Le miroir

10 novembre 2011

À mon sens, le mouvement des indignés, une fois qu’il aura, comme tout « mouvement », cessé d’occuper la place publique, aura tout au moins contribué à sensibiliser l’opinion publique sur le fait que notre monde néo-libéral nous conduit inévitablement dans une impasse.

Les indignés, de partout à travers le monde, nous placent implacablement devant le miroir d’un fossé grandissant entre le citoyen et le politique. Toutefois, le monde plus équitable et davantage respectueux de la personne dont ils crient l’urgence ne pourra se réaliser sans une nécessaire alliance entre le collectif, représenté par les politiciens, et le spirituel, incarné par l’individu.

Malheureusement, l’histoire nous enseigne que de tels mouvements demeurent souvent sans suite et que l’appareil de la haute finance reprend vite son emprise sur le contrôle des idées et des pouvoirs.

Tant et aussi longtemps que le monde politique demeurera une jungle manipulée par les empires financiers, le citoyen sera confronté inévitablement au miroir de la fatale réalité d’un destin marqué du stigmate de la domination des grands sur les petits.

Faut-il cesser pour autant la poursuite de regroupements à l’exemple des indignés? Poser la question, c’est en partie y répondre…L’être humain, étant par nature un être qui recherche d’abord son confort quotidien, a besoin de se faire placer devant le miroir de la réalité pour réaliser l’image que ce miroir lui renvoie.

Une réalité qui, parfois, est beaucoup plus facile à nier qu’à accepter, une réalité qui prend du temps à faire son chemin dans l’acceptation de son existence et encore davantage des changements qu’elle nous impose de faire dans notre propre vie.

Voilà pourquoi les indignés sont un mal nécessaire si nous désirons vraiment changer, d’abord notre regard sur le monde, et ensuite le cours de l’histoire, pour enfin prendre notre place dans l’évolution d’une société qui court de plus en plus à la catastrophe!

vigile.net tribune libre 10 novembre 2011
quebechebdo 13 novembre 2011   

 

 

Aussant sort de l’ombre

9 novembre 2011

Après des semaines de réflexions et de consultations, le député indépendant de Nicolet- Yamaska et fondateur du nouveau parti indépendantiste Option nationale, Jean-Martin Aussant, sort de l’ombre et présente à l’électorat québécois une plate-forme constituée de 64 propositions décrivant ce que sa formation entend réaliser si elle prend le pouvoir.

Globalement, voici l’essentiel de ces propositions :

-Prendre le plein contrôle de la gestion de tous les impôts, lois et traités du Québec, et ce, avant même qu’il ne devienne souverain

-Mettre sur pied une constitution qui serait soumise à un référendum, laquelle constitution contiendrait une déclaration de souveraineté et dont l’adoption signifierait de facto que le Québec devient un état souverain

-Nationaliser les ressources naturelles afin que l’État québécois devienne le maître d’œuvre de leur développement

-Créer une Banque du Québec qui agirait comme guichet unique regroupant les différents outils publics de développement économique

-Établir la gratuité scolaire universelle à tous les niveaux

-Revoir le financement des réseaux d’éducation francophone et anglophone dans le but de rétablir l’équilibre en relation avec le poids démographique de chacune des deux entités

-Renforcer les mesures coercitives quant à l’application de la loi 101

-Mettre sur pied un mode de scrutin proportionnel d’élections générales à date fixe

-Établir un mode de financement des partis politiques entièrement public

Une feuille de route impressionnante qui présente l’avantage d’un itinéraire sans détour, un programme qui annonce clairement les intentions de son chef en matière de souveraineté.

Bref, une véritable option nationale à laquelle j’adhère sans réserve et qui devrait, à mon sens, rallier les forces indépendantistes émergentes actuelles autour d’une coalition nationale citoyenne.

vigile.net tribune libre 9 novembre 2011
quebechebdo 9 novembre 2011

Commentaires:

"Voilà ce qu’on attend du chef d’un parti indépendantiste. Un projet clair, sans ambiguité, qui met au premier plan les intérêts de la nation et qui nous fait entrevoir combien nous sommes suffisamment nantis et équipés pour agir en nation et non en province inféodée.

Non seulement je voterais pour un projet comme celui-là, mais encore, j’adhérerais au parti qui en ferait la promotion.

Oublions les discussions stériles et les comparaisons boîteuses et optons pour un projet clair."

Claude G. Thompson
vigile.net tribune libre 9 novembre 2011

"Monsieur Marineau,

Après avoir lu, trois fois plutôt qu’une le programme d’Option Nationale, je ne peux que souscrire à votre opinion. Je sens un vent de fraîcheur sur l’option qui nous est chère. J’adhère sans réserve aux 64 propositions contenues dans cette plateforme électorale. Maintenant, le plus dur sera d’avoir droit à l’exposition médiatique. Je ne me fais pas d’illusions. Gesca et Québécor poussent leur poulain, la CAQ. J’aimerais souligner que l’une des propositions est justement d’instituer une commission sur la concentration des médias."

Renaud Guénette
vigile.net tribune libre 9 novembre 2011

 

 

 

Une victoire pour ses « frères d’armes »

9 novembre 2011

Au terme du troisième jour de sa grève de la faim, Pascal Lacoste a finalement mis fin à son jeûne grâce à une entente qui lui a été proposée par le ministre des Anciens Combattants, Steven Blaney.

On se souviendra que l’ex-soldat a toujours soutenu que la dégradation continue de sa santé avait débuté après qu'il ait été exposé à l’uranium appauvri lors de sa mission en Bosnie durant les années ’90.

Bien que le gouvernement fédéral ne reconnaisse toujours pas que les militaires puissent avoir été intoxiqués à l’uranium appauvri, il accepte d’examiner cette possibilité en créant un comité aviseur sur la santé des vétérans pour évaluer les effets sur la santé des métaux lourds et de l’uranium appauvri, en particulier.

Sans prétendre qu'il a vaincu sur toute la ligne, Pascal Lacoste estime qu'une victoire est déjà une victoire, qu'il faut donner du temps au temps et qu'une ouverture d’esprit s’est manifestée.

Quoique l’ex-soldat ait dû attendre que le ministre Blainey soit acculé au pied du mur avant de lui proposer de telles conditions, Pascal Lacoste peut être satisfait d’avoir obtenu une victoire pour ses « frères d’armes » qui a contribué à sensibiliser la population sur les séquelles de ces guerres meurtrières sur les militaires.

Je ne voudrais pas me faire l’avocat du diable, mais j’espère sincèrement que des suites concrètes émergeront de cette entente! Sinon, Pascal Lacoste passera à l’histoire comme un martyr plutôt que comme un héros et…ce serait bien dommage!

quebechebdo 9 novembre 2011
Le Soleil 10 novembre 2011

 

 

Sécuriser…sans créer de panique

8 novembre 2011

À la suite des nombreuses tueries dans des écoles aux États-Unis et de la fusillade tragique du Collège Dawson en 2006, des simulations de fusillades, articulées autour d’exercices de « confinement barricadé », font maintenant partie du « Plan de réponse pour des établissements sécuritaires », mis sur pied par la Sûreté du Québec.

À la commission scolaire des Navigateurs, sur la rive sud de Québec, des agents de la police de Lévis ont déjà supervisé 34 simulations dans les écoles publiques et privées de Lévis depuis l’an dernier, et les autorités de la commission scolaire souhaitent que de telles simulations soient effectuées dans toutes ses écoles d’ici la fin de l’année scolaire 2011-2012.

Quoique l’expérience de confinement barricadé, qui consiste notamment à vider les corridors et les cages d’escalier, et à confiner les élèves, les professeurs et le personnel dans des locaux barrés, advenant l’intrusion d’un individu armé dans leur école, des mesures « sécurisantes », telle la substitution d’un tireur fou par un animal sauvage, ont dû être appliquées, particulièrement auprès des élèves du primaire, afin de ne pas créer de sentiment de panique chez eux…au lieu de les sécuriser!

Enfin, comme dans toute mesure préventive, l’essentiel consiste à bien doser la manière d’intervenir si on ne veut pas aboutir au résultat inverse de celui que l’on vise!

quebechebdo 8 novembre 2011

Qu’attend le PQ?

8 novembre 2011

Une politique sur le bilinguisme canadien bafouée, entre autres, par la désignation d’un juge unilingue anglais à la Cour suprême et la nomination d’un vérificateur général du même acabit, l’octroi de contrats de chantiers maritimes majeurs à Halifax au détriment de la Davie de Lévis, l’apparence d’un siège à l’Unesco pour le Québec, soumis aux intérêts de la délégation canadienne, des indignés qui s’insurgent de partout, en particulier contre les travers du capitalisme et la corruption qui s’infiltre de partout dans les institutions politiques, un cadeau de grec de trois sièges supplémentaires pour le Québec dans un projet de révision de la carte électorale…et tout ça, en l’espace de quelques mois!

En agissant de la sorte, le gouvernement majoritaire Harper se présente comme le meilleur allié de la cause souverainiste. Il lui fournit même les minutions pour riposter énergiquement à ces attaques bassement pernicieuses à l’endroit de droits fondamentaux du Québec, tels le respect des deux langues officielles inscrit dans la chartre des droits et la répartition équitable des richesses.

Harper n’en finit plus d’alimenter le mouvement souverainiste…Mais enfin, qu’attend le PQ pour s’asseoir à la table et accepter « l’invitation » du premier ministre canadian au lieu de s’affairer et de perdre carrément son temps à quémander des pouvoirs auprès d’un interlocuteur sourd, mesquin et roublard?

Soyons sérieux…Le véritable combat pour l’accession à notre statut de pays doit se tenir sur le terrain du ROC, là où notre pire ennemi se camoufle depuis des siècles derrière son profond mépris pour les aspirations légitimes du Québec. En conséquence, au moment où l’ennemi est à découvert, il me semble que l’artillerie lourde péquiste devrait en profiter pour tirer dessus à boulets rouges au lieu de regarder passer aveuglément le char d’assaut sans réagir!

vigile.net tribune libre 8 novembre 2011 

 

 

          

Vers le sommet des sommets

7 novembre 2011

Après avoir réussi les ascensions de l’Everest en Asie, de l’Acacongua en Amérique du Sud, du Mont McKinley en Amérique du Nord, du Kilimandjaro en Afrique, de l’Elbrouz en Europe et de la Pyramide de Carstensz en Océanie, Véronique Denys s’envolera dans deux semaines pour tenter d’effectuer l’ascension du Mont Vinson dans l’Antarctique, la dernière épreuve qui la couronnera au panthéon de la quarantaine de femmes, la première au Québec, qui ont réussi l’exploit d’avoir complété la fameuse liste des sept sommets les plus élevés sur chaque continent.

Pour cette ultime expédition, Véronique sera accompagnée de Christine Dubé, qui ambitionne un jour elle aussi réussir l’ascension des sept sommets. Comme Christine est médecin, elle représente, pour Véronique, une sécurité non négligeable, compte tenu que les risques de blessures ou les maladies sont fréquents dans ce type d’expédition.

Véronique Denys, un autre exemple de détermination qui fait honneur aux Québécois et à qui, avec tous ces nombreux admirateurs, je souhaite la meilleure des chances dans son ascension « vers le sommet des sommets »! 

quebechebdo 7 novembre 2011

L’utopie des sauveurs

7 novembre 2011

Par les temps qui courent, toutes les idées pour relancer le mouvement indépendantiste fusent de tous azimuts…La dernière tendance, manifestée chez certains vigiliens, propose un tandem Duceppe-Landry.

Loin de moi l’idée de contester les qualités personnelles de ces deux personnages adulés sur la scène politique québécoise. Toutefois, force nous est de constater qu'ils ont eu l’occasion de se faire valoir pendant de nombreuses années, l’un sur la scène fédérale en tant que chef du Bloc, l’autre en tant que premier ministre d’un gouvernement péquiste.

Tous les deux, chacun dans son champ d’intervention, ont échoué, le premier lors du balayage du Bloc au profit de la vague orange lors de l’élection du 2 mai 2011, l’autre lors du congrès de juin 2005 où il a refusé de poursuivre son mandat malgré un appui substantiel de 76,2% d’appui auprès des délégués du PQ.

Dans de telles circonstances, je me demande comment un tandem composé de Gilles Duceppe et de Bernard Landry viendrait, comme par magie, insuffler un vent de changement dans le mouvement souverainiste et contribuer à relancer l’ardeur des militants et des sympathisants à notre cause.

Comme je l’ai mentionné dans deux de mes derniers billets sur cette tribune, à savoir « Le fantasme Duceppe » en date du 2 novembre, et « Pour un véritable vent de changement » le 3 novembre, on ne fait pas du neuf avec du vieux, surtout en réunissant dans un tandem deux politiciens qui n’apporteront aucune idée nouvelle susceptible de relancer l’idée de la souveraineté.

En termes clairs, un tandem Duceppe-Landry est voué, comme le disait fort à propos Nic Payne au sujet de Gilles Duceppe (et que j’appliquerais sans réserve à Bernard Landry, excluant la dernière phrase), dans sa chronique du 2 novembre parue sur cette tribune sous le titre « Le jour de la marmotte », à revivre pour longtemps à chaque jour les mêmes événements que les jours précédents, à savoir à vivre la sempiternelle stagnation. À cet effet, lisons ce passage de l’article de Nic Payne qui nous parle de l’éventuel retour de Gilles Duceppe sur la scène politique souverainiste :

« Entre-temps, les circonstances laissent imaginer l’arrivée de Gilles Duceppe au PQ. L’ex-chef du Bloc est un politicien qui a prouvé son ardeur et son efficacité, et qui dispose d’une très haute cote de popularité depuis de nombreuses années.

Malheureusement, le discours et l’action de M. Duceppe donnent à penser qu'après André Boisclair et Pauline Marois — ou avec Marois —, il serait le candidat de la continuité souverainiste. Solidement identifié à vingt années de rigoureuse "défense des intérêts du Québec à Ottawa", ce qui fait de lui un champion objectif du Québec fort dans un Canada uni, l’ex-bloquiste appuie sans ménagement le souverainisme péquiste des dernières années, avec une conviction qui va bien au-delà de ce que commanderait une solidarité de bon aloi ».

En conclusion, Mm Duceppe et Landry ont passé l’âge des grands revirements au niveau de leurs idées en matière de stratégie pour parvenir à notre indépendance. Pour cette raison, il serait complètement utopique de croire qu'ils peuvent incarner les sauveurs de la cause qui nous tient à cœur !

vigile.net tribune libre 7 novembre 2011



La fille à son père

6 novembre 2011

Dans son spectacle d’adieu intitulé « 50 ans de métier, ça s’raconte », un show qui accorde la prépondérance aux mots et à la poésie, Clémence DesRochers tire sa révérence du monde du spectacle.

Née à Sherbrooke le 23 novembre 1933, Clémence fait son baluchon et part pour Montréal en 1950 pour rejoindre la « roulotte » à Paul Buissonneau. Elle n’a que 20 ans lorsqu’elle participe à la naissance de la télévision à Radio-Canada.

En 1959, elle est de la première vague des chansonniers québécois en lançant les Bozos auprès des Claude Léveillée, Jean-Pierre Ferland, Raymond Lévesque et André Gagnon. C’est dans son propre cabaret, Chez Clémence, qu’elle donnera sa première chance à un certain Yvon Deschamps.

Tout au cours de son dernier spectacle, Clémence se réclame de la poésie, de cette flamme qui a habité son père, le poète et journaliste Alfred DesRochers, pendant toute sa vie. On n’a qu’à lire ce poème écrit en hommage à son père, intitulé « L’homme de ma vie », pour savourer dans les mots la tendresse qu’elle éprouvait pour lui :

« Si nous devenons bon amis
Je t'amènerai un dimanche
À ma maison en bois de planches
Rencontrer l'homme de ma vie

Il te tendra sa longue main
Pareille à un dessin d'étoile
Il mettra du bois dans le poêle
Pour réchauffer le café brun

Le coude appuyé sur la table
Il te parlera framboisier
Du sous-bois qu'il a nettoyé
Pour entailler ses deux érables

Il t'amènera en forêt
Voir ses fagots de branches mortes
Et te dira de quelles sortes de fleurs
Est garni ton bouquet

Si tu es là à la brunante
Il allumera le foyer
Et commencera à chanter
Ses chansons anciennes et lentes

Un chant d'oiseau le fera taire
Il pleurera comme un enfant
Moi je sais la voix qu'il entend
C'est l'épouse en-allée, ma mère

Si nous devenons bon amis
Je t'amènerai un dimanche
À ma maison en bois de planches
Rencontrer l'homme de ma vie »

Finalement, aujourd'hui, je crois qu'Alfred DesRochers, le poète nationaliste, serait fier de dire qu'il était le père de notre Clémence nationale !

quebechebdo 6 novembre 2011 

Le chaînon manquant

6 novembre 2011

Le 20 février 2009, Guy Turcotte poignardait froidement ses deux enfants à quarante-six reprises. Le 5 juillet 2011, Turcotte a été reconnu criminellement non responsable des meurtres de ses enfants, à la suite d’un procès extrêmement médiatisé. Depuis lors, il a été détenu à l’Institut Philippe-Pinel.

Quatre mois plus tard, devant les membres de la Commission d’examen des troubles mentaux, le psychiatre Pierre Rochette conclut qu’il en est encore « au point zéro » dans sa compréhension des motifs qui ont poussé le meurtrier à commettre un geste aussi atroce.

Aux yeux du psychologue Guy Desjardins, rien ne peut expliquer le double passage à l’acte de Turcotte ni exclure une éventuelle récidive puisqu’il a toujours refusé de suivre une psychothérapie et, qu’en ce sens, sa fragilité n’a non seulement été traitée, elle n’a même pas été identifiée.

Quant à Guy Turcotte, il souhaite, à sa sortie, reprendre ses activités de cardiologue, s’exiler dans une autre province, se refaire une vie affective et possiblement ravoir des enfants.

Sans être un expert dans l’analyse de tels cas, je serais porté à me rallier à la proposition du docteur Rochette de maintenir en détention Guy Turcotte pour au moins une année avant réévaluation, compte tenu que, selon l’expression du psychiatre, il existe encore un « chaînon manquant » entre sa personnalité et les gestes posés.

quebechebdo 6 novembre 2011

Prendre à César ce qui ne lui appartient pas

5 novembre 2011

J’ai toujours apprécié m’enrichir des pensées de celles et de ceux qui s’étaient arrêtés, l’espace d’un instant, sur une page de leur vie pour en ressortir un message ou une réflexion. Dernièrement, une de ces pensées, écrite par Paul Éluard, m’est apparue pleine de subtilité et porteuse de sens, particulièrement dans le contexte socio-politique du Québec.

« Il faut prendre à César ce qui ne lui appartient pas ».

Et pourtant, force nous est de constater que, depuis presque cent cinquante ans, nous persistons à « laisser » à César ce qui ne lui appartient pas…nous subissons aveuglément l’aliénation de nos biens sans broncher, en bon petit peuple soumis.

Bien sûr, au cours de toutes ces années, des voix isolées se sont élevées pour dénoncer avec conviction ces injustices et revendiquer les droits des Québécois, mais toujours, le naturel est revenu au galop, tel un stigmate indélébile.

Par ailleurs, plus récemment dans notre histoire, d’autres voix, telles celles des défenseurs de l’étapisme, des conditions gagnantes ou de la gouvernance souverainiste, plus discrètes et beaucoup moins convaincantes, ont exploré des chemins plus tortueux qui ont abouti à des culs de sac qui n’ont fait qu’amplifier le fossé qui nous sépare de notre indépendance

Aujourd’hui, se font entendre des voix plus percutantes qui nous lancent un appel criant à nous libérer de cette peur viscérale qui nous colle à la peau depuis si longtemps. Ces voix, incarnées souvent par des jeunes, nous invitent à la ré-appropriation de nos ressources, à la défense et à la promotion de notre langue et de notre culture, et à la protection de notre environnement.

En d’autres mots, ces voix nous invitent à l’unification des forces souverainistes à l’intérieur d’une nécessaire coalition citoyenne nationale. Elles nous disent haut et fort que seule l’indépendance pourra nous rendre tous nos pouvoirs et nous affranchir du servile aplaventrisme qui nous stigmatise depuis trop longtemps.

Ces voix, elles essaiment de partout au Québec à travers un mouvement indépendantiste vigoureux et déterminé à « prendre à César ce qui ne lui appartient pas » pour enfin parvenir à créer le pays du Québec, une nation française en Amérique du nord qui se tient fièrement debout! 

quebechebdo 4 novembre 2011