Et le BAPE?

28 février 2024

Il est maintenant reconnu par tous les experts que les batteries seront une composante clé des systèmes énergétiques du 21e siècle. Toutefois, comme tout grand projet, tel celui de Norhvolt, il véhicule des aspects positifs et des aspects négatifs.

Le «changement d’attitude» clamé par François Legault doit venir et du gouvernement et d’une population adéquatement informée. À cet effet, je suis d’avis que le gouvernement commet une erreur stratégique en faisant des passe-droits pour permettre à Northvolt d’échapper au processus du BAPE. En revanche, en permettant de comprendre tous les aspects du projet, l’ensemble de la population pourrait s’approprier le dossier, sans avoir l’impression que les gouvernants lui cachent des choses, une transparence qui m’apparaît un élément-clé en vue d’obtenir une éventuelle acceptabilité sociale.

vigile.quebec tribune libre 27 février 2024
Le Soleil (version numérique) 28 février 2024
Le Devoir 28 février 2024 "Le gouvernement et le BAPE"
 

La scène politique municipale en état de choc

25 février 2024

C’est avec des sanglots dans la gorge que la mairesse de Gatineau, France Bélisle, a annoncé sa démission, disant vouloir préserver sa santé, et invoquant notamment le climat politique «difficile» qui règne sur la scène politique municipale de Gatineau.

Malheureusement, la démission de Mme Bélisle ne représente que la pointe de l’iceberg. En effet, depuis les dernières élections municipales au Québec, sur 8000 élus, près de 800, soit 10%, ont quitté leurs fonctions, la plupart pour des motifs d’intimidation et de harcèlement. Dans cette foulée, la conseillère municipale de Vanier, membre de l’opposition, a déposé une plainte à la Commission municipale du Québec contre le chef de cabinet du maire Bruno Marchand. Alicia Despins reproche à Clément Laberge d’avoir laissé s’envenimer un climat de travail qu’elle dépeint comme «toxique» à l’hôtel de ville de Québec. C’est sans compter les congés de maladie de certains élus, comme le maire de Trois-Rivières, la mairesse de Sherbrooke, le malaise de la mairesse de Montréal l’automne dernier ou encore la démission de la mairesse de Chapais.

Les assises de la scène politique municipale sont fortement ébranlées. Face à tous ces départs précipités, il y a lieu de s’interroger si les causes de ces départs ne sont pas reliées à une réglementation laxiste eu égard à l’éthique à respecter lors des rencontres ou des débats entre élus de partis différents.

De son côté, la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest,évoque le fait qu’elle a pris des mesures et mis en place des outils pour favoriser le respect et la civilité dans le monde municipal. Manifestement, le plan de la ministre ne tient pas la route. Les dernières élections municipales ont vu plusieurs jeunes maires et mairesses être élus. Une génération nouvelle a vu le jour. Sommes-nous en train de les perdre au profit de malfrats qui se doivent d’être sanctionnés sévèrement pour le plus grand bien d’une saine démocratie.

vigile.quebec tribune libre 24 février 2024

La CAQ se «fédéralise»

25 février 2024

À la suite d’un sondage mené par la firme Léger, la CAQ compte désormais plus d’électeurs fédéralistes qu’indépendantistes. En juin 2022, les électeurs caquistes appuyaient majoritairement le Bloc québécois, alors que 45% d'entre eux disaient voter pour le Bloc. Par compte, en février 2024, le portrait est considérablement changé, le PLC bénéficiant aujourd’hui de l’appui d’une majorité d’électeurs caquistes, avec 42% qui voteraient pour le PLC si des élections avaient lieu aujourd’hui. Pour sa part, le Bloc québécois est passé en deuxième position avec 31% des voix.

Par ailleurs, les électeurs caquistes proviennent d’un PLQ sans chef et complètement démobilisé si bien que «Le Parti libéral est tellement faible auprès des francophones au Québec que ceux-ci se sont retrouvés orphelins et sont allés à la CAQ», affirme Jean-Marc Léger, une situation qui pourrait changer advenant l’arrivée de Denis Coderre à la tête du PLQ.

Dans un contexte où la CAQ de François Legault clame sur tous les toits que son parti est nationaliste, force est de constater que cette désertion du Bloc et que cette adhésion marquée envers le PLC traduit sans l’ombre d’un doute que le nationalisme de la CAQ se «fédéralise» à un rythme accéléré.En termes clairs, la coalition est en train d’effectuer un virage favorisant le fédéralisme si bien que le nationalisme bleu de Legault est en train de s’estomper au profit du fédéralisme rouge de Justin Trudeau. De quoi causer des regrets à François Legault d’avoir osé se demander quelle est l’utilité du Bloc québécois.

vigile.quebec tribune libre 24 février 2024

Déclaration malhabile de Legault

20 février 2024

Le premier ministre, François Legault, s’est une fois de plus commis dans une déclaration frisant la «distraction» en déclarant, en conférence de presse, que le déficit du gouvernement du Québec subira une hausse importante en raison de l’entente intervenue avec les travailleurs du secteur public en éducation.

Bien que satisfait de l’entente, François Legault, par de tels propos, contribue à culpabiliser les enseignants en les pointant comme responsables de l’augmentation du déficit. Or selon la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), Josée Scalabrini, «les déficits qui vont arriver c’est parce qu’il y a eu désinvestissement depuis des années en éducation».

D’autre part, là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est dans le fait qu’encore une fois, les sommes d’argent reliées à l’éducation sont considérées comme des dépenses plutôt que comme des investissements. Et pourtant, chaque sou placé en éducation est un investissement pour l’avenir du Québec, à savoir l’épanouissement de notre jeunesse.

vigile.quebec tribune libre 20 février 2024

Détermination ou entêtement?

20 février 2024

La politique emprunte parfois des chemins qui nous interrogent sur les raisons de ses décisions qui sont basées ou sur la détermination ou sur l’entêtement. Il en est ainsi du vote unanime de la CAQ en faveur de son refus d'imposer des sanctions administratives aux conducteurs dont le taux d'alcool serait plus élevé que 0,05 alors que le taux prévu au Québec est de 0,08.

Un résultat qui entre en contradiction avec une recommandation de la santé publique et qui fait fi du fait que toutes les provinces canadiennes, à l'exception du Québec, imposent des sanctions administratives dès 0,05 et qu’une telle mesure a permis à la Colombie-Britannique d'enregistrer une baisse de 52% des accidents mortels. Autre comportement grégaire inacceptable malgré l’aspect indéniablement très important de la proposition du PLQ résulte du fait que les députés caquistes n’ont pas exercé leur libre opinion, préférant s’en tenir servilement à la ligne de parti.

Nonobstant l’argumentaire de la ministre des Transports et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault, à l’effet que le gouvernement du Québec a déjà posé de nombreux gestes dans les dernières décennies pour renforcer la sécurité routière, notamment un plan d'action déposé l'été dernier, je suis d’avis que la CAQ donne l’impression d’être seule à «avoir le pas dans le régiment» et que le seuil entre la détermination et l’entêtement me semble fragile..

Par ailleurs, je me demande si la décision de la CAQ n’est pas reliée au fait que les propriétaires de bars et de restaurants voient dans le 0,05 une éventuelle baisse de leur clientèle et que les régions ne bénéficient pas du transport en commun nécessaire pour accommoder les clients des bars et des restaurants, une part de ces clientèles faisant inévitablement partie de l’électorat caquiste.

vigile.quebec tribune libre 20 février 2024
Le Devoir 24 février 2024

Ensemble contre l’intimidation

18 février 2024

En 2012, le Québec a adopté unanimement la Loi visant à prévenir et à combattre l’intimidation et la violence à l’école. En vertu de cette Loi, chaque conseil d’établissement devait adopter un plan de lutte contre l’intimidation et la violence. De surcroît, depuis 2021, le Québec a un Plan d’action concerté pour prévenir et contrer l’intimidation et la cyberintimidation. Alors, comment expliquer qu’en 2024, avec autant de beaux plans dans les classeurs, on soit aussi peu proactifs dans les écoles secondaires?

Dans mes recherches, Google m’a conduit à cette définition de l’intimidation: « […] tout comportement, parole, acte ou geste délibéré ou non à caractère répétitif, exprimé directement ou indirectement, y compris dans le cyberespace, dans un contexte caractérisé par l’inégalité des rapports de force entre les personnes concernées, ayant pour effet d’engendrer des sentiments de détresse et de léser, blesser, opprimer ou ostraciser ».

Un élément de cette définition m’apparaît particulièrement intéressant, à savoir « dans un contexte caractérisé par l’inégalité des rapports de force entre les personnes concernées». En termes clairs, l’intimidation se caractérise par l’emprise du «méchant» sur le «bon», le méchant utilisant la violence physique et/ou psychologique comme massue pour déconcerter l’innocent incarné par le «bon».

Alors, quoi faire pour annihiler ces comportements destructeurs? Deux paramètres, selon moi, entrent en jeu: les parents et les directions des écoles. Partant du fait accompli que les parents sont les premiers responsables de leurs enfants, l’éducation au respect des autres devrait débuter à la maison et se poursuivre à l’école. Et je ne connais pas d’autres moyens pour exercer cette démarche qu’elle soit appuyée par des règles claires et strictes à la maison comme à l’école.

vigile.quebec tribune libre le 18 février 2024

Coderre le missionnaire

18 février 2024

Le retour médiatisé de Denis Coderre devant les caméras suscite pour le moins son lot de commentaires provenant de la presse et des médias sociaux. Son charisme soulève l’intérêt jusqu’à l’Assemblée nationale où il a rencontré le chef du PQ et entamé un échange tournant autour de l’axe souverainiste-fédéraliste.

À ce sujet, Denis Coderre est formel. N’eût-été de la remontée en flèche du PQ dans les sondages, il ne s’engagerait pas sur la scène politique provinciale. Selon ses propres dires, il se sent appelé dans une mission précise, à savoir relancer la saga entre le oui et le non, et garder le Québec au sein du Canada. «S'il n'y avait pas un troisième référendum éventuel, si on n'avait pas parlé d'indépendance, je ne serais peut-être pas là. C'est le déclencheur», a-t-il confié en entrevue.

Aux yeux du candidat pressenti à la chefferie du PLQ, le Parti libéral du Québec est rendu «trop à gauche» à son goût. «Le PLQ a toujours été le parti de l'économie. Si on veut distribuer la richesse, il faut toujours bien la créer». Par ailleurs, la CAQ de François Legault ne peut rien contre le retour de cette montée du souverainisme qui se dessine, la position des caquistes étant «trop timide».

Denis Coderre arrivera-t-il à ramener les anciens militants du PLQ? Comment réagira l’aile jeunesse du PLQ devant un candidat de la vieille garde? Quelle sera l’attitude des nombreux jeunes maires des municipalités élus lors du dernier scrutin municipal? Toutes des questions qui laissent perplexes eu égard à celui qui s’auto-proclame le sauveur du Québec à l’intérieur du Canada…

vigile.quebec tribune libre 18 février 2024

François Legault, capitaine Canada?

15 février 2024

S’il existe quelqu’un à qui François Legault n’aime pas être comparé, c’est bien à Jean Charest. Eh bien, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, en rajoute une couche en dépeignant son chef comme le meilleur capitaine Canada tout en affirmant qu’il est le mieux positionné pour défendre le Canada et bloquer un référendum sur l’indépendance du Québec.

Il n’en fallait pas davantage pour que François Legault rectifie le tir en déclarant qu’il préférait être qualifié de «capitaine Québec» à l’intérieur du Canada. «Je pense que ça prend un Capitaine Québec à l’intérieur du Canada et il faut que les Québécois comprennent qu’on peut défendre notre langue, qu’on peut défendre notre identité et demander des mesures stratégiques pour promouvoir le français».

L’auteur du budget de l’an 1 d’un Québec souverain dans une vie antérieure aura beau invoquer son nationalisme envers le Québec, force est de constater qu’il est continuellement confronté aux humeurs fédéralistes, notamment eu égard à la loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français.

Par ailleurs, dans l’éventualité où le Parti québécois prenait le pouvoir en 2026 et qu’il tenait un référendum sur la souveraineté du Québec, le premier ministre n’aurait d’autre choix que de se ranger dans le clan du «non», et de se retrouver de facto le capitaine Canada au Québec lors du premier mandat d’un éventuel gouvernement péquiste.

vigile.quebec tribune libre 12 février 2024

De l’aide médicale à mourir anticipée

15 février 2024

Le Québec a fait preuve de vision en mettant de l’avant sa loi sur l’aide médicale à mourir (AMM) pour les personnes atteintes d’une maladie incurable. Or, au moment où il veut étendre l’application de l’AMM pour les gens atteints de maladies dégénératives qui souhaitent demander l'aide médicale à mourir anticipée, il se heurte au code criminel du fédéral qui ne permet pas les demandes anticipées.

À cet égard, Sandra Demontigny, une Québécoise atteinte d’Alzheimer précoce, qui milite depuis des années sur la question, est abasourdie: «On a travaillé avec le provincial toutes ces années et on arrive à cela? Je ne sais pas si c’est moi qui ne m’en souviens pas, mais on n’a jamais parlé du Code criminel fédéral qui allait tout stopper».

Dès lors que la demande d’aide médicale à mourir présuppose un consentement éclairé, force est de constater qu’une maladie dégénérative telle l’Alzheimer en arrivera avec certitude à une impossibilité eu égard au consentement éclairé.

Pour une énième occasion, le champ de compétence fédérale contrecarre une intention du Québec de légiférer sur un domaine pourtant de juridiction provinciale, à savoir la santé. Jusqu’à quand une telle ignominie obstruera-t-elle le droit à l’AMM pour des personnes comme Sandra Demontigny dont la volonté légitime s’inscrit dans son droit le plus fondamental de mourir dans la dignité?

vigile.quebec tribue libre 14 févier 2024
 

Remettons l’école sur ses rails

15 février 2024

Créée à la suite de nombreux débats dans les années 1950 et au début des années 1960 portant sur le faible niveau d'instruction et la piètre qualité de la langue française au Québec, la commission Parent s’était donné comme objectifs de «donner à chacun la possibilité de s’instruire, rendre accessibles à chacun les études les mieux adaptées à ses aptitudes et à ses goûts et préparer l'individu à la vie en société».

Plus de soixante ans plus tard, il m’apparaît opportun de se demander ce qu’est devenue l’école d’aujourd’hui eu égard à celle proposée dans le Rapport Parent. Nonobstant le fait que la société ait bien changé depuis lors, et pas toujours pour le mieux, il n’en demeure pas moins que le jeune est demeuré fondamentalement le même.

Par ailleurs, les dernières négociations des conventions collectives avec le gouvernement ont démontré hors de tout doute que l’école accueillait une clientèle fort diversifiée, une situation qui explique l’hétérogénéité des groupes-classes, la constitution des groupes ayant d’ailleurs été placée en priorité par les enseignants.

Or, si l’on se place dans la perspective du rapport Parent, à savoir de «donner à chacun la possibilité de s’instruire», force est de constater que les élèves à besoins particuliers passent outre cet objectif prioritaire. Les dernières réformes en éducation ont choisi de maintenir ces élèves dans les groupes réguliers, alléguant qu’ils seraient motivés en contact avec les élèves dits réguliers. Or, il faut bien l’admettre, cette stratégie a carrément échoué.

Dans ces circonstances, à mon avis, les élèves à besoins particuliers doivent être regroupés entre les mains de personnel spécialisé, tels le psychologues, les travailleurs sociaux, les orthopédagogues, les orthophonistes, etc… En attendant que la pénurie de main d’oeuvre s’estompe au sein de ce personnel, offrons la gestion de ces groupes à un enseignant volontaire accompagné d’une personne-ressource. Dès lors, l’école sera remise sur ses rails pour le plus grand bien de TOUS les élèves.

vigile.quebec tribune libre 14 février 2024