La formation des profs est-elle adéquate?

12 octobre 2015

D’entrée de jeu, je dois vous avouer que je ne connais pas le contenu des activités de formation que reçoivent les futurs enseignants. Toutefois, si je me fie au Conseil supérieur de la langue française, un des constats qui s’en dégage émanerait d’une formation déficiente.

Par ailleurs, parmi tous les volets qu’englobe la formation, je suis porté à présumer que la connaissance de la langue française, particulièrement pour les futurs professeurs qui se dirigent vers l’enseignement du français, supporte certaines carences, m’appuyant à cet effet sur la piètre performance des candidats au test de français obligatoire de français pour les élèves qui entrent au premier cycle universitaire.

Or, il m’apparaît primordial que le futur professeur de français maîtrise en profondeur la matière qu’il aspire enseigner, quitte à effectuer un retour sur les notions grammaticales et syntaxiques de base souvent reléguées aux oubliettes à la suite de quelques années de CÉGEP où priment des contenus de littérature.

Dans la mesure où la langue est un outil de communication privilégiée, encore faudrait-il que celui qui l’enseigne en connaisse son fonctionnement…C’est une simple question de gros bon sens!

quebechebdo 12 octobre 2015
vigile.net tribune libre 13 octobre 2015  

Le deuxième amendement: fruit d’une controverse

11 octobre 2015

Huit jours après la fusillade qui a endeuillé une université de l'Oregon, deux autres campus, l'un en Arizona et l'autre au Texas, ont été le théâtre au cours des derniers jours de coups de feu qui ont fait deux morts au total. Comme dirait, le président Obama, les tueries sur la terre de l’Oncle Sam sont devenues une « routine ».

Et pourtant, si on jette un rapide coup d’œil sur le motif principal sur lequel s’appuient les tenants du renforcement des armes à feu, en particulier le puissant lobby de la National Rifle Association (NRA), à savoir le deuxième amendement de la Constitution,  nous découvrons que cet argumentaire est truffé d’une controverse indéniable. En effet, si l’on remonte à son adoption ratifiée en 1791, le deuxième amendement se lit comme suit : «Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, il ne pourra être porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes.»

Donc, selon toute évidence, le deuxième amendement s’adressait à une « milice », ces anciennes unités de défense citoyennes mobilisables par les États. Bien sûr, les conservateurs et le lobby de la NRA se concentrent sur la seconde partie de l'amendement, qui garantirait le droit de posséder une arme pour l'autodéfense. Et, le comble de l’aberration, la Cour suprême a tranché en leur faveur si bien que, la première partie de l’amendement étant devenue caduque, c’est la deuxième partie qui est devenue force de loi.

Et les tueries se multiplient à un rythme infernal, galvanisées par un laxisme scandaleux dans la vente d’armes à feu à outrance sans qu’aucune autorité, ne fût-ce le président, ne puisse mettre fin à cette hémorragie meurtrière. Pourquoi? Je n’ai qu’une réponse possible : tant et aussi longtemps que le puissant lobby mené par la NRA règnera en maître sur la vente d’armes à feu sans coup férir, la situation ne fera que s’amplifier!

quebechebdo 11 octobre 2015

 

« La société a changé… »

10 octobre 2015

J’ai bien écouté le point de presse accordé par Marcel Aubut relativement aux allégations de harcèlement sexuel qui pèsent contre lui et, même si ses excuses envers les femmes qu’il a blessées semblaient revêtir une certaine forme de repentir, ce sont quatre petits mots glissés dans une phrase qui ont retenu particulièrement mon attention, à savoir « la société a changé ».

Ce que je déduis de ces mots, c’est que, aux yeux de Marcel Aubut, la société des années ’60 était plus permissive à l’endroit de paroles ou de gestes à caractère sexuel. Et c’est là que le bât blesse dangereusement compte tenu qu’à cette époque comme à celle d’aujourd’hui, il était tout aussi troublant de vivre des épisodes de harcèlement sexuel. Ce que M. Aubut aurait dû constater, c’est qu’aujourd’hui, les femmes osent dénoncer de tels comportements…et, en ce sens, oui, la société a changé et c’est bien tant mieux!

Conséquemment, M. Aubut a, selon moi, un long chemin à parcourir pour réaliser jusqu’à quel point il a blessé toutes ces femmes et cela, indépendamment de la période où il a commis ces méfaits. En termes clairs, les gestes posés il y a quarante ans sont aussi répréhensibles que ceux d’il y a dix ans ou dix mois…Et cela, Marcel Aubut ne semble pas le comprendre!

quebechebdo 10 octobre 2015
 

C’est en forgeant qu’on devient forgeron

9 octobre 2015

Combien de fois au cours de ma carrière à titre d’enseignant en français au secondaire ne me suis-je pas fait interpeler, particulièrement par des parents, sur la piètre qualité du français de nos jeunes! Et combien de fois ai-dû leur répondre qu’en réalité, mes élèves, à ce sujet, n’étaient ni mieux ni pires que ceux des années précédentes…À preuve que le problème ne date pas d’hier!

Dans la foulée des divers intervenants en éducation, c’est au tour du Conseil supérieur de la langue française de se commettre relativement aux effets néfastes des coupures en éducation, alléguant qu’il est «urgent de réinvestir massivement » afin d’améliorer la maîtrise du français dès le début du primaire, une façon de lutter contre le décrochage scolaire.

Toutefois, à mes yeux, au-delà des coupures qui touchent directement la qualité de l’acte pédagogique, je demeure convaincu qu’un bon enseignant demeurera toujours celui qui réussit à communiquer sa matière de façon aussi harmonieuse que possible, quitte à utiliser les « vieux » outils pédagogiques à l’occasion, telle la traditionnelle bonne vieille dictée.

« Fabricando fit faber », proclame un vieil adage, « c’est en forgeant qu’on devient forgeron ». Eh bien, si on suit la même logique, c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. En conséquence, dans la kyrielle de moyens que l’on tente désespérément de mettre en œuvre pour améliorer la qualité de notre langue, je suggère qu’on revienne à la base de son apprentissage, à savoir l’observation de ses phénomènes linguistiques à travers leur application dans des textes concrets.

quebechebdo 9 octobre 2015
Le Journal de Québec 10 octobre 2015
vigile.net tribue libre 13 octobre 2015
 

Au secours des personnes âgées

8 octobre 2015

J’éprouve toujours un profond sentiment de colère et de révolte lorsque des cas de maltraitances envers des personnes âgées sont mis au grand jour par les médias. En effet, comment du personnel, engagé pour soigner ces personnes vulnérables, peut-il en arriver à poser des gestes d’une telle cruauté sur les personnes âgées qui leur sont confiées? Une question qui, malheureusement, porte en soi un mépris et un irrespect scandaleux qu’il faut dénoncer et condamner illico en congédiant de facto les barbares responsables de ces actes sordides d’une bassesse dégueulasse.

Le ministre Barrette a promis que des têtes allaient « rouler » dans cette affaire qui s’est déroulée dans deux résidences pour personnes âgées de Charlevoix. Quoique je ne sois pas un fan du Dr Barrette à propos de ses interventions qui frisent souvent la provocation, je ne peux qu’acquiescer, dans ce cas-ci, à ses propos, tout en espérant fermement qu’il donne suite à ses déclarations, pour le plus grand bien des personnes âgées qui incarnent, à mes yeux, des êtres humains que le poids des années a fragilisés et qui méritent toute notre attention. 

quebechebdo 8 octobre 2015
vigile.net tribune libre 10 octobre 2015  

À la défense du Saint-Laurent

7 octobre 2015

Selon le scénario envisagé par la ville de Montréal, les Montréalais verront huit milliards de litres d’eaux usées déversés dans le Saint-Laurent entre le 18 et le 25 octobre si une autre solution ne se présente pas d’ici là, et tout cela en raison des travaux sur Bonaventure. À leur défense, les autorités municipales et provinciales évoquent le fait que c’est la seule alternative possible.

De son côté, le fédéral, dont la frilosité pour tout ce qui touche l’environnement n’est plus à prouver, demande à Montréal de surseoir à sa décision en attendant que leurs experts se penchent sur le problème, lequel représente sans contredit une occasion inespérée d’en tirer un capital politique bien utile en campagnes électorale.

J’ai bien écouté les experts sur les conséquences de ce déversement dans le fleuve qu’ils qualifient de minimes. Toutefois, certaines voix se lèvent sur des hypothèses alternatives qui pourraient contrecarrer les effets polluants de ces eaux. Il est minuit moins quart…Il est urgent que les politicailleux rangent leur petite politique de bas étage dans le placard et que les experts de tous les paliers de gouvernement s’assoient ensemble pour tenter de trouver un solution acceptable…surtout pour la santé de notre majestueux Saint-Laurent!

quebechebdo 7 octobre 2015
cyberpresse.ca 9 octobre 2015
 

Où commence le harcèlement sexuel?

6 octobre 2015

Dans la foulée du débat sur le harcèlement sexuel provoqué par l’affaire Marcel Aubut, des propos se lèvent ces temps-ci sur les comportements attribuables ou non à du harcèlement. À mon sens, le débat doit se faire et aboutir à des balises délimitant l’acceptable de l’inacceptable, à défaut de quoi nous risquons de tomber dans un scénario burlesque.

À titre d’exemple, je vous propose une situation où une jeune femme, portant un chandail ajusté dévoilant les trois quarts de sa poitrine, est assise au restaurant avec une amie. Un homme passe à ses côtés et jette un coup d’œil discret sur la poitrine de la dame puis continue sa route.

Quelques minutes plus tard, deux ados se présentent devant la femme et lui adressent des propos déplacés sur son décolleté puis poursuivent leur chemin. Enfin, un troisième homme, feignant avoir échappé quelque chose, se penche et remonte tranquillement tout en glissant sa mains sur un sein de la dame.

À partir de quand la jeune femme pourra-t-elle invoquer le harcèlement sexuel? La question est posée…Toutefois, quelles sont les balises qui permettront à un juge de déterminer lequel ou lesquels de ces hommes a abusé ou ont abusé de harcèlement sexuel envers la dame?

quebechebdo 6 octobre 2015
 

Le Bloc, le véritable vote stratégique

5 octobre 2015

La baisse manifeste des intentions de vote pour le NPD lors du dernier sondage a eu l’heur de fouetter les troupes de Gilles Duceppe qui se retrouvent maintenant en avance sur les intentions de vote des Québécois. Conséquemment, le nombre d’électeurs qui s’étaient rangé derrière le parti de Thomas Mulcair dans l’intention de fermer la voie à Stephen Harper s’étiolent progressivement, si bien que la notion de « vote stratégique » semble prendre un nouveau virage.

D’ailleurs, à cet effet, j’ai toujours éprouvé beaucoup de difficultés à comprendre qu’une partie importante de l’électorat accordait son suffrage « contre » un parti et non pas « pour » le parti qui correspond le plus à ses convictions…En réalité, n’est-ce pas là l’objet essentiel d’une élection démocratique, à savoir exprimer par son vote son adhésion au programme d’un parti politique?

Dans cette optique, eu égard aux électeurs qui ont à cœur la cause souverainiste du Québec, le véritable vote stratégique doit se porter ver le Bloc québécois, un vote pour le parti qui représentera le mieux les intérêts du Québec à Ottawa, ce qui rejoint la définition du mot « stratégie » du Petit Robert au sens figuré de « stratégie électorale parlementaire », à savoir « l'ensemble des actions coordonnées, de manoeuvres, en vue d'une victoire. »…La victoire d’un vote par convictions sur le vote stratégique à connotation négative !

quebechebdo 5 octobre 2015
 

Le cas Marcel Aubut

4 octobre 2015

Vous aurez beau bénéficier de tout l’aura que vous confèrent vos fonctions, il y a des limites à respecter dans les comportements que vous manifestez envers vos consoeurs de travail. Ce n’est pas d’hier que Marcel Aubut place en évidence l’importance de son égo devant les médias et, dans la plupart des cas, on peut dire que cette attitude lui a bien servi, particulièrement dans les nombreux dossiers qu’il a eu à faire avancer. En réalité, Marcel Aubut a toujours incarné un homme d’une détermination inébranlable lorsqu’il acceptait de promouvoir une cause.

Conséquemment, à mes yeux, il n’est pas surprenant qu’il ait voulu transposer ses qualités de meneur auprès de son entourage de travail, quitte à abuser de sa forte personnalité pour tenter de charmer ses consoeurs de travail du haut de l’échelle de prestige qu’il s’est construite tout au cours de sa carrière.

Toutefois, dans le scénario donjuanesque qu’il a écrit où il se place dans la position du héros sans faille, Marcel Aubut a oublié de tenir compte de cette pensée de Montaigne : "Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul."

quebechebdo 4 octobre 2015

 

Investir dans l’éducation, oui mais…plus tard

4 octobre 2015

La nomination de François Blais à titre de ministre de l’Éducation, compte tenu qu’il provenait du monde de l’éducation, m’avait permis de croire qu’enfin, le Québec aurait un ministre sensible à ce merveilleux monde qu’est l’éducation. Toutefois, il faut bien l’admettre, le nouveau ministre, soumis aux contraintes de ses confrères de la haute finance, est vite passé dans le broyeur des coupures, sans coup férir.

Si bien qu’aujourd’hui, malgré les doléances de « tous » les agents de l’éducation, des directions d’écoles au personnel spécialisé en passant par les enseignants et les parents, François Blais ose déclarer qu’il serait «maladroit» de réinvestir dès maintenant dans le soutien aux élèves en difficulté, compte tenu du contexte budgétaire actuel. Le moment serait mal choisi pour refinancer le réseau. L'équilibre budgétaire doit avoir la priorité.

Et plus tard…le gouvernement pourra se permettre de réinvestir dans le réseau de l’éducation. Mais qu’arrive-t-il avec les élèves en difficultés actuels? Question sans réponse… Avouons qu’avec une telle « défense » du ministère que M. Blais représente, ce n’est pas pour demain la veille que les jeunes Québécois pourront compter sur un ministre digne de défendre leurs intérêts.

quebechebdo 4 octobre 2015
vigile.net tribune libre 5 octobre 2015