À côté de la cible

14 avril 2011

La Coalition pour l'avenir du Québec a dévolié ses propositions sur l'éducation. Elle suggère aux enseignants, entre autres, de troquer 20% d'augmentation de salaire contre une évaluation bi-annuelle en fonction du taux de réussite de leurs élèves, et une révision des règles d'embauche dans le but de mettre en place des contrats variant de 3 à 5 ans.
Des propositions qui, à mon sens, sont enrobées d'un marchandage pernicieux qui démobiliserait davantage les enseignants en semant le doute sur leurs compétences professionnelles et en fragilisant leur sécurité d'emploi. En ce sens, la Coalition rate complètement son tir qui aboutit à côté de la cible.
À mon avis, un tir qui veut atteindre la cible en matière d'éducation doit viser d'abord la revalorisation du rôle primordial de l'enseignant dans notre société. Ensuite, il doit avoir comme objectif la ré-appropriation de l'école par l'équipe qui y oeuvre, les parents et le milieu socio-économique environnant. Enfin, un tir bien orienté doit se diriger vers l'intégration des élèves éprouvant des difficultés particulières, aidé en cela par un gouvernement responsable, prêt à dégager les fonds nécessaires à l'acquisition des ressources matérielles et à l'embauche des ressources humaines nécessaires pour pallier ces problèmes. Telle sont, selon moi, les cibles à atteindre si l'on désire faire de l'éducation une véritable priorité nationale!
En ce qui a trait à l'équipe de tir à l'arc de la CAQ, si elle utilise avec autant de maladresse les trois autres flèches de son carquois, soit celles de l'économie, de la santé et de la culture, qu'elle vient de le faire avec celle de l'éducation, j'ai bien peur qu'elle doive ranger dans le placard flèches et carquois et se recycler dans la culture des patates!

vigile.net tribune libre 14 avril 2011  

Un pétard mouillé

13 avril 2011

Le stratège conservateur, Mark Quinlan, vient de lancer un retentissant pétard mouillé dans la mare aux potins de la campagne électorale fédérale en déclarant que la stratégie du parti de ne pas présenter de candidat contre l'indépendant André Arthur dans Portneuf confirme qu'il souhaite sa réélection. À en juger par cette nouvelle à sensation, j'ai l'impression que certains fins stratèges du Parti conservateur ont retrouvé leur coeur d'adolescent et le malin plaisir à envoyer des grimaces à leurs amis d'en face!
À bien y penser, c'est peut-être pour conserver ce même coeur d'adolescent que le volubile député au noeud papillon prend autant de plaisir au volant de son autobus électoral! S'il fallait que la menace de grève des conducteurs d'autobus se confirme, les stratèges conservateurs se rangeraient probablement derrière leur syndicat et en profiraient pour lancer un autre pétard mouillé aussi tonitruant en prenant l'engagement ferme d'acquiescer aux demandes des conducteurs de transport scolaire, une fois au pouvoir! Au pire aller, Arthur pourra toujours se consoler en transportant Maxime Bernier dans son autobus puisque ce dernier lui a promis qu'il se fera un plaisir d'accompagner son ami dans son comté s'il lui en fait la demande!

cyberpresse.ca 12 avril 2011 "Êtes-vous toujours intéressés par la campagne électorale?"
quebechebdo 13 avril 2011

Dehors les fonctionnaires!

11 avril 2011

Dans un de mes articles publié sur la tribune libre de vigile.net le 7 mars 2011, intitulé "À propos de nore jeunesse sur les bancs d'école", je déplorais, entre autres, la dichotomie qui se manifeste souvent entre les milieux scolaire et familial, lançant en ces termes une invitation aux parents et au personnel de l'école:
"Dans cette perspective, il est plus que temps que parents et éducateurs s'assoient ensemble et déterminent les valeurs fondamentales qu'ils désirent intégrer dans un projet de partenariat articulé entre les parents et l'école."
Toutefois, pour que cette discussion s'avère utile, encore faudrait-il que les enseignants se réapproprient l'école et disposent des outils nécessaires pour constituer un bloc efficace avec les parents. En ce sens, l'ouvrage de la sociologue Marie-France Maranda, intitulé "L'école en souffrance", qui vient d'être publié aux Presses de l'Université Laval, démontre clairement plusieurs obstacles à franchir avant d'y parvenir. En effet, après un an passé dans une école secondaire en milieu défavorisé, Mme Maranda attribue la détresse des enseignants à une multitude de facteurs: l'intégration d'un trop grand nombre d'élèves en difficultés, le manque de temps, les situations d'urgence, la complexité des tâches, la lourdeur de la bureaucratie, la précarité de l'emploi, et, pour ajouter à ces facteurs contraignants, les dernières conventions de partenariat signées entre les commissions scolaires et le ministère de l'Éducation qui exigent une reddition de compte aux enseignants comme si on leur imputait l'entière responsabilité de la réussite de leurs élèves.
Ce portrait négatif est-il attribuable au fait qu'il provient d'une école en milieu défavorisé? Mme Maranda réplique que la deuxième partie de la recherche, présentement en cours, tend à démontrer des résultats comparables d'une école à l'autre, peu importe le milieu.
Dans ces circonstances, il ne faut pas s'étonner que 20% des nouveaux enseignants abandonnent la profession au cours des cinq premières années!
À mon sens, il est urgent que l'école soit remise entre les mains des principaux intervenants en éducation, soit l'équipe-école et les parents! Pour ce qui est des ressources humaines et matérielles inhérentes aux problèmes engendrés par les élèves éprouvant des besoins particuliers, il appartiendra alors au gouvernement de dégager les fonds nécessaires…selon moi, le rôle prioritaire qu'il devrait jouer et ce, pour le plus grand bien des enseignants et le meilleur épanouissement de notre jeunesse sur les bancs d'école!
Dans cette ligne de pensée, je suggère à notre génération montante d'oeuvrer, en harmonie avec les agents locaux de l'éducation, à la ré-appropriation de l'école par le milieu environnant. En ce sens, je propose une sixième piste de solution aux jeunes Québécois, soit de redonner l'école à son milieu. 

vigile.net tribune libre 11 avril 2011 

Descendre de l’autobus

11 avril 2011

À en juger par le nombre de commentaires sur André Arthur, j'ai l'impression que plusieurs passagers ont retrouvé leurs plaisirs d'écoliers dans l'autobus scolaire puisqu'ils n'ont pas l'air de vouloir en descendre!

Le Soleil 11 avril 2011

Après les X, les Y

11 avril 2011

À la suite de l'article publié sur la tribune libre de Vigile sous le titre "Le Québec et ses X à l'ombre du mur", j'ai cru bon de vous proposer cette réflexion sur la génération Y, soit les personnes qui sont nées entre le début des années '80 et le milieu 90'. Toutefois, pour mieux camper socialement mon intervention, j'ajouterai aux propos de l'article cités plus haut que la génération X semble avoir développé une certaine amertume, parfois exprimée sous forme d'agressivité envers les valeurs de la génération précédente, soit les Baby Boomers, bref, une génération qui ne semble pas avoir trouvé ses repères.
Au contraire, les Y, appartenant souvent à des familles monoparentales ou recomposées, ayant quitté plus tard le domicile familial, notamment parce qu'ils ont fait des études plus longues, remettent fréquemment en cause l'autorité, l'ordre établi et toute forme de hiérarchie en famille et au travail, et sont convaincus d'être en permmanence dans leur droit lorsqu'ils revendiquent quelque chose. Ce n'est pas pour rien que le succès de la notion de la génération Y soit souvent associée au monde de l'entreprise.
À cet effet, je me permets de vous référer à un ouvrage auquel j'ai collaboré étroitement avec l'auteur Paul Delisle, intitulé "Conciliation travail-bonheur", publié en 2010 aux Éditions NKS. En conclusion de son livre, l'auteur brosse le tableau de trois personnalités d'affaires de Québec en relation avec le titre de son livre. Parmi ceux-ci, se trouve Steve Couture, président de Frima Studio, une entreprise de Québec qui développe des jeux vidéo sur de multiples plates-formes et dont 85% des employés appartiennent à la génération Y. L'entreprise a connu une explosion de son chiffre d'affaires de 5 000% en 2009, ce qui en a fait la compagnie ayant atteint la plus forte croissance au Québec.
"La génération Y ne respecte pas les individus en fonction d'un respect imposé par une structure hiérarchique. Ces jeunes ne veulent pas d'un patron conventionnel mais d'un coach qui les implique et les respecte", note Paul Delisle.
À une époque où la génération montante est souvent affublée de qualificatifs pas très flatteurs, peut-être aurions-nous avantage à considérer certains aspects de leur vision, particulièrement dans les relations de travail!

vigile.net tribune libre 10 avril 2011

Victime ou coupable?

11 avril 2011

Le couperet est tombé! Samantha Ardente, agente de bureau depuis deux ans à l'école secondaire Les Etchemins, est congédiée pour double vie incompatible avec le milieu professionnel dans lequel elle occupait ses fonctions. Telle est la décision du comité exécutif de la commission scolaire après qu'il ait été révélé dans les médias qu'elle avait déjà tourné des scènes pornos sur le Web. Rien d'illégal selon la loi, mais immoral selon la direction des ressources humaines de la commission scolaire.
On en arrive à la question suivante: un employeur a-t-il le droit de congédier un employé pour des actes commis hors de son travail et qui, de surcroît, ne sont pas illégaux? Pour la commission scolaire des Navigateurs, la réponse est affirmative.
Pourtant, cette employée devait remplir adéquatement ses activités professionnelles puisqu'elle travaillait à cette école depuis deux ans. Deviendrait-elle tout à coup une menace pour les enfants à partir du moment où les faits reprochés sont divulgués? Ces mêmes enfants qui sont bombardés de messages pornos sur le Web et que la société veut protéger en jouant les vierges offensées!
Est-ce que tous les gens qui travaillent dans un milieu éducatif doivent montrer patte totalement blanche quant à leur vie privée? Où doit-on tirer la ligne entre la légalité et la moralité, entre l'acceptable et le condamnable?

quebechebdo 10 avril 2011

Commentaire:

"Justice? Quelle justice avons-nous au Québec? Un chef de police qui doit être un exemple pour le respect de la loi et qui est vu par tous se faire prendre en état d'ivresse au volant (acte illégal). Peine: un an de repos avec plein salaire! Une femme qui travaille hors de la vue des élèves se faire prendre à tourner des scènes dans des films pornos pour adultes (acte légal). Peine: congédiement sans aucune compensation…J'ajouterais que la commission scolaire devrait faire attention de ne pas trop brasser dans cette histoire, il y a peut-être des squelettes dans le placard pas beaux à voir…!

Carl
quebechebdo 10 avril 2011

Bienvenue Mme May

8 avril 2011

J'ai regardé et écouté avec beaucoup d'intérêt l'entrevue d'Anne-Marie Dussault en compagnie d'Élizabeth May, chef fu Parti Vert, lors de l'émission "24 heures en 60 minutes", diffusée sur les ondes de RDI le 7 avril. Quoique je ne sois pas un fervent partisan de l'écologisme, je dois admettre que les propos de Mme May, soit dit en passant dans un français fort respectable, faisaient ressortir avec conviction une pertinence incontournable aux yeux de notre jeunesse! À mon sens, en tant que citoyens responsables, nous ne pouvons demeurer insensibles à la protection de notre environnement. C'est pourquoi, je trouverais tout à fait adéquat qu'elle soit invitée au débat français des chefs, en tant que chef d'un parti fédéral reconnu…et surtout en tant que porte-parole d'un discours nouveau qui sort des débats traditionnels où chaque participant se renvoie la patate en espérant que l'autre s'y brûle!

cyberpresse.ca 8 avril 2011
"Êtes-vous toujours intéressés par la campagne électorale?"

Que celui qui n’a jamais péché…

7 avril 2011

…lui jette la première! Il s'agit ici de l'Épisode de la femme adultère dans l'Évangile. Une leçon profondément humaine qui peut être comparée aux lanceurs de pierres actuels en direction de Bertrand Cantat. Le crime commis par Cantat, tout comme celui de la femme adultère à l'époque, est odieux! Par contre, en vertu des lois actuelles, l'ancien chanteur du groupe Noir Désir a purgé sa peine. Comme dans le récit de la femme adultère, la décision des dirigeants du TNM nous invite à ne pas juger et encore moins à condamner les autres. Quant à Cantat, force nous est de constater que plusieurs fervents de la condamnation ont la main leste sur la lapidation!

cyberpresse.ca 7 avril 2011
"Comment réagissez-vous à la venue de l'artiste Bertrand Cantat sur la scène du TNM?"
Le Soleil 8 avril 2011

Une bécasse qui vous pose un lapin

7 avril 2011

Question de jeter un peu de baume sur un printemps qui tarde à venir et une campagne électorale qui tarde à lever, je vous propose de lire ce zoo de mots que j'ai reçu dernièrement d'un ami:
"Vous arrivez à votre premier rendez-vous, fier comme un paon et là…pas un chat! Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse ne vous a pas posé un lapin. Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive!
Bon, vous vous dites que dix minutes plus tard, il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion, est en fait aussi plate q'une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine. Et vous, vous êtes fait comme un rat!
Vous êtes rouge comme une écrevisse mais vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez mais vous sautez du coq à l'âne et finissez par noyer le poisson. L'envie vous prend de pleurer comme un veau mais vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventez une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre. Ce n'est pas que vous êtes une poule mouillée mais vous ne voulez pas être le dindon de la farce. Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d'ours mal léché, il ne faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie. En fin de compte, à quoi vous aurait servi de vous regarder comme des chiens de faïence?
Après tout, si nous revenons à nos moutons…vous avez maintenant une faim de loup, l'envie de dormir comme un loir et surtout, d'autres chats à fouetter!"

vigile.net tribune libre 7 avril 2011 "Fait comme un rat"

Pour contrôler les gallinacés

7 avril 2011

La démission d'Yvon Vallières à titre de président de l'Assemblée nationale démontre à quel point le climat est malsain dans notre parlement! De toute façon, une telle sortie n'est pas surprenante si l'on considère le peu de moyens dont dispose le président pour maintenir à l'ordre cette tribu d'indiens qui s'amusent à lancer leurs flèches sur l'ennemi sans que le chef ne puisse les sanctionner autrement qu'en leur demandant de retirer leurs flèches du corps de l'aversaire tout en les rappelant à l'ordre!
Face au comportement des députés qui agissent souvent comme des poules en cage et un président démuni devant les gloussements des gallinacés, je ne vois pas d'autres solutions que de doter le responsable de l'ordre à l'Assemblée nationale d'outils lui permettant d'être efficace dans l'exercice de ses fonctions. Pour mettre fin à ces querelles de basse-cour, la Chambre de nos représentants devraient adopter des normes de comportement éthiques accompagnées de sanctions applicables envers ceux qui dérogent aux principes édictés. Ainsi, le chef de la tribu serait en mesure de maintenir l'autorité sur ses indiens!

vigile.net tribune libre 7 avril 2011
"Fait comme un rat!" (La tribu 1, le chef 0)
Le Devoir 8 avril 2011