Pourquoi un Commissaire à la langue française?

5 septembre 2019

La nomination de Simon Jolin-Barrette, l’homme de confiance du premier ministre François Legault, à titre de ministre responsable de la Langue française, augure, à mes yeux, d’une intention claire du gouvernement de resserrer les mesures relatives à l’application de la loi 101.

Or, conformément à une de ses promesses électorales, François Legault a l’intention de créer un poste de Commissaire à la langue française, un nouveau « chien de garde » relevant de l’Assemblée nationale lequel serait chargé, entre autres, de recevoir les plaintes du public et de formuler des recommandations au gouvernement sur les mesures à prendre pour préserver le statut du français comme langue commune au Québec.

À cet effet, je suis d’avis que la création d’un tel poste ne vient qu’ajouter inutilement à la lourdeur de l’appareil administratif gouvernemental compte tenu que le ministre responsable du dossier linguistique a toute la légitimité pour voir à l’application de la loi, notamment l’épineux dossier de l’affichage ou la francisation des immigrants, et pour rouvrir la loi 101 pour en élargir la portée.

En conséquence, je demeure convaincu que le tempérament fonceur de Simon Jolin-Barrette peut très bien se passer d’un « chien de garde » pour s’acquitter efficacement de la défense et de la promotion de la langue française au Québec.

quebechebdo 5 septembre 2017

 

« Une vie sans peur et sans regret »

4 septembre 2019

C’est bien connu, on ne peut rester indifférent à Denise Bombardier. En lisant son dernier livre autobiographique intitulé Une vie sans peur et sans regret, publié aux Éditions Plon en 2018, j’ai été amené à comprendre à quel point les agissements de son père et de sa mère ont contribué à influencer la femme qu’elle est devenue aujourd’hui.

Toutefois, on ne peut passer sous silence sa force de caractère et son aplomb lors de ses rencontres avec les grands de ce monde qui ont souvent tenté de la « mettre en boîte » toujours sans succès.

« Porteurs d’eau nés pour un petit pain ».

 « Le référendum de 1980 ne consistait pas à déclarer la souveraineté du Québec, il s’agissait d’un compromis politique. Répondre Non à la question référendaire révélait donc clairement l’ambivalence et la profonde insécurité des Québécois nord-américains, vivant dans un pays de paix et de liberté. On peut penser que la peur des risques encourus par une séparation d’avec le Canada apparut à beaucoup comme insurmontable. Sans doute avions-nous trop à perdre, sans doute la crainte de voir s’évanouir notre confort collectif retint-elle maints électeurs. La tentation devint grande de préférer vivre dans l’indifférence face à nos échecs et nos humiliations historiques. La devise du Québec n’est-elle pas « je me souviens », ce qui en dit long sur la fragilité de notre mémoire et l’oubli de notre passé de « porteurs d’eau nés pour un petit pain ». p. 321-322

Défendre la langue française

« Grâce à ma mère, tout au long de ma vie, je me suis efforcée de défendre la langue française, dont j’ai toujours fait l’éloge et que j’ai respectée comme une personne aimée. Le français m’habite, me nourrit, m’éblouit et me procure des joies depuis le jour où je me suis retrouvée, à trois ans et demi, dans les cours de diction de Mme Audet. J’ai appris les mots, j’ai saisi leur musicalité et j’ai découvert au gré du temps leurs nuances. Tous les auteurs français appartiennent à ma famille élargie. Je partage, par le livre et les phrases, une intimité avec eux ». p.325

Relation tendue avec Simon Durivage

« Très vite. Une guerre larvée a commencé. Simon Durivage s’étant vite fait copain avec le metteur en ondes, il bagarrait d’emblée pour être celui qui lancerait le « Bonsoir » de l’émission. Je le vis dépenser une énergie considérable à fomenter ce genre de niaiserie au lieu de lire les dossiers que lui préparaient ses recherchistes ultra-compétents… Lors de la réunion du matin, réunissant une dizaine de membres de l’équipe, il posait souvent la même question : « Qu’est-ce que le club des varices de la rue Panet veut voir ce soir? » … Le vocabulaire de Simon Durivage, qui savait courtiser les patrons, assurer son vedettariat, n’avait rien de châtié et frôlait la vulgarité en permanence ». p. 335-336

Gaston Miron, poète national

« J’ai croisé un matin, à Saint-Germain-des-Prés, Gaston Miron qui me retint plus de deux heures en m’éblouissant de ses envolées poétiques et politiques sur notre peuple. Gaston, au Québec, revendiquait le titre de poète national que personne ne lui contestait. Dans le café Danton, où il tenait salon, il interpellait les clients qui, une fois revenus de leur surprise, tombaient sous son charme. Certains quittaient même les lieux, parfois, en lançant un « Vive le Québec libre » bien senti, permettant à Gaston, en transe, de me dire : « Je viens de convertir un autre Français à notre cause. » Si Miron à Montréal était sublime; à Paris, il devenait littéralement sublissime ». p. 348   

La liberté d’expression

« À la fin des années quatre-vingt, j’ai régulièrement été sollicitée pour donner des conférences… Colloques, tables rondes, émissions, j’acceptais ces invitations qui élargissaient mes horizons et m’aidaient à confronter ma vision de la politique avec celles de personnes issues de cultures diverses et aux convictions parfois opposées. Je pouvais alors constater à quel point la liberté d’expression, la vraie, était plus rare que je ne l’imaginais et la langue de bois commune à tous ceux qui choisissaient de ne pas sortir des sentiers battus… Les libres-penseurs, au sens le plus noble du terme, c’est-à-dire ceux qui se refusent à laisser leurs intérêts personnels prendre le pas sur leurs croyances et leur conscience, constituent des exceptions. » p. 370

Nul n’est prophète en son pays

« Cet automne-là (’95), j’eus le plaisir et l’honneur de recevoir le prix Gémeaux… En mars précédent, le Métrostar… Voici les seuls prix de journalisme reçus dans ma carrière au Québec. À quoi cela tient-il? Au fait que ma personnalité soit jugée clivante? Peut-être, mais ai-je jamais « mal » fait mon métier? Cette frilosité, voire distance à mon égard provient-elle du fait que, dans le petit monde médiatico-artistique du Québec, se trouvent nombre d’envieux et de jaloux qui carburent au ressentiment? L’on m’objectera qu’il s’agir d’un trait de la nature humaine, certes, mais au Québec, une société historiquement repliée sur elle-même, où frustrés et vengeurs ont libre court encore à ce jour, on se méfie de la réussite personnelle, du succès, de la reconnaissance sociale. Je ne doute pas qu’en l’écrivant aussi clairement je risque de m’attirer ses foudres. » p. 417

Les « accommodements raisonnables »

Il est facile aux représentants d’une minorité quelconque de déstabiliser un Québécois. Soucieux de ne pas faire de vague, de ne pas blesser, de ne pas être mal perçu, celui-ci cherchera d’abord, et parfois avant tout, à réduire, voire supprimer les éléments conflictuels. N’avons-nous pas inventé une expression qui reflète ce comportement collectif? Devant les requêtes concernant les droits de la personne, par exemple, ne parlons-nous pas de pratiquer de « accommodements raisonnables »? « Accommodements raisonnables » au nom desquels une femme peut se promener en burqa et voter. On le voit, je n’apprécie pas la rectitude politique qui flotte actuellement au-dessus du Québec. » p. 436

Épilogue (extrait)

« Ma vie s’est déroulée et inscrite dans une époque passionnante. J’ai vécu, en toute conscience, les bouillonnements d’un Québec qui a redéfini, à sa manière -turbulente- sa liberté comme ses rêves, Je suis de la génération qui, de Canadiens français, s’est rebaptisée Québécois, réduisant sa géographie pour mieux cerner son identité nouvelle. J’ai chanté ces débuts d’un temps nouveau dans l’allégresse, l’espoir, l’audace et la griserie collective.

Or, le rêve de l’affranchissement commun s’est fracassé à deux reprises, laissant dans les cœurs des blessures incicatrisables. Et, triste réalité, les Québécois ne sont plus tricotés serrés. Notre avenir en français demeure incertain. » p. 455

vigile.net tribune libre 3 septembre 2019

Pierre Nadeau, le reporter international

4 septembre 2019

Les témoignages élogieux fusent de toutes les sphères de la société québécoise, en particulier de ses ex-confrères et consoeurs, depuis l’annonce du décès du journaliste Pierre Nadeau.

Parmi ces témoignages, plusieurs font ressortir l’héritage qu’aura légué Pierre Nadeau au monde journalistique. En ce qui me concerne, la qualité de ses reportages internationaux aura été la plus grande contribution de Pierre Nadeau. Parmi ces faits d’armes, soulignons son reportage où il obtient une entrevue avec deux felquistes dans un camp d'entraînement palestinien quelques mois seulement avant la crise d’Octobre au Québec.

De 1973 à 1975, il anime le très populaire magazine Le 60, qui traite de questions internationales et qui l’amène à couvrir, entre autres, la guerre du Vietnam, la guerre du Liban, les jours précédant la chute du président chilien Salvador Allende, la crise à Chypre, la guerre israélo-arabe, les massacres au Burundi et la réalité des Palestiniens en Cisjordanie. Ses deux entrevues avec « Bébé Doc », le président haïtien Jean-Claude Duvalier, ont aussi grandement marqué sa carrière.

En entrevue avec Bernard Derome, il raconte à quel point les images de la famine de 1973 en Éthiopie l'ont ébranlé. «Il y a un plan que je n'oublierai jamais. [...] Il durait peut-être deux minutes. [...] À droite et à gauche, c’était des gens, des femmes et des enfants, qui étaient vraiment en train de mourir de faim. [...] Le regard de ces gens-là était comme une interrogation qui s'adressait directement à la caméra.»

Dans les années ’70, l’information internationale, le parent pauvre de l’information, était pratiquement absente du petit écran au Québec. Pierre Nadeau lui a donné vie, voire ses lettres de noblesse… Pour ce tour de force remarquable qui a ouvert les portes de l’international aux Québécois, merci à vous M. Nadeau!

quebechebdo 4 septembre 2019
Le Devoir 5 septembre 2019


 

Il est minuit moins cinq, M. Legault

1 septembre 2019

Les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) accaparent chaque jour une portion toujours plus grande des revenus publicitaires autrefois réservés aux médias, et ce, sans verser un sou à aucun producteur de contenu, dont certains, comme les six quotidiens du Groupe Capitales Médias, sont acculés à la faillite.

Or, malgré les appels pressants des divers intervenants à la commission sur l’avenir des médias d’information eu égard à la création d’une taxe pour les géants du Web, le premier ministre du Québec François Legault demeure stoïque, écartant la possibilité de taxer les géants du Web à court terme, affirmant vouloir attendre de voir comment le gouvernement fédéral se comportera dans ce dossier.

Toutefois, Justin Trudeau s’est déjà prononcé en déclarant qu’il préfère attendre le rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévu pour 2020. En termes clairs, François Legault attend la réponse du gouvernement fédéral et Justin Trudeau attend le rapport de l’OCDE…

Et, pendant ce temps-là, le torchon brule chez le Groupe Capitales Médias. Pour employer l’expression percutante de la mairesse de Saguenay Josée Néron : « Mettez vos culottes et agissez! ». Le gouvernement du Québec a toute la latitude voulue pour taxer dès maintenant les voraces géants du Web qui s’en donnent actuellement à cœur joie avec la bénédiction des deux paliers de gouvernements.

quebechebdo 1 septembre 2019

Avortement, l’épine au pied des conservateurs

29 août 2019

N’eût-été de la sortie d’une déclaration d’Andrew Scheer datant de quelques années dans laquelle il se montrait clairement du côté des pro-vie eu égard à l’avortement, les conservateurs n’en seraient pas aujourd’hui à se contorsionner pour se défaire de cette épine au pied. Qu’à cela ne tienne, l’opposition n’allait pas manquer une si belle occasion d’utiliser ce « cadeau du ciel » à des fins partisanes.

À cet effet, lors d’un débat télévisé sur le plateau de l’émission 24/60 sur le réseau RDI le 27 août, le lieutenant politique d’Andrew Scheer pour le Québec, Alain Reyes, n’a jamais répondu à la question d’Anne-Marie Dussault concernant la possibilité qu’un député conservateur d'arrière-ban puisse décider de présenter un projet de loi ou une motion qui touche le droit à l'avortement.

Par ailleurs, en mai dernier, une motion du Bloc québécois stipulant que le corps de la femme n'appartient qu'à elle seule et reconnaît son libre choix en matière d'avortement pour quelque raison que ce soit avait été applaudie par les députés des autres partis qui s'étaient tous levés…à l'exception des conservateurs.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’avortement risque de faire l’objet d’une « patate chaude » entre les mains des candidats conservateurs au cours de la campagne électorale, considérant les convictions pro-vie affichées d’Andrew Scheer et la participation confirmée de certains de ses députés à des manifestations antérieures contre l’avortement. À suivre…

quebechebdo 29 août 2019

Appui de PKP au Bloc

27 août 2019

Lors d’un rassemblement de précampagne tenu à Montréal, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet s’est dit confiant de faire élire un «plancher» de 20 candidats au scrutin du 21 octobre.

Or, outre la présence de l’ex-chef du Bloc Gilles Duceppe, le patron de Québecor et ex-chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau en a profité pour tirer à boulets rouges sur la vente prochaine de Transat à Air Canada, deux jours après que les actionnaires eurent donné leur feu vert. M. Péladeau dit avoir accepté l’invitation du chef du Bloc pour prononcer un discours cette fois-ci, mais ne ferme pas la porte à s’impliquer pour le parti lors de la campagne électorale.

À cet effet, je suis d’avis qu’Yves-François Blanchet devra garder l’œil ouvert eu égard aux apparitions de PKP, un personnage «hors norme» qui a parfois tendance à déborder dans une forme de sensationnalisme qui peut écorcher maladroitement quelque personnage politique, et créer ainsi un malaise dans la stratégie du parti qu’il défend… Pour tout dire, bienvenue, M. Péladeau, mais pesez vos paroles s’il vous plaît!


Le Soleil le 28 août 2019

Gaffe aux GAFAM

27 août 2019

La commission parlementaire de la culture et de l'éducation qui se penche sur l'avenir des médias mis à rude épreuve par la baisse constante des revenus publicitaires accaparés par les géants du web a amorcé ses travaux le lundi 26 août.

Par ailleurs, le Centre d’étude sur les médias a calculé qu’entre 2012 et 2017, les médias ont vu leurs revenus publicitaires diminuer de 29 %, alors qu’ils ont été multipliés par 2,2 sur les plateformes numériques des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) qui accaparaient, en 2017, 40 % du marché publicitaire.

Or, ces mêmes géants du web n’ont pas été invités par le gouvernement à participer aux travaux de la commission. Et pourtant, ces plateformes numériques sont exemptées des taxes fédérale et provinciale, une situation scandaleuse qui prive le manque à gagner des médias locaux de revenus que le versement des taxes imposées aux GAFAM pourraient compenser tout au moins partiellement.

Dans toute cette histoire, je demeure perplexe quant aux motifs qui justifient l’absence des GAFAM aux travaux de cette commission, et tout aussi perplexe sur l’absence de taxation de la part des deux paliers de gouvernements. Il semble régner un régime de terreur entre les géants du web et les gouvernements qui se plient devant une pratique inacceptable, voire éhontée, au détriment de la défense de nos médias régionaux… L’heure est venue de mettre les GAFAM au pas, c’est une question de justice sociale envers l’ensemble des médias!

vigile.net tribune libre 26 août 2019
quebechebdo 28 août 2019

Feux de forêt en Amazonie

27 août 2019

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt les divers reportages présentés dans les médias eu égard aux centaines de feux forêt qui font rage depuis plusieurs jours dans la forêt amazonienne.

D’abord sous le choc devant l’ampleur de ces incendies, j’ai rapidement changé mon fusil d’épaule lorsque j’ai appris la véritable origine de ces feux de forêt qui sont provoqués sciemment par les agriculteurs dans le but d’agrandir la superficie de leurs terres agricoles cultivées en grande partie pour la production du soja, et pour faciliter l’accès à des terres de pâturage pour leurs vaches et leurs bœufs.

La suite est encore tout aussi surprenante. En effet, les dirigeants du G7 ont laissé tomber une pluie de millions $ inutilement pour éteindre ces feux, quoique conscients qu’ils allaient être rallumés dans les jours qui suivent avec la bénédiction du président brésilien Jair Bolsonaro qui a été élu en grande partie grâce à l’appui de ces mêmes agriculteurs.

En termes clairs, les membres du G7 ont opté pour la façade alléguant « sauver » la forêt amazonienne aux yeux du monde au détriment d’une action commune visant à freiner ces comportements incendiaires de la part des agriculteurs… Quelle farce monumentale!

vigile.net tribune libre 26 août 2019
quebechebdo 27 août 2019
Le Devoir 28 août 2019 "Feux en  Amazonie: une offre de façade"

L’univers de Laurence Vincent Lapointe s’est écroulé

25 août 2019

Titulaire de 13 titres mondiaux, la canoéiste québécoise de 27 ans, Laurence Vincent Lapointe, est suspendue après avoir échoué à un contrôle antidopage. « Mon univers s’est écroulé… Je ne peux tout simplement pas y croire. C’est un cauchemar. Pour moi, c’est comme si tout ce que j’ai mis comme efforts, ça vient juste de tomber en poussières. »

Après avoir entendu son témoignage lors d’une conférence de presse tenue à Montréal, il m’apparaît évident que l’athlète de Trois-Rivières n’a jamais consommé une substance interdite intentionnellement. «Je ne comprends pas comment j’aurais pu décider de tout risquer à un an des Jeux olympiques de Tokyo, tout risquer même dans ma vie, parce que c’est non seulement une carrière d’athlète, mais aussi une vie qui est brisée ».

À partir de maintenant, son sort est entre les mains de son avocat qui s’est dit confiant de prouver l’innocence de sa cliente. C’est à souhaiter vivement pour le plus grand bonheur de Laurence qui a investi toutes ces années de dur labeur pour atteindre la plus haute marche du podium en 2020 au Japon.

quebechebdo 25 août 2019

Santé mentale chez les jeunes

19 août 2019

Entre 2008 et 2018, le nombre de mineurs qui ont consulté pour tentative de suicide ou idées suicidaires a connu une hausse inquiétante, voire dramatique, de 358%. Au CUSM par exemple, la majorité des patients rencontrés sont des adolescents, mais aussi parfois des enfants de moins de 10 ans. Enjeux relationnels, intimidation, maladies psychiatriques: les causes sont multifactorielles.

Alors que les campagnes de sensibilisation ont fait grand bruit dans les dernières années pour encourager les gens, notamment les jeunes, à consulter pour des problèmes de santé mentale, les services ne sont pas au rendez-vous, « C’est un grand paradoxe. Dans les dernières années, on a fait des campagnes incroyables en disant : “Allez consulter!” En revanche, dans le système, on a fait des coupes importantes », dénonce Réal Labelle, psychologue à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Par ailleurs, des études récentes ont démontré que l’influence des médias sociaux et du temps passé devant les écrans peut mener à des idées noires. « On voit un nombre important de jeunes qui ont des taux d’utilisation des écrans et des réseaux sociaux qui dépassent les six à huit heures par jour », constate le Dr Sébastien Collette, psychiatre et chef intérimaire du service d’urgence d »e l’Hôpital Rivière-des-Prairies, à Montréal.

La santé mentale chez les jeunes m’inquiète au plus haut point. Il est plus que temps de changer la tendance qui stigmatise la santé mentale comme le parent pauvre du système de santé, et que les ressources suivent les besoins… Beaucoup trop de jeunes ont le mal de l’âme, à la société de leur redonner espoir en la vie avant qu’il ne soit trop tard!

quebechebdo 19 août 2019