Infiltration d’entraineurs pédophiles dans le sport amateur

17 février 2019

À la suite de la diffusion d'un reportage conjoint de Radio-Canada/CBC, nous avons appris que 340 entraîneurs du sport amateur ont été accusés d'un délit sexuel au cours des vingt dernières années au Canada, lesquelles accusations « vont de l'agression sexuelle à l'exploitation sexuelle en passant par le leurre d'enfants et la fabrication ou la possession de matériel pornographique juvénile ». Selon la société d'État, « 222 de ces accusations ont donné lieu à des condamnations pour des gestes envers 603 victimes mineures ».

Un tableau alarmant qui démontre à quel point l’influence perfide de certains entraineurs agit sur les jeunes athlètes qui se sentent pris dans un engrenage sans fin dans lequel la loi du silence fait office de règle à respecter au prix de l’obtention d’un poste dans l’équipe où les jeunes évoluent.

Nonobstant le fait que la ministre déléguée à l'Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, invite les athlètes ayant « le sentiment que leur sécurité et leur intégrité sont compromises, à en parler, à chercher de l'aide et à dénoncer tout comportement inapproprié », je demeure convaincu que les dirigeants des fédérations de sports amateurs doivent serrer la vis sur les mécanismes de contrôle des entraineurs eu égard à leurs antécédents judiciaires sur le plan de la violence ou du harcèlement sexuel auprès de ces jeunes sportifs vulnérables.

quebechebdo 17 février 2019
vigile.net tribune libre 17 février 2019
 

Maternelles 4 ans

17 février 2019

Suite à la présentation en Chambre par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, sur l’implantation des maternelles 4 ans, Anne-Marie Dussault recevait, à son émission 24/60 du 14 février, Égide Royer, psychologue et professeur titulaire en adaptation scolaire à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval, et la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement depuis juillet 2013, Josée Scalabrini, qui représente plus de 65 000 enseignants des quatre coins du Québec.

Malgré le fait que les points de vue paraissaient souvent divergents entre les deux invités, force est de constater qu’ils se rejoignaient au moins sur un point, à savoir que les maternelles 4 ans pourraient être envisagées comme des solutions complémentaires aux structures déjà existantes.

Dans la foulée d’Égide Royer qui a fait valoir, avec des exemples à l’appui, les avantages des maternelles 4 ans pour diagnostiquer les problèmes de comportement d’enfants qui risquent de les suivre tout au cours de leurs études s’il n’est pas pris en charge dès l’âge de 4 ans, je dois admettre que ses exemples parlaient d’eux-mêmes.

Toutefois, Mme Scalabrini est revenue à plusieurs reprises sur la difficulté voire l’impossibilité, d’étendre le projet de la CAQ à tous les élèves de la province d’ici 2023, notamment en pleine période de pénurie d’enseignants.

En bref, il m’apparaît opportun que chercheurs et praticiens s’assoient ensemble et confrontent leurs perceptions dans le but de trouver une solution qui rejoignent tous les agents d’éducation pour le plus grand bien de nos petits Québécois de 4 ans.  

quebechebdo 16 février 2019 
vigile.net tribune libre 17 février "Implantation des maternelles 4 ans"

Une peine « très sévère »

14 février 2019

Dans une lettre ouverte envoyée aux médias, les parents d’Alexandre Bissonnette, Manon Marchand et Raymond Bissonnette, jugent la sentence de leur fils « très sévère ».

« Avant de permettre les peines consécutives [au Canada], les condamnés aux crimes graves pouvaient garder un mince espoir de faire une demande de libération conditionnelle après 25 ans. Cette lueur d’espoir leur permettait de continuer d’avoir envie de vivre et de se réhabiliter », écrivent Mme Marchand et M. Bissonnette.

À mon sens, les médias ont beaucoup couvert les douleurs des victimes musulmanes de la tuerie de la grande mosquée de Québec. Or, force est de constater que les douleurs atroces qu’ont vécues et que vivent encore aujourd’hui les parents de Bissonnette sont plutôt passées sous le radar.

Je ne sais pas si la défense ira en appel de la sentence du juge François Huot. Par contre, si c’était le cas, il m’apparaîtrait de circonstance, tel que le souhaitent les parents du condamné, que, malgré les gestes qu’il a posés et pour lesquels il a reconnu sa culpabilité, Alexandre Bissonnette ait aussi droit à une chance de se rattraper…

vigile.net tribune libre 12 février 2019

Une histoire à suivre…

14 février 2019

J’ai suivi avec beaucoup d’attention l’évolution du dossier SNC-Lavalin et je remarque que chaque jour qui passe écrit un nouveau chapitre, le dernier en liste étant la démission de l'ancienne ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould, devenue ministre des Anciens combattants lors d'un remaniement du cabinet Trudeau au début janvier.

Depuis le début de cette histoire à rebondissements imprévus, bien des questions sont demeurées sans réponses, notamment la ou les raison(s) de la démission « surprise » de Mme Wilson-Raybould. Toutefois, ce qui me chicote le plus, c’est pourquoi la ministre n’est pas allée rencontrer Justin Trudeau pour lui faire part d’anomalies dans le développement de l’affaire SNC-Lavalin?

Je risque une réponse qui se confirmera ou pas dans les prochains jours: à mon avis, Jody Wilson-Raybould n’est pas allée frapper à la porte de son patron parce qu’elle savait des choses qui laissaient croire que le bureau du premier ministre était impliqué dans cette affaire.

L’ex-ministre de la Justice consulte actuellement un ancien juge de la Cour suprême pour connaître ses droits eu égard aux révélations qu’elle peut divulguer au grand jour. Peut-être en apprendrons-nous davantage lorsqu’elle saura ce qu’elle peut révéler. Une histoire à suivre…

vigile.net tribune libre 12 février 2019
 

Quand l’émotion exerce une prédominance sur la raison

12 février 2019

Bien que sensible à la douleur de la communauté musulmane relativement à l’attentat de la mosquée de Québec en janvier 2017, je demeure perplexe sur ses réactions qui ont suivi la sentence infligée à Alexandre Bissonnette.

À cet effet, l’ancien et l’actuel président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), Mm Labidi et Benabdallah, eu égard à la condamnation à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle de l’accusé avant 40 ans, ont déclaré que « l’objectif de dissuasion n’est pas atteint », et que « ça pourrait encourager d’autres personnes à faire des tueries de masse dans la société ».

À mes yeux, de tels propos démontrent à quel point, dans des circonstances aussi traumatisantes, une tragédie d’une telle ampleur peut faire en sorte que l’émotion exerce une prédominance sur la raison.

vigile.net tribune libre 12 février 2019
quebechebdo 12 février 2019
Le Devoir 14 février 2019 "Quand l'émotion l'emporte sur la raison"
 

18 000 demandes d’immigration à la déchiqueteuse

11 février 2019

On efface tout et on recommence… Tels sont, à peu de choses près, le sens de la décision du ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, eu égard aux 18 000 dossiers d’immigration encore en attente dans le cadre du Programme régulier des travailleurs qualifiés qui s’en vont directement à la déchiqueteuse, une mesure qui concerne quelque 50 000 personnes. Une décision qui, en passant, vient à l’encontre des paroles de François Legault qui alléguait encore récemment que ces dossiers seraient traités selon les règles actuelles.

Et tout ce branle-bas de combat pour le moins cavalier, voire inhumain, dans le seul but d’accélérer le dépôt du projet de loi sur l’immigration. Nonobstant les critiques acerbes des partis de l’opposition ayant trait à une telle mesure draconienne, force est de constater l’absence totale d’empathie, voire la froideur de la part du ministre pour ces immigrants qui ont dépensé tant et argent pour compléter leur demande d’immigration et qui attendaient, pour plusieurs, depuis 2005, l’étude leur dossier.

À mes yeux, le gouvernement Legault vient d’entacher sérieusement le côté humain qu’il s’était efforcé de laisser paraître auprès des citoyens depuis le début de son mandat, une qualité qui s’intégrait harmonieusement dans une politique d’écoute de la population. Or, en détruisant ces dossiers tels de vieux papiers devenus inutiles, le ministre Jolin-Barrette a fait le choix de la procédure administrative au détriment de ces milliers de demandeurs d’asile au Québec!

vigile.net tribune libre 7 février 2019 

Une entrée en fonction sous le signe de la transparence

11 février 2019

À peine 24 heures après son entrée en fonction à titre de ministre de la Condition féminine, Isabelle Charest, y est allée d’une déclaration pour le moins percutante à l’effet que le port obligatoire d’un vêtement dicté par une religion s’identifie à un signe d’oppression. Par contre, Mme Charest a tenu à spécifier qu’elle respecte les personnes qui font le choix de porter tel vêtement. 

« Pour les femmes qui doivent le porter, qui se font dicter par la religion si elles doivent porter le voile, pour moi, c’est un signe d’oppression. Maintenant, je sais qu’il y a des femmes qui choisissent de le porter. C’est leur choix et je le respecte pleinement. Pour moi, la liberté de choix, c’est primordial. Alors si elles choisissent de porter le voile, je respecte pleinement leur choix », a déclaré Mme Charest.

Il n’en fallait pas davantage pour que les partis d’opposition n’accusent la ministre de jeter le feu aux poudres dans un débat déjà chaud, accusant la nouvelle ministre d’utiliser des propos maladroits sur un enjeu qui divise, à leurs yeux, la population.

À mon sens, la ministre de la Condition féminine s’est montrée transparente eu égard à sa perception des femmes soumises au port obligatoire du hijab, une position qui reflète la perception d’une majorité de Québécois, tout en respectant le choix de celles qui le portent librement…Une attitude à la fois franche et respectueuse difficilement contestable!

vigile.net tribune libre 6 février 2019
Le Devoir 8 février 2019 "Sous le signe de la transparence" (version abrégée) 
 
 

Le dindon de la farce

11 février 2019

Le couperet est finalement tombé. Malgré les demandes répétées des partis d'opposition, le fonctionnaire du ministère de l'Agriculture (MAPAQ) et lanceur d'alerte Louis Robert, congédié en janvier, ne sera pas réintégré dans ses fonctions, tel que décidé par François Legault, lequel affirme sa confiance envers le sous-ministre qui a pris la décision de limoger Louis Robert.

Rappelons les faits. Expert adulé dans le secteur des grains, Louis Robert a dénoncé l'ingérence du secteur privé dans les recherches effectuées sur l'usage des pesticides en agriculture par le Centre de recherche sur les grains (CÉROM), financé par l'État québécois. Il a été limogé le 24 janvier pour avoir transmis un document confidentiel à un journaliste, ainsi que pour avoir contrevenu à ses obligations de discrétion, selon la lettre de congédiement rendue publique.

En réalité, devant la sourde oreille de son employeur eu égard à ses révélations d'ingérence du secteur privé dans les recherches effectuées sur l'usage des pesticides par le CÉROM, le lanceur d’alerte s’est retourné vers les médias dans l’intention, tel que son rôle le demande, de protéger les agriculteurs.

Depuis des jours, les partis d'opposition soutiennent que M. Robert a été victime de représailles pour avoir tenté de défendre les intérêts du public en dénonçant l'ingérence du secteur privé dans la recherche gouvernementale. Son seul crime «a été de vouloir protéger le public québécois des influences indues de l'entreprise privée», a fait valoir Pascal Bérubé, le chef intérimaire du PQ.

En conséquence, il m’apparaîtrait juste et équitable que Louis Robert soit réintégré dans ses fonctions tant que la Protectrice du citoyen n’aura pas déposé son rapport

vigile.net tribune libre 6 février 2019
quebechebdo 10 février 2019  "Le bouc émissaire" (version abrégée).
 

Bris d’engagement de François Legault

9 février 2019

S’il est un parti qui s’est évertué pendant des années d’opposition à l’Assemblée nationale à dénoncer vertement les nominations partisanes, c’est bien la CAQ. Or, François Legault vient de rompre avec son engagement électoral en confirmant la nomination d’une adjointe au cabinet du premier ministre, Catherine Loubier, au poste de Déléguée générale du Québec à New York.

Nonobstant la compétence indéniable de Mme Loubier qui a œuvré au provincial et au fédéral dans diverses fonctions, je dois reconnaître que le premier ministre a carrément commis un bris d’engagement flagrant eu égard aux nominations partisanes, un impair regrettable qui risque de le poursuivre encore longtemps autant devant les médias que les partis d’opposition en chambre.

La CAQ s’est présentée à l’électorat comme un parti guidé par l’absence de partisanerie…Eh bien, son chef vient de ternir considérablement cette image d’éthique professionnelle qu’il brandissait fièrement depuis longtemps tel un leitmotiv!

vigile.net tribune libre 7 février 2019
quebechebdo 9 février 2019
 

Deux poids, deux mesures?

7 février 2019

L’imbroglio suscité par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne, eu égard au congédiement du lanceur d’alerte, Louis Robert, dans des circonstances nébuleuses, a eu l’heur d’alimenter les critiques de l’opposition, notamment en raison de la « clémence » du premier ministre envers son ministre comparativement à son empressement à destituer MarieChantal Chassé de son poste de ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Il n’en fallait pas davantage pour que les partis d’opposition demandent au premier ministre de juger de la conduite du ministre André Lamontagne avec la même sévérité qu’il a jugé celle de MarieChantal Chassé,

Si l’on prend pour acquis que M. Lamontagne s’est excusé de s’être fourvoyé dans les termes qu’il a utilisés pour décrire les événements entourant le congédiement de Louis Robert, et qu’il a demandé l’opinion de la Protectrice du citoyen pour faire la lumière sur cette affaire, je serais porté à laisser « la chance au coureur », pour autant que cette histoire se termine par le rengagement de M. Robert qui n’a fait que son devoir.

Enfin, en ce qui a trait à Mme Chassé, il était devenu évident qu’elle éprouvait de sérieux problèmes de communication avec les médias, un handicap majeur qui aurait gravement porter atteinte à son rôle d’information à la population eu égard aux dossiers dont elle était responsable, notamment le dossier « chaud » de l’Environnement.

vigile.net tribune libre 5 février 2019