Il voulait écrire

2 novembre 2011

Le 8 novembre prochain, Jean Provencher, le célèbre historien de Québec, recevra le prix Gérard-Morisset, reconnaissant sa contribution exceptionnelle pour la promotion du patrimoine, dans le cadre du Prix du Québec, la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec.

Fervent amoureux de l’histoire depuis les débuts de ses études secondaires, sa rencontre avec Jean Hamelin, son professeur d’histoire du Canada contemporain à l’université Laval, allait déclencher une brillante carrière comme historien.

Un jour, M. Hamelin demanda à Jean Provencher ce qu’il avait envie de faire dans la vie. Ce dernier lui répondit qu’il voulait écrire…et s’ensuivit une suite ininterrompue d’écrits sur le patrimoine québécois qu’il qualifie de la base de la culture d’un peuple!

Depuis quarante ans, Jean Provencher travaille à faire découvrir le patrimoine à travers l’histoire. Comme le dit à juste titre cet amant du patrimoine québécois, « tu ne peux pas savoir qui tu es si tu ne sais pas d’où tu viens »!

En cette période où le peuple du Québec semble végéter dans une errance moribonde quant à son identité, il aurait avantage à consulter les écrits de Jean Provencher et à s’en inspirer pour arriver à retrouver ses racines et sa fierté!

quebechebdo 2 novembre 2011

Commentaire:

"Au nom de l'Association des Provencher d'Amérique inc, je félicite Jean Provencher pour l'obtention du prix Gérard-Morisset. Membre de l'Association, nous connaissons la valeur de Jean comme historien et nous avons eu l'occasion , à l'Association, de souligner son travail et sa personne. Et que cette reconnaissance vienne du Gouvernement du Québec, nous en sommes tous très touchés. Bravo Jean!" 

Georges Provencher, président de l'Association des Provencher d'Amérique inc
quebechebdo 4 novembre 2011

 

Le fantasme Duceppe

2 novembre 2011

En juin 2011, un sondage CROP accordait 18% des intentions de vote au PQ sous la direction de Pauline Marois, derrière les libéraux à 25% et loin derrière l’hypothétique parti de François Legault à 40%. Quatre mois plus tard, le sondage de Léger Marketing-QMI indique qu’un Parti québécois dirigé par Gilles Duceppe récolterait 37% des voix, contre 25% pour Legault et 21% pour les libéraux. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les intentions de vote des Québécois semblent se balader tout azimut, au gré des rumeurs et des changements éventuels.

Toutefois, il y a un an, à cette même période, les « 50 jeunes souverainistes » écorchaient le leadership de Pauline Marois et son plan de gouvernance souverainiste dans une lettre ouverte qui a fait couler beaucoup d’encre et qui, à n’en pas douter, est toujours d’actualité. Si on ajoute à cela les doutes, exprimés ou non, qui traversent actuellement tout le PQ, de la base à la direction, le coup fatal pourrait venir des présidents de circonscriptions, où la grogne s’exprime déjà depuis des mois.

Il n’en fallait pas davantage pour qu’une éventuelle candidature de Gilles Duceppe à la tête du PQ refasse surgir le fantasme du sauveur. Pourtant, si nous tentons d’examiner les éléments qui pourraient répondre aux critères de relance du PQ à travers le personnage de Gilles Duceppe, nous aurions avantage à nous poser quelques questions. Représente-t-il vraiment le changement recherché par les forces souverainistes ? Même si, pour des raisons stratégiques, Gilles Duceppe n’a pas encore annoncé ses intentions, prêterait-il flanc à des intentions opportunistes s’il se lançait dans l’arène ? Son image de chef autoritaire risquerait-elle de nuire à la nécessaire coalition nationale citoyenne ?

Enfin, malgré la volatilité des intentions de vote manifestées lors des derniers sondages, ils dénotent une tendance lourde et bien établie, c’est le profond désir de changement au sein de l’électorat québécois. En ce sens, comment se fait-il qu’en l’espace de quelques mois, c’est Gilles Duceppe qui en récolterait les dividendes au profit de François Legault, deux politiciens aguerris qui n’incarnent sûrement pas un « vent de changement » ?

À mon avis, je ne crois pas que Gilles Duceppe puisse mobiliser les militants et les sympathisants du mouvement indépendantiste. Il pourrait tout au plus servir de cataplasme sur l’hémorragie…en d’autres termes, comme disait mon grand-père : « On ne fait pas du neuf avec du vieux ! »

vigile.net tribune libre 2 novembre 2011
quebechebdo 2 novembre 2011



La chef et la souveraineté dans le placard

1 novembre 2011

La promotion de la souveraineté ne fait pas partie de la stratégie à court terme du Parti québécois en vue de regagner la faveur populaire. En effet, une campagne publicitaire, évaluée à 172 000$, exclura la promotion de l’article un du parti et sa raison d’être, soit la gouvernance souverainiste, et, la cerise sur le gâteau, la chef du parti, Pauline Marois, sera relayée à l’arrière-plan.

En effet, selon un article de La Presse canadienne paru dans le Devoir du 31 octobre…

« Les stratèges du parti ont donc convenu qu’il valait mieux miser d’abord sur le contenu du programme, et non sur la souveraineté et la chef, pour espérer regagner la faveur des Québécois. On estime ne pas avoir réussi au cours des six derniers mois à attirer l’attention des médias sur le nouveau programme. « La souveraineté, c’est en filigrane », explique en entrevue le président du parti, Raymond Archambault, pour justifier le choix du parti.

La promotion de la souveraineté, le PQ s’en occupera plutôt une fois porté au pouvoir, a-t-il précisé. « C’est beaucoup plus facile de faire la promotion de nos idées quand on est au gouvernement que quand on est dans l’opposition », selon lui. »

En d’autres termes, les « stratèges » du parti ont décidé « sagement » de mettre l’option fondamentale du PQ et sa chef dans le placard, au détriment d’un programme provincialiste, la gouvernance souverainiste, qui recule l’indépendance du Québec de plusieurs années en relançant le stérile débat des conditions gagnantes et ce, « pour regagner la faveur des Québécois » !

En réalité, une telle stratégie nous ramène à « La Guerre des tuques », le film d’André Melançon, sorti en 1984, dans lequel les deux clans de jeunes s’affrontent, l’un avec des balles de neige, l’autre bien abrité dans son château fort… le PQ avec ses « balles de neige » comme munitions, les fédéralistes, bien protégés dans leur « château fort » canadian.

Et, ces mêmes stratèges voudraient nous faire croire que c’est avec un tel « armement » que nous allons gagner la guerre et qu’une fois que nous aurons pris le pouvoir, nous sortirons l’artillerie lourde !

Foutaise ! Soyons réalistes… Si le PQ désire sérieusement gagner la faveur de son électorat, soit les militants et les sympathisants à notre cause, c’est maintenant qu’il doit sortir son arsenal ! Sinon, il devra battre pavillon et céder le flambeau aux soldats qui désirent vraiment gagner la guerre !

vigile.net tribune libre 1er novembre 2011
quebechebdo 1er novembre 2011

Commentaire:

"J’espère que cette campagne est (enfin) le chant du cygne de l’establisment péquiste actuel. Une telle campagne publicitaire a quelque chose d’irréel. Imaginez : elle ne parle pas de la cheffe ni de la souveraineté ! L’une et l’autre ne seraient donc plus présentables ! Humour noir à l’évidence germée par des cerveaux de ciment armé qui ne perçoivent plus rien au-delà de la paroi de leur bulle, la campagne démontre d’abord et avant tout que Marois doit partir."

Sonia Simard
vigile.net tribune libre 1er novembre 2011

À la défense des femmes

31 octobre 2011

Dans un article paru sur cette tribune le 17 octobre sous le titre « Le célibat de Vigile », André Vincent déplorait le fait qu’aucune femme n’avait publié d’article sur Vigile depuis une quinzaine de jours, et il les invitait en ces termes à reprendre leur place sur le site :

« Alors mesdames, si vous vous êtes retirées pour les raisons que j’évoque (peut-être maladroitement), je vous demande de revenir sur ce site, de reprendre la parole ; ce que vous avez à dire est trop important pour ne pas le dire.
Et puis… ça manque de lumière ici dedans. »

Dernièrement, certains articles, sur cette tribune, attaquent le « féminisme aveugle » des femmes qui se portent à la défense de Pauline Marois. Mettons les choses au clair…en ce qui me concerne, tant et aussi longtemps que Pauline Marois s’entêtera à garder le cap sur son plan de gouvernance étapiste, je ne lui accorderai pas mon appui. J’en suis donc au niveau de ses « idées » et non pas au niveau de son « sexe ».

Faisons un petit rappel historique concernant l’évolution du mouvement indépendantiste au Québec, particulièrement du Parti québécois. Depuis plus de 40 ans, ce parti est dirigé par des hommes et pourtant, nous en sommes encore là où vous savez.

Néanmoins, tout au cours de ces longues années, est-il déjà arrivé une seule fois que nous ayons entendu un commentaire de la part d’une femme qui ait remis en question le « masculinisme aveugle » des hommes ?

En d’autres termes, pourquoi faut-il essayer de trouver des raisons « profondes » qui motivent plusieurs femmes à continuer d’appuyer Pauline Marois ? Se pourrait-il que leur motif en soit un d’idéologie ou est-ce que les femmes ne seraient pas capables d’atteindre un tel niveau ?

Au moment au Claude Morin ou Pierre-Marc Johnson tentaient de nous embarquer dans leur démarche d’étapisme ou d’affirmation nationale, y-a-t-il quelqu’un qui se soit levé pour dénoncer le chauvinisme des hommes qui les appuyaient ?

En réalité, indépendamment du fait que nous soyons en désaccord avec les idées de Pauline Marois, je suggère que nous maintenions le débat au niveau des idées au lieu de tenter d’expliquer les choix des femmes par des motifs purement féministes.

Enfin, je crois que nous aurions avantage à exploiter la complémentarité des sexes plutôt que de favoriser un climat d’affrontement nocif qui risque de priver la cause souverainiste de la moitié de l’électorat québécois ! De ce fait, nous contribuerions à « ajouter un peu de lumière ici dedans ! »

vigile.net tribune libre 31 octobre 2011
quebechebdo 1er novembre 2011 (version abrégée)



Où est passée la société distincte?

31 octobre 2011

Avec les dernières initiatives prônées par le gouvernement Harper, les Québécois sont en train de se faire passer quelques sapins et ce, bien avant la période des Fêtes!

Pensons, entre autres, aux nominations unilingues anglais d’un juge à la Cour suprême et du vérificateur général, à l’imposition d’une approche punitive en matière pénale alors que le Québec se fait le champion de la réhabilitation, à la destruction des dossiers d’enregistrement des armes à feu au moment le Québec s’apprête à mettre sur pied son propre registre et, la cerise sur le gâteau, à la présentation en chambre du projet de Loi sur la représentation équitable qui confère au Québec un « cadeau » de trois sièges supplémentaires!

En réalité, le gouvernement majoritaire de Stephen Harper est en train de passer au tordeur la notion de société distincte dont il s’était porté le porte-étendard en campagne électorale pour le ressortir en vieille guenille écrasée sous le rouleau compresseur d’un Québec comme les autres!

Espérons, tout au moins, que les citrouilles orange représentées par nos élus fédéraux québécois neodémocrates auront le jus nécessaire pour s’objecter à de telles méprisantes manigances des conservateurs envers le Québec!

quebechebdo 31 octobre 2011

Coupable de transparence

30 octobre 2011

Le chef de l’Unité anticollusion (UAC), Jacques Duchesneau, vient d’être congédié par le directeur de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, son supérieur immédiat, qui allègue que M. Duchesneau a mis en doute ses qualifications personnelles et la structure de l’UPAC et ce, après que l’ex-directeur de la police de la Ville de Montréal ait déposé un rapport accablant sur la collusion et la corruption dans l’octroi des contrats entre le ministère des Transports, l’industrie de la construction, certaines firmes de génie-conseil et le milieu interlope.

Pourtant, même si Jacques Duchesneau a déjà affirmé sur plusieurs tribunes qu’à quelques reprises il avait vécu des tentatives de le déloger de l’UAC et, qu’à chaque fois, il avait reçu l’appui du premier ministre, ce dernier a déclaré, suite au congédiement de Duchesneau, qu’il ne commentera pas cette décision de l’UPAC qu’il qualifie d’indépendante et que le gouvernement n’interviendra pas dans sa gestion interne.

On se souviendra qu’entre temps, Jean Charest, devant les pressions qui venaient de toutes parts suite aux révélations troublantes du rapport Duchesneau, a mis sur pied une commission d’enquête qui, faut-il le rappeler, est toujours à l’abri de la Loi sur les commissions d’enquête. En réalité, notre conducteur a toujours les deux mains sur le volant et consentira à le laisser temporairement à France Charbonneau pour autant qu’il demeure le chauffeur désigné !

Revenons maintenant au cas Duchesneau…et posons-nous ces quelques questions : « D’où vient la décision de Robert Lafrenière ? De son bureau ou de celui de Jean Charest ? Assistons-nous vraiment à un verdict de culpabilité pour manque de loyauté de la part de Jacques Duchesneau envers son supérieur, tel qu’allégué par le directeur de l’UPAC ? M. Duchesneau est-il la énième victime qui aura passé dans le tordeur des magouilles de Charest ? Au moment où l’UPAC dit avoir de sérieux problèmes de recrutement, comment se fait-il qu’elle peut se permettre de congédier quelqu’un de la trempe de Jacques Duchesneau, sous prétexte qu’il ait émis certaines réserves sur les qualifications de l’UPAC dans un dossier aussi complexe ?

À mon sens, Charest tient Lafrenière dans sa petite poche, ce qu’il ne pouvait pas faire avec Jacques Duchesneau. En conséquence, le coupable a été condamné officiellement pour manque de loyauté envers son supérieur alors que la version officieuse camoufle sa condamnation derrière des motifs de transparence, soit dans un champ de compétence inconnu du premier ministre!

vigile.net tribune libre 30 octobre 2011
quebechebdo 31 octobre 2011



Le leurre des suppléments pour sportifs

30 octobre 2011

Une croyance populaire circule chez les sportifs à l’effet que l’utilisation de suppléments de protéines, communément appelés la « sauce » chez les jeunes, peut contribuer à augmenter la masse musculaire au détriment d’une saine alimentation.

Toutefois, selon Benoît Lamarche, spécialiste en nutrition sportive à l’Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels, plusieurs études démontrent qu’après avoir consommé 20 g de protéines après un entraînement, le gain sur la masse musculaire est stoppé. En d’autres termes, sur 90 g de suppléments de protéines, 70 g sont complètement inutiles alors qu’un petit steak contient davantage de protéines utiles.

Et, pour ajouter aux bémols à mettre sur de telles pratiques, plusieurs études tendent à démontrer que ces produits ne sont toujours pas sécuritaires, alléguant même que certaines usines fabriquant ces suppléments pourraient y glisser des stéroïdes, ce qui fait dire à Christiane Ayotte, spécialiste en contrôle du dopage à l’Institut national de recherche scientifique (INRS), que l’utilisation de ces suppléments peut encourager des « conduites dopantes » qui pourraient inciter les jeunes athlètes à consommer des substances interdites, telles les stéroïdes.

En conclusion, les pendules devront être mises à l’heure auprès des parents et des jeunes athlètes pour les sensibiliser au leurre qui se cache derrière l’utilisation des suppléments de protéines.

quebechebdo 30 octobre 2011

Faisons aussi confiance aux Québécois!

29 octobre 2011

À lire certains commentaires sur l’influence dont pourraient jouir certains magnats de la finance sur les médias, j’éprouve beaucoup de difficulté à admettre que l’ensemble de l’électorat québécois puisse faire preuve d’une telle naïveté et qu’il se laisse manipuler allègrement, à outrance et inconsciemment par ces requins de la haute finance.

D’autre part, je m’interroge aussi sur le fait que certains sondages puissent être qualifiés de supercheries puisque commandés par ces mêmes requins alors que d’autres provenant de sources censément plus objectives reçoivent la sanction royale.

Est-il possible d’admettre que, peu importe la question posée par les sondeurs, leur provenance et l’échantillonnage visé, toutes les personnes soumises au sondage ne soient pas influencées par quelque maléfice provenant d’une source roublarde ?

Quoique d’accord avec la prudence suggérée par les tenants de telles thèses, il m’apparaît que la panique dont ils font preuve démontre d’une démesure dont il faudrait se méfier, particulièrement quand il s’agit de l’influence que peuvent exercer ces empires financiers sur les intentions de vote des Québécois quant à leur avenir politique.

Je préfère d’emblée me fier au « gros bon sens » des Québécois plutôt que de succomber à une forme de paternalisme douillet qui risque de nous cantonner dans le carcan du petit peuple né pour un petit pain.

Quant aux empires financiers, il y aura toujours des personnes avisées pour nous mettre en garde contre eux et il est bien qu’il en soit ainsi…En attendant, faisons aussi confiance aux Québécois qui, depuis des siècles, ont su se retrousser les manches et faire face à leur destin malgré ces requins de la finance qui, de toute façon, sont là pour rester, envers et contre tous !

vigile.net tribune libre 29 octobre 2011
quebechebdo 29 octobre 2011



Sortir du cauchemar et retrouver le rêve

29 octobre 2011

Quand je jette un regard rétrospectif sur les chemins tortueux qu’a emprunté le mouvement indépendantiste québécois depuis sa création au milieu des années ’60, j’en arrive parfois à me demander si mon rêve n’est pas en train de se transformer en cauchemar.

Pire encore, lorsque je jette un regard lucide sur les origines de ce mouvement, si l’on fait exception du RIN de Bourgault qui s’affirmait résolument indépendantiste, je dois convenir que l’idée de la souveraineté-association de Lévesque, qui est devenue le leitmotiv du PQ, ne contenait nullement le souffle nécessaire pour nous conduire à notre statut de pays.

Considérant froidement ces faits historiques, sommes-nous en train de nous bercer dans l’illusion entretenue par l’utopie d’une indépendance qui n’existe que dans nos rêves ? Même les résultats serrés du référendum de ’95 démontrent-ils réellement que les Québécois ont failli se donner une nation, compte tenu que la question posée ne donnait pas le mandat clair de procéder unilatéralement à notre indépendance ?

« Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l’avenir du Québec et de l’entente du 12 juin ? »

La réponse à une question aussi alambiquée constitue-t-elle un critère solide pour affirmer que nous sommes devenus « bien près » d’accéder à notre indépendance ? Répondre oui à cette question correspond, à mon sens, à prendre ses rêves pour des réalités !

Selon moi, l’insatisfaction véhiculée actuellement par un bon nombre d’indépendantistes ne fait que révéler un réveil brutal causé par le cauchemar vicieux d’une souveraineté illusoire. En d’autres termes, les dissidents aux tergiversations incessantes des dirigeants du PQ se sont réveillés en transes et ont décidé de transformer leur cauchemar en rêve !

Et, pour réaliser leur rêve, les véritables indépendantistes lancent, de partout, des sonneries d’alarme ! Ils n’ont plus le goût de s’égarer dans les sentiers cauchemardesques de l’illusion ! Il n’en tient qu’à eux, maintenant, de rallier, dans une coalition nationale citoyenne, tous ceux qui veulent participer à leur rêve ! Il n’en tient qu’à nous, sympathisants et militants de la première heure, d’embarquer avec eux !

vigile.net tribune libre 29 octobre 2011

Un géant de la chanson québécoise

28 octobre 2011

À sa première apparition en quarante ans de carrière à la Maison de la chanson du théâtre Petit Champlain, située dans le Vieux-Québec, Richard Séguin, à travers ses histoires de vie, a su conquérir son public, le 26 octobre, dans son spectacle intitulé « De colères et d’espoir ».

À entendre ce géant de la chanson québécoise, ce poète patriote pousser à pleins poumons ses paroles qui viennent nous chercher jusque dans nos tripes, Séguin nous donne l’impression qu’il tient le cœur de sa patrie entre ses mains.

À preuve, cette « Lettre au PM », extraite de son dernier album « Appalaches », qui lance un cri du cœur contre les horreurs de la guerre contre lesquelles le citoyen demeure impuissant parce que « même en démocratie, vous n’voulez d’mon avis », crie le poète au PM.

« Je suis père de famille
Demain ma grande fille
Partira pour la guerre
Tristesse humanitaire

C’est une idéaliste
Et même une pacifiste
Dans son cœur tout se noue
Ses idées sont si floues

Vous dites qu’on est en guerre
Mais jamais sur cette terre
Même en démocratie
Vous n’voulez d’mon avis

Je n’aime pas les fusils
Les morts et les prières
Les tombes que l’on suit
En chantant la patrie

Nous ne sommes pas sur terre
Pour sauter sur des mines
Ces engins de l’enfer
Que fabriquent vos usines

Quand reviendra ma fille
Debout ou en civière
Faudra-t-il qu’on maquille
Nos peurs et nos colères

Je sais qu’il faut se taire
Stratégies de vos guerres
Mais le poids de ma peine
Il brûle dans mes veines

Je sais qu’il faut défendre
L’idée de liberté
Mais vous me faites entendre
Si peu de vérités

Vous jouez sur les mots
Et nous comptons les morts
Vous jouez sur les mots
L’illusion de l’espoir

Je suis père de famille
Demain ma grande fille
Partira pour la guerre
Tristesse humanitaire

C’est une idéaliste
Et même une pacifiste
Dans son cœur tout se noue
Ses idées sont si floues »

Comme Séguin l’a exprimé fort à propos en début de concert, « il ne faut pas confondre nostalgie et histoire » même si plusieurs de ses chansons nous touchent en plein cœur… Au sortir de la salle, nous sommes convaincus que Richard Séguin a choisi sans contredit de nous léguer l’histoire de notre nation en chanson, une nation qui sait « qu’il faut défendre l’idée de liberté » mais qui se retrouve sans cesse confrontée à des politiciens roublards qui font « entendre si peu de vérités ».

vigile.net tribune libre 28 octobre 2011
quebechebdo 28 octobre 2011