Rester près de son adversaire

22 août 2018

Une vieille pratique consiste à se tenir près de son adversaire si on veut être en mesure de voir venir ses attaques et de les contrer. Par les temps qui courent, Jean Charest, autour de qui gravitent des allégations de collusion et de corruption au moment où il occupait la fonction de premier ministre du Québec, flirte avec la classe politique en se montrant en désaccord avec Philippe Couillard dans le dossier du député Ouimet, l’accusant d’avoir fait preuve d’ « improvisation » dans cette affaire. Et tout cela dans une entrevue téléphonique à la radio avec l’ex-vice-première ministre dans le cabinet de Jean Charest, Nathalie Normandeau, en attente de son procès portant sur l'octroi de financement politique en échange de contrats publics.

En se donnant les prérogatives de « belle-mère » du PLQ, Jean Charest se positionne pour demeurer à l’affût des dossiers de l’UPAQ pour ainsi voir venir les attaques qui pourraient être lancées contre lui et contre-attaquer rapidement au besoin…

vigile.net tribune libre 22 août 2018
 

La loi du talion

22 août 2018

À la suite d’une question de la part d’une citoyenne qui demandait à Justin Trudeau quand il avait l’intention de remettre au Québec les millions de dollars qu’il a dû débourser pour accueillir « ses immigrants illégaux », le premier ministre y est allé d’une diatribe acerbe contre la dame, lui reprochant son intolérance envers les immigrants.

Paradoxalement, Trudeau s’est montré d’une intolérance immonde envers l’ « intolérance » de la dame, une attitude révélatrice qui démontre à quel point notre premier ministre canadien n’est tolérant qu’envers ceux qui se montrent en accord avec ses propos… Sinon, c’est la loi du talion qui tranche le débat sans vergogne!

vigile.net tribune libre 22 août 2018

Maxime Bernier, chef du Bloc québécois

21 août 2018

C’est un secret de polichinelle qu’on ne peut reprocher à Maxime Bernier d’utiliser la langue de bois pour exprimer son opinion, sa dernière sortie en liste contre le multiculturalisme « extrême » en faisant foi.

Ce n’est pas la première fois que le Beauceron se met à dos les bonzes du Parti conservateur du Canada (PCC), en particulier son chef Andrew Scheer, sur des sujets délicats, notamment sa position sur la gestion de l’offre qui lui aurait coûté, aux dires de plusieurs observateurs, le poste de chef du PCC, étant même devancé par son adversaire dans son propre comté.

Toutefois, malgré ses positions souvent fort controversées, il n’est pas facile, voire impossible souvent, de lui demander de mettre de l’eau dans son vin, si bien qu’il se retrouve isolé dans son propre parti.

Mais jusqu’où Maxime Bernier est-il prêt à aller pour défendre ses idées sur le multiculturalisme débridé? Est-il prêt à rouvrir la Constitution pour que soit reconnue clairement la primauté des deux peuples fondateurs? Si tel est le cas et qu’il se sent prêt à renaître de son ancienne vie de souverainiste, une place laissée libre par le départ de Martine Ouellet l’attend comme chef du Bloc québécois.

Allez, M. Bernier, faites valoir vos racines beauceronnes et rendez-vous au bout de vos convictions…la voie est libre!

Note complémentaire (Wikipédia)

« À la fin des années 1990, Maxime Bernier est responsable des réformes réglementaires du secteur financier au sein du ministère des Finances alors dirigé par le péquiste et futur Premier ministre du Québec Bernard Landry. Selon ce dernier, Maxime Bernier affirmait alors être indépendantiste et il croit qu'il l'est toujours. M. Bernier confirme qu'il a flirté avec le Parti québécois à cause du rejet de l'Accord du Lac Meech et des politiques centralisatrices des gouvernements libéraux, mais dément avoir voté «Oui» lors du référendum de 1995. Il a également été attiré par les critiques de Landry sur l'égalisation et le soutien du libre-échange ».

vigile.net tribune libre 21 août 2018
Le Soleil 23 août 2018 (version abrégée)
 

Les boulets aux pieds du PLQ

20 août 2018

Par les temps qui courent, le Parti libéral du Québec (PLQ), en particulier son chef Philippe Couillard, multiplient les millions de dollars auprès des électeurs québécois, une stratégie vieille comme le monde en période pré-électorale et qui a toujours fait les frais du PLQ lorsqu’il était au pouvoir.

C’est sans compter une autre arme favorite du PLQ, à savoir entretenir la peur eu égard à un autre parti, la Coalition avenir Québec (CAQ), qui mène dans les derniers sondages, étant la cible favorite de Philippe Couillard qui reproche à François Legault d’être « une menace à la paix sociale ».

Toutefois, derrière les rideaux de ces scènes bassement électoralistes se cachent un PLQ trainant péniblement deux boulets à ses pieds, soit la démobilisation du personnel infirmier et du personnel éducatif, deux boulets que Philippe Couillard et ses ministres de la Santé et de l’Éducation se sont eux-mêmes attachés aux pieds en sabrant sans vergogne dans les services aux usagers de ces deux ministères.

Tel est, à mes yeux, le pire héritage qu’un parti politique ait légué depuis des décennies aux Québécoises et aux Québécois en fin de mandat. On ne compte plus les récriminations des enseignants (es) et des infirmiers (ères) qui se plaignent de leurs conditions de travail misérables depuis que le bulldozer des coupures drastiques est venu faucher du personnel essentiel à la saine gestion de leurs tâches.

Conséquemment, M. Couillard, vous aurez beau distribuer vos étrennes un peu partout dans la société, vous n’arriverez pas à faire oublier les blessures psychologiques que vous avez causées, non seulement au personnel oeuvrant en Santé et en Éducation, mais aussi aux utilisateurs de ces services, à savoir les élèves et les malades…

vigile.net tribune libre 20 août 2018
 

La félonie de Couillard

20 août 2018

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’arrivée de l’ex-joueur du Tricolore, Enrico Ciccone, à titre de candidat pour le PLQ dans Marquette, ne se fait pas sans soulever des insatisfactions chez certains libéraux, notamment chez les membres de l’association libérale de comté qui prévoient démissionner en bloc, insatisfaits de la manière cavalière utilisée par Philippe Couillard pour larguer le député François Ouimet.

En guise d’argumentaire pour justifier son choix, le chef du PLQ plaide que « le message de notre formation politique, pour l’élection générale, c’est bien sûr l’expérience, mais également le renouveau de l’équipe [pour obtenir] du succès ».

Or, il s’avère que, depuis l'annonce du départ forcé de M. Ouimet, les observateurs de la scène politique se perdent en conjectures sur les véritables raisons de cette mise au ban des libéraux à l'égard d'un député sans histoire ayant à son actif 24 ans de loyaux services, d’autant plus qu’en mai, le chef libéral l'avait pourtant assuré « les yeux dans les yeux » qu'il signerait son bulletin de candidature pour le prochain scrutin.

À mon sens, le revirement de Philippe Couillard au profit de M. Ciccone risque de laisser des traces amères au sein de plusieurs militants du PLQ et, par ricochet, sur le manque de loyauté de Couillard dont la félonie pourrait bien se retourner contre lui tel un effet boomerang.

À titre d’information supplémentaire, des rumeurs laissent entendre qu’Enrico Ciccone ait déjà fait des approches auprès de la CAQ qui aurait refusé sa candidature…C’est vous dire toutes les « convictions » que ressent Ciccone en faveur du PLQ qu’il a d’ailleurs dénigré à quelques occasions au cours des dernières années!

vigile.net tribune libre 18 août 2018
 

Un grand parmi les grands

16 août 2018

Je me souviens du jour où une élève de cinquième secondaire de l’école où j’enseignais avait pris l’initiative d’inviter le comédien Albert Millaire à l’amphithéâtre pour mousser le théâtre auprès des élèves.

Cet après-midi-là, la frénésie était palpable dans la salle où quelque huit cents élèves attendaient avec impatience ce grand comédien, ignorant tout de la prestation qu’il allait leur offrir.

Puis, tout à coup, tel un personnage sorti d’un conte de fée, le grand Albert Millaire apparut sur la scène, muni d’un nez proéminent, vêtu d’un chapeau arborant une longue plume, d’une veste ample resserrée à la taille par une large ceinture, d’un pantalon bouffant et de longues bottes.

Alors, de sa voix de stentor, il annonça aux élèves qu’il allait leur jouer un extrait de Cyrano de Bergerac. Puis, dès qu’il amorça sa longue réplique, un silence sépulcral envahit la salle, si bien qu’on aurait pu entendre voler une mouche. La communication avec les jeunes spectateurs s’est établie aussitôt que l’acteur se mit à parler et à bouger sur scène avec une telle magnificence que les yeux des élèves demeuraient rivés sur Cyrano.

Probablement qu’aujourd’hui plusieurs des élèves qui ont assisté à cette prestation s’en souviennent encore…C’était surtout cela, Albert Millaire, un grand parmi les grands qui envahissait la scène pour finalement se l’approprier tout entière!

Le Devoir 17 août 2018
Le Soleil 18 août 2018 "La grandeur d'Albert Millaire"

Je voterai PQ…quand même!

16 août 2018

Nonobstant le report en 2022 de la consultation populaire sur l’indépendance du Québec avec lequel je suis en désaccord, je voterai quand même pour le Parti québécois (PQ) le 1er octobre.

Pourquoi? Premièrement pour son équipe de candidats qui incarnent, à mon sens, un harmonieux mélange d’expérience et de jeunesse, et deuxièmement pour sa plate-forme électorale qui répond adéquatement aux besoins des Québécois et des Québécoises.

À ce sujet, j’aimerais vous citer quelques objectifs reliés à la plate-forme électorale du PQ :
-Tendre graduellement vers une « véritable gratuité scolaire » pour les études postsecondaires
-Réinstaurer un tarif unique de 8,05 $ pour le premier enfant dans les CPE et les services de garde subventionnés, et de 4 $ pour le deuxième enfant
-Obliger tous les fonctionnaires, employés et agents de l’État à avoir le visage découvert dans le cadre de leurs fonctions et tous les citoyens à recevoir des services de l’État à visage découvert
-Étendre la loi 101 pour assurer la présence du français « langue de travail » dans les entreprises de 25 à 50 employés et dans celles à charte fédérale
-Augmenter le soutien à domicile d’au moins 100 millions $ par année pendant 5 ans
-Donner davantage d’autonomie aux 200 000 professionnels de la santé « autres que les médecins »
-Hausser le salaire minimum à 15 $ de l’heure d’ici octobre 2022
-Rédiger une loi-cadre sur la décentralisation et la régionalisation
-Instaurer un mode de scrutin proportionnel
-Mettre à jour les études sur la souveraineté

Si nous désirons un gouvernement crédible qui affiche clairement ses couleurs et qui invite les Québécois à une prise en charge graduelle de leur autonomie en mettant l’accent sur leurs valeurs et leurs convictions, le PQ représente sans nul doute le meilleur choix qui s’offre à nous!

vigile.net tribune libre 15 août 2018
 

À la reconquête des 18-34 ans

13 août 2018

En 2012, Pauline Marois avait profité de la grogne des étudiants et des jeunes professionnels pour défaire le gouvernement libéral de Jean Charest. Un sondage Léger diffusé un mois avant le scrutin voyait le PQ largement en tête des intentions de vote chez les 18-34 ans. Six ans plus tard, trois sondages successifs de la même firme, diffusés entre avril et juin 2018, placent le PLQ en tête des intentions de vote chez les électeurs de 18 à 34 ans et, à chaque fois, le PQ est troisième avec 20% ou moins.

Un revirement pour le moins draconien qui laisse entrevoir que le virage jeunesse entrepris par Paul Saint-Pierre Plamondon en 2012 s’est essoufflé par manque de « carburant », à savoir de bougie d’allumage qui aurait dû pourtant perpétuer l’engouement des 18-34 ans envers le PQ.

Mais que s’est-il donc passé entre 2012 et 2018 qui pourrait expliquer un tel revirement? À mes yeux, avec le report d’une démarche concrète du Québec vers son indépendance en 2022, la question de l’identité nationale a pris le chemin du placard au détriment de l’image d’un bon parti « provincialiste », lequel se retrouve relégué sur le même pied que le PLQ aux yeux de la frange jeunesse de l’électorat.

Et pourtant, le PQ regroupe, à mon sens, la meilleure équipe de candidats susceptibles de former un excellent gouvernement. Ne manque que la promotion de sa marque distinctive, à savoir la souveraineté du Québec, pour aspirer à reconquérir le cœur des 18-34 ans!

vigile.net tribune libre 13 août 2018
 

Protection des sources journalistiques

12 août 2018

On ne compte plus les magouilles dans lesquelles a ou aurait trempé Marc-Yvan Côté au cours de sa carrière politique ou, subséquemment, dans sa vie civile, la dernière en liste référant aux soupçons qui lieraient l’ancien ministre à un système de collusion entre des élus et la firme Roche.

Or, la cause est encore en suspens, les avocats de M. Côté alléguant que la journaliste Marie-Maude Denis devrait révéler les sources journalistiques l’ayant conduit à l’allégation du système de collusion en cause. Dans ce dossier, en mars dernier, la Cour supérieure du Québec avait donné raison à M. Côté et forcé la journaliste à identifier ses sources. Face à ce constat, les avocats de Mme Denis ont sollicité la Cour suprême qui a accepté d’entendre la cause.

Une saga judiciaire qui révèle à quel point la confidentialité des sources journalistiques est fragile et, par ricochet, la difficulté, voire l’impossibilité, dans certains cas, pour un journaliste, d’obtenir des informations devant une instance judiciaire qui serait légitimée de connaître les noms des sources.

Par ailleurs, l'avocat de la journaliste estime que la jurisprudence protège les sources journalistiques sauf dans « quelques rares exceptions », comme des cas de crimes graves ou de sécurité nationale, ce qui, bien sûr, n’est pas le cas dans cette affaire.

Par conséquent, il est à souhaiter que la Cour suprême donnera raison à la protection des sources journalistiques, à défaut de quoi les journalistes peuvent dire adieu aux informations « confidentielles » qu’ils reçoivent de leurs sources!

vigile.net tribune libre 10 août 2018
quebechebdo 12 août 2018 (version modifiée)
 

De l’humour à la politique

9 août 2018

C’est un secret de polichinelle que le Parti québécois (PQ) n’a pas la faveur populaire si on se fie aux derniers sondages qui le placent « bon » troisième derrière la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ). Qu’à cela ne tienne, le PQ a décidé d’emprunter la voie de l’humour, voire de la dérision, dans l’intention de se frayer un chemin pour le moins original dans la course électorale.

Aux yeux du député de Matane-Matapédia et porte-parole de cette campagne publicitaire estivale Pascal Bérubé, « l’humour, c’est une façon de faire de l’autodérision. Ça montre l’humilité. Et parfois, sourire, c'est une belle façon de montrer les dents également. »

Selon Georges Wolinski, « l’humour est le plus court chemin d’un homme à un autre ». En ce sens, les voies de l’humour sont innombrables et ne peuvent que passer des messages révélateurs aux multiples facettes.

Quoi qu’il en soit, le PQ n’a rien à perdre… Reste à voir si son « festival de l’humour » aura l’heur d’attirer l’attention des « spectateurs » et, qui sait, peut-être de susciter leurs réflexions!

En pareil cas, le PQ sortira de cette pré-campagne plus vigoureux et davantage armé pour affronter les autres partis avec toute la fougue nécessaire pour incarner un adversaire déterminé à s’emparer du pouvoir. 

vigile.net tribune libre 8 août 2018