2026, une année déterminante pour Mark Carney

7 janvier 2026

Depuis la rupture des négociations canado-américaines sur le traité de libre échange (ACEUM), c’est le calme plat, plus rien ne bouge, Mark Carney plaidant la patience tout en arguant qu’il ne faut pas bousculer l’agenda du grand Orange. Même attitude en lien avec la capture du président du Venezuela, Mark Carney s’étant bien gardé de lancer quelque critique envers le non-respect du droit international de la part de Donald Trump alléguant qu’il ne fallait pas le contrarier.]

L’année 2025 a marqué les débuts de la carrière politique du nouveau premier ministre du Canada. De ce fait, il était sous le projecteur des Canadiens portant leur regard sur les décisions stratégiques de Mark Carney sur la scène internationale, particulièrement avec les Américains. Pendant des mois, le ministre du Commerce international et des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, ressortait des rencontres avec les négociateurs américains en affirmant que la rencontre avait été « constructive ». Or force est d’admettre que les négociations sont au point mort et, pire encore, que Donald Trump envisagerait même de jeter à la poubelle le traité de libre échange.

La fin de l’année 2025 a vu le premier ministre présenter la liste des projets d’intérêt national considérés comme des investissements et qu’il compte mettre de l’avant en 2026. Parmi ceux-ci se trouve la construction d’un oléoduc reliant l’Alberta à la côte du Pacifique, un projet qui marque une rupture profonde avec les objectifs de lutte aux changements climatiques pilotée par l’ex-ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault.

En revanche, les mesures visant à supporter les Canadiens dans un contexte d’inflation et de hausses vertigineuses des prix du panier d’épicerie se comptent à la graine dans le dernier budget Carney. La lune de miel avec la population semble d’ores et déjà bel et bien terminée. Mark Carney doit maintenant se tourner vers son électorat à défaut de quoi il risque de tomber précipitamment de son nuage et d’atterrir avec fracas sur la terre ferme face à face avec le « vrai monde »… un choc qui pourrait être brutal, voire fatidique.

vigile.quebec triune libre 6 janvier 2026

La peur, cette angoisse intrigante

6 janvier 2026

L’année 2026 sera marquée par une campagne électorale déterminante pour l’avenir du Québec. Non seulement les Québécois seront-ils appelés aux urnes pour choisir un nouveau gouvernement mais ils seront aussi appelés à se prononcer dans un climat géo-politique fragilisé. D’un côté, les politiques expansionnistes et tarifaires de Donald Trump, de l’autre, l’élection plausible d’un parti souverainiste porteur d’un projet de référendum sur l’indépendance du Québec.

Somme toute, le scénario idéal pour que la peur ne joue un rôle capital dans l’isoloir, cette angoisse intrigante qui surgit subrepticement de la suspicion entre les vertus du fédéralisme en contrepartie avec l’imprévisibilité de Trump et celles du souverainisme liées aux aspirations indépendantistes du Parti québécois. En bref, le choix des Québécois, le 5 octobre 2026, sera inéluctablement orienté vers l’option qu’ils jugent la plus sécuritaire pour leur avenir socio-économique.

Dans les faits, vaincre la peur n’est pas une mince affaire et, de surcroît, lorsqu’elle émane de contextes où plane l’incertitude. Par ailleurs, la peur n’est pas bonne conseillère, nous dit l’adage populaire. Dans un monde idéal, la lucidité devrait orienter nos choix dans quelque situation que ce soit. Or la réalité est souvent toute autre, le sentiment de peur venant obstruer sans coup férir la limpidité des choix qui s’offrent à nous.

En conséquence, dans le contexte complexe et nébuleux dans lequel sont placés inévitablement les Québécois, le temps demeure sans équivoque leur meilleur ami. En effet, d’ici octobre 2026, le monde de Trump peut prendre toutes sortes de directions, voire même ses intentions de mettre la main sur nos richesses naturelles telles l’hydroélectricité et nos minéraux critiques. Aussi m’apparaît-il pertinent de demeurer un observateur attentif de l’évolution des événements et de laisser tomber la poussière au fil des événements d’ici le 5 octobre.

vigile.quebec tribune libre 5 janvier 2026
Le Soleil (version numérique) 6 janvier 2026

Examen d’admission à la maternelle

4 janvier 2026

De forts vents soufflent présentement sur l’éducation dans certaines régions du Québec, soulevant la tempête au coeur des critères d’admission à la maternelle 4 ans Une des régions les plus touchées par les caprices de dame Nature est Greenfield Park où les élèves de la maternelle de l’École internationale doivent être soumis à un examen d’admission pour être admis en première année.

Eh oui, vous avez bien lu! Des enfants de 4 ans sont soumis au stress d’un examen d’admission à leur entrée dans le « merveilleux » monde de l’éducation. À l’École internationale de Montréal, par exemple, il est obligatoire de réussir un examen d’admission pour avoir une chance d’être admis en maternelle car les places sont limitées. Dans la région de Québec, la neige s’est changée en grésil. Deux écoles primaires, qui offrent aussi le programme d’éducation internationale, ont un processus d’admission établi sur des activités de sélection et d’observation auxquelles participent les enfants qui veulent y être admis en maternelle.

Conséquence de ces aberrations? Un enfant de 4 ans, évoluant normalement dans un monde où l’émerveillement et la belle naïveté envahissent son univers, se voit subitement confronter à la compétition malsaine et, de ce fait, à ses effets collatéraux pernicieux pour faire partie du groupe à défaut de quoi il en est exclu, une situation qui risque de le traumatiser et de le poursuivre toute la durée de son parcours scolaire.

La tempête a assez duré. Les directions des Centres de service scolaire doivent maintenant reprendre la situation en mains. Les critères d’admission dans une école dite internationale à la maternelle doivent être revus et modifiés en fonction de l’âge psychologique des enfants et non de l’imposition d’un carcan dans lequel l’enfant risque de suffoquer en raison des vents violents causés par la forte poudrerie.

vigile.quebec tribune libre 3 janvier 2026

Brigitte Bardot, victime de son authenticité

2 janvier 2026

Incarnation du paroxysme de la beauté pendant des décennies, Brigitte Bardot (BB) n’en a pas moins subi les critiques acerbes, voire éhontées, de l’extrême gauche dans sa deuxième vie à l’égard de ses positions, notamment sur l’immigration massive dans son pays.

Brigitte Bardot était authentique, elle disait sa vérité toute nue, sans fioriture, sans s’encombrer des subtilités mondaines bienséantes. Et de ce fait, la gauche radicale n’allait pas manquer l’occasion de sa mort pour faire rejaillir sans ménagement ses positions sur l’immigration. Des positions qui valurent d’ailleurs à l’icône de la beauté une condamnation pour « délit d’opinion ».

Dans son billet paru dans Le Journal du 31 décembre sous le titre Elle s’appelait Brigitte Bardot, Mathieu Bock-Côté résume assez bien le contexte socio-politique dans lequel le décès de Brigitte Bardot canalise les effluves verbales de ses détracteurs. En voici un extrait : « Convenons-en: la gauche radicale est une gauche haineuse, déshumanisant tous ceux qu’elle déteste, mais elle le fait en croyant avoir de son côté le monopole de l’humanité, de la bonté, de la générosité… [Brigitte Bardot] incarnait la liberté de ton dans une époque qui pousse à la censure et à l’autocensure. Elle mérite assurément son hommage ».

Comprenons-nous bien. Mes propos n’ont pas pour objectif d’accorder « le bon Dieu sans confession » à Brigitte Bardot. En revanche, ils visent simplement à faire la part des choses, à savoir qu’elle est victime de son authenticité, jugée bassement et sans coup férir par une gauche radicale qui se prétend par ailleurs défenderesse de la vérité mais qui condamne en revanche sans retenue tout discours qui déroge de sa prise de position sur le sujet litigieux.

vigile.quebec tribune libre 2 janvier 2026
Le Soleil (version numérique) 3 janvier 2026


 

Le mot « woke », médaillé d’or en 2025

2 janvier 2026

D’« éveillé » qu’il était dans la communauté afro-américaine dans les années 1960 en pleine lutte pour les droits civiques, le mot « woke » [awaked] a dévié aujourd’hui vers une connotation péjorative pour désigner quelqu’un de moralisateur ou de prétentieux, imposant ses valeurs dites progressistes aux autres.

Dans cette foulée, l’arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis en 2016 mais plus particulièrement en 2024 a suscité un virage à 180 degrés ouvrant la porte au wokisme d’extrême droite en contrepartie au wokisme de gauche, chacun des opposants défendant ses opinions divergentes sur un sujet commun. Ainsi la politique d’immigration ségrégationniste du président républicain s’oppose catégoriquement à l’ouverture aux minorités raciales du clan démocrate, tous deux s’accusant mutuellement de « wokistes ». Somme toute, le "wokisme de droite", incarné par l’administration Trump, consiste à adopter une posture symétrique au wokisme de gauche en valorisant l’excès inverse : immoralité revendiquée, provocations écologiques ou défense symbolique des Blancs soi-disant discriminés.

Dans un tel contexte ratissant large sur des concepts idéologiques variés entre les wokistes de droite et ceux de gauche, il n’est donc pas surprenant que le mouvement wokiste ait traversé le sud de la frontière pour progressivement s’implanter au Québec principalement dans les médias sociaux. Et toute cette tornade dans un déferlement de qualificatifs le plus souvent irrespectueux, voire assassins.

Aujourd’hui, le mot « woke » siège sur le trône des mots les plus utilisés dans les médias et méritent amplement la médaille d’or en 2025. Toutefois, je suis plutôt d’avis qu’il perdra peu à peu de sa notoriété compte tenu de l’éventail à l’infini de sujets qu’il aborde et de facto, d’une vacuité sémantique qui risque de lui être fatidique.

vigile.quebec tribune libre 2 janvier 2026

Mes pensées envers les personnes vulnérables en ce nouvel An 2026

31 décembre 2025

Notre monde dit moderne et civilisé regorge de situations où priment l’appât du gain et l’égocentrisme débridé. Aussi ai-je cru opportun d’offrir mes premières pensées, en ce début d’année 2026, à toutes ces personnes vulnérables dont le seul espoir est de rencontrer sur leur chemin des diffuseurs de réconfort et de chaleur humaine.

* Envers toutes celles et tous ceux aux prises avec la maladie d’Alzheimer afin qu’ils puissent bénéficier de tous les soins nécessaires à la reconnaissance de leur dignité humaine.

* Envers toutes ces personnes âgées qui vivent dans la solitude afin qu’elles puissent renouer avec la vie en partageant leurs souvenirs en présence d’une oreille attentive.

* Envers tous ces enfants atteints d’une maladie incurable afin qu’ils puissent accueillir auprès d’eux quelqu’un qui leur glisse tendrement à l’oreille un « je t’aime ».

* Envers tous ces adolescents perdus dans leurs pensées noires dans une société qui les juge parfois avec mépris afin qu’ils redécouvrent un sens à leur vie.

* Envers toutes ces femmes prises en otages par la violence sous toutes ses formes afin qu’elles rencontrent quelqu’un qui les délivre du joug de leur agresseur.

* Envers tous ces hommes enfermés dans une masculinité machiste afin qu’ils s’ouvrent aux bienfaits d’une saine relation amoureuse.

* Envers toutes ces personnes souffrant d’une maladie mentale afin que l’État reconnaisse leur désarroi et investisse en ressources humaines leur venant en aide.

* Envers toutes les personnes itinérantes qui vivent misérablement sans abri et sans nourriture afin que les gouvernements dégagent les subsides nécessaires à leur survivance.

* Envers toutes celles et tous ceux aux prises avec une dépendance à la drogue ou à l’alcool afin qu’ils trouvent sur leur chemin un bon samaritain.

* Envers toutes ces personnes qui attendent désespérément une chirurgie depuis des mois afin que le système de santé se rétablisse et réponde à leur cri d’alarme.

* Envers toutes les personnes aux prises avec un handicap physique afin que les municipalités et les commerçants contribuent à faciliter leurs déplacements.

* Enfin envers notre société en mal d’amour afin qu’elle ouvre les yeux sur la belle naïveté de l’enfant qui sourit à la vue d’une simple fleur qui se dresse majestueusement devant lui.

vigile.quebec tribune libre 31 décembre 2025

La famille Plouffe

30 décembre 2025

Qui, parmi les baby boomers, ne se souvient pas du premier téléroman québécois qui a rapidement envahi les ondes de Radio-Canada de 1953 à 1959 sur le petit écran des foyers québécois qui avaient la chance, voire le privilège, de posséder un téléviseur? La famille Plouffe, inspirée du roman de Roger Lemelin, mettait en vedette Paul Guèvremont dans dans le rôle du père, Théophile Plouffe, Amanda Alarie personnifiant maman Joséphine Plouffe, Émile Genest incarnant Napoléon Plouffe, Jean-Louis Roux dans le rôle d’Ovide Plouffe, Denise Pelletier personnifiant Cécile Plouffe et Pierre Valcour incarnant Guillaume Plouffe.

À chaque mercredi à 20h30, l’émission s’ouvre sur le thème musical désormais connu (1) et maman Plouffe se berçant tout en veillant sur les hauts et les bas de sa progéniture aux côtés de son mari Théophile, un personnage plutôt effacé. Ovide, l'intellectuel sensible qui aime la musique et les arts tout en travaillant à l'usine, Guillaume, athlète et champion de hockey, très populaire auprès des filles, Napoléon, l'aîné, qui admire les héros sportifs et aide parfois Guillaume à s'entraîner et Cécile, vieille fille coquette, qui nourrit l'espoir de se marier un jour avec Onésime Ménard, un chauffeur d'autobus marié. À cette époque, l’Église catholique exerçait un pouvoir suprême et omniprésent. Les références à la religion de Joséphine Plouffe faisaient partie des balises à respecter de la part de ses enfants.

Depuis lors, une pléiade de téléromans se sont succédé sur les ondes du petit écran au rythme de l’évolution de la société. Les repères incarnés par la mère de famille ont cédé la place aux gadgets électroniques faisant foi de progrès et de sacrosainte évolution. La religion est devenue un archaïsme envahi par la laïcité omniprésente au détriment des valeurs humaines d’amour et de charité envers l’autre.

« Il était une fois des gens heureux »(2). Peut-être serait-il salutaire que nous écoutions avec notre coeur cette émouvante chanson interprétée par Nicole Martin.

(1) https://www.youtube.com/watch?v=y88TvRkO_xM

(2) https://www.google.com/search?q=il+etait+une+fois+des+gens+heureux+nicole+Martin&rlz=1C1GCEA_enCA994CA994&oq=il+etait+une+fois+des+gens+heureux+nicole+Martin&gs_lcrp=EgZjaHJvbWUyBggAEEUYOTIICAEQABgWGB4yCggCEAAYogQYiQUyCggDEAAYgAQYogTSAQk0MDgyNmowajeoAgCwA

vigile.quebec tribune libre 30 décembre 2025

Faut-il craindre les avancées de l’IA en 2026?

29 décembre 2025

Dans une lettre d’opinion publiée le 11 décembre dans le prestigieux Time Magazine, Yoshua Bengio, reconnu mondialement comme l'un des plus grands experts en intelligence artificielle (IA), met en garde contre le rythme effréné auquel les outils d’IA sont développés. «Nous avons vu, par exemple, une réaction fortement négative à la mise à jour de ChatGPT 4-o à GPT-5, lorsque plusieurs usagers ont senti qu’ils perdaient un "ami", étant donné que le nouveau modèle était moins chaleureux», avance-t-il. «Dans des cas extrêmes, ces attachements à l’IA peuvent poser un danger à la santé mentale des utilisateurs», ajoute-t-il, tout en spécifiant que de nombreux experts ont aussi mis en garde concernant le risque que les humains perdent le contrôle sur le développement de l’IA. Une déclaration pour le moins inquiétante de la part d’une sommité mondiale sur l’IA qui prête à une sérieuse réflexion sur les avancées vertigineuses de l’IA au cours des dernières années, particulièrement sur « le risque que les humains perdent le contrôle sur le développement de l’IA ».

Nonobstant les bénéfices de ces nouvelles technologies dans plusieurs secteurs comme la santé, la recherche scientifique et plusieurs autres secteurs d’activité, en revanche elles ont aussi contribué à créer de nouveaux dangers, notamment en matière de cybersécurité et de répercussions sociales. C’est pourquoi Yoshua Bengio plaide pour une approche plus prudente, notamment avec son organisme à but non lucratif LawZero, qui se penche sur une façon de développer l’intelligence artificielle qui éviterait les risques de dérives. « En raison de tous ces risques, nous devons user de prudence pour profiter des bénéfices de l’IA, tout en nous protégeant de ses risques.» Aux yeux de Yoshua Bengio, la question est de savoir si nous allons trouver ces solutions à temps afin d’éviter un dénouement catastrophique.

Notre société technologique nous a enseigné depuis des lunes que l’être humain ne peut empêcher le « progrès », les avancées de l’IA n’y échappant pas. En revanche, l’homme devrait garder en tête que c’est le cerveau humain qui a créé l’IA et que de facto, il se doit d’en garder le contrôle. Dans cette foulée, Yoshua Bengio prône à juste titre la vigilance à quelques jours du début de l’année 2026, tout en étant conscient que les robots demeurent un amas de tôle dépourvu de toute manifestation émotionnelle.

vigile.quebec tribune libre 28 décembre 2025

C’est dans l’temps du jour de l’An!

26 décembre 2025

Dès le lendemain de Noël, comme s’ils avaient attendu patiemment leur tour pour lancer les festivités annonçant le début d’une nouvelle année, les « reels » traditionnels du temps des Fêtes envahissent les ondes radiophoniques du Québec. « C'est dans l'temps du jour de l'an, on s'donne la main, on s'embrasse/ C'est l'bon temps d'en profiter, ça arrive rien qu'une fois par année ». En des temps plus chaleureux, comme par un effet magique, la famille reprenait ses droits d’aînesse et se réunissait au centre du salon pour le set carré endiablé animé par la musique à bouche du patriarche de la famille s’accompagnant en tapant gaiement du pied.

Au Québec, malheureusement, les traditions se perdent peu à peu au détriment des gadgets électroniques qui monopolisent souventefois toute l’attention des invités si bien qu’ils en arrivent à oublier le sens de la fête qui les réunit en cette soirée familiale au cours de laquelle la chaleur humaine s’est substituée en douce avec le temps au pitonnage sur le bidule cellulaire.

Or j’ai souvenir encore du « bon vieux temps » où les familles se succédaient à la porte de mon grand-père maternel telle une parade militaire, les parents occupant le devant du peloton suivie de près par la marmaille, les yeux ronds et les timides sourires en coin, ébahie par la foule qui envahissait le salon. J’ai souvenir encore du grincement du vieux « pick up » de ma tante qui veillait à faire tourner les vieilles chansons traditionnelles du temps des fêtes sur lesquelles je dansais avec ma cousine préférée le temps d’une soirée par année. J’ai souvenir encore du copieux repas servi aux convives dans le tintamarre des voix des invités racontant chacun un épisode vécu au cours de l’année qui se terminait.

Les temps ont changé, les aïeux sont allés ad patres et, avec eux, les traditions. Plusieurs familles sont disloquées emportant avec elles la chaleur humaine qu’elles dégageaient dès leur arrivée dans la fête. Les danses folkloriques ont cédé la place aux jasettes souvent oiseuses sur la pluie et le beau temps. Et pourtant, un espoir de chaleur humaine existe toujours, c’est celui d’un sourire gratuit lancé discrètement à une personne isolée parmi les convives. Ça ne coûte rien mais, par contre, c’est tellement bénéfique pour débuter une nouvelle année pour la personne qui le reçoit.

vigile.quebec tribune libre 26 décembre 2025
Le Soleil (version numérique) 27 décembre 2025
Le Devoir 29 décembre 2025

Référendum sur l’avenir constitutionnel de l’Alberta

24 décembre 2025

Le chemin vers une consultation populaire sur l’avenir constitutionnel de l’Alberta a franchi une nouvelle étape par l’adoption de la question référendaire : « Êtes-vous d’accord pour que la province de l’Alberta cesse de faire partie du Canada pour devenir un État indépendant ? ».

Une question claire et précise qui n’est pas sans nous rappeler les contorsions ayant conduit aux questions des deux référendums de 1980 et 1995 au Québec, particulièrement celle du premier référendum précédée d’un interminable préambule (1). Dans un tel contexte et en lien avec la clarté de la question référendaire en Alberta, je suis d’avis que le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, devrait s’inspirer de la question albertaine dans l’éventualité d’un troisième référendum au Québec sur son avenir constitutionnel qui devrait se tenir au cours d’un prochain mandat du PQ. Les Québécois sont en droit de pouvoir s’exprimer clairement sur leur avenir constitutionnel et sans fioriture. À force de diluer à outrance l’objectif visé par la question, cette dernière donne l’impression de ratisser trop grand, voire de cacher l’intention première de la question.

(1) « Le gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d'en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l'égalité des peuples ; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d'établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l'utilisation de la même monnaie ; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l'accord de la population lors d'un autre référendum ; en conséquence, accordez-vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l'entente proposée entre le Québec et le Canada ? »

vigile.quebec tribune libre 23 décembre 2025