Des corps qui sont là pour exister

18 août 2019

Depuis le début de sa carrière en tant qu’auteur-compositrice-interprète, Safia Nolin ne laisse personne indifférent, autant par sa façon de se vêtir que par sa chevelure en broussaille. Dans mon esprit, il m’apparaît clair que l’artiste désire être acceptée telle qu’elle est, sans jugement ni tabou.

Or, au sujet de son dernier vidéoclip, Lesbian Break-up Song, Safia Nolin lance candidement cette réflexion : « Eh oui, je suis toute nue dans mon clip. On voit mes seins, mes fesses, mon pubis, mon poil. On voit les seins, les fesses, le pubis et le poil d’autres femmes. On voit des corps humains. Ce ne sont pas des corps qui sont là pour être jugés, ou pour être désirables. Ce sont des corps qui sont là pour exister, c’est tout ».

Des « corps qui sont là pour exister », et non pour être « jugés ou pour être désirables ». Tel est le message de Safia Nolin. Exposer la nudité d’un corps « hors norme » sans autre intention que de promouvoir la diversité corporelle dans toute sa candeur, voire dans toute sa beauté, et de faire tomber les tabous.

Enfin, je retiens le commentaire de la photographe Julie Artacho : « C’est comme un “Fuck You” à la société hétéronormative, dans laquelle une femme doit être belle, mais pas trop, montrer son corps mais pas trop de peau non plus. On peut-tu exister sans devoir plaire et être désirable? »

quebechebdo 18 août 2019

 

Un rapport accablant mais…

18 août 2019

Avec le dépôt du rapport du Commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique Mario Dion, le spectre de l’affaire SNC-Lavalin est revenu hanter le premier ministre Justin Trudeau. Le commissaire est catégorique : « M. Trudeau s'est prévalu de sa position d'autorité sur Mme Wilson-Raybould pour tenter d'influencer sa décision concernant l'infirmation de la décision de la directrice des poursuites pénales, laquelle avait conclu qu'elle n'inviterait pas SNC-Lavalin à entamer des négociations en vue de conclure un accord de réparation », peut-on lire dans le rapport.

De son côté, Justin Trudeau, devant la presse, a dit accepter le rapport du commissaire et prendre la « pleine responsabilité » de ses erreurs, mais a affirmé être en « désaccord » avec certaines conclusions sans toutefois apporter de précisions sur les dites conclusions. À sa défense, le premier ministre a fait valoir qu’il avait voulu « défendre l’intérêt public », notamment la survie de SNC-Lavalin, les milliers d’emplois mis en danger, les retraités et les actionnaires du fleuron québécois.

Toutefois, là où le bât blesse avec acuité, c’est que le rapport de M. Dion fait état du fait que le premier ministre a enfreint la loi sur les conflits d’intérêts. Or, aucune personne, quelle que soit sa fonction, ni aucune cause, quelque louable qu’elle soit, ne peuvent se situer au-dessus de la loi., le Canada étant un État de droit, un leitmotiv si souvent clamé par Justin Trudeau depuis qu’il occupe le poste de premier ministre.

Enfin, une question se pose : quelles seront les conséquences reliées à la divulgation de ces accusations envers Justin Trudeau sur l’électorat québécois? À mes yeux, les clans sont relativement campés. Conséquemment, je ne crois pas que ce rapport « accablant » puisse jouer un rôle déterminant sur les résultats du vote le 21 octobre…

vigile.net tribune libre 17 août 2019

Immigration « utilitariste »

14 août 2019

De passage en commission parlementaire pour discuter de la planification de l’immigration 2020-2022, la représentante de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), Veronica Islas, a critiqué la vision « réductrice » et « utilitariste » que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) semble avoir de l’immigration. Selon elle, vouloir se servir des nouveaux arrivants seulement pour combler les besoins de main-d’oeuvre des entreprises entraînera une immigration plus homogène au Québec. 

Qu’à cela ne tienne, une immigration « utilitariste » représente, à mes yeux, un choix judicieux et pragmatique dans une période de crise de main d’œuvre au Québec. D’un autre côté, une immigration privilégiant le multiculturalisme ne doit pas devenir un obstacle à l’arrivée d’une main-d’oeuvre répondant aux offres d’emploi disponibles.

Selon moi, il faudrait cesser de considérer l’immigration comme la clef permettant aux immigrants, quelle que soit leur formation, de s’installer au Québec sans aucun prérequis pour s’intégrer dans le milieu du travail hic et nunc. Autrement dit, l’immigration n’est pas une porte ouverte pour désoeuvrés.

En bref, le gouvernement Legault respecte sa promesse électorale eu égard à l’immigration, à savoir d’accueillir moins d’immigrants mais d’en prendre soin… 

vigile.net tribune libre 14 août 2019

Le mouvement indépendantiste albertain prend de l’ampleur

14 août 2019

Un coup de sonde mené à la mi-juillet par Abacus Data montrait un appui de 25% à l’indépendance en Alberta tandis que 30% des Albertains ont jugé que « l’Alberta s’en sortirait mieux en formant son propre pays » lors d’un sondage mené par Research Co. au début août.

La liste des récriminations des membres du Wexit Alberta de Peter Downing est longue. Entre autres, M. Downing critique le système de péréquation, la taxe sur le carbone, la lenteur du développement des projets d’oléoduc, la loi C-69 sur l’évaluation des impacts environnementaux des grands projets et la loi C-48 qui impose un moratoire sur le trafic de pétroliers le long de la côte britanno-colombienne.

Le mouvement indépendantiste est suffisamment fort en Alberta pour que le premier ministre Jason Kenney, qui dit comprendre le ressentiment de la population, sente régulièrement le besoin d’y répondre. « Les Albertains, nous sommes de fiers Canadiens. Travaillons à réparer ce qui ne fonctionne pas dans la fédération, en commençant par un changement de gouvernement fédéral », a appelé dans une vidéo mise en ligne sur son compte Twitter celui qui compte faire campagne contre Justin Trudeau en vue des élections fédérales du 21 octobre.

Nul ne peut prévoir quel serait le pourcentage du vote populaire albertain pour le Wexit Alberta advenant un référendum sur la question. Toutefois, chaque vote en sa faveur créerait une brèche importante dans le fédéralisme canadien.

vigile.net tribune libre 14 août 2019


 

Et vogue sur ton voilier, Greta!

14 août 2019

Il y a maintenant un an, la jeune militante suédoise de 16 ans pour le climat, Greta Thunberg, initiait, seule, devant le Parlement suédois, une grève de l’école pour le climat qui a donné naissance, peu après, au mouvement mondial « Fridays for Future ».

Toutefois, le chemin n’a pas toujours été facile, notamment lors de son passage à l’Assemblée nationale en juillet, des élus l’ayant traitée de « gourou apocalyptique ». Qu’à cela ne tienne, « je les ignore, parce que c’est aussi un bon signe qu’ils essaient de nous faire taire. Ça signifie que nous avons une influence et qu’ils nous voient comme une menace, réplique Greta.

Prochaine étape, la traversée de l’Atlantique sur son voilier, Le Malizia II, où elle aura l’occasion de transporter son discours dans plusieurs rendez-vous sur le climat, notamment lors d’un sommet de l’ONU à New York en septembre et à la COP 25, au Chili, en décembre.

Aux dires de la jeune suédoise, le débat sur le climat est en train de changer, les idées évoluent. « J’ai l’impression que son urgence devient plus manifeste, les gens commencent à être plus conscients, lentement », a-t-elle déclaré dans une entrevue accordée à l’Agence France-Presse.

Ayant maintenant atteint le septième étage, je ne peux que me réjouir du dynamisme et de la détermination de cette jeune fille qui mobilise de plus en plus de gens à sa cause… Et vogue sur ton voilier, Greta!

quebechebdo 14 août 2019
Le Soleil 15 août 2019
 

Qui est Sylvain Gaudreault?

12 août 2019

À la suite de la décision de la députée de Joliette Véronique Hivon de ne pas se présenter à la chefferie du Parti québécois, le député de Jonquière Sylvain Gaudreault demeure le seul député péquiste à avoir manifesté son intérêt pour briguer la succession de Jean-François Lisée.

Aussi ai-je cru pertinent de vous présenter un portrait sommaire du député de Jonquière dans le but de le connaître quelque peu…  

 

Source (Wikipédia)

Biographie

Né le 8 juillet 1970 à Chicoutimi, Sylvain Gaudreault est député de Jonquière à l’Assemblée nationale du Québec.

Jusqu’à son élection, le 26 mars 2007, il était enseignant au Cégep de Jonquière.

Détenteur d’un baccalauréat en histoire à l’Université du Québec à Chicoutimi et d’un baccalauréat en droit de l’Université Laval, Sylvain Gaudreault fut chroniqueur pour le Journal Le Quotidien durant plusieurs années.

Il a été membre du Barreau du Québec de 1996 à 2010. Boursier de la fondation Jean-Charles Bonenfant et stagiaire à l’Assemblée nationale du Québec, il a également été directeur général de la Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager. Impliqué dans sa région, il a siégé au conseil d’administration de la Société historique du Saguenay et fut président du Centre de solidarité internationale du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Sylvain Gaudreault est aussi l'un des seuls ministres à avoir parlé de son homosexualité publiquement. L'homme politique avait fait le point sur son orientation sexuelle lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle.

 

Carrière politique

À la suite de l'élection générale de 2007, il est devenu député de Jonquière à l'Assemblée nationale du Québec, sous la bannière du Parti québécois, et a été réélu en 2008, 2012, 2014 et 2018.

Il a été porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie de mars 2010 à août 2011 et en matière d'éducation primaire et secondaire et d'alphabétisation d'août 2011 à août 2012. Il a occupé les postes de ministre des Transports et de ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire dans le gouvernement de Pauline Marois, et était porte-parole de l'opposition officielle en matière de développement durable, d'environnement et d'accès à l'information. Du 6 mai 2016 au 7 octobre 2016, il a été chef par intérim du Parti québécois.

vigile.net tribune libre 12 août 2019

Le nationalisme du PLQ

12 août 2019

 


De toute évidence, le chemin du nationalisme québécois semble être devenu la voie de prédilection pour reconquérir le coeur des Québécoises et des Québécois. En effet, après la Coalition avenir Québec (CAQ), c’est maintenant au tour des jeunes libéraux de se tourner vers une approche davantage nationaliste en affichant une forme de « leadership québécois à l'intérieur du Canada ».

Autre changement de cap important, les jeunes libéraux ont mis de l’avant le concept de l’interculturalisme qui se définit comme un modèle qui privilégie une identité collective commune, sans pour autant nier les différences des groupes qui composent la société, tandis que le multiculturalisme fait la promotion de la diversité ethnique.

En apportant de telles propositions, il m’apparaît clair que les jeunes du PLQ veulent renouer avec l’ensemble des Québécois, particulièrement les francophones, un objectif qu’ils ont complètement raté lors du dernier scrutin hormis la région de Montréal, notamment chez les anglophones.

Il faut reconnaître l’effort de rapprochement des jeunes libéraux avec l’électorat québécois francophone. Toutefois, force est de constater que le CAQ de François Legault a déjà fait son nid dans le créneau du nationalisme québécois. En conséquence, il m’apparaît pour le moins délicat pour le PLQ de présenter la voie du nationalisme comme une « nouvelle » route qu’il entend emprunter compte tenu que la CAQ s’est fait élire en grande partie pour avoir placé en priorité la défense de ce même nationalisme québécois… Dans cette perspective, on peut se demander comment le PLQ pourra espérer ravir des circonscriptions à la CAQ.

quebechebdo 12 août 2019
vigile,net tribune libre 14 août 2019
Le Devoir 16 août 2019

Kenney s’en va-t-en guerre

8 août 2019

C’est un secret de polichinelle qu’il n’existe pas d’atomes crochus entre le premier ministre de l’Alberta Jason Kenney et son homologue du Canada Justin Trudeau. À l’évidence, trois mois avant les élections fédérales, Jason Kenney s’invite déjà dans les débats, notamment en alléguant que « l’Alberta se fait avoir » en accusant le gouvernement fédéral et « beaucoup de provinces » d’être à l’origine de bien des maux de l’Alberta eu égard, entre autres, à la taxe carbone et à la péréquation., tout en clamant qu’« ils ont affaibli notre capacité à tirer profit de nos ressources ».

Et, qui plus est, le premier ministre albertain laisse planer le spectre du séparatisme en cas de réélection de Justin Trudeau en octobre, ne manquant pas de souligner qu’une partie de la population albertaine s’est récemment déclarée favorable à l’idée de se séparer du reste du pays tout en laissant entendre que c’est à cause des politiques de Justin Trudeau. « Je ne pense pas qu'on devrait [le] laisser nous exclure de notre pays. Plutôt que de mettre nos efforts à séparer l’Alberta du reste du Canada, j’aimerais les concentrer à éloigner Justin Trudeau du bureau du premier ministre du Canada », ajoute-t-il.

Par ces attaques véhémentes contre Justin Trudeau, le bouillant Jason Kenney est littéralement parti en guerre contre lui. Toutefois, quoique les provinces de l’Ouest puissent être peinturées en bleu le soir du scrutin, il est fort à parier que l’Ontario, le Québec et une partie des Maritimes se rallieront aux libéraux de Justin Trudeau qui risque de la sorte de conserver le pouvoir… peut-être à la tête d’un gouvernement minoritaire!

vigile.net tribune libre 7 août 2019

Le « quoi » avant le « qui »

8 août 2019

 

La nouvelle a été confirmée. Véronique Hivon ne sera pas candidate à la chefferie du Parti québécois (PQ). «Je vis le moment où ma famille a le plus besoin de moi depuis que je suis en politique et où j’ai le plus besoin d’être là pour elle», a-t-elle écrit dans un message publié sur Facebook.

Indépendamment des motifs d’ordre familial que je respecte amplement, j’aimerais revenir sur quelques arguments évoqués par la députée de Joliette, eu égard à la situation actuelle du PQ, notamment les réflexions qui ont cours actuellement sur les motifs relatifs à la déconfiture du parti lors du dernier scrutin.

L’une des causes provient, selon Mme Hivon, du fait que le PQ s’est peu à peu distancé de sa base électorale depuis quelques années, un constat qui a conduit inévitablement à un désintérêt des militants envers le parti et, par ricochet, envers la cause indépendantiste du Québec, d’où l’essentielle reconnexion avec la base militante du PQ.

En second lieu, la députée s’interroge sur l’idée ancrée au PQ qu’il faut à tout prix rechercher un « sauveur » pour mener au pouvoir le parti. À cet effet, Mme Hivon croit fermement qu’au congrès extraordinaire qui doit se tenir en novembre, l’emphase doit être mise sur le « quoi » avant le « qui »… une démarche qui, à mon sens, ne peut que susciter la remobilisation essentielle des militants. 

vigile.net tribune libre 7 août 2019
quebechebdo 8 août 2019
Le Soleil 9 août 2019 "PQ: Le "quoi" avant le "qui" "

La montée du suprémacisme blanc aux États-Unis

6 août 2019

Depuis l’élection de Donald Trump, la protestation de suprémacistes blancs, prônant une idéologie raciste d’exclusion des communautés considérées comme « non-blanches » aux États-Unis a le vent en poupe.

Le 3 août, à El Paso au Texas, ville à majorité hispanique près de la frontière mexicaine, un homme blanc de 21 ans a ouvert le feu avec un fusil d'assaut dans un centre commercial bondé, faisant 22 morts et 26 blessés avant de se rendre. Treize heures plus tard, à Dayton en Ohio, un homme blanc de 24 ans a abattu neuf personnes et fait 27 blessés, dont sa propre soeur, avant d'être tué par des policiers moins d'une minute après avoir ouvert le feu. Ces deux nouvelles tueries portent à 251 depuis le début de l'année le nombre de fusillades ayant fait au moins quatre victimes, morts et blessés confondus, selon un décompte de l'ONG Gun Violence Archive.

Du côté du président Trump, refusant catégoriquement toute responsabilité liée à son discours raciste contre les populations migrantes et les Noirs, il attribue plutôt ces fusillades à la violence des jeux vidéo et à la maladie mentale de tireurs fous. Et toute cette « sage analyse » dans un contexte où le président, dans sa dernière série de Tweets sur des élues démocrates « non-blanches » à qui il suggérait de « retourner dans leur pays d’origine »… Un comble quand on sait que sa propre épouse, Melania Trump, n’est même pas née aux États-Unis… 

quebechebdo 6 août 2019