Et après?

2 avril 2020

Nous n’en sommes pas là, mais de toute évidence, il y aura bien un jour un après COVID-19… La vie reprendra-t-elle son cours normal? Le Québec aura-t-il changé?

À mon avis, l’expérience de solidarité sans précédent qu’auront vécue les Québécois en temps de crise amènera chez eux des changements de comportement, notamment dans leurs habitudes de consommation qui se traduiront en privilégiant les achats de provenance locale.

Plus globalement, nous assisterons à la « démondialisation » des marchés, héritage d’une crise qui a conduit les États à refermer leurs frontières et, par ricochet, à exploiter les initiatives locales.

Tout au cours de cette tempête pendant laquelle les Québécois ont dû composer avec les affres de la solitude, ils ont démontré qu’ils pouvaient demeurer solidaires, une expérience de vie qui les marquera pour des décennies à venir.

L’après COVID-19 laissera ses traces. Des personnes sont décédées à la suite de l’infection au coronavirus, d’autres en ont souffert et en ont guéri, et la plupart ont eu la chance de ne pas être atteints. Toutefois, ceux qui restent reprendront leur vie quotidienne avec, en tête, l’idée qu’ils font partie de « quelque chose comme un grand peuple »!

vigile.quebec tribune libre 2 avril 2020
quebechebdo 3 avril 2020

Merci à tous ces oubliés!

2 avril 2020

Depuis le début de la crise du coronavirus, moult remerciements, et à raison, ont été adressés au personnel médical pour leur dévouement envers les malades et les personnes âgées. Toutefois, j’ai cru bon d’offrir toute ma reconnaissance à des personnes oubliées dont l’apport essentiel à cette crise est dissimulé souvent dans l’ombre…

Merci aux pharmaciennes et pharmaciens qui gardent le fort en continuant à répondre à des centaines de milliers de personnes pour lesquelles leurs médicaments sont essentiels…

aux employées et employés des grandes surfaces de produits alimentaires qui répondent présents aux besoins des consommateurs six jours par semaine…

aux camionneuses et camionneurs qui parcourent souvent d’énormes distances pour nous procurer les fruits et légumes essentiels à notre alimentation…

aux forces policières qui voient à l’application des directives de la santé publique avec tact et professionnalisme…

aux nombreuses et nombreux bénévoles, jeunes et moins jeunes, qui œuvrent sans relâche dans des organismes communautaires auprès des personnes itinérantes…

aux gens qui communiquent régulièrement avec une personne seule dans le but de lui apporter réconfort et soutien en cette période de grande solitude..

et enfin, aux Québécoises et Québécois qui contribuent grandement à la lutte au COVID-19 par leur appui fidèle aux consignes de la santé publique…

Tous ensemble, ça va bien aller!

vigile.quebec tribune libre 2 avril 2020

La stratégie de Frédéric Bastien: agir sur la ligne de front

1 avril 2020

Pour demeurer dans l’atmosphère printanier, j’ai reçu comme une bouffée de chaleur la vidéo de Jean-Claude Pomerleau mise en ligne sur la page d’accueil de Vigile le 23 mars sous le titre Le défi du réel, la force prime le droit.

https://vigile.quebec/articles/le-defi-du-reel-la-force-prime-le-droit

Partant d’une critique en règle de l’étapisme viscéral de Claude Morin, M. Pomerleau s’attaque sans coup férir au référendisme chronique qui a envahi l’espace indépendantiste du Québec depuis des décennies.

Quant aux candidats actuellement en liste à la direction du Parti québécois, tous, sauf Frédéric Bastien, sont barricadés derrière un stratégie référendaire qui, aux yeux de M. Pomerleau, est liée indubitablement au déclin du mouvement souverainiste.

Or, le candidat Bastien sort des sentiers battus. Il nous invite à sortir de la rêverie et à viser le pouvoir à Ottawa. Il nous faut donc agir sur la ligne de front. Il nous faut attaquer la Constitution de 1982, protégée par une meute de juges « sans intégrité ni crédibilité », particulièrement lorsqu’ils sont confrontés à des demandes du Québec en matière constitutionnelle.

L’historien et auteur de La bataille de Londres nous invite à prendre le chemin de la guerre là où le combat fait rage, à savoir sur la colline parlementaire à Ottawa, armé jusqu’aux dents…À nous de joindre les rangs, et de signer l’appui à la candidature de Frédéric Bastien à la course à la chefferie du PQ en suivant les directives telles que définies au haut de la page d’accueil de Vigile.

vigile.quebec tribune libre 1 avril 2020

Le « dictature amicale » de François Legault

31 mars 2020

J’ai parcouru avec beaucoup d’intérêt l’opinion d’André Pratte sur la COVID-19 parue dans la Presse+ du 30 mars sous le titre La démocratie « sur pause »?

D’entrée de jeu, je dois vous avouer que jusqu’au 23 mars, je considérais que François Legault gérait correctement la crise du COVID-19. Toutefois, en ce 23 mars, notre premier ministre a décidé de mettre le Québec « sur pause » jusqu’au 13 avril, mettant sur le coup des centaines de milliers de travailleurs québécois au chômage.

« Lundi dernier, M. Legault a mis « le Québec sur pause » pour trois semaines. Compte tenu des conséquences gravissimes d’une telle décision, on se serait attendu à ce que quelques voix s’élèvent pour dénoncer, déplorer, questionner. Pourtant, l’annonce a été accueillie par un vaste soupir de consentement. » (dixit André Pratte)

Pendant ce temps, le gouvernement fédéral joue au père Noël en multipliant les programmes d’aide aux travailleurs et aux entreprises, atténuant en partie les effets pervers de la décision de François Legault qui, à mon avis, est allé trop loin et trop vite pour prendre une mesure aussi draconienne envers les travailleurs sans compter les effets négatifs sur l’économie québécoise.

Toutefois, là où je rejoins les commentaires d’André Pratte, c’est lorsqu’il fait appel à ce qu’il appelle l’absence de « débat », ce que Michel David, le chroniqueur du Devoir, qualifie de « dictature amicale ».  

« Le débat mène à de meilleures politiques. Or, au sujet des décisions du gouvernement Legault, des questions devraient être posées. Quels sont les scénarios que le gouvernement avait devant lui avant de décider de fermer le Québec pour trois semaines ? Quelles indications a le Conseil des ministres que cette « pause » va ralentir la pandémie davantage que des mesures plus respectueuses de l’équilibre entre santé publique et prospérité ? » (dixit André Pratte)

En ce qui me concerne, il est là le hic : le fait de mettre la clef dans la porte de tous les services jugés « non-essentiels » était-il la bonne décision dans l’état de la situation du 23 mars? N’aurait-il pas été préférable d’y aller progressivement sans chambouler du jour au lendemain la vie de tous ces travailleurs et entrepreneurs?

« On dit le mot « économie » comme si les conséquences économiques d’une récession, peut-être une dépression, n’étaient que financières. Or, l’économie n’est pas d’abord une question de chiffres, mais une affaire humaine. Les centaines de milliers de personnes qui sont mises à pied ces jours-ci ou qui voient leur salaire diminuer, ainsi que celles qui vivent dans l’angoisse de la prochaine facture sont des êtres humains elles aussi. Leurs souffrances doivent peser dans la balance. » (dixit André Pratte)

Enfin, je soumets à votre réflexion le dernier commentaire d’André Pratte qui mérite une sérieuse réflexion : « La crise a beau être extrêmement grave, le premier ministre a beau parler d’une « guerre », l’histoire a amplement montré qu’une société est toujours perdante lorsqu’elle met la démocratie sur « pause ».
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vigile.quebec tribune libre 31 mars 2020

 

Négocier en temps de crise, est-ce le bon moment?

31 mars 2020

Les conventions collectives de plus d’un demi-million d’employés de l’État québécois ne sont pas aussitôt arrivées à échéance que déjà le gouvernement accélère le rythme comme s’il y avait péril en la demeure.

Par ailleurs, il m’apparaît incohérent d’entamer des négociations en pleine crise du coronavirus au moment où le ministre des Finances ne connaît absolument pas ce que sera l’état de son budget dans quelques semaines considérant les millions $ qui sortent de ses goussets régulièrement pour venir en aide aux travailleurs qui sont sur la ligne de front, notamment les travailleurs de la santé et les employés œuvrant dans des résidences pour personnes âgées.

Et pourtant, François Legault s’était engagé, au début de ses points de presse quotidiens, à retarder les négociations pendant la crise du coronavirus, arguant qu’elles pourraient influer sur le climat de travail dans les services de santé au Québec.

Or, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, agit tout à fait dans le sens contraire en appuyant sur l’accélérateur au moment où les « anges » de la santé de M. Legault vivent une période de stress intense, et n’ont pas du tout la tête à la négociation de leurs conditions de travail.

Jusqu’ où ira cette démarche que je qualifierai d’indécente? Qu’est-ce que le premier ministre attend pour suspendre cette négociation jusqu’à la fin de la crise du COVID-19? En période de crise exceptionnelle, ça prend des mesures exceptionnelles, clame François Legault depuis le début de la pandémie… Eh bien il est temps d’agir en conséquence.

quebechebdo 31 mars 2020
vigile.quebec tribune libre 31 mars 2020

Le confinement, porteur potentiel de violence

30 mars 2020

En cette période de stress intense où les familles du Québec sont confinées dans leur résidence, un « virus » pernicieux risque de s’infiltrer à l’intérieur du logis familial : la violence.

En mettant le Québec sur pause jusqu’au 13 avril, le gouvernement Legault a fermé à clef les portes de milliers d’usines et d’entreprises québécoises où des centaines de milliers de travailleurs gagnaient dignement leur vie.

Une dignité qui s’est évaporée du jour au lendemain pour faire place au désœuvrement et à l’anxiété. Une oisiveté sournoise qui parfois, chez les personnes plus vulnérables, peut dégénérer en une violence incontrôlable, particulièrement chez les hommes, envers l’épouse et/ou les enfants.

C’est pourquoi, face à cet ennemi potentiel qu’est la violence, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux du Québec, Lionel Carmant et la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, se doivent de redoubler de vigilance et d’accroître les ressources humaines dans les DPJ et les organismes d’aide et d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale de manière à contrer les dommages collatéraux causés par la fermeture de tous les services jugés non-essentiels. Il en va de la sécurité de femmes et d’enfants du Québec.

vigile.quebec tribune libre 28 mars 2020

Une leçon à tirer du confinement

30 mars 2020

Au Québec, en cette période de confinement, des enfants sont séparés de leurs amis, des parents de leurs enfants, des grands-parents ne peuvent plus serrer leurs petits-enfants dans leurs bras. Quant aux personnes âgées, elles sont seules, plus seules que jamais… et elles l’étaient bien avant le confinement.

Un confinement qui nous confronte à la solitude, pour la première fois peut-être. Et s’il est une leçon que nous pouvons tirer de cette solitude, c’est celle des personnes âgées cantonnées dans des résidences pour aînés ou dans des Centres hospitaliers pour soins de longue durée (CHSLD) qui se bercent devant leur téléviseur, le regard ailleurs…

Lorsque la tempête sera passée, peut-être nous souviendrons-nous du poids de notre solitude en période de crise et, qui sait, peut-être irons-nous faire une petite visite à nos parents confinés dans leur chambre depuis des mois, voire des années, et vivant de l’espoir que peut-être…

vigile.quebec 28 mars 2020
quebechebdo 30 mars 2020
Le Devoir 31 mars 2020

Au sujet de l’appel au bénévolat de M. Legault

27 mars 2020

Lors de son point de presse du 23 mars, le premier ministre François Legault, devant la croissance de cas infectés par la COVID-19, mettait le Québec sur pause jusqu’au 13 avril. Trois jours plus tard, soit le 26 mars, devant le manque de bénévoles dans les organismes humanitaires chargés de recueillir et de distribuer des denrées aux familles dans le besoin, M. Legault, faisant appel à la générosité des Québécois, leur lançait un vibrant appel au bénévolat.

Or, depuis les tout débuts de la crise du coronavirus, François Legault et son équipe ne cessent de clamer aux Québécois de demeurer à la maison le plus possible, d’éviter les regroupements et de garder la distanciation sociale.

Dans ces circonstances, quoique M. Legault définisse le bénévolat comme un service essentiel, comment ne pas voir dans cet appel au bénévolat une forme d’incohérence avec les directives annoncées? Comment concilier une activité où des gens sont regroupés pour trier des denrées et les distribuer avec les consignes

Loin de moi, ici, l’idée de dénigrer l’importance du bénévolat qui occupe une place primordiale dans le spectre social du Québec. Toutefois, même si M. Legault a invité les bénévoles à la prudence en disant qu’ « il ne faut pas que ça devienne des rassemblements », en parlant des organismes communautaires, je demeure perplexe eu égard à la pertinence, voire la cohérence, de cet appel du premier ministre au bénévolat!

quebechebdo 27 mars 2020 

Le Québec sur pause

26 mars 2020

Dans la foulée des mesures prises par François Legault depuis le début de la crise du coronavirus, plusieurs entrepreneurs et travailleurs se souviendront longtemps de la décision du premier ministre de mettre le Québec sur pause du 23 mars jusqu’au 13 avril.

Pour compléter le tableau, c’est ce même 23 mars que le mode de comptabilité des cas « confirmés » a été modifié en ajoutant dans le décompte les cas « probables » aux cas confirmés, une mesure qui est passée sous le radar mais qui a toute son importance dans le contexte de la mise sur pause.

Il n’en fallait pas davantage pour que le tandem santé publique/économie ne fasse son entrée dans les médias. À cet effet, quoique je favorise encore de garder la priorité sur la santé publique, je suis d’avis que la dernière décision du premier ministre risque de causer des torts gravissimes, voire irréparables, notamment à plusieurs PME au Québec.

Dans un blogue publié le mardi 24 mars sous le titre « Legault va-t-il trop loin? », Me François-David Bernier pose plusieurs questions : « François Legault est-il en train d’en faire trop, d’aller trop vite, de faire paniquer le Québec, de mettre à terre l’économie d’une telle manière que ça nous prendra des décennies pour nous en remettre? Est-on en train d’écraser la mouche avec une masse et, collatéralement, de casser la table aussi? »

Par ailleurs, dans une entrevue accordée sur RDI, l’économiste Clément Gignac lance un appel à la prudence en invitant François Legault à ne pas placer l’économie « sous respirateur artificiel » aux « soins intensifs ». Des images percutantes qui démontrent à quel point la panique est en train de s’emparer des entrepreneurs et des travailleurs. 

À mon avis, l’heure est à l’arrimage entre les mesures mises de l’avant pour contrer la propagation de la COVID-19 et la survie des travailleurs et des entreprises. À cet effet, je rejoins Me Bernier : « Maintenant, je crois qu’on va trop loin en imposant un shutdown général et sans répartie. Derrière l’entreprise, il y a l’humain et des familles, il ne faut pas l’oublier… Selon moi, des erreurs grossières et lourdes commises par le gouvernement dans la gestion d’une crise, comme la prise de décisions expéditives qui causeraient des dommages graves à notre société, pourraient engager sa responsabilité. Appliquer un shutdown au Québec, sans répartie, sans stratégie, sans réfléchir aux dommages irréparables causés aux entreprises et à notre société, pourrait peut-être exposer le gouvernement à des poursuites. »

https://www.journaldequebec.com/2020/03/24/legault-va-trop-loin

vigile.quebec 25 mars 2020

Un peu de cohérence. M. Legault!

24 mars 2020

D’entrée de jeu, je tiens à ce que vous sachiez que mon intention, en écrivant ce billet, n’est pas du tout de dédramatiser l’importance de la crise que vit actuellement le Québec ni encore d’apporter quelque critique sur la façon de la gérer de la part de François Legault.

Toutefois, lors de son point de presse quotidien du lundi 23 mars, le premier ministre annonçait que le nombre de cas avait plus que triplé en 24 heures, passant d'un peu plus de 200 à plus de 600, tout en spécifiant que le mode de calcul des cas avait changé puisque dorénavant les cas probables de coronavirus seraient ajoutés aux cas confirmés afin de « mieux refléter la réalité ». D’où le bond substantiel de cas entre le 22 et le 23 mars.  Autre conséquence, sur le plan des statistiques à l’échelle du pays, le Québec est passé de troisième au rang peu enviable de premier en terme de cas « confirmés testés positifs » du COVID-19, ce qui, dans les faits, ne représente pas la réalité.

Depuis le début de la crise au Québec, François Legault resserre de jour en jour les directives de sécurité qu’il met de l’avant pour contrer la propagation du coronavirus, faisant monter le niveau de stress dans la population, ce qui est tout à fait normal dans les circonstances. Toutefois, en modifiant le mode de comptabilité des cas, les Québécois risquent d’oublier rapidement ce « petit détail » et développer un stress accru devant le bond catastrophique de cas comparativement aux autres provinces.  

En fait, M. Legault, pourquoi avez-vous procédé à un tel changement? Ne serait-ce pas parce que vous espériez que les Québécois acceptent plus facilement votre décision, annoncée par hasard le même jour, de mettre le Québec sur pause jusqu’au 13 avril en exigeant la fermeture de tous les services non-essentiels?

vigile.quebec 23 mars 2020
quebechebdo 25 mars 2020