Hommage aux enseignants

15 février 2026

Il fut un temps pas si lointain où la profession d’enseignant avait acquis ses lettres de noblesse dans la société québécoise. C’était aux temps glorieux où l’école était considérée comme le temple du savoir destiné à former la société de demain.

Or aujourd’hui, l’école est malade, elle souffre du mal d’amour. Ses murs s’effritent sous le poids des ans, les enseignants sont laissés à eux-mêmes avec les élèves à besoins particuliers, la pénurie d’enseignants qualifiés est patente, plusieurs parents délaissent leurs responsabilités envers leurs enfants, les médias sociaux et la violence qu’ils colportent sont omniprésents et l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) vient chambouler les approches pédagogiques, notamment au chapitre du plagiat potentiel.

Pourtant, dans ce paysage sombre et déprimant, les enseignants, pour la plupart, assurent courageusement la défense de la forteresse. Ils incarnent l’héritage légué par leurs maîtres, à savoir permettre à leurs élèves d’accéder à l’autonomie nécessaire pour devenir les adultes demain. Aujourd’hui comme hier, on ne naît pas enseignant, on le devient. En revanche, l’enseignant doit être imprégné de l’amour du jeune à qui il enseigne s’il aspire faire carrière en éducation. Il doit incarner le respect et respecter ses élèves dans un climat propice à la communication des connaissances.

Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas changé, c’est leur environnement qui a changé. Dans un contexte fragilisé par les médias sociaux et l’appât de la réussite sans effort axée autour d’une utopique performance, je ne peux qu’applaudir les enseignants qui, malgré les écueils qui se dressent quotidiennement devant eux, persistent à garder contact avec leurs élèves, peu importe les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Hommage à vous, chers enseignants, pour votre détermination et votre sens du devoir! Vous représentez encore aujourd’hui le fil conducteur essentiel à la formation des adultes à venir.

vigile.quebec tribune libre 14 février 2026

François Legault, l’éléphant dans la pièce

15 février 2026

Le 14 janvier 2026, François Legault annonce sa démission comme premier ministre, effective à partir du 12 avril 2026, soit la date de la nomination du nouveau chef de la CAQ et, de facto, du premier ministre du Québec jusqu’au scrutin du 5 octobre 2026.

À ce moment-là, François Legault fait le choix de privilégier son statut de premier ministre. En revanche, deux autres alternatives s’offrent devant lui, soit proroger la session parlementaire ou de laisser l’intendance à un chef intérimaire le temps que son successeur soit désigné.

Or pendant ce temps, une course à la direction de la CAQ est bel et bien engagée, les deux candidats, Christine Fréchette et Bernard Drainville, se coltaillant « gentiment », notamment sur leur position ou absence de position sur le troisième lien entre Québec et Lévis ou sur leur recommandation à l’égard de l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Au même moment, le gouvernement continue de siéger dans une ambiance d’encan public où les partis d’opposition prennent un malin plaisir à augmenter les critiques sur un gouvernement dont la valeur « marchande » a atteint son plus bas niveau depuis sa création. Et de surcroît, en répondant également aux questions des médias et des partis d’opposition sur des politiques appelées à être modifiées par sa ou son successeur, parfois même en lançant des informations inexactes telle l’unanimité du caucus en faveur du troisième lien, François Legault déstabilise la course à la chefferie.

« Le Québec a besoin de changement », a lancé François Legault lors de sa déclaration annonçant officiellement sa décision de démissionner de son poste de premier ministre du Québec. Encore eût-il fallu que les bottines suivent les babines et que le chef démissionnaire se retire du paysage politique au lieu d’intervenir inopinément dans l’épineux dossier de l’immigration en arguant le chiffre fallacieux du 350 000 immigrants acceptés par le Québec tout en omettant de spécifier que ce chiffre désignait les immigrants acceptés au Québec depuis les débuts de l’explosion migratoire.

vigile.quebec tribune libre 13 février 2026

Abolition de l’exposé oral en français

12 février 2026

L’application du nouveau programme de français au primaire et au secondaire est reportée en 2027-2028, répondant ainsi à une préoccupation des enseignants de disposer de trop peu de temps pour se l’approprier d’ici le début de l’année scolaire 2026-2027.

Or parmi les changements proposés, le nouveau programme de français prévoit notamment remplacer l’exposé oral devant la classe par des débats, discussions et jeux de rôle. À mon avis, c’est bien peu faire de cas des nombreux objectifs de l’exposé oral lesquels visent à développer la compétence à communiquer de façon claire, structurée et cohérente. De surcroît, ils font appel à la recherche d'informations, la structuration d'un raisonnement, l'utilisation d'un vocabulaire précis, la maîtrise de la prosodie et la capacité à s'adresser à un public. 

À ce sujet, j’ai souvenir encore du silence respectueux des élèves au moment où le locuteur se présentait devant la classe pour présenter son exposé, et, phénomène tout à fait naturel voire formateur, de la nervosité qui l’accompagnait. Les sujets proposés étaient variés, passant de la critique d’un livre ou d’un film, d’une chanson à l’analyse d’un fait vécu et cela, en l’espace de 2 à 3 minutes. Pendant la présentation de l’élève, je me tenais au fond de la classe et cotais le degré d’atteinte des critères précédemment retenus et divulgués aux élèves sur une échelle de 1 à 10.

De remplacer les exposés oraux par des débats, discussions ou jeux de rôle tient, à mon sens, de l’aberration, les objectifs visés par les deux modes d’expression étant totalement différents, les débats faisant appel notamment au pouvoir de persuasion d’un participant à l’intérieur d’un groupe. Et s’ajoute à cette différence la difficulté, voire l’impossibilité de noter la performance de l’élève dans les échanges avec le reste du groupe.

À toutes fins pratiques, débats et exposés oraux sont inconciliables quoique complémentaires, la capacité d’un élève à exprimer sa perception sur un sujet faisant partie des objectifs qui y sont inhérents. C’est pourquoi, il serait pertinent, à mon sens, de mener de front les deux exercices pédagogiques au lieu de déshabiller Pierre pour habiller Paul.

vigile.quebec tribune libre 12 février 2026

Christine Fréchette, la voix de la raison

11 février 2026

L’ex-ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie et candidate à la succession de François Legault à titre de chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de première ministre du Québec, Christine Fréchette, a choisi délibérément, selon ses propres dires, la voix de la raison plutôt que celle de l’émotivité. Une flèche à l’endroit de son adversaire, Bernard Drainville, pour qui les réflexions sur la pertinence du troisième lien entre Québec et Lévis ont duré assez longtemps, qu’il est temps de prendre position et d’aller de l’avant dans le dossier du troisième lien entre Québec et Lévis.

Un investissement de « 11 mille millions$ » [une image qui vaut mille mots] mérite qu’on prenne le temps d’y réfléchir sérieusement avant de se lancer à corps perdu dans l’ampleur d’un tel projet, argue-t-elle. Une approche difficilement contestable dans un contexte où les besoins sur l’accessibilité à un logement abordable, le prix croissant du panier d’épicerie et l’augmentation inquiétante du nombre d’itinérants au Québec sont criants.

Or la CAQ, reconnue comme un parti axé sur la solidarité ministérielle autour du fondateur du parti, François Legault, se fissure de plus en plus, le caucus exprimant à voix haute sa position sur le projet et ce, malgré la déclaration récente de François Legault sur l’unanimité des députés de la CAQ en faveur du troisième lien, y compris les deux candidats à la direction du parti.

En revanche, Christine Fréchette a entrouvert la porte récemment en déclarant qu’il existe un réel problème de congestion routière dans la grande région de Québec, notamment sur l’axe nord-sud reliant Québec à Lévis et vice versa sans toutefois spécifier la teneur de la solution ni du tracé qu’il devrait emprunter.

Par ailleurs du côté de la population de la grande région de Québec, le dernier sondage SOM-Le Soleil indique qu’à peine plus d’un électeur sur quatre croit encore que le troisième lien se réalisera et qu’un maigre 7% se montre très confiant. Or plus des deux tiers des 1054 répondants sondés ne sont que «peu» voire «pas du tout» confiants.

Enfin quelle que soit la position finale retenue par Mme Fréchette, tout indique que le troisième lien risque de jouer un rôle déterminant dans la course à la direction de la CAQ, et qu’il fera l’objet de la question de l’urne lors de la nomination du prochaine chef de la CAQ le 12 avril. Je gagerais un vieux 2$ sur la voix de la raison.

vigile.quebec tribune libre 11 février 2026

Les « critiqueux »

9 février 2026

Pour mettre les choses au clair dès le départ, je respecte le droit à la liberté expression, il est fondamental dans une saine démocratie. Toutefois là où j’émets certaines réserves concerne les propos souvent incendiaires de certains individus dont le métier est de critiquer certaines œuvres littéraires ou cinématographiques, et que je qualifierais de « critiqueux ». J’en ai pour exemple la présence régulière de deux critiques invités hebdomadairement à l’émission Tout peut arriver animée par Marie-Louise Arsenault sur les ondes de Ici RDI le samedi à 19 h.

Le scénario est le suivant : un auteur invité est interrogé par l’animatrice sur l’oeuvre qui constitue le nœud de la discussion qui se déroule entre eux sous la forme d’entrevue généralement tenue dans la bonne entente. Par la suite, entrent en jeu les deux critiques invités qui émettent leurs opinions sur l’oeuvre de l’auteur qui, rappelons-le, assiste tant bien que mal aux propos des critiques.

Or là où le bât blesse, c’est lorsque les « critiqueux » attaquent un aspect du scénario du film ou d’un passage du livre soumis à la critique après qu’ils eurent encensé comme il se doit l’ensemble de l’oeuvre. À ce moment-là, les flèches qu’on pourrait qualifier d’empoisonnées, fusent en direction de l’auteur qui n’a d’autre choix que de les subir. « Moi, j’aurais aimé que tel ou tel personnage soit plus…ou moins… » [remarquer l’utilisation dominante du « moi »] , lancent sans coup férir les « critiqueux », esquissant même à l’occasion un petit sourire narquois. Après tout, il faut bien que leur présence à l’émission soit justifiée, une critique entièrement positive n’aurait tout simplement pas l’heur de satisfaire leur soif de pouvoir sur le « condamné ». Tout simplement pathétique!

vigile.quebec tribune libre 9 février 2026

Formation en enseignement à rabais

9 février 2026

Le baccalauréat conduisant à l’obtention d’un permis permanent d’enseigner au primaire et au secondaire exige trois années universitaires, soit 90 crédits. Or devant la pénurie de main d’oeuvre chez les enseignants, le ministère de l’Éducation (MEQ) a écourté cette autorisation d’enseigner à une année, soit 30 crédits, une solution qui, à mon avis, comporte de nombreux désavantages.

Enseigner est un art qui nécessite l’apprentissage de notions élémentaires visant la communication de connaissances à des jeunes. C’est ce qu’il est convenu d’appeler la didactique, laquelle doit être nécessairement accompagnée de stages sous la gouverne d’un enseignant qualifié. De toute évidence, cet outil indispensable à la formation des maîtres sera amputé de la formation à rabais des futurs enseignants.

En corollaire, ce sont les enseignants qualifiés, déjà submergés par la lourdeur de leur tâche due à la croissance d’élèves à besoins particuliers pour qui le personnel spécialisé est en pénurie qui écoperont de facto des carences des enseignants soumis au nouveau programme de formation écourté.

C’est sans compter la connaissance approfondie de la matière enseignée qui ne peut que souffrir du laps de temps très court dédié à son contenu pédagogique, un effet négatif direct sur la qualité de la formation des jeunes dans leur curriculum.

Enfin, cette formation atrophiée, destinée au départ à combler rapidement la pénurie de personnel enseignant à moyen terme, risque d’avoir pour effet d’aggraver la situation sur la qualité de l’enseignement auprès des élèves et la surcharge des enseignants appelés à dépanner les nouveaux venus, un scénario qui risque de dégénérer en départs précipités des enseignants plus anciens. Somme toute, à vouloir tenter de résoudre un problème en en déplaçant les difficultés, le MEQ n’aura que déshabiller Pierre pour habiller Paul.

vigile.quebec tribune libre 9 février 2026


 

À l’école des parents

8 février 2026

L’école est malade, elle souffre du mal d’amour. Elle baigne dans un monde malsain où l’élève est pris en otage dans des infrastructures dont la charpente tombe en décrépitude, son personnel enseignant est surchargé et les parents brillent malheureusement trop souvent par leur absence.

Dans ces piètres conditions de travail, il n’est donc pas surprenant que près de la moitié des nouveaux enseignants quittent la profession après cinq ans. Alors que le nombre d’élèves éprouvant des difficultés particulières ne cessent de croître, le personnel spécialisé manque cruellement à l’appel si bien que l’enseignant peine à accomplir la tâche pour laquelle il s’est engagé, à savoir communiquer des connaissances à ses élèves.

Autre irritant de taille, le désengagement de plusieurs parents eu égard au suivi et à une étroite collaboration qui doit s’établir entre le personnel scolaire et les parents. Une approche essentielle pour éviter que le jeune soit continuellement ballotté entre deux mondes malencontreusement distincts et fatalement contre-productifs. À cet effet, permettez-moi de vous relater un événement fort révélateur. À cette époque, j’étais directeur d’une école secondaire. Or ce matin-là, je rencontrais une mère et son garçon qui avait été impliqué dans une histoire de vente de drogue à l’école, une faute qui, selon nos règlements, conduisait à l’exclusion. Toutefois, j’avais planifié de le garder à l’école pour autant que la mère m’assure de sa collaboration. Or après lui avoir fait part de mes intentions, elle me répondit à peu près en ces termes : « Écoutez, monsieur, je préfère tirer un joint avec mon garçon le samedi soir à la maison plutôt qu’il se mette à boire de l‘alcool avec ses copains et qu’il devienne alcoolique! » Inutile de vous dire que j’ai dû renvoyer l’élève de l’école devant le manque évident de collaboration de la mère.

La communication entre le personnel scolaire et les parents représente une courroie de transmission essentielle à la formation continue du jeune particulièrement dans un monde où les médias sociaux l’envahissent de phénomènes de violence exacerbés par la somme astronomique d’heures passées devant son écran. Aussi est-il impérieux de maintenir et de favoriser le lien entre les parents et le milieu scolaire. Il en va de l’avenir des futurs adultes appelés à former la société de demain.

vigile.quebec tribune libre 8 février 2026

La boîte de Pandore

8 février 2026

Depuis l’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2018, le projet de troisième lien entre Québec et Lévis a fait les manchettes à moult occasions, ballotté entre sa réalisation, et son report, son abandon et sa renaissance. Entre temps, il fut soumis à plusieurs études qui entraient souvent en contradictions sur la pertinence d’un tel projet Les consultations populaires sur le troisième lien se sont multipliées sans faire ressortir une prédominance marquée en sa faveur ou en son désaccord. Les avis sur le tracé à l’est ou à l’ouest font encore débat. Enfin les dernières projections de coût du troisième lien sont évaluées entre 7 milliards$ et 11 milliards$.

Or huit ans plus tard, en pleine campagne à la direction de la CAQ, alors que le ministre des Transports, Jonatan Julien, se dit prêt à aller en soumission, il doit reporter son échéancier, la candidate Christine Fréchette arguant qu’elle doit encore réfléchir et consulter avant de se prononcer sur le dossier.

Sept mois avant les élections du 5 octobre 2026, le gouvernement se retrouve dans l’eau trouble. Le projet de troisième lien est devenu une véritable boîte de Pandore au sein du cocus caquiste, la solidarité ministérielle tant défendue par le premier ministre démissionnaire, François Legault, s’effritant à tous les jours. La tension est palpable sur les avis contradictoires des ministres qui ne se gênent plus pour se prononcer ouvertement sur le troisième lien.

De plus en plus, un sentiment de profonde lassitude s’empare de la population de la grande région de Chaudiêre-Appalaches qui en est venue à remettre en question la réalisation du troisième lien, sinon à ne plus y croire d’autant plus que la fourchette de plusieurs milliards de dollars pour sa réalisation a atteint des sommes pharaoniques.

En somme, même si Christine Fréchette donnait son aval à la construction du troisième lien, le court laps de temps pour entériner les signatures des contrats de prise en charge du projet jouera nettement en défaveur des débuts de construction. En revanche, le troisième lien s’invitera sûrement dans les débats de la campagne électorale. Conséquemment, je suis plutôt d’avis que le prochain gouvernement héritera de ce dossier chaud, voire brûlant, dès son arrivée au pouvoir.

vigile.quebec tribune libre 7 février 2026

Une lutte à finir entre Fréchette et Drainville

6 février 2026

La course à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ) vient à peine de débuter que déjà les couteaux volent bas. De son côté, Bernard Drainville s’attaque aux hésitations de l’ex-ministre de l’Économie dans certains dossiers notamment sur le troisième lien entre Québec et Lévis en arguant que « l’indécision est la pire des décisions », de l’autre Christine Fréchette plaide qu’il est davantage plus productif d’agir « avec rigueur plutôt qu’émotivité ».

Par ailleurs, le dossier du troisième lien traîne dans les cartons de la CAQ depuis son élection en 2018, et a suivi depuis lors toute une série de rebondissements allant de l’abandon du projet à sa renaissance en passant par sa mise sur pause temporaire. Les coûts de construction sont estimés entre 7 et 11 milliards $, et l’incertitude sur son emplacement règne toujours.

De ce fait, il m’apparaît plutôt curieux qu’un dossier qui circule sur la table du caucus d’un parti depuis si longtemps et qui a été soumis à de multiples consultations puissent encore susciter des hésitations et que, de surcroît, Christine Fréchette puisse soulever l’émotivité de Bernard Drainville et qu’elle-même, ayant siégé au caucus pendant plusieurs années, demande à réfléchir encore avant de prendre une décision. En contrepartie, on ne peut nier que Bernard Drainville saute parfois les plombs dans ses déclarations intempestives, son désormais célèbre « lâchez-moi avec les GES » en faisant foi.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la course à la chefferie de la CAQ est partie sur les chapeaux de roue et chacun des candidats n’a pas l’intention de s’en laisser imposer. Les stratégies des deux candidats semblent prendre place dès le début du combat, Mme Fréchette misant sur l’émotivité de son adversaire, M, Drainville, sur la valse-hésitation de son opposante. En somme, nous assistons au début d’une lutte à finir entre les deux concurrents, un affrontement coriace qui risque de semer des séquelles à l’égard de l’unité du parti qui, de toute évidence, a grandement besoin de se serrer les coudes si l’on se fie aux résultats faméliques du dernier sondage.

vigile.quebec tribune libre 5 février 2026

La souveraineté confrontée à l’instabilité économique

5 février 2026

Lors des référendums de 1980 et de 1995, les menaces perverses des libéraux fédéraux et provinciaux selon lesquelles notamment les Québécois perdraient leurs pensions de vieillesse ou leur passeport si le Oui l’emportait a eu l’heur de créer un sentiment de panique auprès d’un grand nombre de citoyens. Or en 2026, le contexte géopolitique a considérablement changé, les lubies de Donald Trump sur ses velléités expansionnistes d’annexer le Canada comme 51e État des États-unis s’érigeant en menace bien concrète.

De ce fait, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), se retrouve confronté à deux scénarios contraignants eu égard à son projet de souveraineté du Québec, soit les effets économiques désastreux des mesures tarifaires du président américain d’une part, et la confiance de près de 50% des Québécois envers le premier ministre canadien Mark Carney pour y faire face d’autre part.

Le fardeau de la preuve sur la viabilité de l’indépendance du Québec dans un contexte aussi troublant, voire explosif, est entre les mains de PSPP. Toutefois il devra d’abord prendre le pouvoir lors des élections du 5 octobre avec un gouvernement majoritaire dans le meilleur des scénarios s’il désire éviter les écueils d’un gouvernement minoritaire notamment la chute de son gouvernement et le déclenchement d’élections précipitées.

De leur côté, les élus fédéralistes, à Ottawa comme à Québec, répètent ad nauseam que l’heure «n’est pas à la division au Canada, mais à l’unité», un argumentaire ayant pour effet entre autres de semer la peur chez l’électorat québécois, et qui rappelle les élans oratoires des Trudeau père et Chrétien en ‘80 et ‘95. Or cette fois-ci, la terrorisante peur, en sus de l’intérêt de protéger l’unité canadienne, a un nouveau joueur, l’imprévisible Trump.

Le pourcentage d’intentions de vote en faveur de la souveraineté oscille depuis quelques années entre 30% et 35%. De toute évidence, le chemin vers le statut de pays du Québec s’annonce long et ardu. Le 23 janvier, PSPP a présenté le quatrième chapitre du Livre bleu, soit celui traitant de la question de la citoyenneté dans un Québec indépendant dont les contours se dessinent peu à peu au fur et à mesure que les chapitres défilent sous nos yeux. Toutefois PSPP devra aller au-delà du programme et rencontrer les Québécois sur le terrain pour répondre de vive voix à leurs inquiétudes et leurs craintes. Une troisième défaite référendaire serait catastrophique et sans appel

vigile.quebec tribune libre 4 février 2026…