Le plus beau métier du monde!
Tout au cours de ma carrière dans l’enseignement et après ma retraite, j’ai toujours affirmé que j’avais exercé le plus beau métier du monde. Et, j’en ai pour preuve la chaleur du contact permanent que j’ai pu conserver avec les jeunes pendant ces quelque 32 années que j’ai eu la chance de les côtoyer.
Et oui, vous avez bien lu, que j’ai eu « la chance » de les côtoyer et ce, malgré les commentaires souvent négatifs que j’ai pu entendre à propos des jeunes d’âge scolaire de niveau secondaire. Quand j’entendais certains parents me demander si les jeunes d’aujourd’hui étaient différents de ceux des années soixante, je leur répondais qu’ils n’avaient pas changé mais que c’était la société qui avait changé, une société bousculée par les soubresauts de la vie moderne.
Par ailleurs, les temps sont durs pour les enseignants en cette période où les gouvernements ne cessent de couper dans les budgets de l’éducation tout en augmentant de façon abusive leur tâche. J’éprouve une profonde admiration pour les enseignants qui persistent à garder le cap sur leur profession dans un contexte aussi déprimant, et je ne peux que les encourager dans la voie de leur mission tout en ayant en tête cet extrait de Marguerite Lavoie dans son livre intitulé « À bas l’école passe-temps, vive l’apprentissage » : « Je pense que pour enseigner efficacement dans le sens le plus englobant du terme, il faut d’abord être heureux, ce qui se devine par la sérénité, l’aménité et la congruence. Ce sont les étudiantes et le étudiants eux-mêmes qui définissent la bonne ou le bon professeur : celle ou celui qui ne se prend pas pour un autre, qui est capable de rire de nos farces et qui sait nous comprendre. »
En terminant, je vous laisse, chers enseignants, sur cette courte réflexion que j’ai écrite lors d’un passage de quelques jours à l’Arche de Jean Vanier, à la suite d’une conversation avec un jeune handicapé gravement atteint du cancer :
Louis me regarde …
-Ça ne va pas?
Il me fixe profondément…
-Tu as mal?
Il devient triste.
-Je puis faire quelque chose?
Il me fait signe d’approcher.
-Dans trois mois, je ne serai plus!…En attendant, aime-moi!
quebechebdo 10 septembre 2015
Henri Marineau

