Abroger le décret

25 octobre 2011

Selon Sylvain Lussier, avocat du gouvernement fédéral lors de la commission Gomery, comme le décret initial par lequel Jean Charest a institué la commission Charbonneau n’a pas été abrogé, un flou juridique important plane encore au-dessus des travaux de la commission.

Pour Me Lussier, soit que la juge Charbonneau opère en vertu du décret, et elle est par conséquent dans l’impossibilité de contraindre des témoins et de leur accorder l’immunité, soit que le gouvernement abroge le décret et ordonne la tenue d’une enquête en vertu de la Loi sur les commissions d’enquête.

Par conséquent, Me Lussier juge improbable le scénario selon lequel la juge Charbonneau amorcerait ses travaux en vertu du décret, pour les poursuivre en vertu de la Loi sur les commissions d’enquête, compte tenu qu’il n’y a jamais de procédures qui vont cohabiter l’une à côté de l’autre.

Par ailleurs, la juge à la retraite de la Cour d’appel, Louise Otis, se montre inquiète quant au fait que la juge Charbonneau doive s’adresser au gouvernement pour obtenir les outils nécessaires pour mener à bien son enquête sur l’industrie de la construction, la collusion, la corruption, et le financement occulte des partis politiques, alléguant qu’un juge de la Cour supérieure n’a rien à demander à personne, tout en rappelant l’importance de la séparation des pouvoirs entre le judiciaire et l’exécutif.

En réalité, en remettant entre les mains de France Charbonneau le fardeau de la preuve sur la pertinence d’user des prérogatives de la Loi sur les commissions d’enquête, Jean Charest se faufile encore une fois derrière les caméras pour mieux gérer ses magouilles d’antichambre.

En conclusion, il m’apparaît évident que la commission Charbonneau revêtira le statut de commission d’enquête publique le jour où le décret qui l’a créé sera abrogé et remplacé par une loi qui ordonne la tenue d’une enquête en vertu de la Loi sur les commissions d’enquête.

vigile.net tribune libre 25 octobre 2011

La noirceur au bout du tunnel

25 octobre 2011

Les suicides de Gilles Nadeau et de Jeannine Proteau survenus en août 2010 soulèvent à nouveau le profond désarroi des personnes âgées aux prises avec des maladies graves pour lesquelles elles manquent de ressources.

En conséquence, à la suite de la recommandation de Serge Daneault, médecin spécialisé en soins palliatifs et professeur à la faculté de médecine à l’Université de Montréal, je ne peux que revendiquer, sur le modèle de la DPJ, la création d’une direction de la protection de la vieillesse (DPV).

À mon sens, il est utopique de plaider l’argument que les personnes âgées se sentiraient « infantilisées » par la mise sur pied d’une telle instance, tel que l’invoque la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, soutenant par ailleurs que les personnes vulnérables disposent, entre autres, du Protecteur du citoyen et de la Commission des droits de la personne. Naïve illusion de penser que les personnes âgées, devant une souffrance non-soulagée et placées sur un chemin sans issue, vont faire appel à ces deux organismes!

Il est tout à fait louable que les jeunes puissent bénéficier d’une DPJ…il serait tout aussi opportun que les aînés, qui ont contribué toute leur vie à l’essor de notre société, puissent disposer d’une DPV qui leur offrirait d’autres voies que « la noirceur au bout du tunnel! »

quebechebdo 25 octobre 2011

Quatre trente sous pour une piastre

24 octobre 2011

Si on se fie aux derniers sondages, les Québécois seraient prêts à changer un ancien chef du parti conservateur converti en chef du parti libéral du Québec pour un ancien ministre péquiste devenu co-fondateur d’une CAQ qui s’apprête à devenir un parti.

En réalité, si, comme le dit le proverbe, « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », on doit admettre que ni Jean Charest ni François Legault ne sont des imbéciles. Toutefois, on doit aussi constater qu’ils ont tous les deux des talents certains pour mettre leur siège dans le sens de l’histoire et afficher des attitudes de girouettes carriéristes.

Néanmoins, que les intentions de vote des Québécois soient si volatiles dénote sans aucune doute un désabusement marqué envers les politiciens actuels qui se traduit par un désir de « changement » qui les conduira à troquer quatre trente sous pour une piastre…ou, si vous préférez, une girouette pour une autre !

Toutefois, à travers cette errance de l’électorat québécois, il est quand même décevant, voire symptomatique, que le PQ n’arrive pas à recueillir les fruits de ce mécontentement et de ce désabusement de la part des Québécois.

À mon sens, la réponse à ce phénomène réside dans le fait que le PQ actuel n’offre pas de solution alternative acceptable, capable de rallier les forces indépendantistes québécoises et, qu’en ce sens, il devient impératif qu’une coalition soit mise sur pied pour faire contrepoids à cette mouvance politique qui nous stagne continuellement dans un piétinement malsain.

vigile.net tribune libre 24 octobre 2011
quebechebdo 24 octobre 2011 (version abrégée)



L’école à rendement

22 octobre 2011

Lorsque Line Beauchamp est devenue ministre de l’Éducation, j’ai cru que nous pourrions enfin compter sur quelqu’un qui avait à cœur la réussite des élèves. Toutefois, j’étais loin de me douter que cette même «réussite» allait servir de critère pour financer les écoles.

C’est en effet ce que proposera, entre autres, la ministre de l’Éducation au congrès du Parti libéral en fin de semaine. À croire que Mme Beauchamp s’est laissé piquer par la mouche de la Coalition de François Legault qui favorise cette même approche dans sa plate-forme sur l’éducation et qui semble voguer vers la victoire avec le nouveau parti qu’il s’apprête à créer.

Une école n’est pas une manufacture de souliers où l’on peut évaluer le rendement des employés sur le chiffre d’affaires de l’entreprise…Une école est constituée d’êtres humains, soit des élèves, qui évoluent dans un monde diversifié et sur lequel elle ne peut exercer un plein contrôle.

J’espère ardemment que les militants libéraux vont rejeter une telle proposition qui reflète une philosophie complètement absurde basée sur l’école à rendement!

quebechebdo 22 octobre 2011 

Davie devra rester au port

21 octobre 2011

En se faisant damer le pion par Vancouver Ship yards pour l’octroi d’un contrat de 8 milliards $ pour la construction de sept navires non destinés au combat, dont un brise-glace polaire et des navires de soutien interarmés, le chantier maritime Davie de Lévis devra oublier l’embauche d’au moins 1500 travailleurs pour les 15 prochaines années.

Même si le carnet de commande de Davie Canada comprend trois navires de construction «offshore» à finir pour la firme norvégienne Cecon et deux nouveaux bateaux pour la Société des traversiers du Québec, et que des négociations sont en cours pour décrocher des contrats de l’ordre de 2 milliards $, le président du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon, Paul-André Brulotte n’y voit qu’un prix de consolation qui risque de démoraliser les travailleurs encore inscrits sur la liste de réserve.

Considérant les efforts financiers investis pour que Davie Canada réponde à toutes les exigences pour décrocher un tel contrat, qu’il s’agisse de l’expertise en approvisionnement, en ingénierie, en gestion de projets, de sa capacité financière, de ses compétences et des équipements nécessaires, nous sommes en droit de nous demander si, encore une fois, le Québec ne se trouvait pas dans le champ de mire de Stephen Harper!

Une décision politique qui a pour effet de retarder le départ de Davie qui devra rester au port en attendant…

quebechebdo 21 octobre 2011 

La Maison de la littérature de Québec

21 octobre 2011

Le projet de la Maison de la littérature de Québec, dont l’ouverture officielle est prévue pour l’automne 2013, a franchi une étape importante par le dévoilement du récipiendaire du concours d’architecture remis à la jeune firme montréalaise Chevalier Morales pour la présentation de sa maquette de ce futur lieu de création et de diffusion littéraire québécoises.

La Maison de la littérature de Québec sera aménagée dans l’ancien temple Wesley, mieux connu sous le nom de Salle de l’Institut , située sur la place de l’Institut Canadien et de la Chaussée-des-écossais, à l’angle des rues Sainte-Angèle et Dauphine. Fermée depuis 1999, la salle de l’Institut a marqué l’histoire culturelle de Québec, notamment par la série « Les lundis de l’Institut » qui a accueilli de nombreux artistes de renom pendant près de soixante ans.

En plus des subventions des divers paliers de gouvernement totalisant 11,8M$, la Maison de la littérature a fait l’objet d’un engagement pris lors du sommet de Québec horizon culture, né d’une volonté commune des gens d’affaires, du milieu culturel et de la classe politique de faire de la culture un des moteurs du développement économique de la capitale nationale.

L’actuelle bibliothèque publique située au rez-de-chaussée sera déménagée à l’étage et intégrée au concept qui comprendra, entre autres, en plus d’une collection spécialisée en littérature québécoise, un bistro littéraire, des cabinets d’écriture, un studio de création, une résidence d’écrivains, un salon de lecture, un espace web et des bureaux pour les organismes littéraires.

La Maison de la littérature de Québec deviendra un lieu de rencontres privilégié entre les écrivains et le public où l’on pourra tenir des lancements, des spectacles littéraires, des rencontres d’auteurs, des colloques et des événements littéraires. Les jeunes de la relève littéraire soutenus par Première Ovation pourront y rencontrer leur mentor, obtenir du soutien et présenter au public le résultat de leur travail. De plus, elle sera le lieu tout désigné pour accueillir la programmation du festival « Québec en toutes lettres » présenté avec succès l’an dernier par l’Institut Canadien de Québec.

Comme le disait l’écrivain Gilles Pellerin en 2006 :

« Chacun aime Québec pour son incomparable beauté, mais sa beauté n’est pas fortuite : au-delà de son site exceptionnel, de sa façon de braver le nordet, comme une poupe dressée au-dessus du Saint-Laurent, Québec doit son charme à ce que, de ses origines à maintenant, ses habitants ont su lui ajouter : ses maisons, ses édifices publics, ses rues, ses escaliers, ses quais… C’est que la beauté de Québec a toujours sollicité les écrivains. Ils en ont fait l’âme de ce pays, le creuset de l’expression française du nord de l’Amérique. »

vigile.net tribune libre 21 octobre 2011
quebechebdo 22 octobre 2011 (version abrégée) "Un projet unique et novateur"

Oui à l’éthique…mais pour tous les élus!

20 octobre 2011

Par les temps qui courent sur la scène politique, personne ne mettra en doute la pertinence de l’initiative du gouvernement provincial d’offrir aux élus une séance de formation sur l’éthique.

Mais là où le bât blesse outrageusement, c’est que seuls les élus municipaux seront tenus d’assister à cette formation. À cet effet, j’appuie entièrement le maire de Saint-Joseph-de-Kamouraska, Sylvain Roy, qui a décidé de ne pas se présenter à cette formation.

En fait, pourquoi seuls les élus municipaux sont-ils contraints d’être présents et non pas les députés, ministres et premier ministre? Pour M. Sylvain, un élu est un élu, peu importe à quel niveau politique il évolue.

Si l’on considère que l’origine de cette formation à l’éthique émane des allégations de collusion et de corruption entre les divers paliers de gouvernements et certains entrepreneurs en construction et firmes de génie-conseil, il me semble que l’instigateur du projet, soit le gouvernement Charest, devrait prêcher par l’exemple et assister à cette formation.

Sinon, je me rallie à la décision de Sylvain Roy et j’encourage fortement les conseils municipaux à boycotter la loi 109, tout en proclamant haut et fort « Oui à l’éthique… mais pour tous les élus! »

quebechebdo 20 octobre 2011

La commission placebo

20 octobre 2011

En annonçant la création de sa commission d’enquête libérale le 19 octobre, Jean Charest vient de confirmer l’effet paravent de l’UPAC. En effet, il m’apparaît évident que la mise sur pied de l’unité permanente anti-corruption a été pensée et créée en vue de la créature qui nous a été présentée hier, une commission placebo qui vise l’effet psychologique sans apporter aucune solution aux problèmes détectés.

En excluant le pouvoir de contrainte des prérogatives des commissaires, contrairement à ce que prévoit la Loi sur les commissions d’enquête, tout en alléguant que les témoins risquent de se « blanchir » et de nuire aux enquêtes policières, Jean Charest, encore une fois, démontre son énorme talent dans la manipulation du sophisme.

En effet, n’eût-été de l’obligation de comparaître de plusieurs témoins sur qui pesaient de lourds soupçons lors de la commission Gomery , ces derniers ne se seraient sûrement pas précipités pour expliquer leur rôle dans le scandale des commandites et, par conséquent, ne se seraient jamais retrouvés derrière les barreaux.

En invoquant le fait que l’objectif premier de la dite commission est de faire la lumière sur une possible corruption systémique entre le monde de la construction et le financement des partis politiques, et ce, sans pouvoir de contrainte accordé aux commissaires, ces derniers sont voués à entendre des témoins floués par le supposé système sans la présence des présumés coupables…en réalité, les agressés sans les agresseurs. Et, pour ajouter le ridicule à la mesquinerie, les témoins qui désireront se présenter devant la commission Charbonneau n’auront aucune immunité !

Dans ces circonstances, j’ai nettement l’impression que nous assisterons à un défilé de bonnes et courageuses personnes qui accepteront de leur plein gré de se présenter à la barre des témoins devant la juge Charbonneau, munie d’un marteau de caoutchouc qui ne risque pas de faire beaucoup de bruit dans les annales judiciaires québécoises !

vigile.net tribune libre 20 octobre 2011
quebechebdo 20 octobre 2011 "Un marteau de caoutchouc dans la main de France Charbonneau"
cyberpresse.ca 20 octobre 2011 (Vos réactions à la mise sur pied de la commission Charbonneau) "Un marteau de caoutchouc"

Commentaire:

"Il est dommage que votre article ne paraisse pas dans la presse populaire. Il aurait aussi avantage à être lu publiquement sur les médias télévisuels connus. Il est clair, facile à lire et à comprendre pour la majorité des citoyens québécois. De plus, et c'est sa force, il a l'avantage de décrire avec exactitude ce que constitue la commission d'enquête du PLQ de John James
Charest."

Réjean Pelletier
vigile.net tribune libre 21 octobre 2011 

Si j’étais une femme!…

19 octobre 2011

À la lumière de commentaires disgracieux envers les femmes, entendus ou lus de la part de certains hommes au cours de ma vie, particulièrement depuis que j’ai atteint un certain âge, je me suis souvent demandé comment, l’homme que je suis, dans la peau d’une femme, réagirait…Et, j’ai choisi la voie de la poésie pour vous l’exprimer…

Moi si j’étais une femme
J’userais de mes charmes
Pour faire tomber tombeurs
Et ces rustres charmeurs

Moi si j’étais une femme
De pique je serais dame
De cœur je serais roi
Et l’as serait ma loi

Moi si j’étais un femme
Toutes les notes de la gamme
Je jouerais sans remords
Pour redresser les torts

Moi si j’étais une femme
Du feu de ma flamme
J’attiserais le tison
De ces hommes en bâillon

Moi si j’étais une femme
De ma tranchante lame
Je couperais les maillons
Des pernicieux affronts

Moi si j’étais une femme
Toute la force de mon âme
J’employerais sans pitié
Pour combattre vacuité

quebechebdo 19 octobre 2011 

Rendez-vous médical via la boîte vocale

19 octobre 2011

Une de mes amies est inscrite depuis plusieurs années au programme de dépistage du cancer du sein. Il y a environ six semaines, à l’occasion d’un examen annuel, son médecin a détecté des kystes, à la suite d’une mammographie. Le médecin lui a alors prescrit une échographie des seins bilatérale.

Mon amie a alors tenté d’obtenir un rendez-vous à l’hôpital mais jamais, elle n’a pu obtenir une conversation avec quiconque…elle est tombée plutôt sur une boîte vocale qui lui a indiqué les modalités à suivre pour faire parvenir la prescription de son médecin, soit par télécopieur.

Comme elle n’avait pas de nouvelles depuis six semaines, elle a décidé d’appeler son médecin pour lui demander d’intervenir dans le cheminement du dossier, mais ces efforts ont été vains.

Inquiète, elle s’est alors rendue à l’hôpital où elle avait fait parvenir son fax pour se faire dire que sa demande était rendue dans un autre centre hospitalier et que son dossier était traité normalement, suivant l’ordre des priorités.

En attendant, mon amie attend un appel d’"elle ne sait pas qui", d’"elle ne sait pas où", pour lui confirmer un rendez-vous "elle ne sait pas quand", pour un problème de santé dont "elle ne sait pas la gravité"!

quebechebdo 19 octobre 2011
cyberpresse.ca 21 octobre 2011 "Dans le brouillard"