L’éthique élastique de Couillard

27 mars 2014

Nul doute que l’éthique et l’intégrité sont devenues depuis quelques jours des thèmes centraux dans la campagne électorale québécoise. À ce chapitre, le chef du PLQ Philippe Couillard reçoit les tirs nourris de ses deux principaux adversaires Pauline Marois et François Legault.

La dernière attaque en règle contre Philippe Couillard vise un placement de 600 000 $ dans un compte bancaire de l’île de Jersey, considérée comme un paradis fiscal, durant la période où il travaillait comme neurochirurgien en Arabie saoudite dans les années 90, une manœuvre considérée comme « légale » qui lui a permis d’être exempté d’impôts sur cette somme, seuls les intérêts générés étant imposables de par la loi.

Or, Philippe Couillard est revenu au Québec en 1996 après un séjour de quatre ans en Arabie saoudite, et il a conservé son placement jusqu’en 2000, profitant de la sorte d’un paradis fiscal pendant quatre années supplémentaires et cela, à une période où il était redevenu un contribuable québécois.

Pour Alain Deneault, docteur en philosophie et auteur de plusieurs essais sur les paradis fiscaux, « le problème, c’est qu’on puisse recourir à un paradis fiscal comme celui-là sur un mode légal ». Or, toujours de l’avis de M. Deneault, « pour qu’il y ait un lien de confiance entre les citoyens et l’État, ça prend un minimum de contrôle sur les questions fiscales. Mais il est difficile de s’attendre à ce qu’un chef d’État qui bénéficie d’un paradis fiscal lutte contre le problème de l’évasion fiscale ».

Sur un autre plan, le chef du PLQ persiste à tenter désespérément de se détacher de l’héritage politique des neuf années de magouilles du gouvernement Charest, clamant à bras raccourcis qu’il « ne joue pas dans un reality show du passé ».

À cet effet, la dernière tuile qui est tombée sur la tête de Couillard provient d’une somme de 428 000 $ amassée lors d’une activité de financement il y a quelques années, somme qui n’apparaît nulle part dans les livres du PLQ.

Un second débat se tiendra le 27 mars. Il ne fait aucun doute que la question de l’éthique occupera une bonne partie de ce débat. Selon sa bonne vieille habitude, la couleuvre Couillard utilisera les faux-fuyants pour répondre des ses antécédents avec Arthur Porter de même que de ses placements dans des paradis fiscaux.

La question qui tue et qui devra lui être posée : à quoi les Québécois peuvent-ils s’attendre lorsque vous aborderez l’épineux dossier des évasions fiscales ?… À vous de répondre M. Couillard !

quebechebdo 27 mars 2014
vigile.net tribune libre 27 mars 2014

La « référendite » chronique

26 mars 2014

Depuis le retour à l’avant-scène d’un possible référendum sur la souveraineté du Québec suscité par la déclaration de Pierre Karl Péladeau au moment de l’annonce de sa candidature à titre de député du Parti québécois dans Saint-Jérôme, l’épouvantail référendaire a repris du service au sein des troupes fédéralistes.

Et qui plus est, la « référendite » chronique a même envahi les hauts dirigeants du PQ y compris la première ministre sortante Pauline Marois qui en cache les symptômes comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse, et qui ne sait plus quel remède utiliser pour en « guérir ».

À titre de rappel historique, il convient de se rappeler que cette « infection chronique » a émergé dans la décennie des années ’70 pour atteindre son point culminant lors du référendum de 1980 alors que l’ « abcès » a été évincé par 60% de l’électorat québécois qui a procédé à son « ablation ».

Toutefois, le virus est puissant si bien qu’il est revenu en 1995 et qu’il a bien failli cette fois-là emporté la population du Québec sur la voie de sa souveraineté…Mais, grâce au ciel!?…, le Québec s’est sorti de cette impasse pour finalement se ranger docilement dans le giron fédéral.

Puis, quelque 35 ans après ses premières manifestations, il aura fallu qu’un homme d’affaires réputé en la personne de PKP fasse ressurgir la « référendite » pour que l’équipe de soigneurs fédéralistes ne se portent illico au secours du vulnérable « patient », envahi soudainement par les méfaits dévastateurs de la maladie.

Pourtant, lorsque nous analysons la fréquence d’apparition de la « référendite », peut-être aurions-nous avantage à envisager ses causes au lieu de s’attarder à ses symptômes. En d’autres termes, il m’apparaît clair qu’une des causes principales de cette « infection » réside dans la « peur maladive » entretenue par les tenants du fédéralisme.

Dans ces circonstances, il m’apparaît tout aussi évident que nous devons contrer cette peur par une « thérapie » appropriée, à savoir l’éveil des Québécois à leur potentiel, à leur courage, à leur autonomie et à leur créativité. C’est d’abord et avant tout de cette manière que nous éradiquerons une fois pour toutes les effets pervers de la « référendite chronique ».

quebechebdo le 26 mars 2014

Le squelette libéral sort du placard

25 mars 2014

Alors que la dernière semaine a été marquée sous le sceau de l’épouvantail d’un référendum d’un éventuel gouvernement du PQ martelé par le chef du PLQ Philippe Couillard, un nouveau chapitre, beaucoup plus réaliste et crédible celui-là, a été ouvert autant par Pauline Marois que François Legault relativement au lourd héritage du gouvernement Charest concernant l’intégrité et l’éthique des troupes libérales durant leur dernier mandat de neuf années à la tête du gouvernement du Québec

Quant à la défense de Philippe Couillard, elle tient au fait que les Québécois ont tranché ce dossier en reléguant les libéraux au rang d’opposition officielle et qu’ils se prononceront en 2014 sur une équipe renouvelée.

Toutefois, là où le bât blesse dangereusement, c’est que, parmi cette équipe « renouvelée », se présentent 18 candidats qui ont été ministres sous Jean Charest et que les libéraux de l’époque ont voté 11 fois contre la mise sur pied d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction, alléguant à chaque fois qu’il fallait laisser les enquêteurs faire leur boulot…

Et, pour ajouter davantage d’épices sur le plat, la dernière sortie de l’ex-député et candidat libéral dans Portneuf Michel Matte à l’effet qu’il a fallu qu’un « noyau de députés » convainque l’ensemble du caucus pour créer la commission Charbonneau, vient gâter la sauce de Philippe Couillard qui n’a d’autre argument que de clamer qu’il n’était pas là au moment de cette bisbille bien cachée au sein de l’état-major de Jean Charest, reniant par la même occasion les quelque 18 candidats qui composent son équipe actuelle.

Au cours des derniers jours, le PLQ de Couillard s’est emparé de la pôle position dans certains sondages qui, bien que très contestables, lui ont conféré un certain élan, poussé par l’épouvantail référendaire.

Maintenant, la joute électorale se transporte sur un terrain miné par les soupçons de scandales de collusion et de corruption qui planent sur les troupes libérales…un héritage auquel Philippe Couillard devra répondre auprès de l’électorat québécois s’il désire conserver sa cote de popularité, à défaut de quoi les Québécois auront tranché pour un verdict le condamnant à son rôle d’opposition actuel.

vigile.net tribune libre 25 mars 2014
quebechebdo 25 mars 2014

Gala des Jutra: l’image au détriment du talent

25 mars 2014

En écartant la comédienne Gabrielle Marion-Rivard des nominations à titre de meilleure actrice dans le film « Gabrielle » lors du gala des Jutra, les membres du jury ont fait preuve d’un manque de jugement inacceptable.

Toutefois, là où le bât blesse de façon outrancière, réside dans le fait que, à mon point de vue, le jury a délibérément opté pour la préservation de l’image du gala en exerçant un pouvoir discriminatoire envers les personnes handicapées au détriment du talent incontestable de Gabrielle Marion-Rivard…Et cela, c’est inadmissible et scandaleux et doit être dénoncé haut et fort!

quebechebdo 25 mars 2014
Le journal Métro 26 mars 2014 "L'image au détriment du talent"

Liste électorale: le « flou » sur les critères d’admissibilité

24 mars 2014

La polémique engendrée entre le président démissionnaire de la Commission de révision de la liste électorale dans Sainte-Marie–Saint-Jacques Mathieu Vandal et le DGE Jacques Drouin soulève à mon sens une problématique pour le moins gênante concernant les critères d’admissibilité sur la liste électorale.

En effet, d’un côté, M. Vandal allègue que le processus d’inscription des nouveaux électeurs demeure« flou » et que les nouvelles mesures pour l’inscription de nouveaux électeurs sont loin de rétablir le « lien de confiance », soulignant que certains critères doivent être précisés et que certaines règles doivent être resserrées. http://www.ledevoir.com/politique/quebec/403455/processus

De l’autre, le DGE , après avoir déclaré d’abord qu’il reconnaissait que cinq circonscriptions à Montréal et en Estrie étaient problématiques, s’est rétracté par la suite, alléguant certaines statistiques qui démontrent qu’en réalité le nombre de demandes d’inscriptions sur la liste électorale dans les circonscriptions visées était inférieur à l’élection de 2012…Rien pour faire taire les soupçons qui pèsent actuellement sur la légitimité de certaines demandes sur la liste électorale !

Dans les faits, la « notion de domicile », qui vise à déterminer l’intention d’un électeur qui veut ajouter son nom à la liste à demeurer au Québec, demeure incontestablement le problème majeur auquel ont à faire face les membres des commissions de révision électorale.

Rien de surprenant si nous considérons que le document complémentaire que le DGE a fait parvenir aux diverses commissions de révision électorale et aux futurs électeurs pour leur spécifier les documents nécessaires pour prouver qu’ils demeurent au Québec depuis six mois réfère « par exemple » à sa possession d’un compte banque au Québec ou d’une voiture, ou à son rapport d’impôt…une étrange procédure qui laisse carte blanche aux membres des commissions de révision, avec tous les faux-fuyants inhérents à une telle démarche.

Par ailleurs, compte tenu que la plupart des demandes d’inscription proviennent d’étudiants anglophones du ROC, le bon docteur Couillard, loin de s’en formaliser, brandit le bouclier de l’assurance et de la confiance en la présence du DGE dans le processus de légitimité des nouvelles demandes.

Enfin, je me rallie à la déclaration de Pauline Marois qui invite le DGE, une fois la période de révision de la liste électorale terminée, à « utiliser les pouvoirs extraordinaires qu’il a pour aller faire des vérifications plus précises sur certaines inscriptions. »

quebechebdo 24 mars 2014
vigile.net tribune libre 24 mars 2014 "Le "flou" sur les critères d'admissibilité" 

Inscription frauduleuse sur la liste électorale

23 mars 2014

Les dernières révélations provenant du bureau du DGE à l’effet que certains résidants d’autres provinces canadiennes et de nouveaux arrivants tentent illégalement de s’inscrire sur la liste électorale soulèvent à mon sens une tentative d’infraction extrêmement sérieuse.

Sans vouloir prêter d’intentions aux organisations politiques impliquées dans les quelque six comtés visés, le geste disgracieux auquel se sont adonnées ces personnes s’apparente à une tentative d’effraction dans un domicile pour se procurer un matériel qui ne leur appartient pas.

En conséquence, il m’apparaît que ces fraudeurs devraient être poursuivis en cour pour tentative d’inscription frauduleuse sur la liste électorale et recevoir une amende exemplaire pour leur geste.

quebechebdo 23 mars 2014

Moi aussi je voterai PQ

22 mars 2014

D’entrée de jeu, voici la conclusion du billet de Pierre Cloutier signé sur cette tribune le 21 mars sous le titre « Débat des chefs : la prison mentale provinciale »

« On ne fait pas l’indépendance d’un peuple sans un minimum de courage de parler des vraies affaires. Pas du "niaisage" de basse-cour provinciale. Tant qu’à perdre tout aussi bien perdre la tête haute.

Qu’y-a-t-il de si déshonorant à dire haut et fort qu’on veut parler d’indépendance, avant, pendant et après les élections ? On évite le sujet comme si c’était une maladie honteuse et en faisant cela on tombe dans le piège que nous tendent tous les agitateurs d’épouvantails à moineaux de ce monde. Un peu de courage, que Diable ! »

Par ailleurs, je peux comprendre la stratégie derrière l’attitude de Pauline Marois à l’effet de ne pas prêter flanc aux « agitateurs d’épouvantails à moineaux de ce monde », à commencer par le bon docteur Couillard qui, par contre, serait prêt à signer le torchon de 1982 sans le consentement de la population.

Toutefois, dans la foulée de Pierre Cloutier, je ne peux m’empêcher, en tant que souverainiste de la première heure qui attend depuis quarante ans que le Québec aspire à un statut de nation, de ressentir désolation et frustration devant le comportement laxiste de la première ministre sur l’indépendance du Québec.

En levant le poing en l’air en guise de détermination à faire du Québec un pays, Pierre Karl Péladeau a ravivé la flamme nationaliste. En baissant les bras devant les attaques mesquines de Couillard et de ses deux acolytes, Pauline Marois me demande, ainsi qu’à tous les autres PKP du Québec, de nous armer de patience encore une fois et de reléguer notre ardeur dans le placard avec le squelette des conditions gagnantes.

Néanmoins, depuis quelques mois, une petite lueur luit à l’horizon dans le paysage identitaire québécois, à savoir le projet de charte des valeurs qui, à n’en pas douter, a contribué à revigorer la ferveur des souverainistes de la première heure.

Toutefois, cette charte risque de mourir au feuilleton des belles intentions si le PLQ, par malheur, s’empare du pouvoir le 7 avril, une hypothèse qui, à elle seule, me scie les jambes. C’est pourquoi, je me rabats sur le PQ, le seul parti qui, actuellement, me permet de croire que tout est encore possible…pour autant que, d’ici le jour du scrutin, Pauline Marois cesse « d’avoir peur de faire peur » si elle ne veut pas perdre la chèvre et le chou à force de vouloir sauver les deux.

vigile.net tribune libre 22 mars 2014
quebechebdo 22 mars 2014 "Pourquoi je voterai PQ…quand même" (version abrégée)

Affaire Guy Turcotte: retour à la case départ

22 mars 2014

En 2011, le cardiologue Guy Turcotte est reconnu non criminellement responsable du meurtre de ses deux enfants, la défense invoquant deux arguments, à savoir un trouble d’adaptation avec anxiété et humeur dépressive, et l’intoxication au méthanol qu’il avait ingurgité avant de passer à l’acte.

Dans une décision unanime rendue en novembre 2013, la Cour d’appel ordonne la tenue d’un nouveau procès pour le cardiologue, alléguant que le juge du premier procès avait commis des erreurs dans ses directives au jury, particulièrement sur le fait qu’une psychose induite par une intoxication volontaire prime sur une défense de troubles mentaux.

Toutefois, au-delà de ces considérations juridiques, je suis étonné que la défense n’ait pas eu à répondre des doutes sur les compétences de Guy Turcotte au sujet de sa profession de cardiologue. En termes clairs, si Guy Turcotte souffrait réellement du trouble d’adaptation qu’il évoque pour atténuer la gravité de son geste, comment réussissait-il à exercer une profession qui demande autant de concentration?

quebechebdo 22 mars 2014
Le journal de Québec 7 avril 2014 
 

La patience mise à rude épreuve

21 mars 2014

Il est de coutume, après le débat des chefs, de tenter d’en ressortir un gagnant. En ce qui a trait à celui du 20 mars, je conclurais à un match nul, chacun ayant récolté à peu près le même nombre de « points » en terme d’échanges de « coups ».

Toutefois, là où le « combat » a laissé certains spectateurs sur leur appétit, pour ne pas dire sur leur frustration, se situe au niveau du non-engagement de Pauline Marois à tenir un référendum sur la souveraineté du Québec « tant que les Québécois ne seront pas prêts »

En écoutant la première ministre répéter à plusieurs reprises que le référendum serait reporté aux calendes grecques, à savoir après une vaste consultation et la présentation d’un livre blanc sur l’avenir du Québec, j’ai ressenti la triste impression que nous retournions à l’époque des « conditions gagnantes » de Lucien Bouchard.

Voilà près de vingt ans que les Québécois convaincus de la nécessaire souveraineté du Québec, et ce après vingt autres années de patience, se sont faits refuser de justesse le processus d’accès du Québec à son indépendance.

Lors du débat des chefs, la chef du PQ leur a demandé d’attendre encore…Une question s’impose : jusqu’où ira leur patience? En ce qui me concerne, j’avoue qu’elle est plutôt à bout…et je ne suis sûrement pas le seul à vivre une telle exaspération!

quebechebdo 21 mars 2014 

L’heure de vérité est arrivée

20 mars 2014

Au début de la campagne électorale, les sondages indiquaient une nette avance du PQ dans les intentions de vote et annonçaient la formation d’un éventuel gouvernement péquiste majoritaire.

À cet égard, il faut se rappeler que le long débat sur le projet de charte des valeurs du ministre Drainville avait eu l’heur de rallier 60% de la population, contribuant de la sorte à créer cette mobilisation de l’électorat autour du gouvernement Marois.

Puis, à n’en pas douter, l’arrivée surprise de Pierre Karl Péladeau comme candidat du PQ dans Saint-Jérôme et sa déclaration à l’effet qu’il se lançait en politique pour fonder un pays ont relancé le thème de la souveraineté du Québec qui jusque là ne faisait pas partie de l’échiquier électoral de Pauline Marois.

Une dérive que le chef du PLQ Philippe Couillard s’est empressé d’emprunter avec toute la démagogie reconnue dans les gènes de son prédécesseur et de la vieille équipe qui l’entoure, en particulier, Jean-Marc Fournier, le spécialiste des jeux de coulisses.

Nul doute que les thèmes de l’identité nationale et de la gouvernance occuperont une place prépondérante dans le débat des chefs. Et, à ce sujet, il est fort à parier que Philippe Couillard ressortira sa vieille carte du multiculturalisme pour contrer les « effets pervers » de la charte des valeurs, invoquant la primauté des droits individuels.

Dans un tel contexte, Pauline Marois se doit de démontrer clairement ses capacités de leader et d’afficher son statut de chef d’État déterminé à redonner aux Québécois leur fierté nationale en leur présentant une charte qui répond à leurs valeurs identitaires.

L’heure de vérité est arrivée…À Pauline Marois de jouer la carte de la détermination et de l’engouement suscité dans la population pendant des mois par le débat sur le projet de loi 60, une charte des valeurs qui est venue sans contredit éveiller la fibre nationaliste des Québécois depuis longtemps anesthésiée par les tenants du multiculturalisme à outrance

vigile.net tribune libre 20 mars 2014
quebechebdo 20 mars 2014