Bernard Landry, « l’homme honnête »

8 novembre 2018

Lors d’une émission spéciale de 24/60 portant sur diverses réactions ayant trait au décès de Bernard Landry sur les ondes de RDI, l’une d’elles a particulièrement attiré mon attention compte tenu de la référence à « l’honnête homme » du XVIIe siècle évoquée par un ami de longue date de M. Landry.

Afin de faire remonter à ma mémoire le souvenir de la notion d’« honnête homme » qu’il m’était arrivé de survoler durant mes cours de littérature, j’ai fait une petite recherche qui m’a conduit à certaines caractéristiques attribuées à un tel personnage au XVIIe siècle.

L’honnête homme projette un idéal de conduite fondé sur la modération, la simplicité et le respect des autres… Il obéit aux valeurs sociales, morales et intellectuelles de son temps…Il fait preuve de nombreuses qualités qui montrent son goût de l'échange humain…Il a une bonne culture générale qu'il n'étale jamais fièrement, il sait montrer qu'il est cultivé quand il le faut. Il fait preuve d'une grande réflexion alliée à un usage parfait de la raison…

Quoique Bernard Landry possédât certes ces qualités, on doit convenir qu’elles ne font pas référence à toutes celles que les invités d’Anne-Marie Dussault ont évoquées sur le plateau de 24/60, notamment son intégrité et sa générosité, des qualités qu’on pourrait, en passant, fort bien attribuer à « l’honnête homme » du XXIe siècle!

vigile.net tribune libre 6 novembre 2018
Le Soleil 9 novembre 2018

La CAQ à l’école du pouvoir

7 novembre 2018

Au fil des derniers jours, on a pu être témoin de reculs dans la position du gouvernement caquiste eu égard à certaines promesses électorales, notamment dans le dossier du salaire des médecins spécialistes où François Legault a manifesté le « besoin de bien comprendre l’entente » avant de statuer sur ses intentions.

À mon point de vue, il serait inadéquat de considérer ces reculs comme des cafouillages. Le nouveau gouvernement est en train de « faire ses classes », et il se rendra vite compte qu’il existe une énorme différence entre l’opposition et le pouvoir, entre autres, la teneure des dossiers qui sont souvent beaucoup plus complexes quand il faut les présenter en projets de loi.

D’ici à ce que les ministres trouvent leur confort dans leurs « nouveaux souliers », il faudra se montrer conciliant envers le nouveau conseil des ministres qui sont pour la presque en totalité des novices dans leurs fonctions.

François Legault et son équipe ont un défi de taille à surmonter, à savoir qu’ils sont capables d’obtenir leur « brevet » de l’école du pouvoir et devenir, comme M, Legault l’a si souvent répété en campagne électorale, le gouvernement de tous les Québécois!

vigile.net tribune libre 5 novembre 2018
 

Le phare de Vigile s’est éteint

5 novembre 2018

Quoique je n’aie pas eu la chance de connaître Richard Le Hir personnellement, j’ai ressenti un grand vide en moi lorsque j’ai appris son décès. Aussi ai-je senti le besoin d’utiliser la voie de Vigile pour lui rendre un hommage particulier, cette même voie qu’il a sue si souvent emprunter pour nous communiquer avec conviction son indéfectible foi envers l’avènement du Québec à son statut de pays.

Puisse sa lumière nous éclairer sur le chemin qui nous conduira au rêve que Richard Le Hir caressait plus que tout au monde, l’indépendance du Québec!

vigile.net tribune libre 5 novembre 2018
 

Détabouiser l’indépendance du Québec

5 novembre 2018

J’aimerais aborder ce billet avec une réflexion de M. Camille Laurin portant sur les états d’âme viscéraux du Québécois typique:
« Le sort a voulu que le Québécois naisse et grandisse sous le signe de l’ambiguïté et de l’ambivalence, ce qui en fait un être confus, tourmenté, divisé contre lui-même, incapable d’intégrer les éléments de sa riche personnalité, d’harmoniser ses aspirations et son action, d’inscrire ses rêves dans la réalité, de secouer les tutelles, de vaincre ses peurs, d’affronter l’inconnu à ses risques et périls, d’assumer pleinement sa liberté, son histoire et son existence. »  Camille Laurin

Une réflexion qui explique, à mon sens, le dilemme des Québécois devant l’accession du Québec à son statut de pays indépendant, notamment eu égard à ses peurs devant l’inconnu.

Devant un portrait aussi ambigu du Québécois, il n’est pas surprenant que, devant un choix entre la sécurité et le risque, il opte pour la sécurité. L’élection de la CAQ en est un exemple patent : un parti nationaliste à l’intérieur du Canada.

Dans ces conditions, le chemin vers l’indépendance du Québec risque d’être long et ardu. Toutefois, il reste une avenue à explorer, c’est celle de détabouiser la marche du Québec vers son indépendance en mettant en lumière les bienfaits du statut de nation autonome… Un exercice essentiel et prioritaire!


vigile.net tribune libre 1er novembre 2018
Le Soleil (version internet) 4 novembre 2018

La montée du populisme

3 novembre 2018

Selon Wikipédia, « dans son acception générale d’aujourd’hui, le mot populisme désigne une approche politique qui oppose le peuple aux élites politiques, économiques ou médiatiques… Le populisme se réfère à un peuple qu'on estime exclu du pouvoir et non écouté par la démocratie représentative jugée coupée des réalités. »

Avec l’arrivée au pouvoir de Nicolas Maduro au Venezuela, de Donald Trump aux États-Unis, de Jair Bolsonaro au Brésil et du ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, on peut affirmer sans l’ombre d’un doute que la montée du mouvement populiste est bel et bien enclenchée.

Protectionnistes, autoritaires, anti-environnement, anti-immigrants et minorités, anti-élites, anti-médias, aux yeux des populistes, la seule explication aux problèmes du peuple est la faillite des élites. Pour les populistes, ce sont elles les responsables et ils se présentent comme les seuls qui parlent pour le vrai peuple. De là, à mon avis, l’engouement du « vrai peuple » pour les politiciens populistes.

Mais jusqu’où ira cette effervescence envers les politiciens populistes? Les bonnes vieilles démocraties occidentales sont-elles désormais cernées par la montée des populistes? Des questions auxquelles seul le temps pourra nous apporter des réponses!

quebechebdo 3 novembre 2018
vigile.net tribune libre 3 novembre 2018

Le plus vieux métier du monde

2 novembre 2018

Au terme d’une assemblée générale extraordinaire (AGE), les quelque 150 membres de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) présentes ont voté majoritairement pour la reconnaissance de la prostitution comme un travail auquel consentent des femmes. Selon Wikipédia, « le travail peut être défini comme l'action, rémunérée ou non, de produire des biens et/ou des services à destination d'autrui ».

En ce sens, il m’apparaît pertinent de considérer la prostitution comme un travail, d’autant plus que la FFQ introduit la notion de « femmes consentantes » dans ses critères, une notion essentielle qui vient tracer la ligne cruciale entre la prostitution entre adultes et la prostitution juvénile où des mineures sont entrainées de façon tordue dans un commerce du sexe dont elles deviennent littéralement des esclaves sous le joug d’un proxénète qui les extorque sans pitié.

Depuis que le monde est monde que la prostitution entre adultes existe. La position de la FFQ ne vient que confirmer cette réalité contre laquelle toute forme de condamnation est peine perdue. Tant et aussi longtemps qu’il existera des femmes qui offriront leur corps en échange d’un montant d’argent, il y aura des hommes qui accepteront leur offre… Après tout, ne dit-on pas que la prostitution est le plus vieux « métier » du monde?

vigile.net tribune libre 31 octobre 2018
 

Le nationalisme selon Trump

1 novembre 2018

Règle générale, dans la plupart des dictionnaires, le nationalisme se définit comme une « doctrine politique basée sur la protection des intérêts de la nation et la mise en avant des valeurs nationales ».

Or, Donald Trump aura beau se proclamer « nationaliste », il m’apparaît clair que sa doctrine politique est basée sur la protection des intérêts d’une partie de la nation, à savoir les Blancs, voire les suprémacistes blancs.

Ce n’est pas par hasard que le président des États-Unis a été accueilli froidement à Pittsburgh lors de sa visite éclair à la suite de la tuerie dans une mosquée fauchant la vie de 11 personnes, la pire attaque antisémite de l'histoire du pays.

Depuis le début de son mandat, Donald Trump s’adresse à sa base militante partout où il se présente devant des milliers de partisans et jamais il n’est fait mention de rassembler l’ensemble de la nation américaine autour des valeurs nationales.

Donald Trump n’a rien d’un nationaliste. Donald Trump attise la haine par ses discours imprégnés de pugnacités. Donald Trump est un opportuniste qui sait où placer ses « œufs », à savoir dans le panier de ceux qui lui ont ouvert la porte de la Maison blanche, les partisans blancs de l’extrême droite.

vigile.net tribune libre 31 octobre 2018
 

La SQDC… un éléphant blanc?

30 octobre 2018

Après avoir connu un achalandage monstre au cours des premières journées ayant suivi l’ouverture des succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC), certains clients ont dû rebrousser chemin devant des portes barrées, une rupture de marchandise obligeant les succursales à diminuer leurs heures d’ouverture à quatre jours par semaine.

Conséquemment, l’un des objectifs de la légalisation du cannabis étant de freiner la vente du pot sur le marché noir, les vendeurs de rue disposent maintenant de trois jours par semaine pendant lesquels ils seront les seuls vendeurs de cannabis disponibles pour satisfaire leurs ex-clients qui n’auront d’autres choix que de se procurer leurs produits auprès d’eux comme avant.

Du côté de la SQDC, elle devra vite trouver une solution auprès de ses fournisseurs si elle désire reprendre le contrôle de la vente légale du cannabis au Québec à défaut de quoi elle risque de devenir un éléphant blanc défrayé à même les poches des contribuables, consommateurs ou non!

vigile.net tribune libre 29 octobre 2018
 

Interdiction des signes religieux

28 octobre 2018

Considérant l’importance de la tâche qu’ils exercent auprès d’une partie de la population, je ne peux que souscrire à la position du gouvernement caquiste eu égard à l’interdiction des signes religieux pour le personnel de l’État en fonction d’autorité, y compris les enseignants qui, sans l’ombre d’un doute, exercent une fonction d’autorité auprès des élèves.

Dans toute cette saga que se livrent les promoteurs de l’interdiction des signes religieux aux défenseurs des droits individuels inscrits dans la Charte des droits et libertés, il ne faudrait pas oublier que ce débat s’inscrit dans le grand chapitre sur la laïcité de l’État dont l’objectif ultime est de séparer la religion du politique, lequel se définit par l’ « exercice du pouvoir dans l’État ».

Dans cet optique, laïcité de l’État et interdiction des signes religieux aux personnels de l’État exerçant une fonction d’autorité sont indissociablement liés entre eux sans quoi la laïcité de l’État demeure un concept dénué de points d’ancrage qui lui permettent de se concrétiser dans des actes, notamment dans l’interdiction des signes religieux.

vigile.net tribune libre 27 octobre 2018

 

La carotte ou le bâton

25 octobre 2018

Dans son allocution prononcée lors de l’assermentation de son conseil des ministres, le nouveau premier ministre François Legault, faisant allusion à l’expression « la carotte ou le bâton », a insisté sur le fait qu’il avait l’intention d’utiliser la « carotte », à savoir l’incitation, au cours des négociations avec les médecins spécialistes.

Or, lors d’un dernier point de presse, M. Legault a exhibé clairement le « bâton », soit la menace, devant les médecins spécialistes en annonçant qu’il mettait fin maintenant aux augmentations de salaire signées avec le gouvernement Couillard et qu’il placerait en fiducie les sommes récupérées par une telle mesure. Une attitude provocatrice qui risque, dès le départ, de faire dérailler tout le processus de négociations avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

François Legault aura beau invoquer qu’il a été élu sur des engagements qu’il a pris en campagne électorale, ses électeurs ne s’attendent surement pas à ce qu’il agisse comme un bulldozer pour réaliser ses engagements, les Québécois préférant de loin la « carotte » au « bâton »… Notre bouillant premier ministre devra rapidement changer de ton et s’asseoir avec la présidente de la FMSQ, Diane Francoeur, pour établir un dialogue constructif dans l’épineux dossier des salaires des médecins spécialistes.

vigile.net tribune libre 24 octobre 2018