Procédure de destitution contre Donald Trump

27 septembre 2019

La pression soutenue depuis des mois a finalement eu raison de la présidente démocrate de la chambre basse, Nancy Pelosi, dans l’épineux dossier de la procédure de destitution du président américain Donald J. Trump.

La Chambre, à majorité démocrate, sera chargée de mener la procédure de mise en accusation (« impeachment » en anglais). Si celle-ci aboutit, le Sénat, contrôlé par les républicains, qui restent en majorité fidèles à Donald Trump, devra conduire le « procès » du président, conclu par un verdict de culpabilité ou non. À mes yeux, il semble peu probable, voire impossible, que suffisamment de sénateurs républicains se retournent contre M. Trump.

Toute cette affaire a éclaté lorsqu’un mystérieux lanceur d’alerte, membre des services de renseignement américains, a fait en août un signalement à sa hiérarchie concernant une conversation téléphonique de Donald Trump avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans laquelle les démocrates soupçonnent M. Trump d’avoir poussé, en mettant dans la balance une aide militaire destinée à l’Ukraine, son homologue ukrainien à enquêter sur Joe Biden et son fils, Hunter, ce dernier ayant travaillé pour un groupe gazier ukrainien à partir de 2014, lorsque son père était vice-président.

Espérant briguer un second mandat en novembre 2020, le républicain a jugé « ridicule » l’idée d’être destitué, affirmant que cette procédure lui serait au contraire bénéfique dans les urnes, une éventualité qui a justement longtemps freiné Nancy Pelosi, l’habile stratège craignant que les électeurs ne sanctionnent en 2020 un parti qui passerait trop de temps à cibler le républicain, plutôt qu’à parler des sujets qui les préoccupent profondément, notamment l’économie et la santé.

Seuls deux présidents américains ont été mis en accusation dans l’Histoire des États-Unis : les démocrates Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton, poursuivi pour « parjure » en 1998 après sa liaison avec la stagiaire de la Maison-Blanche Monica Lewinsky. Dans les deux cas, la destitution a été rejetée. En réalité, jamais un président n’a été destitué aux États-Unis… et je suis d’avis que Donald Trump perpétuera la « tradition ». Pour tout dire, il semble peu probable, voire impossible, que suffisamment de sénateurs républicains se retournent contre M. Trump.


vigile.net tribune libre 25 septembre 2019
quebechebdo 26 septembre 2019 "Mission impossible" (version abrégée)

 

 

La DPJ à bout de souffle…

27 septembre 2019

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), dans son bilan pour l’année 2018-2019, indique avoir retenu 41 530 dossiers sur 105 644 signalements, soit une hausse globale de 6,2% pour la province, une augmentation de signalements qui survient dans la foulée de deux tragédies qui ont ébranlé le Québec entourant les décès de la petite Rosalie Gagnon, à Québec, ainsi que de la petite martyre de Granby. Un bien triste bilan!

 

De nos jours, de nombreux enfants sont devenus malheureusement les otages d’une société malade où les violences corporelles, la négligence systémique et les mauvais traitements psychologiques envers eux s’immiscent insidieusement dans un climat malsain, voire horrible, à la maison. Face à ce phénomène désastreux, une commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse a été mise sur pied et doit débuter ses travaux le mois prochain.

 

Nul doute que ses recommandations apporteront des éléments de solution utiles aux intervenants œuvrant auprès de cette classe de jeunes maltraités et extrêmement vulnérables. Toutefois, pour y parvenir, le gouvernement devra injecter les sommes nécessaires à l’embauche du personnel nécessaire à un système littéralement à bout de souffle. Une société qui se respecte ne peut abandonner des enfants entre les mains de parents irresponsables, voire parfois inhumains… C’est une simple question de solidarité et de justice élémentaires!

quebechebdo 27 septembre 2019

Les CHSLD au banc des accusés

25 septembre 2019

J’ai toujours éprouvé un profond malaise devant les plaintes répétées depuis des années eu égard à la maltraitance des personnes âgées vulnérables dans les Centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD).

Eh bien, une lumière vient de jaillir au bout du tunnel. En effet, le juge Donald Bisson, de la Cour supérieure, a autorisé une action collective contre des CHSLD du Québec relativement à des allégations de mauvaises conditions de séjour de leurs résidents, qui ne recevraient pas les soins et les services auxquels ils ont droit.

À cet effet, le principal témoin dans cette cause, Daniel Pilote, allègue notamment que les préposés de son CHSLD sont débordés et surmenés, ce qui a un impact sur la qualité des soins qu’il reçoit. Il se dit victime d’erreurs médicales, soutient que sa médication est souvent mal gérée et qu’il vit avec l’anxiété que le personnel inexpérimenté ne sache pas quoi faire avec son équipement respiratoire en cas d’urgence.

Le gouvernement Legault se targue sur toutes les tribunes d’avoir des surplus faramineux inattendus… Peut-être pourrait-il ouvrir ses goussets pour dégager les sommes nécessaires à l’embauche de nouveau personnel et ainsi permettre aux résidents des CHSLD de bénéficier des soins nécessaires à une qualité de vie respectant leur dignité humaine.

quebechebdo 25 septembre 2019 
Le Soleil 28 septembre 2019

La semonce de Greta aux dirigeants de la planète

24 septembre 2019

 

Alors que plusieurs observateurs de tous les horizons ne voyaient dans les déclarations de Greta Thunbergh que des messages stéréotypés lancés sans émotion apparente, la jeune militante suédoise pour le climat a servi une sévère semonce aux dirigeants de la planète réunis pour le Sommet Action Climat organisé à l’initiative du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à New York.

« Je ne devrais pas être ici, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan…Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses… Le monde est en train de se réveiller et le changement arrive que cela vous plaise ou pas… Si vous échouez, nous ne vous le pardonnerons jamais », a-t-elle lancé, le trémolo dans la voix et le regard rivé sur les décideurs politiques présents.

Et d’insister la militante : « L’échec climatique est d’ailleurs à nos portes. Au rythme des émissions actuelles, le budget de CO₂ qui nous reste sera épuisé dans un peu plus de huit ans. Mais vous n’êtes toujours pas assez mûrs pour dire les choses telles qu’elles sont. Vous ne parlez que d’une éternelle croissance économique. »

Greta Thunbergh est à l’origine d’un mouvement mondial de mobilisation de millions de jeunes autour de la sauvegarde de la planète. Du jamais-vu. Les dirigeants de cette planète peuvent-ils demeurer insensibles à un tel appel du coeur à l’urgence d’agir? Si oui, notre planète court implacablement à sa perte!…

quebechebdo 24 septembre 2019
vigile.net tribune libre 1er octobre 2019

Place à la campage électorale!

22 septembre 2019

Dans toute la saga qui entoure l’épisode du blackface de Justin Trudeau, je dois admettre que toute cette histoire revêt des allures de guéguerre partisane entre les différents chefs de partis fédéraux.

À titre d’argumentaire, je vous propose la réaction de Dan Philip, président de la Ligue des Noirs du Québec : « C’est plutôt une gaffe, un acte innocent. Pour moi, il n’avait même pas besoin de faire des excuses ». Une position qui a trouvé écho auprès de l’organisme Communication, Ouverture et Rapprochement interculturel (COR), qui considère également que M. Trudeau a simplement commis une « gaffe »… Ce sont des couteaux qui volent trop bas, [mais] il faut se concentrer sur ce qui nous intéresse le plus, soit l’élimination des différentes discriminations », a souligné Mme Laouni, la présidente de l’organisme.

Depuis cet incident, Justin Trudeau s’est excusé en long et en large sur son comportement passé qu’il qualifie de regrettable et d’inacceptable. Quant à ceux qui voient dans cette mascarade tout élément de racisme de sa part, son engagement politique constant envers les minorités ne trompe pas… En conséquence, il m’apparaît pertinent de tourner la page et de céder la place à la campagne électorale!

vigile.net tribune libre 22 septembre 2019

Le « blackface » de Trudeau vu par Dany Laferrière

22 septembre 2019

Mon propos se veut une réflexion personnelle sur l’entrevue accordée par l’écrivain et académicien Dany Laferrière à l'émission 24/60, sur les ondes d'ICI RDI, eu égard à la saga suscitée par l’épisode du « blackface » de Justin Trudeau.

D’entrée de jeu, M. Laferrière appuie son argumentaire sur deux éléments. Primo, l'auteur déplore que l'on oublie le contexte de la première photo qui a alimenté l'affaire, publiée par le magazine américain Time, où l'on peut voir M. Trudeau déguisé pour ressembler à Aladdin, dans Les mille et une nuits, lequel ne se réfère pas à un être vivant mais à un personnage littéraire.

Secundo, l’écrivain est catégorique : le geste posé par M. Trudeau n'est pas un acte de « blackface ». Pour ce faire, il aurait fallu qu’il y ait une volonté certaine de vouloir ridiculiser et déshumaniser l’autre. « Aux États-Unis, quand on faisait du « blackface » pour ridiculiser, on mettait un regard effrayé, de grosses lèvres, des yeux un peu entourés de blanc pour obtenir un regard à la fois effrayé et effrayant. »

De fait, pour l'écrivain, l'affaire est avant tout politique. Voilà pourquoi il juge que non seulement il n'a pas à accepter les excuses du chef libéral, mais que les excuses en question n'ont rien à voir avec cette histoire. « C'est la politique, c'est l'Amérique du Nord. Nous nous disons société laïque, mais en fait, nous sommes toujours dans la confession publique. »

Je souscris entièrement aux arguments de Dany Laferrière qui sont bien campés dans des contextes littéraire et historique. Quant à sa remarque sur cette affaire qu’il qualifie de « politique », il faudrait être bien naïf pour ne pas y percevoir le malin plaisir d’Andrew Scheer qui ne se gêne pas pour en faire ses choux gras sur toutes les tribunes!

vigile.net tribune libre 22 septembre 2019

Legault est-il climatosceptique?

22 septembre 2019

Si on en croit les déclarations du porte-parole du Pacte pour la transition, Dominic Champagne, François Legault présente toutes les caractéristiques d’un climatosceptique, alléguant, notamment, qu’en matière de lutte aux changements climatiques, le gouvernement caquiste n’a présenté jusqu’à maintenant, aucun plan crédible. Or pourtant selon M. Champagne, le premier ministre a démontré sa capacité à bouger rapidement dans d’autres dossiers, tels l’immigration et la laïcité.


Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, et son collègue à l'Énergie, Jonatan Julien, débarqueront à New York la semaine prochaine pour le Climate Week, un grand sommet annuel coordonné par l'ONU… en l’absence de François Legault. Quelle réponse concrète les ministres donneront-ils à l’appel de l’ONU?


Pourquoi François Legault a-t-il refusé d’inviter Greta Thunberg à l’Assemblée nationale? Pourquoi le premier ministre sera-t-il absent lors de la manifestation pour le climat prévue le 27 septembre? Pourquoi s’est-il montré intraitable envers les enseignants en leur enjoignant de demeurer à leur tâche à l’occasion de cette manifestation?


Des questions qui, selon moi, sèment de sérieux doutes sur les convictions profondes de François Legaut eu égard à l’urgence des changements climatiques… Climatosceptique M. Legault? Je dois avouer au moins une chose : le climat ne fait surement pas partie de ses priorités!

vigile.net tribune libre 21 septembre 2019
quebechebdo 22 septembre 2019 

L’oléoduc de la discorde

21 septembre 2019

Le chef du parti conservateur, Andrew Scheer, s’est avancé sur un terrain glissant en abordant la construction d’un oléoduc traversant le territoire du Québec tout en alléguant l’argument de l’intérêt national. De son côté, le premier ministre du Québec, François Legault, a répliqué en insistant sur le fait que l’oléoduc ne passait pas le test de l’acceptabilité sociale au Québec.

Deux arguments qui s’entrechoquent et qui sèment la discorde au sein de l’électorat des provinces, telles l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba d’une part, et le Québec d’autre part. Le débat est lancé. Andrew Scheer peut-il imposer la construction d’un pipeline aux Québécois du simple fait qu’il répondrait à l’intérêt national? Le Québec demeure-t-il maître de disposer de son territoire en accord avec les velléités de ses concitoyens?

Pour « dorer la pilule » auprès de François Legault, Andrew Scheer propose de construire un corridor énergétique qui desservirait l’hydroélectricité du Québec et le pétrole de l’Alberta, une combinaison qualifiée de gagnant-gagnant par le chef conservateur alors qu’elle reçoit  une fin de non-recevoir catégorique de la part de Québec.

À mon sens, la question portant sur la construction d’un oléoduc passant sur le territoire du Québec risque d’être posée à Andrew Scheer par le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, lors des débats des chefs. Peut-être en saurons-nous davantage sur le fond de la pensée du chef conservateur. C’est à voir…

vigile.net tribune libre 21 septembre 2019

L’école de la rue

21 septembre 2019

À la suite de la décision de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) de décréter une journée pédagogique le 27 septembre afin de permettre aux élèves et à leurs parents d'aller manifester à l’occasion de la grève mondiale sur les changements climatiques, le premier ministre François Legault a réagi en exigeant que les enseignants soient présents à l’école lors de cette journée pédagogique.

Or je suis d’avis qu’une telle directive de la part du premier ministre porte directement atteinte à sa crédibilité, à savoir qu’elle transforme en occasion ratée une situation exceptionnelle où les enseignants auraient pu vivre en compagnie de leurs élèves une journée de sensibilisation sur l’importance des changements climatiques.

Je retiens de ce manque de jugement de la part de M. Legault qu’il n’a rien compris du phénomène de l’école de la rue, le seul endroit où les jeunes du Québec ont l’occasion de se mobiliser pour la sauvegarde de la planète sur laquelle ils devront vivre le reste leur vie… Enlevez vos œillères, M. Legault, je vous invite à revenir sur votre décision et à permettre aux enseignants de manifester en solidarité auprès de leurs élèves pour la protection de notre planète!

quebechebdo 21 septembre 2019
vigile.net tribune libre 21 septembre 2019
Le Soleil 25 septembre 2019

Le « méchant » populisme

18 septembre 2019

Devant la montée de la popularité du mouvement populiste en Europe et aux États-Unis, plusieurs « bien-pensants » s’érigent en défenseurs de la démocratie en traitant de tous les noms, notamment de fascistes, ceux qui se rangent derrière les leaders populistes. 

Or, dans son dernier livre publié le 5 septembre 2019 chez l’Éditeur Le cerf sous le titre Le nouveau monde populiste, le journaliste du journal Le Figaro, Alexandre Devecchio, insiste : « La mouvance populiste, loin de maudire la démocratie, entend la restaurer, en prenant au sérieux sa promesse inaugurale: permettre à un peuple de se gouverner par lui-même ».

Mais que s’est-il donc passé pour que la démocratie qui, selon la formule d’Abraham Lincoln, est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », cède peu à peu sa place au « méchant » populisme?

À mon sens, la réponse découle d’un glissement progressif des pouvoirs dévolus au peuple vers les classes dirigeantes de la société, d’où la résurgence de la mouvance populiste dont l’origine se veut un appel au retour à une véritable démocratie.

Aux yeux d’Alexandre Devecchio, « le populisme est le symptôme de la détresse des peuples. » Au risque d’être affublé du qualificatif de défaitiste, tant et aussi longtemps que le peuple se verra écarté du pouvoir, nous assisterons inéluctablement à l’arrivée au pouvoir de leaders populistes…

quebechebdo 18 septembre 2019
vigile.net tribune libre 19 septembre 2019