La résidence de l’horreur

21 juillet 2019

La résidence Louise-Vachon est un établissement qui accueille 16 patients souffrant de troubles graves du comportement, tels l’autisme ou des déficiences intellectuelles, l’incapacité de fonctionner en société, le danger qu’ils peuvent représenter pour eux-mêmes et pour les autres, et, pour toutes ces raisons, qui doivent être sous surveillance 24 heures sur 24.

Or, huit employés de ce centre de réadaptation viennent d’être congédiés pour avoir maltraité les patients et intimidé leurs collègues, une clique de fiers-à-bras pour qui l’omerta était devenue leur arme la plus efficace auprès du personnel.


Une enquête interne du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval a révélé que des patients auraient été frappés, poussés ou injuriés sans raison. Des employés auraient même volontairement tenté de les provoquer pour leur faire piquer une crise, ce qui, pour certains d’entre eux, peut mener à des comportements d’extrême violence en raison de leur handicap.

La résidence Louise-Vachon est reconnue depuis longtemps comme un milieu de travail particulièrement difficile associé à une « maison de l’horreur ». Depuis des années, les travailleurs de la résidence dénoncent le climat de violence généralisé envers le personnel… Reste à espérer que le plan de redressement amorcé donnera les fruits escomptés pour le plus grand bien du climat de saine collaboration qui doit régner auprès de ces patients sans défense!

quebechebdo 21 juillet 2019
vigile.net tribune libre 21 juillet 2019

La côte fatale

18 juillet 2019

Le 16 juillet débutait la deuxième partie des audiences publiques du BAPE concernant la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic qui a fauché la vie de 47 personnes en 2013 à la suite de la descente infernale d’un train stationné au haut de la côte abrupte de la gare de triage de Nantes.

Six ans après cette terrible tragédie, des citoyens de Lac-Mégantic sont venus témoigner devant les commissaires pour les supplier de déplacer la gare de triage de Nantes vers l’espace plat du parc industriel de Lac-Mégantic, le promoteur du projet ayant maintenu dans ses recommandations le choix de Nantes comme gare de triage du nouveau tracé de contournement de la voie ferrée.

Le BAPE incarne l’organisme ultime de consultation populaire par lequel les Méganticois peuvent encore espérer se faire entendre auprès de la ministre de l’environnement du gouvernement fédéral Catherine McKenna.

Bien sûr, on ne peut présumer de la recommandation du BAPE eu égard au site de la gare de triage. Toutefois, il est à espérer que les commissaires auront entendu la hantise des citoyens de Lac-Mégantic concernant la côte fatale de Nantes, à défaut de quoi il faudra en déduire qu’ils n’ont rien retenu des erreurs du passé…

quebechebdo 18 juillet 2019

Chapeau à vous, M.Cormier!

16 juillet 2019

La fuite massive de données personnelles touchant quelque 3 millions de membres de Desjardins survenue le 20 juin dernier a causé tout une onde choc autant chez les membres que dans la population en général. Des noms, prénoms, dates de naissance, numéros d'assurance sociale, adresses, numéros de téléphone, courriels, ainsi que d'autres renseignements portant sur les habitudes transactionnelles et les produits bancaires détenus par les clients de Desjardins ont été transmis illégalement à des tiers.

Dans toute cette saga, je suis d’avis que le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, s’est montré à la hauteur de la complexité de la tâche à laquelle il devait faire face, notamment à la reconquête de la confiance de ses membres.

En s’engageant à fournir une protection à vie et gratuite pour tous ses membres en cas de vol d’identité, soit quelque 4,3 millions, Guy Cormier touche le cœur du problème qui risquait de semer la gangrène entre la direction de Desjardins et l’ensemble de ses membres.

Et, qui plus est, lors de sa comparution à Ottawa devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale, M. Cormier a même fait preuve de leadership en soumettant aux parlementaires des propositions pour améliorer la protection des données personnelles des Canadiens, notamment eu égard au déploiement prochain de la technologie 5G et au système open banking (système bancaire ouvert), qui est considéré comme la prochaine révolution dans le monde de la finance.

Chapeau à vous, M. Cormier, pour la diligence dans la gestion de crise que vous deviez traverser et ce, tout en en réussissant à vous réapproprier la confiance de vos membres!

quebechebdo 16 juillet 2019
Le Soleil 18 juillet 2019

Le mur entre le Québec et l’Alberta

14 juillet 2019

Alors que les dernières années du gouvernement néo-démocrate albertain de Rachel Notley voguaient la galère de façon plutôt attentiste, le fougueux Jason Kenney arrive à la barre de la province bien décidé à lui redonner toutes ses lettres de noblesse d’antan, notamment sur le plan économique.

De son côté, le premier ministre du Québec, François Legault, ardent défenseur du nationalisme québécois, hérite du laxisme du gouvernement Couillard eu égard aux politiques centralisatrices du gouvernement fédéral.

Toutefois, force est de constater que et Jason Kenney et François Legault bénéficient grandement de l’appui d’une forte majorité de leur population respective, une situation qui les conforte dans leur point de vue respectif relativement à la construction d’un oléoduc vers l’est, passant nécessairement sur le territoire du Québec.

La position de François Legault est claire, les Québécois ne veulent pas de cet oléoduc qui ne bénéficie aucunement de l’acceptabilité sociale. Par contre, des milliers d’emplois sont actuellement en péril en Alberta si son pétrole ne peut trouver une porte de sortie vers l’est.

C’est devant ce mur idéologique que s’est terminé le Conseil de la fédération, Jason Kenney arguant que l’environnement est de juridiction fédérale, François Legault, de juridiction provinciale… Une saga qui risque de jouer un rôle clef dans la prochaine campagne électorale fédérale!

quebechebdo 14 juillet 2019
vigile.net tribune libre 14 juillet 2019
Le Devoir 16 juillet 2019

Homosexualité et « thérapies de conversion »: un fléau

11 juillet 2019

En regardant l‘émission 24/60 du 10 juillet, j’ai été estomaqué par le témoignage troublant, voire inhumain, de Gabriel Nadeau, issu d’une famille pentecôtiste, eu égard aux trois « thérapies de conversion » qu’il a suivies dans le but de le « guérir » de son homosexualité en le menant sur le chemin de l’hétérosexualité.

Et Gabriel ne serait pas le seul. Au Québec, plus particulièrement dans les régions de Montréal et en Outaouais, ces thérapies seraient offertes par des organisations religieuses, essentiellement protestantes évangéliques, pentecôtistes, baptistes ou parfois catholiques, par des thérapeutes et des organismes sans but lucratif.

Mais là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est qu’il n’existe présentement aucune loi au Québec qui interdise ces pratiques inconcevables en 2019. Il est plus que temps que le gouvernement approfondisse ses connaissances sur ces thérapies offertes par des supposés « prophètes », déploie une campagne de sensibilisation ciblée tout en soutenant les personnes qui ont subi ces thérapies dans leurs démarches de reconstruction et enfin, qu’il légifère sur ces pratiques afin d’enrayer ce fléau, porteur de séquelles psychologiques graves chez d’innocentes victimes, notamment des jeunes.

quebechebdo 11 juillet 2019
vigile,net tribune libre 11 juillet 2019

Retrait du crucifix de l’Assemblée nationale

10 juillet 2019

Au tournant des années 1980, le sculpteur Romuald Dion est agacé par le Jésus de plâtre qui trône au-dessus du fauteuil du président de l’Assemblée nationale. L’objet sacré installé en 1936 fait bas de gamme aux yeux de l’artiste. Le 4 mars 1982, il propose à René Lévesque un crucifix de son cru. « Monsieur le Premier Ministre, je sculpte moi-même des crucifix qui n’ont pas l’allure “made in Hong Kong ou Taiwan” [comme celui accroché sous Maurice Duplessis] et je vous offre aujourd’hui, gratuitement, l’un des miens. »

Trente-sept ans plus tard, soit le 9 juillet 2019, le crucifix immatriculé BA19C9 a été retiré délicatement dans l’anonymat par un employé muni de gants blancs, emporté par les « impératifs » de la loi sur la laïcité de l’État québécois.

Une page d’histoire s’est tournée, le crucifix du Salon bleu qui ornait le mur au-dessus du fauteuil du président depuis 1982 n’est plus. Tout un pan du patrimoine québécois a été évincé du salon des élus. Son retrait laissera un grand vide dans le cœur de tous ceux qui croient encore qu’il avait sa place en tant que symbole patrimonial de toute une génération de Québécois!

quebechebdo 10 juillet 2019
vigile.net tribune libre 11 juillet 2019
Le Soleil 13 juillet 2019

Taxer les polluants: solidarité mitigée de Legault envers les gouvernements conservateurs

9 juillet 2019

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, lors du traditionnel Stampede de Calgary, a profité de l’événement pour inviter ses homologues conservateurs à créer un front commun visant à manifester leur désaccord sur la taxe carbone imposée par le gouvernement Trudeau en prévision de la dernière rencontre des premiers ministres avant le scrutin fédéral d’octobre 2019.

De son côté, lors d’un point de presse, François Legault a tenu à préciser sa position à ce sujet en déclarant qu’il appuyait l’autonomie des provinces concernant la taxe carbone imposée par Ottawa en ajoutant toutefois son approbation à une façon obligatoire de taxer les polluants, laissant ainsi aux provinces le choix du moyen pour arriver à ces fins.

En agissant de la sorte, François Legault remet sur la carte politique sa prédilection pour l’autonomie des compétences provinciales tout en se montrant solidaire du fédéral sur le devoir des provinces de contribuer aux moyens de pallier les effets polluants des gaz à effets de serre… une solidarité que l’on peut qualifier de mitigée eu égard à celle des gouvernements provinciaux conservateurs.

quebechebdo 9 juillet 2019
vigile.net tribune libre 9 juillet 2019
Le Devoir 10 juillet 2019 "La solidarité mitigée de Legault"

Trudeau et la politique extérieure

8 juillet 2019

Ainsi, Justin Trudeau nous confirme que Donald Trump a bel et bien abordé, à sa demande, la question des deux Canadiens détenus en Chine avec le leader chinois Xi Jinping lors d’une rencontre bilatérale au sommet du G20.

De deux choses l’une… Ou Justin Trudeau fait preuve de naïveté en croyant que Donald Trump a intercédé auprès du leader chinois, ou il démontre un manque de leadership patent en s’en remettant au chef de l’État américain pour faire passer ses messages.

Depuis l’arrivée de Trudeau au pouvoir, la politique extérieure subit de durs contrecoups, notamment avec la Chine depuis l’emprisonnement de Meng Wanzhou, dirigeante de Huawei, pour le compte des Américains. Tout va réellement comme si Justin Trudeau et son entourage s’étaient vraiment imaginé que son image branchée pourrait tenir lieu de politique étrangère.

Or, la réalité est toute autre. Avec Justin Trudeau comme diplomate en chef du Canada, on a plutôt l’impression de se trouver devant quelqu’un qui n’a tout simplement pas les qualités diplomatiques nécessaires pour incarner le rôle de premier ministre du Canada. Pour tout dire, Justin Trudeau joue le personnage d’un ineffable guignol au sein de la communauté internationale!

quebechebdo 8 juillet 2019
vigile.net tribune libre 9 juillet 2019
 

Douze décès sur la liste d’attente

7 juillet 2019

Pour la première fois depuis 20 ans, les chirurgiens cardiaques sortent sur la place publique pour dénoncer les morts sur la liste d’attente, soit les décès d’au moins 12 patients québécois, en moins de quatre mois, qui attendaient pour une chirurgie au cœur.

Selon le Dr Louis Perrault, président de l’Association des chirurgiens cardio-vasculaires et thoraciques du Québec (ACCVTQ), le risque pour un patient de décéder alors qu’il se trouve sur la liste d’attente est devenu plus grand que le risque de mourir de complications liées à la chirurgie.

Aux dires des médecins spécialistes, le manque criant d’infirmières et de perfusionnistes au bloc opératoire et aux soins intensifs constituerait la principale problématique. Aux yeux de la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Diane Francœur, « il y a zéro reconnaissance pour ces courageux qui vont décider de venir travailler dans ces unités ». Selon elle, il faudrait des incitatifs financiers et des aménagements d’horaire pour attirer et retenir davantage de personnel dans ces départements critiques.

Quoi qu’il en soit, il m’apparaît inconcevable qu’en 2019, des patients meurent, faute de ressources humaines. Ces décès sont inacceptables dans une société dite évoluée et pourvue d’un système de santé à la fine pointe de la technologie moderne… Aux gestionnaires de trouver les incitatifs pour attirer le personnel spécialisé nécessaire pour procéder aux chirurgies cardiaques dans les meilleurs délais!

quebechebdo 7 juillet 2019 
vigile.net tribune libre 21 juillet 2019

C’est la faute du système!

4 juillet 2019

Dans son rapport concernant la mort tragique de la fillette de Granby survenue le 30 avril dernier, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSS) de l’Estrie estime que personne n’est à blâmer relativement à la mort de la fillette de Granby mais que c’est un « système complet » qui a failli à sa tâche, et ce, à plusieurs moments.

Au cours de l’enquête qui a conduit à 14 recommandations, le comité composé de 19 personnes est arrivé à la conclusion qu’une succession d’événements évitables ont placé la fillette dans une « situation à haut risque ». Il recommande donc de renforcer la communication de même que la collaboration entre les différents intervenants en santé. De plus, selon l'une des recommandations du CIUSSS, les intervenants devraient se rendre le plus souvent possible dans le milieu de vie des enfants.

Or, deux questions se posent : comment se fait-il d’une part que la communication entre les divers intervenants soit défaillante et d’autre part, que les intervenants ne se rendent pas assez souvent dans le milieu de vie des enfants? Le « système » est-il à blâmer dans ces carences observées ou si ce n’est pas plutôt le manque d’initiative des intervenants qui auraient dû se consulter sur l’état de la fillette et se déplacer régulièrement chez elle?

On aura beau jeter le blâme sur le système, il n’en demeure pas moins que ce sont des adultes « responsables » qui évoluent dans ce système et qu’ils ont le devoir de se parler entre eux sans pour autant que le système l’exige explicitement!

quebechebdo 4 juillet 2019
Le Soleil 6 juillet 2019
vigile.net tribune libre 11 juillet 2019