Un peu de retenue, Mme Jean!

2 avril 2016

Dans un contexte où la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, procède à une grande réorganisation interne de l’OIF, et qu’il «est exigé du personnel de l’Organisation de continuer à serrer la ceinture et, d’une façon générale, à l’Organisation de réduire ses charges de fonctionnement», on apprend, via le journal français L’Opinion, que Mme Jean a fait entériner les dépenses de l’achat d’un piano à queue de quelque 20 000 $, sous prétexte que « la résidence se doit d’être équipée adéquatement, notamment d’un piano pour mettre en valeur les talents de la francophonie lors de certaines réceptions ».

Or, selon une source de l’OIF qui désire garder l’anonymat, « les dépenses pour l’aménagement et l’équipement de la nouvelle résidence de la secrétaire générale ont été faites sans une allocation budgétaire préalable [...] et certaines grosses dépenses ont été réglées directement par des membres de la famille de la secrétaire générale, puis soumises à régularisation, à savoir au remboursement sur factures ». Cette même source affirme que certains équipements, dont le piano, ont été achetés « manifestement pour un usage privé alors que les textes de l’Organisation n’autorisent pas de tels engagements ».

Michaëlle Jean semble faire preuve d’une certaine mégalomanie outrancière lorsqu’elle justifie l’achat d’un piano à queue pour « mettre en valeur les talents de la francophonie lors de certaines réceptions » Comme argument, disons que c’est plutôt « tiré par les cheveux »…Un peu de retenue, Mme Jean, serait de mise!

quebechebdo 2 avril 2016
 

Où est passé le Québec inc?

1 avril 2016

Après Provigo, Le Cirque du Soleil, Rona…c’est maintenant au tour des Rôtisseries Saint-Hubert de s’envoler vers d’autres cieux ! Une liste qui s’allonge de façon inquiétante et qui doit nous interroger, en tant que Québécois, sur notre sentiment d’appartenance face à nos entreprises patrimoniales.

On a comme l’impression d’assister à un dépouillement collectif qui entraine avec lui nos « fiers fleurons » qui devront se réduire à vivre dans une « économie de succursales ». Mais, où est donc passé le Québec inc ? Où est passé la fierté de nos entrepreneurs de faire partie de l’élite économique québécoise ? Le Québec est-il irrémédiablement entrainé dans le processus de dépossession au profit de la loi du plus fort ? Le Québec est-il à vendre aux plus offrants ? Notre gouvernement se montre-t-il assez préoccupé par les exils de nos entreprises ?

Toutes des questions auxquelles il faut sans délai apporter des réponses, à défaut de quoi le Québec s’apprête à vivre le pire recul économique depuis la fin des années ’50 !

quebechebdo 1er avril 2016
 

Quel zoo!

1 avril 2016

Le 31 mars 2006, le Jardin zoologique de Québec cessait ses activités. Depuis lors, tous les projets qui ont été présentés à la Sépaq ont reçu une fin de non-recevoir sans équivoque. Pendant ce temps-là, ce sont 26 hectares de boisé [soit quelque 2 808 000 pieds carrés] qui dorment sous le ciel de Québec.

Entretemps, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale et député de Charlesbourg, François Blais, jongle avec toutes sortes d’hypothèses sans s’arrêter sur un projet acceptable. Et, même si M. Blais se montre positif quant à la réouverture prochaine de l’ancien zoo, les astres ne semblent pas s’aligner pour une telle éventualité.

Verrons-nous apparaître des sentiers, un parc ? Pour l’instant, l’heure est encore à la consultation, et, comme il fallait s’y attendre de ce gouvernement de « gratte cenne », les coûts devront être « raisonnables ». Pourtant, à cet effet, je retiens l’intervention fort à propos du député de la CAQ, Éric Caire, qui faisait remarquer récemment qu’au moment de la fermeture du zoo de Québec, Philippe Couillard était ministre responsable de la Capitale-Nationale alors que le même Philippe Couillard, maintenant ministre responsable du la région du Lac-Saint-Jean, vient d’octroyer 26 millions $ au zoo de Saint-Félicien…Quel zoo !

quebechebdo 1er avril 2016
 

Rendez-vous fatal avec le destin

30 mars 2016

Le drame fatidique survenu aux Îles-de-la-Madeleine fauchant la vie du chroniqueur politique Jean Lapierre et quatre membres de sa famille ne peut que nous ramener fatalement à la chanson de Luc De Larochellière « Si fragile » dont voici les deux premiers vers : « On ne choisit pas toujours la route Ni même le moment du départ ».  Pour Jean Lapierre, le destin a choisi la route de sa terre natale au même moment où il allait aider sa mère à vivre le deuil récent de son mari.

Parmi les innombrables commentaires qui affluent depuis cette terrible catastrophe qui est venue décimer froidement toute une famille, je retiens de Jean Lapierre son authenticité viscérale qui faisait de lui un personnage public à la fois populaire et populiste, une qualité qui lui permettait de dire les vraies choses peu importe le parti politique qu’il visait dans ses observations dénuées de toute basse partisanerie.

Jean Lapierre était un de ses personnages plus grands que nature qui avait placé la communication avec les gens au centre de ses priorités, ce qui lui conférait ce que j’appellerais cette « belle naïveté » qui lui permettait d’atteindre un haut degré de crédibilité dans ses propos auprès de ses auditeurs.

À 59 ans, son rendez-vous fatal avec le destin fait partie des drames inexplicables…Puisse son souvenir nous rappeler tout au moins que l’authenticité demeure la pierre angulaire sur laquelle reposent la grandeur et la prestance d’un personnage public !

quebehebdo 30 mars 2016
vigile.net tribune libre 31 mars 2016
 

Sauver la chèvre et le chou

30 mars 2016

Le contrat de vente d'équipements blindés à l'Arabie saoudite par le gouvernement du Canada continue de susciter des critiques acerbes de la part de nombreux observateurs. De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, tente désespérément d’apporter des arguments à la défense d’une telle entente fort controversée, compte tenu du bilan catastrophique de l’Arabie saoudite en matière de droits de la personne.

Parmi les arguments « manipulateurs » de Stéphane Dion pour le maintien de ce contrat figurent, entre autres, le fait d’honorer un marché conclu par le gouvernement précédent et de ne pas nuire à la crédibilité de la signature du gouvernement du Canada. Une farce monumentale qui cache à mots couverts les retombées d’un lucratif contrat de 15 G $.

Toutefois, là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est lorsque le ministre des Affaires étrangères déclare le plus sérieusement du monde que le Canada allait continuer de faire avancer les droits de la personne en Arabie saoudite comme ailleurs, malgré ce contrat d’équipement militaire…C’est ce que j’appelle vouloir sauver la chèvre et le chou, M. Dion !

quebechebdo 30 mars 2016
 

De l’espoir à la frustration

29 mars 2016

Alors qu’il y a quelques jours à peine, les rumeurs parlant d’un déménagement des Hurricanes de la Caroline à Québec allaient bon train, l'adjoint au commissaire de la Ligue nationale de hockey (LNH) Bill Daly vient jeter de l’eau sur le feu en déclarant qu’« il n'y a aucune chance que les Hurricanes déménagent à Québec ».

Un véritable jeu de « colin-maillard » dans lequel les amateurs de hockey de la Capitale nationale sont littéralement ballottés entre l’espoir et la frustration. Je ne connais pas toutes les tergiversations qui règnent dans les couloirs et les bureaux des dirigeants de la LNH, mais une chose est certaine, Mm Bettman et Daly semblent prendre un malin plaisir à entretenir le suspense au sujet d’un éventuel retour des Nordiques à Québec.

Quoi qu’il en soit, si on se fie au fait que la veille du retour des Jets à Winnipeg, Gary Bettman niait toujours que l’équipe des Trashers d’Atlanta déménagerait à Winnipeg, les amateurs de Québec peuvent toujours garder espoir…pendant que les grands manitous de la LNH s’amusent à entretenir des feux de boucane !

quebechebdo 29 mars 2016
 

Briser la solitude

28 mars 2016

Des activités comme le brunch de Pâques organisé par Les Petits Frères viennent nous rappeler à quel point ces rassemblements génèrent une source de bonheur incommensurable dans le cœur des personnes âgées qui vivent dans l’isolement au Québec.

À cet effet, les statistiques sont troublantes :  sur les 600 000 personnes de 75 ans et plus au Québec, 44 % des personnes âgées de 75 à 84 ans demeurent seules, une statistique qui grimpe à 68 % chez les personnes âgées de 85 ans, et 19 % des aînés manquent de contacts sociaux et se sentent délaissés ou isolés. Ce qui fait dire à Caroline Sauriol, la directrice de l’organisme Les Petits Frères, que « les 1200 qu’on reçoit un peu partout aujourd’hui, ce n’est que la pointe de l’iceberg ».

Toutefois, au-delà de ces manifestations de grande générosité envers nos aînés, il ne faudrait surtout pas oublier que chacun d’entre nous est imbu d’une responsabilité envers les personnes âgées de nos familles respectives. Occupés que nous sommes dans notre monde en perpétuel mouvement, il nous incombe de prendre occasionnellement un temps d’arrêt pour briser la solitude de ceux et celles qui nous ont donné la vie et leur temps pour nous aider à devenir les adultes que nous sommes aujourd’hui…

Une petite visite pour leur témoigner notre reconnaissance m’apparaît un juste retour d’ascenseur !

quebechebdo 28 mars 2016
cyberpresse.ca 29 mars 2016 "La solitude des aÎnés"
Le Soleil 29 mars 2016 "La solitude des aînés" 
 

Badawi, à vous d’agir M. Trudeau

27 mars 2016

En juin 2016, Raïf Badawi, condamné à dix ans de prison et à 1000 coups de fouet pour avoir critiqué des dirigeants religieux saoudiens, en sera à sa quatrième année d’emprisonnement et cela, malgré des campagnes de sensibilisation actives de la section francophone d’Amnistie internationale Canada.

Or, il semble que son « statut soit maintenu » malgré une information du secrétaire d’État suisse aux Affaires étrangères, Yves Rossier, qui avait affirmé en novembre 2015 qu’une « procédure de grâce » avait été lancée concernant M. Badawi. Depuis lors, aucune nouvelle.

Toutefois, il semble que le nouveau ministre des Affaires étrangères du Canada, Stéphane Dion, aient ouvert les canaux de communication avec Amnistie internationale, ce qui représente déjà un progrès par rapport à l’administration Harper. Néanmoins, je suis d’avis que l’intervention du premier ministre Trudeau pourrait faire avancer les négociations liées à la libération de Raïf Badawi…Alors, M. Trudeau, il est temps d’agir en fonction de vos convictions souvent affirmées envers les droits et libertés de la personne !

quebechebdo 27 mars 2016
Le Journal de Québec 28 mars 2016
vigile.net tribune libre 29 mars 2016

Le mythe des coalitions

26 mars 2016

Le dernier sondage Léger/Le Journal/Le Devoir nous révèle qu’une coalition entre le Parti québécois et Québec solidaire ou entre le PQ et la Coalition avenir Québec délogerait le PLQ du pouvoir avec des intentions de vote de quelque 40 %.

Des hypothèses que je qualifierais de farfelues considérant que ces coalitions utopistes ont autant de chances de se réaliser qu’une tempête « hivernale » en juillet. Les raisons sont évidentes : d’une part, QS incarne un parti social-démocrate, une succursale provinciale du NPD, dont un des leaders, Amir Khadir, a déclaré en 2012 :  « L'indépendance si nécessaire mais pas nécessairement l'indépendance ». D’autre part, en créant la CAQ, François Legault s’est carrément dissocié de l’option indépendantiste qu’il a reléguée aux calendes grecques et a priorisé la couleur nationaliste de son parti.

En termes clairs, ces jongleries avec des hypothèses essentiellement irréalistes peuvent bien amuser certains rêveurs mais elles demeurent, à mes yeux, des cabrioles fantaisistes qui n’ont d’autres effets que d’entretenir le mythe des coalitions comme solution de rechange au fait que les deux tiers des Québécois se montrent insatisfaits du gouvernement libéral en place selon le même sondage.

quebechebdo 26 mars 2016

Une question de crédibilité

25 mars 2016

L’acquittement de Jian Ghomeshi soulève toute la question de la crédibilité des plaignantes dont le témoignage, de toute évidence, n’a pas réussi à convaincre le juge de la culpabilité hors de tout doute raisonnable de Gomeshi.

Dans son jugement, le juge William Horkins, de la Cour de l'Ontario, n’est pas tendre envers les trois plaignantes, les accusant de s’être montrées manipulatrices et d’avoir caché de l’information pertinente au sujet des contacts qu'elles avaient eus avec l'accusé après les présumées agressions.

Toutefois, au-delà de ce jugement d’acquittement envers l'ancien animateur de la radio anglaise de Radio-Canada, il ne faudrait surtout pas que le cas Ghomeshi serve d’exemple pour les causes d’agressions sexuelles à venir. Si tel était le cas, les dénonciations de violence faites aux femmes risqueraient de passer sous le radar, pour le plus grand malheur de la justice.

À mon sens, la grande leçon à retenir de ce procès réside dans le fait que les femmes qui s’aventurent dans la voie de la dénonciation se doivent d’avoir des preuves solides et hors de tout doute raisonnable. En termes clairs, tout est une question de crédibilité !

quebechebdo 25 mars 2016