Plonger dans l’enseignement sans expérience

19 mars 2024

J’ai lu avec beaucoup d’attention le billet de Marco Fortier dans Le Devoir du 2 mars sous le titre accrocheur « Mais pourquoi l’école ? » : le cri du coeur d’un « prof qui n’en était pas un ». On y apprend que Simon Bucci-Wheaton, sans aucune expérience dans l’enseignement, est devenu, du jour au lendemain, l’enseignant et le titulaire d’un groupe de sixième année.

Tout au long des quatre années pendant lesquelles il a occupé la fonction d’enseignant, M. Bucci-Wheaton a accumulé des notes sur les bons et les moins bons aléas auxquels il a fait face pour finalement aboutir à la parution d’un livre intitulé Mais pourquoi l’école ? Questions et réflexions d’un prof qui n’en était pas un.

Parmi ses réflexions, j’en ai retenu une qui a particulièrement attiré mon intérêt, à savoir le « désintérêt » d’une bonne partie des parents pour l’éducation de leurs enfants. Il a constaté que des parents ne faisaient aucun suivi à ses messages les prévenant des lacunes importantes de leur enfant. Certains vont même blâmer l’enseignant s’il les informe du manque d’effort de leur enfant en classe. Et l’enseignant  : « Il n’y a pas de cadre à la maison. On abandonne les enfants un peu à eux-mêmes et on voit ce que ça donne en classe : des difficultés d’apprentissage reliées à des troubles de comportement. »

Depuis déjà plusieurs décennies, l’école est devenue petit à petit le réceptacle d’un glissement de l’éducation des enfants qui doit être exercée par les parents à la maison, un phénomène qui s’est accentué à partir du moment où les deux parents se sont mis à travailler à l’extérieur de la maison. Une situation familiale qui a donné naissance à une forme de démission de la part des parents eu égard au sens de l’effort qu’ils auraient dû inculquer à leurs enfants en tant que valeur fondamentale dans le chemin qui les conduira au monde du travail. Conséquemment, il m’apparaît essentiel, voire primordial, que les parents se montrent exigeants en ce qui a trait à la réalisation des travaux scolaires à la maison et collaborent étroitement avec les enseignants de leur enfant.

Le Devoir 19 mars 2024

 

Paroles, des paroles, des paroles…

17 mars 2024

Lors de l’élection caquiste grandement majoritaire en 2022, François Legault clamait sur tous les toits qu’il disposait maintenant d’une majorité suffisante pour affronter Ottawa au cours de ses négociations avec le fédéral. Or, la ronde de négociations eu égard aux transferts en santé s’est clôturée par un échec sans équivoque.

Aujourd’hui, nonobstant quelques grenailles consenties par Justin Trudeau, le premier ministre du Québec revient encore une fois bredouille de son pèlerinage à Ottawa concernant sa demande de s’accaparer les pleins pouvoirs en immigration. Pour une deuxième fois, le nationalisme de François Legault prônant la collaboration entre Québec et Ottawa frappe un mur sans coup férir.

«Non, nous n'allons pas donner plus de pouvoirs en immigration… Le Québec a déjà plus de pouvoir en immigration que n’importe quelle autre province, parce que c’est très important de protéger le français», a lancé Justin Trudeau tout en soutenant que la rencontre avait été «constructive.» De son côté, François Legault a rétorqué qu’il allait envisager d’autres options tout en se gardant d’ouvrir son jeu sur ces dites options.

Par ailleurs, aux yeux de Justin Trudeau, l’immigration constitue une pierre d’assise majeure sur l’édifice du multiculturalisme si cher au fils de Trudeau père si bien qu’elle bénéficiera d’un appui absolu de la part de Trudeau fils. Conséquemment, tant et aussi longtemps que Justin Trudeau demeurera à la tête du gouvernement, les pleins pouvoirs en immigration constitueront une chasse-gardée intouchable. En attendant, ne résonneront que des paroles creuses de la part de Justin Trudeau au sujet de l’immigration et cela, malgré la forte majorité caquiste au Québec.

vigile.quebec tribune libre 16 mars 2024

Économie et environnement, une union chaotique

15 mars 2024

Le tohu-bohu dans lequel est plongé le projet Northvolt vient confirmer sans l’ombre d’un doute que l’économie et l’environnement constituent une union chaotique, les enjeux financiers entrant sans coup férir en contradiction avec les enjeux environnementaux. Dans toute cette saga, l’exclusion de la firme suédoise d’une évaluation par le BAPE constitue, à mon sens, une entourloupette sournoise qui démontre à quel point le super-ministre Fitzgibbon exerce une transcendance sans équivoque sur le laxisme du ministre de l’Environnement, Benoît Charrette.

Tant et aussi longtemps que les intérêts financiers seront la priorité première du premier ministre François Legault, les dossiers portant sur l’environnement seront relégués de facto au second plan. Dans cette foulée, l’argumentaire à l’effet que Northvolt se serait retiré du projet advenant un délai trop long eu égard à son offre, est une preuve flagrante de la priorisation économique sur les éventuels impacts environnementaux de la construction de l’usine de batteries suédoise au Québec.

vigile.quebec tribune libre 14 mars 2024
 

Haro sur le mot en «A»

15 mars 2024

Le dernier budget présenté par le ministre des Finances, Éric Girard, suscite de nombreux commentaires, notamment au chapitre du déficit prévu de 11 milliards $, un sommet inégalé dans l’histoire budgétaire du Québec.

Il n’en fallait pas davantage pour que le retour à l’équilibre budgétaire ne prenne le haut du pavé. Et, pour y parvenir, M. Girard propose un «grand ménage» dans les dépenses de l’État, ce qu’il appelle l’«optimisation» des postes budgétaires. En termes clairs, le ministre devra couper dans les dépenses, excluant d’entrée de jeu les hausses d’impôt.

Dans ce contexte, force est de constater que peu importe le terme utilisé pour définir cet exercice financier, la marge entre l’«austérité» et l’«optimisation» est bien mince sur le plan sémantique, le premier ayant une connotation négative, le second une connotation positive.

Le gouvernement caquiste craint l’austérité, vestige du gouvernement Couillard, comme la peste. Or, dans les faits, il devra obligatoirement réduire ses dépenses s’il aspire un jour atteindre l’équilibre budgétaire, et il appartiendra au peuple québécois de juger des résultats au moment du vote en 2026.

vigile.quebec tribune libre 14 mars 2024
Le Devoir 16 mars 2024 "Le mot en a"
 

Le changement de sexe confronté à l’urgence d’agir

8 mars 2024

Notre société évolue à vitesse grand V, notamment eu égard aux nouvelles technologies telle l’intelligence artificielle (IA) qui en est rendu à inquiéter les experts sur son éventuelle domination sur l’être humain. Dans cette foulée de grands rebondissements, est apparu depuis quelques années le changement de sexe, notamment chez les adolescents.

Au Québec, l’approche préconisée tourne autour du concept de l’«affirmation rapide», remise en question dans plusieurs pays. Dans l’hypothèse où le jeune manifeste son intention de vouloir «transitionner», le processus se met immédiatement en marche. La seule volonté exprimée par le jeune est considérée comme sans appel. Les parents qui osent interroger les intervenants sont considérés comme des «mauvais parents». Les spécialistes qui invoquent l’importance de prendre le temps sont mis à partie par des plaintes auprès de leurs ordres professionnels.

Or, le changement de sexe représente un choix existentiel qui ne peut être confronté à l’urgence d’agir. Aussi faut-il permettre au jeune d’envisager toutes les étapes auxquelles il aura à faire face y compris sa nouvelle vie sociale auprès de ses amis. Par ailleurs, s’il persiste dans son choix après avoir été informé à fond par des spécialistes, les parents devront l’accompagner, une attitude négative de leur part serait catastrophique.

vigile.quebec tribune libre 8 mars 2024

Un manque de transparence scandaleux

8 mars 2024

La saga autour du projet Northvolt, qui perdure depuis des mois, a pris une nouvelle tournure avec l’aveu du ministre de l’environnement, Benoît Charette, à l’effet que le gouvernement a contourné l’évaluation du BAPE sous prétexte qu’une telle prolongation des délais auraient eu comme conséquence que l’entreprise suédoise se serait installé ailleurs qu’au Québec.

«Si moi j’avais dit [aux dirigeants de] Northvolt à l’époque qu’un BAPE [Bureau d'audience publique sur l'environnement], ça nous amène dans 18 mois avant de pouvoir leur donner une idée de ce qui serait possible, on n’aurait pas eu de projet au Québec. C’est aussi simple que ça», a confié M. Charette à La Presse.

Nonobstant la décarbonation de l‘atmosphère qu’engendrera l’installation d’une usine de batteries au Québec, le manque de transparence inopportun du ministre, qui a maintenu le silence pendant des mois eu égard à l’entourloupette autour de l’évaluation du BAPE, est totalement inacceptable. Par ailleurs, la majorité des Québécois adhèrent au projet mais manifestent à juste titre leur mécontentement sur la manière sournoise qu’il leur a été présenté.

Il eût été pourtant si facile d’entreprendre des démarches auprès du BAP pour s’entendre sur les facettes prioritaires du plan d’évaluation et, de ce fait, raccourcir les délais de l’évaluation. Les Québécois sont intelligents et compréhensifs, et auraient sans doute adhérer à une telle démarche au lieu d’être placés devant le fait accompli comme si l’acceptabilité sociale était une démarche sans conséquence, voire sans importance.

vigile.quebec tribune libre 8 mars 2024
 

 

 

 

Indépendance du Québec: les planètes sont alignées

6 mars 2024

En 1995, les Québécois sont venus à un cheveu de devenir une nation indépendante. Près de 25 ans plus tard, de nombreux signaux laissent présager d’une recrudescence du mouvement souverainiste au Québec.

Du côté fédéral, les libéraux de Justin Trudeau s’opposent systématiquement à toutes demandes du gouvernement de François Legault dont le nationalisme s’effrite devant le fédéralisme centralisateur des libéraux, l’échec des négociations sur les transferts en santé constituant le facteur le plus probant. Quant aux conservateurs de Pierre Poilievre, leur position de droite ferme la porte à toute ambition expansionniste du Québec.

De son côté, ici au Québec, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), a vu le dernier sondage le hisser en tête de peloton avec une bonne avance sur François Legault. Une performance attribuée, selon moi, en grande partie, sur la transparence qu’il a démontrée eu égard à l’indépendance du Québec dès la dernière campagne électorale, et qui s’est poursuivie dans sa position ferme d’abandonner l’assermentation des députés envers le roi Charles III.

En conséquence, près de deux ans avant la prochaine campagne électorale, tout laisse à croire que le débat fédéraliste et souverainiste reprendra sa place sur la scène politique québécoise. La reviviscence de l’option souverainiste relancée par PSPP porte fruit auprès de l’électorat québécois. En un mot, à moins d’une gaffe monumentale de la part du PQ, les planètes sont alignées pour un débat de société portant sur la tenue d’un référendum sur la souveraineté du Québec.

vigile.quebec tribune libre 6 mars 2024
Le Devoir 7 mars 2024 "Les planètes sont alignées pour l'indépendance"
 

Au sujet des devoirs à la maison

4 mars 2024

Dans la foulée du gouvernement polonais qui a éliminé les devoirs à la maison, le débat est lancé au Québec: devrait-on suivre la décision de la Pologne? Parmi les partisans de l’abolition des devoirs, certains spécialistes arguent que les devoirs surchargent inutilement les élèves qui ont reçu un bagage de connaissances suffisantes au cours de leur journée régulière de cours, et qu’ils devraient s’adonner à d’autres activités, telles jouer avec leurs parents. Or, sans surprise, la réalité est toute autre, les jeunes se plongent dans leur tablette et leur téléphone cellulaire.

Dans cette perspective, je suis d’avis que les devoirs ont encore leur place dans le curriculum des élèves, moyennant deux conditions. Primo, les parents doivent s’asseoir avec leur enfant et passer en revue leurs devoirs. Secundo, les enseignants sont tenus de corriger ces devoirs quitte à les classer en évaluation formative, à défaut de quoi les élèves passeront outre à la réalisation de leurs devoirs.

Afin d’obtenir des résultats bénéfiques de cette démarche, les parents devraient être avisés dès le début de l’année scolaire lors de leurs rencontres avec les enseignants de leur enfant, et les enseignants devraient établir une alternance limitant le nombre de devoirs par soir.

vigile.quebec tribune libre 3 mars 2024

Frilosité de Fitzgibbon envers les médias

4 mars 2024

C’est Jean Charest qui disait: «Un politicien qui se plaint des journalistes, c’est comme un poisson qui se plaint de l’eau». Eh bien, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, aurait nettement avantage à s’en inspirer car M. Fitzgibbon et les médias ne font manifestement pas bon ménage.

Devant la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, il a renchéri: «Les gens qui veulent inventer des histoires devraient écrire des romans. Les militants devraient publier des essais et les jeunes rigoureux, curieux et impartiaux, qui veulent couvrir l’actualité politique, je vous encourage à devenir journaliste», les reportages sur le manque de transparence dans le projet d’usine de la firme suédoise Northvolt l’ayant exacerbé.

Le genre de déclarations qui ne font rien pour atténuer l’image d’arrogance de son gouvernement. De toute évidence, M. Fitzgibbon éprouve beaucoup de difficultés à quitter le monde des affaires pour franchir le pas vers la scène politique. Ridiculiser de cette façon les médias démontre à quel point le ministre fait fi de la démocratie dans laquelle, de toute évidence, le ministre se sent continuellement pris au piège.

De surcroît, il contrevient sans coup férir à la directive de son premier ministre lancée en début d’année eu égard aux «distractions» à la suite des tergiversations publiques de son gouvernement ayant trait au troisième lien dans la Capitale-Nationale.

vigile.quebec tribune libre 3 mars 2024
Le Soleil (version numérique) 4 mars 2024

Les dindons de la farce

1 mars 2024

La venue des Kings de Los Angeles au Centre Vidéotron en octobre 2024, a déjà coûté, à ce jour, 2,5 millions sur une somme globale évaluée entre 5 et 7 millions $ pour financer l’évènement alors qu’à Salt Lake City, on vient de s’entendre avec l’équipe californienne pour qu’elle dispute un match préparatoire dix jours avant son passage au Centre Vidéotron, sans l’aide de l’État ni de la Ville.

Le Québec est bien reconnu pour foisonner de «bonnes gens», accueillants et généreux. Toutefois, les Québécois ne sont pas bonasses pour autant. La venue des Kings à Salt Lake City à coût nul vient jeter de l’huile sur le feu. La somme astronomique de quelque 7 millions $ pour la venue des mêmes Kings, et puisée dans les poches des contribuables, laisse croire que les Québécois se retrouvent encarcanés dans une «arnaque» qui les place dans une position où ils sont perçus comme les «dindons de la farce» en raison d’une décision gouvernementale pour le moins fort discutable.

vigile.quebec tribune libre le 27 février 2024
Le Devoir 1er mars 2024 «Les Québécois, les dindons de la farce»