24 novembre 2018
J’ai parfois la curieuse impression, malgré sa bonne foi, que notre premier ministre François Legault gère le Québec comme une entreprise privée, probablement un vestige de sa vie antérieure d’homme d’affaires. À preuve cette assertion eu égard à l’embauche de travailleurs ontariens à la construction de futurs barrages au Québec : « Je pense que ce serait, comme on dit en anglais, un “win-win”, si on arrivait à faire une entente avec l’Ontario pour qu’au lieu de rénover des centrales nucléaires, on construise des barrages au Québec, en partie avec des employés du Québec, en partie avec des employés de l’Ontario ».
Une proposition « d’affaires » on ne peut plus déconnectée de la réalité syndicale bien ancrée au Québec et qui a fait sursauter, à juste titre, la FTQ Construction. Et, de poursuivre le premier ministre du Québec : « Il y a deux possibilités: il n’y a pas de barrages, puis il n’y a pas d’emplois ni au Québec, ni en Ontario, ou il y a des nouveaux barrages, on sert l’Ontario, puis il y a des emplois au Québec, puis des emplois en Ontario. »
Eh bien, M. Legault, vous n’êtes pas sans savoir qu’il existe un critère fondamental en politique concernant les nouveaux projets, c’est celui de l’acceptabilité sociale… Je vous invite à y réfléchir sérieusement avant d’aller de l’avant avec votre « deal » proposé à votre homologue ontarien, Doug Ford.
Une acceptabilité sociale avec laquelle, soit dit en passant, vous allez devoir composer à coup sûr si vous mettez de l’avant vos projets de barrages hydroélectriques au Québec!
vigile.net tribune libre 22 novembre 2018
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21 novembre 2018
Dans la saga qui a suivi l’annonce de la fin du projet d’université de langue française et l’abolition du Commissariat aux services en français par le premier ministre conservateur de l’Ontario, Doug Ford, les Conservateurs d’Andrew Scheer ont refusé d’appuyer une motion libérale stipulant qu’Ottawa « dénonce, sans équivoque, la décision du gouvernement de l’Ontario », la jugeant « trop partisane. »
Et pourtant, en coulisses, certains indices de discorde sont palpables. À preuve, un sénateur conservateur, qui a préféré garder l’anonymat afin de pouvoir s’exprimer librement, croit que M. Scheer doit songer à prendre ses distances avec le premier ministre ontarien tout en ajoutant que « c’est le fun d’avoir des gouvernements conservateurs dans d’autres provinces, mais ça peut aussi faire mal à la marque conservatrice. »
De son côté, le député conservateur de la circonscription de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus, admet que l’enjeu linguistique est « délicat » et « complexe à gérer » pour son parti, notamment au Québec, où le Parti conservateur du Canada souhaite faire des gains en 2019. Enfin, M. Paul-Hus ajoute que la députation d’Andrew Scheer n’a pas à faire les frais des décisions de son cousin ontarien, un avis partagé, semble-t-il, par l’ensemble de ses collègues… évidemment!
vigile.net tribune libre 20 novembre 2018
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21 novembre 2018
Ce n’est peut-être pas la trouvaille du siècle, mais pour plusieurs des militants présents à la Conférence des présidents du Parti québécois, au Collège de Maisonneuve à Montréal, la question de l’indépendance du Québec devrait être remise de l’avant après avoir été presque totalement laissée de côté durant la dernière campagne électorale, Jean-François Lisée souhaitant attendre un deuxième mandat pour proposer un référendum.
Pour employer un leitmotiv cher à Bernard Landry, « la patrie avant le parti », et la patrie du Québec ne s’obtiendra que par son indépendance, la raison d’être du parti de René Lévesque qui célèbre cette année le 50ième anniversaire de sa création.
Hormis les deux référendums de 1980 et de 1995, on peut dire que le PQ en a empruntées des voies sinueuses, de l’étapisme aux conditions gagnantes en passant par la gouvernance souverainiste et le report d’un référendum dans un deuxième mandat. Or, toutes ces tergiversations ont mené à un résultat catastrophique le 1er octobre 2018, le PQ ne récoltant que 17 % des suffrages et l’élection d’un minime 10 députés.
Pour s’appuyer sur une citation de Winston Churchill reprise par le chef parlementaire du parti, Pascal Bérubé : « Le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal : c’est le courage de continuer qui compte ». Oui, le PQ doit vite se remettre en mode indépendance… Il en va de sa survie sur l’échiquier politique québécois!
vigile.net tribune libre 19 novembre 2018
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19 novembre 2018
Dans le cadre de la Conférence des présidents du Parti québécois (PQ) qui visait à réfléchir sur le bilan du parti aux élections du 1er octobre dernier, l’ex-chef du PQ, Jean-François Lisée, s’est dégagé de toute responsabilité eu égard à l’écrasante défaite de son parti.
À titre d’exemple, même si les critiques de plusieurs participants ont été nombreuses relativement à sa confrontation avec la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, sur la gouvernance du parti, lors du troisième débat des chefs, M. Lisée persiste et signe : «C'était nécessaire, parce que si rien n'était fait, ça aurait été pire».
Jean-François Lisée estime que le Parti québécois (PQ) a «gagné la campagne» et ne croit pas avoir personnellement commis d'erreur, même si le parti a encaissé l'une des pires défaites de son histoire en n’obtenant que 17 % des suffrages et ne faisant élire que 10 députés, Jean-François Lisée ayant lui-même perdu sa circonscription de Rosemont aux mains de Québec solidaire.
En bref, il m’apparaît évident que Jean-François Lisée est le politicien téflon idéal et sans reproche. Et pourtant, même s’il est généralement convenu que les électeurs québécois voulaient se débarrasser des libéraux, n’est-il pas réaliste de penser que le chef du PQ est un des responsables du fait que les électeurs n’aient pas choisi le PQ?
vigile.net tribune libre 18 novembre 2018
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19 novembre 2018
Les Franco-Ontariens ont reçu toute une gifle de la part du premier ministre conservateur Doug Ford qui a décidé d’abolir le Commissariat aux services en français de l’Ontario en plus d’abandonner le projet d’université francophone, sur la glace depuis des décennies.
Mais qu’est-il donc arrivé des sacrosaints bilinguisme et biculturalisme de Pierre-Elliot Trudeau de 1971? Où sont passés les beaux principes d’équité entre les deux peuples fondateurs du Canada? Pourquoi faut-il que ce soit toujours les francophones hors Québec qui fassent les frais des coupes budgétaires des gouvernements du ROC?
Et, pendant ce temps, la ministre déléguée de l’Ontario aux Affaires francophones, Caroline Mulroney, assure que les « droits linguistiques » des Franco-Ontariens seront protégés et que le travail du commissariat, même aboli, se poursuivra, tout en soutenant que l’annulation du projet d’université francophone représentait une « décision difficile, mais nécessaire » en raison de l’état des finances publiques de la province.
Face à un constat aussi méprisant eu égard aux Franco-Ontariens, le premier ministre du Québec, François Legault, a le devoir d’intervenir auprès de son homonyme ontarien pour faire valoir leurs droits enchâssés dans la Constitution canadienne, notamment de bénéficier des services publics en matière d’éducation dans leur langue.
vigile.net tribune libre 17 novembre 2018
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19 novembre 2018
Dures semaines au chapitre des nouvelles économiques au Québec. Vers septembre 2019, Sico fermera son usine du secteur de Beauport à Québec, ainsi que son centre de distribution de la région de Montréal, ce qui devrait se traduire par la perte de 125 emplois, d’après la société.
Au début du mois, Rona a fait les frais d’une restructuration chez Lowe’s, puisque 24 magasins du fleuron québécois mettront la clé sous la porte alors que le géant américain procédera à 31 fermetures d’établissements au Canada d’ici la fin janvier. Cela devrait envoyer une soixantaine de personnes au chômage. Enfin, la semaine dernière, Bombardier a procédé à une autre restructuration majeure, annonçant l’élimination de 5000 postes, dont 2500 au Québec, d’ici 18 mois.
De son côté, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon est en train d’élaborer un plan de travail pour que cessent les départs de sièges sociaux vers l’extérieur du Québec. Quant à François Legault, il est revenu sur l’idée de voir Investissement Québec s’impliquer davantage afin de trouver des actionnaires de contrôle éventuels qui participeraient au maintien des sièges sociaux au Québec.
En campagne électorale, M. Legault s’est targué d’avoir une panoplie de candidats ayant une solide expertise en économie… Il est maintenant temps de transformer ces belles paroles en actions concrètes!
vigile.net tribune libre 16 novembre 2018
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14 novembre 2018
Parmi tous les personnages qui sont venus témoigner de leur affection pour Bernard Landry à l’occasion de ses funérailles célébrées à la basilique Notre-Dame de Montréal le 13 novembre, un terme est revenu, tel un refrain, marquer la cadence : patriote.
Selon le Larousse, le patriote est celui « qui aime ardemment sa patrie et le prouve par ses actes ». Bernard Landry aimait profondément et passionnément sa patrie, le Québec, et il a su le prouver tout au cours de sa longue carrière politique et jusqu’à son dernier souffle.
À son domaine dans son fief de Verchères flottait fièrement le drapeau du Québec dominant le Saint-Laurent. C’est dans cette chaumière qu’il se retirait avec sa compagne de vie, Chantale Renaud, et recevait sa famille qu’il chérissait d’un amour paternel profond.
Aux yeux de Bernard Landry, la patrie constituait la pierre angulaire de toute son action politique. « La patrie avant le parti » s’est-il plu à répéter à moultes occasions même après sa retraite de la vie publique.
Il est de notre devoir d’aimer notre patrie et de la servir de toutes nos forces pour qu’elle grandisse en sagesse et fasse un jour partie de la grande famille des nations : tel était le leitmotiv du patriote Bernard Landry.
Merci à vous, M. Landry, de nous avoir légué l’amour de la patrie en héritage et puisse cet amour rejaillir partout sur le territoire du Québec!
vigile.net tribune libre 13 novembre 2018
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14 novembre 2018
Après quelque cinq années de négociations entre la Ligue nationale de hockey (LNH) et l’Association des joueurs de la LNH, une entente « à l’amiable » est finalement intervenue eu égard aux quelques centaines d’anciens joueurs victimes de commotion cérébrale, l’Association alléguant que la LNH n'avait pas fait le nécessaire pour prévenir les traumatismes crâniens ni averti les joueurs des risques associés à la pratique du sport, tout en encourageant le jeu violent ayant entraîné des blessures.
Hormis le dédommagement financier, soit 22 000 $US pour chaque joueur impliqué dans le processus judiciaire, l'entente prévoit notamment la mise sur pied d'un fonds administratif pour payer les tests et les traitements médicaux aux joueurs qui ont obtenu un résultat positif à deux examens ou plus.
En bref, la LNH, via son commissaire Gary Bettman, devra défrayer la modique somme de 18,9 millions $US pour avoir fait preuve de négligence, ce même Bettman qui vient d’être intronisé au temple de la renommée du hockey après avoir pourtant contribué au déclenchement de trois lock-out, dont l’un a mené, en 2004-2005, à l’annulation d’une saison de hockey complète, en plus d’être responsable de l’interdiction aux joueurs de la LNH de participer au dernier tournoi olympique, tuant de la sorte tout l’engouement international pour un tel tournoi!
Le Devoir 14 novembre 2018
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11 novembre 2018
La mort de Bernard Landry a suscité de nombreux commentaires tous plus élogieux les uns que les autres, son combat incessant pour l’indépendance du Québec incarnant certes l’un des plus cités en exemple. À cet effet, il était remarquable de constater que la débâcle du PQ lors du scrutin du 1er octobre 2018, loin de l’avoir découragé, avait contribué à fouetter davantage son ardeur indépendantiste.
Fidèle partisan du PQ de la première heure, Bernard Landry aura porté le flambeau de l’accession du Québec à son indépendance jusqu’à son dernier souffle… Quel sort attend maintenant le PQ sans celui qui incarnait sa continuité, voire sa raison d’être?
Une question qui m’apparaît inévitable compte tenu de la grandeur de l’homme qui vient de nous quitter. Bernard Landry était intimement et profondément identifié au Parti québécois créé par son mentor, René Lévesque. Après le départ de Jacques Parizeau, celui de Bernard Landry laisse le PQ orphelin. Le dernier des grands au sein du PQ s’est éteint.
Dans un Québec où les jeunes sont envoûtés par la protection de l’environnement dans un contexte de mondialisation, comment le PQ peut-il les ouvrir aux bienfaits de l’accession du Québec à son statut de nation, cette nation qui était si chère à Bernard Landry? Sa mort vient-elle sonner le glas du PQ?
Bien malin celui ou celle qui peut répondre avec certitude à toutes ces interrogations sur lesquelles planent une kyrielle d’incertitudes!
quebechebdo 11 novembre 2018
vigile.net tribune libre 10 novembre 2018 "Quel sort attend maintenant le PQ sans celui qui incarnait sa continuité?"
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11 novembre 2018
À combien d’occasions avons-nous entendu François Legault, pendant la campagne électorale, dire qu’une de ses priorités sera de remettre de l’argent dans les poches des contribuables québécois!
Eh bien, on peut dire que le gouvernement caquiste vient d’encaisser une « prise » contre lui en fermant la porte à toute forme de redistribution des trop-perçus de 1,4 milliard $ aux clients d’Hydro-Québec.
Pourtant, il y a quelques mois à peine, la Coalition avenir Québec (CAQ), alors dans l’opposition, était montée aux barricades pour réclamer le remboursement des trop-perçus aux clients de la société d’État.
Or, année après année, les consommateurs québécois se heurtent à des augmentations de leur frais d’électricité alors qu’Hydro-Québec continue d’afficher des surplus annuels faramineux.
Dans ces circonstances, le minimum d’éthique de la part du gouvernement serait d’exiger que la société d’État rembourse les clients visés par ce trop-perçu!
quebechebdo 11 novembre 2018
Le Soleil 13 novembre 2018
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