Le procès bidon

6 février 2020

Ainsi donc le président américain Donald J. Trump, dans l’affaire de l’Ukraine, ne s’est pas rendu coupable d’abus de pouvoir à 52 %, et n’a pas entravé le travail du Congrès à 53 %, soit l’ensemble des sénateurs républicains, sauf pour un chef d’accusation pour lequel Mitt Romney a voté contre le président.

Après le dépôt du rapport de l’enquête Mueller et à la fin d’interminables procédures, Donald Trump est donc acquitté. Et toute cette saga médiatique dans un scénario où les dés étaient pipés d’avance, les juges siégeant au procès du président étant majoritairement composés de sénateurs républicains.

Or, à mes yeux, la grande perdante de cette farce médiatique est la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, qui, au départ, était manifestement contre la procédure de destitution du président mais qui a dû, sous les pressions, se ranger finalement du côté de l’aile gauche du parti démocrate.

Pour ce qui est de Donald Trump, la « chasse aux sorcières » est maintenant terminée. Il peut maintenant se lancer dans la course pour un second mandat, « blanchi » de toute accusation.

Je terminerai sur une question : comment doit-on appeler un procès où des témoins importants ne sont pas entendus, où des documents essentiels ne sont pas présentés et où, qui plus est, des juges déclarent d’avance que l’accusé est innocent ? Moi, j’appelle ça un procès bidon!

quebechebdo 6 février 2020

Le rapport Yale

4 février 2020

L’une des grandes recommandations du rapport Yale est de faire en sorte que Netflix et compagnie soient soumis aux mêmes exigences que les autres acteurs, notamment pour la production ou la mise en valeur du contenu canadien.

Partant de là, certains députés conservateurs se sont déclaré inquiets de la possibilité de voir Ottawa exercer un certain pouvoir sur les médias d’information, alors que, dans les faits, le rapport Yale les exclue déjà de ces mesures. Le critique conservateur en matière de patrimoine, Steven Blaney, est du lot. « On se croirait en Corée du Nord », selon le député québécois, qui y voit une « tendance lourde des libéraux à vouloir réglementer la presse »… Une bien mauvaise petite politique de récupération, M. Blaney!

En effet, à mes yeux, il m’apparaît clair que le rapport Yale fait clairement la distinction entre les services de diffusion de « contenu médiatique », tels Amazon, Netflix, Spotify, et les « sites de partages de contenu », tels YouTube, Facebook et autres.

Toutefois, selon les informations que je possède, une zone grise subsiste, à savoir la soumission des services médiatiques à la taxe fédérale. À cet effet, je considère inconcevable, voire scandaleux, que les Netflix de ce monde soient exemptés de payer leur part d’imposition au gouvernement fédéral, tout au moins pour compenser les revenus publicitaires qu’ils extirpent « légalement » aux entreprises de presse…À vous d’y voir, M. Guilbeault!

quebechebdo 4 février 2020

Le phénomène Laurent Duvernay-Tardif

2 février 2020

À regarder évoluer les deux carrières parallèles de Laurent Duvernay-Tardif, soit sa montée époustouflante à titre de joueur de football professionnel et les succès obtenus dans ses études en médecine, il est à se demander où Laurent a puisé toutes ses énergies pour obtenir en mai 2018 son diplôme en médecine et devenir le premier joueur actif de l’histoire de la Ligue Nationale de Football à obtenir une telle diplomation.

À la fois passionné de football et de médecine, Laurent a fait la sourde oreille quand des orienteurs ou des proches lui conseillaient de choisir entre le sport et les études. Et pourtant, force est de constater que ça lui a réussi! «Tout est question d’équilibre. Ne renoncez pas à vos passions!», ne cesse-t-il de répéter aux jeunes qu’il croise dans les nombreuses conférences qu’il prononce dans les écoles. Déjà très engagé dans la communauté malgré ses horaires surhumains, Laurent est animé par le désir de transmettre le goût de l’activité physique aux jeunes et de faire la promotion des saines habitudes de vie.

Laurent Duvernay-Tardif est un phénomène de la nature, un gaillard de 6' 5"et 330 livres. Le numéro 76 des Chiefs de Kansas City, le Doc, tel que surnommé par ses coéquipiers, s’est rendu à la plus prestigieuse rencontre de football professionnel, le Super Bowl… Doué d’un charisme exceptionnel, le petit gars natif de Mont-Saint-Hilaire, en Montérégie, est certes devenu, à 28 ans, un modèle pour les jeunes Québécois, par sa détermination sans limite et sa capacité phénoménale à concilier le sport et les études. Chapeau à toi, Laurent!

quebechebdo 1er février 2020

Citoyen du monde

31 janvier 2020

Je me suis toujours senti perplexe devant l’amalgame « citoyen du monde »… En réalité, je me demande d’où viennent ces gens qui se disent citoyens du monde. De quelle patrie proviennent-ils? Sont-ils tous des apatrides?

Aussi ai-je senti le besoin de fouiller un peu sur le Web. Dans un blogue datant de septembre 2013 sous le titre Citoyen du monde?,  Mathieu Bock-Côté développe une réflexion personnelle intéressante sur sa perception de l’expression « citoyen du monde ». À titre informatif, je vous soumets un extrait où Bock-Côté nous livre sa réflexion sur le « citoyen du monde » appliquée au Québec :

« J’en arrive évidemment au Québec, qui a bien des problèmes avec son identité ces temps-ci, de plus en plus de Québécois la présentant comme une dépense coûteuse ou comme une prison identitaire les empêchant de jouir des grands vents de la mondialisation. Se pourrait-il que le zèle dont font preuve plusieurs Québécois pour se définir comme «citoyens du monde», profitant pleinement des avantages de la mondialisation, révèle en fait sur une critique radicale de la culture québécoise, trop souvent présentée, étrangement, comme un obstacle au monde. À la périphérie de l’empire américain, on se sent tout petit et l’envie est forte de s’y dissoudre, surtout chez ceux qui l’idolâtrent.  Au Québec, se dire citoyen du monde, cela veut souvent dire qu’on veut se délivrer de sa patrie, qu’on en relativise les intérêts, qu’on marque une certaine indifférence existentielle à sa langue et à son histoire. Au Québec, on se dit citoyen du monde trop souvent pour dire qu’on ne se sent plus solidaire de la réalité québécoise, qu’on s’en délivre dans un grand sursaut de conscience globale de nos trop petits problèmes, qui ne nous permettraient pas d’accéder pleinement à la condition humaine et aux possibilités libérées par notre époque. On ne dit pas qu’on veut participer au monde en rappelant le potentiel d’universalité contenu dans l’identité québécoise : on se dit que c’est en se délivrant de la référence québécoise qu’on pourra le mieux accéder au monde. »

Note : Les passages soulignés sont mon initiative

https://www.journaldemontreal.com/2013/04/06/citoyen-du-monde

La réflexion de Bock-Côté est à la fois sidérante et dramatique. En d’autres termes, le Québécois qui se dit « citoyen du monde » s’extirpe de ses origines pour mieux « accéder au monde ». Il aspire ainsi se délivrer de sa « prison identitaire l’empêchant de jouir des grands vents de la mondialisation ». C’est le salut dans la fuite, une « déquébécisation » drastique qui conduit brutalement à un monde universel sans point de repère et sans histoire. Le citoyen du monde se métamorphose en citoyen de partout et de nulle part à la fois. À mon avis, l’expression « citoyen du monde » incarne une utopie, un monde imaginaire et sans frontière, un monde déshumanisé et désincarné.

C’est pourquoi, je préfère d’emblée demeurer attaché à mes racines et à mes valeurs québécoises… quitte à rester ouvert au monde qui m’entoure!

vigile.net tribune libre 31 janvier 2020

Le français de MacKay

31 janvier 2020

Visiblement, le candidat à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC), Peter MacKay, a du pain sur la planche avant de pouvoir s’exprimer convenablement dans la langue de Molière. En effet, lors de son discours annonçant sa candidature à la chefferie du PCC, il a réussi à commettre de multiples erreurs linguistiques et ce, malgré la présence de deux télésouffleurs devant lui.

Et pourtant, ce n’est pas d’hier que le député de Pictou-Antigonish-Guysborough en Nouvelle-Écosse aspire à devenir chef du parti. Conséquemment, on aurait dû s’attendre à ce qu’il se familiarise avec les deux langues officielles au Canada… ce qu’il a renoncé manifestement à faire.

Toutefois, comme Peter MacKay part favori de la course à la direction du parti, ses appuis se montrent tolérants, tel le lieutenant du parti au Québec, Alain Rayes, qui a affirmé que le prochain chef n’a pas à être « bilingue, parfaitement ». L’important, a-t-il dit, c’est que les candidats se montrent sensibles aux enjeux du Québec.

À mon sens, ce serait sous-estimer l’importance que les Québécois accordent à leur langue… à moins que les analystes ne surestiment l’importance du Québec pour le Parti conservateur!

quebechebdo 31 janvier 2020
Le Soleil 4 février 2020

Un p’tit chausson aux pommes avec ça ?

29 janvier 2020

 

De mémoire d’homme, le fait qu’un éventuel candidat à la direction d’un parti pose des conditions pour poser sa candidature constitue pour le moins un précédent dans les annales politiques du Québec.

Eh bien, l’humoriste Guy Nantel, par la voix de son organisateur, désire poursuivre ses activités et protéger les dates de ses spectacles tout au long de la course, et suggère que les dates des débats soient choisies en concertation avec les candidats et la présidence d’élection tout en ajoutant que la tenue des débats pourrait être déterminée par tirage au sort si le consensus n’est pas possible. À cet effet, entre le 9 avril, date de la fin des mises en candidature et le 19 juin, date du choix du chef, Guy Nantel doit donner 16 spectacles dans plusieurs régions du Québec.

Enfin, Guy Nantel souhaiterait que la participation des « sympathisants », à qui le parti a décidé d’ouvrir la porte uniquement pour le vote du prochain chef, soit gratuite, alors qu’il est prévu que les non-membres doivent débourser 5 $ pour adhérer au principe du Parti québécois et ainsi obtenir le privilège de voter pour choisir le prochain chef. Or, M. Nantel a plusieurs dizaines de milliers d’abonnés sur son compte Facebook qui ont le potentiel de devenir des sympathisants, mais comme leur adhésion doit se faire en ligne avec une carte de crédit, on craint que les coûts ne dissuadent les sympathisants de s’inscrire et de voter pour M. Nantel.

Un p'tit chausson aux pommes avec ça, M. Nantel?

vigile.net tribune libre 28 janvier 2020
quebechebdo 30 janvier 2020
Le Sileil (version internet) 2 février 2020

 

 

Assez, c’est assez!

29 janvier 2020

En juin 2018, après avoir créé une controverse sur les réseaux sociaux avec la publication d’un message invitant à un débat sur la « vasectomie obligatoire à 18 ans », la présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Gabrielle Bouchard, s’est empressée de préciser que son message était une provocation dans le but d’attirer l’attention sur le droit à l’avortement.

Or, mardi le 28 janvier, Mme Bouchard récidive avec la même « stratégie » en affirmant sur Twitter qu’il était « peut-être temps d’avoir une conversation sur l’interdiction des relations hétérosexuelles », toujours dans l’intention de provoquer la discussion, cette fois-ci, sur les féminicides.

De par ses fonctions de présidente de la Fédération des femmes du Québec, Gabrielle Bouchard se doit d’incarner la crédibilité qui lui incombe, à savoir de représenter toutes les femmes du Québec. En faisant preuve d’un manque de jugement et d’une maladresse aussi patents, je suis d’avis qu’elle n’a plus sa place à un poste aussi important, et que, par conséquent, elle doit être destituée illico de ses fonctions pour incompétence.

On devrait apprendre de ses erreurs, dit une sage pensée. Eh bien, manifestement, Gabrielle Bouchard ne tire pas profit de ses gaffes monumentales…Conséquemment, la FFQ se doit de lui montrer la sortie pour retrouver sa crédibilité… et conserver la contribution de 120 000 $ du gouvernement québécois… Assez, c’est assez!

quebechebdo 29 janvier 2020

Tout un défi!

28 janvier 2020

« Un nouveau départ 2020 », tel est le thème du candidat dans la campagne à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ), Alexandre Cusson. Et, pour amorcer ce nouveau départ le maire de Drummondville porte en étendard l’éthique, arguant qu’«il y a cette idée constante qu’il y a une odeur de corruption qui flotte sur la politique au Québec, alors qu’on sait que les règles ont changé depuis quelques années, tout est différent, mais il semble que ça ne rentre pas dans les maisons, les gens ne voient pas ça ».

Or, je veux bien comprendre que M. Cusson évite de nommer le parti dont il brigue la chefferie, mais il m’apparaît évident que le manque d’éthique dont il parle s’applique surtout au PLQ. Un parti qui subit encore aujourd’hui les retombées négatives de l’enquête Mâchurer toujours en cours et dans laquelle le nom de l’ancien chef du PLQ, Jean Charest, est souvent mentionné.

Aux yeux des Québécois, les allégations de collusion et de corruption envers le PLQ font encore l’objet d’enquêtes de la part de l’UPAC. Les scandales allégués envers le PLQ sont toujours d’actualité et cela, Alexandre Cusson n’y peut rien même s’il se défend de proposer un resserrement des règles éthiques pour surfer sur cette controverse.      

Conséquemment, le « nouveau départ » axé sur l’éthique souhaité par le candidat Cusson risque de connaître des ratés tout au moins au décollage. Alexandre Cusson baigne actuellement dans la belle naïveté du débutant… Reste à voir s’il la conservera ou s’il ne devra pas y apporter certains ajustements!    

quebechebdo 28 janvier 2020
vigile.net tribune libre 28 janvier 2020

Erreur ou laxisme?

27 janvier 2020

Dans une décision rendue en septembre 2019 concernant le présumé meurtrier de Marylène Lévesque, Eustachio Gallese, la Commission des libérations conditionnelles du Canada, savait que son agente de libération conditionnelle proposait une stratégie à l’effet que monsieur puisse rencontrer des femmes, mais seulement afin de répondre à ses besoins sexuels. Du même souffle, la commission soulignait que cette stratégie de gestion du risque telle que comprise et présentée en audience constituait paradoxalement un facteur de risque important et inquiétant.

 Or, connaissant d’une part les antécédents criminels du présumé meurtrier qui avait été reconnu coupable du meurtre au deuxième degré de sa conjointe en 2004 pour lequel il avait été condamné à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans, et d’autre part le caractère à haut risque de la stratégie proposée par son agente de libération conditionnelle, n’aurait-il pas incombé aux commissaires d’opposer leur véto à cette stratégie? Alors, pourquoi ont-ils laissé aller le loup dans la bergerie sans réagir?

 Erreur ou laxisme? Ou les deux? Quoi qu’il en soit, il m’apparaît évident que la Commission des libérations conditionnelles du Canada, dans cette affaire, n’a pas su jouer le rôle prioritaire qu’elle détient, à savoir de protéger la population. En conséquence, elle est imputable de ce meurtre crapuleux qui n’aurait jamais dû se produire…

quebechebdo 27 janvier 2020

L’homme de tous les combats

27 janvier 2020

Avant de devenir président de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ) en 1993 et du conseil d’administration du Fonds de solidarité FTQ en 1994, Fernand Daoust a été impliqué dans plusieurs combats syndicaux d'importance tels la grève du quotidien La Presse en 1971, le Front commun intersyndical de 1972, la grève à la United Aircraft en 1974 ou la francisation des entreprises suite à l'adoption de la Charte de la langue française en 1977.

Toutefois, Fernand Daoust a mené son plus important combat à titre de grand défenseur des droits des travailleurs et des travailleuses du Québec de travailler dans leur langue. Dès 1959, en négociation avec des entreprises multinationales, il réclame que les discussions se déroulent en français. Membre fondateur du Mouvement Québec Français (MQF) en 1971, un organisme regroupant des organisations syndicales, culturelles et nationales vouées à la défense du français, et membre du conseil d'administration de l'Office de la langue française depuis sa fondation en 1977, il intervient sans relâche sur les questions linguistiques.

Fernand Daoust incarne sans contredit une figure marquante dans l’histoire du syndicalisme québécois et de la défense du français comme langue d’usage des travailleurs du Québec… Avec son départ, le mouvement syndical perd un grand combattant qui a consacré sa vie à la défense des droits des travailleurs et des travailleuses québécois(es).

quebechebdo 26 janvier 2020
Le Devoir 28 janvier 2020 "Un homme de tous les combats"