La CAQ dans les fiefs du PQ

10 septembre 2018

Alors que les deux premières semaines ont donné lieu à des attaques en règle entre la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ), depuis quelques jours, la scène s’est déplacée du côté du Parti québécois (PQ) qui, de toute évidence, est contraint de se défendre contre la CAQ de François Legault qui se positionne nettement comme le grand défenseur de l’identité nationale, un fief réservé au PQ depuis plusieurs décennies.

Et, pour en ajouter davantage, François Legault accentue les interventions sur la priorité à défendre la survie de la langue française, un
domaine privilégié par le PQ depuis sa fondation.

En termes clairs, je suis d’avis que la CAQ commence à sentir la soupe chaude et que, pour s’attirer le maximum de visibilité médiatique, M. Legault tire sur tout ce qui bouge, notamment sur les domaines traditionnellement dévolus au PQ pour lesquels le chef, Jean-François Lisée, démontre un aplomb remarquable.

En bref, il appert que la lutte initiale entre le PLQ et la CAQ vient de se voir imposer un troisième joueur, à savoir le PQ, et que le dernier segment de la campagne pourrait bien nous réserver des surprises si Jean-François Lisée persiste à garder le cap sur les valeurs sociales-démocrates du PQ, notamment la défense des intérêts du Québec, un des fers de lance de ce parti depuis sa création.

vigile,.net tribune libre 9 septembre 2018
Le Devoir 10 septembre 2018 "La CAQ chez le PQ"
 

Salut capitaine!

9 septembre 2018

Gilles Pelletier rêvait, dans sa jeunesse, de voguer sur les mers. Ce n’est pas par hasard que le scénariste Guy Dufresne lui a confié le rôle du capitaine Aubert dans le téléroman Cap aux sorciers, un rôle qu’il incarnait admirablement bien.

Pour Jean-François Lisée, « Gilles Pelletier fut notre grand capitaine : sur les planches et à l’écran. Avec nous, il voguait vers l’indépendance et appelait tous les matelots à faire le voyage. » Gilles

Toutefois, c’est sur scène qu’il excellait le plus. « Moi, je suis un acteur de scène. [C’est là qu’est] le plus grand plaisir peut-être, mais aussi les plus grandes peurs », raconte-t-il notamment dans une entrevue.

L’intensité de son regard perçant pouvait en un éclair occuper toute la scène. Sa voix de stentor envahissait l’espace. Les spectateurs vibraient au rythme des émotions du maître de la scène qu’incarnait Gilles Pelletier.

Le capitaine est parti pour son dernier voyage après nous avoir laissé un coffre aux trésors d’une grande richesse, le souvenir d’un homme de théâtre hors norme!

vigile.net tribune libre 7 septembre 2018
 

Le décrochage scolaire

8 septembre 2018

S’il est un enjeu majeur qui jette de l’ombre sur le système d’éducation québécoise, c’est bien le taux de décrochage scolaire qui est devenu, avec les années, un boulet aux pieds des ministres de l’Éducation.

À cet effet, une étude de l’Institut du Québec révèle qu’entre 2004 et 2014, l’écart s’est creusé entre le Québec et les autres provinces, le Québec se situant en queue de peloton avec 64 % de diplomation en 2015, un écart encore plus significatif chez les garçons qui réussissent à obtenir leur diplôme d’études secondaires en cinq ans dans une proportion alarmante de 57 %.

À mon avis, l’école doit retrouver ses lettres de noblesse, à savoir un milieu d’éducation animé par une équipe de professionnels compétents et heureux dans ce qu’ils font. D’où l’importance de mettre l’accent sur la formation des enseignants qui, trop souvent, escamote l’art de la didactique, essentielle à la capacité de communiquer les connaissances.

On aura beau tenter toutes sortes d’expériences ludiques autour de l’acte pédagogique, on se frappera continuellement au désarroi d’élèves en difficulté d’apprentissage qu’on devra tôt ou tard prendre en mains et accompagner sur les sentiers de la connaissance et, pour y arriver, l’enseignant doit disposer de toutes les ressources humaines disponibles, notamment les orthopédagogues, les psychologues et les travailleurs sociaux.

Les années de vache maigre des Libéraux ont fait un tort incommensurable au système de l’éducation, en particulier aux élèves en difficultés d’apprentissage. Il n’est donc pas surprenant que ces élèves abandonnent l’école avant la fin de leurs études secondaires… Un coup de barre majeur s’impose pour le plus grand épanouissement personnel de notre jeunesse québécoise!

vigile.net tribune libre 6 septembre 2018
 

Elle est où, l’indépendance?

8 septembre 2018

Au début de la campagne électorale, le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, s’est engagé à parler de l’indépendance du Québec « tous les jours » au cours de la campagne, « parce qu’il y a une série de problèmes qu’on a présentement qui sont dus au fait que nous ne sommes pas indépendants ».

À moins que les allusions de M. Lisée eu égard à l’indépendance du Québec ne soient littéralement passées sous le radar, à ma connaissance, je n’ai encore entendu ni lu aucune référence du chef du PQ à la souveraineté du Québec, et pourtant, nous sommes déjà au tiers de la campagne…

Elle est où, l’indépendance, M. Lisée ?

Le Devoir 8 septembre 2018

Les libéraux et l’immigration

7 septembre 2018

Un fait demeure constant depuis le début de la campagne de Philippe Couillard, le premier ministre sortant tient mordicus à l’arrivée de 50 000 immigrants au Québec. Raison officielle : « combler la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et moins qualifiée qui est partout, partout, partout! »

À cet effet, deux questions me chicotent. D’abord, quelles mesures concrètes ont été prises par les libéraux au cours des quinze années où ils ont occupé le pouvoir eu égard à la création de main-d’œuvre, si ce n’est de laisser un si sombre tableau en héritage à ce chapitre?

En second lieu, cet engouement pour l’arrivée d’immigrants ne cache -t-il pas une mesure électoraliste visant à engraisser le bassin de futurs électeurs libéraux, compte tenu que les immigrants reçoivent ici un accueil chaleureux de la part des deux palliers de gouvernement?

Deux questions qui demeureront surement sans réponse mais qui, à mes yeux, revêtent une importance capitale dans le débat sur l’immigration durant la campagne électorale et qui ressurgiront, je l’espère, lors des débats des chefs…

Enfin, j’éprouve beaucoup de difficultés à voir le visage éploré de Philippe Couillard lorsqu’il aborde l’urgence d’accueillir des immigrants comme si, tout à coup, il avait découvert la solution-miracle au manque de main-d’œuvre!

vigile.net tribune libre 6 septembre 2018

Appui des jeunes au PLQ

4 septembre 2018

Un récent sondage Léger, réalisé pour The Gazette et Le Devoir, indique que 35 % des jeunes électeurs de 18 à 35 ans appuieraient le PLQ, contre 26 % pour la CAQ, 16 % pour le PQ et 8 % pour QS. Le soutien des jeunes au PLQ s’expliquerait par plusieurs facteurs, notamment son fédéralisme ferme, sa position favorable à l’immigration, aux réfugiés et à la liberté de religion.

Fini le temps où les jeunes brandissaient fièrement le drapeau québécois lors de manifestations en faveur de la défense de l’identité et des racines québécoises…Mais à quoi peut-on attribuer ce revirement drastique? En accord avec Richard Martineau, je suis d’avis que l’implantation du cours Éthique et culture religieuse (ECR), auquel ont été soumis toute cette cohorte d’élèves, explique en grande partie cette désertion eu égard aux valeurs patrimoniales et cet engouement pour le multiculturalisme.

Conséquemment, il n’est donc pas surprenant que le PLQ récolte la faveur de toute une génération de jeunes à qui on a inculqué les bienfaits de l’ouverture aux autres religions et d’une politique d’immigration inclusive. D’où le maigre 16 % d’appui chez les jeunes pour le PQ dont les valeurs identitaires ont été balayées au profit du sacrosaint multiculturalisme!

À mon sens, le chemin de retour à la défense des valeurs québécoises risque d’être long et pénible compte tenu du recul qu’il a pris au cours des dernières années, causé notamment par une surenchère déloyale d’une ouverture débridée à une immigration inclusive, bafouant tout respect envers les valeurs et coutumes québécoises…

vigile.net tribune libre 4 septembre 2018

Rehausser la politique d’un cran

3 septembre 2018

On reproche souvent aux politiciens, et à raison, de faire de la politique bassement partisane et de dilapider sans vergogne toute une panoplie de promesses électorales qui, trop souvent hélas, meurent au feuilleton.

Or, la proposition du chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, eu égard à la signature conjointe des chefs de partis traitant de la protection de l’agriculture et de la culture québécoises dans le cadre des négociations de l’ALENA, rehausse d’un cran, à mon sens, la politique, contrastant de la sorte avec la valse des milliards auxquels nous ont conviés les chefs de partis au cours de la première semaine de la campagne électorale.

En agissant de la sorte, Jean-François Lisée nous a démontré qu’il avait l’étoffe d’un chef d’État, à savoir d’un chef de parti capable de situer l’intérêt des Québécois au-delà de toute politique partisane et de faire connaître clairement la position du Québec en haut lieu, autant à Ottawa qu’à Washington.

Pour la petite histoire…

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1120546/lisee-pq-front-commun-alena-autres-chefs-plq-caq-qs

vigile.net tribune libre 31 aût 2018

Martine ne lâche pas…

29 août 2018

Alors qu’on aurait pu croire que Martine Ouellet se retirerait de la scène politique, du moins pour un certain temps, voilà qu’elle ressurgit en lançant le Mouvement Québec indépendant (MQI), une organisation visant à faire la promotion de l'indépendance via la publication d'un magazine consacré à la question, intitulé Oui, je le veux.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’ex-chef du Bloc québécois, qui n’avait obtenu qu’un maigre 32 % d’appui lors d’un vote de confiance en juin, ne lâche pas et persiste contre vents et marées dans ses intentions de faire la promotion de l’indépendance du Québec, cette fois-là en donnant la parole à des souverainistes convaincus sur une toute nouvelle plate-forme.

Je suis d’avis que Martine Ouellet représente une force vive au sein du mouvement souverainiste du Québec et qu’elle y a toujours sa place. Aussi suis-je tout à fait en accord avec cette initiative qui ne peut qu’être bénéfique pour la cause qu’elle défend depuis des années avec conviction et courage.

Là où je considère que Martine Ouellet use d’une certaine sagesse, c’est qu’elle ne fonce pas tête baissée dans la création d’un nouveau parti politique, mais qu’elle agit prudemment tout en laissant la parole aux citoyens… Ainsi ses détracteurs ne pourront pas l’accuser cette fois-ci de faire preuve d’autoritarisme et d’entêtement!

vigile.net tribune libre 28 août 2018
 

Le magasinage de Gertrude

26 août 2018

Tout au cours de la pré-campagne électorale, nombreux auront été les candidats et candidates qui ont migré d’un parti à l’autre, notamment de la Coalition avenir Québec (CAQ) au Parti libéral du Québec (PLQ) et vice versa.

Toutefois, je décerne la « palme d’or » du magasinage à la candidate Gertrude Bourdon qui, après avoir flirté avec la CAQ et le Parti québécois (PQ), a finalement opté pour le PLQ, un cas patent d’une candidate pour qui l’allégeance politique a été reléguée carrément dans le placard.

À mon sens, Gertrude Bourdon s’est magasiné un poste de ministre de la Santé en remplacement de Gaétan Barrette qui, de toute évidence, a perdu la confiance de l’électorat québécois… et probablement de son chef, secrètement parlant!

Quoi qu’il en soit, dans l’hypothèse où elle soit élue et qu’elle fasse partie d’un gouvernement libéral, Mme Bourdon aura fait la démonstration que ses convictions politiques se sont substituées de façon éhontée à son ambition personnelle… Rien pour cesser d’alimenter le cynisme de la population envers la classe politique… Tout simplement pathétique!

quebechebdo 26 août 2018
vigile.net tribune libre 26 août 2018
 

Le PQ en mode séduction

26 août 2018

Depuis plusieurs années déjà, l’expression « faire de la politique autrement » est ressortie sporadiquement du vocabulaire politique sans jamais réellement apporter quelque nuance dans la réalité, si bien que sa présence est disparue furtivement au royaume des vœux pieux.

Or, au seuil du lancement de la campagne électorale, le Parti québécois (PQ) manifeste, à mon sens, une attitude diligente envers la population, ce qui lui confère une sympathie que je qualifierais de contagieuse.

Après une pré-campagne axée sur l’humour, la fresque multicolore ornant l’autobus de l’équipe péquiste, le style décontracté de Jean-François Lisée montrant le saumon qui remonte le courant, l’engagement du PQ d’offrir des repas chauds à prix modulés selon les revenus des familles à tous les enfants du primaire au Québec durant l’année scolaire, incarnent, à mes yeux, une bouffée de fraicheur dans le paysage austère et traditionnel des campagnes électorales auxquelles on nous a habitué.

Les derniers sondages, on le sait, plaçaient le PQ en troisième position loin derrière la CAQ et le PLQ, un départ de campagne ardu, voire périlleux. Pourtant, l’image projetée par Jean-François Lisée et Véronique Hivon ne laisse entrevoir aucune impression de défaitisme. Bien au contraire, le PQ semble avoir adopté le mode séduction, sans fioriture ni esclandre partisanes.

En réalité, c’est peut-être ça « faire de la politique autrement », un parti tourné vers les besoins de la population…Espérons que le reste de la campagne péquiste gardera cet élan, pour le plus grand bien de la campagne électorale dans son ensemble!

vigile.net tribune libre 23 août 2018