Un investissement à moyen terme

11 mars 2012

Un article paru dans Le Devoir du 10 mars 2012, traitant du dernier sondage Léger marketing-Le Devoir, révèle que le PQ affiche son meilleur score, à 33% des intentions de vote, depuis l’élection fédérale du 2 mai 2011 dont il a subi les contrecoups, suivi de la descente aux enfers de Pauline Marois où la chef péquiste a notamment dû composer avec le départ de six membres de son caucus.

Toutefois, un commentaire exprimé à la suite de cet article m’enlève littéralement les mots de la bouche :

« Au lendemain du 2 mai dernier, le mouvement souverainiste était au bord du gouffre. Nous savons tous aujourd’hui que le vote du 2 mai dernier visait d’abord et avant tout Stephen Harper au Québec. Les Québécois ont alors mis tous leurs oeufs dans le panier de Jack Layton, par sympathie, oui, mais surtout par stratégie : le NPD pouvait espérer battre Stephen Harper, pas les libéraux de Michael Ignatieff, ni le Bloc Québécois, puisqu’il ne présentait des candidats qu’au Québec. Les électeurs québécois ont toujours été très stratégiques sur la scène fédérale.

Nous voyons aujourd’hui le retour du balancier après une dizaine de mois d’un gouvernement conservateur majoritaire au Canada. Les Québécois ne s’y reconnaissent pas du tout et voudront faire contre-poids sur la scène provinciale en élisant un gouvernement nationaliste opposé aux politiques de Stephen Harper. Qui incarne le mieux ce créneau politique au Québec : ni le PLQ, ni la CAQ, alors il reste le PQ de Pauline Marois, regaillardie par son leadership retrouvé et en pleine lune de miel avec les électeurs québécois présentement… »

Depuis des décennies, les Québécois nous ont habitués au « retour du balancier » pour se débattre contre un gouvernement fédéral méprisant envers les intérêts du Québec…Il ne serait donc pas surprenant qu’encore une fois, ces mêmes Québécois se retournent vers un vote « par défaut » pour « faire contrepoids sur la scène provinciale » au gouvernement Harper.

Une hypothèse fort plausible qui aura pour conséquence de reporter d’au moins quatre ans une véritable démarche vers notre indépendance…le temps nécessaire à l’Option nationale de Jean-Martin Aussant de jeter les bases d’une solide organisation sur le terrain, de s’entourer d’une équipe dynamique de candidats dans toutes les circonscriptions du Québec et finalement de devenir le parti au pouvoir avec toute la légitimité pour actualiser le programme adopté lors de son congrès du 25 février.

En attendant, j’invite tous ceux qui croient encore à notre projet de pays à faire preuve d’encore un peu de patience et à joindre, comme moi, les rangs d’Option nationale, un parti indépendantiste qui incarne un investissement à moyen terme sur une proposition ferme d’accession du Québec à son statut de nation et ce, dès qu’il sera porté au pouvoir.

vigile.net tribune libre 11 mars 2012
quebechebdo 12 mars 2012

La CAQ- Coalition pour l’amnésie du Québec

11 mars 2012

En remettant aux calendes grecques la question de la souveraineté du Québec, alléguant qu’il faut d’abord remettre de l’ordre dans nos finances publiques et notre appareil étatique, François Legault nous propose ni plus ni moins de négliger l’entretien de nos racines au profit de l’émondage des branches censément malsaines.

En réalité, le chef de la CAQ, évoquant que l’arbre qui émerge de la terre de nos aïeux et dont les racines francophones constituent ses artères principales, assurera sa survivance par un simple nettoyage des canaux secondaires qui conduisent la sève jusqu’à son sommet.

Telle est la « philosophie » qui guide notre « visionnaire » qui se proclame le digne représentant du renouveau politique au Québec…celui qui prétend que sa CAQ se fera le porte-étendard de la politique autrement.

En fait, la CAQ du « on verra » n’incarne rien d’autre qu’une lente amnésie conduisant à une perte de mémoire identitaire qui nous conduira à une déchéance perverse. À ceux qui sont tentés par le leurre caquiste, je les invite à s’éveiller avant de sombrer dans une coalition pour l’amnésie du Québec !

vigile.net tribune libre 10 mars 2012 "À l'enseigne des reculs politiques"
quebechebdo 11 mars 2011



Le fanfaron de Huntingdon

10 mars 2012

Pendant que le français prend un recul inquiétant, particulièrement sur la langue d’affichage à Montréal, pendant que la langue de travail devient de plus en plus l’anglais dans les PME québécoises et les grandes entreprises, telle la construction du CHUM, notre vaillant maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, continue de jouer le fanfaron en qualifiant la loi 101 de raciste et de discriminatoire.

Toujours en recherche de sensationnalisme, la dernière sortie théâtrale de Stéphane Gendron associe la loi 101 à un anachronisme qui brime les communications officielles bilingues dans des municipalités comme la sienne où une forte proportion d’habitants sont de langue anglaise, sans composer toutefois la majorité exigée par la loi. Mais peu importe…Notre fanfaron national promet de défier la loi, quelle que soit la hauteur des amendes!

En réalité, si nous appliquions les idées saugrenues du maire de Huntingdon à l’île de Montréal, la métropole pourrait s’afficher du sceau de ville bilingue et, à ce rythme-là, Stéphane Gendron deviendrait l’un des acteurs principaux d’un drame dont l’intrigue raconterait le lent suicide collectif assisté du français au Québec.

quebechebdo 10 mars 2012
vigile.net tribune libre 10 mars 2012 "À l'enseigne des reculs politiques"

Le Mont-Thabor s’apprêterait à disparaître

9 mars 2012

Si la commission d’urbanisme donne son accord au projet, l’ancien couvent de l’avenue du Mont-Thabor, coin 18e rue dans le quartier Limoilou, serait démoli pour faire place à des condos tout en essayant de conserver la chapelle pour un usage communautaire et en aménageant l’ancien cimetière, situé derrière le couvent, en parc public.

Bien que ce projet me semble intéressant compte tenu que la communauté religieuse qui occupait le couvent, à savoir les Sœurs servantes du Très-Saint-Sacrement, ont quitté les lieux, l’annonce de cette nouvelle a ramené à ma mémoire des souvenirs d’enfance encore bien vivants.

À titre d’exemple, la messe de minuit revêtait dans notre famille un caractère sacré, si bien que, mon père nous amenait tous dans la petit chapelle du Mont-Thabor où était célébrée la messe de minuit traditionnelle, soit trois messes consécutives, pendant lesquelles je me rappelle m’être laissé emporté souvent dans les bras de Morphée par les chants grégoriens entonnés par les voix célestes des petites Sœurs.

Je me souviens aussi de l’effet mystérieux que produisait dans ma bouche la dégustation de ce que nous appelions des «retailles d’hostie» et que nous pouvions nous procurer au couvent du Mont-Thabor, les Sœurs servantes ayant probablement été mandatées par le diocèse pour fabriquer les hosties dont les contours étaient donnés à ceux qui les demandaient.

La vie tourne mais les souvenirs demeurent…et il est sain qu’il en soit ainsi!

quebechebdo 9 mars 2012

En cette journée internationale de la femme…

8 mars 2012

En cette journée internationale la femme, j’ai tenté de scruter les femmes qui auraient pu influencer le paysage culturel et nationaliste du Québec et, en bout de ligne, il m’a semblé que Pauline Julien était une incontournable.

Pauline Julien est la cadette d'une famille de onze enfants, établie à Trois-Rivière et plus tard à Cap-de-la-Madeleine. Elle épouse l'acteur Jacques Galipeau en 1950 avec lequel elle aura eu deux enfants. Par la suite, elle s’inscrit à des cours de théâtre au Québec puis fait un séjour de six ans à Paris, de 1951 à 1957. Elle y fait du théâtre et entame une carrière de chanteuse dans les cabarets de la rive gauche. La chanteuse québécoise y interprète alors des chansons, entre autres, de Léo Ferré, de Boris Vian et de Bertolt Brecht.

À son retour à Montréal, elle reprend rapidement le chemin de la scène dans le circuit des cabarets montréalais. En 1958, on la retrouve au Cabaret Saint-Germain-des-Prés de Jacques Normand, le rendez-vous montréalais de la chanson française.

En1962, Pauline Julien présente à son public son premier disque Enfin Pauline Julien. Deux ans plus tard, c'est avec une chanson de Gilles Vigneault, intitulée Jack Monoloy, qu'elle se mérite le deuxième prix au Festival de Sopot, en Pologne. C'est le début d'une grande carrière pour la chanteuse.

À la fin des années 1960 et au début des années 1970, le répertoire de Pauline Julien se compose presque exclusivement de chansons d'auteurs québécois. Elle commence à écrire les textes de quelques-unes de ses chansons en 1968. Au cours des 10 années suivantes, la musique de ses chansons sera composée par François Dompierre, Claude Dubois, Michel Robidoux, Stéphane Venne, Robert Léger, Pierre Flynn, Gerry Boulet, Gaston Brisson, François Cousineau et Jacques Marchand, les trois derniers étant ses directeurs musicaux à un moment ou à un autre. Elle compose également des chansons sur des paroles de Michel Tremblay.

Après sa séparation d'avec Jacques Galipeau, Pauline Julien deviendra la compagne du poète, journaliste et homme politique Gérald Godin pendant plus de 30 ans, jusqu'à son décès en 1994. Atteinte d'aphasie dégénérative et ne pouvant plus chanter, elle s'est suicidée le 1er octobre 1998 à l’âge de 70 ans.

Pauline Julien et Gérald Godin ont marqué le Québec. Elle comme chanteuse, militante, féministe et comédienne. Lui comme journaliste, ministre péquiste et poète. Amoureux pendant plus de 30 ans, leur histoire est en partie dévoilée par les fragments de leur correspondance, « La Renarde et le Mal Peigné », publiée chez Leméac en 2009. Un petit livre touchant d'intimité qui révèle les déchirements de ces amoureux.

Enfin, un commentaire, laissé à la suite de la parution de la biographie de Pauline Julien écrite par Louise Desjardins et publiée chez Leméac en 1999 sous le titre « Pauline Julien, la vie à mort », ferme la boucle admirablement sur cette éminente figure féministe et nationaliste :

« Chanteuse québécoise, interprète des plus grands auteurs de la francophonie, Pauline Julien fut tout autant une militante très engagée et, par sa voix, elle a su nous faire entendre les cris des Québécois et des femmes qui n’avaient appris qu’à se taire. Louise Desjardins…nous présente, dans cette biographie, le portrait magnifique d’une femme, d’une amie, d’une amoureuse de la langue française, de sa culture et de son pays. »

quebechebdo le 8 mars 2012
vigile.net tribune libre 8 mars 2012 "Je me souviens de Pauline Julien"

Commentaire:

"Cette apologie de Pauline Julien est du pur Henri Marineau : tact et clairvoyance. Dommage que les jeunes n'aient pas connu cette grande dame de la chanson, cette grande patriote." 

Ivan Parent
vigile.net tribune libre 9 mars 2012

Déficit d’attention ou manque de maturité?

7 mars 2012

J’ai toujours cru que les diagnostics de TDAH (trouble de déficit de l’attention et d’hyperactivité) chez les jeunes étaient souvent l’apanage à des attitudes que nous aurions considérées, il y a quelques décennies, comme des comportements agités.

Cette fois, une récente étude, portant sur près d’un million d’enfants de la Colombie-Britannique, tend à prouver que les plus jeunes enfants des classes des élèves primaires sont plus à risque de recevoir un diagnostic de TDAH et de se faire prescrire des médicaments que les enfants plus âgés dans les mêmes classes, tout en laissant entendre que certains de ces enfants souffrant prétendument de ce trouble pourraient avoir reçu un mauvais diagnostic.

En effet, l’étude révèle que les garçons nés en décembre étaient 30% plus à risque de recevoir un diagnostic de TDAH que les enfants nés en janvier de la même année et étaient, de surcroît, 41% plus à risque de se faire prescrire des médicaments. Chez les filles, bien que moins d’entre elles aient reçu un tel diagnostic, le pourcentage passe à 70% plus à risque de recevoir ce diagnostic.

Selon Richard Morrow, analyste en recherche en santé au sein de la Therapeutics Initiative à l’Université de Colombie-Britannique et l’un des principaux auteurs de l’étude, un manque de maturité chez les enfants nés en décembre, ces derniers étant pratiquement plus jeunes d’un an que leurs camarades nés en janvier, pourrait être faussement interprété, dans certains cas, comme un symptôme d’un trouble du TDAH.

Une conclusion plutôt troublante qui devrait, à mon sens, nous inciter, autant comme parents qu’intervenants, à faire preuve d’une extrême prudence avant de tomber prématurément dans le dangereux piège d’un prétendu diagnostic de TDAH chez nos jeunes!

quebechebdo 7 mars 2012 

« U retour individuel de ma part au PQ est impensable » (Jean-Martin Aussant)

6 mars 2012


Bien que conscient que plusieurs d’entre vous ont déjà reçu ce courriel de Jean-Martin Aussant en tant que membres d’Option nationale, il m’a semblé opportun de le proposer sur la tribune libre de Québec Hebdo en vue d’une plus grande diffusion :

« M. Marineau,

J’ai cru bon vous envoyer cette brève lettre suite à la parution d’un article hier dans Le Devoir, intitulé Point chaud – L'indépendance et rien d'autre. Si le contenu de l’article représente assez bien les propos que j’ai tenus lors de cette entrevue, le sous-titre est quant à lui trompeur. Le Devoir indique que « Si Marois promet un référendum, Aussant rentrera au bercail ». Je tenais à préciser que ce n’est absolument pas le cas et que mon discours à ce sujet n’a pas changé depuis la fondation d’Option nationale : un retour individuel de ma part au PQ est impensable.

Vous le savez, nos statuts indiquent que si un jour d’autres partis en venaient à partager notre message, nous souhaiterions collaborer, voire fusionner avec eux. Il nous semble en effet logique de vouloir travailler ensemble si tous disent la même chose, mais ce n’est clairement pas le cas pour le moment. Et quoi qu’il arrive, c’est en équipe que nous déciderons de la suite des choses puisque c’est en équipe que nous bâtissons ce projet.

Cette ouverture permanente de notre part prouve d’ailleurs qu’Option nationale met la cause avant ses intérêts particuliers, et cela nous distingue agréablement des vieux partis professionnels qui ne pensent qu’à alterner au pouvoir en modifiant ponctuellement leur message. Notre approche fait du bien dans la réalité politique actuelle, elle redonne espoir à bien des gens que la politique peut et doit être autre chose que ce que l’on nous impose depuis trop d’années.

Faire de la politique de la bonne façon, c’est avec sincérité et sans jamais s’éloigner de la raison d’être de notre parti qui est de faire du Québec un pays. Cette façon de rester droits nous impose des efforts additionnels d’explication, elle fait qu’on doit parfois corriger des messages erronés quand ils surviennent. Et nous le ferons. Il a toujours été plus difficile d’améliorer les choses que de les accepter en se résignant, mais nous savons que le résultat en vaudra amplement la peine.

C’est avec vous qu’Option nationale pourra changer les choses et redonner à la politique ses lettres de noblesse. C’est avec vous qu’Option nationale pourra convaincre nos concitoyens du bien-fondé d’être maîtres chez nous, comme près de 200 autres pays dans le monde le sont chez eux sans jamais regretter leur liberté de choisir pour eux-mêmes.

Bien que nous ne puissions pas prédire l’avenir, nous savons qu’Option nationale est plus que nécessaire dans le paysage politique actuel. Il faut donc continuer notre travail avec détermination et ne pas se laisser ralentir par des distractions qui seront de plus en plus nombreuses à mesure que nous prendrons de l’élan.

Encore une fois, merci du fond du cœur d’y participer!

Jean-Martin Aussant
Chef d'Option nationale
Député de Nicolet-Yamaska »

quebechebdo 6 mars 2011

 

Notre réponse sera la lutte

6 mars 2012

Un article signé par Mathieu Lévesque paru dans la chronique « Libre opinion » du Devoir du 6 mars sous le titre « Moi, à la maîtrise ? Qui l’aurait cru ? » a suscité mon intérêt, particulièrement en raison du parcours peu commun qu’a dû emprunter ce jeune pour parvenir à des études de maîtrise et à ses valeurs de solidarité manifestes.

Ayant un père pauvre et sans éducation n’ayant jamais aimé l’école, on lui appris qu’il fallait aller travailler jeune comme un homme. Il a maintenant 55 ans, il a travaillé toute sa vie comme charpentier, il a mal partout et est maintenant contraint de faire de l’entretien ménager.

À l’exemple de ses parents qui n’ont qu’une deuxième secondaire, Mathieu n’a jamais même pensé terminer son secondaire, envisageant plutôt faire un métier comme son père et aller sur le marché du travail. Il a quand même terminé ses études secondaires et a entrepris des études collégiales pendant quatre ans dans un programme préuniversitaire d’une durée normale de deux ans.

Tranquillement, en avançant dans ses études, il s’est rendu compte qu’il n’était pas plus con qu’un autre et, du sentiment de honte et d’humiliation, il a commencé à ressentir de la fierté.

En plus de faire ses études, il a décidé de s’impliquer socialement dans sa communauté. Petit à petit, il est devenu en quelque sorte un modèle d’implication et cela a fortement contribué à forger son identité. Mais ce dont il est le plus reconnaissant, c’est d’avoir rencontré des gens qui ont su lui ouvrir les yeux par rapport à la société dans laquelle il vit. Les bons professeurs qu’il a eu la chance de rencontrer, mais surtout, ceux et celles que l’on nomme les militants.

Selon Mathieu, c’est leur rencontre qui l’a formé en tant que citoyen. Il a alors commencé à participer à des exercices démocratiques à travers les assemblées générales étudiantes. En 2005, il est allé manifester, il s’est informé davantage, il a participé et il a grandi. Il est maintenant à l’université, comme étudiant à la maîtrise, ce qu’il considère pratiquement comme un miracle.

Avec le temps, il a appris que le Québec avait fait, au début des années ‘60, des choix de société, entre autres, de démocratiser son système d’éducation pour permettre au plus grand nombre d’y avoir accès. Mathieu s’identifie fortement à ce plus grand nombre et il remercie ceux et celles qui, à ce moment-là, se sont battus pour cela, sans lesquels il ne serait sans doute jamais allé aussi loin, les droits de scolarité élevés ayant sans doute contribué à le repousser de l’accès aux études supérieures.

Quand il s’est rendu compte que ces choix étaient éminemment politiques, il a arrêté de croire au miracle. En fait, le seul miracle qui existe, selon Mathieu, c’est la prise en charge politique de notre avenir collectif…cela s’appelle un choix de société.

Pour Mathieu Lévesque, la hausse des droits de scolarité prônées par le gouvernement Charest est une mesure régressive et injuste qui va avoir d’importantes conséquences. Plusieurs autres choix pourraient être faits. Si, pour le gouvernement, l’appauvrissement de la population déjà endettée est une solution, alors notre réponse sera la lutte. Ce sont sur de telles luttes que le Québec moderne s’est bâti, et elles sont encore aujourd’hui au coeur de ses espoirs.

Enfin, Mathieu termine son article sur ses mots : « Je vais me battre. Je suis en grande partie un produit de cette société et je m’apprête à la défendre avec tous les outils qu’elle m’a permis de développer… c’est un combat de longue haleine que nous nous apprêtons à mener. Je ne suis pas seul et c’est bien là ma force. »

vigile.net tribune libre 6 mars 2012
quebechebdo 6 mars 2012



Pas question de diluer le message

5 mars 2012

En entrevue éditoriale avec Le Devoir une dizaine de jours après la fondation d’Option nationale, Jean-Martin Aussant résume assez bien la position de son parti sur la souveraineté du Québec :

«Je suis convaincu qu'un parti qui tiendra un discours clair en parlant de la souveraineté va pouvoir être élu. Il ne faut pas avoir peur d'entrer dans la campagne en faisant de la souveraineté son principal argument, même si l'actualité dit que la priorité est les urgences, par exemple. Il faut faire le lien démontrant que la souveraineté va nous donner les moyens de mieux régler toutes nos priorités quotidiennes.»

Or, parler de souveraineté est précisément la mission que s'est donnée Jean-Martin Aussant en fondant Option nationale (ON) après avoir claqué la porte du PQ, en juin 2011. Âgé de 41 ans, l'économiste croit dur comme fer aux vertus de la pédagogie souverainiste. Son plan de match: évoquer la souveraineté partout, tout le temps, à tout vent. Ce n'est pas tant le coeur du message que le message dans son entièreté.

M. Aussant est convaincu qu'une grande majorité de Québécois veulent la souveraineté pour de vraies raisons fondées et intemporelles, et non pas à cause de crises ponctuelles. Selon lui, les seuls fédéralistes impossibles à convaincre sont ceux qui «se sentent d'abord Canadiens» de coeur. Et si ces derniers faisaient un choix strictement rationnel, ils opteraient pour l'indépendance du Québec. «Tous les arguments économiques militent fortement en faveur du oui», soutient-il, avant de lancer que «la souveraineté n'est pas un projet de poète».

En ce qui a trait au PQ, Jean-Martin Aussant y va de cette déclaration :

«Le PQ parle un peu de tout pour ratisser plus large dans l'électorat et aller chercher des votes à gauche et à droite. Au fil des ans, la formation est devenue un parti de professionnels de la politique qui ont des carrières à bâtir. Ce n'est pas néfaste en soi, mais quand c'est essentiellement ça qui dicte les décisions du parti, à savoir la manière de retourner au pouvoir le plus rapidement possible et non ce qu'on va faire du pouvoir ensuite, je pense qu'il y a un grave problème.»

Face à l'hypothèse d'un parti souverainiste qui prendrait le pouvoir sans faire la souveraineté, il préfère encore attendre une élection de plus et, dans l'intervalle, laisser la place à un gouvernement formé des libéraux ou de la Coalition avenir Québec. « Pour le mouvement, ce serait pire d'avoir des souverainistes qui restent au pouvoir quatre ou huit ans mais ne font pas la souveraineté », affirme M. Aussant.

Enfin, le chef d’Option nationale n'entend pas diluer son message tout entier axé sur la promotion de la souveraineté. «C'est dur de garder ses idées et idéaux. Souvent, il y a des arguments pragmatiques qui disent de mettre un peu d'eau dans son vin. Mais l'électorat est tanné de toute cette eau dans tout ce vin». 

quebechebdo 5 mars 2012
vigile.net tribune libre 5 mars 2012

Sagesse pour la vie

4 mars 2012

Depuis plusieurs années, un petit livre de chevet contenant des pensées, intitulé «Sagesse pour la vie», est posé sur une table dans mon salon et, à l’occasion, il m’arrive de l’ouvrir et de lire une page au hasard.

Même si la plupart de ces réflexions s’adressent aux individus, j’y ai souvent perçu une connotation avec certaines situations que peuvent vivre les peuples. C’est dans cette optique que je vous en propose quelques unes qui, à mon sens, peuvent s’appliquer aux aspirations du peuple du Québec.

«Paradoxalement, il n’y a que dans l’évolution, la réforme et le changement que l’on peut trouver la sécurité» Anne Morrow Lindbergh

«Quand on veut vraiment quelque chose, on l’obtient. Il faudra peut-être être patient, travailler dur longtemps, mais c’est possible. Cette conviction est le pré-requis de toute entreprise, artistique ou autre» Margo Jones

«On n’est jamais vraiment perdant tant qu’on persévère» Mike Ditka

«Un jour, j’ai déterminé la façon dont je procéderais chaque fois que je devrais faire un choix pour mon avenir. Je passe tous les arguments en revue en distinguant ceux qui sont guidés par la peur de ceux qui sont le fruit de la créativité. Et toutes choses étant égales par ailleurs, je fais mon choix pour un avenir qui laisse davantage parler de place à ma créativité. Je crois que c’est en se basant sur ce principe que la jonquille et la crocus décident de se frayer une place à la surface de la terre» Katharine Butler Hathaway

«La vie ne demande pas d’aller au-delà de ses forces. Le seul exploit possible est celui de ne pas s’enfuir» Dag Hammarskjold

«Il y a assez de personnes qui nous disent ce qui est. Il nous en faudrait qui nous disent ce qui pourrait être» Robert Orben

«La victoire est souvent retardée mais rarement au sommet du courage…Pour moi, ce sommet, c’est la liberté. Cette liberté qui nous vient avec la certitude que nulle puissance terrestre ne peut nous détruire; que la seule chose qui nous est indispensable est un esprit sain : qu’en définitive, c’est le courage de nos opinions qui fait bouger les choses, et qui rend tout changement possible» Paula Giddings

«Si nos peuples doivent lutter contre l’asservissement, nous devons les armer de l’épée, du bouclier et de l’écu de la fierté, afin qu’ils croient en eux et en leurs possibilités, héritage d’une véritable connaissance des exploits du passé» Mary McLeod Béthune

«L’espoir porte un costume de plumes, se perche dans l’âme et inlassablement chante un air sans paroles; mais c’est dans la tempête que son chant est le plus doux» Emily Dickinson

«Quels que soient les défis que la vie vous oppose, rappelez-vous de regarder toujours le sommet de la montagne, car de cette façon, vous regarderez la grandeur. Souvenez-vous de cela, et ne laissez aucun problème, quelle que soit son importance, vous décourager ni vous distraire par plus petit que le sommet de la montagne» Alfonso Ortiz

quebechebdo 4 mars 2012
vigile.net tribune libre 4 mars 2012