Lac-Mégantic: à quand la voie de contournement?

7 juillet 2016

À n’en pas douter, le témoignage troublant du porte-parole pour la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire, M. Robert Bellefleur, démontre à quel point les citoyens de Lac-Mégantic sont demeurés craintifs et anxieux devant le transport ferroviaire de matières dangereuses qui continue de circuler sur les rails jour et nuit, à l'endroit même où est survenue la tragédie du 6 juillet 2013 qui a coûté la vie à 47 personnes.

Pourtant, une récente étude indique qu'encore aujourd'hui, 60 % de la population est toujours très affectée psychologiquement par cette tragédie qui continue d’offrir aux citoyens le spectacle désolant où la zone touchée est entourée de clôtures et fermée à la circulation.

Et, pendant ce temps, le gouvernement fédéral en est encore à tergiverser sur le scénario qui recevra son aval, à savoir enclaver la voie actuelle à l’aide de murs antibruit et protecteurs en béton dont la hauteur varierait de 3 à 5 mètres pour la rendre plus sécuritaire, ou la déplacer sur près de 12 kilomètres pour contourner le centre-ville.

Aux yeux de M. Bellefleur, «il n'a jamais été question de garder la voie ferrée au centre-ville, et ça ne peut pas être le cas. Pas après ce qu'on a vécu». Or dans le meilleur des cas, on ne prévoit pas de pouvoir commencer la construction avant 2021, soit huit interminables années après la tragédie…Un délai tout simplement révoltant qui dénote un laxisme scandaleux de la part du fédéral !

quebechebdo 7 juillet 2016
​Le Devoir 8 juillet 2016
 

Le fonds Normandeau

6 juillet 2016

La sympathie démontrée par l’initiative de citoyens impliqués dans l’Association libérale de Bonaventure qui ont mis sur pied un fonds d'aide pour Nathalie Normandeau afin que l'ex-députée de Bonaventure puisse assurer sa défense lors de son procès irrite plusieurs citoyens du comté.

En ce qui me concerne, je considère indécent qu’une telle levée de fonds soit mise sur pied pour Mme Normandeau, actuellement formellement accusée de corruption, de fraude et de complot par l’Unité permanente anti-corruption (UPAC). Des accusations lourdes de conséquences qui pèsent contre elle et qui sont devant les tribunaux.

Nonobstant la présomption d’innocence à laquelle a droit Mme Normandeau, il y a fort à parier que l’UPAC a monté un dossier « dans le béton » avant de procéder à son arrestation. Dans ces circonstances, abstraction faite de la sympathie des citoyens de l’association libérale de Bonaventure envers l’ex-députée de ce comté, je vois difficilement quels motifs ils peuvent invoquer pour contrecarrer les preuves détenues par l’UPAC.

En bref, je suis d’avis que le fonds d’aide pour Nathalie Normandeau constitue un impair regrettable et une intrusion malsaine dans le processus judiciaire en cours.  

quebechebdo 6 juillet 2016
​Le journal Métro 7 juillet 2016

Le Plan Ouellet 2018

5 juillet 2016

J’ai lu avec beaucoup d’attention et d’intérêt le Plan Ouellet 2018 de la candidate à la chefferie du Parti québécois, Martine Ouellet, et j’ai été ravi de constater toute la lucidité et la rigueur qui s’y dégagent.

Partant du principe que l’élection du PQ aux élections de 2018 enclenchera le processus d’accession du Québec à son indépendance dans un premier mandat, fixant ainsi l’échéance d’un référendum en 2022, Martine Ouellet dispose donc de six ans pour atteindre son objectif, un délai qui m’apparaît fort raisonnable.

À cet égard, compte tenu que la dernière consultation populaire s’est tenue il y a plus de 20 ans et qu’elle est parvenue à un cheveu du « oui », je considère « frileuse » la position de Jean-François Lisée qui propose la remise à un deuxième mandat la démarche référendaire, alléguant qu’on ne peut plus se permettre de perdre une autre consultation populaire sur l’indépendance du Québec. Avec un tel raisonnement, je me demande sérieusement quel sera le « signal » qui déterminera que les fameuses « conditions gagnantes » sont réunies pour amorcer enfin le processus d’accès du Québec à son statut de pays.

Je préfère d’emblée miser sur le Plan Ouellet qui « part du principe fondamental que la souveraineté du peuple québécois prime sur la souveraineté de l’État, y compris celle de l’État canadien »…Et pour ce faire, Martine Ouellet propose un plan pour une montée en puissance de l’appui à l’indépendance dès maintenant et pour la réalisation du Québec pays. Dans ces circonstances, je suis preneur !

quebechebdo 5 juillet 2016
Journal de Québec 8 juillet 2016
 

Que justice soit rendue!

4 juillet 2016

Dans un billet publié dans « Le journal » du 2 juillet sous le titre « Les derniers cathos », Mathieu Bock-Côté déplore à raison la perception négative des Québécois envers leur héritage religieux et propose une réflexion essentielle : « Mais quand on fait le portrait global du rôle de l’Église catholique dans notre histoire, peut-on n’en retenir que les pages noires? N’a-t-elle rassemblé que des abuseurs? »

Dans ce courant de pensée, j’aimerais apporter ma réflexion sur l’importance incommensurable du clergé dans les mondes de l’éducation et de la santé jusqu’au début des années ’70, période au cours de laquelle la relève dans les communautés religieuses a commencé à s’effriter.

Nonobstant les pages « noires » de certains religieux, notamment les actes de pédophilie inacceptables, on ne peut radicalement bafouer d’un coup de serviette les services remarquables de ces religieux et de ces religieuses qui se sont dévoués corps et âme pour les jeunes et les malades.

En somme, je ne peux que me rallier avec le père Martin Lagacé qui a prononcé la conférence d’ouverture du colloque auquel a assisté Bock-Côté : faire la paix avec le catholicisme, c’est faire la paix avec une part de nous-mêmes… et j’ajouterais que c’est rendre justice et honneur à tous ces valeureux pionniers de la société québécoise!

quebechebdo 4 juillet 2016
vigile.net tribune libre 4 juillet 2016
 

R.H. Bain, la « folie » comme bouclier

3 juillet 2016

De l’article d’Antoine Robitaille paru dans le Devoir du 30 juin sous le titre « Le tabou demeure », je retiens ce passage très révélateur du mutisme qui entoure le procès de Richard Henry Bain : « Si un homme — même très déséquilibré — avait tenté d’assassiner, le soir même de sa victoire, un nouveau premier ministre fédéraliste et les militants qui l’entourent en hurlant des slogans séparatistes, indépendantistes, souverainistes ou même nationalistes, gageons que les choses seraient différentes. Le débat public aurait été nourri. Des hordes de médias de tous les coins de la fédération seraient venues couvrir le procès. Il y aurait sans doute moult analyses sur l’effet potentiellement meurtrier de toute idéologie s’apparentant à du nationalisme. »

Or, comme il s’agit d’une tentative de meurtre sur la personne de Pauline Marois, un geste à mon sens politique qui transpire le terrorisme, la presse attribue à la « folie » le comportement de Bain…et tant pis pour les conséquences dramatiques qu’aurait pu avoir l’intention de Bain si son arme n’avait pas été enrayée.

En réalité, j’ai la ferme impression que la presse fédéraliste tente désespérément de
camoufler un acte de terrorisme derrière le bouclier de la folie, une supercherie à laquelle il faut échapper, tout au moins par respect pour la mort de Denis Blanchette, abattu froidement par Richard Henry Bain !

quebechebdo 1er juillet 2016

Échange de P.K. : l’équipe avant tout

30 juin 2016

L’onde de choc provoquée par l’annonce du départ de P.K. Subban pour Nashville a envahi les réseaux sociaux en l’espace de quelques minutes, la plupart des commentaires faisant ressortir la colère et la frustration de ses fans envers Marc Bergevin.

Toutefois, au fur et à mesure où la poussière s’estompait, le discours des partisans faisaient place à la raison. Un discours plus pondéré axé particulièrement sur la personnalité et le tempérament de P.K.

En effet, de l’avis de plusieurs commentateurs de la scène sportive, le co-capitaine du Tricolore avait tendance à prendre beaucoup de place dans le vestiaire à tel point qu’il manquait de ce type de leadership qui fait passer le bien de l’équipe avant son aura personnel. Et ça, c’est inacceptable, quels que soit les talents de la vedette sur la patinoire.

De l’avis de Réjean Tremblay, « les joueurs n’étaient plus capables d’endurer Subban [qui] aurait eu besoin d’une bonne dose quotidienne de Ritalin ». À mon sens, Marc Bergevin a fait ce qu’il devait faire, à savoir prioriser l’esprit d’équipe au lieu du culte de la vedette populaire dont le rayonnement n’était concentré que sur sa propre personne. 

quebechebdo 30 juin 2016
 ​cyberpresse.ca 5 juillet 2016      

Trudeau dans le flou référendaire

29 juin 2016

Pris en souricière entre la loi sur la clarté référendaire et les résultats serrés en faveur du Brexit (52 %) au Royaume-Uni, le premier ministre Justin Trudeau y est allé d’une séance de patinage artistique digne d’une « valse-hésitation » mal orchestrée.

En effet, pour justifier son refus de tracer un parallèle entre la majorité de 52 % obtenue dans le référendum de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne et celle qui devrait être exigée lors d'un référendum sur l'indépendance du Québec, la réponse nébuleuse de M. Trudeau reflète une vacuité désopilante : « Comme on le sait très bien, c'est très difficile de transférer des leçons référendaires d'une juridiction à une autre. Nous respectons l'ensemble des règles du jeu que la Grande-Bretagne a mises pour ce référendum. Et de tisser des liens ou des parallèles avec une situation au Canada, je pense que ce n'est pas particulièrement utile ».

Et voilà, tout est dit. Les parallèles entre la Grande Bretagne et le Canada, « ce n'est pas particulièrement utile ». Parlez-moi d’un argumentaire convaincant…une réponse laconique qui rappelle les réponses cavalières de son illustre père, tel le « just watch me » légendaire de PET au moment de l’instauration de la Loi sur les mesures de guerre au Québec le 16 octobre 1970!

quebechebdo 29 juin 2016
cyberpresse.ca 8 juillet 2016
 

Intégration des émigrants: une utopie

28 juin 2016

On aura beau crier sur tous les toits que le flot d’émigrants qui ont franchi les frontières du Québec depuis quelques décennies et particulièrement au cours des derniers mois apporte un atout culturel à la société québécoise et que nous devons demeurer une nation ouverte à l’émigration, la réalité démontre un échec patent en ce qui a trait à l’intégration de ces émigrants aux us et coutumes du Québec.

Que ce soit les mesures gouvernementales inappropriées à favoriser cette intégration ou le refus de ces émigrants de se conformer à notre culture en demeurant attachés à leur mode vie, le résultat est le même : leur intégration se traduit par une utopie flagrante.

En effet, combien de quartiers québécois, pour la plupart montréalais, sont majoritairement habités par des émigrants qui utilisent leur nationalité pour créer un petit monde à part, faisant carrément fi de nos coutumes et vivant dans leur groupuscule, isolé du reste du Québec?

Tant et aussi longtemps que ces émigrants ne seront pas confrontés à des normes gouvernementales strictes concernant leur intégration, nous assisterons impuissants à la formation de ces ghettos contradictoires avec toute forme d’intégration qui se veut possible, voire essentielle.

vigile.net tribune libre 28 juin 2016
​quebechebdo 28 juin 2016
 

Un « Québexit » à 50 %+1

27 juin 2016

Alors que le flou juridique de la loi canadienne sur la clarté référendaire stipule que la question posée au référendum doit être claire et le résultat du référendum doit être clair, le premier ministre Justin Trudeau s'est empressé pourtant de reconnaître la validité du choix référendaire des Britanniques de se retirer de l'Union européenne avec un résultat de 51,9 % en faveur du Brexit, attestant par le fait même que la majorité absolue du 50 %+1 est suffisante pour valider une décision référendaire.

En conséquence logique, le gouvernement fédéral devrait appliquer les mêmes principes démocratiques lorsqu'il s'agit du droit à l'autodétermination du Québec. En termes clairs, advenant un référendum sur l’indépendance du Québec confirmant la victoire du « oui »au « Québexit » avec une majorité absolue de 50 %+1, le gouvernement fédéral serait tenu de s’asseoir avec le Québec pour négocier les conditions de sécession du nouvel État québécois du Rest of Canada (ROC)

Car enfin, pourquoi ce qui est bon pour le Royaume-Uni ne le serait pas pour le Québec?… À vous de répondre M. Tudeau!

quebechebdo 27 juin 2016
​cyberpresse.ca "Points de vue" 27 juin 2016
​Le Devoir 28 juin 2016
 

Claude Jean Devirieux, la vérité comme fer de lance

26 juin 2016

Parmi les nombreux événements qu’a couverts le journaliste Claude Jean Devirieux, nul doute que ce qu’il a qualifié lui-même de « lundi de la matraque », le 24 juin 1968, fait partie des plus percutants. Et, par le fruit du hasard, c'est à quelques heures d’un 24 juin, date marquante dans sa vie de journaliste, que Claude Jean Devirieux a rendu son dernier souffle, libéré d’un long cancer envahissant, après avoir demandé l'aide médicale à mourir.

Du haut de ses 5 pieds et 2 pouces, ce « grand » reporter aura su insuffler un style direct, dénué de toutes « fioritures galantes » au risque de créer des remous chez ses patrons, telle son exclusion de l’équipe qui devait couvrir les élections fédérales de 1968, une décision qui provoqua le retrait solidaire des autres membres de l’équipe. Ce soir-là, à Radio-Canada, il n'y a pas eu de couverture de la soirée électorale à partir de Montréal.

Et pourtant, Claude Jean Devirieux ne raconte que la vérité. Devant les policiers qui chargent les manifestants, il ne mâche pas ses mots en ondes : « Et puisque l'on m'a dit de raconter ce que j'ai vu, j'ai vu des policiers perdre leur contrôle et frapper de façon sauvage », pendant que le chef du PLC, Pierre-Elliot Trudeau, demeure froid devant la grogne des manifestants.

Pour plusieurs jeunes reporters qui faisaient leurs armes, Claude Jean Devirieux aura été un mentor inestimable. Pour la presse, un journaliste pour qui la vérité incarnait son fer de lance. Chapeau à vous M. Devirieux…et mission accomplie avec droiture et professionnalisme!

quebechebdo 24 juin 2016
Le Journal de Québec 25 juin 2016