5 000 morts plus tard…

12 juin 2020

« Ça va bien aller! », lançait le slogan surplombé d’un arc-en-ciel au début de la crise du coronavirus. Trois mois plus tard, le Québec compte plus de 5 000 morts, soit 64 % des personnes décédées au Canada des suites de la COVID-19.

On aura beau invoquer toutes sortes de raisons, tels les voyageurs de la semaine de relâche, le grand nombre de personnes âgées au Québec, la vétusté de certains CHSLD etc…il n’en demeure pas moins que ce triste bilan porte tout au moins à réflexion.

D’entrée de jeu, on ne peut passer sous silence les écarts de gestion qui se sont multipliés depuis les trois derniers mois eu égard à la qualité des soins dans les CHSLD. En effet, que ce soit le manque de préposés (es) aux soins ou la pénurie de matériel de sécurité, notamment les masques, les écueils n’on cessé de se pointer tels des récifs à fleur d’eau.

Déjà des lacunes ont été identifiées, la pénurie de préposés aux soins constituant sans l’ombre d’un doute la pierre angulaire ayant contribué au triste sort réservé à la très grande majorité des décès des personnes âgées. À cet effet, il faut saluer la récente initiative de François Legault de lancer un vaste programme de formation de préposés aux bénéficiaires, lequel contribuera à atténuer, quoiqu’un peu tard, le nombre de décès dans les CHSLD.

Enfin, je demeure perplexe eu égard à la présence assidue du directeur national de Santé publique, le Dr Horacio Arruda, aux points de presse quotidiens du premier ministre sur l’état de la situation au Québec et les mesures mises de l’avant pour contrer la pandémie. À mon sens, ce tandem a parfois fait ressortir des différences d’opinions entre les deux hommes, une situation qui ne peut être que nuisible, voire malsaine, aux yeux des auditeurs assidus.

vigile.quebec tribune libre 11 juin 2020

Gagner du temps… mais à quel prix?

10 juin 2020

Le projet de loi 61 visant notamment l’allégement de plusieurs procédures dans le but de réaliser dans un plus court délai certains chantiers d’infrastructures, telles des résidences pour aînés, des hôpitaux, des écoles, afin de relancer l’économie du Québec est vertement critiqué par les partis d’opposition et le comité de suivi de la commission Charbonneau, particulièrement l’article 50 qui, dans sa formulation actuelle, permettrait au gouvernement Legault d’accorder des contrats sans appel d’offres, une pratique sévèrement condamnée, et à raison, par la Commission Charbonneau.

Et toute ce branle-bas de combat pour le moins téméraire dans un contexte où le souvenir de la Commission Charbonneau qui a démasqué tout un réseau de collusion et de corruption dans la construction est encore frais dans la mémoire des Québécois

De son côté, le premier ministre François Legault se défend tant bien que mal en alléguant qu’il n’a nullement l’intention de relancer l’époque des « contrats aux tizamis ». À mon sens, on ne peut douter de la bonne foi du premier ministre et de ses intentions louables. Toutefois, vite et bien sont rarement conciliables.

François Legault est un pragmatique de son propre aveu. Toutefois, son intention de gagner du temps ne doit pas se réaliser à n’importe quel prix, surtout pas au prix du retour de la collusion et de la corruption… Vivement un compromis acceptable entre les partis d’opposition et le gouvernement!

vigile.quebec tribune libre 10 juin 2020
quebechebdo 10 juin 2020

Où est Horacio?

10 juin 2020

Depuis les événements entourant la mort de l’afro-américain George Floyd tué lors d’une altercation avec un policier blanc aux États-Unis, une éclosion de manifestations anti-racistes s’est propagée autant en Europe, qu’aux États-Unis, qu’au Canada, notamment à Montréal, à Québec et à Sherbrooke.

Des milliers de personnes se rassemblent devant les yeux des policiers qui se contentent de maintenir le calme. Et pourtant, depuis des mois, la Santé publique, par la voix du Dr Arruda, nous répète sans relâche l’importance de respecter la consigne de la distanciation sociale de deux mètres. Il en est ainsi pour les rassemblements qui ne doivent pas excéder 10 personnes…

Comment le fils que les autorités d’un CHSLD ont empêché de voir sa mère avant de mourir en invoquant la défense de la santé publique peut-il se sentir devant de telles contradictions?  Comment un père qui a reçu une contravention pour avoir amusé son fils dans une balançoire située sur un terrain public peut-il se sentir?

En réalité, la Santé publique, depuis le début des manifestations, agit comme si la COVID-19 avait pris congé. Les sempiternelles consignes débitées depuis des mois telles des litanies eu égard aux consignes de sécurité pendant la période de crise liée au coronavirus par le directeur national de Santé publique, le Dr Horacio Arruda, ont disparu dans la nuée des temps.

Aucun signe de vie de la part d’Horacio…C’est le silence radar! Les manifestations monstres contre le racisme systémique se sont emparées de toute la scène médiatique au vu et au su de bon Dr Arruda sans qu’il ne laisse échapper aucun commentaire contre de tels rassemblements qui viennent pourtant contrecarrer les directives qu’il nous répète tel un diktat depuis des mois, notamment la fameuse distanciation sociale de deux mètres… Cherchez l’erreur!

vigile.quebec tribune libre 10 juin 2020

Les Québécois sont-ils racistes?

9 juin 2020

En cette période extrêmement fertile en éclosion de manifestations contre le racisme depuis la mort de George Floyd, étouffé sous le genou d’un policier blanc, j’ai cru pertinent de soulever quelques réflexions et interrogations sur le racisme au Québec. Pour ce faire, je m’inspirerai d’un blogue de Yanick Barrette publié dans le Huffington Post en février 2014 sous le titre Du racisme… Où ça? Au Québec?

« Il existe deux types de racisme : le racisme individuel et le racisme structurel. Le premier se révèle souvent par le biais de propos, de discours et de représentations discriminatoires »… Quant au racisme structurel, « celui-ci s'orchestre, entre autres, par l'inaccessibilité dans l'emploi et le logement.

Emploi

Primo, les difficultés rencontrées par les nouveaux arrivants, pour se trouver un emploi décent et conforme à leurs aptitudes et compétences, ne sont pas anecdotiques. Au contraire, une majorité d'études démontrent que les immigrants subissent une discrimination professionnelle. Pourtant, en moyenne plus scolarisés que les Québécois de « souche » (IRIS), les immigrants ne réussissent pas à obtenir des emplois conformes à leur expertise. En fait, leur scolarité ne constitue guère un facteur de bonification pour l'employabilité, signifiant donc qu'ils subissent, lors de l'embauche, une forme de discrimination silencieuse, voire symbolique.

Logement

Deuxio, le racisme structurel touche également les immigrants dans l'accessibilité au logement. Certains quartiers sont tout simplement inaccessibles pour les nouveaux arrivants. En effet, à Montréal, il s'opère de diverses façons une ségrégation socio-spatiale, selon laquelle certains quartiers concentrent une forte majorité d'habitants issus de l'immigration. Notons, à cet égard, les quartiers Côte-des-Neiges, Parc-Extension, Saint-Michel et Montréal-Nord qui n'offrent pas toujours les meilleures conditions de vie pour les immigrants, les logements étant souvent précaires, trop petits et insalubres. »

« Cela dit, ces situations font-elles de nous des racistes? Un sondage Léger marketing, datant de 2007, indiquait que 16 % des répondants (tous Québécois de souche) affirment être fortement ou moyennement racistes, tandis que 43 % affirment être au moins faiblement raciste »… « La notion de racisme « inconscient » permet, en partie, de jeter un éclairage sur la question. Alors que certains individus sont ouvertement racistes, d'autres sont ignorants de leur attitude raciste. Le meilleur exemple pour illustrer cet état de fait est lorsqu'une personne dit : «Je ne suis pas raciste, mais…». Le « mais » amène inévitablement une contradiction dans le propos. » 

« On en vient souvent à considérer l'Autre comme un étrange, un déviant ; comme si leur origine, leur religion et leur appartenance culturelle relevaient d'une forme de handicap qu'il faut dénoncer et si possible purifier, voire québéciser! Pourtant, l'on se dit ouvert, accueillant et tolérant. La différence: Oui, mais à notre manière! Nous tolérons et accueillons à bras ouverts ceux qui se fondent dans la masse, ceux qui respectent les coutumes québécoises et surtout ceux qui, rapidement, adoptent et apprivoisent les valeurs, les fondements et les manières de la société d'accueil. »

Constat

Après avoir lu ces réflexions qui me laissent pour le moins perplexe, la question demeure pleine et entière : les Québécois sont -ils racistes? À mon avis, aux chapitres de l’emploi et de l’accessibilité au logement, force est de constater une forme d’injustice sociale indéniable.

Charte de la laïcité

Toutefois, l’auteur erre radicalement lorsqu’il affirme que « sans vouloir dénoncer la Charte, il faut dire qu'elle participe nettement à l'accentuation des discours xénophobes…la Charte de la laïcité a entraîné son lot de propos inappropriés et disgracieux, pour la plupart dirigés contre les étrangers ; bref, un radotage vomitif à l'égard des autres, de ceux qui ne sont pas comme nous. ». En termes clairs, je ne vois aucune forme de racisme dans le fait que les immigrants, quelle que soit la couleur de leur peau, se plient aux us et coutumes de l’État hôte, notamment au chapitre de la langue.  

https://quebec.huffingtonpost.ca/yanick-barrette/du-racisme-ou-ca_b_4717334.html

vigile.quebec tribune libre 8 juin 2020

Cherchez l’erreur!

8 juin 2020

Depuis les événements entourant la mort de l’afro-américain George Floyd tué lors d’une altercation avec un policier blanc aux États-Unis, une éclosion de manifestations anti-racistes s’est propagée autant en Europe, qu’aux États-Unis, qu’au Canada, notamment à Montréal et à Québec

Des milliers de personnes se rassemblent devant les yeux des policiers qui se contentent de maintenir le calme. Et pourtant, depuis des mois, la Santé publique nous répète sans relâche l’importance de respecter la consigne de la distanciation sociale de deux mètres. Il en est ainsi pour les rassemblements qui ne doivent pas excéder 10 personnes…

Comment le fils à qui les autorités d’un CHSLD ont empêché de voir sa mère avant de mourir en invoquant la défense de la santé publique peut-il se sentir devant de telles contradictions?  Comment un père qui a reçu une contravention pour avoir amusé son fils dans une balançoire située sur un terrain public peut-il se sentir?

En réalité, la Santé publique, depuis le début des manifestations, agit comme si la COVID-19 avait pris congé… Cherchez l’erreur! 

quebechebdo 8 juin 2020
Le Devoir 15 juin 2020

Décès d’Andrée Champagne

8 juin 2020

Il arrive parfois qu’un rôle tenu dans un téléroman pendant plusieurs années marque certaines comédiennes pour la suite de leur carrière. Ainsi en est-il de la « belle Donalda » dans Les belles histoires des pays d’en haut incarnée par Andrée Champagne pendant 15 ans au petit écran.

Mariée à Séraphin Poudrier joué par Jean-Pierre Masson, je me souviens de certaines scènes révoltantes qui, à l’époque de mon enfance, me plongeaient dans une incompréhension presque troublante. En effet, comment, me disais-je, un homme peut-il être aussi mesquin envers une telle épouse soumise?… Ce qui ne m’empêchait pas d’être impatient de regarder avec beaucoup d’intérêt la suite de la vie de la tragique héroïne la semaine suivante.

Avec le décès d’Andrée Champagne, c’est tout un pan de l’imaginaire collectif des Québécois qui s’envole en fumée dans la nuée des temps. À cet effet, la petite histoire raconte même que des téléspectateurs, révoltés par le comportement de Séraphin, un pingre qui la privait de tout, lui envoyaient des couvertures et de la nourriture.

Andrée Champagne ne fait peut-être pas partie du panthéon des grandes comédiennes québécoises mais elle a l’avantage d’occuper une place privilégiée dans le cœur des Québécois de ma génération… Et pour cela, Mme Champagne, nous vous sommes extrêmement reconnaissants!   

quebechebdo 8 juin 2020

Abolition du délai de prescription

6 juin 2020

Jusqu’en 2013, une victime avait trois ans après le présumé crime en matière d’agression à caractère sexuel, de violence subie pendant l’enfance ou de violence conjugale pour intenter une poursuite. Sous le gouvernement Marois, cette période a été portée à 30 ans.

Or, grâce au projet de loi proposant l’abolition prochaine du délai de prescription pour intenter une poursuite civile en matière d’agression sexuelle, présentée par la ministre de la Justice, Sonia LeBel, des victimes présumées de prêtres pédophiles ont retrouvé l’espoir d’obtenir finalement justice.

Il en est ainsi pour M. Gaétan Bégin, 79 ans, qui a été agressé à l’âge de13 ans par un prêtre en Beauce, et qui raconte vivre un « cauchemar » depuis 66 ans en raison de la prescription qui l’empêchait d’obtenir réparation. En effet, dès l’adoption du projet de loi, qui pourrait survenir d’ici le 12 mai, M. Bégin entend déposer une poursuite contre les autorités religieuses qui ont protégé son présumé agresseur, aujourd’hui décédé. L’annonce a aussi eu l’effet d’un baume pour les requérants dans l’action collective intentée contre la congrégation de Sainte-Croix, dont certains s’étaient fait refuser un recours.

Bien sûr, ce ne sont pas toutes les personnes agressées sexuellement en bas âge par un membre du clergé qui auront la force et le courage de s’embarquer dans le long processus judiciaire qui pourrait les conduire à obtenir réparation. Toutefois, il est à espérer que plusieurs victimes suivront les traces de M. Bégin et que le fléau causé par les ecclésiastiques pédophiles soit réprimé comme il se doit.

quebechebdo 6 juin 2020
vigile.quebec tribune libre 6 juin 2020

Bombardier bat encore de l’aile

6 juin 2020

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le mandat de cinq ans d’Alain Bellemare à la tête de Bombardier a coûté très cher à l’entreprise, à savoir une entente de départ qui pourrait lui rapporter jusqu’à 17,4 millions $, et toute cette somme dans un contexte qui a été marqué par un sauvetage gouvernemental estimé à 1,3 milliard $, des milliers de licenciements, des résultats financiers décevants, d’innombrables ventes d’actifs et un cours boursier en chute libre.

Aujourd’hui, Bombardier revient encore à la charge au grand dam de plusieurs contribuables Québécois qui en ont marre de payer de leurs poches ces écarts de gestion inadmissibles après avoir annoncé le licenciement de 2500 employés dont 1500 au Québec. Le fleuron québécois, pour une énième fois, bat encore de l’aile.

Or, il semble bien que les ministres Girard et Fizgibbon semblent ouverts à une aide financière à Bombardier, moyennant des conditions très strictes « comme ç’a été le cas pour le Cirque du Soleil », argue le ministre des Finances Éric Girard.

Nonobstant le fait que Bombardier ait été touché très durement par les effets collatéraux de la pandémie, je suis d’avis qu’un contrôle très serré des dépenses, notamment les salaires astronomiques des dirigeants accompagnés de bonis scandaleux, soit écrit noir sur blanc dans leurs clauses contractuelles.

Le gouvernement Legault semble décidé de ne pas faire comme le précédent gouvernement libéral mais plutôt d’investir dans la compagnie mère et exiger des actions. Reste à espérer que le nouveau p-d.g., Éric Martel, saura tirer les leçons du passé et qu’enfin le fleuron québécois prendra son envol!

quebechebdo 6 juin 2020
vigile.quebec tribune libre 6 juin 2020
Le Soleil (version internet) 7 juin 2020

21 longues secondes de silence

4 juin 2020

Un Justin Trudeau de glace, le regard figé droit devant lui pendant 21 secondes à la suite de la question d’un journaliste portant sur le discours et les actions du président des États-Unis Donald Trump qui en appelle désormais à l’action militaire envers les manifestants dans plusieurs villes américaines.

Finalement, après un soupir, la « réponse » est venue. En fait, Justin Trudeau n’a jamais répondu à la question, se contentant d’exprimer son « horreur » et sa « consternation » devant « ce qui se passe aux États-Unis », et de faire dévier le sujet sur le racisme au Canada.

Mais que s’est-il donc passé dans la tête de Justin Trudeau pendant ces 21 longues secondes de silence? Avait-il planifié ce silence dans l’éventualité, voire la certitude que la question allait lui être posée? Si oui, quelle était son intention en gardant le silence? Toutes des questions qui demeureront certes sans réponse…

Sans avoir aucunement la prétention de lire dans les pensées des gens, j’ose quand même quelques éléments de réponses. À mes yeux, Justin Trudeau avait prévu cette question et son silence se voulait révélateur d’une part, de son malaise eu égard au discours de Trump et d’autre part, de la fragilité des relations commerciales avec nos voisins du Sud.

Or, connaissant la hargne que Justin Trudeau éprouve envers le racisme, je suis d’avis qu’il aurait pu tout au moins réaffirmé sa position envers les propos incendiaires de Donald Trump, une attitude davantage digne d’un premier ministre au lieu d’un interminable lourd silence… 

vigile.quebec tribune libre 3 juin 2020
Le Devoir 5 juin 2020

Se sentir coupable d’être blanc

3 juin 2020

En regardant un reportage sur les ondes de RDI, j’ai été frappé par le commentaire d’un jeune américain qui avouait combien il se sentait coupable d’être blanc quand il était confronté aux actes de barbarie de la part des policiers blancs envers les afro-américains alors que lui n’était nullement assailli de la sorte par un policier… parce qu’il était blanc.

Quand un jeune de race blanche en est rendu à exprimer avec un malaise aussi amer le racisme systémique qui gruge telle une gangrène depuis des décennies la cohabitation entre les policiers et les Noirs, c’est dire à quel point la cicatrice est profonde et douloureuse.

Par ailleurs, ce n’est surement pas le discours incendiaire de Donald Trump qui contribuera à faire diminuer les tensions Loin de là, il ne fera qu’attiser davantage les braises de la révolte et de l’humiliation avilissante des Noirs pour qui la dignité est un vocable auquel ils n’ont tout simplement pas droit dans les pensées du président américain.

Toutefois, il est permis de percevoir, à mes yeux, un peu de lumière au bout du tunnel quand de jeunes américains blancs éprouvent un sentiment de culpabilité eu égard aux injustices racistes dont les afro-américains sont victimes de la part des policiers blancs. En bref, ces jeunes osent clamer leur désarroi eu égard au racisme systémique, un désarroi qui peut-être parviendra un jour aux oreilles d’un dirigeant américain pour le plus grand bien d’une saine convivialité entre les Noirs et les Blancs… « I have a dream », disait un certain Martin Luther King en 1963, il y 57 ans!…

quebechebdo 3 juin 2020 
vigile.quebec tribune libre 3 juin 2020