Tout simplement hilarant!

14 mai 2025

Depuis son accession dans le Bureau ovale en janvier dernier, le président américain, Donald Trump, nous a habitués à entrer dans la valse des tarifs douaniers et en ressortir de façon imprévisible. Le dernier épisode en liste concerne la guerre commerciale avec la Chine initiée, faut-il le rappeler, par le grand Orange. Le tout débute par l’imposition de tarifs de 145 % sur les importations provenant de la Chine dans un premier temps laquelle réplique aussitôt par des contre-tarifs de 125% sur les importations des USA. Puis, devant la catastrophe économique inavouée laissée dans le sillon de ces tarifs, Donald Trump recule et abaisse ses tarifs à 30 % suivi aussitôt par le président chinois, Xi Jinping, qui ramène ses contre-tarifs à 10 %, et toute cette mise en scène gravitant autour d’une trêve de 90 jours. Et voilà, le tour est joué, Donald Trump, selon ses habitudes, a semé lui-même les tarifs et récolte les honneurs de leur diminution substantielle en se montrant « bon joueur ». Tout simplement hilarant!

vigile.quebec tribune libre 13 mai 2025

Initiative pédagogique gagnante

13 mai 2025

Rares sont les occasions où notre système d’éducation fait la manchette à l’égard d’une expérience positive sur l’apprentissage des étudiants. Le secret de cette réussite? Un service de tutorat ouvert à tous et qui peut compter sur les services de tuteurs chevronnés. 

À titre d’exemple, Hugo Ducasse a terminé sa technique en Technologie de la géomatique mais il lui reste à réussir l’épreuve uniforme de français pour obtenir son diplôme. Après avoir échoué sept fois cette épreuve, il a confiance cette fois-ci d’y arriver grâce à l’encadrement de son tuteur, Mario Michaud, qui a enseigné le français dans une école secondaire pendant une trentaine d’années avant de se joindre au Centre d’aide à la réussite du Cégep Limoilou. Hugo aura bientôt terminé ses dix séances de tutorat et il fait maintenant deux fois moins de fautes de français qu’auparavant.

Un enseignement individualisé incarné par un professeur à la retraite expérimenté représente sans le moindre doute une recette gagnante. À mon avis, une telle démarche pédagogique se doit d’être étendue dans toutes les écoles secondaires et cégeps du Québec. Dans une période où la pénurie d’enseignants compétents fait rage dans les écoles du Québec et que les élèves à besoins particuliers augmentent sans cesse, les dirigeants des Centres de services scolaires du Québec doivent tout mettre en œuvre pour solliciter les enseignants retraités intéressés à se joindre à une telle expérience garante de succès pour les jeunes en difficulté qui en sont les premiers bénéficiaires.

vigile.quebec tribune libre 12 mai 2025

Le droit de grève est-il abusif au Québec?

12 mai 2025

Le Québec connaît une véritable «épidémie de grèves», représentant 91% des arrêts de travail survenus au Canada depuis 2023. L’Institut économique de Montréal (IEDM) lance un appel pressant à une intervention gouvernementale soutenue, olaidant que 87% des conflits de travail proviennent du secteur public. « Les grèves ne sont plus l’exception, elles sont devenues la règle, surtout dans le secteur public », dénonce Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques de l’IEDM.

Or le projet de loi 89, aussi appelé projet de loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock-out, vise à limiter l'impact des conflits de travail sur l'économie québécoise. Il permettrait au ministre du Travail de demander l'arbitrage si une grève ou un lock-out cause ou menace de causer un préjudice grave ou irréparable à la population. 

Dans mon jeune âge, j’entendais autour de moi des commentaires vindicatifs sur les grèves déclenchées par des syndiqués « toujours insatisfaits de leurs conditions de travail ». Dans ma tête, ils étaient considérés comme des « méchants ». Puis, plus tard, ma conception a changé devant les allusions négatives envers les employeurs « ayant tendance à exploiter les travailleurs ».

Mais qu’en est-il aujourd’hui? Le droit de grève est-il devenu abusif au Québec? Partant du principe que le déclenchement d’une grève émane nécessairement d’un mécontentement de la part des travailleur à l’égard de leurs conditions de travail, je suis d’avis que la nature du climat qui règne à la table des négociations est primordial, voire déterminant pour la suite des choses.

En fait, si des négociations monstres se sont conclues par des accords dans les années ‘70 entre le Front commun et le gouvernement, du temps des Laberge, Pépin et Charbonneau, ils doivent être attribués en grande partie au climat de « concertation » qui s’était développé entre les parties, la table de concertation visant principalement à consulter et à échanger des idées dans un esprit de collaboration, tandis que la table de négociation a pour but de parvenir à un accord, souvent en faisant des concessions et, dans le cas d’impasse, en déclenchant une grève.

Au Québec, le droit de grève est protégé par la Charte canadienne des droits et libertés. Toutefois, à mon sens, il doit être utilisé dans des circonstances ultimes où la concertation est devenue impossible. Dans tel cas et seulement dans tell cas, le droit de grève devient la seule issue pouvant conduire à une entente à la satisfaction des parties.

vigile.quebec tribune libre 11 mai 2025

« Ça va brasser! », clame Legault

10 mai 2025

En guise d’entrée en matière, je vous propose un florilège d’extraits tirés des commentaires de François Legault à la veille du dépôt du projet de loi 106 destiné, entre autres, à évaluer les médecins à partir de critères de performance.

«Je l’ai souvent dit, on n’aura jamais un réseau de la santé qui est efficace tant qu’on n’aura pas une prise en charge de tous les Québécois, à commencer par les médecins de famille». Selon lui, environ le tiers des médecins «doivent en faire plus». «Je ne vais pas reculer, contrairement aux autres gouvernements qui ont toujours reculé avec le syndicat des médecins», a-t-il promis. François Legault prévient toutefois les Québécois : «C’est certain que ça va brasser! » «C’est quelque chose qu’on discute depuis plusieurs années, plaide le premier ministre. Le syndicat des médecins a toujours refusé de prendre ses responsabilités.» « C’est un grand jour aujourd’hui, j’attendais ce moment-là depuis 23 ans ».

Or François Legault a été nommé « comme par hasard », ministre de la Santé et des Services sociaux en 2002, et, de surcroît, il occupe le pouvoir depuis 2018 sans interruption, et la relation entre son gouvernement et les Fédérations des médecins omnipraticiens et des médecins spécialistes n’a jamais cessé de s’envenimer.. Malaise! À mon avis, tant et aussi longtemps qu’un véritable dialogue entre les parties ne sera pas établi et que la coercition sera brandie ad nauseam envers les médecins, on assistera inéluctablement à un dialogue de sourds.

La population du personnel soignant, notamment les médecins et les infirmiers et infirmières, vieillit et plusieurs d’entre eux ont pris la décision de diminuer leur tâche avant de prendre leur retraite. Le système de santé n’arrive pas à combler les postes laissés vacants par ces départs, causant de la sorte une pénurie de main d’oeuvre systémique. Dans ces circonstances, l’heure est à la concertation plutôt qu’à la confrontation perpétuelle et cela, pour le plus grand bien de la santé de « tous » les Québécois peu importe la « couleur » de laquelle ils sont affublés!

vigile.quebec tribune libre 10 mai 2025

Du projet de loi 106

10 mai 2025

D’entrée de jeu, je n’ai pas l’intention dans ce billet d’analyser tous les méandres du bras de fer entre le gouvernement et les fédérations de médecins omnipraticiens et spécialistes à l’égard du projet de loi 106 destiné à changer le mode de rémunération des médecins en vue d’améliorer leur performance. Par ailleurs, j’aimerais m’attarder sur deux aspects du projet de loi du ministre de la Santé, Christian Dubé, l’un circonstanciel, l’autre factuel.

Primo, le gouvernement Legault et la Fédération des omnipraticiens du Québec (FMOQ) sont en négociation depuis août 2024. Dans ces circonstances, comment se fait-il que le ministre n’a pas présenté le projet de loi 106 avant le début des négociation de façon à ce qu’il fasse partie intégrante des dites négociations? En le déposant maintenant, le projet de loi 106 ne vient-il pas court-circuiter les négociations en cours et donner l’impression d’un projet de loi spéciale?

Secundo, le projet de loi 106 définit la tâche des médecins sur des critères de performance, à savoir le nombre de prises en charge de patients par les médecins. De ce fait, un médecin qui, pour des raisons de tout ordre, décide de diminuer sa tâche à trois jours par semaine se verra amputer d’une partie de son salaire. Or dans ce scénario, un médecin en fin de carrière ayant opté pour un temps partiel en processus de cheminement à sa pré-retraite devra assumer une baisse de salaire. Dans ces circonstances, le médecin concerné pourra décider de devancer sa retraite et de ce fait, laisser orphelins les patients dont il avait la charge.

En terminant, une question me turlupine les méninges. Pourquoi François Legault qui a déclaré aux journalistes dans le corridor le conduisant au Salon bleu que cela faisait 23 ans qu’il attendait ce moment-là n’a-t-il rien fait au cours de ses sept dernières années au pouvoir?

vigile.quebec tribune libre 10 mai 2025

Carney en pleine contradiction

9 mai 2025

Au cours de sa rencontre avec le président Trump, le premier ministre du Canada, Mark Carney, s’est érigé en ardent défenseur de la souveraineté du Canada en insistant sur la prémisse à l’effet que le Canada n’était pas à vendre, répliquant ainsi aux velléités répétées ad nauseam d’annexion du Canada en tant que 51e État américain de la part du grand Orange.

Or le même Mark Carney, ex-gouverneur de la banque centrale d’Angleterre où il a vécu quelques années, a décidé d’inviter le roi Charles III, roi du Canada selon la Constitution canadienne, pour faire la lecture du prochain discours du Trône au Sénat.

Autrement dit, aux yeux de Mark Carney, il n’y a aucune contradiction à prôner d’un côté la souveraineté du Canada et de l’autre sa dépendance en invitant le monarque et Chef d’État, le roi du Royaume-Uni dans lequel fait partie le Canada, pour procéder à l’ouverture officielle de la session parlementaire à Ottawa. Cherchez l’erreur…

vigile.quebec tribune libre 8 mai 2025

 

Interdiction du cellulaire à l’école: menace de grève chez les élèves

9 mai 2025

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la mesure imposée par le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, à l’effet d’interdire le cellulaire à l’école à compter de septembre 2025, a eu l’heur de susciter la grogne d’un bon nombre d’élèves du secondaire. Dans cette foulée, de nombreuses vidéos ont fait leur apparition sur la plateforme TikTok pour inviter les élèves du secondaire du Québec à manifester leur mécontentement le 9 mai en s’absentant délibérément des cours. Dans une vidéo partagée sur un compte appelé «Québécois» sur ce même réseau social, un jeune du secondaire invite les élèves à faire la grève en soulignant que «des problèmes beaucoup plus graves devraient être abordés» par le gouvernement du Québec. Par ailleurs, plusieurs jeunes ont déjà confirmé qu’ils n’iraient pas à l’école ce vendredi 9 mai, alors que d’autres disent que cette grève est exagérée.

Or quoique la menace de grève ne fasse pas l’unanimité, force est d’admettre que la mesure décrétée par le ministre soulève l’ire d’un bon nombre des élèves du secondaire du Québec. À mon avis, bien que je sois d’accord avec l’interdiction du cellulaire à l’école, notamment dans le but de favoriser la socialisation des élèves entre eux, je suis persuadé que Bernard Drainville erre lamentablement à l’égard du moyen utilisé pour atteindre un objectif aussi criant, à savoir l’imposition unilatérale d’une mesure allant carrément à l’encontre d’une société emportée contre vents et marées par la technologie moderne.

C’est bien connu, les ados ont horreur de toute forme de réglementation qui « brime leur liberté », à plus forte raison lorsque la directive est imposée par un règlement issu de fonctionnaires juchés en haut d’une tour. A contrario, l’ado montrera une oreille plus attentive aux changements « proposés » dans la mesure où il fait partie intégrante de la discussion en lien avec la réglementation sur la table.

En somme, la saga engendrée par l’interdiction du cellulaire à l’école émane avant tout de la « forme », à savoir l’imposition unilatérale d’une telle mesure derrière un cercle fermé de penseurs. Or, sur le « fond », je demeure convaincu qu’une telle mesure aurait reçu l’aval d’une majorité d’élèves dans l’hypothèse où ces derniers auraient participé concrètement à la discussion. C’est une simple question de « civilité » envers ceux et celles qui sont directement touchés par une mesure qui vient changer drastiquement leurs habitudes au quotidien.

vigile.quebec tribune libre 8 mai 2025

Carney passe le premier test face à Trump

7 mai 2025

Les attentes étaient élevées de la part de Mark Carney à l’égard de sa rencontre avec Donald Trump au sujet de la reprise des négociations sur le libre échange entre le Canada et les États-Unis, le premier ministre s’étant engagé de facto à n’accepter aucune allusion sur l’annexion du Canada aux USA à titre de 51e État. Dans cette foulée, faut-il le rappeler, Mark Carney a passé l’essentiel de sa campagne à plaider qu’il était la meilleure personne pour gérer cette négociation tout en répétant que le «respect» de la souveraineté canadienne était une «condition» à la rencontre avec le président Trump.

Or dans une entrevue accordée à la journaliste Kristen Welker de NBC News deux jours avant sa rencontre avec Mark Carney, à la question portant sur l’annexion du Canada, le président a alors répété le message qu’il martèle ad nauseam depuis plusieurs mois, à savoir qu’il ne souhaite plus « subventionner le Canada à hauteur de 200 milliards de dollars » tout en prenant soin d’ajouter qu’il trouverait «magnifique» un pays qui intégrerait le Canada aux États-Unis. «Nous n’avons besoin de rien de leur part», a-t-il lancé. «Nous faisons très peu d’affaires avec le Canada alors qu’eux font pratiquement toutes leurs affaires avec nous. Ils ont besoin de nous et nous n’avons pas besoin d’eux.»

La table était mise pour la rencontre au sommet des deux chefs d’État voisins. Sur un ton plutôt cordial, le président américain n’en a pas pour autant manqué de revenir sur ses leitmotivs préférés à savoir l’annexion du Canada et sa ferme intention de ne rien changer sur sa politique tarifaire envers le Canada tout en prenant soin d’ajouter que son gouvernement ne voulait ni des voitures, ni de l’acier, ni de l’aluminium en provenance du Canada. Or avec calme et détermination, le premier ministre répliqua qu’il avait rencontré les « propriétaires » du Canada durant sa campagne électorale et qu’ils étaient unanimes pour confirmer que le Canada n’était pas à vendre tout en citant en exemple un projet immobilier protégé, histoire de ramener Donald Trump sur son ex-terrain de promoteur immobilier.

En somme, je suis d’avis que le match tant attendu entre les deux chefs d’État « alliés » s’est déroulé dans la civilité l’un envers l’autre malgré l’imposant fossé qui les sépare l’un de l’autre sur les tenants et aboutissants de la guerre commerciale des USA contre le Canada. Par ailleurs, il m’apparaît évident que Mark Carney ressort gagnant de son premier affrontement avec Donald Trump si tant est qu’il a défendu avec courage la souveraineté du Canada, un fait historique avéré avec lequel Donald Trump devra dorénavant inévitablement composer.

vigile.quebec tribune libre 7 mai 2025

Dilemme entre Charles III et la souveraineté du Canada

4 mai 2025

Un sondage Léger réalisé en ligne auprès de 1544 adultes en mars 2023 révèle que les Canadiens sont largement indifférents au roi Charles III, et plus de la moitié des répondants pensent que son couronnement sera le bon moment pour que le Canada reconsidère ses liens avec la monarchie, une opinion partagée par 71% des Québécois. Toujours selon ce sondage, seulement 13 % des personnes interrogées ont déclaré ressentir un attachement personnel à la monarchie, contre 81 % qui n’en ont pas.

Or nonobstant le taux d’impopularité imposant de la monarchie au Canada, le nouveau premier ministre et ex-gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre annonce que le roi Charles III fera la lecture du discours du Trône au retour du Parlement. « J’ai demandé au roi, à Sa Majesté, et il a accepté : il va venir à l’ouverture du Parlement. C’est une décision qui souligne la souveraineté du Canada, de notre pays. […] C’est notre chef d’État, ultimement », a-t-il plaidé.

Une nouvelle qui a littéralement suscité l’indignation des péquistes et des bloquistes. « La quasi-totalité des Québécois ne veut rien savoir de la monarchie britannique » a écrit Paul St-Pierrre Plamondon sur ses réseaux sociaux. « Mark Carney, pour porter les attributs de la souveraineté canadienne, invite un monarque étranger à inaugurer la législature dont il sera premier ministre. Étrange », a renchéri Yves-François Blanchet par communiqué.

Au cours de la campagne électorale, Mark Carney a multiplié les gaffes entourant le Québec, de sa confusion entre les drames de Poly et de Concordia à son refus de participer au Face-à-face de TVA causant de facto son annulation. Cette fois-ci, malgré la très forte majorité des Québécois en faveur de l’abolition de la couronne britannique au Québec, le premier ministre persiste et signe en invitant cavalièrement « notre chef d’État » à présenter au vu et au su des Québécois le discours du Trône annonçant le retour du Parlement canadien. Encore une fois, une excellente occasion de couper les ponts avec la couronne britannique disparue en fumée… Audace ou arrogance de la part du premier ministre d’un pays dit « souverain »?

vigile.quebec tribune libre 3 mai 2025

Le vouvoiement n’est pas la panacée à l’irrespect (version actualisée)

2 mai 2025

Parmi les mesures avancées par le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, pour augmenter le civisme et le respect à l’école, l’imposition du vouvoiement envers le personnel de l’école occupe une place importante aux yeux du ministre qui y voit une marque de respect envers les adultes.

À cet effet, le vouvoiement a toujours été associé à une marque de respect envers la personne à qui on s’adresse, voire la panacée aux problèmes liés au manque de respect de certains élèves envers leurs enseignants, une assertion envers laquelle, par expérience en tant qu’ex-enseignant au secondaire, j’émets certaines réserves.

Le respect ne s’impose pas par des «vous», il se gagne avec le temps, il s’acquiert dans une attitude respectueuse des personnes humaines que nous côtoyons, peu importe leur âge et leur statut. En termes clairs, l’enseignant gagnera le respect de ses élèves pour autant qu’il leur rend la pareille. En revanche, il est utopique de croire qu’un professeur qui exige le vouvoiement gagnera de facto le respect de ses élèves. En bref, si nous fabulons sur l’effet magique du vouvoiement, nous risquons de mettre un cataplasme sur la solution au problème d’irrespect de certains jeunes car force est de constater qu’on peut fort bien manquer de respect envers quelqu’un même en le vouvoyant et, vice versa, le respecter même en le tutoyant.

« Le respect ne tient pas au vouvoiement. Et je ne pense pas que les enseignants ont besoin d’une règle de plus à faire respecter dans leur classe… C’est une idée préconçue, galvaudée, que de penser que le vouvoiement est associé au civisme. C’est une règle de bienséance qui n’est pas garante du respect qu’on accorde à un professeur. On peut tutoyer et être très respectueux » , lance la professeure et chercheuse en didactique à l’UQAM, Mélanie Dumouchel.

« D’une perspective de convention sociale en français, on sait que le vouvoiement est un indicateur de respect et de reconnaissance de l’autorité. Mais les mots ont l’importance qu’on leur accorde», a souligné Alexandra Dupuy, doctorante en sociolinguistique à l’Université de Montréal. Somme toute, si le «vous» envoie un message de politesse, il installe à contrario une distance qui, de surcroît, n’incite pas nécessairement au respect…

(1) https://vigile.quebec/articles/investir-dans-le-lab-ecole-ou-la-restauration-des-ecoles  (deuxième partie)

vigile.quebec tribune libre 2 mai 2025