La vérité M. Couillard, vraiment?

23 septembre 2013

Aussitôt élu chef du parti libéral du Québec, Philippe Couillard a entrepris une vaste tournée dans le but de connaître la vérité sur les régions et leur situation…Ces derniers jours, M. Couillard clamaient sur toutes les tribunes qu’il voulait connaître la vérité sur les perquisitions de l’UPAC au siège social de son parti.

Du même souffle, notre défenseur de la vérité ne veut rien savoir sur les députés libéraux, anciens et actuels, qui pourraient être mis en cause dans les fouilles de l’Unité permanente anti-corruption, alléguant qu’il ne veut pas nuire aux enquêtes de l’UPAC…Une attitude qui nous conduit au royaume de l’obscurantisme auquel nous a habitués son prédécesseur.

En fait, M. Couillard, désirez-vous vraiment connaître la vérité sur les « faits d’armes » de quelques députés qui ont traîné dans la disgrâce les traditions du PLQ?

quebechebdo 23 septembre 2013

Michel Brault, l’oeil ambulant (1928-2013)

22 septembre 2013

"Presque tout est venu de l’enthousiasme, soit dans la résistance ou soit dans la vie quotidienne." Michel Brault

"J’ai toujours dit que pour faire ce genre de cinéma, il faut pleurer d’un œil et de l’autre il faut penser à ce qui reste de pellicule dans le magasin. Une moitié du cerveau travaille sur l’émotion, et l’autre sur la technique, et en même temps. Or il y a nombre de réalisateurs qui se consacrent exclusivement au contenu. J’ai travaillé avec plusieurs réalisateurs qui "avaient une idée", mais n’avaient aucune "idée" comment la transformer en film." Michel Brault

Considéré comme le père du cinéma-vérité, Michel Brault est décédé à Toronto le 21 septembre 2013 à Toronto à l’âge de 85 ans des suites d’une crise cardiaque, emportant avec lui le seul cinéaste québécois à avoir obtenu le prix de la mise en scène au Festival de Cannes.

Né à Montréal le 25 juin 1928, Michel Brault fait ses premières armes à la caméra et aux éclairages au sein de l’Office national du film, avant même que l’agence fédérale n’ouvre une section française.

En 1958, il cosigne "Les Raquetteurs", première tentative de documentaire où la caméra et le micro sont placés au sein même de la réalité qu’ils objectivent sans parti pris. En fait, le parti pris était de laisser les gens filmés se raconter eux-mêmes.

Avec, entre autres, son compère Pierre Perreault, Michel Brault a inventé un nouveau langage cinématographique qui a fait école : le cinéma-vérité. Les deux ont d’ailleurs signé un film qui a fait date dans la matière "Pour la suite du monde" qui a été en nomination pour une Palme d’Or à Cannes en 1963.

Parlant de ce film, dans une entrevue qu’il accorde en 2004 au site Nouvelles vues sur le cinéma québécois, Brault se rappelle, non sans émotion, le plaisir qu’il a eu pendant le tournage : "Pour moi c’était un émerveillement de découvrir ce pays, et je me suis lancé dans cette aventure grâce à l’enthousiasme qui me poussait à découvrir les gens de l’Isle-aux-Coudres. Je trouvais que c’était un peuple héroïque, dont j’avais envie de parler. Et c’est ce qui m’a nourri, et ce qui m’a permis de faire ce film."

Toutefois, c’est en 1974 qu’il signe son chef-d’oeuvre, "Les Ordres", un pamphlet contre l’arbitraire de la Loi des mesures de guerre qui a conduit à l’arrestation et la détention de 450 personnes prises en otages au cours de la Crise d’octobre de 1970 alors que le gouvernement canadien, appréhendant une insurrection, applique la loi des mesures de guerre. En vertu de cette ordonnance, 450 citoyens sont appréhendés et mis en prison sans qu’aucun acte d’accusation ne soit porté contre. Le film évoque le sort de cinq personnes victimes d’un tel traitement : un ouvrier et sa femme, un médecin, une assistante sociale et un chômeur.

Récipiendaire du prix Albert-Tessier en 1986, nommé Officier à l’Ordre national du Québec en 2003. en plus de recevoir le prix hommage lors du gala des Jutras en 2005, Michel Brault était considéré comme l’un des pionniers du cinéma québécois, un cinéaste qui a permis à la cinématographie québécoise de se faire connaître partout à travers le monde.

Enfin, je termine avec ce commentaire du cinéaste Claude Fournier : "On perd quelqu’un qui avait un oeil, une maîtrise extraordinaire de la caméra. Michel, c’était un oeil, des yeux, un observateur de ce qui se passait devant lui. À cet égard-là, je ne crois pas qu’il y a eu d’autres cinéastes, même dans le monde entier, qui avait cette acuité de regard qu’avait Michel."

vigile.net tribune libre 22 septembre 2013
quebechebdo 22 septembre 2013

Le pape François: la personne avant tout

22 septembre 2013

Dans un entretien accordé à Civilta Cattolica, la revue des jésuites italiens, le pape François est revenu sur ce qu’il l’avait déclaré dans l’avion qui le ramenait des Journées mondiales de la jeunesse au Brésil, en juillet, en insistant sur le fait qu’il n’a pas à porter un jugement sur les homosexuels qui cherchent Dieu avec sincérité.

Les prêtres, lance François, doivent être accueillants, capables avant tout de « soigner les plaies et réchauffer les coeurs des fidèles », et non ressembler à des fonctionnaires dogmatiques enfermés dans des confessionnaux qui ressemblent parfois à des « salles de torture ».

Dans le même esprit, il invite l’Église à trouver un équilibre entre la défense du dogme et la compassion humaine. Parmi les ruptures les plus marquantes avec son prédécesseur, le pape François appelle les prêtres à « toujours prendre en considération la personne » lorsqu’ils sont sollicités par des homosexuels ou des divorcés-remariés.

En plaçant un message de miséricorde, de justice et d’humilité au centre de la mission de l’Église, François incarne un changement remarquable et revigorant qui ne peut qu’être salutaire à une Église moribonde endoctrinée dans des préceptes désuets.

quebechebdo 21 septembre 2013

Transport des matières dangereuses par rail

21 septembre 2013

Dans la foulée de la tragédie ferroviaire qui a sapé le centre-ville de Lac-Mégantic et coûté la vie à 47 Méganticois en juillet 2013, le gouvernement Harper persiste dans son attitude bassement cavalière à s’en laver carrément les mains par la voix du ministre Denis Lebel qui « invite » les villes à s'adresser directement aux entreprises de transport ferroviaire pour connaître la nature des produits traversant leur territoire. «Nous, on donne les permis. C'est clair que ce n'est pas Transports Canada qui va répondre à toutes les questions», a lancé le ministre.

Une réplique qui a fait bondir, et avec raison, le ministre québécois des Affaires intergouvernementales, Alexandre Cloutier, qui s’est dit « estomaqué de la légèreté avec laquelle Denis Lebel traite de la question de la transparence du transport des matières dangereuses…comme si c'était à la mairesse de Magog de faire le tour des entreprises pour savoir quelles sont les matières dangereuses circulant sur son territoire ».

Et pourtant, dans les faits, l’article 33 de la Loi sur la sécurité ferroviaire qui traite des injonctions ministérielles stipule clairement que le ministre peut obliger une entreprise à «mettre fin, totalement ou dans la mesure prévue dans l'avis, à l'utilisation d'installations ou de matériel ferroviaires d'un type déterminé, ou à toute pratique concernant leur entretien ou leur exploitation, qui, selon lui, risquent de compromettre de façon imminente la sécurité ferroviaire».

Le texte précise que cette injonction peut même s'appliquer à des installations, du matériel ou des pratiques qui sont conformes aux lois et règlements en vigueur. Dans la dernière version, entrée en application le 1er mai 2013, il est aussi spécifié que l'ordre du ministre a préséance sur les décisions du conseil des ministres et sur les demandes déposées par les entreprises. Valide pour six mois, l'injonction peut être annulée en cours de route ou prolongée.

Même si l'injonction ministérielle demeure une procédure d'exception, elle a déjà été utilisée entre autres, en juin 2008, lorsque le ministre conservateur Lawrence Cannon a obligé le CN à retirer des essieux dangereux sur ses trains, et en novembre 2000, alors que le libéral David Collenette avait aussi eu recours à une injonction ministérielle pour imposer la façon de régler les aiguillages de voie principale dans les secteurs dépourvus de signalisation.

À chaque fois que j’entends des réactions aussi dédaigneuses de la part de membres du cabinet Harper ou de son « digne » titulaire, je me demande pourquoi les Québécois en sont encore à persister dans leur décision de demeurer dans ce Canada méprisant à l’égard du Québec…Enfin, peut-être qu’un jour, les Québécois en auront-ils assez de se faire manger la laine sur le dos et décideront-ils enfin de se prendre en mains!

quebechebdo 21 septembre 2013
vigile.net tribune libre 20 septembre 2013 "Lebel sen lave les mains"

Rompre le silence pour se libérer

20 septembre 2013

Les témoignages entendus jusqu’à maintenant concernant le recours collectif pour agressions sexuelles visant neuf prêtres rédemptoristes de Séminaire Saint-Alphonse de Sainte-Anne-de-Beaupré laissent un goût amer sur les comportements pervers auxquels ont été confrontés les victimes de ces agressions.

Toutefois, indépendamment des sévices psychologiques profonds qui ressortent des divers témoignages, nous assistons à la libération bénéfique de ces souvenirs traumatisants enfouis pernicieusement dans la mémoire des victimes.

Un exutoire salutaire qui devrait permettre, je l’espère, à d’autres victimes ayant subi de telles agressions de rompre à leur tour le silence pour se libérer des « silences » honteux des communautés religieuses ayant voilé ces viols éhontés sur des enfants et des adolescents vulnérables.

quebechebdo 20 septembre 2013

Une faille à la neutralité du Conseil du statut de la femme

20 septembre 2013

La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, a réagi fortement aux quatre dernières nominations au CSF par le gouvernement, alléguant que Québec cherche à « museler » l’organisme dans le débat sur la Charte des valeurs.

«C’est pour cela que j’interviens. Depuis 40 ans, le CSF avait le loisir de participer aux débats de société de façon non partisane. En toute indépendance. Ce que ça veut dire, c’est que le Conseil ne pourra pas participer au débat de société.»

Sans remettre en question les compétences de Mmes Julie Latour, Leila Lesbet, Ann Longchamps et Lucie Martineau, Mme Miville-Dechêne soutient que ces quatre nouvelles nominations se sont déjà prononcées ouvertement en faveur du type de laïcité prônée par le projet de Charte de Bernard Drainville.

Et, qui plus est, ces nominations surviennent alors que le CSF était divisé sur la position à adopter sur la Charte des valeurs québécoises, particulièrement sur le vœu exprimé par la moitié des membres d’enclencher des études d’impact, pour les femmes, de l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires en milieu de travail, une opinion partagée, entre autres, par la présidente, et qui risque d’être battue maintenant lors de la rencontre du CSF du 27 septembre.

Mon propos ne se veut pas ici de discuter sur la pertinence de l’interdiction de porter des signes religieux en milieu de travail mais plutôt sur les « apparences » d’ingérence du gouvernement dans le débat qui est actuellement en cours au CSF concernant cette proposition contenue dans le projet de Charte des valeurs québécoises.

Une démarche qui, à mon sens, vient ajouter un élément de partisanerie regrettable dans la neutralité des discussions qui ont cours actuellement, et qui ont toujours eu cours, au sein du CSF, un organisme qui a obtenu, depuis longtemps, ses lettres de noblesse dans les débats sociaux-politiques mettant en question l’égalité hommes-femmes.

Pour Mme Miville-Dechêne, un doute raisonnable subsiste entre le « remède » proposé par la Charte et la « mesure de la menace » que pose le port des signes religieux visibles en milieu de travail : «Il n’y a aucune étude, on ne sait même pas combien il y a de femmes voilées dans la fonction publique ! explique-t-elle. Le voile reste certainement de l’extérieur un symbole de soumission. Mais comme féministes, c’est l’impact de cette politique qui nous inquiétait.»

Conséquemment, il me semble pertinent, et cela, sans que le CSF ne statue sur la position du gouvernement sur les signes religieux, qu’une étude d’impact soit menée, à la fois auprès des personnes visées et de québécoises de souche, tout au moins pour connaître les véritables répercussions d’une telle mesure sur le principe d’égalité hommes-femmes, lequel fait l’unanimité au Québec.

quebechebdo 20 septembre 2013
vigile.net tribune libre 20 septembre 2013 "Un voile sur la neutralité du Conseil"
Le Soleil 23 septembre 2013 "Pour une étude d'impact" (version abrégée)

Si Gérald Godin vivait encore!…

19 septembre 2013

Au début des années 70, le portrait démographique du Québec se diversifie, avec l'arrivée massive d'immigrants. Début des années 80, devenu ministre de l'Immigration dans le cabinet de René Lévesque du 6 novembre 1980 au 30 avril 1981 et ministre des Communautés culturelles et de l'Immigration du 30 avril 1981 au 25 septembre 1984, Gérald Godin compte bien faire participer les immigrants à la révolution qui anime le Québec de l’époque.

« Nous devons former avec les communautés culturelles un monde nouveau, une société modèle, meilleure, libre, ouverte et accueillante, car la diversité culturelle est garante de l'enrichissement et de l'ouverture d'esprit d'une nation. »

Gérald Godin voyait dans l’engagement du gouvernement envers les diverses communautés culturelles et la diversité ethnique une chance pour la société québécoise de définir des objectifs plus profonds. Selon lui, ce qui manquait au Québec, c’était un « projet social stimulant » qui porterait des valeurs non matérialistes comme la fraternité, la générosité envers autrui, l’ouverture et la solidarité.

Certains répliqueront que le contexte démographique a changé depuis cette époque et que les immigrants occupent maintenant une large part de la population du Québec et j’en conviens…Toutefois, malgré ce changement de décor politique, ne serait-ce pas pertinent de nous demander si les valeurs de « fraternité, de générosité envers autrui, d’ouverture et de solidarité » qui animaient les propos de Gérald Godin au début des années 80 auraient changé aujourd’hui s’il ne nous avait pas quittés aussi abruptement en 1994…

Dans le débat d’idées qui anime le Québec depuis le dépôt officiel du projet de Charte des valeurs québécoises par le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, les tensions sont suscitées particulièrement par l’interdiction de porter des signes religieux ostentatoires en milieu de travail, l’argument premier des opposants étant le fait que la Charte viendrait brimer les libertés religieuses.

Un « monde », soit 20 ans, sépare celui de Gérald Godin de celui de d’aujourd’hui…Toutefois, ce « monde » a-t-il pour autant renié les valeurs qu’a poursuivies avec acharnement et conviction l’homme public tout au long de sa carrière politique?

quebechebdo 19 septembre 2013

Couillard au royaume de l’obscurantisme

18 septembre 2013

Depuis son élection à titre de chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard ne cesse de marteler sur toutes les tribunes que le PLQ incarnera dorénavant une « nouvelle image », celle d’un parti renouvelé ayant procédé à l’exorcisme du règne Charest.

Pourtant, il semble que le PLQ traîne encore avec lui des vestiges dont le nouveau chef paraît plutôt embarrassé de se défaire, le dernier en liste étant la perquisition de l’Unité permanente anticorruption au siège social du parti à Montréal en juillet 2013.

Selon l’équipe d’Enquête de Radio-Canada, les policiers recherchaient des preuves liées à des dossiers concernant du financement politique illégal. Après cette opération, le mandat de perquisition a toutefois été mis sous scellé pour garder l’information confidentielle. La Société d’État a donc déposé une requête en Cour supérieure pour réclamer la levée des scellés et le dévoilement du contenu de la perquisition, laquelle requête vise l’UPAC, la Sûreté du Québec et le Directeur des poursuites criminelles et pénales. La cause sera entendue en cour le 20 septembre.

Pendant ce temps, le chef du « nouveau » Parti libéral du Québec, la parti de la transparence, ne veut pas savoir qui sont les membres du PLQ dans la mire de l’UPAC. « Je ne sais pas et je ne veux pas le savoir, je ne veux pas me mêler d’enquêtes policières », a répondu Philippe Couillard aux journalistes qui le questionnaient sur les députés ou anciens élus de son parti qui seraient visés par l’UPAC, pas plus qu’il ne veut savoir ce qui a été saisi lors de la perquisition.

C’est également pour « ne pas nuire aux enquêtes policières » qu’il dit avoir décidé de taire l’information pendant tout ce temps, même à ses députés. « On a eu une discussion assez poussée là-dessus, a répondu le chef libéral. On s’est dit que, de toute façon, la chose deviendrait publique puisqu’on en rendrait compte à ce moment-là. »

De deux choses l’une…Ou Philipe Couillard fait preuve d’une naïveté sans borne en croyant que ces événements allaient fondre comme neige au soleil, ou le chef du « renouveau libéral » a hérité des tendances flagorneuses de son ancien chef.

Je serais plutôt porté à pencher du côté de la deuxième hypothèse qui correspond davantage à la politique de l’autruche à laquelle son prédécesseur s’est adonnée pendant toutes ces années où il a réussi à embirlificoter la population dans les méandres de l’obscurantisme outrancier.

vigile.net tribune libre 18 septembre
quebechebdo 18 septembre 2013 "La politique de l'autruche"

Le Québec sous la tutelle d’Ottawa

17 septembre 2013

« Nous sommes des Québécois. Cela veut dire que le Québec est le seul coin du monde où nous puissions être pleinement nous-mêmes. » René Lévesque

En vous proposant ces quelques réflexions sur les répercussions négatives du fédéralisme sur l’émancipation du Québec, je n’ai pas d’autres intentions que de vous inciter à garder le cap sur notre cause commune, à savoir l’accession du Québec à son statut de pays.

En m’inspirant des pensées publiées quotidiennement sur la page d’accueil de Vigile, je vous invite à lire et relire ces témoignages venant de tout horizon et à les recevoir comme des gages d’espoir à conserver en devoir de mémoire…

« Je n’ai jamais compris pourquoi le nationalisme « canadian » de Pierre Trudeau était plus valable ou plus défendable que mon nationalisme québécois. Je n’ai jamais compris pourquoi le Canada devait être séparé des autres pays du monde pendant que le Québec devait, d’autorité, rester attaché au Canada. » Pierre Bourgault

« L’union du Haut et du Bas Canada ainsi que la Confédération nous ont été imposées dans un but hostile à l’élément « français » et avec l’espérance de le faire disparaître dans un avenir plus ou moins éloigné. » Honoré Mercier, 1893

« Il y a au Canada un seul problème : l’autonomie des Québécois. La réalité de l’autonomie empoigne toute la vie politique. L’état d’esprit des Canadiens français est celui d’une minorité qui veut cesser de l’être. La colère est si grande qu’ils ont maintenant la volonté d’être autre chose que des hommes en colère. » André Malraux

« Le Canada est la seule démocratie avancée dans laquelle on a imposé un nouvel ordre constitutionnel à un peuple malgré le refus quasi unanime de son Assemblée nationale [...] le Québec n’a pas consenti à être gouverné par les règles de 1982, il n’a pas à s’y soumettre. » Michel Seymour

« Le Québec paie le prix de sa défaite référendaire, il subit les conséquences de sa mise en marge dans un régime qui non seulement ne craint plus rien de lui, mais, encore et surtout, s’est donné le projet de casser ce qui reste en lui de ressort national. » Robert Laplante

« À mon sens, tant que le régime confédératif tiendra Québec sous la tutelle d’Ottawa, il ne s’accomplira rien de décisif. Le parti politique — quel qu’il soit — qui nous sauvera sera celui qui mettra en tête de son programme comme article premier et essentiel une rupture de la Confédération. » François Hertel

« Après que [la Conquête] eût arraché de ce sol la souveraineté inconsolable de la France, les « Français canadiens » sont convaincus qu’après le siècle d’oppression qui suivit pour eux la conquête anglaise, un second siècle écoulé sous le système défini par l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 ne leur a pas assuré, dans leur propre pays, la liberté, l’égalité et la fraternité… » Charles de Gaule

Je vous laisse sur cet extrait d’un commentaire de François A. Lachapelle à la suite de l’article de Marcel Haché paru sur cette tribune le 16 septembre sous le titre « Le meilleur angle d’attaque :

« Si le Canada reconnaissait les spécificités du Québec, la structure hypocrite du Canada pensée par Trudeau et consorts s’écroulerait en poussière en peu de temps. Dit en d’autres mots, le Canada est psychosé par des objectifs uniquement économiques comme le répète Harper et ses lieutenants du Québec, et cultive une hargne envers le Québec qui ne lui ressemble pas, comme un bourreau domine son prisonnier. »

vigile.net tribune libre 17 septembre 2013
quebechebdo 18 septembre 2013 (version abrégée)

Un recul gênant

17 septembre 2013

Dans la foulée des révélations de la commission Charbonneau sur la collusion et la corruption entre les élus municipaux, les firmes de génie conseil et l’industrie de la construction, le gouvernement Marois, en décembre 2010, invoquait que le titulaire de la charge de premier ministre ne devrait pas demeurer en poste pendant plus de deux mandats ou pendant plus de 10 ans et que la durée d’un règne de maire d’une municipalité de plus de 5000 habitants ne devrait pas excéder trois mandats ou 12 ans, des mesures qui s'inscrivaient dans un plan visant «l'assainissement des moeurs politiques au Québec».

Le 19 septembre 2012, à l'occasion de la présentation de son conseil des ministres, la nouvelle chef du gouvernement, Pauline Marois, avait indiqué qu'en plus de la Charte de la laïcité, de la révision du financement des partis politiques et de l'instauration d'une date fixe pour les élections, le ministre Bernard Drainville devait oeuvrer à la «limitation des mandats des élus».

La première ministre avait précisé ses intentions le 31 octobre suivant, lors d'un discours prononcé à l'ouverture de la 40e législature de l'Assemblée nationale. «Nous discuterons également avec les élus municipaux et avec les partis d'opposition de la possibilité de limiter à trois les mandats des maires», ce dernier volet du plan devant être piloté par le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault.

Or, aujourd'hui, il n'en est plus question. Ces projets ne sont plus considérés comme porteurs. Hormis le fait que les maires du Québec ont soulevé une levée de boucliers contre les intentions du gouvernement sur la limitation de leur nombre de mandats, le changement de cap de Pauline Marois, incluant la limitation du nombre de mandats du premier ministre à deux, revêt toutes les apparences d’un climat propice à des élections printanières.

En réalité, ce que je comprends du recul du gouvernement péquiste sur ses intentions d’assainissement des mœurs politiques au Québec, c’est que le pouvoir, indépendamment du parti au pouvoir, peut avoir ses bons côtés pour autant que vous formez un gouvernement dirigé par le Parti québécois et que les maires du Québec montrent patte blanche devant leurs électeurs!

quebechebdo 17 septembre 2013