Courriels vs harcèlements sexuels

2 novembre 2016

La campagne à la présidence des États-Unis en est à son dernier droit et force est de constater que les derniers propos en lien avec les deux candidats retiennent l’intérêt de l’électorat américain. Je veux parler des dernières allégations de harcèlements sexuels de Donald Trump et de la saga des courriels compromettants d’Hillary Clinton.

Chacun des deux clans n’a de cesse de frapper sur le clou de l’adversaire dans l’espoir de faire tourner le vent en sa faveur. Nous en sommes à la conclusion d’une tragi-comédie dans laquelle il faut couronner le « moins pire » des deux prétendants « au trône ». Celle qui a eu la maladresse d’utiliser un serveur privé pour échanger des informations d’État confidentielles ou celui pour qui la femme-objet semble un mode de vie?

Dans ces circonstances pour le moins inhabituelles dans le cadre d’une campagne présidentielle, les Américains doivent déterminer lequel des deux candidats est le plus « présidentiable »… ou le moins compromettant. Un choix entre le moins pire des deux mondes. Quel scandale allégué sera le moins préjudiciable aux yeux de l’électorat? Les courriels ou les harcèlements sexuels?

Le Journal de Québec 2 novembre 2016

Le FBI derrière Trump?

31 octobre 2016

Il y a quelque chose d’inusité dans le fait que le directeur du FBI, James Comey, a ressorti de ses tiroirs, onze jours avant l’élection, une autre série de courriels « compromettants » eu égard à Hilary Clinton. D’autant plus que rien, jusqu’à présent, ne soit l’objet d’une possible inculpation contre Mme Clinton puisque le FBI n’a pas encore pris connaissance de ces courriels, un mandat de perquisition séparé pour les examiner devant lui être émis au préalable.

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle « bombe » aux allures de pétard mouillé semblable aux révélations précédentes de d’autres courriels supposément compromettants qui se sont retrouvés lettres mortes, a eu un effet négatif dans les derniers sondages pour la représentante démocrate qui a vu son avance fondre de quelque 5% des intentions de vote selon la moyenne des récents sondages.

Si on ajoute à ce « curieux timing » le fait que la politique du ministère de la Justice, auquel est rattaché le FBI, a toujours eu comme tradition de ne pas interférer avec une élection, onze jours avant la date butoir, vous avez tous les ingrédients pour mijoter un complot déguisé en défaveur de Mme Clinton…Comme quoi cette campagne, dans son ensemble, sera perçue dans les annales comme l’une des plus viles et des plus perfides de l’histoire politique américaine!

quebechebdo 31 octobre 2016
 

Projet de loi 62

30 octobre 2016

Aux yeux de l’ex-députée libérale de La Pinière Fatima Houda-Pepin, « le projet de loi 62 est à reprendre ». Puis, s’adressant à la ministre de la Justice Stéphanie Vallée, « si vous voulez faire oeuvre utile, il doit être réécrit, pas pour le Parti libéral, pas pour le PQ ni pour la CAQ, mais pour le Québec ».

À mon sens, Stéphanie Vallée fait preuve de laxisme et de naïveté lorsqu’elle qualifie le tchador, le niqab et la burka de simples « morceaux de linge » alors que, dans les faits, ces pièces de vêtements incarnent une forme d’asservissement de la femme islamiste et vont nettement à l’encontre de l’égalité homme-femme.  

Il m’apparaît clair que le gouvernement Couillard marche sur des œufs dans ce dossier et qu’il ne désire pas froisser outre mesure une partie de son électorat privilégié. De surcroît, il convient de se rappeler que le bon docteur Couillard a vécu un séjour prolongé en Arabie saoudite, une expérience qui a vraisemblablement laissé des traces « bénéfiques ». 

Le 3 septembre 2013, le Parti libéral du Québec prenait l’engagement d’inscrire le principe de la neutralité religieuse de l’État dans la charte québécoise des droits. Trois ans plus tard, les dés ont changé. Le PLQ nous présente aujourd’hui un projet de loi timide, voire laxiste, sur les accommodements religieux. En termes clairs, l’éléphant a accouché d’un œuf de mouche.

quebechebdo 30 octobre 2016
Le Journal de Québec 31 octobre 2016
 

Le moindre mal

29 octobre 2016

À lire et à entendre les commentaires contraignants entourant le passé des deux candidats à la présidence des États-Unis, les Américains doivent se demander où ira leur choix…Dans les faits, plus l’échéance du 8 novembre approche, plus le doute risque de faire surface dans la tête de l’électorat qui devra poser son X devant le nom du candidat incarnant la solution du moindre mal au moment de voter.

Autrement dit, un vote par la négative…Une triste situation qui ne fait que refléter la campagne de salissage à laquelle les deux candidats se sont adonnés au détriment des idées!

quebechebdo 29 octobre 2016 

GND blanchi

28 octobre 2016

Quoique ayant été un fervent défenseur de la cause des carrés rouges lors de la crise étudiante de 2012, je dois avouer que je suis surpris de la décision de la Cour suprême de blanchir Gabriel Nadeau-Dubois dans la saga qui l’opposait à Jean-François Morasse relativement à des allégations d’outrage au tribunal reliées à une déclaration de GND à RDI le 13 mai 2012.

Là où le bât blesse avec le plus d’acuité réside dans le fait que la décision majoritaire de la Cour suprême repose sur le fait que Gabriel Nadeau-Dubois n'avait pas nécessairement une connaissance spécifique de l'injonction obtenue par M. Morasse, soulevant un doute raisonnable sur l'outrage au tribunal, le même argumentaire soulevé par la Cour d’appel qui avait renversé au préalable la décision de culpabilité de la Cour supérieure.

En réalité, comment l’avocat d’un présumé coupable peut-il invoquer l’ignorance d’une injonction publique pour justifier son innocence malgré la violation de la dite injonction? Une question qui, selon moi, porte carrément à confusion dans mon esprit. Enfin, en tant que profane en droit, je constate que l’application d’une injonction à ses raisons que la raison ne connaît pas!

quebechebdo 28 octobre 2016
​Le Devoir 29 octobre 2016
 

La cause avant le parti

28 octobre 2016

« Puisque le Parti Québécois a été créé pour réaliser l’indépendance du Québec et que tous les candidats à la chefferie, sauf Martine Ouellet, ont décidé d’abandonner le projet dans le but de se faire élire, est-ce que quelqu’un pourrait me dire à quoi servira désormais le PQ si Lisée, Plamondon ou Cloutier parviennent à se faire élire ? »

Entrée en matière de l’article de Jean-Jacques Nantel publié sur cette tribune le 3 octobre sous le titre « Si Ouellet perd, le PQ ne sert plus à rien ! » et qui a reçu jusqu’à aujourd’hui plus de 3000 visiteurs et recueilli 30 messages.

Une question qui peut sembler brutale à prime abord mais qui n’en est pas moins porteuse d’un message clair, à savoir la raison d’être du Parti québécois, soit l’accession du Québec à son indépendance.

Près d’un demi-siècle s’est écoulé depuis les premiers balbutiements du mouvement souverainiste québécois. L’effervescence a pris de l’ampleur telle une trainée de poudre et a atteint son paroxysme avec l’élection d’un premier gouvernement péquiste en 1976 dont nous célébrons cette année le 40ième anniversaire.

Depuis lors, et particulièrement depuis le second référendum sur l’indépendance du Québec en 1995, la ferveur nationaliste s’est vue atténuée peu à peu et reléguée petit à petit derrière des stratégies emberlificotées du petit pas, telles l’étapisme de Claude Morin, les conditions gagnantes de Lucien Bouchard et la gouvernance souverainiste de Pauline Marois

Récemment, les membres du PQ avaient l’occasion de se donner un chef qui prônait la tenue d’un référendum dès le premier mandat d’un gouvernement péquiste. Mais, leur choix s’est tourné vers un candidat dont le leitmotiv de la campagne à l’investiture à la chefferie du PQ proposait le report d’un référendum en 2022…Une éternité en politique particulièrement lorsque le projet souverainiste oscillera autour de la cinquantaine à ce moment-là !

Pour reprendre les paroles de Jean-Jacques Nantel, « Quoi de plus efficace, en effet, que de se servir du travail gratuit des militants indépendantistes pour retarder l’indépendance suffisamment longtemps pour que l’immigration massive l’ait rendue totalement impossible ?
Le problème avec ce petit raisonnement machiavélique, c’est qu’il ne tient pas compte du haut-le-coeur généralisé que ressentent désormais les électeurs devant le cynisme des politiciens qui ne cessent d’insulter leur intelligence ».

C’est Bernard Landry qui a clamé tout au cours de sa carrière politique : « La cause avant le parti et le parti avant l’homme ». Eh bien, pour une énième fois, les membres du PQ ont opté pour le parti au détriment de la cause…dont on reparlera plus tard !

quebechebdo 25 octobre 2016 (version abrégée)
vigile.net tribune libre 27 octobre 2016

La culture du viol

27 octobre 2016

Dans l’expression « culture du viol », le terme « culture » n’est pas banal puisque toute forme de culture est enracinée dans les us et coutumes d’une société. Globalement, la culture du viol décrit un phénomène voulant que la société blâme les victimes d'agressions sexuelles et normalise la violence sexuelle. Divers phénomènes sont montrés du doigt lorsqu'on évoque la culture du viol. On parle, entre autres, de banalisation des violences sexuelles, de comportements inadéquats tolérés par la société, de conséquences insuffisantes imposées aux agresseurs, de la culpabilisation des victimes ou encore de leurs témoignages qui sont discrédités.

Un ensemble de facteurs qui démontrent à quel point le phénomène ratisse large et nous confrontent à la dure réalité sociale d’un malaise dont on ne peut ignorer, voir bafouer, l’existence. Les dernières dénonciations d’agressions sexuelles survenues à la suite des événements survenus à l’Université Laval, liées à celles d’Alice Paquet contre Gerry Sklavounos, ont suscité, à n’en pas douter, un mouvement d’appui qui ne doit pas demeurer sans suite.

Conséquemment, les citoyens sont appelés, non seulement à prendre acte de cette culture du viol, mais surtout à appuyer le mouvement des femmes qui a pris une ampleur considérable depuis quelques jours…C’est une question qui doit nous interpeller et nous mobiliser au plus haut point en tant que citoyens responsables d’une saine démocratie.

quebechebdo 27 octobre 2016

« La maison est en ordre »

26 octobre 2016

Il est tout de même fascinant d’entendre avec quelle « fierté » le ministre des Finances, Carlos Leitao, annonce aux Québécois que le gouvernement libéral a pu dégager un surplus budgétaire de 2,2 milliards de dollars au cours de l'exercice financier 2015-2016.

« La maison est en ordre », soutient le ministre, avec la satisfaction du devoir accompli. Soit! Mais à quel prix? Et surtout au moyen de quelles mesures? La réponse est claire, le surplus budgétaire présenté par Carlos Leitao provient directement des coupures drastiques que ce gouvernement est venu chercher dans les poches des contribuables au cours des deux dernières années.

En termes clairs, le ministre des Finances redonne aux contribuables québécois les ponctions scandaleuses qu’il a réalisées dans les services directs à la population, notamment en santé et en éducation. Et, pour ajouter la cerise sur le sundae, M. Leitao se targue d’annoncer des augmentations des dépenses en éducation et en santé.

Quelle belle illustration de l’image d’un « bon gouvernement » derrière lequel se cachent deux années de « vaches maigres » qu’ont dû supporter, à titre d’exemples, les élèves en difficulté et les personnes âgées. Et aujourd’hui, Carlos Leitao voudrait qu’on le remercie pour ses « largesses »?…Quelle farce grotesque! 

quebechebdo 26 octobre 2016    

Madame la Présidente

24 octobre 2016

À moins d’un miracle, Hilary Clinton deviendra la première femme Présidente des États-Unis. C’est du moins ce que nous révèle une enquête d’opinion publiée par CBC News qui donne 12 points d’avance à la candidate démocrate. Un écart substantiel qui prouve hors de tout doute la descente vertigineuse du milliardaire Donald J. Trump, notamment à la suite des allégations d’attouchements sexuels des dernières semaines.

À mon sens, cette avance d’Hilary Clinton ne représente que le retour au gros bon sens des Américains devant le triste spectacle d’un homme déchu dont les frasques n’ont cessé de remplir les pages des médias depuis le début de cette longue course à la présidence, et ce, malgré le fait que le candidat républicain, envers et contre toute attente, ait réussi à se maintenir au coude à coude avec Hilary Clinton tout au cours de cette interminable campagne.

Quoique Mme Clinton ait dû surmonter les critiques dans le dossier sur certains courriels compromettants, les citoyens de l’Oncle Sam se rallient de plus en plus à elle au fur et à mesure où l’échéance du 8 novembre approche…À mes yeux, il m’apparaît évident que ce qui ressemblait à un conte de fée relativement à la « popularité » de Donald Trump s’est métamorphosé en chant du cygne pour faire place à l’élection de la future Présidente des États-Unis d’Amérique.

quebechebdo 24 octobre 2016
 

Le consentement

23 octobre 2016

« Qui ne dit mot consent » nous dit l’adage bien connu. Eh bien, ce n’est manifestement pas le cas en droit qui statue que « le silence n’est pas un consentement », lequel est « un accord libre et éclairé à une activité sexuelle » et qu’il « doit être donné au début de l’activité sexuelle et à tout moment ».

Interrogée sur la question du consentement à l'émission 24/60, Alice Paquet confie ceci à Anne-Marie Dussault : « [La police] a posé la question à savoir si le "non" avait été dit clairement. Non, je ne sais pas si je l'ai dit clairement. Je ne sais pas. Je sais qu'à ce moment-là, je n'étais pas bien dans la relation sexuelle et que je voulais partir. »

Sans être un expert en droit, il m’apparaît que la notion de consentement sera au centre de la preuve et constituera la pierre angulaire autour de laquelle sera jugée la crédibilité d’Alice Paquet dans l’affaire qui l’oppose au député Gerry Sklavounos.

Bien des questions demeurent sans réponse concernant le récit des événements auquel s’est livrée la victime présumée, notamment sur les motifs pour lesquels elle s’est rendue une deuxième fois dans la chambre du député après qu’elle aurait été victime d’agressions sexuelles lors d’une première visite.

À mon sens, les arguments d’Alice Paquet devront « être coulés dans le béton » si elle ne veut pas vivre à la barre des témoins les « contradictions » qui ont permis d’innocenter Jian Ghomeshi dans l’affaire qui l’opposait à des présumées victimes d’agressions sexuelles…

quebechebdo 23 octobre 2016
vigile.net tribune libre 23 octobre 2016