« Honnêtement », le mot-écran qui vient voiler une partie de la vérité?

23 juin 2020

Dans une entrevue réalisée sur LCN le 16 juin, le DR Horacio déclare ceci : « Ce que je ne connaissais pas, c’était l’état du manque d’employés dans les CHSLD, la quantité de personnes qui passaient d’un milieu à un autre. Ça, je n’avais pas ces informations-là. Ce n’est pas d’ailleurs mon secteur, mais de toute façon, je pense qu’on a été pris par surprise ».

https://www.journaldemontreal.com/2020/06/18/la-machoire-decrochee

Deux jours plus tard, soit le 18 juin, le Dr Arruda accorde une entrevue à Anne-Marie Dussault dans le cadre de l’émission 24/60 sur les ondes de RDI. Au cours de cette entrevue, le bon docteur utilise le mot « honnêtement » et même parfois précédé de l’adverbe « très », « très honnêtement » pas moins de 12 fois au cours de l’entrevue qui a duré 26 minutes, soit une fois à toutes les deux minutes…

À mes yeux, un individu qui emploie de façon aussi redondante le mot « honnêtement » dans une conversation a besoin de prouver sa crédibilité en se disant honnête pour renforcer son point de vue de peur qu’il ne soit pas cru des auditeurs…

Si l’on reprend, à titre d’exemple, la « surprise » du Dr Arruda devant l’état lamentable des CHSLD avant la pandémie, et qu’on y ajoute « honnêtement »… vous comprenez où je veux en venir! En termes clairs, le Dr Arruda connaissait la situation déplorable dans les CHSLD…

D’autre part, si l’on ajoute le voyage du Dr Arruda au Maroc alors qu’il a appris l’éclosion du premier cas de coronavirus au Québec pendant son absence, et qu’il répond aux critiques eu égard à son séjour au Maroc en arguant que rien « honnêtement » n’aurait changé s’il avait été présent au Québec, vous pouvez comprendre là aussi où je veux en venir!

À mes yeux, l’honnêteté se manifeste dans des gestes concrets et transparents et n’a nullement besoin qu’on y adjoigne son adverbe, à savoir « honnêtement », pour être crédible. Dans le cas du Dr Arruda, cette surutilisation du vocable « honnêtement » joue le rôle de mot-écran qui vient voiler une partie de la vérité… 

Bon visionnement

https://ici.radio-canada.ca/tele/24-60/site/segments/entrevue/184485/covid-19-coronavirus-100-jour-pandemie-quebec-bilan?isAutoPlay=1

vigile.quebec tribune libre 22 juin 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Santé publique et déconfinement

22 juin 2020

À partir du moment où le Québec a été mis sur pause à la mi-mars, la santé publique est devenue le maître d’œuvre de la gestion de crise causée par le coronavirus. Dès lors, les différentes consignes provenaient de la santé publique, appuyée en cela par la science. La distanciation physique de deux mètres a acquis progressivement ses prérogatives au sein de la population qui s’y est pliée généralement avec fidélité.

Quatre mois plus tard, force est de constater que le confinement a causé des dommages énormes à l’économie du Québec. À l’heure du déconfinement, les priorités sont orientées dorénavant sur la relance de l’économie, la protection du droit à l’éducation des enfants, la sauvegarde de notre santé mentale collective.

En temps de déconfinement, la santé publique n’a plus entièrement le haut du pavé dans les décisions. Elle est en concurrence avec une priorité majeure : reconfigurer une nouvelle normalité. En d’autres termes, les rôles sont inversés, la santé publique devant maintenant apporter des solutions aux choix politiques du gouvernement. 

La santé publique a donc imaginé une nouvelle façon de nous permettre de revoir nos proches et amis, une nouvelle façon de rouvrir les écoles, une nouvelle façon de procéder à la réouverture des commerces et des restaurants. Or, à force de « trouver de nouvelles façons » et de les défendre aux côtés de la classe politique, la santé publique est-elle en train de jouer sa crédibilité, voire son autonomie? Une question qui risque de ressurgir à l’occasion du bilan de la crise de la COVID-19…

quebechebdo 22 juin 2020
vigile.quebec tribune libre 22 juin 2020

Désenchantement au sein des futurs préposés aux bénéficiaires

18 juin 2020

Ils étaient des milliers de Québécois qui ont répondu à l’appel du premier ministre François Legault pour former 10 000 nouveaux préposés au cours de l’été, le premier ministre ayant martelé, ce printemps, que les finissants obtiendraient un poste à temps plein qui serait rémunéré 26$ de l’heure. 

Or, dès le début de la formation accélérée de préposés aux bénéficiaires annoncée en grandes pompes par François Legault, la confusion règne eu égard à leurs futures conditions de travail. En effet, alors que l’offre d’emploi de préposés aux bénéficiaires en CHSLD parlait d’un poste à temps plein rémunéré à 49 000 $ annuellement, le CISSS de Laval qui les a embauchés ne peut leur garantir un horaire à temps complet, si bien que plusieurs élèves ont quitté leur formation rémunérée.

Pour plusieurs étudiants, c’est le désenchantement, une triste réalité, à savoir que l’horaire des préposés en CHSLD fonctionne selon un horaire de travail de type « six-quinzaine », soit un minimum de trois jours de disponibilité par semaine, le reste du temps étant sur appel. En conséquence, aucune garantie de poste à temps plein. 

Du côté de la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, elle a tenu à se faire rassurante en déclarant que le premier ministre respectera sa parole et que le gouvernement a toujours été clair en annonçant qu’il va offrir du temps complet aux préposés en CHSLD avec un salaire de 49 000$ par année.

Eh bien, il m’apparaît urgent que la situation soit éclaircie à défaut de quoi la bisbille risque de s’immiscer dans un projet qui a suscité un si grand espoir de pallier la situation catastrophique dans les CHSLD qui a conduit à la mort de centaines de personnes âgées pendant la pandémie. 

quebechebdo 18 juin 2020
vigile.quebec tribune libre 15 juillet 2020

La PCU vs la relance de l’économie

17 juin 2020

Depuis les tout débuts de l’instauration de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) destinée aux travailleurs qui ont perdu leur emploi en raison de la pandémie, des voix se sont fait entendre à l’effet que certains bénéficiaires refusaient une proposition d’emploi car cette dernière leur procurait un revenu moindre que celui versé par la PCU, soit 2 000 $ par mois. Face à une telle situation, le gouvernement aurait lancé une opération retraçage des fraudeurs du système qui devront rendre les sommes perçues illégalement au trésor public.

Aujourd’hui, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé qu’il prolongeait la PCU de 8 semaines, soit jusqu’au 29 août, pour permettre à ceux qui demeurent toujours sans emploi de continuer à recevoir la prestation. À cet effet, le premier ministre du Québec François Legault s’est dit préoccupé par le fait que la PCU n’était pas accompagnée de mesures incitatives à retourner sur le marché du travail et, par conséquent, qu’elle retardait indument la relance économique.

C’est un secret de polichinelle, François Legault est un pragmatique, de son propre aveu, et par conséquent, il déteste les situations qui stagnent trop longtemps. Je ne serais donc pas surpris si le premier ministre offrait des primes aux travailleurs dans certains champs d’activités [des primes qui permettraient de gagner un revenu supplémentaire à la PCU] de la même façon qu’il a agi avec les préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD.

C’est la « technique de la carotte » régulièrement utilisée en management, et François Legault, en tant qu’ex-homme d’affaires, connaît très bien cette technique… En ce qui me concerne, la prime monétaire accordée aux travailleurs sans emploi deviendrait un incitatif important pouvant contribuer en partie à la relance de l’économie québécoise.

vigile.quebec tribune libre 17 juin 2020
Le Devoir 19 juin 2020 "La PCU et la relance"

Racisme systémique, position de Frédéric Bastien

17 juin 2020

Depuis les événements de violence policière qui ont conduit à la mort de l’afro-américain George Floyd, la notion de racisme systémique accapare une bonne part de la scène politico-sociale du Québec.

D’entrée de jeu, selon Wikipédia, « le racisme systémique fait référence à des discriminations récurrentes renforcées par des inégalités de pouvoir et de statut qui sont inscrites dans l'organisation sociale, bien que souvent faites par des individus, puisque des facteurs sociologiques tels que les normes sociales, la position sociale, l'autorité, les privilèges vont influer ».

La course à la direction du Parti québécois (PQ) n’échappe pas à ce vent d’opinions exprimées sur le racisme systémique. Dans l’idée du candidat historien Frédéric Bastien, « pour [lui], ça n’existe pas au Québec. Et il faut le dire. C’est une invention, un fantasme, une espèce d’ennemi imaginaire. Ça ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas de gens racistes, comme il y en a dans toutes les sociétés », tout en affirmant que la grande majorité des Québécois sont « tolérants et accueillants »… « Nous ne sommes pas des Américains. Nous n’avons pas l’historique de ségrégation raciale, d’esclavage, de lynchages, du Ku Klux Klan que les États-Unis ont. Pour moi, si une chose distingue le Québec, c’est la question raciale. » 

Et Frédéric Bastien pousse plus à fond sa réflexion : « Selon lui, tous les aspirants-chefs péquistes « doivent défendre le Québec quand il se fait pointer du doigt », et affirmer «haut et fort» qu’il n’y a pas de racisme systémique au Québec. « On voit très bien ce qui s’en vient. Ça va revenir à dire que la loi 21 est raciste, que la loi 101 est raciste. C’est déjà commencé. On ouvre la porte à calomnier le Québec, et à viser nos lois identitaires. Ce n’est certainement pas la position qu’on doit défendre au PQ. ». 

https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/pas-de-racisme-syst%c3%a9mique-au-qu%c3%a9bec-tonne-un-aspirant-chef-du-pq/ar-BB15oHAF

Sylvain Gaudreault s’est déjà prononcé sur le sujet en affirmant qu’il y avait du racisme systémique au Québec. À cet effet, Frédéric Bastien persiste et signe, tous les candidats à la chefferie du PQ doivent faire leur nid sur cette épineuse question.

Je rejoins d’emblée l’opinion de Frédéric Bastien sur les dangers d’étendre le racisme d’une minorité de Québécois à l’ensemble de la société en le qualifiant de « systémique » alors que, dans les faits, c’est « une espèce d’ennemi imaginaire » qui fait l’affaire des multiculturalistes chauvins pour qui toute manifestation nationaliste des Québécois est à proscrire coûte que coûte.

vigile.quebec tribune libre 17 juin 2020

Une victoire juridique historique

16 juin 2020

La victoire juridique des parents francophones de la Colombie Britannique dans la cause sur l’éducation en français marquera certes les annales de la francophonie en milieu minoritaire. En effet, la Cour suprême du pays vient de confirmer qu'un fondement constitutionnel existe vraiment pour les écoles francophones, et qu’un gouvernement provincial ne peut pas se soustraire à cette réalité.

En plus de devoir verser 7,1 millions $ au Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSF), les juges forcent aussi la province à faciliter la construction de plusieurs écoles dites homogènes, c’est-à-dire complètement francophones, en vertu d’un droit pour la minorité à une expérience éducative équivalente à celle de la majorité anglophone. Cette décision historique constitue un rétablissement de l’inégalité de pouvoir qui persiste depuis trop longtemps entre le CSF et le gouvernement provincial.

À mon avis, ce jugement aura des répercussions partout au Canada, imposant la même responsabilité à tous les gouvernements provinciaux et territoriaux grâce à la détermination du conseil scolaire et des parents francophones de la province de l’Ouest qui ont présenté cette affaire devant les tribunaux en 2010. Mais, par-dessus tout, il faut voir dans cette décision la survie de la francophonie au Canada.

Enfin, ce jugement confirme très clairement que les jeunes, dans les écoles francophones en milieu minoritaire, ont droit à une éducation équivalente à celle de la majorité, et que l’égalité des langues officielles au Canada existe réellement non seulement dans les mots mais aussi dans les faits.

quebechebdo 16 juin 2020
vigile.quebec tribune libre 16 juin 2020

Anglicisation de l’île de Montréal

16 juin 2020

Ce n’est pas d’hier que nous assistons lentement mais surement à l’anglicisation de l’île de Montréal. L’agrandissement du cégep Dawson, placé sur la voie rapide du Plan de relance économique du gouvernement Legault dans son projet de loi 61, en constitue malheureusement une énième manifestation.

Depuis l’arrivée de François Legault au pouvoir, les Québécoises et les Québécois ont été à même de ressentir un vent de nationalisme, notamment grâce à l’adoption de la loi 21 sur la laïcité du Québec. Aujourd’hui, il est temps que notre premier ministre, qui se dit nationaliste, et je suis porté à le croire, pose un autre geste concret en s’objectant au financement, à même les fonds publics, de notre assimilation à petit feu.  

La défense et la promotion du français sont au cœur de l’histoire du peuple québécois. Aujourd’hui, plusieurs études démontrent l’anglicisation progressive de Montréal, de Laval et des deux rives qui doit être prise avec tout le sérieux que l’exige la situation car viendra un moment où la tendance sera tellement forte qu’elle deviendra fatalement irréversible. Il faut que le gouvernement caquiste mette un frein au processus d’anglicisation de notre métropole, fondé sur le rejet du fait français et de l’identité québécoise.

M. Legault, j’en appelle à votre nationalisme. Votre gouvernement doit s’objecter au financement de l’agrandissement du cégep Dawson qui se dresse comme un symptôme de l’effondrement du système collégial francophone sur l’île de Montréal comme l’ont déjà démontré plusieurs chercheurs. C’est une simple question de gros beau sens guidé par des siècles de défense de notre identité francophone québécoise!

vigile.quebec tribune libre 14 juin 2020

François Legault, le pragmatique

16 juin 2020

De François Legault, on pourrait affirmer sans se tromper qu’il a quitté la profession d’homme d’affaires mais que l’homme d’affaires ne l’a jamais quitté. D’ailleurs, à cet effet, de son propre aveu, il s’est souvent qualifié de pragmatique, notamment dans certains projets de loi qu’il a présentés à l’Assemblée nationale.

Il en est ainsi actuellement du projet 61, Loi visant la relance de l’économie du Québec, qui a l’heur de susciter de sévères critiques de la part des partis de l’opposition qui lui reprochent en outre l’abolition de balises eu égard, notamment, à l’octroi de contrats dans l’industrie de la construction.

Aux yeux de François Legault, une période de quatre ans pour construire une maison des aînés est inconcevable. Il est convaincu que le projet peut être mené à terme dans un délai de deux, et cela tout en respectant les recommandations de la Commission Charbonneau.

À mon sens, le pragmatisme de François Legault est une arme à deux tranchants. D’une part, il lui permet de mettre en œuvre des projets dans des délais « raisonnables », d’autre part, il comporte le danger d’escamoter des étapes importantes qui risquent de nuire considérablement à l’évolution du projet.

Toutefois, force est d’admettre que son pragmatisme semble plaire à son électorat compte tenu de la popularité élevée dont il jouit dans les derniers sondages… Et cela, M. Legault le sait fort bien!

vigile.quebec tribune libre 20 juin 2020

La désinvolture du Dr Arruda

16 juin 2020

Dès le début des points de presse animés par François Legault et le Dr Horacio Arruda, ce dernier a vite acquis une notoriété et une popularité, notamment par le récit de certains événements personnels et sa gestuelle colorée.

Toutefois, plus le temps passe, plus son étoile pâlit. Nonobstant son silence inapproprié lors des dernières manifestations anti-racistes qui dérogeaient démesurément à la consigne des deux mètres de distanciation physique, on apprend que la dernière frasque du bon docteur remonte au 26 févier, date de son départ pour le Maroc pour effectuer un voyage d'affaires mais surtout d'agrément, selon La Presse canadienne.

Or, en son absence, un premier cas d'infection a été rapporté au Québec, le 27 février. Pendant ce temps, dès la fin janvier, la Colombie-Britannique et l'Alberta plaçaient des commandes d'équipement, dont des masques.

Il n’en fallait pas davantage pour que les partis d’opposition ne s’interrogent sur la pertinence de l’absence du Dr Arruda et, par conséquent, si sa présence n’aurait pas pu faire une différence eu égard à la crise qui prenait de plus en plus d’ampleur en Chine.

En entrevue, le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, s'étonne devant l'apparente « désinvolture » du Dr Arruda, persuadé que le gouvernement aurait pu agir « un mois plus tôt », notamment pour assurer l'approvisionnement en équipement de protection, surtout des masques en quantité suffisante, et recruter du personnel dans les CHSLD.

Le 12 mars, peu après la semaine de relâche, le premier ministre François Legault et le Dr Arruda ont exigé des employés de l'État qu'ils s'imposent une période d'isolement obligatoire de 14 jours, s'ils revenaient de l'étranger. Or, M. Arruda, qui a repris ses fonctions dès son retour de Marrakech le 8 mars, a donc ignoré sa propre consigne.

Le Dr Arruda a refusé une demande d'entrevue sur son absence du Québec en février et mars. Pour sa part, la ministre du MSSS a refusé de commenter…

vigile.quebec tribune libre 12 juin 2020 

Pas de chèque en blanc

12 juin 2020

Imaginez un instant que quelqu’un vous offre un montant d’argent en cadeau tout en vous demandant de choisir parmi une liste qu’il vous propose. Eh bien c’est exactement ce que fait le premier ministre canadien Justin Trudeau en offrant aux provinces la somme de 14 milliards $ tout en prenant bien soin de leur dicter ce dans quoi elles devront investir avec cet argent, alléguant que « le besoin de tous les Canadiens à travers le pays, c’est d’être protégés. »

Or, en agissant de la sorte, Justin Trudeau s’immisce dans les compétences des provinces en décidant des moyens qu’ils devront utiliser pour combattre la COVID-19, une ingérence fédérale qui est loin de faire l’heur des premiers ministres provinciaux, et à raison.

« Il n’y a pas de chèque en blanc », insiste le premier ministre canadien. Tous les premiers ministres provinciaux n’en demandent pas tant, M. Trudeau… Vous n’avez qu’à inscrire le montant sur le chèque, ils s’occuperont du reste!

vigile.quebec tribune libre 11 juin 2020