Graham Fraser, le chien dans le jeu de quilles

27 février 2014

Le dernier sondage CBC-Ekos révèle que la moitié des non-francophones « ont pensé sérieusement » quitté le Québec au cours de la dernière année, une donnée qui inquiète la commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, qui attribue ce résultat aux projets de charte de la laïcité et de réforme de la loi 101 du gouvernement Marois.

Comment le commissaire aux langues officielles fédéral peut-il légitimement « s’inquiéter » de la langue officielle du Québec alors que son mandat, entre autre, est de s’assurer de « l’égalité du français et de l’anglais au sein du Parlement, du gouvernement du Canada, de l’administration fédérale et des institutions assujetties à la Loi sur les langues officielles fédérale » ?

D’autant plus que des impairs scandaleux existent dans son propre champ de compétence, que ce soit au sein du Sénat où la grande majorité des membres sont incapables de s’exprimer en français, ou lors de la nomination de hauts fonctionnaires unilingues anglais.

Pour employer une expression populaire, l’intervention de Graham Fraser à la suite d’un sondage biaisé commandé par CBC revêt les allures du chien dans un jeu de quilles, en bref, une effraction dans un champ de compétence qui n’est pas du tout de son ressort.

En réalité, les menaces de départ des anglophones me font penser à cet adolescent qui brandit vertement la manipulation verbale devant sa frustration auprès de ses parents qui exigent que certaines règles « contraignantes » de respect envers eux doivent être respectées au sein du foyer familial…et qui, compte tenu des avantages qu’il retire à demeurer chez lui, ne met jamais sa menace à exécution.

Dans les faits, les anglophones savent pertinemment que le Québec représente une terre d’accueil privilégiée quant aux conditions de vie qu’il leur offre et, en ce sens, ils pourront s’accommoder fort bien des quelques modifications somme toute mineures que visent la réforme de la loi 101 du gouvernement Marois.

Enfin, en ce qui a trait à la charte de la laïcité, même si le commissaire Fraser reconnaît qu’elle ne vise pas la communauté anglophone mais que, par ailleurs, elle n’aide pas à donner l’impression que les minorités non francophones sont accueillies à bras ouverts au Québec, je doute fort que l’ « altruisme » des anglophones ne les pousse à passer de la parole aux actes concernant leurs menaces de départ.

vigile.net tribune libre 27 février 2014


La folie des bidules électroniques

27 février 2014

De retour d’un voyage de deux semaines dans une destination soleil, je suis revenu estomaqué par la prolifération des bidules électroniques entre les mains des vacanciers, et ce, à toute heure du jour et partout sur le site.

Et, le plus étonnant, c’est que la plupart du temps, les utilisateurs manipulaient ces bidules en groupe comme si l’autre ou les autres qui l’accompagnaient n’existaient pas, le monde électronique créant un mur imaginaire entre eux.

Enfin, que je me suis dit, pourquoi ces gens sont-ils venus à cet endroit payer le prix fort pour finalement répéter le même scénario habituel qu’ils vivent à leur lieu de résidence? Et surtout, ont-ils oublié qu’ils peuvent communiquer entre eux tout en mettant de côté ces engins que l’on qualifie de «moyens de communication moderne»?

quebechebdo 27 février 2014
Le Soleil 9 mars 2014 

De la parole aux actes?

27 février 2014

Le dernier sondage CBC-Ekos révèle que la moitié des non-francophones «ont pensé sérieusement» quitter le Québec au cours de la dernière année, une donnée qui inquiète la commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, qui attribue ce résultat aux projets de charte de la laïcité et de réforme de la loi 101 du gouvernement Marois.

«Ce n’est qu’un sondage, plaide M. Fraser. Mais il reflète ce que j’entends dans mes conversations avec la communauté : celle-ci ne voit pas beaucoup de gestes de la majorité francophone ou du gouvernement montrant que la communauté anglophone est valorisée. Elle est tolérée, acceptée, mais pas valorisée.»

Et, de poursuivre le commissaire aux langues officielles : «Est-ce que Québec pense que les communautés anglophones jouent un rôle positif ? Ou bien c’est perçu comme un mal nécessaire qu’il faut tolérer ? Il y a un sentiment généralisé, peut-être excessif, de la part de gens qui ont passé leur vie au Québec et qui me disent : “Pour la première fois, je suis tanné”.»

Toutefois, du côté de Sylvia Martin-Laforge, directrice générale du Quebec Community Groups Network, «il y a un long voyage entre répondre à un sondage et faire ses valises», tout en alléguant que ce sont les questions économiques qui peuvent expliquer une réelle volonté de partir. «Ceux qui avaient à partir pour des raisons politiques l’ont fait dans les années 70 et 80». Même son de cloche du côté de Graham Fraser qui juge lui aussi que la crainte d’un départ massif est exagérée puisque les deux derniers recensements démontrent un exode anglophone pratiquement neutre.

En réalité, les menaces de départ des anglophones me font penser à cet adolescent qui brandit vertement la manipulation verbale devant sa frustration auprès de ses parents qui exigent que certaines règles «contraignantes» de respect envers eux doivent être respectées au sein du foyer familial…et qui, compte tenu des avantages qu’il retire à demeurer chez lui, ne met jamais sa menace à exécution.

Dans les faits, les anglophones savent pertinemment que le Québec représente une terre d’accueil privilégiée quant aux conditions de vie qu’il leur offre et, en ce sens, ils pourront s’accommoder fort bien des quelques modifications somme toute mineures que visent la réforme de la loi 101 du gouvernement Marois.

Enfin, en ce qui a trait à la charte de la laïcité, même si le commissaire Fraser reconnaît qu’elle ne vise pas la communauté anglophone mais que, par ailleurs, elle n’aide pas à donner l’impression que les minorités non francophones sont accueillies à bras ouverts au Québec, je doute fort que l’altruisme des anglophones ne les pousse à passer de la parole aux actes concernant leurs menaces de départ. 

quebechebdo 27 février 2014
Le Journal de Québec 28 février 2014 (version abrégée)

De l’Église à l’État

26 février 2014

Je reviens d’un voyage de repos au cours duquel j’avais glissé dans mes bagages l’entretien accordé par le pape François à Antonio Spadaro, s,j., publié chez Flammarion en 2013 sous le titre «L’Église que j’espère».

À maintes occasions au cours de cet entretien, le pape François réfère au «peuple de Dieu» comme étant le centre d’attraction vers lequel doit tendre toute l’action œcuménique de l’Église.

À titre d’exemple, au chapitre 2 «Sentir avec l’Église», le pape s’exprime en ces termes : «L’appartenance à un peuple a une forte valeur théologique : Dieu dans l’histoire du salut a sauvé un peuple. Il n’y a pas d’identité pleine et entière sans appartenance à un peuple. Personne ne se sauve tout seul, en individu isolé, mais Dieu nous attire en considérant la trame complexe des relations interpersonnelles qui se réalisent dans la communauté humaine».

Sans entrer des les bondieuseries faciles, personne ne pourra nier que, depuis le début de son pontificat, François a pris résolument la décision de remettre l’Église aux mains de son peuple en se mettant résolument à l’écoute de ses besoins et de ses aspirations, et, en ce sens, l’analogie avec un État centré sur les besoins et aspirations du peuple qui le compose prend toute sa signification.

Une analogie que le pape François reprend à son compte avec davantage d’acuité dans ces paroles fort révélatrices de la conscience moderne de Jorge Mario Bergoglio : «…être citoyen veut dire être convoqué par un choix, être appelé à une lutte, à la lutte pour appartenir à une société et à un peuple…La laïcité de l’État, l’autonomie réciproque de l’Église et de l’État, leurs relations horizontales et paritaires garantissent la citoyenneté comme une œuvre collective en construction constante…»

Enfin, dans un chapitre intitulé «François ou le génie de la magnanimité», Antonio Spadaro touche du doigt ce qui, à mon sens, définit clairement le discours du pape François : «À mesure que j’avançais dans l’entretien avec le pape François s’ancrait dans mon esprit la conviction que nous allions enfin sortir de la stupide et assommante querelle herméneutique que se livrent les tenants de la continuité et ceux de la rupture…Enfin un regard pour envisager l’avenir autrement qu’à travers la lamentation! Enfin une parole de joyeuse espérance…ne nous obligerait plus à choisir entre l’optimisme des imbéciles et le pessimisme des déprimés!»

Cette Église sclérosée que décrie François n’a-t-elle pas des similitudes avec cet État du Québec, laissé à lui-même depuis des décennies par des dirigeants isolés dans des tours d’ivoire? Ne serait-il pas temps pour le Québec d’«envisager l’avenir autrement qu’à travers la lamentation»? En somme, de l’Église qu’espère le pape François à l’État que souhaitent les Québécois, ne pourrait-on pas y voir une analogie éclairante qui guiderait nos dirigeants vers les aspirations de leurs commettants?

quebechebdo 26 février 2014
vigile.net tribune libre 26 février 2014 "Un exemple pour le Québec"

La CAQ attaque

11 février 2014

Avant même le début des hostilités « officielles », la guerre est ouverte entre le PQ et la CAQ de François Legault qui vient de lancer une vaste offensive publicitaire sous le thème « À quand une charte qui défend les contribuables? », une attaque en règle contre le projet de loi 60 du gouvernement.

Souvenons-nous que les derniers sondages ont révélé, à la fin janvier, que le projet de charte de la laïcité avait eu pour effet de propulser le PQ en tête des intentions de vote et que la CAQ avait dégringolé de 16 % dans les intentions de vote des Québécois qui se disaient favorables à 51 % à l'encadrement du port des signes religieux ostentatoires à tout le personnel de l'État.

Dans un tel contexte, il n’est pas du tout surprenant que le capitaine de la CAQ tente de ramener le bateau sur la voie maritime de l’économie, le nerf de la guerre d’une bonne partie de l’électorat québécois, particulièrement celui de la Capitale nationale et de Chaudière-Appalaches où les caquistes détiennent déjà huit circonscriptions dont quatre qui ont été raflées en septembre 2012, seuls la péquiste Agnès Maltais et les libéraux Yves Bolduc et Sam Hamad ayant survécu à la « vague caquiste ».

On dit souvent qu’en affaires la saine compétition est à l’avantage des consommateurs qui ont à faire des choix sur les objets de consommation qu’ils convoitent. À cet effet, la politique ne fait pas exception. Conséquemment, la stratégie du PQ, tout en conservant le cap sur l’indépendance du Québec comme il vient de le démontrer ouvertement dans sa dernière campagne de promotion, se doit de contre-attaquer la CAQ sur son terrain à défaut de quoi, il risque de perdre des joueurs pour qui la fibre souverainiste est plutôt tiède.

Concrètement, cela implique que le gouvernement Marois doit lancer l’offensive économique à la fois « contre » l’option fédéraliste avilissante de la CAQ et « pour » l’option souverainiste libératrice du PQ. En bref, contre-attaquer sur les deux terrains.

La contre-attaque du PQ représente, à mon avis, la meilleure stratégie pour espérer gagner le combat qui va s’amorcer bientôt dans l’arène politique du Québec. Le gouvernement ne peut se permettre de laisser les caquistes et les libéraux s’emparer de l’espace économique sans s’empresser de prendre illico sa place dans le débat.

En se gagnant la faveur populaire avec le projet de charte des valeurs, le gouvernement a répondu sans équivoque aux désirs d’affirmation nationale d’une majorité de Québécois…L’équipe de Pauline Marois doit maintenant se tourner aussi vers les poches des contribuables!

quebechebdo 10 février 2014
vigile.net tribune libre 11 février 2014 (version modifiée) 

Si les athlètes québécois…

10 février 2014

« Mon pays, c’est l’hiver… », chante Vigneault depuis des décennies. Dès la première journée de compétition à Sotchi, les sœurs Justine et Chloé Dufour-Lapointe l’ont démontré admirablement au reste du monde en gravissant les deux premières marches du podium dans l’épreuve de ski acrobatique de bosses.

Sur les 221 athlètes représentant le Canada répartis dans 14 disciplines, le Québec se classe troisième derrière l’Ontario et l’Alberta avec 41 participants, soit 19 % de la délégation canadienne.

Et, parmi ces athlètes, plusieurs d’entre eux courent la chance de se mériter une médaille, dont Érik Guay, Jean-Philippe Le Guellec, Alex Harvey, Alex Bilodeau, Marc-Antoine Gagnon, Dominique Maltais, Charles Hamelin et Marianne St-Gelais, sans compter les performances remarquables de Maxime Parrot et de Sébastien Toutant en bosses lors de la première journée de compétition.

Sans présumer de la performance de ces athlètes à Sotchi, il est fort à parier qu’ils se classeront parmi les meilleurs dans leur discipline et, qui sait, qu’ils graviront les marches du podium…

Si vous ajoutez à ces athlètes les noms des Québécois qui font partie des équipes de hockey masculine et féminine, et qui pourraient former avec d’autres joueurs de talent des équipes fort représentatives du Québec, imaginez la performance du Québec au sommaire des médailles si ces athlètes québécois représentaient « leur pays » à ces jeux olympiques d’hiver !

Des athlètes d’ici qui deviendraient des ambassadeurs de ce pays du Québec dont l’hospitalité légendaire a toujours contribué à rassembler dans son giron « tous les hommes de la terre »

« De mon grand pays solitaire
Je crie avant que de me taire
A tous les hommes de la terre
Ma maison c´est votre maison
Entre mes quatre murs de glace
Je mets mon temps et mon espace
A préparer le feu, la place
Pour les humains de l´horizon
Et les humains sont de ma race »

vigile.net tribune libre 9 février 2014
quebechebdo 9 février 2014


 

Le quitte ou double de Legault…le culot de Couillard

8 février 2014

Les rumeurs d’élections hâtives se faisant de plus en plus persistantes, le chef caquiste François Legault, telle une poule à l’épouvante, ne sait plus où donner de la tête. À entendre ses récentes déclarations des derniers jours, on a l’impression que le coq caquiste joue son va-tout politique…Ça passe ou ça casse !

Le dernier tir raté de François Legault visait l’implication du vérificateur général dans le Fonds de solidarité de la FTQ alors que l’ancien ministre péquiste sait fort bien que le v.g. n’en a pas du tout le pouvoir.

Et que dire de son entêtement maladif eu égard à la comparution de Claude Blanchet en commission parlementaire dans une affaire qui ne tient pas la route, un épisode qui n’est pas sans nous rappeler la saga Duchesneau-Boisclair.

Enfin, le comble des incartades loufoques du chef caquetteux réside dans le fait que son parti prône l’atteinte de l’équilibre financier dès l’an prochain et cela, dans un contexte de baisses d’impôt…En clair, la chèvre et le chou !

À mon sens, les derniers sondages désastreux envers la baisse de popularité de la CAQ ont eu l’heur de créer la panique dans le clan des caquetteux, à tel point qu’ils tirent à près sur tout ce qui bouge et qu’on se demande s’il leur restera des munitions pour la campagne électorale.

Du côté des libéraux du chef Couillard, les augures ne sont guère plus positives compte tenu des contorsions malhabiles du chef concernant sa position sur le projet de loi 60, à tel point qu’il faut avoir un esprit bien tortueux pour suivre son raisonnement à cet égard, même s’il a le culot de clamer que la position de son parti est claire…Enfin, on repassera !

Pour ce qui est des élucubrations de Couillard sur le volet économique qu’il veut exploiter dans une prochaine campagne électorale, je doute fort que le successeur de l’autre aura quelque crédibilité, compte tenu du trou béant dans lequel Jean Charest a laissé le Québec après neuf longues et pénibles années à la tête du gouvernement du Québec.

Face à ce portait pour le moins nébuleux, il est fort à parier que Pauline Marois, qui dispose de cartes majeures dans son jeu, telles le projet de loi 60 qui rallie une majorité de Québécois, le projet de loi 52 visant l’aide médicale à mourir qui est prêt à passer aux voix, la loi 14 pour renforcer la Charte de la langue française ou la création de la Banque de développement économique du Québec, déclenchera des élections dans les prochaines semaines, avec ou sans présentation de budget…

quebechebdo 8 février 2014
vigile.net tribune libre 8 février 2014
Le Journal de Québec 9 février 2014

La lumière au bout du tunnel

8 février 2014

Depuis les premiers balbutiements du projet de loi 60, le chef libéral Philippe Couillard ne cesse de clamer sur toutes les tribunes qu’il faudra lui marcher sur le corps avant que les libertés individuelles ne soient bafouées au Québec, alléguant les Chartes des droits et libertés que son parti « a toujours défendues ». C’est faire preuve d’un sacré culot de la part du chef d’un parti aux prises avec les scandales de collusion et de corruption révélées jusqu’à maintenant par la commission Charbonneau.

Quant aux libertés individuelles, le chef semble avoir la mémoire courte si on considère la façon cavalière avec laquelle son prédécesseur a agi lors des manifestations étudiantes du printemps érable.

Pour revenir au projet de loi 60, Philippe Couillard allègue que le Québec ne peut choisir un modèle de diversité qui se distingue de ses voisins en Amérique du Nord, comme le propose le Parti québécois avec la charte des valeurs, sans risquer d’en pâtir sur le plan économique. Et voilà l’artillerie de la peur qui refait surface, cette vétuste machine de guerre qui a fait des ravages dans le passé auprès des Québécois.

À cet effet, le 7 février 2010, Georges-Étienne Cartier publiait sur cette tribune un article sous le titre « Un" Manifeste" pire que futile : malsain ! », inspiré du « Manifeste pour un Québec pluraliste » co-signé par un Collectif. http://www.vigile.net/Un-Manifeste-…

Un « Manifeste » « tantôt visqeux, parsemé de tournures d’une complaisance toute pharisienne…Ce qui fascine, c`est l’horreur manifeste à l`endroit de l’idée même de « discrimination », et la passion fanatique pour l’ « ouverture », le tout géré par un esprit critique si mou et si aléatoire qu’on ne peut que conclure à une évocation purement pro forma. Une telle pusillanimité fait de l’ « ouverture » tant vantée une très réelle béance. Elle révèle surtout, dans le refus dévot de seulement penser « discriminer » un désarroi total face à ce qu`il faut bien reconnaître comme une ahurissante incapacité à distinguer, faire la part des choses, définir les termes et les situations. »

Quatre années ont passé depuis la parution de ce billet…Aujourd’hui, le projet de Charte des valeurs et de laïcité du gouvernement franchit les dernières étapes du processus consultatif et nous sommes en droit de penser qu’il reçoit l’aval d’une majorité de Québécois.

Il m’apparaît clair que les libéraux du chef Couillard se terreront dans « l’horreur manifeste à l`endroit de l`idée même de « discrimination », et la passion fanatique pour l’ « ouverture », le tout géré par un esprit critique si mou et si aléatoire qu’on ne peut que conclure à une évocation purement pro forma. »

Quant aux caquistes de François Legault, ils manifestent une certaine ouverture sur l’interdiction des signes religieux pour une certaine catégorie des travailleurs de l’État. Le gouvernement doit-il concéder un espace public dans ses intentions ? Ou doit-il maintenir sa position en interdisant le port des signes religieux à tous les employés de l’État ?

En ce qui me concerne, il n’y a pas de demi-mesures qui tiennent la route à ce chapitre. À ce sujet, je laisse la parole à M. Cartier dont l’argumentaire de 2010 colle parfaitement à la réalité d’aujourd’hui et nous offre une piste de réflexion intéressante quant au sort que nous désirons réserver à un projet de loi qui, enfin, nous ouvre sur la lumière au bout du tunnel :

« On a , d’une part, l’adhésion à la révélation, intime et à jamais singulièrement propre au système nerveux qui la reçoit, d’une transcendance : c’est là alors un phénomène ineffable ; et dans la mesure où son expression demeure l`objet de pratiques strictement privées, on ne voit pas quel problème il y a à en reconnaître le caractère inviolable tant de droit que, en somme, de fait !…Mais on a d’autre part, toutefois, les manifestations publiques, et donc par nature sociales, de cette foi , c’est-à-dire celles que le croyant prétend non plus seulement proposer avec son accord à une autre personne, mais bien lui opposer , et a fortiori lui imposer : tout cela est de l`ordre de la culture car il s`agit d’actes sociaux qui ont pour prétention de donner ainsi à la liberté d’expression qui protège déjà la foi la force contraignante d`un « droit »

vigile.net tribune libre 7 février 2014


Et si on parlait des athlètes…

7 février 2014

Quoique très sensible aux arguments évoqués par la plupart des médias concernant les dépenses exorbitantes investies dans les installations olympiques, j’aimerais « rêver » encore, avec les athlètes qui participent aux Jeux de Sotchi, qu’ils caressent toujours le grand rêve de Pierre de Coubertin, à savoir de relever « un défi de taille ».

C’est dans cette optique que je regarderai devant mon petit écran ces hommes et ces femmes qui ont dépensé sans compter des milliers d’heures d’entraînement pour tenter de rivaliser avec leurs compétiteurs des autres nations dans une épreuve qui ne durera que quelques minutes!

Et si, de surcroît, certains d’entre eux, « créent des liens », nous pourrons nous réjouir que le rêve de Pierre de Coubertin incarne encore aujourd’hui, malgré tout l’appareillage mis sur pied pour assurer la sécurité, une réalité bien vivante.

quebechebdo 7 février 2014

Des élections le 14 avril?

6 février 2014

Au rythme où se déroulent les déclarations à saveur électorale de le première ministre, les planètes s’alignent de plus en plus pour un scrutin général printanier axé sur l’avenir du Québec. En toile de fond, la charte de la laïcité, et le dépôt du budget.

D’une part, la commission parlementaire sur le projet de loi 60 terminera bientôt ses consultations. Le gouvernement présentera ensuite une version « modifiée » qui devrait rallier les caquistes et être adoptée par l’Assemblée nationale.

D’autre part, le budget Marceau sera rejeté par les libéraux et les caquistes, ce qui occasionnera le déclenchement d’élections générales. À ce sujet, lors de son allocution en Mauricie le 5 février devant quelque 300 partisans, Pauline Marois a été claire : « MM. Legault et Couillard ont déclaré qu’ils étaient prêts à nous précipiter en campagne électorale en votant contre le budget. S’ils ne reculent pas, il reviendra aux électeurs de trancher »

Par ailleurs, l’ampleur du débat suscité par le projet de loi sur la laïcité aura préparé le terrain à la vaste consultation populaire que la première ministre vient de s’engager à mener sur l’avenir du Québec, advenant l’élection d’un gouvernement péquiste majoritaire : « Je vous l’annonce ce soir : au cours du prochain mandat, nous allons recommencer à réfléchir collectivement. En reprenant, à notre façon, la démarche choisie par René Lévesque, toute la population sera invitée à prendre la parole. Dans un prochain mandat, un gouvernement du Parti québécois va présenter un livre blanc sur l’avenir du Québec »

En ce qui a trait à l’équilibre budgétaire reporté en 2015-2016 par le ministre Marceau, la première ministre allègue que la position de Philippe Couillard et de François Legault qui souhaitent l’équilibre budgétaire dès le prochain budget nuira à la croissance économique : « Si on écoutait les chefs de l’opposition, il faudrait hausser les taxes ou faire des compressions très douloureuses de près de 2 milliards de dollars. Des compressions, ça veut dire moins d’activité économique, moins d’emplois et, au bout du compte, moins de revenus pour l’État »

Enfin, une lueur d’espoir qui, je l’espère profondément, ne sera pas qu’une flammèche électoraliste, rejaillit des paroles de Pauline Marois concernant la démarche du Québec vers son indépendance : « Quel statut nous permettra de préserver notre langue sur une période de 10, 20 ou 50 ans ? Celui de province canadienne ou celui de pays ? Pour moi, c’est clair : la seule voie qui assure l’avenir du français, c’est celle d’un pays, d’un pays francophone en Amérique » http://www.ledevoir.com/politique/q…

Devant cette conjoncture que je qualifierais de « favorable » pour le gouvernement, j’ai l’impression que les Québécois pourraient être appelés aux urnes dès le 14 avril…

vigile.net tribune libre 6 février 2014
quebechebdo 6 février 2014