Les personnes âgées, après la crise

17 avril 2020

On ne compte plus le nombre d’interventions de la part de François Legault à propos des personnes âgées depuis le début de la crise du coronavirus. Au cours des derniers jours, les appels à l’aide du premier ministre se sont multipliés lors de ses points de presse quotidiens.

Les décès dans les CHSLD ne cessent de s’accroître. Le personnel diminue sans cesse, les intervenants étant ou contaminés par la COVID-19 ou en retrait dans leur résidence par crainte d’attraper le virus ou de le communiquer.

Et pourtant, les problèmes liés à la qualité des soins dans les CSLD ne datent pas d’hier. À cet effet, les personnes âgées ont toujours constitué les grands oubliés du système de santé au Québec, tout gouvernement confondu.

Partant de ces constats et compte tenu que, selon le vieil adage, nous devons apprendre de nos erreurs, pouvons-nous nous permettre d’espérer que le gouvernement actuel va s’atteler, dès la fin de la crise, à la restructuration complète des CHSLD, notamment et surtout en palliant le manque de ressources humaines essentielles à la qualité des soins dont les personnes âgées sont pleinement en droit de bénéficier. 

vigile.quebec tribune libre 17 avril 2020

Haro sur le corporatisme des médecins spécialistes

17 avril 2020

On connaît tous et toutes le style enflammé de Jean-Luc Mongrain… En bien, dans la vidéo [à la fin du texte] que je vous invite à écouter, il ne déroge pas à ses habitudes sur Facebook dans une attaque en règle contre le corporatisme des médecins spécialistes en lien avec l’aide apportée au personnel des CSLD.

Bon visionnement! 

https://www.msn.com/fr-ca/divertissement/celebrites/jean-luc-mongrain-se-choque-dans-sa-première-intervention-sur-facebook/ar-BB12Jmjt?ocid=spartandhp

 vigile.quebec tribune libre 17 avril 2020

Créer un poste de protecteur des Aînés

15 avril 2020

La situation alarmante décriée depuis plusieurs semaines dans les CHSLD privés et publics nous démontre à quel point notre société fait preuve d’un laxisme éhonté envers ceux et celles qui ont pavé la voie au Québec prospère que nous connaissons aujourd’hui.

Au cours des derniers événements concernant la négligence envers les aînés dans les CHSLD, nous avons été à même d’assister à une guerre de clocher entre les propriétaires des CHSLD privés ou les gestionnaires des CHSLD publics, et les CISSS et les CIUSS,  chacun se renvoyant la balle pour jeter le blâme sur l’autre partie. Et, pendant ce temps, des aînés souffrent de maltraitance et d’incurie au quotidien jusqu’à ce que la mort les emporte sans faire de bruit.

Sans remettre en question le professionnalisme de la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, il m’apparaît évident qu’elle doit être confrontée régulièrement à la lourdeur bureaucratique qui retarde souvent indument la prise de décision des mesures qui souvent sont impératives eu égard aux personnes âgées.

En conséquence, je suis d’avis qu’un protecteur des Aînés indépendant de toute attache partisane, et dont le rôle serait de veiller à la qualité de vie essentielle des aînés, saurait diriger l’attention des médias et de la population aussitôt qu’une situation problématique se pointerait. En bref, un tel protecteur des Aînés agirait comme un excellent « chien de garde » pour le plus grand bonheur et le plus grand bien-être des personnes âgées.  

quebechebdo 15 avril 2020
Le Soleil (version internet) 16 avril 2020
vigile.quebec tribune libre 17 avril 2020

Nos aînés

14 avril 2020

Quoique la crise du coronavirus mette en relief dans certains CHSLD l’atrocité dans laquelle les personnes âgées sont plongées quotidiennement, ce n’est pas d’hier que des signaux d’alarme se font entendre au sujet de la triste qualité des soins offerts à nos aînés.

D’entrée de jeu, mon intention n’est pas ici de remettre en question le professionnalisme du personnel qui y œuvre. Pour l’avoir observé lorsque ma mère y a vécu pendant des années, la très grande majorité des intervenants se donnent entièrement à leurs patients jour après jour avec chaleur et dévouement.

Toutefois là où le bât blesse, c’est sur le plan du nombre de ressources humaines affectées à ces résidences et, à cet effet, je suis d’avis que nos dirigeants ont plutôt tendance à considérer nos aînés comme une clientèle en fin de vie de « moindre importance » que les adultes encore actifs dans leur milieu de travail.

Et pourtant, combien de fois avons-nous entendu que les personnes âgées sont les bâtisseurs de la société dans laquelle nous vivons et, qu’à cet égard, nous leur devons respect et considération pour leur contribution essentielle à la société québécoise d’aujourd’hui… Enfin, peut-être serait-il temps que nous passions des belles paroles aux actes!

quebechebdo 14 avril 2020

La loi 21 est maintenue

10 avril 2020

La Cour suprême du Canada a tranché; dans la foulée de la Cour supérieure du Québec et de la Cour d’appel, la Loi québécoise sur la laïcité de l’État (Loi 21) ne sera pas suspendue temporairement tel que le réclamait, entre autres, le Conseil national des musulmans canadiens.

Toutefois, il ne faudrait pas croire que les opposants à cette loi ont rendu les armes, leur but ultime étant de faire invalider la loi 21, arguant qu’elle est discriminatoire et cause des torts irréparables et immédiats aux minorités religieuses, notamment en raison de l’interdiction de porter des signes religieux dans l’exercice de leur fonction.

Fruit d’une saga qui durait depuis des années, la Loi sur la laïcité de l'État a été adoptée en juin 2019 par l’Assemblée nationale du Québec, le législateur ayant invoqué la clause dérogatoire pour éviter une contestation de la loi par ceux qui feraient valoir qu’elle est contraire à la Charte des droits et libertés.

De son côté, la ministre de la Justice du Québec, Sonia LeBel, a salué la décision rendue par la Cour suprême du Canada à l'égard de l'application de la Loi sur la laïcité de l'État. « Nous continuerons à défendre le bien-fondé et la constitutionnalité de la Loi, comme nous l'avons toujours fait », a-t-elle fait savoir par communiqué. 

À mes yeux, le débat est passé par toutes les étapes, des consultations publiques à l’Assemblée nationale en passant par les commissions parlementaires. Les derniers sondages sur cette loi révélaient que les Québécois étaient très majoritairement en sa faveur… Il est temps de tourner la page et de promouvoir fièrement la laïcité de l’État québécois!

quebechebdo 10 avril 2020

Jean Truchon, passeport pour l’éternité

8 avril 2020

Jean Truchon prévoyait d’abord se prévaloir de l’aide médicale à mourir le 22 juin, le temps de vivre encore « un hiver et un printemps » auprès de ses proches mais il a finalement décidé de « prendre le train » et de laisser ses amis, et tous ceux qui ont cru en lui et en sa cause, « à la gare »… « Le coronavirus m’a volé littéralement le temps avec ceux que j’aime », écrit-il dans sa lettre d’adieu.

L’isolement aura eu raison de celui qui s’est battu pendant des années auprès de Nicole Gladu pour obtenir enfin ce droit de mourir dans la dignité grâce à la décision de la juge Christiane Baudoin de la Cour supérieure qui a invalidé le critère du Code criminel fédéral qui restreignait l’aide médicale à mourir à ceux dont « la mort naturelle est raisonnablement prévisible » et celui de la Loi québécoise concernant les soins de fin de vie qui exigeait que le demandeur soit « en fin de vie ».

Grâce à leur combat acharné contre les tribunaux provinciaux et fédéraux, Jean Truchon et Nicole Gladu, avec le support inébranlable de Me Jean-Pierre Ménard, auront ouvert la voie à des milliers de personnes qui vivent la souffrance au quotidien sans aucun espoir de guérison…et leur auront permis d’obtenir leur « passeport pour l’éternité ».

Le Soleil (version internet) 8 avril 2020
quebechebdo 9 avril 2020 "Jean Truchon, un héros dans l'ombre"

Au sujet des personnes âgées

7 avril 2020

On le sait depuis le début de la crise du coronavirus, les personnes âgées de 70 ans et plus sont plus susceptibles de contracter le virus. Elles ont été d’ailleurs les premières à être placées en confinement. Et les statistiques confirment cette assertion [88 % des décès survenus au Québec], le nombre élevé de décès dans les CHSLD et les résidences pour personnes âgées en faisant foi. 

Toutefois, avec le temps, on s’est presque habitué à entendre à chaque jour le nombre de personnes âgées qui sont testées positives à la COVID-19, à tel point que ces « statistiques » font presque partie maintenant de la « norme ».

Or, ce qu’on oublie de mentionner, c’est que ces « vieux » trainent tout un passé derrière eux, notamment des frères, des sœurs, des enfants, des petits-enfants et même parfois des arrière-petits-enfants qu’ils ne peuvent plus voir ni serrer dans leurs bras. Et pire encore, ils meurent parfois sans aucun membre de leur famille auprès d’eux, seuls avec leurs souvenirs.

Chaque personne âgée qui rend l’âme est un être humain et, en tant que tel, elle a droit aux mêmes égards, notamment au respect et à la dignité humaine. … Il serait peut-être « sage » de la considérer comme tel, c’est une simple question de solidarité dans une société dite « civilisée »!

quebechebdo 7 avril 2020
vigile.quebec tribune libre 7 avril 2020
 

Accoucher en période de pandémie

6 avril 2020

En cette période de stress et d’anxiété liée aux consignes concernant la COVID-19, on apprend que l’Hôpital général juif de Montréal défend au père ou à toute autre personne désignée par la mère porteuse d’assister à l’accouchement, une directive émise par la directrice des services professionnels du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal,

Or, le premier ministre François Legault et la ministre de la Santé Danielle McCann ont pourtant décrété qu’un accompagnateur est permis au moment de l’accouchement, un rappel que Danielle MaCann doit immédiatement servir aux « délinquants » avant que l’hémorragie ne se répercute dans les autres Centres hospitaliers.

Aux yeux même de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ce droit est maintenu en temps de pandémie : « Toutes les femmes enceintes, y compris celles dont l’infection par le virus de la COVID-19 est confirmée ou soupçonnée, ont droit à des soins de qualité avant, pendant et après l’accouchement… Pour une expérience positive et sans risque de l’accouchement, elles peuvent être accompagnées par la personne de leur choix pendant l’accouchement. »

En avril 1977, j’ai eu l’extrême privilège de pouvoir assister à la naissance de ma deuxième fille dans un hôpital de Québec, et d’être auprès de mon épouse en lui tenant la main dans le but de la sécuriser un peu. Et, lorsque le fœtus s’est finalement montré, je vous avoue que je me sentais bien petit devant le miracle de la nature qui se manifestait devant moi… Une expérience que je n’oublierai jamais!

quebechebdo 6 avril 2020
vigile.quebec tribune libre 7 avril 2020

Importance des journalistes en période de crise

6 avril 2020

Depuis le début de la crise du COVID-19, je me suis astreint à regarder religieusement les points de presse du premier ministre Legault et de son équipe, suivis de la période de questions des journalistes.

Toutefois, là où le bât blesse, ce sont les commentaires disgracieux, voire mesquins, de certains internautes dans les médias sociaux qui s’érigent en véritables défenseurs de M. Legault et de ses acolytes relativement aux questions des journalistes qui « osent » porter un regard critique sur la gestion de la crise actuelle.

Or, le rôle premier d’un journaliste consiste justement à poser des questions sur des arguments qui lui semblent incomplets, imprécis ou superficiels de façon à permettre au public d’être informé sur « tous » les volets relatifs aux commentaires du locuteur, et de pouvoir disposer ainsi de toute la lumière nécessaire pour porter un jugement éclairé sur le sujet en cause.

En bref, les questions des journalistes m’apparaissent comme un complément d’information indispensable à la connaissance pleine et entière des propos des intervenants, exempte de toutes zones grises qui pourraient susciter des interrogations de la part des auditeurs.

quebechebdo 5 avril 2020
vigile.quebec tribune libre 5 avril 2020
Le Devoir 7 avril 2020

Au sujet de la démondialisation

5 avril 2020

La dépendance du Canada, et forcément du Québec, à l’approvisionnement en masques illustre clairement une situation de servitude chronique qui remet en question le phénomène de la mondialisation.

D’ailleurs, à cet effet, le premier ministre François Legault a déjà évoqué, lors d’un de ses points de presse, la possibilité de voir surgir une certaine « démondialisation » après la pandémie actuelle. « Il y a des choses qui vont avoir changé. [...] Moins d’importation, ça suppose plus de production locale », a-t-il lancé.

En d’autres termes, dans le monde dans lequel nous sommes en train d’entrer, la souveraineté industrielle deviendra une valeur fondamentale si le Québec ne veut pas continuellement être à la merci de ses fournisseurs. Il faudra cesser de s’imaginer que la planète est un grand village, et renouer avec ce principe vieux comme le monde : l’indépendance nationale.

Bien sûr, nous n’en sommes pas encore là. Toutefois, des indices crevants, telle la pénurie de masques en temps de crise, nous y conduisent inévitablement. Il est inconcevable que le gouvernement du Québec dépende de d’autres pays pour approvisionner son personnel médical en équipements indispensables à sa sécurité.

En bref, la mondialisation se transforme en cauchemar. La pandémie est en train de transformer notre monde, notamment nos pratiques commerciales…Vivement un virage vers l’indépendance nationale, il en va de notre survie, voire de notre plein épanouissement comme peuple!

quebechebdo 5 avril 2020
vigile.quebec tribune libre 5 avril 2020