Une question humanitaire

13 septembre 2015

Dans son plaidoyer sur la priorité accordée à la sécurité nationale, Stephen Harper donne l’impression qu’il y a un choix à faire entre l’accueil des réfugiés et la lutte contre l’État islamique. Un choix, à mon sens, insensé, considérant l’importance des deux sujets.

Par ailleurs, là où le bât blesse avec acuité, réside dans un rapport d'un comité spécial du Congrès américain, paru entre 2004 et 2011, qui fait ressortir que les sociétés d'armement canadiennes ont vendu 8,29 milliards $ en armes aux pays en voie de développement, occupant le 9e rang mondial de ce marché. Qui plus est, comme membre de la Coalition contre l'État islamique, le Canada est un allié du régime dictatorial de Bachar el-Assad … Avouons qu’il y a de quoi s’interroger sur le « bien-fondé » de l’importance de la sécurité nationale tant clamée par Stephen Harper!

En termes clairs, M Harper, cessez ce petit jeu mesquin en tentant de vous justifier sur la sempiternelle sécurité nationale et agissez de façon responsable en ouvrant les portes du Canada aux réfugiés syriens…C’est une simple question humanitaire à laquelle le Canada ne peut se dérober! 

quebechebdo 12 septembre 2015
 

Stratégie, vous dites?

11 septembre 2015

J’ai bien apprécié l’image du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, à propos du vote stratégique lors de son entrevue avec Anne-Marie Dussault à l’émission 24h en 60 min du 10 septembre 2015. Il a pris l’exemple d’un match de football au cours duquel il ne viendrait pas à l’idée d’un quart arrière de remettre le ballon à un joueur adverse, sachant très bien qu’il s’empressera de remonter le terrain en sens opposé.

Conséquemment, il n’existe aucune autre opportunité que de remettre le ballon à un joueur de son équipe s’il désire avancer dans la bonne direction et marquer des points qui lui permettront de défendre les intérêts du Québec à Ottawa…À vous maintenant de déterminer à qui vous allez remettre le ballon le 19 octobre!

quebechebdo 11 septembre 2015

Le plus beau métier du monde!

10 septembre 2015

Tout au cours de ma carrière dans l’enseignement et après ma retraite, j’ai toujours affirmé que j’avais exercé le plus beau métier du monde. Et, j’en ai pour preuve la chaleur du contact permanent que j’ai pu conserver avec les jeunes pendant ces quelque 32 années que j’ai eu la chance de les côtoyer.

Et oui, vous avez bien lu, que j’ai eu « la chance » de les côtoyer et ce, malgré les commentaires souvent négatifs que j’ai pu entendre à propos des jeunes d’âge scolaire de niveau secondaire. Quand j’entendais certains parents me demander si les jeunes d’aujourd’hui étaient différents de ceux des années soixante, je leur répondais qu’ils n’avaient pas changé mais que c’était la société qui avait changé, une société bousculée par les soubresauts de la vie moderne.

Par ailleurs, les temps sont durs pour les enseignants en cette période où les gouvernements ne cessent de couper dans les budgets de l’éducation tout en augmentant de façon abusive leur tâche. J’éprouve une profonde admiration pour les enseignants qui persistent à garder le cap sur leur profession dans un contexte aussi déprimant, et je ne peux que les encourager dans la voie de leur mission tout en ayant en tête cet extrait de Marguerite Lavoie dans son livre intitulé « À bas l’école passe-temps, vive l’apprentissage » :  « Je pense que pour enseigner efficacement dans le sens le plus englobant du terme, il faut d’abord être heureux, ce qui se devine par la sérénité, l’aménité et la congruence.  Ce sont les étudiantes et le étudiants eux-mêmes qui définissent la bonne ou le bon professeur : celle ou celui qui ne se prend pas pour un autre, qui est capable de rire de nos farces et qui sait nous comprendre. »

En terminant, je vous laisse, chers enseignants, sur cette courte réflexion que j’ai écrite lors d’un passage de quelques jours à l’Arche de Jean Vanier, à la suite d’une conversation avec un jeune handicapé gravement atteint du cancer :
Louis me regarde …
-Ça ne va pas?
Il me fixe profondément…
-Tu as mal?
Il devient triste.
-Je puis faire quelque chose?
Il me fait signe d’approcher.
-Dans trois mois, je ne serai plus!…En attendant, aime-moi!

quebechebdo 10 septembre 2015

 

Cours de souveraineté 101

10 septembre 2015

Pierre Karl Péladeau vise un objectif ultime précis, à savoir l’indépendance du Québec et, pour y parvenir, il se doit de prendre le pouvoir au prochain scrutin de 2018. Toutefois, en attendant, après avoir mis sur pied son Institut de recherche appliquée sur la souveraineté, il lance maintenant une école de formation permanente des militants. La stratégie est claire et pragmatique.

Aux yeux de PKP, il est temps de mettre fin aux campagnes de peur telles que vécues par la base militante lors des deux référendums, voire même lors des dernières élections de 2014, et je demeure convaincu qu’une telle formation ne pourra que faciliter la réplique aux tenants du fédéralisme.

L’école, dans son sens large, se définit comme un terreau propice à l’apprentissage. Par ailleurs, il m’apparaît que les partisans de l’indépendance ont souvent manqué d’arguments pour riposter à leurs adversaires. En conséquence, j’applaudis à l’initiative de PKP qui est en train d’ériger une armée solide, capable de fourbir les armes devant les adeptes sans scrupule de la peur… En bref, c’est peut-être un peu ça faire de la politique autrement!

quebechebdo 10 septembre 2015
 

Un engagement timide du PQ?

9 septembre 2015

À son entrée en poste à titre de leader parlementaire du Parti québécois, Bernard Drainville propose une « clause d’appauvrissement zéro » pour les salariés de l’État dans le conflit qui oppose les syndicats des secteurs parapublic et public contre le gouvernement Couillard.

Rappelons qu’actuellement, le gouvernement offre aux employés de l'État un gel salarial les deux premières années de leur prochain contrat de travail et des hausses de 1 % annuellement les trois années suivantes, alors que les syndicats exigent 4,5 % d'augmentation par an pendant trois ans…Un écart, disons-le, plutôt énorme.

Toutefois, en avançant comme base de départ de la négociation le gel des salaires au taux d’inflation, à savoir la « clause d’appauvrissement zéro», Bernard Drainville franchit un pas bien timide dans le conflit, et laisse bien peu de marge de manœuvre aux syndicats pour négocier efficacement avec le gouvernement.

Je peux comprendre que les demandes syndicales souffrent de réalisme mais il n’en demeure pas moins que M. Drainville, de son côté, donne l’impression de jouer un peu sur la corde partisane en voulant se montrer « plus catholique que le pape », une démarche qui ne peut qu’ajouter des munitions dans la mitraillette libérale.

quebechebdo 9 septembre 2015

Un humour décadent

8 septembre 2015

Parmi les commentaires recueillis du père Benoît Lacroix à l’occasion de ses cent ans, sans doute que le souhait qu’il formule à l’endroit du Québec, à savoir « qu’il devienne de plus en plus francophone dans sa langue et universel dans sa culture », représente une partie fondamentale de son  legs envers la société québécoise.

Toutefois, parlant de culture, le centenaire se montre dur envers les humoristes d’aujourd’hui qu’il accuse de véhiculer « un recul du français autour du rire ». Un rire qu’il qualifie de « court-circuit au point de vue culturel. »

Sans vouloir intégrer tous les humoristes dans cette catégorie, force nous est de constater que plusieurs d’entre eux utilisent un vocabulaire pour le moins vulgaire. Comme si, pour être drôle, l’humoriste doive entrer dans la chambre à coucher des spectateurs, tout en multipliant les jurons à outrance. Bref, un humour facile qui demeure à un niveau primaire, sans plus.

quebechebdo 8 septembre 2015
Le Journal de Québec 13 septembre 2015

Les deux revers de la médaille

7 septembre 2015

En pleine campagne électorale, l’exil des réfugiés syriens attirent la sympathie des chefs de partis, notre premier ministre ayant même versé une larme à la vue de l’enfant de trois ans, étendu mort sur les rives. Depuis lors, les promesses d’accueil de Mm Mulcair et Trudeau fusent de toutes parts, si bien que nous sommes en droit de nous demander si ces « engagements » ne tiennent pas de l’utopie.

Quoique sensible au drame que vivent ces migrants et en faveur de la juste contribution que devraient « se répartir » les pays occidentaux en les accueillant à l’intérieur de leurs frontières, il m’apparaît évident que chaque terre d’accueil comporte ses limites, sans compter les risques d’accueillir certains intégristes parmi ces migrants.

Comme le disaient les Romains, « in medio stat virtus » (la vertu se tient au milieu). Encore faut-il que la balance ne penche pas que d’un côté comme nous la présente Stephen Harper en mettant tous ses poids du côté de la poursuite de l’intervention militaire contre le groupe État islamique…tout en déposant avec parcimonie de minuscules poids de l’autre côté. Avouons que nous sommes bien loin de l’équilibre!

quebechebdo 7 septembre 2015
vigile.nert tribune libre 8 septembre 2015
Le Journal de Québec 8 septembre 2015
 

La photo de la honte et…de l’espoir

6 septembre 2015

Personne ne peut demeurer insensible à la photo d’un bambin de trois ans mort noyé, étendu face contre terre sur la rive, emporté par les vagues…Une photo qui a fait le tour du monde et qui est venue nous rappeler le drame humanitaire que vivent des millions de migrants qui tentent désespérément de fuir leur pays.

Pourtant, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, quoique ayant démontré une certaine sympathie dans ses propos envers les migrants, persistent à poursuivre sa politique militaire contre l’État islamique, alléguant qu’il faut travailler en amont du problème. Soit!

Et puis après? Pourquoi ne pas mettre « aussi » des énergies à accueillir ces migrants dont le seul espoir est de trouver une terre qui leur sera salutaire au lieu de maintenir une bureaucratie hermétique dont ont été victimes Aylan Kurdi, son jeune frère et leur mère? En réalité, pourquoi le gouvernement Harper ne travaille-t-il pas à prévenir et à accueillir avec autant d’énergie?

Le premier ministre Harper s’est engagé en janvier à accueillir 10 000 réfugiés. Huit mois plus tard, seulement 1002 réfugiés étaient installés au Canada. En campagne électorale, il a annoncé que le Canada prendrait en charge 10 000 nouveaux réfugiés venus de Syrie… d’ici quatre ans…Un délai interminable pour ces Syriens qui souffrent quotidiennement depuis des années et auquel il faut mettre fin illico. C’est une question humanitaire à laquelle le Canada, terre d’accueil, ne peut échapper!

quebechebdo 4 septembre 2015
vigile.net tribune libre 8 septembre 2015 "La photo de la honte"
 

Le patient au centre des soins palliatifs

3 septembre 2015

D’entrée de jeu, je dois reconnaître le professionnalisme de l’équipe qui a entouré Mme Véronique Hivon dans l’élaboration du document qui a conduit à la promulgation de la Loi sur l’aide médicale à mourir, un dossier délicat s’il en est un.

Par ailleurs, des voix se lèvent actuellement contre l’application intégrale de cette Loi, à savoir les maisons de soins palliatifs qui défendent le fait que l’euthanasie n’entre pas dans leur mandat. À cet effet, je crois important de vous référer à l’objectif des soins palliatifs tel que défini dans Wikipédia : « L’objectif des soins palliatifs est de prévenir et de soulager les douleurs physiques et tout autre symptôme inconfortable, mais aussi de prendre en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle par une prise en charge pluridisciplinaire dans le respect de la personne humaine. »

Un « respect de la personne humaine » qui incarne un volet essentiel de l’aide médicale à mourir, à savoir que la Loi place le patient au centre des choix qui s’offrent à lui. Et, parmi ces choix, les soins palliatifs représentent une alternative qui répond aux velléités du patient qui décide « délibérément » de venir passer ses derniers jours dans une maison de soins palliatifs.

Si, comme le souligne le Dr Barrette, le patient doit demeurer au centre des préoccupations des intervenants, la société doit demeurer respectueuse de ses choix et laisser la philosophie des soins palliatifs continuer d’exister dans sa forme actuelle…C’est une question de liberté de choix fondamentale dans une société démocratique, a fortiori lorsque la fin de vie d’un être humain en dépend.

quebechebdo 3 septembre 2015

Les enfants sont-ils pris en otages?

2 septembre 2015

Dans le conflit qui oppose actuellement le collectif « Je protège mon école publique » (JPMEP) au ministre de l’Éducation, François Blais, relativement aux coupures imposées par le ministre dans les services aux élèves, une question risque de porter ombrage aux manifestations organisées par JPMEP, à savoir la participation des enfants à ces manifestations.

À mes yeux, le dilemme se situe au niveau de la pertinence ou non d’impliquer les enfants dans les revendications des intervenants en éducation, y compris les parents. À cet effet, nous connaissons déjà la position du ministre : « Les enfants ne devraient pas être mêlés à la politique. […] Ce qui me déçoit, c’est l’utilisation des enfants pour tirer des slogans qu’ils ne comprennent pas, pour reproduire des demi-vérités qu’ils ne peuvent comprendre. » Soit !

De son côté, Pascale Grignon, porte-parole de JPMEP, y va avec une toute autre version : « Les enfants étaient contents de voir que leurs parents font tout ce qui est en leur pouvoir pour les aider. Le mouvement dérange à Québec, et le ministre attaque là où il peut pour s’en prendre au mouvement. »

Somme toute, les enfants sont-ils pris en otages dans une guerre qui devrait se dérouler entre adultes ? Ou font-ils partie de l’infanterie [mot dérivé du latin « infante » signifiant « enfant »] ? À mon sens, la réponse appartient à chacun des parents touchés par ses revendications, chacun d’eux étant le premier responsable de son enfant.

quebechebdo 2 septembre 2015