Place à la sérénité

2 février 2017

S’il y a une leçon que la classe politique du Québec semble avoir retenue de l’attentat de Québec, c’est bien le climat de « sérénité » qui doit régner eu égard aux débats sur les accommodements et la neutralité religieuse de l’État. Un souhait partagé d’emblée par la communauté musulmane qui craint que le débat, qui doit reprendre bientôt à l’Assemblée nationale, ne dégénère en confrontation anti-islam.

À mes yeux, pour arriver à créer un tel climat de sérénité sur un sujet aussi délicat, voire explosif, il faudra que les députés, de tous partis confondus, évitent de tomber dans le piège malsain des « amalgames », tels le fait que tous les musulmans sont des radicaux ou, pire encore, des terroristes.

L’appui massif de la population du Québec et d’ailleurs au drame vécu par les musulmans ne doit surtout pas rester lettre morte. Il est temps de profiter des leçons de l’histoire et de porter bien haut la devise du Québec tout en gardant les esprits ouverts si nous souhaitons remettre le débat sur les rails de la nécessaire sérénité.

quebechebdo 2 février 2017
​vigile.net tribune libre 2 février 2017
 

Le prix de consolation

1 février 2017

Comme il arrive souvent lors de la cérémonie d’adieux d’un politicien, les commentaires élogieux à son égard fusent de partout. La sortie de scène de l’ex-ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion n’a pas échappé à cette coutume.

Or, la réalité est toute autre. Dans les faits, M. Dion a été démis de ses fonctions de ministre cavalièrement par son chef qui avait surement ses raisons qui sont demeurées secrètes comme l’exige un sein relationship. Sans spéculer sur les motifs de Justin Trudeau, on peut présumer que Stéphane Dion ne répondait plus aux critères de « performance » du premier ministre pour la fonction qu’il occupait.

Dans ces circonstances, les belles paroles encensées à l’endroit de Stéphane Dion par le premier ministre ne constituent qu’un écran de fumée destiné à voiler une réalité qui a finalement réussi à convaincre M. Dion d’accepter le « prix de consolation » de son chef, à savoir la fonction d’ambassadeur du Canada en Europe, « le diplomate le plus haut placé en Europe » aux dires du bureau du premier ministre…Ainsi va la vie dans les coulisses du pouvoir!

quebechebdo 1er février 2017
 

Le revers de la radicalisation

31 janvier 2017

Selon les informations des médias, le suspect de l’attentat de Québec, Alexandre Bissonnette, est un loup solitaire, un personnage renfermé et rejeté, une description qui répond à un besoin viscéral de poser un geste visant à attirer l’attention sur lui.

Néanmoins, une question se pose : pourquoi avoir choisi une tuerie aussi insensée sur des personnes innocentes en train de se recueillir dans leur temple? À mon sens, la réponse à cette question se retrouve en partie dans la couverture de certains médias qui, sans relâche, martèlent leur clientèle de propos islamophobes qui constituent un terreau propice à la radicalisation.

Tant et aussi longtemps que des Alexandre Bissonnette existeront et que certains médias entretiendront un discours prônant l’islamophobie, nous serons confrontés à des gestes barbares entrainant dans une mort atroce des hommes et des femmes victimes d’une propagande haineuse.

quebechebdo 31 janvier 2017
vigile.net tribune libre 2 février 2017
 

Je suis Québec

30 janvier 2017

Ce qui semblait tenir de l’impossible est survenu chez nous, à Québec : un acte terroriste a fait six morts et huit blessés à la Grande mosquée de Québec le dimanche 29 janvier. Le terrorisme est maintenant en nos murs. Le doute a cédé sa place à la triste et implacable réalité. Après les nombreux attentats auxquels nous avons assisté impuissants dans notre salon, le terrorisme nous a rattrapés et frappés de plein fouet.

La Capitale nationale du Québec vient de s’ajouter à la liste noire des innombrables attentats terroristes qui se sont produits à travers le monde depuis des décennies. Dorénavant, nous vivrons dans la crainte et l’incertitude devant la présence du terrorisme entre nos murs.  

À preuve ce témoin qui a désiré garder l’anonymat : «Mon père était à l’intérieur. Ils sont entrés après la prière, quand tout le monde discute ensemble. Certains avaient déjà quitté, mais il restait beaucoup de gens…C’est totalement gratuit. Tous ces gens-là n’avaient rien fait. Absolument rien. Des innocents. Jamais j’aurais pensé que ça nous arriverait ici à Québec. J’ai toujours senti que j’étais en sécurité, mais ce soir je me pose des questions.»

Aujourd’hui marque un épisode noir qui restera gravé dans la mémoire collective des Québécois. Aujourd’hui plus que jamais, « je suis Québec »!

quebechebdo 30 janvier 2017
​vigile.net tribune libre 2 février 2017

Bettman, l’omnipuissant

29 janvier 2017

Selon le spécialiste du droit des affaires Julien Pelletier, qui rédige une thèse de doctorat sur la gouvernance de la Ligue nationale de hockey (LNH), le commissaire de la LNH Gary Bettman « a plus de pouvoir qu’un président-directeur général n’en a sur son entreprise ». À titre d’exemples fort éloquents, il peut suspendre ou exclure de manière définitive un entraîneur, un propriétaire, un actionnaire, un dirigeant et même un joueur de la ligue. Il peut résilier unilatéralement des contrats et ordonner lui-même des échanges de joueurs entre équipes. Il a littéralement le droit de vie ou de mort sur les équipes et peut infliger des amendes atteignant un million de dollars.

Par ailleurs, pour ceux qui sont intéressés par le dossier de la venue d’une équipe de la LNH à Québec, les probabilités demeurent plutôt minces, compte tenu que le mandat de Gary Bettman, au moment de son entrée en poste le 11 décembre 1992, était très clair : faire prospérer la ligue, mais aussi la faire progresser sur le marché du sud des États-Unis.

Or, il s’avère qu’actuellement, cinq équipes sont très rentables et autant perdent de l’argent année après année depuis au moins une décennie. De façon générale, les plus rentables sont au Canada ou dans le nord des États-Unis et les déficitaires sont situées dans le Sud. Des exemples? Les Hurricanes de la Caroline, les Panthers de la Floride, les Coyotes de l’Arizona, les Blue Jackets de Columbus et les Predators de Nashville doivent essuyer déficit sur déficit.

Le mandat de Gary Bettman prendra fin en 2022…Cinq longues années qui risquent d’être très pénibles pour les partisans du retour d’une équipe de la LNH dans la Capitale nationale!

quebechebdo 29 janvier 2017
 

Décollage raté

28 janvier 2017

La petite histoire récente de PLQ, marquée par les écueils rencontrés par le gouvernement Couillard lors des séjours des Bolduc, Daoust, Hamad et Sklavounos dans l’entourage du premier ministre, avait déjà laissé son lot de problèmes à M. Couillard qui peine à se sortir du mauvais sort qui s’acharne sur un PLQ moribond.

Or, si le premier ministre comptait sur le début de 2017 pour prendre son envol vers des cieux plus cléments que ceux qu’il a dû affronter en 2016, force est de constater que les allégations pour des gestes à caractère sexuel à l’endroit d’une ex-employée qui pèsent contre le ministre Pierre Paradis viennent sonner le glas d’un décollage raté.

C’est sans compter que, dès l’automne 2016, le bureau du premier ministre a reçu une dénonciation de l’employée de cabinet qui a porté plainte récemment contre Pierre Paradis, ce qui implique que la plaignante s’était adressée à l’entourage du premier ministre bien avant de faire sa dénonciation aux policiers en janvier.

Depuis le début de son mandat, ce gouvernement fait ses choux gras de la stratégie du wait and see, une stratégie qui, avouons-le, finit toujours par un effet boomerang qui mine sournoisement la crédibilité du premier ministre Couillard!

quebechebdo 28 janvier 2017
vigile.net tribune libre 28 janvier 2017
 

Paradis désarçonné?

27 janvier 2017

Au même moment où une adjointe du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation Pierre Paradis annonçait que le député de Brome-Missisquoi avait subi une commotion cérébrale lors d'un accident d'équitation, nous apprenions qu’une enquête policière avait été ouverte à son sujet relativement à un signalement auprès des forces de l'ordre pour des gestes à caractère sexuel à l’endroit d’une ex-employée.

Selon la version « officieuse », l’écuyer-ministre, fervent amateur d’équitation, aurait été victime d’une malencontreuse chute à cheval à la suite de laquelle il aurait subi une "légère" commotion cérébrale, précisait la porte-parole du ministre dans son communiqué.

Une version des faits qui laissent planer tout au moins de sérieux doutes sur la « coïncidence » entre la chute à cheval de M. Paradis et l’ouverture d’une enquête à son sujet… En attendant la suite des « malheurs » d’un ministre « désarçonné », je demeure perplexe sur l’origine de sa « chute »!

quebechebdo 27 janvier 2017
vigile.net tribune libre 28 janvier 2017

Le mur

26 janvier 2017

Pendant un peu plus de 28 ans, le mur de Berlin, baptisé le « Mur de la honte » par les Allemands de l’Ouest, a séparé physiquement les villes de Berlin-Est et de Berlin-Ouest, à savoir de 1961 à 1989, et a constitué le symbole le plus marquant d'une Europe divisée par le rideau de fer.

Vingt-huit ans plus tard, le nouveau président des États-Unis, Donald Trump, quelques jours après son investiture, vient de signer un décret concrétisant la promesse la plus emblématique de sa campagne, soit la construction d'un mur de 3 200 kilomètres à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

À mes yeux, l’érection de ce mur incarne une symbolique rétrograde qui vient ancrer « dans le ciment » l’image dégradante d’une terre américaine qui s’isole honteusement de ses voisins du Sud dans le but avoué de sécuriser ses frontières.

Le mur de Trump, s’il voit le jour, montrera à la face du monde une Amérique renfermée sur elle-même, déconnectée, qui renoue avec un pan dégradant de l’histoire européenne et qui lèguera l’image d’un second « Mur de la honte »!

quebechebdo 26 janvier 2017

Les caprices de Dame Nature

25 janvier 2017

Compte tenu que les erreurs des météorologues sont devenues presque monnaie courante, il m’apparaît fort étonnant, voire ironique, que nos « oracles des temps modernes » se targuent en excuses pour se sortir de leurs prévisions d’ « alertes météorologiques » qui ont poussé les responsables de plusieurs écoles et commissions scolaires à fermer leurs portes pour la journée.

Or, vous connaissez la suite, le cocktail météo a été «mal anticipé». «On ne pensait pas que la zone de pluie verglaçante allait migrer aussi vite que cela vers le nord. On s’est fait un peu prendre les culottes à terre», a avoué bien humblement le météorologue Robert Michaud.

Pourtant, combien de fois ai-je été piégé [et je ne suis surement pas le seul] par des prévisions météorologiques, douze heures à l’avance, qui se sont avérées complètement erronées? À tel point qu’il est à se demander si la kyrielle d’instruments dont disposent les météorologues, qui n’ont pu voir venir un scénario aussi « imprévu », ne sont pas en train d’être dépassés par les caprices de Dame Nature aux prises avec les changements climatiques!

quebechebdo 25 jancier 2017

Un PQ ni chair ni poisson

24 janvier 2017

Même si trois militants péquistes sur quatre appuient la décision de leur chef, Jean-François Lisée, d’écarter la tenue d’un référendum sur la souveraineté d’un éventuel premier mandat, le PQ stagne à 29 % sur les intentions de vote, derrière le PLQ à 32 %.

Un constat qui indique clairement, à mon sens, que le report du référendum constitue une « bonne nouvelle » pour la base militante du PQ d’une part, mais qui n’a aucune répercussion sur ses intentions de vote d’autre part. De quoi s’interroger sur l’impact inexistant de ce report sur la popularité du PQ.

En termes clairs, force est de constater que le recul « stratégique » de Jean-François Lisée sur la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec, quoique rejoignant l’aval de 75 % des militants, incarne la manifestation d’un « désaveu implicite » de l’option souverainiste du PQ qui a relégué son option fondamentale dans le placard et est devenu carrément un parti ni chair ni poisson, dépouillé de son identité fondamentale, à savoir le « vaisseau amiral » de la souveraineté du Québec. 

quebechebdo 24 janvier 2017
Le Devoir 26 janvier 2017 "Un Parti québécois ni chair ni poisson"