Pauline Marois doit jouer ses atouts

20 mars 2014

Qu’on le veuille ou non, le dernier sondage CROP-La Presse a eu l’heur de donner un erre d’aller à la campagne de Philippe Couillard et de freiner l’élan du PQ. Le prochain test se tiendra le 20 mars lors de la présentation du débat des chefs.

Pour l’occasion, il m’apparaît évident que le véritable débat se jouera entre Pauline Marois et Philippe Couillard, les autres partis se contentant de jouer le rôle de figurants. Un débat qui risque de devenir un affrontement stérile entre les « vieux partis » sur les « vieilles querelles » institutionnelles.

Une avenue qui s’avérerait fatale pour le PQ…Conséquemment, la chef du gouvernement sortant se doit de polariser la scène sur ses deux atouts prioritaires, à savoir sa « détermination » et la « compétence de son équipe ».

Ces derniers jours, Pauline Marois s’est montrée perspicace en jetant la lumière sur la « vieille garde » de Philippe Couillard, démontrant par la même occasion qu’au royaume des libéraux, rien n’a changé, une carte qu’elle doit continuer de mettre en évidence.

En revanche, elle devra faire ressortir la compétence des Gendron, Bédard, Marceau, Maltais, Lisée, Drainville, Gaudreault, Duchesne, et Hivon, sans oublier l’expertise inestimable qu’un candidat de la trempe de Pierre Karl Péladeau peut injecter dans le développement de l’entrepreneuriat au Québec.

Sur un autre plan, nombreux, à commencer par moi, sont ceux et celles qui, au cours des derniers mois, ont été frappés par la « détermination » de Pauline Marois dans les dossiers qu’elle a su piloter avec une ardeur qui a contribué, à mon sens, à lui conférer des capacités de leadership que certains partisans « convaincus » ne lui reconnaissaient pas. Le débat sur le projet de loi 60 en est un exemple patent, un dossier qui, d’ailleurs, devrait être exploité au cours du débat.

À mon avis, Pauline Marois doit se présenter à ce débat avec des allures de chef d’État en maîtrise des dossiers prioritaires qu’un gouvernement du PQ désire mettre de l’avant dans un prochain mandat.

Une première ministre sortante qui présente à la population du Québec une équipe compétente, désireuse de poursuivre dans la voie empruntée au cours de son premier mandat, à savoir l’affirmation nationale, l’objectif de l’équilibre budgétaire, la protection des richesses naturelles, la qualité de l’environnement, la santé, l’éducation et le développement des petites et moyennes entreprises.

quebechebdo 19 mars 2014

PKP, les deux côtés de la médaille

19 mars 2014

Selon le dernier sondage CROP, les libéraux ont pris les devants sur le PQ concernant les intentions de vote des personnes sondées, et ce, même après l’annonce de l’entrée en scène de Pierre Karl Péladeau à titre de candidat péquiste dans Saint-Jérôme.

D’un côté le poing en l’air de PKP en guise d’adhésion à la souveraineté du Québec semble avoir eu l’heur de ranimer la ferveur des souverainistes convaincus, de l’autre, de gruger les souverainistes mous de la CAQ et de les muter vers le PLQ, une stratégie que Philippe Couillard a habilement su exploiter en brandissant le spectre du référendum depuis une semaine.

Même les sorties de Pauline Marois sur le fait que cette campagne en est une électorale et non référendaire ne semblent pas avoir été entendues par l’électorat. Conséquemment, la première ministre devra redoubler d’ardeur lors du débat des chefs pour replacer le train du PQ sur ses rails, à défaut de quoi les Québécois, encore une fois, auront été bernés par leur peur viscérale au détriment des « vraies affaires »!

quebechebdo 19 mars 2014

Le poumon économique du Québec a besoin d’oxygène

18 mars 2014

Dans l’engouement suscité par l’arrivée de Pierre Karl Péladeau sur la scène politique québécoise, j’avance l’hypothèse que la contribution majeure que PKP pourrait apporter à l’économie du Québec réside dans son expertise entrepreneuriale au sein de Québecor média.

Une expertise reconnue qui lui confère toute la crédibilité pour attirer la confiance des dirigeants des petites et moyennes entreprises québécoises, un des fers de lance majeurs à l’essor de l’économie.

La PME, au Québec, [statistique de 2011] joue un rôle-clé au sein de l’économie avec une contribution de près de 50 % du PIB et le maintien de 55 % de tous les emplois. Au palmarès canadien, le Québec vient au deuxième rang, avec 242 710 petites et moyennes entreprises, derrière l’Ontario, où on dénombre 387 170 PME de moins de 100 employés. 95 % de nos PME ont moins de 50 employés ; de ce nombre, 73 % ont moins de 10 employés et 50 % en ont moins de 5. On peut dire sans se tromper que le bassin entrepreneurial est composé de petites entreprises.

De l’avis de nombreux experts, dont Jacques Parizeau qui, selon ses propres mots, réclame un « remède de cheval » pour revigorer l’état de santé des PME, le poumon économique du Québec a besoin d’oxygène. La petite et moyenne entreprise étouffe dans un environnement fiscal et réglementaire qui décourage les entrepreneurs et n’incite guère les jeunes de la relève à sauter dans le train de la relance d’entreprises familiales.

Selon les experts, les PME connaissent un déclin, non pas parce que les entrepreneurs ont perdu la flamme, mais plutôt en raison des contraintes fiscales et réglementaires qui leur sont imposées. Le fardeau fiscal global est beaucoup trop lourd. À titre d’exemple, au Québec, la PME paie 8 % d’impôt sur ses bénéfices, tandis qu’ailleurs au pays c’est deux fois moins.

C’est sans compter la réglementation gouvernementale sclérosante imposée aux PME qui sont contraints de se conformer à une centaine de formalités administratives qui vont de la déduction à la source en passant par les questions de santé et de sécurité au travail. Par exemple, la facture exigée à une PME de cinq employés ou moins pour se conformer à la réglementation représente des déboursés de 6500 $ par employé.

Il y a quelques années, le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation s’est penché sur la santé des entreprises québécoises lors d’une récente enquête statistique. On y apprend que 25 % des nouvelles entreprises cessent leurs activités moins de deux ans après leur mise sur pied. Le taux de survie après cinq ans se situe à 50 %.

Dans un tel contexte, il m’apparaît clair qu’un entrepreneur de la trempe de Pierre Karl Péladeau peut apporter les conditions nécessaires pour dynamiser les PME et permettre aux dirigeants de ces entreprises d’être muni des outils essentiels pour pouvoir affronter avec force et détermination la compétition féroce provenant d’ailleurs.

Conséquemment, j’ose espérer qu’il aura la tribune nécessaire au cours des derniers jours de campagne pour commencer à établir des ponts avec les PME et surtout à revigorer l’ardeur des dirigeants.

vigile.net tribune libre 18 mars 2014
quebechebdo 17 mars 2014 "PKP et les PME" (version abrégée)
Le journal Métro 18 mars 2014 "PKP et les PME" (version abrégée)

François doit passer de la parole aux actes

18 mars 2014

Dès le début de son pontificat, François a démontré une ouverture évangélique qui a ravivé l’ardeur religieuse d’une multitude de catholiques qui s’étaient éloignés d’une Église enlisée dans l’orthodoxie sclérosante, héritée de ses prédécesseurs.

Toutefois, à la fin de sa première année à la tête de l’Église catholique, force est de constater que les espoirs qu’il a fondés ne réussissent pas à franchir l’étape des paroles et que les actions concrètes tardent à se manifester.

À titre d’exemples, son discours sur des thèmes aussi cruciaux que le divorce, l’avortement, le mariage homosexuel ou la place de la femme dans l’Église, même s’il laisse entendre qu’il demeure ouvert sur les problèmes qu’ils suscitent, ne déroge pas de la rectitude imposée par le Vatican.

À mon sens, François devra un jour ou l’autre franchir la barrière que son statut de pape sépare du monde d’aujourd’hui, sans quoi, il risque de devenir, aux yeux de plusieurs croyants, un feu de paille qui aura attisé inutilement une Église en décrépitude.

quebechebdo 18 mars 2014
Le Journal de Québec 21 mars 2014 "De la parole aux actes"
cyberpresse.ca 23 mars 2014

Quelle belle surprise!

17 mars 2014

Quelle belle surprise j’ai eue ce matin en ouvrant la nouvelle image de Vigile.net, un paysage empli de clarté et beaucoup plus aérée, que ce soit la page d’accueil de la tribune libre, la page « Actualité » ou la rubrique « Auteurs ».

J’ai eu l’impression que Vigile entreprenait un second départ qui, je l’espère sera prémonitoire à ce que nous réserve le prochain paysage politique du Québec.

Sans aller jusqu’à la phrase emblématique de la pensée de Marshall McLuhan « Le message, c’est le médium » qui obstrue, à mon sens l’importance de la substance du contenu du message, j’irais jusqu’à dire que, dans le cas présent, le médium vient ajouter du « vernis » au message.

Félicitations aux responsables de Vigile pour ce merveilleux résultat et longue vie à la nouvelle image de Vigile et à tous ses amis, autant à ceux qui écrivent, à ceux qui commentent et à ceux qui en sont de fidèles lecteurs !

vigile.net tribune libre 17 mars 2014

La souveraineté, un enjeu au coeur des Québécois

17 mars 2014

«J’aimerais ça vous dire oui, mais je n’y arrive pas. Il va falloir que chaque citoyen y croie plus fort et qu’on ne parle pas de souveraineté comme on parle de température. Il va falloir que ça devienne un enjeu au coeur des Québécois, parce que présentement, c’est encore, pour certains, une utopie.»

Telle est la conclusion à laquelle arrive Isabelle, une future maman, lorsqu’on lui demande si elle pense qu’un jour son enfant vivra dans un Québec souverain. Et, pour illustrer son propos, Isabelle évoque le charisme de René Lévesque qui avait conduit ses troupes à la prise du pouvoir en 1976, une époque que la future maman de 28 ans n’a pas connue.http://www.ledevoir.com/politique/quebec/402856/des-femmes-de-la-generation-y-revent-d-un-quebec-libre

 

À mon sens, l’élément essentiel qu’il faut retenir de la réflexion d’Isabelle réside dans le fait qu’il faut sortir la souveraineté du débat rationnel et la faire vibrer au cœur des Québécois, là où elle deviendra un véritable enjeu pour lequel les citoyens auront le goût de s’impliquer avec conviction.

Alors, et alors seulement, le Québec pourra aspirer à retrouver son élan pour poursuivre son parcours vers son indépendance!

quebechebdo 17 mars 2014

Dans la cage aux fauves

16 mars 2014

Le texte Shotgun sur Mariloup Wolfe publié par le blogueur Gab Roy sur son site LeVraiGabRoy.com en octobre 2013 «décrit en détail, de manière aussi peu subtile que vulgaire, son fantasme pervers d’avoir une relation sexuelle dégradante, violente et abusive avec la comédienne » qui poursuit le blogueur pour la somme de 300 000$ pour atteinte à l’image, à la vie privée et à la dignité.

Depuis lors, Gab Roy n’en finit plus de multiplier les excuses sur toutes les tribunes qui lui sont offertes, la plus prestigieuse étant celle de « Tout le monde en parle » où il s’est encore une fois plié à l’exercice fastidieux de plates excuses.

À mon sens, il est plus que temps que ces adultes machos, majeurs et vaccinés, cessent leur intimidation perverse sur les médias sociaux qui souvent servent de cages aux fauves où les femmes sont carrément livrées en pâtures…et que justice soit rendue !

quebechebdo 16 mars 2014

Et si PKP s’était présenté dans La Pinière!

15 mars 2014

En 2012, le Parti québécois était arrivé au troisième rang dans La Pinière, derrière le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec, recueillant 7448 votes, soit 17,85% des voix. Or, pour l’élection de 2014, le PQ a décidé de ne pas présenter de candidat dans ce comté pour laisser la voie libre à la candidate libérale indépendante Fatima Houda-Pepin.

À titre d’arguments invoqués par le PQ prône en tête de liste la position généralement favorable de Mme Houda-Pepin sur le projet de charte des valeurs, en particulier ses idées sur l’égalité hommes-femmes, sur la laïcité de l’État et sur la lutte à la montée de l’intégrisme musulman.

Dans une entrevue accordée à Sébastien Bovet, Bernard Drainville s’est montré on ne peut plus clair en déclarant que cette décision avait été mûrement réfléchie et qu’elle avait été prise en fonction de la position de la candidate fédéraliste sur le projet de loi 60.

Car, il faut bien l’admettre, c’est bien de cela qu’il s’agit. Le PQ fait le choix d’abandonner à leur sort quelque 7 500 souverainistes qui se retrouvent orphelins et qui n’ont d’autres choix que se tourner vers un tiers parti ou, pire encore, d’annuler leur vote. Une décision « stratégique » qui risque de démobiliser une bonne partie de cet électorat qui représente des voix importantes dans l’éventualité d’un référendum sur l’indépendance du Québec.

Et si nous envisagions un scénario dans lequel Pierre Karl Péladeau s’était présenté dans La Pinière, croyez-vous que le PQ aurait opté pour une telle stratégie? À mon avis, poser la question, c’est y répondre.

Dans ces circonstances, devons-nous en arriver à la conclusion que les stratèges du PQ n’ont pas réussi à recruter un candidat bénéficiant d’autant de prestige que Mme Houda-Pepin et qu’ils se sont rabattus sur cette option? Là aussi, la réponse est évidente…

En 2012, la candidate libérale a obtenu une majorité de 19 331 voix sur son plus proche adversaire caquiste. En 2014, avec l’arrivée du candidat « vedette » Gaétan Barrette, j’ai l’impression qu’au fil d’arrivée l’avance de Mme Houda-Pepin risque de fondre au profit du candidat libéral ou que, dans le pire scénario, Gaétan Barrette soit élu.

De toute façon, dans un cas comme dans l’autre, le PQ se verra amputé d’une somme imposante de partisans qui se tourneront vers ON…Et surtout, qu’on ne vienne pas clamer par la suite qu’ils auront contribué à diviser le vote souverainiste!

quebechebdo 15 mars 2014
vigile.net tribune libre 15 mars 2014 "Un candidat vedette aurait pu se présenter…"

L’effet PKP sur l’agenda de la campagne

14 mars 2014

En brandissant le poing dans les airs tout en clamant que sa venue en politique était liée à ses intentions de participer à la souveraineté du Québec, Pierre Karl Péladeau a contribué à faire dévier l’agenda des partis politiques sur un éventuel référendum sur l’indépendance du Québec.

Il en est ainsi du chef du PLQ Philippe Couillard qui, depuis cet événement, n’en finit plus d’évoquer le référendum dans ses déclarations publiques, allant même jusqu’à mettre de côté les « vraies affaires ».

Par ailleurs, même si PKP tente désespérément de repositionner son discours sur la carte économique, les journalistes ne cessent de le bombarder de questions sur les répercussions que son choix politique pourrait exercer sur la liberté de la presse concernant les médias de Québecor aussi bien que sur les contrats qui lient Québecor au gouvernement.

De son côté, Pauline Marois, malgré ses efforts pour remettre l’agenda de sa campagne sur ses rails, doit faire face jour après jour à une meute de journalistes avides de sensations électoralistes qui enfoncent sans relâche le clou sur un éventuel référendum.

Conséquemment, je ne peux qu’abonder dans l’argumentaire de la première ministre à l’effet que cette campagne en est une « électorale » et qu’elle a pour but d’élire un gouvernement le 7 avril, à défaut de quoi l’électorat québécois devra subir une couverture médiatique déviée des véritables enjeux auxquels il est en droit de s’attendre au cours de cette courte campagne électorale.

quebechebdo 14 mars 2014
vigile.net tribune libre 14 mars 2014 "La campagne reste malgré tout "électorale""

Ritalin quand tu nous tiens!

14 mars 2014

Je me souviens, lorsque j’étais élève au primaire, de certains de mes camarades de classe dont l’attention laissait pour le moins à désirer, plus intéressés à « déranger » qu’à suivre les explications de l’enseignant.

Plus tard, lorsque je suis devenu enseignant au début des années ’70, confrontés à ce type d’élèves, j’ai eu à revivre ces situations mais, cette fois-ci, de l’autre côté de la clôture. Toutefois, à cette époque, le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) n’avait pas fait son apparition sur les bancs d’école.

Selon des données obtenues auprès de la firme spécialisée IMS Brogan, les Québécois, particulièrement des jeunes de niveaux primaire et secondaire, avaient consommé à la fin de 2013 quelque 41 millions de comprimés de méthylphénidate, une famille de médicaments dont fait partie le Ritalin, ce qui confère au Québec le titre peu enviable de « champion du Ritalin » au Canada.

Or, il semble qu’une des causes premières du TDHA soit liée à un problème d’adaptation des jeunes aux différents stresseurs auxquels ils sont soumis quotidiennement, qu’ils proviennent d’une situation familiale perturbée ou d’intimidation ou de harcèlement à l’école.

À mon sens, la consommation de Ritalin par ces jeunes ne contribue qu’à poser un cataplasme sur leur comportement sans s’attaquer aux problèmes qui causent leur « déficit d’attention ». En ce sens, il m’apparaît que les intervenants du monde de l’éducation, y compris les parents, devraient s’asseoir ensemble pour discuter sur les causes des problèmes au lieu de sauter à pieds joints sur un médicament qui ne fera que retarder l’éclosion de problèmes d’adaptation encore plus aigus dans l’avenir.

quebechebdo 13 mars 2014