Robotshop dans la mire de l’OQLF

20 septembre 2020


Le PDG de la boutique en ligne Robotshop, Mario Tremblay, dont le siège social est à Mirabel, est dans la mire de l’Office québécois de la langue française (OQLF) qui exige que ses produits soient offerts en français, ce qui irrite au plus haut point l’homme d’affaires. Le hic, c’est que son entreprise est en opération depuis 2003 et que jamais il n’a reçu une telle directive de l’OQLF depuis lors, une situation que M. Tremblay n’arrive pas à s’expliquer.

Or l’article 51 de la Charte québécoise de la langue française stipule clairement que « toute inscription sur un produit, sur son contenant ou sur son emballage, sur un document ou objet accompagnant ce produit, y compris le mode d’emploi et les certificats de garantie, doit être rédigée en français ».

Par ailleurs, c’est bien connu, le nouveau ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a bien l’intention de faire appliquer les articles de la Charte québécoise de la langue française qui, avouons-le, a souffert depuis des années d’un laxisme pour le moins inacceptable de la part des ministres responsables antérieurs.

L’entreprise RobotShop est inscrite à l’Office et, comme prévu par la Charte, elle doit réaliser une démarche de francisation. À cet effet, l’Office a offert son aide et son soutien à l’entreprise dans ses efforts de francisation et souhaite pouvoir le faire en pleine collaboration. À mon sens, le processus de francisation de Robotshop doit suivre normalement son cours tel que stipulé par la Charte québécoise de la langue française.

quebechebdo 20 septembre 2020
vigile.quebec tribune libre 20 septembre 2020

Une autre église menacée de disparaître

19 septembre 2020


 

Décidément, la grande région de Québec semble vouée à assister à la démolition de ses églises, fussent-elles inscrites sur la liste des huit églises à valeur patrimoniale « très élevée » par la Ville de Québec. Après l’église Saint-François-d’Assise tombée sous le pic des démolisseurs il y a quelques mois, c’est maintenant au tour de l’église Saint-Charles-de-Limoilou de faire face à l’éventualité d’une démolition pour être substituée par des condos.

Et pourtant, depuis 2015, l’organisme Espaces d’initiatives planche sur un projet de « laboratoire d’innovations sociales », comprenant aussi des espaces de travail et des espaces partagés, une grande place publique intérieure et un café-bistro afin de redonner les lieux à la communauté. Le conseil de quartier appuie ce projet. Le problème demeure toujours le même: le financement. En fait, ce que vise l’organisme, c’est la sauvegarde du bâtiment bien sûr, mais aussi de l’ensemble architectural y compris le boisé centenaire qui est à l’arrière et où l’on trouve les plus vieux arbres du quartier Limoilou.


Notre patrimoine religieux est menacé de toutes parts, nos églises centenaires, qui faisaient jadis la fierté des paroissiens qui en faisaient leur lieu de rencontre hebdomadaire en se rassemblant sur le balcon après la messe dominicale, sont sacrifiées sans vergogne sur l’autel de la modernité… Scandaleux!


En terminant, permettez-moi de vous transporter dans un passé pas si lointain. En fouillant dans mon album, j’ai découvert une vieille photo datant du 29 juin 1942 sur laquelle sont réunies les deux familles de mes parents dans les marches conduisant au balcon de l’église Saint-Charles-de-Limoilou, comme le voulait la tradition, à l’occasion de leur mariage. Lorsque je circule dans le quartier et que j’aperçois l’église, cette vieille photo refait toujours surface dans ma mémoire, tel un souvenir impérissable…



https://www.msn.com/fr-ca/actualites/r-gion-de-qu-bec/pas-de-changement-de-zonage-possible-pour-l-%c3%a9glise-saint-charles-de-limoilou/ar-BB19hckc?ocid=msedgdhp

quebechebdo 19 septembre 2020
Le Soleil (version internet) 21 septembre 2020
vigile.quebec tribune libre 20 septembre 2020

La valse-hésitation de François Legault

18 septembre 2020

Les événements festifs organisés par une clientèle jeune outrepassant les règles sanitaires, notamment le port obligatoire du masque et la distanciation sociale, ont manifestement l’heur de placer François Legault dans l’instabilité, voire un certain inconfort eu égard aux moyens à utiliser pour les contrer.

D’un côté, le premier ministre pourrait utiliser des sanctions aux récalcitrants en octroyant des pouvoirs spéciaux aux policiers, notamment un mandat, lequel légalement ne s’obtient qu’avec l’autorisation d’un juge, une solution qui prendrait beaucoup trop de temps.

De l’autre côté, demeure la conscientisation qui, jusqu’à maintenant, de toute évidence, n’a pas donné les résultats escomptés. Lors de son dernier point de presse, François Legault a lancé l’idée d’une publicité plus percutante qui pourrait par exemple montrer une personne qui a souffert après avoir été contaminée par le coronavirus, ou une autre qui a perdu un proche à la suite de sa contamination au COVID-19.

C’est maintenant connu, les rassemblements privés sont devenus la cause première de la montée des cas de contaminations au Québec. À mon sens, le premier ministre doit jouer sur les deux tableaux : d’une part, octroyer des pouvoirs spéciaux aux policiers qui ont des motifs raisonnables de pénétrer dans la résidence, telle une plainte de voisins, d’autre part, lancer une campagne publicitaire saisissante qui touche les cordes sensibles des jeunes, telle la santé ou la vie de leurs proches… Finie la valse-hésitation et place à l’action!

quebechebdo 18 septembre 2020
vigile.quebec tribune libre 22 septembre 2020

Les effets collatéraux d’un reconfinement

17 septembre 2020

Depuis quelques jours, le nombre de cas testés positifs au COVID-19 ne cessent d’augmenter au Québec qui montre une tendance à atteindre les 300 cas et plus quotidiennement, si bien qu’un possible reconfinement de certaines régions semble circuler dans les corridors des autorités responsables de la gestion de la crise, à savoir François Legault et Horacio Arruda.

Une décision qui, à mon sens, aurait des effets catastrophiques à bien des points de vue, à commencer par les répercussions psychologiques chez les employeurs et les employés touchés par une telle mesure, eux qui peinent encore aujourd’hui à se sortir des effets du premier confinement qui a laissé des séquelles qui perdurent. En second lieu, le reconfinement viendrait enrayer davantage une économie fragilisée qui risquerait de s’effondrer sous le poids de pertes d’emplois désastreuses en pleine période d’une relance économique ardue.

Le gouvernement et la santé publique possèdent déjà des indices sérieux sur les principales causes qui ont contribué à l’augmentation des cas positifs, notamment certains rassemblements festifs au cours desquels les règles sanitaires n’ont pas été respectées, et les manifestations populaires contre le port du masque obligatoire. Des mesures peuvent être prises pour contrer ces récalcitrants, notamment l’octroi de pouvoirs davantage coercitifs aux policiers, tels des mandats pour entrer dans les foyers où se tiennent ces rassemblements.

Bref, il m’apparaîtrait incongru qu’une infime partie délinquante de la population prime sur la majorité qui se plie sans grincher aux mesures sanitaires. Conséquemment, Mm Legault et Arruda, frappez là où le mal émerge… Place au gros bon sens!

vigile.quebec tribune libre 16 septembre 2020
quebechebdo 18 septembre 2020
Le Soleil 19 setembre 2020
Le Devoir 21 septembre 2020

COVID-19 : le relâchement

16 septembre 2020

D’entrée de jeu, un petit retour en arrière s’impose. Dès les tout débuts de la pandémie, on se souviendra que le gouvernement et la santé publique ont immédiatement confiné les personnes « vulnérables », à savoir les personnes âgées de 70 ans et plus, les plus jeunes étant considérés à risque faible. Cette stratégie a duré pendant quelques semaines après le début du confinement. Puis, arriva le déconfinement progressif avec son train de mesures sanitaires, notamment le port du masque facultatif au départ puis obligatoire dans les endroits clos. Suivirent l’ouverture des bars et les rassemblements de 10 personnes au maximum.

Pendant toute cette période, les 20 à 40 ans demeuraient les grands oubliés jusqu’à ce que des cas de contamination surviennent à la suite d’événements festifs regroupant plus de dix personnes pour la plupart sans masque. Tout à coup, ce groupe de personnes devenaient la cible du coronavirus. Il n’en fallait pas davantage pour que les autorités commencent à parler de « relâchement ». Les 20 à 40 ans devenaient tout à coup des personnes « vulnérables » au même titre que les personnes âgées alors que, durant toute la période ayant précédé cette contamination soudaine, ils étaient peu à risque.

En résumé, peut-être serait-il opportun que le trio Legault, Dubé et Arruda récupère cette clientèle laissée pour compte depuis les débuts de la pandémie en les motivant à s’intégrer dans le tissu social et à participer à l’effort collectif pour en arriver à raplatir la fameuse courbe… C’est une simple question de motivation!

quebechebdo 16 septembre 2020
vigile.quebec tribune libre 16 septembre 2020 "Le relâchement"

Le Québec né pour un p’tit pain?

15 septembre 2020

En juin 2019, le premier ministre Legault a refusé de discuter d’une motion déposée par le Parti québécois sur la pertinence de voir le Québec être représenté comme une nation lors des événements sportifs internationaux, un refus contradictoire après qu’il eut versé, à l’époque où il siégeait dans l’opposition, des montants de 200 $ à trois occasions à la Fondation Équipe-Québec « afin de contribuer à la pérennité de [sa] mission ».

Et pourtant, « depuis 2006, le Québec est reconnu par l’UNESCO comme étant un peuple avec un territoire », rappelle Robert Sirois dans son livre fraichement paru sous le titre Équipe nationale du Québec, un projet rassembleur et identitaire, et qui y voit la cohérence d’être représenté « dans tous les sports au même titre que les quatre nations qui forment le Royaume-Uni, soit l’Écosse, l’Irlande du Nord, le Pays de Galles et l’Angleterre, qui ne sont pas des pays, mais des nations non souveraines au même titre que le Québec ».

Tout en rappelant les décisions du gouvernement libéral de Philippe Couillard d’avoir « jeté à la poubelle » une étude de faisabilité que lui avait commandée Pauline Marois alors au pouvoir, cette fois, c’est François Legault que l’auteur invite à se mouiller. « Je veux créer un mouvement de pression envers le gouvernement du Québec pour que Legault tienne sa parole », lance Robert Sirois.

À titre d’exemples où le vieux dicton « le Québec est né pour un p’tit pain » prend toute sa signification, je vous soumets la liste des Fédérations où le Québec est reconnu comme une nation :
Fédération internationale des associations de ballon sur glace  
Fédération internationale du combat médiéval  
Fédération mondiale de hockey-balle (dekhockey)  
Fédération internationale d’intercrosse  

https://www.journaldemontreal.com/2020/09/13/francois-legault-somme-de-tenir-parole

vigile.quebec tribune libre 15 septembre 2020

 

Un bilan inquiétant

15 septembre 2020

De façon générale, les Québécois se disent satisfaits dont le gouvernement Legault a géré la crise du coronavirus jusqu’à maintenant. Or alors que le Québec compte pour 23 % de la population du Canada, il revendique 63 % des décès au pays, soit 5 700 morts, un bilan pour le moins inquiétant.

À cet effet, en plus de l’enquête réclamée par le gouvernement à la commissaire à la santé et au bien-être en août, une enquête policière se penche actuellement sur les circonstances qui ont mené à au moins 31 décès au CHSLD privé Herron, tandis qu’un rapport de la coroner en chef est attendu l’an prochain au terme d’une vaste enquête publique sur les décès en CHSLD. Enfin, la protectrice du citoyen mène une démarche similaire en parallèle. On verra plus tard ce qu’il ressortira de toutes ces enquêtes.

Pour l’instant, les faits prouvent que le Québec est la province dont le bilan est de loin le plus décevant au moment où nous nous apprêtons fort possiblement à affronter la deuxième vague de la pandémie. Bien sûr, des correctifs ont été apportés, notamment la formation accélérée de préposés aux bénéficiaires dont certains ont déjà commencé leur stage en CHSLD.

D’un autre côté, le gouvernement peine à faire respecter les règles sanitaires, notamment le port du masque obligatoire dans les endroits clos et les rassemblements festifs particulièrement de la part des jeunes. À cet effet, des amendes ont été ajoutées pour les récalcitrants depuis quelques jours mais le nombre de cas contaminés continuent à augmenter et à atteindre des proportions quotidiennes qui approchent celles du mois de mai.

Devant ces faits, comment apporter un jugement « satisfaisant » sur la gestion de la crise par le gouvernement et la santé publique? Jusqu’à quel point sont-ils imputables d’une situation aussi précaire? Je n’ai pas de réponse. Toutefois, je formule le souhait que toutes les enquêtes en cours nous éclaireront sur les véritables causes de ces dérapes pour le moins difficilement compréhensibles, voire acceptables…

vigile.quebec tribune libre 15 septembre 2020
quebechebdo 15 septembre 2020
Le Soleil (version internet) "COVID 19: un bilan inquiétant" 15 septembre 2020 

 

Adieu Mme Chrétien!

14 septembre 2020

On dit souvent que derrière tout grand homme se trouve une grande dame. Eh bien, on peut affirmer qu’à côté de Jean Chrétien se tenait Aline Chrétien., qui s’est éteinte à l’âge de 84 ans, quelques jours seulement après leur 63ième anniversaire de mariage.   

De l’avis de son fidèle collaborateur Eddie Goldenberg, « le premier ministre Chrétien serait le premier à reconnaître que sans elle, il n’aurait jamais été premier ministre ». C’est dire toute l’influence que l’adolescente de 16 ans rencontrée un jour dans un autobus a exercé sur le destin du p’tit gars de Shawinigan qui n’était alors que de deux ans son aîné.

Aline Chrétien était beaucoup plus que l’épouse de Jean Chrétien, elle était aussi sa complice, sa confidente et sa conseillère dont l’ex-premier ministre demandait l’avis sur tout, voire même sur la meilleure date pour la tenue d’élections. Elle incarnait « une force tranquille », a partagé Denis Coderre qui vivait une relation privilégiée avec le couple Chrétien.

Adieu Madame Chrétien, on se souviendra de vous comme le « roc de Gibraltar » de Jean Chrétien dont la discrétion n’avait d’égale que votre fidélité sans borne et votre apport constant et efficace tout au cours de sa longue carrière de 40 ans en politique fédérale, et ce dans les bonnes comme dans les moins bonnes périodes de sa vie en politique active.

Le Soleil (version internet) 14 septembre 2020
quebechebdo 16 septembre 2020

Le coronavirus créé en laboratoire?

14 septembre 2020

La Dre Li-Meng Yan, virologue émérite de l'institut de Hong Kong et référente de l'OMS, se dit convaincue que le coronavirus aurait été fabriqué en laboratoire. Selon ses dires, l’éclosion alléguée dans un marché de Wuhan n’est qu’un écran de fumée. Le virus aurait été en réalité fabriqué par l’homme. 

La spécialiste dit avoir été forcée de fuir Hong Kong, et se cacherait dans un endroit secret, craignant pour sa vie. Selon ses dires, le gouvernement chinois aurait «retiré toutes les informations incriminantes» des bases de données gouvernementales.

« La séquence du génome est comme une empreinte digitale humaine, a-t-elle expliqué en entrevue. Et sur cette base, vous pouvez identifier ces choses. Je vais utiliser ces preuves pour dire aux gens pourquoi cela vient du laboratoire en Chine, pourquoi ce sont eux qui l'ont fait », a-t-elle déclaré.

La virologue travaillait dans une prestigieuse université de Hong Kong, l'un des principaux centres mondiaux de recherche sur les maladies infectieuses qui fait partie du réseau mondial d'épidémiologie de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

La Dre Yan affirme qu'elle a été l'un des premiers scientifiques à étudier le coronavirus. Dès le mois de décembre 2019, son superviseur à l'université lui a demandé d'examiner un groupe de cas de type SRAS, qui avait éclaté en Chine continentale. Grâce à ses contacts médicaux et scientifiques, elle prétend avoir constaté une dissimulation aux proportions gigantesques.

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a assuré avoir des «preuves immenses» que le virus a fuité d'un laboratoire de Wuhan (centre) – la ville où il a été repéré fin 2019. Il a toutefois ajouté: « Nous n'avons pas de certitude ». Le secrétaire d'État a assuré qu'il n'y avait aucune incohérence: « Nous n'avons pas de certitude, et il y a des preuves significatives que cela vient du laboratoire, ces déclarations sont toutes les deux vraies ».

vigile.quebec tribune libre 14 septembre 2020

Le PQ doit-il se saborder ou changer sa stratégie?

14 septembre 2020

Dernièrement, deux articles traitant du processus d’accès du Québec à son indépendance, l’un de Gilbert Paquette, l’autre de Frédéric Bastien, sont parus sur cette tribune. Aussi m’est-il apparu opportun d’en ressortir d’abord les composantes, et ensuite d’apporter mon opinion personnelle sur la stratégie la plus susceptible de nous conduire à notre statut de pays.

Afin de m’assurer de rendre fidèlement les arguments des deux auteurs, j’ai cru opportun d’utiliser, dans des condensés, les termes exacts que chacun d’eux a utilisés pour justifier sa position personnelle.

Saborder la Parti québécois et refonder le combat indépendantiste

Ancien député et ministre du PQ, Gilbert Paquette vient de publier un livre sous le titre Le sens du pays – Refonder le combat indépendantiste, lequel a subi une critique sévère de la part du chroniqueur du Journal, Réjean Parent.

« Selon lui, je discréditerais le projet indépendantiste en demandant que le Parti québécois laisse la place pour favoriser une véritable refondation de tous les indépendantistes désireux de reprendre la promotion de l’indépendance délaissée par le parti depuis 1995.

Dans ces entrevues, je résumais une analyse fouillée de l’histoire des 50 dernières années du mouvement indépendantiste, et des conclusions que j’en tire… L’élément déclencheur qui m’a incité à entreprendre ce travail s’est produit en 2016, lors de la course à la direction du PQ où les membres ont décidé de choisir Jean-François Lisée comme chef, appuyant ainsi son idée insoutenable de repousser l’indépendance à un hypothétique deuxième mandat. 

Il faut rappeler ici…qu’après avoir souligné qu’un gouvernement péquiste ne mettrait pas un sou d’argent public dans la promotion de l’indépendance, le nouveau chef du parti avait déclaré, textuellement: « L’engagement de tenir un référendum dans le premier mandat est suicidaire pour le Parti québécois; si on s’entête, nous serons le troisième parti au Québec en 2018. On se sera marginalisé. Ce sera très dur pour la suite. » Le résultat de l’élection d’octobre 2018 fut bien pire.

Je me suis demandé ce qui avait fait qu’un chef du Parti québécois en arrive à traiter de suicidaire et de marginalisant notre projet de pays (ce n’était pas la première fois), se faisant approuver par une majorité de membres. Serait-ce qu’on est à ce point enfoncé dans le rôle d’un parti provincial dont l’horizon se limite à gagner une élection et à défendre le Québec dans le cadre du régime canadien dont nous voulons nous libérer?…

Il faut recréer un véritable parti indépendantiste ET nationaliste, ce que le PQ a refusé d’être jusqu’à maintenant… En refusant, élection après élection, de faire la promotion de l’indépendance, le PQ a perdu trop de crédibilité aux yeux de trop de gens, y compris aux miens. J’en suis arrivé à la conclusion que la refondation que je souhaite ne pourra se faire à partir du Parti québécois. J’espère qu’on me donnera tort, car le temps presse. »

https://www.journaldemontreal.com/2020/09/11/il-faut-une-refondation-independantiste

Attaquer de plein front la constitution canadienne

Aux yeux de Frédéric Bastien, « l’appui à la souveraineté est intimement lié à la question constitutionnelle. À titre d’exemples, en 1964, le gouvernement Lesage a fait l’un des plus gros gains de pouvoir de notre histoire constitutionnelle avec la création de la Caisse de dépôt et placement. Deux ans plus tard, le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) obtenait 10% du vote aux élections. L’intensité de la question constitutionnelle dans les années 60 a aussi amené Daniel Johnson à parler d’égalité ou indépendance, tout comme elle a poussé René Lévesque à quitter le Parti libéral du Québec (PLQ) pour fonder le PQ.

Par ailleurs, selon un récent sondage réalisé par l’équipe de Frédéric Bastien, plus de 61% des Québécois souhaitent une nouvelle négociation pour que le Québec obtienne plus de pouvoirs, contre 22% qui ne le veulent pas. Cet appui monte à 80% chez les souverainistes. Même chez les fédéralistes, 54% des répondants veulent que le gouvernement québécois bouge en ce sens.

En 1976, Pierre Trudeau a menacé de rapatrier la Constitution sans les provinces. Cette menace était réelle, comme on l’a vu par la suite, et elle visait particulièrement le Québec. Pour contrer les fédéraux, Robert Bourassa a déclenché des élections et, contre toute attente, le Parti québécois a été porté au pouvoir. En 1981, notre parti a fait campagne sur la Constitution et nous avons obtenu la plus grosse victoire de notre histoire, avec presque 50% du vote populaire.

Un autre exemple intéressant s’est produit au tournant des années 80-90. En septembre 1989, le Parti québécois de Jacques Parizeau a mordu la poussière lors des élections. Neuf mois plus tard, avec l’échec de l’accord du lac Meech, la souveraineté a atteint des sommets inégalés. Cet événement a permis au PQ de prendre le pouvoir en 1994 et de tenir le référendum l’année suivante.

Or en vertu du renvoi sur la sécession datant de 1998, le Québec possède le pouvoir de forcer une négociation constitutionnelle. Tout ce dont le Québec a besoin c’est d’une majorité à l’Assemblée nationale qui voterait une motion demandant une modification de la Constitution, laquelle créerait une obligation faite à toutes les parties de venir à la table des négociations, selon la règle édictée par la Cour suprême. »

https://www.journaldemontreal.com/2020/09/09/souverainete-en-finir-avec-la-strategie-de-la-parlotte

Mon verdict

D’entrée de jeu, je dois donner raison à Gilbert Paquette sur le fait de « reprendre la promotion de l’indépendance délaissée par le parti depuis 1995 ». Toutefois, je ne crois pas qu’il faille saborder ce qu’il était convenu d’appeler « le vaisseau amiral » pour redonner à la souveraineté ses lettres de noblesse. En termes clairs, il m’apparaît oisif de réinventer la roue.

Par contre, parmi les quatre candidats qui se présentent à la direction du Parti québécois (PQ), seul l’historien Frédéric Bastien présente une approche originale qui, à mon avis, devrait placer le Québec sur la route de l’accession à son indépendance. La constitution canadienne de 1982 s’érige clairement comme le nerf de la guerre, l’ennemi à combattre par tous les moyens.… Alors, tous derrière Frédéric Bastien et place à l’action!

vigile.quebec tribune libre 13 septembre 2020