La voix du peuple

20 novembre 2011

Rares sont les jours où des menaces de putsch contre Pauline Marois ne ressortent pas dans les médias, de toutes provenances confondues. Encore jeudi le 18 novembre, la Presse canadienne publiait un article intitulé « Pauline Marois doit encore affirmer la loyauté de son parti ».

La chef du PQ, encore une fois, devait répondre à un article d’un quotidien qui prétendait, en citant une source anonyme, qu'une dizaine de députés inquiets de perdre leur siège aux prochaines élections exigeraient son départ à court terme ou claqueraient la porte si elle refusait de s’en aller.

« C’est une fausse nouvelle, a dit Mme Marois. C’est ferme, l’appui qu'il y a au caucus. Je le réaffirme ce matin : il n’y a pas de fragilité », a ajouté la chef, cherchant à tuer dans l’oeuf les rumeurs de putsch qui reviennent périodiquement la hanter.

Au bas de cet article, publié sur le site du Devoir, paraissaient plusieurs commentaires parmi lesquels deux d’entre eux ont particulièrement retenu mon attention :

« Mais que veut le PQ exactement ? 
J’ai du mal à comprendre cette formation politique. 
Quelqu'un peut-il me dire au juste ce que ce parti veut exactement. »

Un peu plus bas, un lecteur répondait à cette question en ces termes :

« Ce que veut ce parti, c’est prendre le pouvoir et il sait que ce ne sera pas avec madame Marois. Les députés dissidents font pitié, tentés qu'ils sont de lâcher le morceau tout en étant obligés de se la fermer pour faire encore un bout…Et, comme ils sont tous des politiciens carriéristes, ils veulent coller le plus longtemps possible. Le putsch s’en vient, possiblement en janvier 2012 lors du conseil national du parti à moins que Pauline Marois ne réussisse encore une fois à paqueter l’assemblée. »

Cet échange entre deux citoyens m’apparaît fort révélateur du climat d’incertitude d’une part, et de lassitude d’autre part, d’une partie de l’électorat québécois envers le PQ et sa chef. Si nous nous plaçons dans l’optique d’une consultation citoyenne quant à l’option souverainiste au Québec, nous pouvons percevoir, à travers cet échange, le portrait d’une situation qui tend de plus en plus à laisser sa marque dans le paysage politique québécois actuel.

En ce sens, malgré l’entêtement de Pauline Marois à maintenir les deux mains sur le volant du camion de pompier de la gouvernance souverainiste, nous avons la responsabilité d’écouter la voix du peuple qui nous invite à éteindre le feu avant qu'il ne fasse trop de dommages à l’édifice souverainiste !

vigile.net tribune libre 20 novembre 2011



Lacoste accoste au quai des fonctionnaires

20 novembre 2011

Après qu’il ait tenu une grève de la faim de quatre jours au terme de laquelle l’ex-soldat Pascal Lacoste s’était vu offrir par le ministre Blaney des traitements de même que la formation d’un comité consultatif chargé d’étudier les effets de l’uranium appauvri sur les militaires, la visite récente de deux fonctionnaires du ministère des Anciens combattants changent radicalement les données de l’entente.

En effet, les deux fonctionnaires, au lieu d’offrir à Pascal Lacoste des traitements, lui ont plutôt offert des tests sans aborder aucunement quelque traitement que ce soit, une avenue complètement inutile aux yeux de l’ex-militaire puisqu'il est déjà suivi sur une base régulière à l’Hôtel-Dieu de Lévis à la suite de rapports médicaux qui concluent à une intoxication à l’uranium appauvri.

Et, pour ajouter davantage de brouillard autour du bateau, les fonctionnaires lui proposent de faire venir ses dossiers et de lui faire rencontrer un psychiatre alors qu'il est maintenant prouvé que son choc post-traumatique est guéri.

Devant de telles attitudes de la part du ministère des Anciens combattants, j’ai bien peur, comme le redoute Pascal Lacoste en parlant d’un « coup monté », que l’ex-gréviste de la faim soit accosté au quai des fonctionnaires et qu'il risque d’y demeurer encore longtemps!

quebechebdo 20 novembre 2011 

Le supplice de la goutte

19 novembre 2011

Le supplice de la goutte d'eau serait une méthode de torture d'origine chinoise consistant à attacher un condamné immobile sur une planche. Dès lors, à intervalle régulier, une goutte d'eau tombe sur son front. Il en résulterait une altération physique et psychologique de la victime, qui finit par devenir folle.

À observer les interventions régulières des forces policières de la Ville de Québec au campement des indignés, on croirait que les autorités municipales ont décidé de ressortir des boules à mites cette vieille méthode pour venir à bout des manifestants, le dernier épisode étant la démolition de leur cuisine qui ne répondait pas au règlement d’urbanisme!

Toutefois, il semblerait que les «condamnés» manifestent d’une résistance au «supplice» hors du commun puisqu'ils sont toujours «immobiles» sur leur «planche» de salut, recevant les contraventions «goutte à goutte» sans qu'il en résulte encore «d’altérations physiques ni psychologiques».

En bout de ligne, je me demande qui, des autorités municipales ou des indignés, finiront par devenir «fous» les premiers!

quebechebdo 19 novembre 2011

Un porte-cartes bien garni

18 novembre 2011

En devenant membre du nouveau parti de Jean-Martin Aussant, Option nationale, Lisette Lapointe invoque l’intention clairement avouée du chef de procéder à l’accession du Québec à son statut de pays via l’adoption par référendum d’une constitution qui déclarera la souveraineté du Québec.

Toutefois, au cas où le PQ entamerait un changement significatif à la direction ou à son programme de gouvernance souverainiste, Mme Lapointe conserve « précieusement » sa carte de membre du Parti québécois.

En résumé, la représentante de Crémazie demeure députée indépendante indépendantiste à l’Assemblée nationale avec deux cartes de membre en poche. On peut dire que Lisette Lapointe possède un porte-cartes bien garni!

quebechebdo 18 novembre 2011 

Erreur sur la cible

18 novembre 2011

Il semble que les temps soient propices à des manifestations d’indignation de toutes sortes, à tel point que certaines d’entre elles, dans la foulée du mouvement, laissent ressortir des aberrations outrancières.

À titre d’exemples, je vous cite les dernières déclarations du maire de Québec, Régis Labeaume, et de la ministre québécoise de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, concernant leur indignation devant l’anglicisation de Paris.

Le premier, notre ardent défenseur de la langue française, issu du milieu des affaires, regarde passer le train à la Caisse de dépôt et placement du Québec, notre fleuron des affaires publiques, où des hauts fonctionnaires unilingues anglophones contournent allègrement les prescriptions de la Charte de la langue française.

La deuxième, comme première responsable de l’application de la Loi 101, allume tout à coup sur les errances de la Caisse qui, depuis des années, tolère cette situation, et, comble de mollesse, se contente de punir les coupables en leur demandant de suivre un cours de français.

Le moins qu'on puisse dire, c’est qu’il est plus facile de mettre le focus sur le bobo de l’autre que de soigner la plaie béante qui risque de dégénérer en gangrène sur notre propre corps!

quebechebdo 18 novembre 2011

Labeaume et St-Pierre s’indignent!

17 novembre 2011

Décidément, nos politiciens québécois retrouvent leur ferveur à l’égard de la défense de la francophonie lorsque notre langue est malmenée par nos cousins français !

En effet, en visite à Paris à l’occasion d’une série de rencontres portant sur l’Association internationale des maires francophones, Régis Labeaume s’est dit outré de l’infiltration de la langue anglaise autant dans les conversations que dans l’affichage.

À tel point que notre preux chevalier envisage profiter de la tribune du premier Forum mondial de la langue française qui se tiendra à Québec en juillet 2012 pour dénoncer ce glissement scandaleux de la langue de Molière vers une ingérence pernicieuse de la langue de Shakespeare.

Toutefois, pendant ce temps, de ce côté-ci de l’Atlantique, plus particulièrement au Québec, dans la patrie de Régis, la Caisse de dépôt et placement, notre joyau des institutions publiques, bafoue allègrement les exigences de la Charte de la langue française en accordant des postes de hauts fonctionnaires à des unilingues anglophones, alléguant des raisons de « compétences ». Issu du milieu des affaires, notre maire devrait plutôt concentrer ses énergies à défendre la langue de nos ancêtres sur son propre territoire !

Et, pour ajouter un peu de glaçage sur le gâteau, dans l’élan patriotique du maire de Québec, la ministre québécoise de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, emboîte le pas en lançant un appel pressant à la vigilance aux Français.

Elle pousse même la critique en alléguant le laxisme des artistes français qui « osent » chanter en anglais… « comme certains le font au Québec », pourrions-nous ajouter en lui renvoyant gentiment la balle !

En réalité, devant les mollesses du gouvernement Charest relativement à l’application de la Loi 101, je considère que l’indignation de Mme St-Pierre résonne comme la voix dans le désert.

À mon sens, au lieu de se demander qui va envoyer dans la francophonie le signal que le français est important si la France ne le fait pas, notre ministre de la Culture devrait plutôt veiller à ce que le Québec envoie le message clair au reste du Canada que le français est la langue officielle du Québec…et faire en sorte que nos droits soient respectés !

vigile.net tribune libre 17 novembre 2011
quebechebdo 17 novembre 2011 (version abrégée) "Régis s'en
va-t-en guerre!"
quebechebdo 17 novembre 2011 (version abrégée) "Au tour de Christine de s'indigner!"

Une dérive alarmante

16 novembre 2011

Le fleuron du pouvoir économique des Québécois, le temple sacré d’où rejaillit l’excellence des Québécois en matière financière est en train de capituler bassement devant l’infiltration perverse de l’anglais au sein de ses ressources humaines.

La principale institution financière des Québécois cède servilement à l’unilinguisme auquel la soumet l’autorité de la Charte de la langue française, invoquant des motifs de « compétences »…Plutôt révoltant, non ?

Et, pendant ce temps-là, notre bon gouvernement Charest se contente de semoncer les autorités de la CDPQ en qualifiant cette situation « d’inacceptable » et en lui adressant un message lui rappelant que la connaissance du français est, selon la Charte, un critère d’embauche pour tous les postes et ce, à tous les niveaux.

En termes clairs, nos droits les plus fondamentaux sont bafoués à l’intérieur de notre château-fort et les propriétaires du château demandent aux usurpateurs de se montrer plus respectueux de ces droits…Plutôt avilissant, non ?

À mon sens, une telle dérive témoigne d’un laisser-aller lamentable de la valeur accordée à la langue française au sein même des institutions publiques québécoises, une abdication inacceptable devant l’omniprésence de l’anglais, une attitude aplaventriste qui dénote un esprit colonialiste encore profondément ancré chez les Québécois, voire même chez nos décideurs en matière économique.

Encore une fois, Charest, après avoir lamentablement laissé pourrir la situation comme il l’a toujours fait dans le dossier de la langue, sort subitement de sa boîte à surprises pour lancer ses « grands cris d’indignation », accompagnés d’une minable réprimande envers les coupables.

Et, pendant que ce glissement se produisait à la CDPQ, de l’autre côté de la chambre, le Parti québécois, le berceau de la Loi 101, le parti de Camille Laurin, n’a lancé aucune sonnerie d’alarme, comme si ses antennes avaient été orientées ailleurs…probablement vers des directions partisanes électoralistes à courte vue !

En conclusion, face à l’inertie de nos politiciens devant des attitudes aussi mesquines de la part des dirigeants de nos institutions publiques, nous sommes confrontés devant l’imminence d’une bataille que nous risquons de perdre, soit celle de la survie du français au Québec.

Une autre bonne raison de redonner au citoyen la parole dans ce débat de société qu'est la défense de notre langue… Une autre bonne raison d’inciter la génération montante des leaders des mouvements souverainistes à prendre résolument position pour la défense et la promotion de notre langue maternelle avant qu'elle ne sombre sous les vieilles secousses d’un colonialisme sclérosant !

vigile.net tribune libre 16 novembre 2011
quebechebdo 16 novembre 2011



Dufort en renfort

16 novembre 2011

En apprenant par le biais des médias que le portrait qu’il avait réalisé de Josée Verner et qu’il lui avait remis en 2009, avait été abandonné par l’ex-députée de Louis-Saint-Laurent dans ses anciens bureaux, l’artiste-peintre André Garon a vécu l’humiliation de l’artiste qui voit son œuvre bafouée telle une vulgaire pantoufle.

Et, pour ajouter l’outrage à l’humiliation, Josée Werner a répliqué qu'elle ne voulait tout simplement pas de ce portrait et que des mesures nécessaires seraient entreprises pour qu'il soit relayé dans l’entrepôt des biens excédentaires du gouvernement fédéral.

À la suite de cette attitude méprisante de la part de Josée Werner, André Garon s’est empressé d’aller récupérer son œuvre dans les bureaux de la nouvelle députée néo-démocrate Alexandrine Latendresse avant qu’il ne suive le chemin des « biens excédentaires ».

Toutefois, Jean-René Duffort, ayant eu vent de ce tapage publicitaire autour du fameux portrait, a assuré M. Garon qu’il lui apporterait son appui, lors de son émission « Infoman », à la tenue d’une vente aux enchères du portrait, ayant comme objectif la cueillette de fonds pour les enfants défavorisés de la ville de Québec.

Un coup de chapeau à Jean-René Dufort pour être venu en renfort à l’intégrité de l’artiste tout en récupérant son œuvre au profit des enfants défavorisés!

quebechebdo 16 novembre 2011 

Le p’tit logo de toutes les couleurs

15 novembre 2011

En lisant le clin d’œil de Stéphane Laporte dans le Soleil du 15 novembre en page 27, à savoir, « Si on se fie aux couleurs de la CAQ, elle va regrouper 75% de péquistes, 10% de libéraux, 10% de verts et 5% de néo-démocrates », je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la chanson de Bécaud, « Le p’tit oiseau de toutes les couleurs »!

Pour poursuivre mon analogie, je vous propose de chantonner ainsi le premier couplet de la chanson de Bécaud :

« Ce matin, je sors de chez moi
Il m’attendait, il était là
Il sautillait sur le trottoir
Mon Dieu, qu'il était drôle à voir
Le p’tit logo de toutes les couleurs
Le p’tit logo de toutes les couleurs »

quebechebdo 15 novembre 2011 

Les vertus de la craie sur la tableau noir

15 novembre 2011

L’éducation occupe une place de plus en plus importante dans les débats sur l'avenir économique de nos sociétés. À preuve, les quelque 20 000 étudiants qui ont bravé la pluie et marché dans les rues de Montréal, la semaine dernière, pour dénoncer la hausse des droits de scolarité universitaires décidée par le gouvernement Charest.

Cette manifestation massive des étudiants remet en lumière, entre autres, les besoins de financement de l'éducation, la question d'équité entre les contribuables et les générations ainsi que les retombées économiques associées à l'éducation pour l'ensemble de la société.

Par ailleurs, au-delà des questions purement économiques, certains créateurs, qui nous ont légué Internet et toutes les autres « merveilles technologiques », se questionnent sur la pertinence de recourir au soutien de l'informatique dans l'éducation des jeunes enfants, à l'école, comme à la maison.

En cette période où les nouvelles technologies envahissent les maisons et les écoles, le directeur technologique d'eBay, ainsi que des confrères d'Apple, Yahoo, et autres Hewlett-Packard, prônent, au contraire, le retour aux vertus de la craie sur le tableau noir, d'une véritable bibliothèque au service des élèves, mais surtout d’une saine relation personnelle avec un enseignant stimulant.

Dans ce contexte, sans banaliser les doléances des étudiants concernant la hausse de leurs droits de scolarité, je suis heureux de constater que ces manifestations contribuent aussi à élargir le débat sur l’importance de la qualité de l’enseignement de nos jeunes sur l’avenir de notre société.

quebechebdo 15 novembre 2011