La prime des omnipraticiens

11 juin 2019

La prime versée aux médecins omnipraticiens qui accepteront la charge de plus de 750 patients me fait penser à un père qui promet à son fiston qu’il l’amènera au cirque s’il fait ses devoirs. Autrement dit, fais ce que tu dois faire et je te récompenserai.

On en est rendu là avec les médecins de famille. En bref, on leur demande de prendre davantage de patients moyennant une compensation financière, comme s’ils ne recevaient pas de redevances pour chaque patient supplémentaire.

Or, pourquoi faut-il que les disciples d’Esculape ne se montrent « professionnels » qu’à l’odeur de l’argent alors que les infirmiers, infirmières et préposés(es) aux soins sont débordés par des surplus de patients sans toucher un sou supplémentaire?

Quand les gouvernements vont-ils enfin cesser de traiter les tributaires du serment d’Hippocrate dans une classe à part et de se laisser manipuler servilement au grand dam d’une justice sociale bafouée sans vergogne?

Le Soleil 11 juin 2019
vigile.net tribune libre 11 juin 2019

Pour la consolidation des CPE

9 juin 2019

L’un des arguments majeurs des tenants des maternelles 4 ans réside dans le fait que les enfants en difficulté d’apprentissage peuvent être diagnostiqués plus tôt. Or, il s’avère que cet argument perd de sa pertinence si l’on considère que le personnel spécialisé des Centres de la petite enfance (CPE) accueille très souvent des poupons de quelques mois à peine, un constat qui milite en faveur d’un diagnostic précoce des difficultés inhérentes à l’apprentissage de l’enfant.

Dans les CPE, l'éducatrice spécialisée est affectée à la mise en application du programme éducatif auprès des enfants. L'intervention éducative a pour objectif d'assurer le développement global et harmonieux de l'enfant. L'éducatrice organise, anime et évalue des activités de groupes, de sous-groupes et individuelles de façon à permettre à chaque enfant de développer tout son potentiel. Ces activités éducatives couvrent les dimensions physique, motrice, intellectuelle, langagière, socioaffective et morale du développement de l'enfant.

Les CPE ont été mis sur pied en septembre 1997 par Pauline Marois, alors ministre de l'éducation au sein du gouvernement du Québec. Vingt-deux ans se sont déjà écoulés. Les CPE ont acquis une réputation enviable auprès des Québécoises et des Québécois. Conséquemment, je suis d’avis que nous devons continuer dans cette voie tout en renforçant les ressources humaines spécialisées si nous désirons offrir à nos enfants toutes les chances de se développer à leur rythme.

quebechebdo 8 juin 2019

Où s’en va Legault?

7 juin 2019

Je connaissais déjà la propension du premier ministre François Legault pour les emplois « payants », mais j’étais loin de m’imaginer son désintérêt, voire son aversion, pour les emplois moins payants.

Eh bien, c’est maintenant confirmé. « Ce n'est pas impossible, ce n'est pas incohérent, c'est même une bonne chose que certains emplois moins payants soient dans des usines à l'étranger », a fait valoir M. Legault à la période de questions du 5 juin, concernant la délocalisation des activités de Velan, une grande entreprise spécialisée dans la robinetterie industrielle où près de 200 postes ont été supprimés en moins de 18 mois.

 Une réaction pour le moins surprenante de la part d’un premier ministre dont un des rôles principaux est de maintenir les emplois au Québec, et ce, peu importe le salaire attaché à ces emplois, partant du constat que ce sont des travailleurs d’ici qui se retrouvent sans emploi du jour au lendemain.

M. Legault, votre désinvolture n’a d’égale que votre mesquinerie envers ces mises à pied de travailleurs québécois… Dans mon livre, votre attitude grotesque dénote un manque d’empathie qui entache sérieusement votre rôle de premier ministre eu égard aux honnêtes travailleurs du Québec.

Au moment d’écrire cet article, j’apprenais que François Legault faisait ses excuses aux travailleurs de Velan…Trop tard, M. Legault, le mal est fait!


vigile.net tribune libre 6 juin 2019
Le Devoir 8 juin 2019

 

Qui trop embrasse mal étreint

6 juin 2019

L’embauche de quelque 850 nouveaux enseignants et professionnels, l'élargissement de la maternelle 4 ans pour tous et la transformation des commissions scolaires en centres de services toujours dans la mire du ministre de l’Éducation, Jean- François Roberge. Tel est le tableau bien rempli présenté par le ministre en point de presse.

 

Or, dans la réalité, le monde de l’éducation vit une pénurie de main d’œuvre, le projet de maternelle 4 ans pour tous subit les critiques de plusieurs observateurs de divers milieux, et la disparition des commissions scolaires au profit de centres de services n’a pas encore fait entendre ses premiers balbutiements.

 

Et pourtant, devant autant d’incertitudes, le ministre invite les citoyens du Québec à garder espoir car « la cavalerie s’en vient », lance-t-il avec assurance et fermeté… De deux choses l’une, ou le ministre Roberge prend ses rêves pour des réalités ou il est pris dans un engrenage d’où il ne peut plus s’extirper!

quebechebdo 6 juin 2019
vigile.net tribune libre 6 juin 2019

Le génocide, une question d’imputabilité

5 juin 2019

Le mot « génocide » suscite un malaise flagrant dans la classe politique depuis la publication du rapport des commissaires de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées [ENFFADA], dans lequel on le retrouve 122 fois parmi les quelque 1200 pages du document.

Selon Wikipédia, « un génocide est un crime qui consiste en l'élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d'un groupe national, éthique ou religieux, en tant que tel, ce qui veut dire que ses membres sont détruits ou rendus incapables de procréer en raison de leur appartenance au groupe. »

De l’aveu même du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, « nous [le gouvernement du Canada], acceptons les conclusions des commissaires de l'ENFFADA, notamment en ce qui a trait au génocide », le terme « génocide » étant porteur d’une responsabilité incontournable pour le gouvernement canadien de réparer sans délai le « crime » abominable commis sciemment envers les communautés autochtones du Canada.

S’il est légitime d’utiliser le vocable « génocide » pour désigner les crimes odieux envers les autochtones, il est tout aussi légitime d’en assumer les conséquences, notamment par des indemnisations équitables versées à l’ensemble des communautés autochtones touchées par ce génocide… C’est une simple question d’imputabilité!

vigile.net tribune libre 5 juin 2019

 

 

Réjean Hébert quitte le giron souverainiste

4 juin 2019

« La souveraineté à ce moment-ci n’est pas à l’ordre du jour. Ce n’est pas un débat social actuel et en attendant, il faut faire vivre ce pays le Canada, il faut le faire évoluer…Je suis nationaliste, mais je crois que la souveraineté n’est plus un enjeu actuellement.» dixit Réjean Hébert, ex-ministre péquiste de la Santé et doyen de l’École de santé publique de l’Université de Montréal. L’ancien ministre sous le gouvernement de Pauline Marois, de 2012 à 2014, a tourné la page. Pour lui, le projet d'indépendance du Québec n’est plus d’actualité

Tel est l’argumentaire avancé par l’ex-ministre péquiste pour justifier son virage à 180 degrés à la faveur des libéraux de Justin Trudeau. Quoiqu’il soit encore en « période de réflexion », Radio-Canada a appris que Réjean Hébert, a été approché par Justin Trudeau pour représenter le Parti libéral du Canada (PLC) aux prochaines élections fédérales. Intéressé par cette offre, il pourrait bientôt sauter dans l'arène fédérale et ainsi officialiser sa rupture avec le mouvement souverainiste.

Par ailleurs, M. Hébert ne cache pas ses ambitions. L’idée d’occuper un poste de ministre, celui de la Santé par exemple, est attirante. « Tous ceux qui se présentent à des élections ont en tête de vouloir occuper des fonctions ministérielles…Si c’est de l’opportunisme de faire avancer des projets, oui, je suis opportuniste. »

Considérant son engouement pour le maintien des services à domicile pour les personnes âgées quoique de juridiction provinciale, Réjean Hébert voit dans cette opportunité la possibilité de concrétiser un rêve interrompu par sa défaite de 2014, à savoir son projet d’assurance-autonomie.

À mon avis, si Réjean Hébert vibrait vraiment à la fibre « nationaliste » comme il le laisse entendre, il aurait pu facilement se ranger du côté de François Legault, lui qui a carrément fait le choix de défendre les intérêts du Québec. Mais non, il a préféré virer complètement son capot de bord compte tenu de l’imminence du scrutin fédéral en octobre prochain… Ça, c’est de l’opportunisme à l’état pur!

vigile.net tribune libre 4 juin 2019

Allaitement au Salon bleu

4 juin 2019

Les députés de Québec solidaire souhaitent que les députées qui le veulent puissent allaiter leur nourrisson en Salon bleu, alléguant que l’Assemblée nationale soit plus adaptée à la réalité des élus qui ont de jeunes familles. 

Or, pourquoi l’infirmière ou l’enseignante ne pourrait pas elle aussi allaiter son enfant sur son lieu de travail « pour adapter la réalité de ces mères au travail qui ont de jeunes familles? »

La réponse est simple : ces employés bénéficient d’un congé parental alors que les députés en sont actuellement exclus. Conséquemment, la solution réside dans le fait que les députés puissent bénéficier d’un congé parental au même titre que tout travailleur éligible… Pour tout dire, l’Assemblée nationale n’est pas une pouponnière pas plus qu’un poste de garde dans un hôpital ou une salle de classe ne l’est.

En dernière heure, nous apprenons que les parlementaires de toutes les formations politiques se sont dit favorables à ce qu’une politicienne puisse nourrir son poupon en chambre… Tout simplement dérisoire!


quebechebdo 4 juin 2019

Tous « sur le pont »

3 juin 2019

Même si l’on sait pertinemment que le Parti vert du Canada ne prendra pas le pouvoir en octobre prochain, il faut reconnaître que l’appel de son chef Elizabeth May à inviter « tout le monde sur le pont » a quelque chose de mobilisant à l’endroit de tous les citoyens du pays.

À mon avis, il faudrait carrément se mettre la tête dans le sable aujourd’hui pour ne pas constater que l’urgence climatique est devenue un incontournable, les inondations et les feux de forêt de plus en plus fréquents et sévères au Canada en faisant foi.

Parlant des preuves scientifiques accumulées depuis des années sur les écueils des changements climatiques, la chef des Verts, lors de son allocution au congrès de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), a rappelé aux participants que «… L'atmosphère ne négocie pas avec l'humanité. On ne peut pas argumenter avec la physique. On se retrouve dans la situation actuelle parce que pendant des décennies, nous avons ignoré les avertissements des scientifiques ».

Et, d’ajouter la députée fédérale de la circonscription de Saanich-Gulf Islands en Colombie-Britannique, « Quand je cherche du leadership sur la planète, je ne le trouve pas parmi les élus comme moi. Je le trouve chez une jeune étudiante de 16 ans à Stockholm. Greta Thunberg est la meneuse d'un mouvement formé par nos enfants qui nous forcent à reconnaître honteusement qu'on leur a volé leur avenir ».

Le Devoir 4 juin 2019  

Un boulet au pied de Justin

2 juin 2019

Il n’y a pas si longtemps, soit à la mi-mars 2019, un sondage effectué par Léger pour le compte du Journal révélait que pas moins de 69 % des Québécois estimaient que Justin Trudeau avait mal géré la crise ayant entouré l’affaire SNC-Lavalin. Du même coup, le Parti libéral a reculé de 4 % depuis le début de la controverse, obtenant 35 % des intentions de vote dans la Belle Province. Ce sont les conservateurs d’Andrew Scheer qui semblent en profiter, eux qui grimpent de 5 % pour atteindre 26 %.

 Même si les libéraux mènent toujours au Québec, leur recul n’augure rien de bon pour le parti en cette année électorale. Les troupes du premier ministre comptent sur des gains dans la province pour compenser d’inévitables pertes ailleurs au pays. « S’il ne consolide pas ses appuis au Québec, Trudeau perd le pouvoir », avance carrément le président et fondateur de Léger, Jean-Marc Léger.

 Pire encore pour les libéraux : la baisse de leur popularité dans la province s’accompagne d’une volonté de plus en plus marquée de changement dans la population. Une majorité (51 %) de Québécois contemple désormais un changement de régime à Ottawa, selon le coup de sonde.

 Encore récemment, l’affaire SNC-Lavalin a rebondi dans l’actualité lorsque l’on a appris que la firme était citée à procès concernant des pots de vin qu’elle aurait versés à différentes compagnies pour obtenir des contrats en Lybie. Il est midi moins une pour mettre de l’avant un accord de réparation qui sauverait SNC-Lavalin d’un procès coûteux et avec des conséquences fort contraignantes.

 On sait que 9000 emplois au Québec sont menacés dans cette saga, une situation fort embarrassante pour Justin Trudeau qui vise à faire le « plein » de comtés au Québec. Justin Trudeau traîne comme un boulet l’affaire SNC-Lavalin depuis qu’elle a éclaté le 7 février 2019, et je ne serais pas surpris que le boulet reste accroché jusqu’au scrutin d’octobre 2019…. Si tel était le cas, nous assisterions probablement à la victoire du conservateur Andrew Scheer!

vigile.net tribune libre 1er juin 2019

Avant tout, les enfants

2 juin 2019

Dans le cas du drame de Granby, le juge aurait-il retourné la fillette à son père, conformément à la jurisprudence, malgré l’environnement toxique, s’il avait tenu compte du bien-être de l’enfant en priorité? La réponse va de soi, c’est non.


Partant de ce constat, toute la démarche impliquant l’ensemble des intervenants, notamment les réseaux de la santé, de l’éducation, des organismes communautaires et des services policiers, devront dorénavant placer l’enfant au centre de leurs préoccupations.

 

La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, plus particulièrement les représentants des quatre partis politiques, devra laisser dans le placard toute forme de partisanerie qui pourrait être reliée au parti que chacun des députés représente. Tel que mentionné par François Legault, la commission devra être « totalement indépendante du gouvernement ».

 

À mon sens, les travaux de la commission partent sur un bon pied. Le travail qui attend ses membres est bien sûr colossal, mais surtout d’une importance capitale si l’on veut éviter des drames comme celui vécu par la fillette de Granby. Son succès est intimement relié aux efforts de ses membres pour garder le cap sur le bien-être des enfants maltraités…

quebechebdo 1er juin 2019
Le Devoir 3 juin 2019