La parole à François Gendron

18 juin 2018

Au terme d'une carrière politique d'une durée exceptionnelle, étirée sur 42 ans sans interruption, le député de 73 ans, François Gendron, élu pour la première fois en 1976 avec l'équipe de René Lévesque, porte un jugement très sévère sur le Parti québécois (PQ), un parti créé avec l'objectif de faire du Québec un pays, mais qui s'est montré inapte à faire la démonstration aux citoyens du bien-fondé de son option.

Dans un long entretien accordé à La Presse canadienne, le député d’Abitibi-Ouest, doyen de l’Assemblée nationale, n’y va pas de main morte avec l’inertie du PQ eu égard à la promotion de l’indépendance du Québec, s'étonnant notamment du fait que le PQ n'a produit aucun document «substantiel» décrivant les avantages de l'accession du Québec au statut de pays depuis l'échec référendaire d'octobre 1995.

M. Gendron n’est pas tendre non plus envers ceux et celles qui fomentent à répétition des querelles internes à l’intérieur d’un mouvement souverainiste imprégné de morosité. À cet effet, questionné à savoir s'il partage le constat de l'ex-chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, qui soutenait, au moment de sa démission, que le mouvement souverainiste était « malade », le député d’Abitibi-Ouest n'a que de bons mots pour la députée de Vachon, une femme « de conviction », « authentique », qui « porte la cause » souverainiste.

Enfin, aux yeux de François Gendron, il faut reprendre le bâton du pèlerin et clamer clairement et ouvertement aux citoyens ce qu'ils ont à gagner à transformer le Québec en pays. Il faut ranger dans le placard les méandres tortueux des stratégies partisanes et revenir à la base du militantisme politique, à savoir « Sortir, Parler, Convaincre ».

Toutefois, le hic dans l'argumentaire de M. Gendron, c'est que, pendant toutes ces années, il a siégé à l'Assemblée nationale à titre de député du même parti politique qu'il critique vertement… On est en droit de se demander pourquoi il a assisté à cette inertie du PQ eu égard à la promotion de l'indépendance du Québec sans riposte de sa part!  

Vigile.net tribune libre 18 juin 2018
Le Devoir 19 juin 2018 (version abrégée)

L’épine au pied de la CAQ

17 juin 2018

La Coalition avenir Québec (CAQ) qui, jusqu’à maintenant, montrait patte blanche dans la pré-campagne électorale, vient de se voir entachée par une révélation fort compromettante, à savoir que le président du parti, Stéphane Le Bouyonnec, doit quitter ses fonctions à la tête d’une entreprise reconnue pour ses prêts consentis à des taux usuraires dépassant les 35 pour cent, la norme québécoise, allant ainsi à l’encontre de modifications unanimes récentes à la Loi sur la protection des consommateurs qui interdisent clairement l’imposition de frais par-dessus un taux d’intérêt maximal de 35 % par an.
« Mon implication dans cette entreprise n’est plus compatible avec mon rôle de président de la CAQ et de candidat à la prochaine élection au Québec », écrit M. Le Bouyonnec dans son communiqué, sans dire pourquoi ou en quoi cette implication semblait acceptable la veille, mais qu’elle ne l’était plus le lendemain En termes clairs, si la situation de M. Le Bouyonnec n’avait pas été dénoncée, le président de la CAQ et candidat dans La Prairie aux prochaines élections aurait continué de vaquer à ces « occupations » pour le moins scandaleuses sans coup férir.
Quant à François Legault, le retrait de son poste de président du conseil d’administration de Techbanx et le fait que M. Le Bouyonnec se départisse de la totalité de ses actions dans l’entreprise constituent à ses yeux une attitude « responsable » qui l’incite à le maintenir dans ses fonctions et à titre de candidat.
À mon avis, François Legault aurait dû immédiatement congédier son président de parti et éviter qu’il devienne une épine au pied de la CAQ qui risque de ralentir l’élan du parti révélé dans le dernier sondage. Un autre incident du même acabit pourrait être désastreux pour un parti qui se targue d’incarner le changement eu égard, notamment, à l’intégrité de ses membres.

vigile.net tribune libre 15 juin 2018
 

Dans l’ombre de Martine Ouellet

14 juin 2018

La candidate déclarée du Parti québécois (PQ) dans la circonscription de Jean-Lesage, à Québec, Nathaly Dufour, retire sa candidature, alléguant que la haute direction du parti lui reproche ses « accointances » avec l’indépendantiste Martine Ouellet.

Le directeur général du PQ, Alain Lupien, lui a fait comprendre récemment que sa candidature n’était plus désirée, dû au fait qu’elle soit attachée politique de la députée indépendante Martine Ouellet, et peut-être aussi que, lors de la dernière course à la direction du PQ, elle soit passée du camp de Véronique Hivon à celui de Mme Ouellet, tous des éléments qui étaient pourtant connus lorsque le parti lui a fait rencontrer l’exécutif de l’association péquiste de Jean-Lesage en avril.

Conséquemment, que s’est-il donc passé entretemps pour que Mme Dufour soit devenue tout à coup un élément « indésirable » au sein du PQ? Ne serait-ce pas la dernière saga qui a mis en cause Martine Ouellet et le Bloc québécois? Aux yeux du PQ de Jean-François Lisée, Nathaly Dufour ne souffrirait-elle pas du « syndrome » Martine Ouellet, à savoir cette propension à afficher ouvertement ses convictions indépendantistes?

Quoi qu’il en soit, il semble que Mme Dufour ne fasse plus partie des « cartons » du PQ, une situation pour le moins « inquiétante » qui projette, encore une fois, l’image d’un PQ « étapiste » à outrance et qui réclame des Québécois un mandat de bon gouvernement provincial pour les quatre prochaines années! En attendant, le dernier sondage accorde un maigre 19 % d'intentions de vote au PQ, un score qui risque de le placer sur la voie de la disparition à titre de parti politique à l'Assemblée nationale avec seulement cinq élus.

vigile.net tribune libre 13 juin 2018

Ça sent la soupe chaude!

11 juin 2018

Le départ de Laurent Lessard à titre de candidat du Parti libéral du Québec (PLQ) devient le 17ième député du PLQ à ne pas se représenter au scrutin du 1er octobre 2018. Une liste qui n’en finit plus de s’allonger et qui témoigne, à mes yeux, que ça sent la soupe chaude dans les officines du gouvernement Couillard.

Le premier ministre aura beau arguer que son parti pourra ainsi compter sur « l’équipe la plus renouvelée », il n’en demeure pas moins que ces nombreux départs ne sont pas étrangers aux derniers sondages qui accordent très peu de chances au PLQ de reprendre le pouvoir, la CAQ bénéficiant d’une avance assez confortable des intentions de vote des Québécois.

Quant aux candidats vedettes dont M. Couillard a maintes fois fait allusion lors de points de presse, ils se font toujours attendre à tel point qu’on est enclin à se demander si le PLQ n’est pas devenu un parti usé par ses quinze dernières années de pouvoir au cours desquelles il a dû faire face à de nombreuses allégations de corruptions et de collusions sans compter les dernières années d’austérité qui ont ébranlé les infrastructures des services gouvernementaux, notamment en santé et en éducation.

Enfin, Philippe Couillard devrait se demander si son leadership n’est pas remis en question suite à ces nombreux départs qu’il n’a pas su garder dans la bergerie libérale! Au rythme où vont les départs du PLQ, le chef du parti va se retrouver avec une équipe de pee-wee autour de lui!

En termes clairs, Couillard aura beau faire l’indifférent face aux départs de plusieurs de ses ouailles, force est d’admettre la descente du PLQ non seulement à cause du désaveu de l’électorat mais aussi du flegme glacial légendaire du « bon docteur Couillard » qui obstrue tout effort de communication entre lui et ses députés et ministres.

vigile.net tribune libre 10 juin 2018
Le Journal de Québec 14 juin 2018
 

Le G-7 a-t-il encore un sens?

10 juin 2018

Groupe de discussion fondé en 1975 à l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing, le G-7 traite principalement des questions économiques. Or, il s’avère que les quatre pays européens (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie) et le Canada reprochent aux Etats-Unis des mesures économiques, à savoir les nouveaux tarifs douaniers sur l’aluminium et l’acier qui les visent, une décision qui a été perçue comme une déclaration de guerre commerciale.

Si vous ajoutez à cet irritant le retrait américain de l’accord de Paris ainsi que de celui sur le nucléaire iranien, le transfert de l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem et les intentions de Donald Trump de se dissocier de l’ALENA, une question essentielle doit être posée : le G-7 a-t-il encore un sens d’autant plus qu’un retrait des États-Unis du G-7 serait catastrophique puisqu’à eux seuls, ils pèsent autant que le PIB des six autres États membres.

Le gouvernement de Justin Trudeau a dépensé, pour organiser le Sommet du G-7 au Manoir Richelieu de La Malbaie, la coquette somme de 600 millions $, à laquelle s’ajoutent plusieurs autres dizaines de millions de dollars de la part des villes impliquées dans les activités entourant le Sommet, lesquelles sommes sont remboursées par le Fédéral. C’est sans compter les dépenses allouées à la sécurité, soit 400 millions, dont, entre autres, 259 millions par la Gendarmerie royale du Canada, 99 millions par la Sécurité publique, 35 millions par l’entremise de la Défense nationale. C’est le prix à payer pour recevoir chez soi les sept chefs d’État du G-7 et leurs délégations de 3200 personnes, 3000 journalistes, les 16 pays africains invités et leurs délégations de 12 000 personnes.

Des chiffres pour le moins faramineux dans la perspective où les États-Unis de Donald Trump sont engagés dans une voie à sens unique qui les isole hermétiquement des six autres États membres d’un G-7 disloqué et extrêmement affaibli.

viigile.net tribune libre 8 juin 2018
Le Devoir 13 juin 2018 (version abrégée)
 

Martine Ouellet, la victime

8 juin 2018

Très nombreux ont été les commentaires venus de toutes parts condamnant les attaques personnelles de Martine Ouellet contre ceux qui l’ont dénigré dans la saga qu’elle a livrée contre ses détracteurs lors de la conférence de presse qui annonçait son retrait de la chefferie du Bloc québécois. Et, ces mêmes commentaires étaient généralement accompagnés d’allégations de victimisation dont faisait preuve Martine Ouellet en ne faisant mention d’aucun tort de sa part dans toute cette histoire.

Parlons d’abord des attaques personnelles de Mme Ouellet, notamment contre Gilles Duceppe et Mario Beaulieu. En ce qui concerne l’ex-chef du Bloc québécois, devenu la belle-mère officielle du parti, s’est-t-il caché derrière les rideaux pour pourfendre à bras raccourcis la chef du Bloc sur toutes les tribunes qui lui ont été offertes? Bien sûr que non…Et pourtant, je n’ai entendu aucune critique de la part des médias à ce sujet.

Quant à Mario Beaulieu, le putschiste qui a fomenté le désaveu de la chef du Bloc, celle-là même qu’il a appuyée comme futur chef au congrès d’investiture à la chefferie du parti, s’est-il caché derrière les rideaux pour clamer haut et fort son choix clairement avoué de voter contre le leadership de Martine Ouellet? Bien sûr que non!

Conséquemment, quelqu’un peut-il me dire pourquoi Martine Ouellet se serait vider le cœur en catimini contre ces deux personnages? Pourquoi ce qui est toléré pour certains ne le serait pas pour Mme Ouellet? 

Enfin, concernant le fait qu’elle ne s’attribue aucun tort dans l’épopée qui a conduit à son désaveu, je dois admettre qu’un brin d’humilité aurait pu ressortir des propos de Martine Ouellet… quoique, à cet effet, avez-vous déjà entendu Gilles Duceppe, perçu comme un politicien rigoureux et strict, avouer un tantinet de tort durant toute sa carrière politique?

vigile.net tribune libre 7 juin 2018
 

Le Bloc dans la tourmente

7 juin 2018

Au lendemain de la démission de Martine Ouellet à titre de chef du Bloc québécois, que reste-t-il de la mosaïque bloquiste? Sept députés démissionnaires, un président, celui-là même qui avait moussé la candidature de Martine Ouellet lors du congrès à la chefferie,   qui a agi comme putschiste contre la chef dans la saga que vient de vivre le Bloc, une commission Jeunesse qui a désavoué son chef.

En fait, une mosaïque réduite en morceaux épars qu’il faut maintenant reconstituer pour lui redonner une raison de vivre, voire lui redonner vie. À mon sens, l’épisode « Martine Ouellet » a laissé des cicatrices profondes au sein des militants bloquistes qui se retrouvent aujourd’hui, non seulement orphelins, mais aussi dans la tourmente et sans point de repère.

À mon sens, le débat qui a enflammé toute cette saga est un faux débat. J’en ai pour preuve l’article I du parti : Que « le Bloc québécois utilise chaque tribune et chaque occasion, locale ou internationale, pour démontrer la nécessité de l’indépendance du Québec et ainsi contribuer à renforcer le mouvement indépendantiste québécois » et que « cette promotion de l’indépendance se réalise aussi à travers la défense des intérêts du Québec à Ottawa tant que le Québec sera une province canadienne ».

Devant le contenu de cet article, pour quelles raisons les hauts placés du Bloc n’ont-ils pas pu en venir à une entente? Je n’ai pas de réponse à cette question mais je sais une chose : la déconstruction du parti repose en grande partie sur une lutte de personnalités qui opposait Martine Ouellet à ses détracteurs, une guéguerre infantile qui a conduit inéluctablement à la dérive du Bloc québécois.

vigile.net tribune libre 6 juin 2018
 

Le Bloc a parlé…

6 juin 2018

Martine Ouellet a finalement perdu son pari en ne récoltant que 32 % des votes de confiance des bloquistes qui se sont exprimés dans une proportion de 59 %. Mince consolation, la question portant sur le mandat du Bloc de prioriser la promotion de l’indépendance du Québec sur toutes les tribunes a récolté 65 % d’appui de la part des membres qui se sont prévalus de leur droit de vote.

Je laisse aux médias le soin de dresser le bilan de cette saga qui a opposé Martine Ouellet à une frange importante des militants bloquistes depuis plusieurs semaines. Là n’est pas mon propos. J’aimerais plutôt attirer votre attention sur Martine Ouellet, la souverainiste.

Permettez-moi d’abord cette petite incursion dans le passé, à savoir le leitmotiv de Claude Morin, l’étapisme, lequel nous a conduits aux conditions gagnantes de Lucien Bouchard, des méandres sans fin qui aboutissent aujourd’hui, près de 50 ans plus tard, au report du référendum sur l’indépendance du Québec en 2022 proposé par François Lisée.

Dans une autre ligne de pensée se situe Martine Ouellet pour qui l’indépendance du Québec constitue son fer de lance à la Chambre des communes à Ottawa. Une démarche incessante, sans fioriture, qu’elle martèle sans relâche aux oreilles des députés fédéralistes.

Or, nonobstant son caractère « fougueux » qui, en passant devient nécessaire pour livrer bataille à Ottawa, Martine Ouellet vient de se voir rejetée par une majorité imposante de bloquistes. Le Bloc a parlé…L’avenir nous dira si son choix fut le bon!

vigile.net tribune libre 4 mai 2018
 

GND de l’autre côté de la clôture

5 juin 2018

L’ex-porte-parole de la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois (GND), celui-là même qui avait été critiqué pour son refus de condamner la violence qui avait lieu à l’occasion de certaines manifestations lors de la grève étudiante de 2012, a l’intention de condamner toute éventuelle violence qui aurait lieu lors des manifestations organisées en marge du sommet du G7.

Pour sa défense, GND argue qu’à l’époque, il avait des « contraintes » puisque l’assemblée générale de son association étudiante refusait de condamner la violence. Soit! Or, six ans plus tard, maintenant qu’il se retrouve de « l’autre côté de la clôture », ligne de parti oblige, le co-porte-parole de Québec solidaire et député de Gouin se fait tout à coup le défenseur de la loi et l’ordre.

Grand bien lui fasse! Il est tout de même pour le moins curieux que le loup agressif de 2012 se soit transformé en mouton docile en l’espace de six ans? À ce sujet, permettez-moi d’avoir quelques doutes sur ses velléités voilées eu égard à sa participation auprès des manifestants au G7!

Dans mon livre à moi, GND est avant tout un batailleur pour qui les victoires se mesurent à l’agressivité des gestes posés pour atteindre ses objectifs et, en ce sens, il devra se soumettre aux tensions que son tempérament devra surmonter pour montrer « patte blanche » aux yeux de ses nouveaux commettants, à savoir les électeurs de Gouin…Une histoire à suivre!

vigile.net tribune libre 3 juin 2018
Le Journal de Québec 5 juin 2018 (version abrégée)
 

Trans Mountain, le « monstre sacré »

31 mai 2018

Alors que Kinder Morgan se libère du projet de l’oléoduc Trans Mountain jugeant qu’il ne vaut plus la peine de le développer, qu’il ne lui sera pas bénéfique et qu’il est devenu toxique et risqué, le gouvernement Trudeau, faisant fi du contexte explosif suscité par Trans Mountain et alléguant qu’il est dans l’« intérêt national » de développer ce projet, va de l’avant en en devenant acquéreur pour 4,5 milliards de dollars puisés dans les poches des contribuables canadiens, en d’autres termes, en procédant à sa nationalisation.

Mais comment faut-il interpréter une telle attitude pour le moins cavalière de Justin Trudeau? Dans quelle intention le premier ministre prend-il la décision d’aller de l’avant contre vents et marées? Pourquoi le gouvernement Trudeau s’acharne-t-il à ramasser les pots cassés tout en espérant recoller les morceaux et rentabiliser cet investissement?

Toutes des questions sur lesquelles très peu de journalistes, jusqu’à maintenant, se sont penchés et qui méritent, à mon point de vue qu’on s’y arrête sérieusement. Mettons d’abord les choses au clair : Justin Trudeau, dans les traces de son père, incarne, sans l’ombre d’un doute, l’image d’un fédéralisme centralisateur fort. Et, à ce titre, il aurait été fort surprenant qu’il abandonne le « morceau », simplement parce qu’une « province » s’y objecte.

L’intérêt national oblige, argue le premier ministre…même si le fédéralisme coopératif tant clamé par Justin Trudeau lors de la dernière campagne électorale fédérale doit subir les contrecoups du projet Trans Mountain, un « monstre sacré » qu’il a décidé de placer sous ses ailes, et rien ni personne ne l’empêcheront de poursuivre dans cette voie!

vigile.net tribune libre 30 mai 2018