La loi 21 sous la loupe de Trudeau

5 octobre 2019

La loi 21, loi sur la laïcité de l’État, suscite à n’en pas douter des frilosités auprès des chefs de partis fédéraux qui se sont tous dits opposés à la loi tout en affirmant clairement qu’ils n’avaient pas l’intention de participer à sa contestation devant les tribunaux, chacun d’eux disant vouloir respecter la juridiction de la province.

Or, pour sa part, le premier ministre sortant et chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, s’est engagé à ne pas prendre part « pour l’instant » à la contestation de la loi 21, sans pour autant clairement écarté l’idée de le faire s’il était élu pour un second mandat.

Une position pour le moins ambivalente qui a fait dire au chef du Bloc québécois que Justin Trudeau « a sans équivoque laissé comprendre qu’au besoin, l’argent des Québécois va être utilisé pour lutter et rendre inopérante une loi adoptée en toute légitimité et largement consensuelle au Québec. »

Il m’apparaît tout à fait clair ici que le culte que voue Justin Trudeau, hérité de son père, au multiculturalisme bien ancré dans la Charte fédérale des droits et libertés est durement mis à l’épreuve. Toutefois, il m’apparaît tout aussi clair que la loi sur la laïcité de l’État a été validement adoptée par l’Assemblée nationale du Québec comme faisant intrinsèquement partie de l’identité québécoise.

quebechebdo 5 octobre 2019

La balance du pouvoir au Bloc?

5 octobre 2019

À vingt jours du scrutin fédéral, un nouveau sondage Léger mené pour la Presse canadienne, note que les intentions de vote au Canada sont restées les mêmes, avec les libéraux et les conservateurs au coude à coude (34%). Par ailleurs, au Québec, le Bloc québécois est désormais à 21% des intentions de vote, derrière les libéraux (34%) et les conservateurs (25%), mais devant les néodémocrates (10%).

Au même moment, un sondage Mainstreet sur les intentions de vote fédéral dans la Belle Province accorde 37 % pour la formation de Justin Trudeau contre 22 % pour le Bloc tandis que le Parti conservateur suit à 18 % et le Nouveau parti démocratique à 10 %.

De tels résultats permettent de croire que le Bloc est en bonne positon pour aller chercher de 16 à 18 sièges, un résultat qui ne lui conférerait probablement pas la balance du pouvoir, mais s’il arrive à monter jusqu’à 25 %, alors la balance du pouvoir serait à sa portée.

Lors du débat présenté sur le réseau TVA le 2 octobre, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a démontré, à mon avis, un aplomb et une maîtrise de ses dossiers qui permettent de croire que le Bloc est en route pour obtenir la balance du pouvoir.

Le Soleil 5 octobre 2019 
vigile.net tribune libre 7 octobre 2019

La pluie des milliards $ s’abat sur le Canada

4 octobre 2019

On apprend dans Le Journal de Montréal du 28 septembre qu’en 18 jours de campagne électorale, les chefs de partis (excluant le Parti populaire du Canada) ont fait pleuvoir 114 G$ en promesses électorales, le Parti vert du Canada se méritant la palme d’or avec des promesses atteignant la somme astronomique de 65,7 G$ suivi du Parti libéral du Canada avec 20,7 G$, du Parti conservateur du Canada avec 16 G$, du Nouveau parti démocratique avec 10,6 G$ et du Bloc québécois avec 1 G$.

Note : Le but de cet exercice étant de vous donner une idée de l’ampleur des montants que vous fait miroiter chaque parti, les mesures qui augmentent les revenus de l’État (telle une hausse de taxes) n’ont pas été soustraites du total.

Par curiosité, j’ai voulu savoir, parmi toutes ces promesses, combien d’entre elles, par partis, avaient trait aux changements climatiques. Voici les résultats :

Le parti vert du Canada :

- Stratégie pour réduire le plastique sur 10 ans, dont la mise en place de « mesures significatives dans le domaine des plastiques océaniques ». Coût : 35 M$ par année.

- Stratégie pour le transport, dont investissements dans un fonds « permanent pour le transport en commun local », et dans un fonds national pour l’infrastructure cyclable et pédestre. Coût : 200 M$ par année pour les deux fonds.

- Appui au transport par autobus dans les régions rurales. Coût : 10 M$ par année.

- Stratégie pour réduire le plastique sur 10 ans, dont la mise en place de « mesures significatives dans le domaine des plastiques océaniques ». Coût : 35 M$ par année.

- Annuler le projet d'agrandissement de l'oléoduc Trans Mountain et transférer ce financement pour mettre en place un réseau électrique pour l'ensemble du pays. Coût : projet d’agrandissement estimé à 10 à 13 G$ par le parti.

- Rendre le parc automobile de Postes Canada 100% électrique d’ici 2030. Coût : 750 M$ par année.

Le Parti libéral du Canada :

- Faire du Canada un pays zéro émission nette de carbone d’ici 2050. Pour ce faire, ils veulent couper l’impôt payé par les entreprises qui développent ou fabriquent des technologies carboneutres. Coût : 67 M$/année en plus de ressources existantes.

- Fournir des prêts sans intérêts allant jusqu'à 40 000 $ aux propriétaires qui font des rénovations vertes sur leur résidence. Coût : 432 M$/année.

- Planter 2 milliards d'arbres et lancer une initiative pour "utiliser la force de la nature" pour combattre contre les changements climatiques. Coût : 3 G$ sur 10 ans.

Le Nouveau parti démocratique :

- Bonifier de 5000 $ la subvention du fédéral pour les achats de véhicules sans émission fabriqués au Canada. Coût : Inconnu.

- Créer une banque canadienne pour le climat qui aidera les provinces à interconnecter leurs réseaux électriques. Coût : 3 G$.

- Créer un fonds pour la protection côtière qui permettra de nettoyer mieux la côte et retirer les navires abandonnés. Coût : 40 M$.

Le Parti conservateur du Canada :

- Crédit d’impôt pour les rénovations écoresponsables d’habitations. Coût : 1,8 G$ sur trois ans, pour les années d’imposition 2020 et 2021.

Le Bloc québécois :

- Incitatifs pour l’acquisition d’autobus scolaires électriques. Coût : 14 M$ par an lorsque le programme sera à maturité.

- Rabais pour l’achat de véhicules zéro émission. Coût : 150 millions sur trois ans.

- Plan pour retirer les « pesticides tueurs d'abeilles » et fonds pour faire la transition pour les producteurs. Coût : 300 M$ sur quatre ans.

- Retour du programme de soutien ÉcoÉNERGIE pour la rénovation résidentielle et y ajouter un nouveau volet commercial. Coût : 400 M$ par an.

Tirez-en vos propres conclusions… En ce qui me concerne, je retiens le fait que le Bloc québécois se montre réaliste eu égard au montant de ses promesses, lesquelles revêtent un degré de pertinence qui colle à la réalité d’aujourd’hui.

vigile.net tribune libre 4 octobre 2019

 

Le corridor énergétique de Scheer

4 octobre 2019

Moins de 24 heures après la manifestation monstre qui a attiré quelque 500 000 personnes à Montréal pour la sensibilisation à l’urgence des changements climatiques, le chef conservateur, Andrew Scheer [lequel était absent à cette marche], de passage en Alberta, a annoncé la création d’un corridor énergétique d’un océan à l’autre s’il est élu, un corridor qui transporterait non seulement du pétrole et du gaz naturel d'un bout à l'autre du pays, mais aussi de l'électricité.

En l’absence de plan qui reste à préciser, Andrew Scheer a décrit ainsi la démarche qu'il compte adopter : un groupe d'experts sera d’abord formé dont le rôle sera de formuler, dans un délai de six mois, des recommandations sur la façon de procéder et le gouvernement collaborera ensuite avec les provinces et les peuples autochtones pour créer ce lien transnational qualifié de « vital »

Quoique le chef conservateur tente de « dorer la pilule » à François Legault en incluant l’hydroélectricité dans son projet, je suis d’avis que Québec se montrera en désaccord avec un corridor transportant du « pétrole sale » sur son territoire… À mes yeux, la « collaboration » recherchée par Andrew Scheer de la part de François Legault risque d’aboutir devant les tribunaux eu égard aux champs de compétences des deux paliers de gouvernements!

vigile.net tribune libre 4 octobre 2019

L’environnement, la question de l’urne?

4 octobre 2019

La question de l’urne, soit le facteur le plus important dans la tête des électeurs au moment d’inscrire leur vote, pourrait-elle porter sur l’environnement le 21 octobre prochain? Une question qui mérite surement d’être sérieusement considérée, particulièrement depuis la manifestation monstre sur le climat qui a mobilisé quelque 500 000 personnes à Montréal le 27 septembre. Aujourd’hui, il faudrait véritablement se mettre la tête dans le sable pour ne pas admettre l’urgence de lutter contre les changements climatiques, considérant l’ampleur des catastrophes naturelles, tels les feux de forêt, les inondations, les tornades, etc…

En lien avec la protection de l’environnement, notamment avec l’exploitation des énergies fossiles, le premier ministre sortant, Justin Trudeau, en achetant le pipeline Trans Mountain, s’est littéralement « peinturé dans le coin »… même s’il essaie tant bien que mal de nous dorer la pilule en arguant qu’il allait planter deux milliards d’arbres sur une période de dix ans avec les profits de ce pipeline. De son côté, le chef conservateur, Andrew Scheer, n’est guère mieux avisé en proposant la construction d’un corridor énergétique transcanadien dans lequel y circuleraient le pétrole et, pour ajouter un peu de baume sur la plaie, l’hydroélectricité du Québec.  

Deux constats qui risquent d’influencer le choix des électeurs au moment d’inscrire leur vote lorsqu’ils se retrouveront seuls dans l’isoloir et de favoriser, par voie de conséquence, les candidats du Parti vert, du NPD et du Bloc québécois qui risquent de ravir des circonscriptions au PLC et au PCC… Une histoire à suivre!

vigile.net tribune libre 4 octobre 2019

Oui aux centres de services scolaires

3 octobre 2019

C’est bien connu, les changements ont souvent comme conséquence de bousculer des coutumes bien ancrées parfois depuis des décennies comme c’est le cas aujourd’hui eu égard à l’abolition des commissions scolaires, plusieurs organisations y allant de leurs doléances respectives envers le projet de loi 40 présenté par le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge le 1er octobre à l’Assemblée nationale.

Parmi ces doléances, l’une d’entre elles, à savoir une plus grande centralisation entre les mains du ministre, revient fréquemment. Or, aux yeux de Jean-François Roberge, la réforme qu’il propose constitue « la plus grande opération de décentralisation gouvernementale des dernières années » en appuyant le projet de loi créant les centres de services scolaires (CSS).

Quant aux craintes exprimées par certains à l’effet que la réforme Roberge s’apparente à la réforme Barrette en santé, le ministre réplique que le ministre de la Santé nomme les membres des conseils d’administration (CA) des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) alors que ce sont les élèves et les parents siégeant aux conseils d’établissement des écoles qui choisiront les membres des CA des CSS parmi les parents, les représentants de la communauté et les membres du personnel. Deuxièmement, le Conseil des ministres désigne les présidents-directeurs généraux des CISSS alors que les directeurs généraux des CSS seront désignés par le CA de chacun des CSS.

Enfin, je suis d’avis que la création des centres de services scolaires contribuera à rapprocher le pôle de décisions des principaux intervenants impliqués dans la vie de l’école et, conséquemment, à améliorer la qualité des services aux élèves.

quebechebdo 3 octobre 2019 

Comment assurer la relève de Greta?

2 octobre 2019

Comme des milliers de personnes braquées sur leur petit écran le 27 septembre, j’ai été estomaqué par l’ampleur de la marée humaine qui a déferlé dans les rues de Montréal en signe de manifestation contre les changements climatiques.

Or, maintenant que la poussière est retombée et que les chefs de partis ont lancé leurs promesses électorales « de circonstance », que sera l’après-Greta Thunbergh? Comment assurer la relève de Greta pour que les quelque 500 000 manifestants ne soient pas descendus dans la rue pour gonfler un ballon qui ne fera que crever?

À mes yeux, les partis politiques traditionnels, autant fédéraux que provinciaux, sont enrayés dans un système sclérosé par les géants de la finance dont le pouvoir est omniprésent sur le spectre économique mondial, y compris l’environnement.

Conséquemment, un mouvement national, formé en majeure partie de jeunes, doit surgir de cette jeunesse qui n’a d’autre choix que de se mobiliser autour de la lutte aux changements climatiques en sortant des sentiers battus. L’utilisation des médias sociaux, si populaires auprès des jeunes, devrait ouvrir des fenêtres inépuisables… Pourquoi ne pas les exploiter au maximum et créer une impulsion permanente au souffle des revendications sur le climat?  

quebechebdo 2 octobre 2019

Un pas dans la bonne direction

29 septembre 2019

S’il est un facteur primordial pour un ou une journaliste d’enquête, c’est bien la confidentialité de ses sources journalistiques. Conséquemment, la décision de la Cour suprême du Canada qui autorise Marie-Maude Denis, journaliste à l'émission Enquête de Radio-Canada, à ne pas divulguer ses sources représente une grande victoire pour la liberté de presse. De plus, cette décision du plus haut tribunal du pays en matière de protection des sources journalistiques constitue un premier test pour le projet de loi S-231 adopté en octobre 2017 par la Chambre des communes.

Toutefois, la victoire est nuancée par un bémol important, à savoir que la Cour suprême renvoie l’affaire devant un tribunal de première instance, à la lumière de nouveaux éléments de preuve apportés par la Couronne que dit détenir le ministère public, changeant de ce fait la donne et nécessitant un réexamen de la cause impliquant Marc-Yvan Côté.

Par ailleurs, aux yeux du sénateur Claude Carignan, qui a été l'instigateur du projet de loi sur la protection des sources journalistiques, cette décision est une très grande victoire. « Le jugement d’aujourd’hui confère au projet de loi S-231 son caractère permanent et inaliénable. C’est une grande victoire pour le monde journalistique et, par voie de conséquence, pour la santé de notre démocratie canadienne. »

Somme toute, le fardeau de la preuve est maintenant entre les mains de la Couronne qui doit démontrer hors de tout doute que les nouveaux éléments de preuve sont assez probants pour exiger que Mme Denis comparaisse à nouveau… Si tel est le cas, nous assisterons à la tenue d’un nouveau procès!

quebechebdo 29 septembre 2019

Le véritable exploit de Greta

28 septembre 2019

Tout a été écrit sur Greta Thunberg, les pro-Greta brandissant ses convictions profondes eu égard à la destruction progressive de la planète, les anti-Greta exploitant le fait qu’elle soit atteinte du syndrome d’Asperger et qu’elle démontre des signes d’éco-anxiété.

À la suite de son intervention devant les dirigeants de la planète à l’ONU, certaines voix se sont élevées pour dénoncer le sentiment de panique qu’elle a suscité dans l’émotivité et la colère. Pourtant, tous les pronostics du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) abondent dans le sens que notre planète souffre d’un désamour alarmant.

Or dans les faits, dans tout ce débat qui entoure la jeune militante suédoise de 16 ans depuis le début de ses manifestations, que devons-nous retenir? La panique qu’elle suscite n’était-elle pas nécessaire pour sonner l’alarme, non seulement auprès de la population, mais aussi auprès des instances politiques?

Des centaines de milliers de manifestants, dont 500 000 à Montréal, se sont regroupés de partout sur la planète le 27 septembre derrière Greta Thunberg pour lui apporter leur appui et leur solidarité. Parmi eux, toute une jeunesse qui, pour la première fois, a pu démontrer à la face du monde son engagement à vouloir sauver notre planète.

Il est là le véritable exploit de Greta Thunberg. Une adolescente de 16 ans a réussi à elle seule à mobiliser et à sensibiliser des centaines de milliers de personnes, y compris les dirigeants, à l’urgence de lutter contre les changements climatiques… Un exploit que personne avant elle n’a réussi indéniablement à accomplir!

quebechebdo 28 septembre 2019
vigile.net tribune libre 1er octobre 2019

Procédure de destitution contre Donald Trump

27 septembre 2019

La pression soutenue depuis des mois a finalement eu raison de la présidente démocrate de la chambre basse, Nancy Pelosi, dans l’épineux dossier de la procédure de destitution du président américain Donald J. Trump.

La Chambre, à majorité démocrate, sera chargée de mener la procédure de mise en accusation (« impeachment » en anglais). Si celle-ci aboutit, le Sénat, contrôlé par les républicains, qui restent en majorité fidèles à Donald Trump, devra conduire le « procès » du président, conclu par un verdict de culpabilité ou non. À mes yeux, il semble peu probable, voire impossible, que suffisamment de sénateurs républicains se retournent contre M. Trump.

Toute cette affaire a éclaté lorsqu’un mystérieux lanceur d’alerte, membre des services de renseignement américains, a fait en août un signalement à sa hiérarchie concernant une conversation téléphonique de Donald Trump avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans laquelle les démocrates soupçonnent M. Trump d’avoir poussé, en mettant dans la balance une aide militaire destinée à l’Ukraine, son homologue ukrainien à enquêter sur Joe Biden et son fils, Hunter, ce dernier ayant travaillé pour un groupe gazier ukrainien à partir de 2014, lorsque son père était vice-président.

Espérant briguer un second mandat en novembre 2020, le républicain a jugé « ridicule » l’idée d’être destitué, affirmant que cette procédure lui serait au contraire bénéfique dans les urnes, une éventualité qui a justement longtemps freiné Nancy Pelosi, l’habile stratège craignant que les électeurs ne sanctionnent en 2020 un parti qui passerait trop de temps à cibler le républicain, plutôt qu’à parler des sujets qui les préoccupent profondément, notamment l’économie et la santé.

Seuls deux présidents américains ont été mis en accusation dans l’Histoire des États-Unis : les démocrates Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton, poursuivi pour « parjure » en 1998 après sa liaison avec la stagiaire de la Maison-Blanche Monica Lewinsky. Dans les deux cas, la destitution a été rejetée. En réalité, jamais un président n’a été destitué aux États-Unis… et je suis d’avis que Donald Trump perpétuera la « tradition ». Pour tout dire, il semble peu probable, voire impossible, que suffisamment de sénateurs républicains se retournent contre M. Trump.


vigile.net tribune libre 25 septembre 2019
quebechebdo 26 septembre 2019 "Mission impossible" (version abrégée)