Le cheval de bataille de Pierre Curzi

17 mars 2012

Après plusieurs mois de réflexions et de consultations auprès des concitoyens de son comté de Borduas, Pierre Curzi a finalement manifesté ses intentions de réintégrer le PQ aux conditions de pouvoir présenter son projet de nouvelle Charte québécoise de la langue française et de reprendre sa place au caucus en tant que responsable du dossier linguistique. Toutefois, compte tenu que Pauline Marois a décliné sa proposition, Pierre Curzi renonce à réintégrer les rangs péquistes et à représenter Borduas lors des prochaines élections.

Je n’ai pas l’intention, dans mon article, de présumer des raisons qu’aurait pu invoquer la chef du PQ auprès de Pierre Curzi pour ne pas acquiescer à ses conditions…là n’est pas mon propos !

Par ailleurs, on se souviendra qu’en décembre 2011, le député de Borduas, lors d’une soirée réunissant des militants d’Option nationale à Montréal, avait pris la parole pour défendre la langue française. Il avait alors affirmé qu’il se trouvait beaucoup d’affinités avec le programme d’Option nationale en ces termes : « Ça fait trois ans qu’on se dit au PQ qu’il faut parler plus de souveraineté. Ce que Jean-Martin fait, c’est qu’il en parle avec clarté. Je me sens très proche de Jean-Martin Aussant. »

Le 25 février 2012, lors de son allocution au congrès de fondation d’Option nationale, le député de Borduas a confirmé qu’il se sentait toujours aussi proche d’Option Nationale et de Jean-Martin Aussant : « Je suis très heureux de ce que vous faites ce matin. Je me sens de coeur avec vous, et certainement très proche de Jean-Martin Aussant ».

À cette occasion, Pierre Curzi en a profité pour révéler aux congressistes qu’il avait l’intention de déposer prochainement à l’Assemblée Nationale une nouvelle Charte de la langue française. « D’ici quelques semaines, je vais déposer à l’Assemblée Nationale, comme député indépendant, une nouvelle Charte de la langue française visant à renforcer la culture francophone. Cette nouvelle Charte va soulever et va répondre en partie à plusieurs des questions que vous vous posez aujourd’hui en adoptant votre programme et j’attends de cette nouvelle Charte qu’elle soit comme le pieu central d’une nécessaire politique linguistique. »

Aujourd’hui, Pierre Curzi entend profiter de sa liberté de parole et c’est tout à fait légitime ! Néanmoins, je ne peux que souhaiter que sa proximité avec Jean-Martin Aussant et ses affinités avec le programme d’Option nationale contribueront à faire pencher la balance vers une adhésion de Pierre Curzi à ON et ce, pour le plus grand bien de la cause pour laquelle il a fait le choix de se lancer en politique, à savoir la défense et la promotion de la langue française au Québec.

vigile.net tribune libre 17 mars 2012 "Pierre Curzi renonce à réintégrer le PQ"
quebechebdo 18 mars 2012



Le secondaire emboîte le pas

17 mars 2012

Dans la foulée du débat de société qui se tient actuellement autour de la hausse des droits de scolarité universitaires, plusieurs élèves de niveau secondaire se sont associés pour défendre des valeurs qui leur sont chères, pour faire entendre la voix de ceux qui sont trop souvent ignorés, mais surtout pour renseigner les jeunes concernés par le débat actuel. Dans plusieurs écoles secondaires, ils ont entrepris des démarches pour que des assemblées générales aient lieu, ils ont mis en place des campagnes d'information et se sont regroupés sous la bannière de l'Association indépendante des élèves du secondaire (AIDES).

Bien que non accréditée, cette association tente de rassembler un maximum d'écoles secondaires qui se sentent touchées par la hausse des droits de scolarité et désirent entreprendre des actions concrètes pour informer et mobiliser les jeunes. Pour le moment, les écoles Sophie-Barat, Saint-Louis et Paul-Gérin-Lajoie-d'Outremont ont emboîté le pas, et plusieurs écoles tenteront de le faire au cours des prochaines semaines.

En mobilisant dès maintenant les élèves qui auront à subir les effets d’une éventuelle hausse des frais de scolarité, ces jeunes militants contribuent à les sensibiliser aux débats de société auxquels ils seront confrontés lorsqu’ils mettront les pieds pour la première fois dans un établissement universitaire en tant qu’étudiants.

À mon sens, l’initiative de ces adolescents doit être saluée avec respect dans un contexte tabou où les jeunes sont souvent considérés trop immatures pour prendre des décisions, des ignorants ou des égoïstes.

quebechebdo 17 mars 2012

Un îlot au milieu de l’océan

16 mars 2012

Un article du Soleil, paru dans son édition du 15 mars sous le titre «Le cégep de Thetford Mines vote…pour la hausse», mentionne que «les étudiants du cégep de Thetford Mines ont voté pour la hausse des droits de scolarité, ce qui serait une première dans les collèges francophones de la province.»

En réalité, une analyse rapide des résultats nous permet d’en relativiser l’impact réel puisque le taux de participation de 35% des 831 étudiants de ce cégep ne représente que 291 cégépiens et que seulement 175 de ceux-ci, à savoir 60%, ont voté pour la hausse des droits de scolarité, soit une majorité de 58 voix.

Si l’on considère ces 175 étudiants par rapport aux 87 000 des 26 cégeps et aux 157 000 des universités actuellement en grève, on doit admettre que le cégep de Thetford Mines fait plutôt figure d’îlot au milieu de l’océan!

quebechebdo 16 mars 2011

Commentaires:

"En dernière heure… Après avoir fait parvenir cet article à Québec Hebdo ce matin, j'ai appris, dans un article du Soleil, que le résultat du vote a été annulé en vertu d'un vice de procédure au moment de la prise du vote et qu'un nouveau vote se tiendra mardi le 20 mars."

Henri Marineau
quebechebdo 16 mars 2012

"Changement de cap…Lors de la reprise du vote tenue le 20 mars où les étudiants se sont présentés dans une proportion de 70%, 57% de ceux-ci, soit 317, ont voté contre la hausse des droits de scolarité lors d'un vote secret. L'îlot vient de couler et les étudiants ont rejoint la terre ferme!"

Henri Marineau
quebechebdo 21 mars 2012

La commémoration au service de l’identité québécoise

16 mars 2012

Un article paru dans Le devoir du 16 mars sous le titre « Mémoire collective- Commémorer le Québec pour forger son identité » et signé par Chantale Trottier, présidente du Mouvement national des Québécois, mérite, à mon sens, qu’on s’y arrête et qu’on essaie d’y puiser les idées maîtresses qui pourraient raffermir les sentiment patriotique des Québécois. Aussi ai-je cru important de reprendre les réflexions et les propositions de Mme Trottier qui m’ont particulièrement intéressé dans l’intention de nous ouvrir à la nécessité d’établir une véritable « politique de la commémoration ».

D’entrée de jeu, la présidente du MNQ identifie le Québec, selon les termes de l’historien Pierre Nora, de « nation-mémoire », « une nation qui a trouvé historiquement dans la narration de son propre parcours les raisons communes nécessaires à la poursuite d’un destin singulier. »

Chantale Trottier évoque ensuite l’engouement des Québécois pour l’histoire en général mais aussi pour l’histoire du Québec en particulier : « Les Québécois sont friands d’histoire. Ce qui n’est pas surprenant pour une petite nation aussi attachée à son identité. Chaque année, la Fête nationale…nous rappelle à quel point ici le sentiment national n’est pas entretenu artificiellement et à quel point, aussi, il irrigue partout la culture populaire, dans ses nombreuses manifestations, qu’il s’agisse du cinéma ou des nombreux festivals qui valorisent d’une manière ou d’une autre les nombreuses dimensions de notre culture. »

Toutefois, afin de pallier les risques d’oubli véhiculés dans un passé « muséifié », ou de « repentance » qui n’engendrent qu’une forme de « culpabilisation identitaire », Mme Trottier suggère de « reprendre à neuf la question de la mémoire publique dans notre société, et situer cet enjeu à la lumière des pratiques commémoratives telles qu’elles existent dans la société contemporaine. Autrement, qui dit commémoration dit également politique de commémoration. »

À partir d’une étude qui comparait les pratiques commémoratives dans plusieurs sociétés ressemblant d’une manière ou d’une autre au Québec, le MNQ est parvenu à une évidence : sur le plan institutionnel, le Québec est un désert commémoratif. Si on trouve au Québec comme ailleurs des pratiques commémoratives, on ne trouve aucune politique de commémoration structurée susceptible de revaloriser l’usage public de la mémoire.

En conséquence, selon Mme Trottier, « il importe de développer une authentique politique de commémoration correspondant à la mission identitaire de l’État québécois. Car ce dernier a un rôle fondamental à jouer dans la préservation de la mémoire collective…C’est sa propre légitimité nationale que confirmerait l’État québécois en mettant de l’avant une politique de commémoration qui rappellerait ainsi qu’il représente non seulement une instance administrative parmi d’autres, mais l’incarnation politique d’un peuple, d’une expérience historique. »

Enfin, aux yeux de la présidente du MNQ, il est primordial de « convaincre l’opinion publique de l’importance vitale de la question de la commémoration dans la défense de l’identité québécoise…et les décideurs de la nécessaire ouverture du chantier de la commémoration dans notre société, …une politique qui correspondrait aux attentes les plus profondes de notre peuple. »

vigile.net tribune libre 16 mars 2012
quebechebdo 20 mars 2012



Le Canada avec un trou dans le milieu

15 mars 2012

Un commentaire de Pierre Tremblay, à la suite de son article paru sur la tribune de Vigile en date du 14 mars 2012 sous le titre « Harper ne reconnaîtra jamais un référendum gagnant », m’a ramené à l’époque des années ’70 au Québec où un certain premier ministre du nom de Robert Bourassa me donnait souvent l’impression d’un poisson qui se débat pour sa survie hors de l’aquarium.

« Je pense qu’on serait bien naïf de croire que les Anglais laisserait briser leur pays. Je crois que Bourassa savait cela et c’est pour cette raison qu’il n’a pas osé déclarer l’indépendance du Québec. Je me suis toujours demandé pourquoi il disait souvent : « On doit avoir la politique de notre géographie ».

Aujourd’hui, je comprends qu’il voulait dire que le ROC ne laisserait jamais séparer le Canada avec un trou dans le milieu. Ça ne sera jamais acceptable pour les Anglais. Pour cette raison, le Canada ne laissera jamais faire le Québec dans son projet d’indépendance à moins qu’on soit prêt à aller jusqu’au bout. »

Dernièrement, certains articles à connotation nettement fédéraliste provenant de différents médias ont paru, traitant de la « nécessité » et pour le Québec et pour le Canada de demeurer unis.

Si je relie la lecture de ces articles à celle du commentaire de M. Tremblay, je ne peux que ressentir la triste réalité d’un pays nommé le Canada, créé sur les illusions et les rêves de ses fondateurs, se retrouve placé devant la constatation d’un échec et les derniers replis disponibles, à savoir d’attribuer au Québec la culpabilité et la responsabilité de la perforation du Canada dans l’éventualité d’une séparation.

À mon avis, Robert Bourassa aurait peut-être été le premier ministre du Québec qui aurait le plus souhaité que le Québec accède à son indépendance…Malheureusement, le sort en a décidé autrement ! Toutefois, à entendre et à lire les commentaires qui tournent encore aujourd’hui autour de la « politique de notre géographie », je dois vous avouer que je « n’en ai rien à cirer » de ces larmoiements pathétiques !

Et, s’il faut que le Canada ait à « souffrir » de continuer à exister avec « un trou dans le milieu », il faudra s’en remettre à l’histoire du Québec pour apprendre qu’un peuple, nommé les Québécois, a su se tenir debout devant l’usurpateur de sa langue, de sa culture, de ses richesses naturelles et de ses valeurs pour, un jour, s’affranchir et accéder à son statut de pays.

Tel est l’héritage le plus précieux que nous devons léguer à nos enfants ! Sommes-nous prêts à aller jusqu’au bout ?

vigile.net tribune libre 15 mars 2012

Pas de retour au bercail pour Jean-Martin Aussant

14 mars 2012

Selon Bernard Landry, dans un article publié dans le Devoir du 13 mars, le retour en force des partis souverainistes dans l'opinion est «tellement significatif» que cela «devrait faire revenir pratiquement tous ceux qui ont quitté le Parti québécois».

En effet, de l’avis de M. Landry, le retour au bercail des Louise Beaudoin, Pierre Curzi, Lisette Lapointe et Jean-Martin Aussant s’avère nécessaire, «même s'il faudra de petites négociations» sur lesquelles il a refusé de s'étendre.

Toutefois, même si Jean-Martin Aussant se réjouit du fait que le PQ ait regagné en popularité, il déclare que son message demeure « passablement électoraliste » tout en rappelant que, dans les statuts de sa formation, si un autre parti a une approche jugée «suffisamment similaire» à celle d' Option nationale par ses propres membres, il pourrait établir une alliance ou même négocier une «fusion directe». Les statuts d’Option nationale estime toutefois que l'élection d'un parti souverainiste devrait enclencher un processus vers l'indépendance.

Quant à l'autre parti qui prône la souveraineté, Québec solidaire, M. Aussant estime que l'indépendance est pour lui secondaire puisqu'il place les combats de gauche en priorité: «Pour nous, la gauche ou la droite passe par la souveraineté, alors que, pour QS, la souveraineté passe par la gauche. On croit qu'il faut être souverain avant d'être à gauche ou à droite. Avant d'être à gauche ou d'être à droite, il faut… être.»

À mon sens, Bernard Landry se leurre lamentablement lorsqu’il place Jean-Martin Aussant dans le même panier que les trois autres démissionnaires du PQ qu’il mentionne et que, dans la même foulée, il lance qu’il « faudra de petites négociations »!

Depuis qu’il a pris la décision de créer Option nationale, Jean-Martin Aussant l’a crié sur tous les toits…il n’est pas question qu’il retourne au « bercail électoraliste » du PQ. Option nationale a maintenant réussi à rallier et mobiliser des militants convaincus autour d’un programme articulé qui prône résolument un processus clair d’accession du Québec à son indépendance, tel que stipulé à l’article I de son programme adopté le 25 février 2012 :

« En conséquence, dans un premier mandat, un gouvernement d’Option nationale :

Fera en sorte qu’une Constitution du Québec soit écrite avec la plus grande participation possible de la population du Québec, accompagnée d’experts en la matière, et qu’elle soit ultimement entérinée par le biais d’un référendum. »

M. Landry, vous aurez beau clamer votre enthousiasme face au « retour en force des partis souverainistes dans l’opinion », sachez qu’Option nationale est là pour rester!

quebechebdo 14 mars 2012
vigile.net tribune libre 15 mars 2012 "Le Canada avec un trou dans le milieu" 

Souveraineté ou indépendance?

14 mars 2012

Préoccupé par l’ambiguïté que laisse planer l’utilisation sans distinction des deux concepts de « souveraineté » et d’ « indépendance » dans les communications officielles de Jean-Martin Aussant, je lui ai fait parvenir le message électronique suivant en date du 11 mars 2012 :

« M. Aussant,

J’aurai 65 ans dans un mois…un rejeton de la première génération des baby-boomers qui a cru, au début des années ’70, que le Québec allait devenir un pays !

Lors du référendum de 1980, j’ai vécu une première déception, suivie d’une profonde rancoeur en 1995. À ces deux occasions, les Québécois ont eu à se prononcer sur des questions alambiquées qui ne conduisaient nulle part sauf au cul-de-sac.

Aujourd’hui, pour la première fois depuis plus de quarante ans, je suis devenu membre officiel d’un parti, soit le vôtre, à la tête duquel un chef revendique le droit de faire du Québec un pays.

Toutefois, à travers les communications officielles de ce chef, semble planer un doute sur deux concepts qui, à mon sens, sèment l’ambigüité chez plusieurs militants de ma génération, à savoir la souveraineté et l’indépendance.

Nous avons été échaudés depuis des décennies par le concept de la souveraineté-association de René Lévesque en passant par l’étapisme de Claude Morin, les conditions gagnantes de Lucien Bouchard, jusqu’au plan de gouvernance souverainiste de Pauline Marois…Nous avons maintenant besoin d’un discours qui annonce clairement ses couleurs, soit "l’indépendance" du Québec.

Je suis convaincu que, le jour où vous parlerez de l’indépendance du Québec sur toutes les tribunes où vous aurez à vous exprimer, votre parti et tous les militants qui vous appuient en retireront des gains fort appréciables auprès de l’électorat québécois.

En résumé, M. Aussant…Option nationale est-il un parti indépendantiste, oui ou non ? Si tel est le cas, affirmez-le haut et fort !

Avec toute ma considération, 
Henri Marineau, Québec 
Membre officiel d’Option nationale »

Dans la soirée du 13 mars, j’ai reçu la communication suivante de la part du chef d’Option nationale :

« Bonsoir M. Marineau,

Désolé du délai, mais vous comprendrez que l’immense volume de correspondance fait que les délais de réponse sont inévitables (et ils sont normalement beaucoup plus longs que 2 jours, bien malgré moi, mais je fais un spécial juste pour vous !).

Pour répondre à la question qui vous préoccupe, Option nationale est souverainiste, indépendantiste, séparatiste, sécessionniste ou toute autre appellation qui signifie que le Québec doit être un pays en bonne et due forme au plus vite, comme près de 200 autres pays dans le monde qui ne regrettent jamais d’être maîtres chez eux.

Le dictionnaire nous ramène à la même chose, qu’on parle de souveraineté ou d’indépendance :

Souveraineté : indépendance de l’État. 
Indépendance : souveraineté nationale.

Alors vous comprendrez que je considère qu’on ne devrait pas s’entre-déchirer à ce sujet. Je comprends ceux qui nous observent de l’extérieur et qui ne nous prennent pas au sérieux quand ils nous voient nous battre à propos de telles questions. Et ils sont précisément ceux que nous devons convaincre, alors parlons de faire un pays et tout le monde saura où on loge.

Je continuerai sans relâche mon travail pour faire du Québec un pays et je laisserai le choix des mots aux militants. Tant qu’on sait où on va, on finira par s’y rendre. Et Option nationale est très claire sur la destination.

Merci de votre confiance et au plaisir M. Marineau,

JMA

Jean-Martin Aussant 
Député de Nicolet-Yamaska »

vigile.net tribune libre 14 mars 2011

Commentaires:

"Merci M. Marineau de nous faire profiter de votre correspondance avec JMA. Je pense que parler de faire du Québec un pays règle la question une fois pour toutes. Il s'agit de le faire maintenant."

Stefan Allinger
vigile.net tribune libre 14 mars 2012

"Ce qui est bien avec Jean-Martin Aussant, c'est que ces réponses sont toujours d'une clarté et d'une sincérité déroutantes et tellement rafraîchissantes. C'est une première pour moi aussi que d'être officiellement membre d'un parti politique et je suis très fier de le clamer haut et fort. Avec un véhicule aussi clair qu'Option nationale, le Québec comme pays redevient un discours dominant."

David Savoie
vigile.net tribune libre 14 mars 2012 

 



Pourquoi pas un ordre professionnel des politiciens?

14 mars 2012

François Legault persiste et signe…Si elle venait à former le prochain gouvernement du Québec, la CAQ créerait un ordre professionnel des enseignants dont l’objectif serait de s’assurer de la réussite des élèves en garantissant la qualité de l’enseignement.

Cet ordre professionnel aurait comme mandat, entre autres, d’évaluer les enseignants du primaire et du secondaire deux fois par année en se basant, entre autres critères, sur les résultats des élèves…pathétique!

Au rythme où François Legault persiste dans ses idées abracadabrantes, je me demande si nous ne devrions pas envisager de lui proposer la création d’un ordre professionnel des politiciens chargé de les évaluer sur la performance de leurs résultats!

quebechebdo 14 mars 2012 
Le Soleil 15 mars 2012 "Un ordre professionnel des politiciens?"

Une figure de proue des mouvements syndicalistes et féministes s’éteint

13 mars 2012

La militante québécoise Madeleine Parent, figure de proue des mouvements syndicalistes et féministes des 50 dernières années au Québec, est décédée le 12 mars 2012 à l’âge de 93 ans.

Née en 1918 à Montréal, Madeleine Parent s’est fait surtout connaître pour son travail à la tête du mouvement de syndicalisation des usines de Dominium Textile, à Valleyfield et à Montréal, dans les années 1940. En 1942, lorsque la grève éclate, elle fait preuve de courage, de leadership et de détermination contre des ennemis de taille. En 1946, les grévistes ont finalement gain de cause et plus de 6000 ouvriers du coton se syndicalisent.

En raison de son engagement envers les travailleurs, elle a été la cible du premier ministre québécois Maurice Duplessis qui l’accusait d’être communiste. Elle a d’ailleurs été arrêtée à cinq reprises et condamnée en 1948 pour conspiration séditieuse.

En 1952, les ouvriers québécois, trahis par la direction des Ouvriers unis du textile d’Amérique qui conclut avec la Dominion Textile un accord qui reflète étroitement les exigences de Duplessis, Madeleine Parent contribue à fonder le Conseil des syndicats canadiens, voué au rapatriement au pays des syndicats d’allégeance américaine. La détermination et la patience de Mme Parent et de ses alliés portent fruit : en 1998, seulement 30 % des ouvriers québécois cotisaient à un syndicat américain, comparativement à 70 % en 1968.

En 1967, elle s’expatrie en Ontario pour continuer son oeuvre de syndicalisation. Ses combats se poursuivront jusqu’à sa retraite, en 1983, mais elle continuera sans relâche à appuyer diverses causes. Elle est notamment restée impliquée dans le Comité canadien d’action sur le statut de la femme, et a continué de militer pour l’avancement des femmes immigrantes et autochtones.

En 1996, elle déclarait que « c’est aussi difficile aujourd’hui de se battre pour la justice que cela l’était autrefois : quand on lutte pour garder et améliorer les acquis sociaux, on se trouve toujours devant une coalition de gros financiers qui ont beaucoup d’influence sur nos gouvernements ».

De plus, elle a toujours trouvé aberrant que les gouvernements songent à privatiser certains services publics pour renflouer leurs coffres. « À la fin, ça va nous coûter plus cher, car les compagnies sont là pour faire des profits, pas pour servir le public (…) Les multinationales et les grosses compagnies n’ont qu’une idée en tête : gober, gober et gober encore plus », prévenait-elle. Pessimiste, elle affirmait aussi qu’« à moins que les forces populaires s’unissent et continuent à faire pression, le système lui-même ne trouvera pas de solutions ».

Madeleine Parent, cette Québécoise militante ardente, passionnée de justice et d’équité, restera pour toujours un modèle, un sujet de fierté et d’admiration pour les désormais rares témoins de sa génération et, sa mémoire, sa vie, le courage et la détermination sans borne qu’elle a incarnés devront être présentés en lettres d’or aux générations montantes dans les livres d’histoire du Québec.

vigile.net tribune libre 13 mars 2012
quebechebdo 15 mars 2012



L’étudiant universitaire est-il un « contribuable »?

12 mars 2012

Lors d’une entrevue à La Presse Canadienne, le ministre des finances Raymond Bachand s’est livré à un plaidoyer en faveur de la « juste part » payée par les contribuables, quelques jours avant la présentation de son budget, le 20 mars.

À ses yeux, une société en santé est celle qui dit : « Je veux des services, mais je ne peux pas toujours demander aux autres de payer pour », commente le ministre, qui se dit partisan d’une « révolution culturelle » en la matière. La formule « que chacun paye sa juste part » des services publics semble donc en voie de devenir le mantra du gouvernement Charest, et pas seulement pour les droits de scolarité. Au contraire, ce principe « devrait s’appliquer partout, sauf dans la santé de base, parce que la santé, on a décidé, comme société, que c’était gratuit », a précisé le ministre.

Si je suis le raisonnement du ministre, en vertu de quel principe doit-on considérer la personne malade comme quelqu’un qui a droit aux services publics gratuits alors que nous devrions exclure de cette gratuité un jeune qui désire poursuivre ses études jusqu’à l’université ?

La santé, au même titre que l’éducation, ne sont-ils pas des droits universellement reconnus ? Une société foncièrement axée sur ses besoins fondamentaux ne devrait-elle pas reconnaître à tous ses citoyens les droits à la santé et à l’éducation ?

Une petite recherche sur internet m’a conduit à cette définition du mot « contribuable » : « Terme général pour désigner toute personne astreinte au paiement des contributions, impôts, droits ou taxes dont le recouvrement est prévu par la Loi ». En vertu de quelle loi un tel recouvrement doit-il s’appliquer pour les droits de scolarité ?

M. Bachand, cessez de colporter cette idée que les étudiants sont de « simples contribuables d’un service public » et admettez une fois pour toutes que ces jeunes incarnent la relève de la société québécoise dont vous êtes un des premiers responsables !

vigile.net tribune libre 12 mars 2012
quebechebdo 13 mars 2012