29 novembre 2021
Dans la foulée de la tradition du Parti libéral du Québec (PLQ) qui a longtemps lancé de grands chantiers, tels la révolution tranquille de Jean Lesage et le développement de l’hydroélectricité de Robert Bourassa, la cheffe actuelle du PLQ, Dominique Anglade, lance l’idée de passer à la nationalisation de la production et de la distribution de l’hydrogène vert sous l’égide d’Hydrogène Québec.
Aux yeux de Dominique Anglade, le PLQ doit se renouveler et se moderniser. L’avenir est aux énergies vertes, tous les sondages vont dans cette direction. Dans son allocution, la cheffe a reconnu que le PLQ « traverse un moment de redéfinition ». « Est-ce qu’on a une côte à remonter ? Oui, on a une côte à remonter. On a une montagne de travail devant nous », a-t-elle aussi admis. « Nous avons la responsabilité d’être prêts pour la prochaine campagne électorale de 2022.
En ce qui a trait à Québec solidaire et à la Coalition avenir Québec (CAQ), Dominique Anglade n’a pas mâché ses mots en résumant la vision solidaire en ces termes : « il suffit d’enlever tout ce qui roule avec un moteur et de fermer tout ce qui fait travailler du monde et qui a une cheminée ». En ce qui concerne la CAQ, le parti de François Legault représente selon elle « le siècle dernier » puisqu’il a « abandonné nos aînés pendant la crise », qu’il « refuse de reconnaître la pénurie de main-d’œuvre » et n’a pas « de vision économique et environnementale ».
Est-ce que Dominique Anglade réussira à redonner un second souffle aux militants du PLQ réunis en congrès? Parviendra-t-elle à reconquérir l’électorat francophone, notamment celui de la grande région de la Capitale nationale qui a déjà été un château fort du PLQ? Parviendra-t-elle à étouffer la grogne qui sévit parmi plusieurs partisans eu égard à l’affaire Marie Montpetit? Toutes des questions auxquelles seul le temps pourra nous fournir des réponses!
vigile.quebec tribune libre 29 novembre 2021
Le Soleil (version internet) 2 décembre 2021
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29 novembre 2021
Héritier d’un parti portant derrière lui une longue tradition de chefs charismatiques et imbus profondément de la flamme souverainiste, tels René Lévesque, Jacques Parizeau et Bernard Landry, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), a tout un défi à relever d’ici le scrutin du 3 octobre 2022.
Formant le troisième groupe d’opposition à l’Assemblée nationale derrière le Parti libéral du Québec et Québec solidaire avec un faible 7 députés, malmené dans les sondages eu égard aux intentions de vote des Québécois, le thème de l’indépendance du Québec se retrouvant loin derrière les priorités des Québécois, notamment chez les jeunes, un chef encore peu connu, brillant par son absence lors des débats en Chambre, le PQ peine à se remettre de sa dégelée de 2018, ayant passé de 28 à 9 sièges avec un peu plus de 17 % du vote populaire.
Si on ajoute à ces constats la très grande popularité du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, qui siège confortablement au sommet des sondages à tire de meilleur premier ministre aux yeux de l’électorat québécois, et le spectre de la fibre nationaliste qu’il a su ranimer auprès des Québécois, le créneau souverainiste du PQ ne s’en trouve que plus difficilement accessible.
Pour reprendre les mots de Jacques Parizeau, le PQ fait face à un « champ de ruines », et sa reconstruction risque de rencontrer sur son chemin des écueils de taille qui menacent de mettre en péril la raison même de son existence, à savoir l’indépendance du Québec. Paul St-Pierre Plamondon parviendra-t-il à renflouer le vaisseau amiral?… Permettez-moi d’en douter!
vigile.quebec tribune libre 29 novembre 2021
Le Soleil (version internet) 30 novembre 2021
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27 novembre 2021
De mon temps, lorsqu’un élève manquait à un règlement à l’école où j’enseignais, il était qualifié de délinquant. Or, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, en autorisant pour 68 millions $ en prêts à au moins 10 entreprises qui ne répondaient pas à tous les critères de sélection, mérite le même qualificatif que l’élève fautif. Dans cette foulée, il convient de se rappeler que, ces dernières années, le ministre de l’Économie a fait l’objet de quatre enquêtes du Commissaire à l’éthique, ayant même été contraint de quitter son poste durant une certaine période
Dans le cas qui nous occupe, le ministre fait l’objet de constats de la part de la Vérificatrice générale Guylaine Leclerc qui lui reproche notamment d’avoir utilisé son pouvoir discrétionnaire eu égard aux subventions versées à certaines entreprises dans le cadre du Programme d’action concertée temporaire pour les entreprises (PACTE) et du programme Aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises (PAUPME), deux soutiens temporaires ayant été mis sur pied au printemps 2020 dans l’urgence pour aider les compagnies ébranlées par la pandémie.
Quoiqu’une clause permettait au ministre de l’Économie d’autoriser un prêt, et ce, même si la compagnie ne répondait pas aux critères, cette information n’a jamais été dévoilée publiquement, si bien que d’autres entreprises n’ont pas pu déposer une demande sur la base de besoins similaires. De surcroît, parmi les 10 compagnies qui ne respectaient pas tous les critères, certaines avaient déjà établi des relations d’affaires avec Investissement Québec, lequel relève du ministère de l’Économie.
De toute évidence, il est plus aisé pour M. Fitzgibbon de sortir du monde des affaires que de sortir le monde des affaires de son ADN…
vigile.quebec tribune libre 27 novembre 2021
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27 novembre 2021
La saga entourant la nomination de Mary Simon au poste de gouverneure générale du Canada continue à faire couler beaucoup d’encre. Cette fois-ci, la grogne émane du rapport d’enquête préliminaire du commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge, qui allègue que la décision de nommer Mme Simon relève du premier ministre, que ses décisions ne sont pas assujetties à la Loi sur les langues officielles, et qu’elles ne peuvent donc pas être examinées par le commissaire.
Du fait de sa Constitution, le Canada compte deux langues officielles, l’anglais et le français et, par conséquent, il m’apparaît tout à fait légitime d’exiger que les détenteurs de postes chargés de représenter le pays à l’étranger, telle la gouverneure générale, puisse s’exprimer dans les deux langues officielles lors de leurs sorties publiques. Or, Mary Simon est effectivement bilingue mais en inuktitut et en anglais.
Conséquemment, Trudeau fils fait fi de l’article de la Constitution canadienne de Trudeau père eu égard aux deux langues officielles du Canada, poussé par sa propension viscérale envers le sacrosaint multiculturalisme si cher à Trudeau père en désignant comme gouverneure générale une femme issue des premières nations… Et tant pis pour la Constitution de PET!
Enfin, ce n’est surement pas sa performance pour le moins médiocre lors de la « lecture » du discours du trône que Mary Simon nous a fait la preuve qu’elle pouvait « parler » un français acceptable!
vigile,quebec tribune libre 27 novembre 2021
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25 novembre 2021
Le gouvernement Trudeau persiste et signe, le contrôle des armes de poing devrait être délégué aux provinces alors que, dans les faits, les lois sur le contrôle des armes à feu, qui relèvent du droit criminel, sont de compétence fédérale. Par ailleurs, le même gouvernement fédéral projette d’implanter des normes nationales pour les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), alors que la Santé est de juridiction provinciale, des politiques fédérales pour le moins paradoxales.
Par ailleurs, si Justin Trudeau désire vraiment que les provinces jouent pleinement leur rôle auprès des personnes âgées, il doit augmenter les transferts en santé aux provinces sans ajouter de conditions. Du côté des armes de poing, Ottawa doit légiférer sur le port de telles armes, et renforcir les contrôles de sécurité aux frontières.
Somme toute, le gouvernement fédéral ne dispose d’aucune expertise pour élaborer adéquatement des normes nationales pour les CHSD. Quant au contrôle des armes de poing, compte tenu de la fréquence élevée de passages aux frontières entre les provinces, des normes nationales sont indispensables pour assurer la sécurité des Canadiens aux frontières et à travers tout le pays… En bref, à chacun ses juridictions, et les relations fédérales-provinciales ne s’en porteront que mieux.
vigile.quebec tribune libre25 novembre 2021
Le Devoir 29 novembre 2021 (version abrégée) "À chacun ses compétences"
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25 novembre 2021
François Legault aura beau arguer que tout a été dit et écrit sur les quelque 4000 décès dans les CHSLD lors de la première vague de la pandémie, citant en exemples notamment le rapport de la protectrice du citoyen Marie Rinfret et l’enquête en cours de la coroner Géhane Kamel, la lumière doit être faite sur les zones grises ayant trait, entre autres, à l’imputabilité des décideurs dans le fiasco qui a conduit à l’hécatombe dans les CHSLD.
Précisons d’abord que la chaîne de communication entre les coordonnateurs des CISSS et des CIUSSS et les directions des CSLD manquait totalement d’arrimage eu égard aux exigences des coordonnateurs versus le manque de formation du personnel des CHSLD pour pouvoir exécuter les tâches prescrites, sans parler du fait que plusieurs infirmières et préposés aux bénéficiaires avaient déjà quitté les lieux pour des raisons de santé.
Sur un autre plan, l’enquête de la coroner a fait ressortir que des formulaires remplis par des inspecteurs sur l’état de la situation dans les CHSLD avaient été « écrasés » avant que l’inspecteur de tel CHSLD ne s’y rende pour une seconde visite qui aurait été beaucoup plus efficace s’il avait disposé des données volatilisées.
Par ailleurs, comment se fait-il que le système de santé britanno-colombien avaient déjà, dès janvier 2020, fait parvenir une liste exhaustive des directives à suivre dans le cas d’éclosions dans les résidences pour personnes âgées, et qu’ici, au Québec, il a fallu attendre la mi-mars pour réagir au désastre qui se vivait tous les jours dans les CHSLD?
Devant ces événements pour le moins inquiétants, et nonobstant les recommandations fort à propos de la protectrice du citoyen et le travail minutieux de la coroner, je suis d’avis que seule une commission d’enquête publique fera toute la lumière sur l’ensemble du déroulement des événements et surtout sur les pistes de solutions aux nombreux problèmes rencontrés dans les CHSLD. Les proches des victimes ont le droit de connaître toute la vérité entourant la mort d’un des leurs dans des circonstances encore nébuleuses aujourd’hui…
vigile.quebec tribune libre 25 novembre 2021
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24 novembre 2021
Devant les tensions qui règnent au sein du Parti libéral du Québec (PLQ), et un Parti québécois (PQ) qui cherche désespérément à se tailler une place sur l’échiquier politique québécois, Québec solidaire (QS) apparaît de plus en plus comme une alternative sérieuse à former la prochaine opposition officielle à l’Assemblée nationale en octobre 2022.
Depuis sa fondation en 2006, QS a toujours présenté aux électeurs des plateformes électorales basées sur une multitude de thèmes. Or lors de leur congrès tenu du 19 au 21 novembre, les militants se sont plutôt prononcés pour la concision en priorisant certaines propositions qui reflètent davantage les préoccupations quotidiennes des gens.
À titre d’exemples, des cibles de réduction de gaz à effet de serre de 55 % en 2030, par rapport en 1990, instauration d’une semaine de travail de 35 heures, faire passer l’âge du vote à 16 ans, mise sur pied d’un chantier de 50 000 logements sociaux, création d’une Commission d’enquête sur le racisme systémique, etc…
En 2018, QS a atteint un plafond historique en faisant élire 10 députés qui ont constitué la deuxième opposition à l’Assemblée nationale devant le Parti québécois. Depuis lors, force est de constater que les interventions de sa députation en chambre trouvent de plus en plus écho auprès des Québécois, les talents d’orateur de Gabriel Nadeau-Dubois n’y étant pas étrangers.
Toutefois, une ombre se profile au tableau. Depuis le compromis Bouchard-Taylor, QS s’est toujours positionné en faveur de la laïcité. Or, en 2019, lors d’un conseil national, les membres avaient décidé de se prononcer contre toute interdiction du port de signes religieux. Lors du dernier congrès, les militants ont proposé aux co-porte-parole de QS de poser les bases d’une potentielle modification à la loi 21 sur la laïcité de l’État… Reste à voir si le parti réussira à retirer cette épine de son pied avant le début de la campagne électorale de 2022!
vigile.quebec tribune libre 24 novembre 2021
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24 novembre 2021
Plus l’enquête de la coroner Géhane Kamel sur les milliers de décès de personnes âgées dans les CHSLD lors de la première vague de la pandémie avance, plus des éléments nébuleux y sont révélés, le dernier en liste référant à la disparition de visites de vigie contenant des informations importantes concernant les ressources humaines et matérielles manquantes ou l’incapacité à fournir des services essentiels aux résidents. Les rapports de ces visites devaient être préservés, informatisés, et même transmis aux inspecteurs avant une nouvelle visite.
Or, lors de son témoignage, la sous-ministre-adjointe de la direction générale des aînés et des proches aidants, Nathalie Rosebush, a témoigné qu’aucun rapport d’inspection n’existait sur les CHSLD touchés lors de la première vague de la pandémie, les inspecteurs consignant des informations dans un fichier qui « écrasait » les constats notés lors de visites précédentes. Une version pour le moins discutable! En effet, à quoi serviraient les rapports des visites de vigie si les constats notés lors des visites précédentes étaient détruits automatiquement avant la visite suivante dans le même CHSLD?
À mon avis, de telles décisions ont été prises en haut lieu et doivent être expliquées et justifiées à l’enquête de la coroner Kamel. La vérité doit être connue, ne serait-ce que par respect et dignité envers les quelque 4 000 personnes âgées décédées dans ce triste épisode de la pandémie, et les proches qui ont perdu un être cher dans des circonstances tragiques et très éprouvantes.
quebechebdo tribune llibre 24 novembre 2021
vigile.quebec tribune libre 24 novembre 2021
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23 novembre 2021
La langue française, comme toutes les autres langues, est vivante et, à ce titre, elle doit s’adapter aux nouvelles réalités qui apparaissent dans la société où elle évolue. À ce sujet, il m’apparaît opportun de parler ici d’un terme qui étend son influence dans toutes les sphères de la société, à savoir l’inclusion, particulièrement depuis l’accroissement de nouveaux immigrants, notamment eu égard aux diverses religions dont ils sont issus.
Il n’en fallait pas davantage pour que le langage inclusif fasse son apparition dans le discours de certains critiques « avant-gardistes » et « bien intentionnés » ayant pour mission d’intégrer les personnes non-genrées dans la langue, les pronoms « il » et elle » et leur pluriel ne répondant pas à cette catégorie de personnes, d’où l’ajout du pronom neutre « iel », une fusion du « il » et du « elle », le « iel », en passant, étant maintenant intégré dans le « prestigieux » petit Robert en ligne.
Or, plutôt que de triturer la langue comme de la charcuterie, il existe une façon de contourner cette impasse pour les personnes non-genrées en utilisant les composantes de l’épicène LGBTQ [lesbienne, gay, bisexuel, transgenre, queer] dépendamment de la ou des personnes dont on fait allusion.
En terminant, permettez-moi d’ouvrir une petite parenthèse sur les dernières modifications proposées par certains linguistes « simplicitaires » qui proposent de décompliquer les règles d’accord des participes passés en laissant toujours invariables ceux conjugués avec l’auxiliaire « avoir, et en accordant toujours avec le sujet ceux conjugués avec « être »… Haro sur les difficultés inhérentes à la langue française, et place au nivellement par le bas!
quebechebdo tribune libre 23 novembre 2021
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22 novembre 2021
J’ai maintenant atteint l’âge vénérable de 75 ans, trois quarts de siècle sont maintenant derrière moi. Plus j’avance en âge, plus les années s’écoulent trop rapidement. C’est probablement le peu de temps qu’il me reste qui crée cette illusion.
J’ai mené ma vie là où elle m’a conduit. J’a eu la chance de faire ce que j’appelle le plus beau métier du monde, l’enseignement. J’ai aimé ces jeunes et je crois qu’ils me l’ont bien rendu.
Or arrive un jour la retraite. C’est à ce moment que je fais la connaissance du lâcher-prise, cet état d’esprit qui nous oblige peu à peu à abandonner le contrôle pour plonger dans un monde inconnu. La résilience m’a rejoint.
Et avec elle, l’incertitude, le doute qui m’obligent à revenir sur mon passé et à constater à quel point mes certitudes d’antan ne font plus partie de ma vie de tous les jours. L’homme sûr de lui hésite de plus en plus souvent. Le béton dans lequel étaient cimentées mes valeurs s’effrite petit à petit.
Sans m’en rendre compte, ma vie s’est enveloppée dans la fragilité, dans l’éphémère. Toutes les références autour desquelles je vivais ma sécurité se sont affaissées.
Toutefois, vieillir, c’est aussi prendre le temps d’observer le vol d’un oiseau, d’écouter le vent caresser les feuilles des arbres, d’observer le lever de soleil à l’horizon, de s’émerveiller devant un magnifique coucher de soleil, de prendre un enfant dans ses bras et de l’embrasser tendrement sur le front… Des petits gestes qui donnent tout son sens à la vie et qui créent en-dedans une oasis de joie et de sérénité.
vigile.quebec tribune libre 22 novembre 2021
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