Aux frontières de l’intimidation

11 juillet 2012

Les conclusions du coroner Jean-François Dorval concernant le suicide de la jeune Marjorie Raymond soulèvent selon moi de sérieuses interrogations, en particulier sur l'absence de recommandations du coroner relativement à l'intimidation répétée dont a été victime Marjorie.

À mon sens, Jean-François Dorval ne fait que globaliser un ensemble de facteurs ayant contribué au suicide de l’adolescente, une démarche qui a pour effet pervers de noyer les séquelles de l’intimidation dans la mer de ses arguments.

En réalité, des conclusions qui aboutissent à une dangereuse banalisation de l’intimidation et qui risquent de contribuer au statu quo dévastateur de ces agissements de la part des jeunes dans nos écoles.

Sans vouloir affirmer que Marjorie Raymond n’éprouvait pas de problèmes personnels importants, il m’apparaît que son suicide ne peut se soustraire aux conséquences dramatiques soumises « aux frontières de l’intimidation » et, qu’en ce sens, des moyens concrets doivent être mis en place pour contrer ce fléau pernicieux. 

quebechebdo 11 juillet 2012
cyberpresse.ca 15 juillet 2012

La fierté d’un peuple

10 juillet 2012

En visionnant le reportage de la Sagouine présenté sur RDI le 8 juillet dans le cadre de la série « Tout le monde en parlait », j’ai été littéralement ébloui par le rayonnement qui émanait des visages d’Antonine Maillet et de Viola Leger lorsqu’elles parlaient avec fierté de l’Acadie et de ses habitants.

Connaissant, pour en avoir entendu parler souvent, les talents littéraires de l’auteure, j’ai voulu en connaître davantage sur le personnage de la Sagouine. Viola Léger voit le jour à Fitchburg au Massachusetts, en 1929. Après leur périple américain, les parents de Viola, des acadiens d’origine, retournent habiter en Acadie et c’est là, dans cette région francophone du Nouveau-Brunswick, que Viola grandit et étudie pour devenir enseignante. Elle fait ses études en français, puis enseigne diverses matières, dont les langues secondes et l’histoire. Lors de ses études, elle fait la rencontre d’Antonine Maillet qu’elle a comme professeure, et dès lors une solide amitié se crée entre les deux femmes. En 1967, alors âgée de 38 ans, elle part étudier à l’Université de Boston pour y apprendre à enseigner le théâtre, puis elle s’installe à Paris un an plus tard, pour étudier cette fois à la célèbre École Jacques-Lecoq afin de devenir actrice.

Alors qu’elle est encore à Paris, Viola Léger reçoit un appel d’Antonine Maillet qui lui propose de tenir le rôle principal de sa nouvelle pièce de théâtre, « La Sagouine ». Elle accepte l’offre. Elle revient au pays, et les deux artistes travaillent ensemble à faire naître ce merveilleux personnage de femme de ménage, ancienne prostituée qui raconte sa vie avec un brin d’humour et une superbe philosophie. C’est ainsi que le 26 novembre 1971, le personnage de La Sagouine prend vie sur la scène d’un théâtre en Acadie, et presqu’un an plus tard, le 9 octobre 1972, au Théâtre du Rideau Vert à Montréal.

Dès lors, les Acadiens, à travers le personnage de la Sagouine, reprennent vie. Le génie littéraire d’Antonine Maillet allié au talent théâtral remarquable de Viola Léger vont contribuer à remettre sur la carte la fierté d’un peuple dont l’identité avait été enfouie dans les pages sombres de l’histoire de sa déportation décrétée en anglais le 3 septembre 1755 par le lieutenant-colonel John Winslow dans l’église Saint-Charles-des-Mines de Grand-Pré.

En 2012, Le Pays de la Sagouine célèbre ses 20 ans d’existence. Un véritable village théâtral vivant, unique de par sa vivacité et son originalité, qui s’éveille chaque fois que les visiteurs mettent pied sur l’Île-aux-Puces. C’est tout d’abord un lieu de rencontre où l’imaginaire d’Antonine Maillet donne vie à de nombreux personnages, tous plus attachants les uns que les autres. Une visite au Pays de la Sagouine nous plonge dans un tourbillon de musique et de théâtre, une joie de vivre typiquement acadienne.

Étant l’un des plus importants employeurs acadiens des arts de la scène, Le Pays de la Sagouine est un ambassadeur de l’Acadie et une porte d’entrée pour le monde entier. Organisme à but non lucratif, Le Pays de la Sagouine est un lieu d’exposition et un joyau du patrimoine qui rassemble histoires, traditions, légendes et joie de vivre du peuple acadien.

Le Pays de la Sagouine est aussi la plus grande plateforme pour présenter et développer le talent acadien. Depuis son ouverture en 1992, le Pays de la Sagouine a accueilli plus de 1,4 million de visiteurs et se veut l’un des moteurs économiques touristiques de la grande région de Kent au Nouveau-Brunswick.

À mon sens, les Acadiens incarnent l’image d’un peuple dont le déracinement a stigmatisé à jamais son courage et sa fierté qui ont marqué ce coin de pays qui a su retourner le sens de l’histoire en s’imposant comme un peuple debout et tourné résolument vers son identité profonde et ses valeurs ancestrales…un modèle duquel les Québécois auraient avantage à s’inspirer dans la conquête de leur indépendance !

quebechebdo 9 juillet 2012
vigile.net tribune libre 10 juillet 2012

Femmes en otages

10 juillet 2012

Devant les caméras du monde entier, Najiba, une Afghane de 22 ans, a été exécutée sauvagement par un mari qui l’accusait d’adultère. Selon des données colligées par le groupe Human Rights Watch, quelque 400 femmes et filles croupissent dans les prisons afghanes pour de tels «crimes moraux», soit la moitié des détenues et ce, 11 ans après la chute des talibans…une situation scandaleuse qui démontre l’inefficacité chronique de l’aide internationale.

Et pourtant, les représentants du groupe Human Rights Watch ont publié récemment un rapport percutant sur l’immensité des progrès à accomplir en matière d’amélioration de la condition féminine. En effet, à partir d’entrevues effectuées dans trois prisons afghanes auprès de femmes, mineures et majeures, l’organisation a constaté que leurs histoires rimaient avec mariages forcés ou à un trop jeune âge, sévices physiques, viols, prostitution, enlèvements et menaces de mort. Ces femmes ont abouti en prison pour avoir tenté de fuir la violence domestique. En tournant le dos à ce sort familial, elles sont tombées dans les pièges tendus par un système pervers.

À Tokyo, le 8 juillet, la communauté internationale a décidé d’allonger 16 milliards de dollars pour parfaire la reconstruction d’un pays ravagé par la guerre, après le départ des troupes de l’OTAN en 2014, tout en brandissant ses conditions, au nombre desquelles, la garantie que beaucoup plus sera fait au chapitre toujours désolant des droits des femmes.

À mon sens, quoique le soutien financier soit indispensable, les 80 nations prêtes à ouvrir leurs coffres devraient exiger davantage, à savoir la modification des lois perpétuant ce système archaïque et surtout la cohérence de la part du président Hamid Karzaï, qui, au début mars 2012, a donné son appui à l’autorité religieuse suprême, le Conseil des oulémas, au moment où il affirmait que « l’homme est fondamental et la femme secondaire ».

quebechebdo 10 juillet 2012

Un dernier versement hypothécaire « mémorable »

7 juillet 2012

Un opticien de Milford dans le Massachusetts, Thomas Daigle, a tenu promesse en payant le dernier versement de son hypothèque résidentielle contractée en 1977 au moyen de 62 000 sous noirs entassés dans deux boîtes d’un poids total de 360 kilos.

M. Daigle a indiqué au journaliste du Milford Daily News qu’il avait commencé à amasser ses cents dès son emménagement dans le but de rendre «mémorable» son dernier versement qui est arrivé à échéance 35 ans plus tard, soit le 24 avril 2012.

Une bonne façon de se débarrasser de ses sous noirs avant qu’ils ne disparaissent de la circulation!

quebechebdo 7 juillet 2012

Un appui de taille à la défense du français au Québec

5 juillet 2012

Pourtant reconnu pour son plaidoyer en faveur de l’enseignement des langues secondes, le linguiste français et professeur honoraire au Collège de France Claude Hagège a fait une intervention très remarquée au Forum mondial de la langue française en déclarant que l’enseignement intensif de l’anglais dans les classes de sixième année au Québec est « inacceptable » et qu’il viole l’esprit de la loi 101.

« C’est une mesure absolument inacceptable parce qu’elle crée un grave danger d’américanisation des élèves québécois, affirme le linguiste. La loi 101, qui fait du français la langue unique et nationale du Québec, est violée par cette disposition….Au Québec, l’anglais devrait être enseigné plus tard, comme n’importe quelle langue seconde…Le français n’a pas à se soumettre à la vocation mondiale de l’anglais puisqu’il est lui-même une langue répandue dans le monde entier…La diversité, ce n’est pas une seule langue internationale à vocation mondiale et dominatrice. Et cela est encore plus vrai au Québec que dans le reste du monde ! »

Dans une sortie en règle contre ce qu’il a qualifié de « ronrons consensuels permanents » et d’ « assises mondaines de la Francophonie », Hagège a tiré à boulets rouges sur une « américanisation qui veut imposer une langue unique sous couvert de mondialisation ».

Pour pallier cet envahissement de l’anglais sur le français, la Francophonie, aux dires du linguiste, doit faire pression sur les ministères de l’Éducation des pays francophones afin de les convaincre de « donner une importance accrue à la langue française et à la diversité des cultures qu’elles n’ont pas encore ».

De plus, il faut aussi faire des pressions, dit-il, sur les pays francophones du Nord pour qu’ils puissent « faire le maximum pour investir dans des pays francophones qui sont encore dans des situations précaires…les chiffres dont on se gargarise [80 % des francophones devraient être en Afrique en 2050], c’est agréable. Mais, ça risque de ne pas être vrai du tout ».

Finalement, Hagège, sous les applaudissements nourris des participants, a donné son appui sans réserve à la lutte des étudiants québécois, dont plusieurs manifestaient devant le Centre des congrès de Québec. « Permettez-moi, dit le linguiste, […] de considérer que les grèves étudiantes du Québec sont une affirmation politique digne du plus grand respect et que ce sont eux, les étudiants québécois, qui tiennent entre leurs mains l’avenir de la Francophonie. »

vigile.net tribune libre 5 juillet 2012
quebechebdo 6 juillet 2012

Commentaire:

"Monsieur Marineau, tout ce que vous écrivez au sujet de ce Forum de la langue française et du soutien important du linguiste Claude Hagège, nous touche. Il a souligné fortement " Nous sommes en guerre contre cette américanisation, tendant à imposer une langue unique". Nous ne devons jamais cesser de résister.. mais le combat pour notre langue est en même temps un combat pour toutes les langues du monde et leurs cultures, qui ne doivent pas disparaître dans ce méli mélo de culture anglo-saxonne …"

Marie-Hélène Morot-Sir
vigile.net tribune libre 10 juillet 2012   
 

Une question de conscience

5 juillet 2012

Henry David Thoreau, né David Henry Thoreau le 12 juillet 1817 à Concord dans les Massachusetts où il est mort le 6 mai 1862, est un essayiste, enseignant, philosophe, naturaliste amateur et poète américain.

Son livre « La désobéissance civile », publié en 1849, dans lequel il avance l'idée d'une résistance individuelle à un gouvernement jugé injuste, est considéré comme à l'origine du concept contemporain de « non-violence ». Thoreau écrit sur le thème de la désobéissance civile en se fondant sur son expérience personnelle. En effet, en juillet 1846, il est emprisonné pour n'avoir pas, volontairement, payé un impôt à l’État américain. Par ce geste, il entend protester contre l’esclavage qui règne alors dans le Sud et la guerre contre le Mexique. Il ne passe qu'une nuit en prison, car son entourage paie la caution, ce qui le rend furieux.

Opposé à l’esclavagisme toute sa vie, faisant des conférences et militant contre les lois sur les esclaves évadés et capturés, louant le travail des abolitionnistes, Thoreau propose une philosophie de résistance non violente qui influence des figures politiques, spirituelles ou littéraires telles que Léon Tolstoï, Gandhi et Martin Luther King.

Si Henry David Thoreau vivait aujourd’hui, quels principes et arguments l'auteur de « La désobéissance civile » évoquerait-il ? Quelles raisons profondes motiveraient ce choix? Qu'est-ce qui permet de reconnaître ces principes? Thoreau répond simplement: «La conscience.» C'est elle qui permet de tracer la ligne entre le juste et l'injuste. «Le citoyen doit-il un seul instant, nous dit-il, dans quelque mesure que ce soit, abandonner sa conscience au législateur? Pourquoi, alors, chacun aurait-il une conscience? Je pense que nous devons d'abord être des hommes, des sujets ensuite. Le respect de la loi vient après celui du droit. La seule obligation que j'aie le droit d'adopter, c'est d'agir à tout moment selon ce qui me paraît juste.»

Aux yeux de Thoreau, agir en suivant sa conscience est un devoir à l'égard de soi et un devoir de citoyen. Pour pouvoir vivre en paix avec soi-même et pour ne pas, par notre inaction, supporter objectivement l'injustice, il importe de désobéir aux lois injustes.

150 ans après sa mort, ce ne sont pas les occasions qui manqueraient aujourd’hui à Henry David Thoreau à notre époque de politique basse et partisane de la part des deux paliers de gouvernements pour clamer haut et fort son indignation devant des chefs de partis, tels Harper et Charest, pour qui la conscience a été reléguée dans le placard depuis belle lurette!

En conséquence, peut-être devrions-nous, à l’image de Thoreau, « désobéir aux lois injustes » dans la « non-violence » sans devoir abandonner notre conscience au législateur. Sinon, « pourquoi, alors, chacun aurait-il une conscience? »

quebechebdo 5 juillet 2012 
vigile.net tribune libre 6 juillet 2012 "Si Henry David Thoreau vivait aujourd'hui…il lancerait un appel à la conscience"

Comparaisons boiteuses

4 juillet 2012

J’ai toujours manifesté beaucoup de prudence face à l’utilisation des comparaisons pour justifier un point de vue personnel. En effet, les situations étant rarement complètement identiques, nous risquons de tomber dans le piège de la critique et de provoquer un conflit argumentaire abusif.

À titre d’exemple d’actualité, plusieurs commentaires ont fait état ces derniers mois d’une tendance à vouloir comparer les étudiants « qui se plaignent le ventre plein » aux travailleurs « qui gagnent leur vie à coups d’efforts laborieux ».

De telles réactions provoquent à mon sens une polarisation dangereuse qui consiste à cataloguer les groupes sociaux en « bons » et en « méchants », éliminant de la sorte tout sens de la nuance au détriment de comparaisons boiteuses.

À mon avis, il est faux de prétendre que ces deux « adversaires » se retrouvent dans la même « arène » puisque leur « combat » ne relève pas du tout des mêmes champs d’activités…les travailleurs, oeuvrant sur le marché du travail, les étudiants, en route vers le marché du travail.

En conséquence, nous devrions, comme société, adopter des mesures d’appui autant aux travailleurs dans l’exercice de leurs fonctions qu’aux étudiants dans l’accessibilité aux études supérieures.

quebechebdo 4 juillet 2012
Le Devoir 5 juillet 2012
cyberpresse.ca 18 juillet 2012 

En marge du forum mondial de la langue française

3 juillet 2012

Devant l’emprise progressive de l’anglais sur le français autant dans les médias que dans les rencontres internationales, personne ne peut mettre en doute l’importance du premier forum mondial de la langue française qui se tient à Québec du 2 au 6 juillet.

Par ailleurs, compte tenu des politiques laxistes de nos gouvernants québécois vis-à-vis l’application de la loi 101 au Québec, je ne peux que souscrire au cri d’alarme lancé de l’extérieur des murs du forum par le Mouvement Québec français.

À cet effet, l’image projetée au début de la manifestation du MQF par Roula Hadchiti, une jeune libanaise de Québec, porte tout son poids d’à-propos : « Je souhaite au Québec une langue forte comme les cèdres de mon pays. »

Un souhait certes louable mais qui, malheureusement, est très loin de la réalité d’aujourd’hui, la situation de la langue française se détériorant sans cesse sous le fardeau des quelque 200 modifications apportées à la loi 101 depuis sa création en 1977 sans parler des écoles passerelles, de l'enseignement intensif de l'anglais au primaire et de l'affichage commercial en anglais, particulièrement à Montréal.

Si vous ajoutez à cette litanie les positions jovialistes de Charest et Harper lors de leurs allocutions à l’ouverture du forum, vous avez la recette idéale pour noyer gentiment le poisson sous les eaux tranquilles de la mer néolibérale.

Pour nous en convaincre, écoutons leurs réactions… D’un côté, Jean Charest dit ne pas croire « à la fatalité du recul qui entraînerait le français vers son déclin ». Selon lui, « l’histoire du Québec fournit une assise à cette conviction, alors que nous, en Amérique, sommes enracinés depuis plus de 400 ans ».

De l’autre côté, Stephen Harper, du haut de sa colline, clame qu’ « il n’y a pas de meilleur endroit [que le Canada] afin de discuter de diversité et de cohabitation linguistiques » puisque « notre caractère francophone » est « primordial ».

Avec de telles révélations, les Québécois peuvent dormir tranquilles…nos deux apôtres veillent au grain, le français, somme toute, se porte bien! Crédibles nos deux PM? Pas besoin d’être prophètes pour prédire qu’avec de tels « défenseurs », le français au Québec s’en va directement dans le mur des lamentations!

En conséquence, le contrepoids de la rue exercé par le MQF en marge de l’enceinte du forum devient nécessaire si nous souhaitons que ces « discussions » intra muros aboutissent à autre chose qu’une lettre morte perdue dans les dédales des vœux pieux!

quebechebdo 3 juillet 2012
vigile.net tribune libre 3 juillet 2012 "Le nécessaire contrepoids du Mouvement Québec français" 

Le Canada ou l’utopie d’un pays

2 juillet 2012

Il y a 145 ans, les pères de la Confédération procédaient à l’unification du Haut et du Bas-Canada et créaient le Canada, un pays qui, à leurs yeux, allaient devenir, grâce à ses diversités culturelles et linguistiques, un modèle de société moderne.

Près d’un siècle et demi plus tard, force nous est de constater que le rêve des fondateurs se heurte constamment à des écueils redondants qui contribuent à polariser des débats sans fin sur ces différences qui, au départ, devaient donner à ce nouveau pays son caractère particulier.

À titre d’illustration, essayons un seul instant de nous reconnaître comme Québécois dans ce scénario digne d’un film de science-fiction raconté dans La Presse canadienne du 1er juillet lors des cérémonies d’ouverture soulignant les célébrations de la fête du Canada sur la colline parlementaire à Ottawa :

«Des policiers du Carrousel de la GRC ont escorté le gouverneur général David Johnston et son épouse Sharon, qui prenaient place à bord d’un carrosse tiré par des chevaux, jusqu'à la colline parlementaire où le blanc et le rouge étaient à l'honneur.

M. Johnston a procédé à l'inspection de la garde d'honneur avant d'être salué par 21 salves d'honneur. Des avions de chasse CF-18 ont ensuite survolé l'édifice du Parlement pour donner le coup d'envoi aux festivités… Mm Harper et Johnston ont également souligné le rôle joué par le Canada dans la guerre de 1812, dont on commémore le 200e anniversaire cette année, et qui est l'un des thèmes centraux des célébrations… En l'honneur du Jubilé de diamant d'Élizabeth II, le God Save the Queen, l'hymne royal, a été joué lors du grand spectacle devant le Parlement.»

Et, pour ajouter à cette mascarade un caractère satirique, certains sondages tendent à prouver que de plus en plus de Canadians s’accommoderaient fort bien d’un Canada sans le Québec qui continue de représenter à leurs yeux une contrée lointaine où végètent des parasites nocifs pour l’image de leur pays érigé sur les châteaux-forts britanniques.

Dans ces circonstances pour le moins irritantes, je demande aux Québécois qui désirent encore demeurer au sein de ce Canada: «Qu’est-ce que vous espérez y trouver?»…ou, en termes plus positifs, «Qu’attendez-vous pour vous affranchir de cette «utopie de pays» et enfin créer un véritable pays à votre image, un pays qui respire vos aspirations profondes et vos valeurs culturelles?»

quebechebdo 2 juillet 2012
vigile.net tribune libre 3 juillet 2012

Une impression de déjà-vu

30 juin 2012

Dans un article paru dans Le Devoir du 29 juin sous le titre « Marois mise sur l’intégrité », Pauline Marois résume en ces termes la vision du PQ : « s’affirmer, s’enrichir et s’entraider ». En termes clairs, la chef du PQ invite les Québécois à visionner un film qu’ils ont déjà vu et duquel ils sont sortis déçus.

Personne ne peut être contre l’intégrité, l’affirmation, l’enrichissement et l’entraide…ce sont là des valeurs humaines indissociables de toute émancipation d’un peuple. Toutefois, pour parvenir à satisfaire ces principes, nous devons nous doter des outils nécessaires à leur réalisation.

En ce sens, un verbe essentiel n’apparaît pas dans la liste de Pauline Marois, à savoir le verbe « s’affranchir » sans lequel il est utopique d’espérer atteindre les objectifs visés par la chef du PQ.

La gouvernance souverainiste de Pauline Marois remet sur l’écran l’affirmation nationale alors que le pays du Québec a besoin de s’affranchir du joug du fédéral pour naître…et ça, je demeure convaincu que ce n’est pas le choix de Pauline Marois.

Pour vous en convaincre, observez attentivement le regard livide et froid de la dame de béton lorsqu’elle « effleure » le sujet de la souveraineté, un visage impassible et dénué de toute conviction !

vigile.net tribune libre 29 juin 2012
quebechebdo 30 juin 2012