Notre réponse sera la lutte

6 mars 2012

Un article signé par Mathieu Lévesque paru dans la chronique « Libre opinion » du Devoir du 6 mars sous le titre « Moi, à la maîtrise ? Qui l’aurait cru ? » a suscité mon intérêt, particulièrement en raison du parcours peu commun qu’a dû emprunter ce jeune pour parvenir à des études de maîtrise et à ses valeurs de solidarité manifestes.

Ayant un père pauvre et sans éducation n’ayant jamais aimé l’école, on lui appris qu’il fallait aller travailler jeune comme un homme. Il a maintenant 55 ans, il a travaillé toute sa vie comme charpentier, il a mal partout et est maintenant contraint de faire de l’entretien ménager.

À l’exemple de ses parents qui n’ont qu’une deuxième secondaire, Mathieu n’a jamais même pensé terminer son secondaire, envisageant plutôt faire un métier comme son père et aller sur le marché du travail. Il a quand même terminé ses études secondaires et a entrepris des études collégiales pendant quatre ans dans un programme préuniversitaire d’une durée normale de deux ans.

Tranquillement, en avançant dans ses études, il s’est rendu compte qu’il n’était pas plus con qu’un autre et, du sentiment de honte et d’humiliation, il a commencé à ressentir de la fierté.

En plus de faire ses études, il a décidé de s’impliquer socialement dans sa communauté. Petit à petit, il est devenu en quelque sorte un modèle d’implication et cela a fortement contribué à forger son identité. Mais ce dont il est le plus reconnaissant, c’est d’avoir rencontré des gens qui ont su lui ouvrir les yeux par rapport à la société dans laquelle il vit. Les bons professeurs qu’il a eu la chance de rencontrer, mais surtout, ceux et celles que l’on nomme les militants.

Selon Mathieu, c’est leur rencontre qui l’a formé en tant que citoyen. Il a alors commencé à participer à des exercices démocratiques à travers les assemblées générales étudiantes. En 2005, il est allé manifester, il s’est informé davantage, il a participé et il a grandi. Il est maintenant à l’université, comme étudiant à la maîtrise, ce qu’il considère pratiquement comme un miracle.

Avec le temps, il a appris que le Québec avait fait, au début des années ‘60, des choix de société, entre autres, de démocratiser son système d’éducation pour permettre au plus grand nombre d’y avoir accès. Mathieu s’identifie fortement à ce plus grand nombre et il remercie ceux et celles qui, à ce moment-là, se sont battus pour cela, sans lesquels il ne serait sans doute jamais allé aussi loin, les droits de scolarité élevés ayant sans doute contribué à le repousser de l’accès aux études supérieures.

Quand il s’est rendu compte que ces choix étaient éminemment politiques, il a arrêté de croire au miracle. En fait, le seul miracle qui existe, selon Mathieu, c’est la prise en charge politique de notre avenir collectif…cela s’appelle un choix de société.

Pour Mathieu Lévesque, la hausse des droits de scolarité prônées par le gouvernement Charest est une mesure régressive et injuste qui va avoir d’importantes conséquences. Plusieurs autres choix pourraient être faits. Si, pour le gouvernement, l’appauvrissement de la population déjà endettée est une solution, alors notre réponse sera la lutte. Ce sont sur de telles luttes que le Québec moderne s’est bâti, et elles sont encore aujourd’hui au coeur de ses espoirs.

Enfin, Mathieu termine son article sur ses mots : « Je vais me battre. Je suis en grande partie un produit de cette société et je m’apprête à la défendre avec tous les outils qu’elle m’a permis de développer… c’est un combat de longue haleine que nous nous apprêtons à mener. Je ne suis pas seul et c’est bien là ma force. »

vigile.net tribune libre 6 mars 2012
quebechebdo 6 mars 2012



Pas question de diluer le message

5 mars 2012

En entrevue éditoriale avec Le Devoir une dizaine de jours après la fondation d’Option nationale, Jean-Martin Aussant résume assez bien la position de son parti sur la souveraineté du Québec :

«Je suis convaincu qu'un parti qui tiendra un discours clair en parlant de la souveraineté va pouvoir être élu. Il ne faut pas avoir peur d'entrer dans la campagne en faisant de la souveraineté son principal argument, même si l'actualité dit que la priorité est les urgences, par exemple. Il faut faire le lien démontrant que la souveraineté va nous donner les moyens de mieux régler toutes nos priorités quotidiennes.»

Or, parler de souveraineté est précisément la mission que s'est donnée Jean-Martin Aussant en fondant Option nationale (ON) après avoir claqué la porte du PQ, en juin 2011. Âgé de 41 ans, l'économiste croit dur comme fer aux vertus de la pédagogie souverainiste. Son plan de match: évoquer la souveraineté partout, tout le temps, à tout vent. Ce n'est pas tant le coeur du message que le message dans son entièreté.

M. Aussant est convaincu qu'une grande majorité de Québécois veulent la souveraineté pour de vraies raisons fondées et intemporelles, et non pas à cause de crises ponctuelles. Selon lui, les seuls fédéralistes impossibles à convaincre sont ceux qui «se sentent d'abord Canadiens» de coeur. Et si ces derniers faisaient un choix strictement rationnel, ils opteraient pour l'indépendance du Québec. «Tous les arguments économiques militent fortement en faveur du oui», soutient-il, avant de lancer que «la souveraineté n'est pas un projet de poète».

En ce qui a trait au PQ, Jean-Martin Aussant y va de cette déclaration :

«Le PQ parle un peu de tout pour ratisser plus large dans l'électorat et aller chercher des votes à gauche et à droite. Au fil des ans, la formation est devenue un parti de professionnels de la politique qui ont des carrières à bâtir. Ce n'est pas néfaste en soi, mais quand c'est essentiellement ça qui dicte les décisions du parti, à savoir la manière de retourner au pouvoir le plus rapidement possible et non ce qu'on va faire du pouvoir ensuite, je pense qu'il y a un grave problème.»

Face à l'hypothèse d'un parti souverainiste qui prendrait le pouvoir sans faire la souveraineté, il préfère encore attendre une élection de plus et, dans l'intervalle, laisser la place à un gouvernement formé des libéraux ou de la Coalition avenir Québec. « Pour le mouvement, ce serait pire d'avoir des souverainistes qui restent au pouvoir quatre ou huit ans mais ne font pas la souveraineté », affirme M. Aussant.

Enfin, le chef d’Option nationale n'entend pas diluer son message tout entier axé sur la promotion de la souveraineté. «C'est dur de garder ses idées et idéaux. Souvent, il y a des arguments pragmatiques qui disent de mettre un peu d'eau dans son vin. Mais l'électorat est tanné de toute cette eau dans tout ce vin». 

quebechebdo 5 mars 2012
vigile.net tribune libre 5 mars 2012

Sagesse pour la vie

4 mars 2012

Depuis plusieurs années, un petit livre de chevet contenant des pensées, intitulé «Sagesse pour la vie», est posé sur une table dans mon salon et, à l’occasion, il m’arrive de l’ouvrir et de lire une page au hasard.

Même si la plupart de ces réflexions s’adressent aux individus, j’y ai souvent perçu une connotation avec certaines situations que peuvent vivre les peuples. C’est dans cette optique que je vous en propose quelques unes qui, à mon sens, peuvent s’appliquer aux aspirations du peuple du Québec.

«Paradoxalement, il n’y a que dans l’évolution, la réforme et le changement que l’on peut trouver la sécurité» Anne Morrow Lindbergh

«Quand on veut vraiment quelque chose, on l’obtient. Il faudra peut-être être patient, travailler dur longtemps, mais c’est possible. Cette conviction est le pré-requis de toute entreprise, artistique ou autre» Margo Jones

«On n’est jamais vraiment perdant tant qu’on persévère» Mike Ditka

«Un jour, j’ai déterminé la façon dont je procéderais chaque fois que je devrais faire un choix pour mon avenir. Je passe tous les arguments en revue en distinguant ceux qui sont guidés par la peur de ceux qui sont le fruit de la créativité. Et toutes choses étant égales par ailleurs, je fais mon choix pour un avenir qui laisse davantage parler de place à ma créativité. Je crois que c’est en se basant sur ce principe que la jonquille et la crocus décident de se frayer une place à la surface de la terre» Katharine Butler Hathaway

«La vie ne demande pas d’aller au-delà de ses forces. Le seul exploit possible est celui de ne pas s’enfuir» Dag Hammarskjold

«Il y a assez de personnes qui nous disent ce qui est. Il nous en faudrait qui nous disent ce qui pourrait être» Robert Orben

«La victoire est souvent retardée mais rarement au sommet du courage…Pour moi, ce sommet, c’est la liberté. Cette liberté qui nous vient avec la certitude que nulle puissance terrestre ne peut nous détruire; que la seule chose qui nous est indispensable est un esprit sain : qu’en définitive, c’est le courage de nos opinions qui fait bouger les choses, et qui rend tout changement possible» Paula Giddings

«Si nos peuples doivent lutter contre l’asservissement, nous devons les armer de l’épée, du bouclier et de l’écu de la fierté, afin qu’ils croient en eux et en leurs possibilités, héritage d’une véritable connaissance des exploits du passé» Mary McLeod Béthune

«L’espoir porte un costume de plumes, se perche dans l’âme et inlassablement chante un air sans paroles; mais c’est dans la tempête que son chant est le plus doux» Emily Dickinson

«Quels que soient les défis que la vie vous oppose, rappelez-vous de regarder toujours le sommet de la montagne, car de cette façon, vous regarderez la grandeur. Souvenez-vous de cela, et ne laissez aucun problème, quelle que soit son importance, vous décourager ni vous distraire par plus petit que le sommet de la montagne» Alfonso Ortiz

quebechebdo 4 mars 2012
vigile.net tribune libre 4 mars 2012

Le dernier pas…la gratuité scolaire jusqu’au doctorat

3 mars 2012

En juillet 1960, dans le nouveau gouvernement de Jean Lesage, Paul-Gérin-Lajoie est un des hommes forts: il est nommé vice-premier ministre, ministre de la Jeunesse et responsable du département de l'Instruction publique. Il prend donc le leadership de la grande réforme qui s'amorce, alors que dès 1961, le gouvernement met sur pied la commission Parent et adopte la «Grande Charte de l'éducation», qui instaure une flopée de nouvelles mesures.

Lorsque la commission Parent dépose, en 1963, le premier volume de son rapport proposant la création d'un ministère de l'Éducation, Paul Gérin-Lajoie entreprend une tournée populaire de deux mois et demi à travers le Québec pour convaincre la population de l'importance de cette réforme. Devenu le premier ministre de l'Éducation en 1964, il poursuit sans relâche son travail, autorisant, entre autres, la création des polyvalentes et des cégeps, ouvrant de la sorte l’accessibilité aux études supérieures à tous les jeunes du Québec, excluant par ailleurs la gratuité au niveau des études universitaires.

Aujourd’hui, les étudiants inscrits à l’université se battent contre une augmentation de leurs droits de scolarité. À mon sens, cette lutte ne s’attaque pas au véritable problème en ce sens qu’elle devrait viser la gratuité scolaire au-delà du niveau collégial et englober les études universitaires.

À mon avis, il existe deux sphères politiques primordiales dans une société qui valorise le plein épanouissement de ses citoyens, à savoir la santé et l’éducation. Nous avons déjà au Québec un système de santé accessible à tous…pourquoi ne pas nous doter d’un système d’éducation similaire, compte tenu que l’éducation représente le fer de lance d’une société tournée vers l’avenir?

Lors de leur congrès de fondation tenue le 25 février, les militants d’Option nationale ont adopté, entre autres, la résolution
suivante :

« L’éducation au sens large – études académiques, formation professionnelle, perfectionnement – représente la clef de l’épanouissement de notre peuple et des individus qui le composent, par le développement des connaissances et des talents, le partage du savoir et l’évolution de la mémoire collective.

L’éducation est aussi la clef de la prospérité et du bien-être à long terme et demeure le meilleur investissement qu’une société puisse faire en elle-même en ouvrant la porte, entre autres, à de meilleures conditions de vie et à la nécessaire innovation qui permet aux économies de se démarquer. Fort de sa créativité reconnue internationalement, le Québec a tout ce qu’il faut pour faire partie des nations les plus instruites et les mieux formées si nos politiques publiques sont cohérentes avec cet objectif.

En conséquence, un gouvernement d’Option nationale :

Instaurera la gratuité scolaire de la maternelle au doctorat. Dans le cas des études collégiales et universitaires, des balises seront mises en place afin de s’assurer que ceux qui bénéficient de la gratuité scolaire contribueront ensuite à la société qui leur a permis d’acquérir leur formation et leurs compétences. »

Le Québec est maintenant placé devant un choix de société… Il doit accepter d’assumer les frais encourus par cette gratuité s’il désire permettre à sa jeunesse de se démarquer mondialement et ainsi devenir une véritable nation reconnue pour ses compétences dans tous les domaines. 

quebechebdo 3 mars 2012
vigile.net tribune libre 3 mars 2012 "Un choix de société"
cyberpresse.ca 12 mars 2012 "Pour ou contre la grève des étudiants" "Un choix de société" (version abrégée)

Une approche personnalisée

2 mars 2012

En ouvrant ma boîte de messageries électroniques ce matin, j’ai été agréablement surpris de découvrir ce message personnel de Jean-Martin Aussant faisant état des principales propositions qui ont été adoptées lors du congrès de fondation d’Option nationale le 25 février.

Voilà, me suis-je dit, une approche mobilisatrice et respectueuse envers les membres qui constituent ce nouveau parti politique…une approche personnalisée qui dénote toute l’importance accordée au regroupement d’une équipe par son chef.

« M. Marineau,

Réunis en fin de semaine dernière à Bécancour, c’est plus de 350 membres d’Option nationale qui ont participé à la formation de notre parti, dans le cadre de notre premier Congrès. Les congressistes ont ainsi pu entériner la plateforme du parti, dont l’objectif est de faire du Québec un pays libre de tous ses choix. Plus qu’un simple vent de changement, ce que les Québécois veulent, c’est une vision claire pour notre avenir collectif.

Un projet ambitieux pour le Québec

Parmi les propositions adoptées, Option nationale compte faire en sorte que le Québec vote toutes ses lois, perçoive tous ses impôts et signe tous ses traités. En outre, une Constitution proposant la souveraineté du Québec et l’établissement de certaines valeurs fondamentales sera également écrite et soumise à l’approbation de la population du Québec sous un éventuel gouvernement d’Option nationale.

Figurent aussi au programme d’Option nationale, entre autres, la nationalisation des ressources naturelles, la gratuité scolaire, un projet de monorail national, des efforts accrus vers la prévention dans le domaine de la santé et la création d’une société d’État qui centralisera l’achat des produits pharmaceutiques au Québec. Les institutions démocratiques sont aussi visées par la plateforme, qui inclut un financement public des partis politiques pour éliminer l’influence de donateurs privés, des élections à date fixe, une stricte supervision des lobbys et l’ajout d’une composante de proportionnelle au système électoral québécois.

Une organisation simple qui permettra la participation de tous

Les statuts temporaires du parti ont également été entérinés par les participants au congrès et incluent, entre autres, une ouverture permanente à collaborer, voire fusionner, avec tout autre parti qui véhiculera un message jugé suffisamment similaire.

Surtout, nos statuts déterminent les formules qui permettront de nous doter d’équipes locales lors d’Assemblées générales. Ces équipes couvriront le territoire du Québec et viseront à redonner à tous le goût de la politique et l’envie de participer aux affaires nationales. Bref, d’agir pour transformer le quotidien. Aussi, si vous souhaitez être de l’une de ces équipes, nous vous rappelons que vous pouvez remplir le formulaire de « bénévolat » en cliquant ici. Très rapidement, dès lors qu’un noyau suffisant de membres sera identifié, nous entrerons en contact avec vous pour organiser ces rendez-vous.

Une équipe nationale pleine de talents

Le congrès a enfin permis d’entériner un premier Conseil national qui guidera les destinées du parti pour la prochaine année. Il est constitué de professionnels et d’étudiants aux profils variés qui sauront faire progresser les idées d’Option nationale au sein de la population du Québec. Les membres qui siégeront au conseil national fondateur sont :

Denis Monière, professeur de science politique, comme VP à la commission politique ; 
Yanek Lauzière Fillion, formateur à la francisation des immigrants, comme VP à la citoyenneté et aux communautés ; 
Paolo Zambito, étudiant à la maîtrise à l’ÉNAP, comme VP à l’organisation et à la mobilisation ; 
Gabrielle Dufour Turcotte, étudiante en droit, comme secrétaire ; 
Martin Désilets, transporteur scolaire, comme trésorier 
Evelyne Beaudin, étudiante à la maîtrise en économie, comme conseillère ; 
Christian Bélanger, gestionnaire et enseignant, comme conseiller ; 
Sarah Désilets Rousseau, avocate, comme conseillère ;
Catherine Dorion, auteure et comédienne, comme conseillère ; 
Catherine Fillion Lauzière, avocate, comme conseillère ; 
Caroline Lang, étudiante en droit, comme conseillère ; 
Marianne Mathis, géographe, comme conseillère ; 
Julie McCann, avocate et chargée d’enseignement, comme conseillère ; 
Nicolas Payne, musicien et chroniqueur, comme conseiller ; 
Bernard Plante, chargé de projets, comme conseiller ; 
Miguel Tremblay, physicien, comme conseiller.

C’est donc avec le plus grand des enthousiasmes que nous pouvons entrevoir l’avenir d’Option nationale !

Au plaisir de vous revoir bientôt lors de l’une de nos prochaines activités,

Jean-Martin Aussant 

Chef d’Option nationale 
Député de Nicolet-Yamaska  »

vigile.net tribune libre 2 mars 2012
quebechebdo 3 mars 2012

Des aînés pris en otages

1 mars 2012

À toutes les fois que j’entends des histoires grotesques au sujet de la maltraitance de nos aînés dans les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD), je ressens une vive colère et une profonde indignation envers les autorités concernées par la qualité de vie de ces personnes âgées dont la vulnérabilité ne fait qu’amplifier mon exaspération.

Encore une fois, il aura fallu attendre de récents cas de négligence envers les aînés en CHSLD dévoilés dans les médias, rapportant notamment des cas de mépris envers les résidents, un manque d'intimité lors des soins, des repas désorganisés ou encore des odeurs désagréables dans certains établissements, pour forcer la ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, à intervenir face à ces situations inhumaines et inacceptables.

Mais où étaient donc les autorités gouvernementales avant la révélation de telles incongruités dans les médias? Comment peuvent-elles s’imaginer sérieusement que la présence de 2 inspecteurs pour les 468 CHSLD au Québec puisse être suffisante pour exercer un contrôle adéquat sur la gestion de ces centres hospitaliers?

Dans une réunion téléphonique avec les 16 dirigeants des agences de santé et des services sociaux du Québec, récemment, la ministre Vien leur a demandé de lui livrer rapidement un portrait de la situation. Elle souhaite savoir ce qui se passe sur le terrain afin d'apporter les correctifs nécessaires…Pourquoi, tout à coup, la ministre semble-t-elle tomber des nues?

Et la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, de répliquer, toujours à la suite de ces révélations : « Oui, ça prend des sanctions quand les gens négligent nos aînés, quand nos aînés sont maltraités. On ne peut pas laisser les personnes maltraitées, il y a une charte des droits de la personne qui existe. » Avant de parler de sanctions, Mme Blais, ne croyez-vous pas que vous devriez faire en sorte de prévenir de telles maltraitances?

Quand nos dirigeants vont-ils enfin prendre leurs responsabilités et mettre sur pied les dispositions qui s’imposent pour pallier de telles aberrations et délivrer nos aînés de ce système vicié qui les condamne à survivre comme des otages…en attendant? 

quebechebdo 1er mars 2012

Ras-le-bol des études

29 février 2012

L’annonce de la création du comité stratégique sur la souveraineté par Pauline Marois a suscité en moi comme un arrière-goût de retour sur les bancs d’école où je devrais refaire mes classes pour me remettre au goût du jour.

En effet, les douze membres désignés, dont je ne remets nullement en question la bonne foi, auront pour mandat de revoir les 148 études portant sur la souveraineté et d’en mener éventuellement d’autres. Ils se pencheront de plus sur les stratégies choisies dans le cadre des référendums de 1980 et de 1995.

Je me demande sérieusement l’intérêt que pourrait éveiller en moi ce retour aux études compte tenu que j’aurais l’impression de reprendre des cours auxquels j’ai déjà assisté et qui, de surcroît, ont conduit à deux échecs.

J’ai plutôt l’impression de me placer dans une position de sur-place interminable où je suis cantonné dans un statut d’étudiant depuis plus de quarante ans…une période plutôt longue avant de pouvoir parvenir sur le marché du travail!

Pourtant, d’autres étudiants semblent avoir enfin acquis leur diplôme et être prêts à affronter les défis que leur réserve l’avenir du Québec…Ils étaient près de 400 le 25 février au congrès de fondation d’Option nationale.

Ces militants revendiquent le droit de s’exprimer ouvertement sur les avenues qu’ils proposent pour accéder à notre statut de pays, à partir d’une plate-forme qui met résolument la cap sur l’indépendance du Québec, à savoir :

- l’exercice par le gouvernement du Québec de son droit exclusif d’édicter les lois sur son territoire, d’y percevoir toutes les taxes, contributions et impôts et de signer tous les traités internationaux,

- la création d’une constituante pour rédiger une constitution du Québec contenant, entre autres, une déclaration d’indépendance et l’adoption de cette constitution par référendum.

À cela, s’ajoutent d’autres propositions adoptées en matière d’économie, d’éducation, de santé, d’identité et de démocratie.

Et ce parti possède de plus l’avantage d’avoir à sa tête un leader jeune et dynamique en la personne de Jean-Martin Aussant, un politicien d’avant-garde résolu à procéder à l’accession du Québec à son statut de nation, entouré d’une pléiade de sympathisants à la cause, de toutes générations confondues.

Après un tel constat, avons-nous encore besoin de retourner aux études?

quebechebdo 29 février 2012
vigile.net tribune libre 29 février 2012

Les insolences d’une caméra (version 2012)

28 février 2012

Les plus âgés se souviendront sûrement de l’émission «Les insolences d’une caméra» du début des années ‘60, animée par Alain Stanké, et dans laquelle certaines personnes étaient prises dans des situations plus ou moins loufoques par une caméra cachée.

Eh bien, l’histoire semble vouloir se répéter dans notre auguste parlement canadien où des députés fédéraux membres d'un comité des Communes étudient la possibilité de munir de petites lumières rouges les caméras qui filment leurs échanges en Chambre.

Certains députés affirment que cela les aiderait à savoir à qui s'adresser quand ils prennent la parole. Mais d'autres prétendent que l'idée n'a rien à voir avec ceux de leurs collègues qui sont devenus malgré eux de véritables vedettes sur YouTube après avoir été filmés faisant leur toilette ou faisant un petit somme.

À titre d’exemples, une vidéo mise en ligne sur YouTube, et vue plus de 136 000 fois, montre le député néodémocrate québécois Jonathan Genest-Jourdain qui s'endort derrière sa collègue Françoise Boivin, alors en pleine envolée. Une autre vidéo, celle-là vue plus de 77 000 fois, montre le député conservateur albertain Rob Anders lutter pour rester éveillé.

De son côté, le président du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre, le député conservateur Joe Preston, affirme qu'une lumière rouge n'empêcherait pas nécessairement les députés d'être humiliés en ligne, mais que cela n'est pas le but premier de l'exercice. Selon lui, certains députés s'inquiètent de sembler parler dans le vide quand ils prennent la parole: une lumière rouge, dit-il, leur permettrait de s'adresser directement à la caméra.

Par ailleurs, Peter Milliken, qui a été président de la Chambre des communes pendant dix ans, rappelle qu'aucun débat véritable ne se déroulera si les députés s'adressent aux caméras plutôt qu'à leurs collègues. «La majorité des députés doivent s'adresser au président ou aux autres députés, ils doivent tenter de convaincre les autres députés grâce à leurs arguments. Donc, d'après moi, c'est ce qu'ils devraient faire au lieu de s'occuper de la caméra», a-t-il affirmé.

En réalité, nous assistons, encore là, à une démonstration évidente du cirque auquel participent certains de nos élus fédéraux traqués par les insolences d’une caméra pour le moins dérangeante!

quebechebdo 28 février 2012
vigile.net tribune libre 28 février 2012

« Allons-y, le doute, c’est fini »

27 février 2012

Le 9 janvier 2011, je publiais sur cette tribune mon premier article sous le titre « Fier d’être un Québécois pure laine ! » Depuis lors, avec le recul qu’il m’a été donné de bénéficier depuis deux semaines dans les Antilles, j’en arrive à la conclusion que certaines de mes valeurs fondamentales se sont rallumées, que certains relents à odeur nauséabonde ont refait surface, qu’un éveil salutaire s’est produit au niveau de ma ferveur souverainiste et que, finalement, il me semble avoir trouvé la voie qui nous conduira enfin à notre indépendance.

Dans un premier temps, plusieurs de mes articles mettent à contribution la détermination et la persévérance de certaines personnes issues de milieux fort différents, des qualités qui ont toujours fait partie de ma vie personnelle et professionnelle.

D’autres articles soulignent de façon marquante l’importance que j’attache aux jeunes du Québec et à la qualité de leur éducation, compte tenu que, dans le livre de l’ex-enseignant que je suis, j’ai eu la chance, à des centaines d’occasions, de constater la vigueur qui pouvait émerger de ces jeunes pour autant que nous leur permettons d’être des personnes à parts entières.

Par ailleurs, certains textes mettent en relief la contribution exceptionnelle des personnes âgées dans l’évolution de la société québécoise, contribution qui est trop souvent, à mon sens, reliée dans le placard de mouroirs où on les condamne à attendre la mort au lieu de profiter de leurs expériences qui nous éviteraient bien souvent de répéter ad vitam aeternam les mêmes erreurs.

De plus, certains de mes articles soulignent l’importance exceptionnelle de la culture, du patrimoine via les artistes francophones qui ont su, à travers le temps, gravé le sceau de la langue française en Amérique du Nord. Parmi ceux qui ont fait l’objet de mes écrits, mentionnons Félix Leclerc, Gerry Boulay, Claude Léveillée, Raymond Lévesque et Richard Séguin.

Malheureusement et peut-être finalement heureusement, mon chemin, à travers ces treize mois qui m’ont conduit à 243 articles sur Vigile, a été souvent jonché de relents de colonisés qui m’ont rappelé des souvenirs désagréables mais auxquels je devais faire face pour avancer… Je parle ici du rêve de René Lévesque qui, dès le départ, a été étouffé par la fusion du MSA avec le RIN, des tergiversations de l’étapisme de Claude Morin, des conditions gagnantes de Lucien Bouchard jusqu’au plan de gouvernance souverainiste de Pauline Marois.

Enfin, depuis quelques mois, un éveil s’est produit au niveau de ma ferveur nationaliste avec l’arrivée de Jean-Martin Aussant et de son Option nationale, un homme qui représente, à mes yeux, la continuité d’un Jacques Parizeau ou d’un Pierre Bourgault pour qui la fidélité à leurs convictions personnelles ont toujours primé sur la partisanerie, un homme qui situe la patrie au-dessus du parti, un homme qui ose affirmer haut et fort sa confiance envers les Québécois.

À preuve cet extrait du discours de Jean-Martin Aussant prononcé le 25 février lors du congrès de fondation du parti Option nationale devant plus de 350 militants :

« La raison d’être d’Option nationale, de faire du Québec un pays libre de ses choix, passera toujours avant les intérêts du parti. À message similaire, il faut un seul parti et nous avons choisi d’affirmer clairement ce fait dans nos statuts. Notre ouverture est assumée, aux autres formations de décider de leur approche ».

À cet effet, le 9 juin 2011, je publiais un poème sur cette tribune sous le titre « Arrive maintenant le temps d’un nouveau défi », lequel se terminait sur ces vers :

« Il fut un temps pas si lointain 
Où des hommes et des femmes d’ici ont rêvé d’un pays
Arrive maintenant le temps d’un nouveau défi 
Où des hommes et des femmes d’ici se donneront la main 
Pour réaliser enfin
Ce grand et beau pays »

Et bien aujourd’hui, plus que jamais, ce « nouveau défi », c’est avec l’Option nationale que j’ai le goût de le relever « pour réaliser enfin ce grand et beau pays » !

C’est en rectifiant la phrase « nous sommes peut-être quelque chose comme un grand peuple » de René Lévesque que Jean-Martin Aussant a conclu son congrès. Il a expliqué avoir toujours « détesté les deux doutes » qu’elle contient. « Nous sommes un grand peuple, allons-y, le doute, c’est fini », a-t-il martelé.

vigile.net tribune libre 27 février 2012

Commentaire:

"Quel beau cheminement ! Je suis certain que ça n'a pas dû être facile d'en arriver finalement à ces conclusions. Vous avez d'autant plus de mérite que vous mettez vos convictions avant le simple calcul tactique. Si votre démarche est le reflet d'un certain printemps québécois, alors, tous les espoirs sont permis. Soyez assuré que nous apprécions ce que vous êtes et le courage dont vous faite preuve. Ce n'est pas nécessairement évident de s'amender.
Cela démontre votre ouverture d'esprit et votre lucidité. Votre implication au parti sera précieuse. Tout est à bâtir depuis samedi. Les exécutifs de comté peuvent maintenant se former. Option Nationale a besoin de vous, de votre expérience et de votre détermination."

Serge Savoie
vigile.net tribune libre 27 février 2012



Les effets pernicieux de la technologie

27 février 2012

D’entrée de jeu, je vous avouerai que les horizons que nous ouvrent les technologies modernes, en particulier les sites Internet, représentent une avancée phénoménale dans le champ des connaissances qui nous sont offertes.

Toutefois, il arrive des situations où ces mêmes technologies, au lieu de nous servir, nous rendent esclaves de leur utilisation à outrance. À titre d’exemples, je vous propose ces deux incidents auxquels j’ai été témoin au cours de la même soirée lors d’un voyage dans les Antilles d’où je reviens.

Un couple est assis à une table voisine de la mienne, chacun clavardant sur leur I-Pod pendant plus de trente minutes et ce, sans se dire un mot…Quelques heures plus tard, je me retrouve dans le lobby de l’hôtel, près d’un jeune couple, l’homme, le regard complètement attiré sur son I-Pad, la jeune femme, adossée profondément dans son fauteuil, baillant d’ennui pendant que son copain «tripe» carrément devant sa «machine»!

Enfin que je me suis dit…est-il possible que ces personnes n’aient rien à se dire? Est-il possible qu’ils soient rendus esclaves de cette technologie au point que toute forme de communication humaine soit disparue de leur mode de vie?

Si tel est le cas, je suis sérieusement inquiet des effets pernicieux de la technologie moderne et je me demande s’il ne faudrait pas, à l’occasion, ranger ces machins dans nos tiroirs et nous mettre à nous regarder dans les yeux pour recommencer à échanger!

quebechebdo 27 février 2012