Pouvoir respirer ce vent de liberté

12 août 2012

Il m’arrive à l’occasion de comparer la vie humaine à celle d’une société. Par exemple, qui d’entre nous n’a pas eu le goût un jour de tourner la page et de quitter la cage qui le tenait en otage?

En cette période où nous aurons comme peuple à nous prononcer sur notre avenir, j’ai cru opportun de vous offrir ce poème que j’ai écrit à un moment de ma vie où j’éprouvais le vif désir de « pouvoir respirer ce vent de liberté » :

Je dois tourner la page
Et quitter cette cage
Qui me tient en otage
Depuis mon tout jeune âge

M’extirper des ficelles
Qui sans cesse me harcèlent
Ces sournoises félines
Qui peu à peu me minent

Planter l’arbre nouveau
Me l’offrir en cadeau
Ensemencer de graines
Une terre riche et saine

Appuyer le soleil
Du bout de l’arrosoir
Émerger de l’éveil
En aire de reposoir

M’asseoir pour contempler
Ce sol régénéré
Et pouvoir respirer
Ce vent de liberté

Fredonner le ramage
D’un chardonneret volage
Et m’envoler au large
Vêtu de son plumage

Tourner enfin la page
Et libérer la rage
Qui m’obstrue l’œsophage
Depuis mon tout jeune âge

quebechebdo 11 août 2012

 

Les attrapeurs de rêves

12 août 2012

La légende raconte que les attrapeurs de rêves étaient utilisés par les autochtones et qu’ils étaient suspendus dans le quartier de sommeil de la demeure devant une fenêtre. Ils avaient la propriété d’attraper tous les rêves, bons ou mauvais, les mauvais étant pris dans la toile et prisonniers jusqu’à la première lumière du matin qui les brûlait, les bons, eux, retrouvant leur chemin et revenant par les plumes.

Encore aujourd’hui, certaines personnes croient que les attrapeurs de rêves ont un effet bénéfique autant sur les adultes que sur les enfants. Que ce soit le pouvoir du Grand Esprit ou le pouvoir de suggestion, il semblerait que les mauvais rêves disparaissent des cycles du sommeil.

Quelques mois après la naissance de ma petite-fille en 2004, un de mes amis que je surnomme le « coureur des bois » m’en a fabriqué un pour que je lui remette à l’occasion de son arrivée sur terre. Il avait aussi ajouté ce petit texte à son « veilleur de nuits » :

« Les plumes d’oies blanches et de paons vont te protéger durant tes voyages alors que celles du harfang des neiges, oiseau nocturne, vont veiller sur toi pendant la nuit, et celles du faucon, pendant le jour. »

quebechebdo 11 août 2012

Ah ces sondages électoraux!

10 août 2012

Après une semaine de campagne électorale fertile en rebondissements, les résultats du sondage CROP- Le Soleil- La Presse publiés le 10 août révèlent que le PQ reçoit 32% des intentions de vote, le PLQ, 29% et la CAQ, 21%.

Par ailleurs, les Québécois accordent leur appui à Jean Charest dans une proportion de 26 % comme le meilleur premier ministre alors qu’ils privilégient l’intégrité à 37% comme principale qualité du prochain gouvernement.

Sur une note plus divertissante, Pauline Marois rallie 30% de l’échantillonnage comme étant le chef à qui les Québécois confieraient leur enfant tandis que 26% de ces mêmes personnes sondées aimeraient aller prendre une bière avec Jean Charest.

Heureusement, 44% de l’échantillonnage se réserve encore le droit de changer d’opinion d’ici le 4 septembre…Espérons que le résultat final démontrera davantage de cohérence de la part de l’électorat québécois!

quebechebdo 10 août 2012

En serions-nous encore aujourd’hui à tergiverser?

9 août 2012

Dans mes premiers articles parus sur la tribune libre de Vigile au début de 2011, pas moins de quatre de ceux-ci tournaient autour de l’idée de « remettre à la une le rêve de René Lévesque » et ce, entre le 14 et le 22 janvier de cette année-là.

C’est vous dire tout l’engouement que j’éprouvais pour le fondateur du Parti québécois, encore sous l’effet du dynamisme qu’il avait su insuffler au mouvement souverainiste québécois au début des années ’70 alors que je me trouvais au début de la vingtaine.

Puis, les années ont passé…À la suite de la défaite référendaire de 1980, le PQ s’est usé sur les chaises du pouvoir, il est allé par la suite refaire ses classes dans l’opposition jusqu’au 30 octobre 1995 où le glas de ses convictions souverainistes a sonné, annonçant le départ précipité du dernier véritable défenseur de l’indépendance du Québec, à savoir Jacques Parizeau.

Un peu plus d’un an et demi après la parution des articles dont je vous ai parlé plus haut, et ce, grâce surtout aux quelque 340 articles que j’ai écrits depuis et que Vigile a consenti à publier sur sa tribune libre, le temps a soulevé peu à peu la poussière qui s’était accumulée sur mes convictions souverainistes et permis à mon regard de jeter un œil prospectif sur les événements qui ont donné naissance au PQ.

À cet effet, j’aimerais vous faire part de l’argument invoqué par l’auteur d’une opinion parue dernièrement dans un quotidien, et des réactions que m’ont suscitées la lecture de cet article.

Pour soutenir sa thèse avançant l’union des forces indépendantistes comme moyen d’éviter la division du vote souverainiste, l’auteur évoque le 26 octobre 1968, date à laquelle Pierre Bourgault, le président du RIN, propose la dissolution de son parti pour permettre à ses membres, compte tenu de l’échec des négociations entre les deux formations, de joindre le MSA de René Lévesque, une fusion qui donnera naissance au PQ, l’argument de l’auteur de l’article étant essentiellement basé sur la question du vote stratégique pour évincer Jean Charest du pouvoir en se ralliant derrière le PQ.

Après la lecture de cet article, je me suis demandé si nous en serions encore aujourd’hui à tergiverser autour de la notion de souveraineté-association de René Lévesque, perpétuée jusqu’en 2012 dans la gouvernance souverainiste de Pauline Marois, si Pierre Bourgault avait persisté dans ses convictions profondes en maintenant l’existence du RIN il y a plus de 40 ans.

Alors, avant de proposer des fusions entre un PQ usé et embourbé dans les racines de ses propres origines et d’autres formations s’affichant résolument indépendantistes, peut-être aurions-nous avantage à tirer des leçons de l’histoire !

vigile.net tribune libre 9 août 2012

Le vote par dépit

8 août 2012

Nombreux sont les commentaires entendus ou lus sur les tribunes libres des divers médias arguant l’urgence d’expulser du pouvoir le gouvernement Charest. Et, du même souffle, la plupart des intervenants proposent la voie du PQ pour parvenir à leurs fins.

À titre d’exemple, je vous suggère ce commentaire émis à la suite de mon article paru sur cette tribune en date du 7 août sous le titre « Éveiller la passion irréductible de la liberté » :

« Il est dommage M. Marineau que vous vous entêtiez à trouver une sortie de secours à ce qui nous assaille au Québec. L’important est de se sauver de ce merdier qu’est le gouvernement libéral actuel. Le bateau est en train de couler et plusieurs tentent de regarder la couleur ou la longueur des rames et de se dire que ce n’est pas la situation propice pour réaliser notre destin. Vous êtes en train de vous poser des questions sur la personne battant le tambour dans cette galère. Je vous le répète. Le bateau est en train de couler. Ramez !!! »

En d’autres termes, au lieu de mettre le pain au four, on m’implore de manger de la galette parce que le pain sur la table est rassis…ou, si vous préférez…d’embarquer dans la « galère » du PQ au risque de tourner en rond pendant des années alors que le « voilier » d’ON m’offre de prendre le large et de rejoindre la côte avec fierté.

En ce qui me concerne, je préfère profiter des bons vents qui soufflent sur le Québec plutôt que de « ramer » à contre-courant, et si le bateau-pirate libéral réussissait à gagner la bataille, nous pourrions regrouper nos forces pour l’attaquer lorsqu’il aura mis pied à terre.

Concrètement, dans le pire scénario, les Québécois se donneront un gouvernement libéral minoritaire, à savoir un gouvernement exposé continuellement à une position de faiblesse et soumis à la surveillance constante de l’opposition. Conséquemment, un « bateau » qui ne risque pas de « brouiller l’eau » dangereusement.

Par contre, pendant que de petites guéguerres se dérouleront sur les berges du Saint-Laurent, l’équipage du voilier aura tout son temps pour recruter de nouveaux marins et garnir la « flotte » qui lui permettra d’envahir les installations des « pirates » et de hisser le drapeau du Québec sur son « vaisseau-amiral ».

En conclusion, je dis « non » à un vote par dépit…je préfère de loin rester sur mon appétit et mettre mon pain au four plutôt que de devoir manger la galette que l’on me force à manger depuis trop d’années !

vigile.net tribune libre 8 août 2012
cyberpresse.ca 8 août 2012 (Élections provinciales 2012, partie 5) "Non au vote par dépit" (version abrégée)
quebechebdo 9 août 2012 (version abrégée)

Et si Bourgault avait persisté!…

8 août 2012

Pour soutenir sa thèse avançant l’union des forces indépendantistes comme moyen d’éviter la division du vote souverainiste, Évelyne Guay, dans un article paru dans le Carrefour du lecteur du Soleil du 7 août sous le titre « Pensez-y! » , évoque le 26 octobre 1968, date à laquelle Pierre Bourgault, le président du RIN, propose la dissolution de son parti pour permettre à ses membres, compte tenu de l’échec des négociations entre les deux formations, de joindre le MSA de René Lévesque, une fusion qui donnera naissance au PQ.

L’argument de Mme Guay est essentiellement basé sur la question du vote stratégique pour évincer Jean Charest du pouvoir en se ralliant derrière le PQ, indépendamment de nos convictions politiques qui peuvent trouver des échos plus attentifs auprès de d’autres partis naissants.

À mon sens, si Pierre Bourgault avait persisté dans ses convictions profondes en maintenant l’existence du RIN il y a plus de 40 ans, nous n’en serions pas encore aujourd’hui à tergiverser autour de la notion de souveraineté-association de René Lévesque, perpétuée jusqu’en 2012 dans la gouvernance souverainiste de Pauline Marois.

Peut-être aurions-nous avantage à tirer des leçons de l’histoire et faire confiance à Option nationale qui, comme le RIN à l’époque, est le seul parti qui s’affiche résolument indépendantiste!

quebechebdo 8 août 2012
cyberpresse.ca 10 août 2012 (Élections provinciales 2012, partie 7)

 

 

Éveiller la passion irréductible de la liberté

7 août 2012

J’ai toujours été ébahi par le style littéraire imagé et concis d’Albert Camus. Dernièrement, à la page d’accueil de la tribune libre de Vigile, une des pensées percutantes de Camus, comme lui seul peut les exprimer, m’a élevé au niveau de la passion irréductible de la liberté :

« Je crois, pour ma part, que l’idée de révolution ne retrouvera sa grandeur et son efficacité qu’à partir du moment où elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la liberté. »

Toutefois, en mon fors intérieur, je me suis demandé si cette « passion » du peuple québécois, soulevée au début des années ’80, ne s’était pas éteinte avec le temps sous l’influence de vents violents venant de l’ouest et des dépressions intérieures qui en ont découlé.

Comme plusieurs d’entre vous, j’aurais aimé que cette « révolution » se produise au cours des prochaines semaines au Québec…mais malheureusement, force est de constater que ce n’est pas le 4 septembre que nous amorcerons notre périple vers notre indépendance.

Entre le rêve et la réalité, nous devrons attendre les conditions atmosphériques propices qui nous permettront de bâtir ensemble ce Québec souverain que nous espérons habiter et développer au moyen de ses ressources naturelles et culturelles.

Fort heureusement, certains signes nous permettent d’être optimistes dans les prévisions météorologiques à court terme…Entre autres, le mouvement de mobilisation étudiante suscité au printemps et toujours vivant encore aujourd’hui représente, à mon sens, un élément extrêmement positif pouvant influencer l’éveil de cette « passion irréductible de la liberté ».

De plus, la naissance d’Option nationale incarne un vent de fraîcheur qui saura nous insuffler l’énergie nécessaire pour promouvoir à moyen terme « l’idée de révolution » dans la population et réveiller peu à peu la fibre nationaliste chez les Québécoises et les Québécois.

En terminant, je vous laisse sur la dernière strophe de « L’alouette en colère » de Félix Leclerc, histoire de vous rappeler l’urgence d’éveiller en chacun de nous la passion irréductible de la liberté avant que s’installe en nous la colère :

« Mon fils est en prison Et moi je sens en moi Dans le tréfonds de moi Pour la première fois Malgré moi, malgré moi Entre la chair et l’os S’installer la colère »

vigile.net tribune libre 7 août 2012
quebechebdo 7 août 2012 (version abrégée)

Legault et les gros égos

7 août 2012

À la suite de la dernière incartade de Jacques Duchesneau concernant son pouvoir de  nomination de certains futurs ministres caquistes et des nombreux commentaires sur les craintes que François Legault perdent le contrôle de son équipe avec des personnalités aussi fortes que celles de Gaétan Barrette et de Jacques Duchesneau, le chef de la CAQ a répliqué sur son compte Twitter qu’il était habitué de gérer de gros égos, ayant eu à gérer des pilotes.

Indépendamment du qualificatif plutôt dénigrant utilisé pour désigner ses nouvelles recrues et du manque de respect envers ses anciens pilotes, la réponse de François Legault nous plonge dans un style de gestion de l’État qui serait géré à la manière d’une entreprise privée dans laquelle le citoyen devient un consommateur de biens publics soumis à la concurrence du marché.

Une conception entrepreneuriale dans laquelle je refuse d'embarquer au nom d'une saine démocratie participative, indispensable pour le plein épanouissement d'un société.

quebechebdo 7 août 2012 

 

 

La satire au secours de l’absurde

7 août 2012

Sans grande surprise, la campagne électorale québécoise 2012 est lancée sur des airs de déjà-vu, accompagnée d’une inondation de promesses stériles et d’attaques personnelles auxquelles nous sommes habitués depuis des décennies. Devant ce triste constat, il ne me reste plus que la satire pour me sortir de l’absurde dans lequel on tente de m’embarquer…

À titre d’exemples, on peut parler de l’arrivée des deux coqs d’affiche qui sont apparus dans le décor multicolore du paysage caquiste, à savoir Mm Barrette et Duchesneau, dont le dernier en liste n’a pas manqué d’envahir le poulailler dès son arrivée en se donnant le droit de désigner les prochaines poules qui tourneront autour de lui !

Et que dire de la chanson thème quétaine du PQ à saveur de Star Académie, intitulée « À nous de choisir » qui, au bout de quelque 3 minutes, ne nous a toujours pas dit ce que nous sommes appelés à choisir à part des vœux pieux qui ressemblent drôlement à son programme !

Enfin, notre premier ministre surfe sur l’engagement [est-il utile de vous dire qu’il ne le respectera pas ?] de verser 100$ par famille pour l’achat d’effectifs scolaires pour chaque enfant inscrit au primaire public tout en annonçant du même souffle son intention d’augmenter les frais de garderie !

Heureusement, en marge de ce cirque bassement électoraliste, un chef de parti, Jean-Martin Aussant, a mis les cartes sur la table en martelant que seul son parti avait un projet clairement indépendantiste. À cet effet, parlant des autres partis censément souverainistes, à savoir le Parti québécois et Québec Solidaire, l’économiste est formel :

« Ils se disent souverainistes, sauf qu’un parti qui n’a pas la souveraineté comme priorité, en arrivant au pouvoir, il va être envahi par la gestion de l’État et il n’aura plus le temps de commencer à penser à faire un pays. C’est un projet immense, et il faut avoir les idées claires en arrivant au gouvernement, comme M. Parizeau les avait en 1994, et ça a failli fonctionner. »

Quand je considère le portrait d’ensemble que me présentent les trois partis qui se font officiellement la lutte au cours de cette campagne, je ne peux que constater que le chef d’Option nationale démarre sa campagne comme un vrai chef devrait le faire, à savoir parler des vraies choses, des motifs qui nous ont conduits à cette élection… principalement, le choix d’un gouvernement québécois qui réponde à nos aspirations !

vigile.net tribune libre 6 août 2012

Le numéro 2 ramené à l’ordre

6 août 2012

Dès le lendemain de sa mise en candidature officielle au sein de la CAQ, le nouveau numéro 2 pressenti par François Legault comme le futur vice-premier dont les tâches demeurent plutôt vagues, Jacques Duchesneau, a dû être ramené à l'ordre par le chef.

La mésentente a commencé lorsque, lors d'une entrevue matinale à la station de radio 98,5, M. Duchesneau a laissé entendre qu'il aurait une certaine autorité pour nommer les ministres dans un éventuel gouvernement Legault. Questionné par les journalistes au sujet de la déclaration de Jacques Duchesneau, François Legault a immédiatement réagi en affirmant que c'est la prérogative du chef de nommer ses ministres, que M. Duchesneau sera consulté mais que la décision finale reviendra au chef.

François Legault aura beau clamer haut et fort qu’«il n'y a qu'un patron à la CAQ », il aura beaucoup de difficulté à retenir son poulain fringant qui ne s’est jamais gêné pour envahir la scène lorsqu’une porte s’ouvrait devant lui et que les projecteurs éclairaient sa personne!

quebechebdo 6 août 2012
cyberpresse.ca 7 août 2012 (Élections provinciales 2012, partie 5) "Un peu trop fringant…"