheureusement, le CH a frappé le mur, les Hurricanes étaient tout simplement trop puissants, et le contrôle du jeu a échappé au CH. Toutefois, il peut se retirer la tête haute et avec le sentiment du devoir accompli. Il aura fallu la troisième série éliminatoire pour qu’il baisse pavillon. Chapeau à tous les joueurs et à Martin St-Louis pour nous avoir transportés aussi haut dans la gamme de nos émotions après tant d’années de patience et d’espoir refoulés.

Le Devoir 2 juin 2026
vigile.quebec tribune libre 4 juin 2026

Le porteur du flambeau s’éteint

31 mai 2026

C’est avec dignité et fierté que Claude Lemieux a dirigé le flambeau vers le ciel au Centre Bell ce lundi 24 mai lors du troisième match de la finale de la conférence de l’Est de la LNH. Trois jours plus tard, il s’enlève la vie à 60 ans. Une fin de vie dramatique à l’image du but mémorable marqué en finale de conférence contre les Whalers de Hartford en 1986. Claude
Lemieux a évolué avec quatre équipes de la LNH au cours de sa carrière avec lesquelles il a participé à la conquête de quatre coupes Stanley. De plus, il s’est mérité le trophée Connie Smythe décerné au joueur le plus utile de son équipe lors des séries éliminatoire de 1986.

Claude Lemieux ne brillait peut-être pas au firmament des étoiles de la LNH mais il a su se mériter le respect des équipes adverses par sa fougue légendaire et son désir de vaincre insatiable. Lorsque son équipe manquait d’énergie sur la patinoire, il était aussitôt désigné par l’instructeur pour rallumer la flamme et relancer son équipe vers une victoire qui semblait hors de portée.

Les circonstances dramatiques dans lesquelles il nous a quittés aura tout au moins contribué à faire ressurgir la brillante carrière de Claude Lemieux et son esprit de compétition sans limite. Aussi serait-il approprié de lui donner une place au Temple de la renommée du hockey. Il mérite amplement cet honneur.

vigile.quebec tribune libre 31 mai 2026

De la majorité claire de la loi sur la clarté référendaire

28 mai 2026

En politique canadienne et québécoise, la majorité de 50%+1 des voix est reconnue par le gouvernement du Québec, mais contestée par le gouvernement fédéral. La Loi 99 de l'Assemblée nationale stipule qu'un vote à la majorité absolue, soit 50%+1, est suffisant et valide pour qu'un référendum sur l'indépendance soit gagnant. Par ailleurs, la Loi sur la clarté référendaire exige de la Chambre des communes qu'elle évalue si la majorité est « claire » avant d'entamer des négociations de sécession. À cet effet, la Chambre des communes doit considérer plusieurs facteurs, soit l’importance de la majorité des voix validement exprimées en faveur de la proposition de sécession, le pourcentage des électeurs admissibles ayant voté au référendum et tous autres facteurs ou circonstances qu’elle estime pertinents.

En insérant dans sa loi « l’importance de la majorité des voix validement exprimées en faveur de la proposition de sécession », il m’apparaît évident que le gouvernement fédéral s’appuie sur une notion de subjectivité par l’utilisation du mot « importance ». En termes clairs, sur quels critères objectifs Ottawa va-t-il s’appuyer pour fixer le seuil de l’« importance » du vote exprimé lors du référendum? En d’autres mots, la loi sur la clarté, au chapitre de la majorité claire, nage en plein flou sémantique. En revanche, le 50%+1 est mathématiquement mesurable et dénué de toute interprétation subjective, une position inspirée des valeurs fondamentales de la démocratie, notamment du principe reconnaissant à une voix, un vote.

vigile.quebec tribune libre 28 mai 2026 

 

 

 

 

Le vivre-ensemble, talon d’Achille de PSPP?

28 mai 2026

En mettant à l’avant-plan le glissement de position sur l’immigration, notamment de la part du chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), les Organisations unies pour l’indépendance (OUI Québec) envoient un signal d’alarme clair qui se répercute de plein fouet sur l’ensemble du mouvement souverainiste au Québec.

En réalité, paradoxalement, PSPP lève le drapeau rouge en guise de symbole de peur face à la croissance des immigrants au Québec d’une part, alors que les tenants du fédéralisme, au grand dam du chef péquiste, soulèvent le même drapeau rouge en lien avec la peur des répercussions de l’indépendance du Québec d’autre part. Autrement dit, PSPP utilise la peur comme arme de défense mais condamne violemment ceux qui la brandissent comme bouclier.

En revanche, la jeunesse du Québec a été longuement reconnue comme une frange de la société désintéressée par la politique y compris par ses ambitions indépendantistes. Or aujourd’hui, il faut applaudir cette nouvelle génération de jeunes qui prônent l’inclusion comme vecteur d’épanouissement de la société québécoise. Dans ce contexte, le PQ doit faire preuve d’ouverture et détricoter cette tendance revancharde envers les immigrants.

Si PSPP vise ultimement, comme il l’a annoncé depuis longtemps, un référendum sur la souveraineté du Québec lors d’un premier mandat, il lui faudra se mettre au diapason du Québec moderne en faisant preuve d’ouverture et non pas de fermeture envers les immigrants comme il le laisse malheureusement trop souvent transparaître dans ses sorties intempestives à l’égard de l’immigration, à défaut de quoi le vivre-ensemble risque de devenir pernicieusement son talon d’Achille pendant la campagne électorale imminente.

vigile.quebec tribune libre 28 mai 2026

Entre mesures électoralistes et gestion des finances publiques

26 mai 2026

D’entrée de jeu, rappelons que la nouvelle cheffe de la CAQ et première ministre d Québec, Christine Fréchette, dispose d'une enveloppe budgétaire de 250 millions de dollars pour mettre de l’avant ses engagements électoraux, un montant qui avait été spécifiquement réservé aux candidats à la successeur de François Legault lors du dépôt du dernier budget du Québec.

Or parmi les mesures prises par Christine Fréchette jusqu’à maintenant se retrouvent le remboursement des droits de mutation immobilières (140M$), l’abaissement fiscal consenti aux PME (50M$), un million d’heures en soins à domicile (22M$) et l’abolition de la TVQ sur certains produits à l’épicerie (100 M$). Qu’à cela ne tienne, malgré la sonnette d’alarme lancée par le grand argentier, Éric Girard, « le ministre des Finances fait son travail. Maintenant, moi, je fais le mien, de trouver l'équilibre entre la gestion des finances publiques et la réponse [à apporter] aux besoins des Québécois dans un contexte qui est difficile. Ça, c'est mon devoir », réplique la première ministre.

La session parlementaire tire à sa fin, la campagne électorale suivra peu de temps après, enfin la CAQ était au plus bas de son histoire dans les sondages sur les intentions de vote jusqu’à l’élection de Christine Fréchette à la direction du parti. Depuis lors, le parti de François Legault reprend du poil de la bête et grimpe dans les sondages, se situant maintenant dans le peloton de tête.

De toute évidence, la première ministre a mis le doigt sur le bobo, soit l’augmentation croissante du coup de la vie, et plus particulièrement du panier d’épicerie et du prix de l’essence à la pompe. Elle a fait le pari de privilégier les mesures électoralistes au détriment de la saine gestion des finances publiques quitte à dépasser le coussin de 250M$ dont elle disposait au départ. De son côté, l’opposition déplore avec véhémence le laxisme habituel de la CAQ au chapitre des dépenses.

En revanche, force est d’admettre que la stratégie de Christine Fréchette porte fruit, la CAQ ayant atteint un élan inégalé depuis des mois dans les sondages. Aux yeux d’une majorité des Québécois, il est clair que le pain et le beurre dans leur assiette revêt une importance capitale. Reste à voir si cette résurgence de la popularité de la CAQ tiendra le coup jusqu’au 5 octobre, jour des élections provinciales ou si le spectre de la croissance du déficit aura un impact négatif sur les intentions de vote des électeurs.

vigile.quebec tribune liibre 26 mai 2026
Le Soleil (version numérique) 26 mai 2026

Un référendum sur le référendum

25 mai 2026

Le 19 octobre 2026, les Albertains seront soumis à un référendum sur la souveraineté de l’Alberta en répondant à la question suivante : « L'Alberta doit-elle rester une province du Canada, ou le gouvernement de l'Alberta doit-il entamer la procédure juridique prévue par la Constitution canadienne afin de tenir un référendum provincial contraignant sur la question de savoir si l'Alberta doit ou non se séparer du Canada? »

Or le 20 mai 1980, les Québécois étaient consultés sur la question suivante : « Le gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d'en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l'égalité des peuples ; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d'établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l'utilisation de la même monnaie ; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l'accord de la population lors d'un autre référendum ; en conséquence, accordez-vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l'entente proposée entre le Québec et le Canada ? »

Dans les deux scénarios, les électeurs sont consultés sur une question ouvrant la porte à une autre question. En termes clairs, ils sont confrontés à un référendum sur le référendum. Il faut remonter au 30 octobre 1995 au Québec pour qu’une question « plus claire » soit demandée aux Québécois lors d’un deuxième référendum : « Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec et de l'entente signée le 12 juin 1995 ? Oui ou Non ».

Selon toute probabilité, les Québécois seront appelés à se prononcer sur l’indépendance du Québec dans un prochain mandat du Parti Québécois s’il est élu le 5 octobre 2026. Il est à souhaiter que la question référendaire soit claire. À titre d’exemple : « Voulez-vous que le Québec devienne un pays? Oui ou non. » Somme toute, à une question claire, une réponse claire et sans équivoque. Quant au gouvernement fédéral, il n’aura d’autre choix que d’entamer les procédures de sécession requises pour concrétiser l’indépendance du Québec advenant une victoire du « oui » et une majorité minimale de « 50%+1 ».

vigile.quebec tibune libre 25 mai 2026

Une forte proportion d’indécis

22 mai 2026

De toute évidence, la nouvelle première ministre, Christine Fréchette, a le vent dans les voiles par les temps qui courent, un dernier sondage Léger-Québecor démontrant que la cheffe de la Coalition avenir (CAQ) s’est approchée considérablement du chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon. en tant que « meilleure candidate pour occuper le poste de première ministre » selon les intentions de vote des Québécois. Christine Fréchett a atteint les 20 %, une augmentation de 4 % par rapport au dernier sondage, tandis que le chef péquiste a descendu de 1 %, le positionnant maintenant a 22 %.

Toutefois le nombre d’indécis se situe à 29%, un chiffre révélateur du climat d’incertitude qui règne au sein des citoyens qui ont participé au coup de sonde lesquels sont en position d’observateurs eu égard aux faits et gestes de la première ministre fraîche émoulue. Jusqu’à maintenant, Mme Fréchette a adopté une attitude prudente tout en prenant des décisions en lien avec les répercussions de la hausse du coût de la vie du Québécois moyen. Par ailleurs, le dossier sur la modification du Programme d’expérience québécoise (PEQ) est toujours sur la table, et elle devra trouver un accommodement avec Terre-Neuve et Labrador garantissant un accord gagnant-gagnant sur le projet hydroélectrique de Churchill Falls.

Que la cheffe de la CAQ ait gravi les marches aussi rapidement dans les intentions de vote des Québécois est déjà un exploit remarquable en soi. Réussira-t-elle, dans le court laps de temps qui lui est octroyé, a ressusciter un parti qui gisait dans les bas-fonds du spectre politique du Québec? Parviendra-t-elle à dénicher des candidats de prestige pour représenter la CAQ dans les circonscriptions actuellement détenues par son parti et, qui plus est, à en ravir quelques unes aux partis d’opposition? À mon sens, la plate-forme électorale de la CAQ présentée en campagne électorale constituera une pièce majeure pouvant faire pencher la balance du côté des succès ou des insuccès de la CAQ.

vigile.quebec tribune libre 22 mai 2026


 

La loi sur la clarté référendaire refait surface

20 mai 2026

Devant les velléités de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, de tenir un référendum sur l’indépendance de sa province, et l’éventualité de l’élection du Parti québécois en octobre 2026, la Loi sur la clarté référendaire refait surface. Soit dit en passant, l’Alberta et le Québec diffèrent complètement sur les motifs évoqués pour justifier les avantages de leur indépendance, l’Alberta arguant des motifs économiques, le Québec, identitaires.

À titre de rappel et dans la foulée du référendum de 1995 tenu au Québec sur son indépendance, la Loi sur la clarté référendaire, parrainée par le ministre des Affaires intergouvernementales du Canada de l’époque, Stéphane Dion, est une loi fédérale canadienne, adoptée en 2000, qui établit les conditions d'une négociation sur la sécession d'une province. Elle exige que toute question référendaire sur la souveraineté soit claire et qu'une majorité claire se prononce pour entamer des négociations, suite au renvoi de la Cour suprême sur la sécession du Québec.

La règle du « 50 % + 1 » est un pilier fondamental de la démocratie représentative pour la prise de décision sur une question référendaire. Or la loi sur la clarté stipule que la question référendaire doit être claire, ce qui, à mon sens, prête nettement à interprétation, et qu’une majorité claire y adhère, ce qui aussi, est clairement interprétable. De fait, qu’est-ce qu’une question « claire »? Qu’est-ce qu’une majorité « claire »? Nous divaguons en plein capharnaüm.

Le droit à l’auto-détermination d’un peuple est sacré et aucune loi ne peu s’y objecter pour autant que la majorité simple du peuple se soit prononcée en faveur de la question posée. De ce fait, le gouvernement fédéral n’a pas à s’immiscer dans le processus référendaire. Il lui appartiendra de traiter le résultat de la consultation populaire selon ses volontés. Et la cour sera appelée à trancher, un scénario applicable autant en Alberta qu’au Québec.

vigile.quebec tribune libre 20 mai 2026