La naufrage du Brexit?

15 juillet 2018

Les démissions à une journée d’intervalle de David Davis, ex-secrétaire d’État britannique chargé de négocier la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), et de Boris Johnson, désormais ex-chef de la diplomatie britannique, a jeté du plomb dans l’aile eu égard à l’engagement de Theresa May d'honorer le résultat du référendum de juin 2016.

Dans sa lettre de démission, Boris Johnson n’y va pas avec le dos de la cuillère arguant que « nous nous dirigeons vraiment vers le statut de colonie de l’UE » et que « le rêve est en train de mourir, étouffé par l'inutile manque de confiance [du Royaume-Uni] en ses propres forces ».

Un argumentaire qui tranche nettement avec la position de Teresa May qui plaide la volonté de Londres de maintenir une relation commerciale privilégiée avec l’UE malgré le Brexit, un plan qui prévoit notamment la mise en place d’une nouvelle zone de libre-échange avec l'UE.

Dans toute cette saga, fragilisée par les dissensions internes, Teresa May tente désespérément de sauver la chèvre et le chou, si bien que le retrait du Royaume-Uni de l’UE, le déclic qui avait été enclenché par le vote majoritaire des britanniques en faveur du Brexit, est en train de s’effriter à tel point que nous sommes en droit de nous demander si nous n’assistons pas au naufrage du Brexit!

Ici au Québec, qu’on le veuille ou non, les souverainistes ressentent un élan de sympathie pour les défenseurs du Brexit qui ne font qu’aspirer à un Royaume-Uni autonome. Et, à mes yeux, pour y parvenir, Teresa May se doit de profiter d’un référendum gagnant (un atout que ne possède pas encore le Québec) et de ne ménager aucun effort pour mener son pays à une complète indépendance!  

vigile.net tribune libre 11 juillet 2018  
Le Soleil 16 juillet 2018                                                                                                                                                     

Lisée vs Marissal, le choc des titans

11 juillet 2018

Selon certaines rumeurs, le combat s’annonce serré dans Rosemont entre Jean-François Lisée, le chef du Parti Québécois (PQ), et Vincent Marissal, bien connu à la grandeur de la province pour ses articles et ses multiples apparitions à la télévision en tant qu'analyste politique, pour Québec solidaire (QS).

De toute évidence, Marissal n'a rien à perdre et Lisée, lui, tout à gagner. Avec les déboires récents du Parti québécois et la certaine impopularité de son chef, Rosemont pourrait sans nul doute avoir un nouveau député le 2 octobre au matin. Un scénario catastrophique pour le PQ qui verrait s’écrouler une des dernières cartes qu’il lui reste, à savoir la présence de son chef à l’Assemblée nationale.

Nonobstant l’expérience de Lisée sur la scène politique, il ne faudrait surtout pas sous-estimer l’intelligence et la lucidité de Marissal qui peut désarçonner son adversaire en un éclair sans que ce dernier ne voie venir le coup. Par ailleurs, l'entrée en scène titubante de l'ex-journaliste de la Presse, propriété de Power Corporation du temps où il a œuvré pour ce quotidien, eu égard, notamment, à ses "convictions" souverainistes, laisse à Jean-François Lisée une marge de manoeuvre qu'il exploitera surement lors de ses débats contre son adversaire.

En bref, ce choc des titans ne manquera pas d’offrir aux électeurs de Rosemont une performance digne d’orateurs chevronnés pour qui les Rosemontois auront certes une oreille fort attentive!

vigile.net tribune libre 10 juillet 2018

Le devoir de mémoire

10 juillet 2018

Selon Wikipédia, le devoir de mémoire est une expression qui désigne une obligation morale de se souvenir d'un événement historique tragique et de ses victimes afin de faire en sorte qu'un événement de ce type ne se reproduise pas. Lors des célébrations ayant souligné le cinquième anniversaire de la tragédie de Lac-Mégantic, nombreux ont été les commentaires faisant allusion au devoir de mémoire.

Toutefois, je ne crois pas que ces commentaires, en général, intégraient la notion « de faire en sorte qu'un événement de ce type ne se reproduise pas » alors que, dans les faits, il m’apparaît essentiel que cette section de la définition du devoir de mémoire joue son rôle pour éviter qu’un tel rituel ne fasse appel qu’au souvenir des victimes, quoique essentiel dans le processus de guérison des proches ayant perdu un être cher.

À cet effet, il est primordial de se souvenir que, jusqu’à aujourd’hui, aucun responsable n’a été reconnu coupable de quelque négligence reliée à ce drame catastrophique et ce, même si des soupçons crédibles pèsent sur les dirigeants de la compagnie ferroviaire Montreal Maine & Atlantic (MMA).

Une situation inacceptable qui devra bien, un jour, ressortir de l’ombre et faire en sorte qu’un véritable devoir de mémoire soit enfin révélé au grand jour et tourner la page sur ce volet caché de la tragédie de Lac-Mégantic qui a causé la mort de 47 personnes!

Position des partis sur la sécurité ferroviaire 

Québec solidaire
La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, réclame d’abord et avant tout une commission d’enquête publique sur la tragédie.
« Comment ça se fait qu’il n’y a jamais eu d’enquête publique là-dessus? Il y a quelque chose d’incompréhensible là-dedans. C’est des vies humaines, mais au-delà de cela, c’est tout un village qui est stressé, qui n’a pas vu ses demandes comblées avant tout dernièrement. Il faut remettre en question nos anciennes pratiques et une enquête publique nous aiderait à le faire », a indiqué Manon Massé.

Coalition avenir Québec
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, souhaite de son côté la construction imminente de la voie de contournement.
« Je pense que ça va être difficile de tourner la page sur ce drame tant que la voie de contournement ne sera pas réalisée. Il est plus que temps que les deux ministres s’entendent et avec l’accord de la mairesse actuelle pour être certain que la population soit rassurée », a insisté François Legault.

Parti québécois
Jean-François Lisée du Parti québécois veut plutôt attirer l’attention sur les trains à la dérive. En 2017, 44 incidents semblables ont été répertoriés au Bureau de la sécurité des transports, un sommet depuis 10 ans.
« Je suis renversé d’apprendre que cinq ans après un évènement qui a été causé par l’absence de freins automatiques lorsqu’un train se déplace de façon involontaire, il n’y a toujours pas de mécanisme pour empêcher ça et que le nombre de mouvements involontaires de trains augmente d’année en année », a pour sa part fait valoir Jean-François Lisée.

Parti libéral
Le dernier et non le moindre, le ministre des Transports du Québec, André Fortin, a justifié son refus de modifier le tracé de la voie de contournement.
« Ce qu’on veut dans le projet qui est mené par le gouvernement fédéral, c’est de s’assurer qu’on a le tracé le plus sécuritaire possible. Le tracé qui a été sélectionné par le gouvernement fédéral et pour lequel on s’inscrit financièrement est le tracé où on peut le mieux assurer la sécurité tant des utilisateurs du train que des gens du voisinage. C’est le tracé qui va être privilégié et auquel on est venu après plusieurs années d’études », a conclu le ministre.

vigile.net tribune libre 9 juillet 2018

L’appropriation culturelle, un concept tendancieux

9 juillet 2018

Le tollé de contestations ayant conduit à l’annulation de la pièce SLAV de Robert Lepage et Betty Bonifassi, dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal (FIJM) révèle, à mes yeux, un imbroglio nocif et anti-performant provenant d’une société malade d’inconfort eu égard au désaccord suscité par une frange de la société.

Une frange de la société qui évoque le concept de l’appropriation culturelle comme argument massue pour justifier sa demande d’annulation de SLAV, des Blancs n’étant pas légitimés pour jouer le rôle de Noirs. Un concept tendancieux qui, poussé à l’extrême, écorche au passage la nécessaire liberté d’expression.

Pourtant, une telle décision draconienne de la part du FIJM aurait pu être évitée si les pourfendeurs de la pièce avaient manifesté un minimum de souplesse et engendré le dialogue avec les créateurs du spectacle. Mais non, ces mêmes contestataires ont rapidement monté aux barricades, tuant ainsi dans l’œuf toute forme de dialogue avec Robert Lepage et Betty Bonifassi.

En réalité, nous assistons à une guérilla assassine qui piétine sans vergogne la liberté d’expression, un concept vital à la survie de toute forme artistique, un concept qui souffre difficilement toute forme de censure, si « justifiée » qu’elle soit présentée à titre d’argumentaire.

En fin de compte, la leçon de cette saga nous aura permis de constater que nous vivons aujourd’hui dans un monde où personne n’ose défendre une position soumise à la contestation de peur de déplaire ou de devoir affronter la tempête médiatique pour faire valoir ses idées!

vigile.net tribune libre 6 juillet 2018
 

Bonne fête Québec

2 juillet 2018

La francophonie est bien vivante en Amérique! Les 33 millions de personnes qui y parlent le français le prouvent. Ainsi, le Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique rassemble sur une même plateforme les attraits touristiques, géographiques et historiques de villes phares de la francophonie de notre grand continent, notamment la Ville de Québec.

À l’aube de son 410ième anniversaire, Québec occupe une place privilégiée à titre de seule ville en Amérique du Nord dont toutes les fortifications sont pratiquement intactes. Considérée comme le berceau de la civilisation française en Amérique, Québec abrite une culture francophone de façon continue depuis le 17e siècle. Un accent d’Amérique qui permet à la capitale de se distinguer. Fondée le juillet 1608 au pied du cap Diamant par Samuel de Champlain, Québec a su conserver les principales caractéristiques de son paysage et de son passé. À titre d’exemple, on ne peut passer sous silence le Vieux-Québec, inscrit en 1985 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Lieu privilégié de préservation de la langue et de la culture, la Bibliothèque de Québec compte 24 bibliothèques réparties sur l’ensemble du territoire de la ville. Espace de découvertes pour tous, ce réseau confirme Québec dans son rôle de capitale littéraire avec ses activités et événements rassembleurs. Porte d’entrée sur le savoir, l’information et la vie culturelle d’ici et d’ailleurs, la Bibliothèque de Québec fait partie du mode de vie des citoyens de toutes générations.

Foyer de création et source d’inspiration, Québec compte une multitude d’artistes ravis de mettre leur talent à profit dans un environnement stimulant. Arts visuels, médiatiques et littéraires, théâtre, danse, musique, la culture s’incarne de diverses manières, toutes plus riches les unes que les autres… Bonne fête Québec!

vigile.net tribune libre 2 juillet 2018
 

Bettman au panthéon du hockey!

28 juin 2018

Un des premiers responsables du déclenchement de trois lock-outs, dont l’un a mené, en 2004-2005, à l’annulation d’une saison de hockey complète, responsable de l’interdiction aux joueurs de la LNH de participer au dernier tournoi olympique, tuant de la sorte tout l’engouement international pour un tel tournoi, persistant à maintenir qu’il n’existe aucun lien entre les coups à la tête et de graves maladies dégénératives du cerveau alors que la communauté scientifique s’entend sur l’existence d’un lien de causalité, le commissaire de la LNH, Gary Bettman, vient d’être intronisé au panthéon du hockey.

Or, la tradition veut qu’on attende généralement qu’un athlète ou une personnalité sportive ait mis un terme à sa carrière depuis un certain nombre d’années avant de lui ouvrir les portes d’un panthéon, le passage du temps permettant d’évaluer plus clairement et plus objectivement la place occupée par la personnalité dans l’histoire de son sport.

Dans le cas de Gary Bettman, le seul « exploit » qu’on pourrait lui concéder relève du fait que, depuis son arrivée aux commandes il y a 25 ans, les revenus de la LNH sont passés d’un peu plus de 400 millions de dollars à quelque 4,5 milliards… Un bilan financier certes reluisant mais qui ne constitue pas, à mes yeux, un argument raisonnable pour admettre Gary Bettman au panthéon du hockey… En réalité, nous assistons à une farce monumentale digne des plus grands vaudevilles!

quebechebdo 28 juin 2018
Le Soleil 29 juin 2018

 

Paul Gérin-Lajoie, la passion pour l’éducation

27 juin 2018

Nonobstant le rôle dominant joué par Paul Gérin-Lajoie eu égard aux relations internationales du Québec où il a agi comme précurseur dans ce champ de compétences, il m’apparaît que le père de la création du ministère de l’Éducation aura été l'un des plus grands artisans des transformations apportées au système d'éducation québécois.

À une époque où plus de la moitié des adultes du Québec ne sont pas allés plus loin que la sixième année à l'école, il entreprend d'élargir et, surtout, de démocratiser l'enseignement sut tout le territoire du Québec. Pour ce faire, il crée la commission Parent dont le but est d'établir un véritable ministère de l'Éducation et de rapatrier le plus rapidement possible toutes les responsabilités en matière d'enseignement.

Non seulement aura-t-il permis à plusieurs générations de jeunes québécoises et québécois de fréquenter l’école gratuitement jusqu’à la fin de leurs études secondaires, mais il aura aussi facilité à plusieurs d’entre eux l’atteinte des Cégeps et des Universités grâce à l’instauration d’un système de prêts et bourses.

Paul Gérin-Lajoie était profondément imprégné d’une passion viscérale pour l’éducation qu’il a rapidement adoptée comme cheval de bataille dès son entrée en poste à titre de premier ministre de l’Éducation.

Aujourd’hui, on ne peut aborder l’éducation au Québec sans référer à lui et, à ce titre, ce grand Québécois aura contribué grandement à l’éducation de centaines de milliers de Québécois qui lui doivent respect et reconnaissance.

Merci à vous, M. Gérin-Lajoie!

vigile.net tribune libre 26 juin 2018

Fatale lucidité

25 juin 2018

« Nous sommes loin, très loin, du temps où le projet de souveraineté du Québec galvanisait les foules et emportait l’adhésion sans réserve de la vaste majorité des intellectuels… ce temps-là, qu’on se le dise, ne reviendra plus ». Une assertion lapidaire à laquelle l’éminent philosophe Serge Cantin, dans l’édition de poche de La souveraineté dans l’impasse (PUL, 2018), confronte les souverainistes québécois. Serge Cantin, qui se dit « profondément souverainiste », en appelle à la lucidité. Le ressort politique du peuple québécois, croit-il, s’est brisé avec la défaite référendaire de 1995, rendant impossible, dans un horizon raisonnable, un référendum gagnant.

Une lucidité qui n’est pas sans nous rappeler le manifeste Pour un Québec lucide publié en 2005 et signé par douze personnalités, dont Lucien Bouchard, lequel manifeste avait soulevé une farouche opposition, notamment de la part de la gauche québécoise.

Et de poursuivre M. Cantin, « Voilà pourquoi je crains que notre rêve ne soit devenu un obstacle et qu’il ne favorise, sans même que l’on s’en rende compte, le maintien au pouvoir de nos adversaires les plus résolus. Peut-être, dans ces circonstances, nous faut-il apprendre à vivre dans le pays réel et abandonner le pays rêvé, car le risque est grand que la poursuite acharnée de notre rêve ne nous rende tout simplement impotents, c’est-à-dire inaptes à nous déplacer dans l’espace bien réel de notre vie politique, à savoir le Canada ».

Or, dans son amer discours de démission, Martine Ouellet a déclaré, en dénonçant les velléitaires de la cause, que le principal obstacle à la réalisation de l’indépendance du Québec provenait de l’intérieur du mouvement souverainiste, un argumentaire repris par François Gendron lors de l’annonce de son retrait de la vie politique.

Dès lors que la sacrosainte lucidité jette le voile sur l’indispensable rêve qui nourrit les convictions nécessaires à la réalisation de la cause, je préfère croire en la force de mes convictions plutôt que de me replier servilement derrière la fatale lucidité… Encore faut-il que notre rêve nous habite encore!

quebechebdo 25 juin 2018
vigile.net tribune libre 25 juin 2018

150 ans ou 25 ans?

21 juin 2018

Aux yeux du procureur de la Couronne, Me Thomas Jacques, le crime d’Alexandre Bissonnette restera un des plus haineux de l’histoire canadienne. Quarante-six personnes ont été ciblées en raison de leur confession religieuse. « Elles ne faisaient qu’exercer leur liberté de religion, un droit garanti par notre Charte ».

Eu égard à la plaidoirie du procureur de la Couronne, une question me titille les méninges : le procureur aurait-il invoqué le droit des victimes d’exercer leur liberté de religion si le drame s’était déroulé dans une église catholique où des fidèles assistaient à une cérémonie religieuse?

Aux yeux du procureur, il m’apparaît évident que le simple fait de faire allusion à ce droit « garanti par la Charte » devient un motif aggravant dont il faut tenir compte dans la sentence infligée à Bissonnette, à savoir un cumul de 150 ans pour les six meurtres dont le tueur est accusé… En termes clairs, une condamnation à mort en prison.

En réalité, dans l’hypothèse où on substitue le fait que les victimes ont été tuées au moment de leurs prières à une discussion dans la rue par exemple, le procureur aurait-il réclamé la même sentence ou aurait-il opté pour une sentence de 25 ans?

En bref, je suis d'avis que la sentence d'Alexandre Bissonnette doit être traitée en faisant abstraction de la religion des victimes qui se voient, dans le cas du cumul des meurtres, placées sans raison dans une classe à part. Sinon, on devrait traiter le cas de Bissonnette comme un acte de terrorisme et là, ce serait une toute autre affaire!

vigile.net tribune libre 20 juin 2018 

Le début d’un temps nouveau

19 juin 2018

1970…Le 29 avril, le Parti québécois participe pour la première fois aux élections générales et fait élire sept députés. Octobre de la même année, le Québec est en crise suite aux enlèvements de James Richard Cross et de Pierre Laporte par le FLQ. Toujours en 1970, Renée Claude interprète pour la première fois la chanson « Le début d’un temps nouveau », sur des paroles et une musique de Stéphane Venne.

À cette époque, le peuple québécois vit une effervescence patriotique qui bouscule les règles établies depuis des siècles…Il y a de cela près de cinquante ans et nous en sommes toujours là, à tourner en rond! C’est Victor Hugo qui disait : « Il y a une chose plus forte que toutes les armées du monde, c’est une idée dont le temps est venu. » Alors, quand allons-nous enfin pouvoir proclamer que « le temps est venu » pour le Québec d’accéder à son indépendance? Une question toujours sans réponse. Une énigme qui nous place devant la quadrature du cercle comme si nous étions condamnés à la fatalité de la dépendance à un pays qui n’est même pas le nôtre! Aberrant, non?

Ce qui m’amène à une autre question : Le peuple québécois se complairait-il dans cette soumission aveugle au Canada, dans ce colonialisme qui semble l’avoir stigmatisé à tout jamais? J’avoue que là aussi, la réponse n’est pas aussi claire que deux et deux font quatre. Pourtant, il y a eu un moment de notre histoire où nous sommes venus bien prêts de répondre à ces questions, à savoir le 30 octobre 1995, lors du second référendum. N’eût été, comme a déclaré ce soir-là Jacques Parizeau, de « l’argent et du vote ethnique » [phrase lapidaire qui a conduit à sa démission], les Québécois auraient franchi un grand pas vers leur indépendance compte tenu que l’écart entre le « oui » et le « non » n’était que de quelque 55 000 voix.

Vingt-trois ans plus tard, nous en sommes encore à piétiner autour de sempiternelles tergiversations au lieu de nous poser [et surtout de nous faire poser] la vraie question : sommes-nous pour ou contre l’indépendance du Québec? À mon sens, cette question nous révélera une fois pour toutes si « le temps est venu »…

vigile.net tribune libre 17 juin 2018