10 septembre 2024
C’est un secret de polichinelle, les premiers balbutiements de l’éducation de l’enfant émergent du milieu familial. En effet, nonobstant les changements qui se sont produits au sein de la famille traditionnelle depuis plusieurs décennies, notamment le fait que les deux parents occupent un emploi hors des murs de la maison familiale, ces derniers demeureront toujours les premiers responsables de l’éducation de leur(s) enfant(s).
Or un défi gigantesque s’est sournoisement installé à la maison au cours des dernières années. Je veux parler de l’attrait des médias sociaux chez les jeunes qui, très rapidement, se transforme en une dépendance systémique et qui, notamment, ébranle la concentration chez les jeunes. De là, d’ailleurs, la décision de plusieurs directions d’école de bannir l’utilisation du cellulaire à l’école.
Toutefois, un autre phénomène dévastateur se propage à vitesse grand V dans notre société actuelle. Je veux parler de la violence physique et psychologique entre les élèves. Or, je suis d’avis que la violence prend son origine du manque de respect envers une personne, une attitude qui souvent provient d’un laisser-aller à la maison eu égard à la violence et l’intimidation.
Conséquemment, l’école aura beau implanter des normes de discipline sévères eu égard à ces phénomènes sociétaux, ces mesures n’auront que l’effet d’un coup dans l’eau si le manque de respect et la violence sont tolérés sans coup férir dans la famille, d’où l’arrimage essentiel entre les parents et le personnel scolaire eu égard à la violence sous toutes ces formes.
vigile.quebec tribune libre 9 septembre 2024
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10 septembre 2024
Devons-nous nous réjouir du coup de barre proposé par les jeunes caquistes en éducation lors de leur congrès annuel, à Saint-Hyacinthe, un revirement visant à ramener le civisme et de la discipline à l’école? D’entrée de jeu, force est de constater que les problématiques soulevées par les membres sont bel et bien concrètes dans l’école québécoise d’aujourd’hui. En revanche, j’émets certaines réserves sur les solutions proposées pour pallier ces écarts de conduite. Parmi celles-ci, je retiens le vouvoiement envers les enseignants et le personnel dès la maternelle et le port de l’uniforme obligatoire au secondaire.
Primo, à mes yeux, le respect ne s’exige pas par des «vous», il se gagne avec le temps. Je demeure convaincu que le respect ne s’impose pas de droit, mais qu’il s’acquiert dans une attitude respectueuse des personnes humaines que nous côtoyons, peu importe leur âge et leur statut. En termes clairs, l’enseignant gagnera le respect de ses élèves pour autant qu’il leur rend la pareille. De ce fait, il est utopique de croire qu’un professeur qui exige le vouvoiement gagnera de facto le respect de ses élèves.
Secundo, la réforme en éducation des années ‘60 prône à grands traits la notion d’école «milieu de vie» ouverte à toute la jeunesse du Québec. Dans cette perspective, le port de l’uniforme obligatoire m’apparaît antinomique et contribue à uniformiser la tenue vestimentaire dérogeant ainsi à la liberté de se vêtir selon le goût des élèves pour autant que le costume respecte les critères adéquats à un milieu d’éducation.
Enfin, les jeunes caquistes dénoncent à grands cris le manque de discipline dans les écoles. Or, les règles de conduite communes à tous les élèves, notamment le respect des autres, et l’obéissance à ces règles sont indispensables en milieu scolaire. Toutefois, à mon avis, plus elles recevront l’aval des élèves, plus ils acquiesceront volontiers à leur approbation. En termes clairs, la discipline imposée à coups de règlements incite les élèves à se braquer devant leur application alors qu’un cadre de conduite sous-jacent au milieu de vie d’une maison d’éducation recevra tout au moins une oreille attentive et bien intentionnée.
vigile.quebec tribune libre 9 septembre 2024
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6 septembre 2024
C’est maintenant officiel, dans la foulée des rumeurs qui circulaient depuis quelques mois, le super-ministre de l’Économie et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, tire sa révérence quelques jours avant le début de la commission parlementaire sur le projet de loi 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives. De toute évidence, les tremblements des milieux économique et énergétique du séisme Fitzgibbon laisseront des traces profondes dans le monde politique, notamment l’expertise et l’aplomb du super-ministre eu égard à la maîtrise des dossiers dont il était responsable.
Or parmi ces dossiers, se retrouve le projet Northvolt qui bat de l’aile, les dirigeants ayant déjà annoncé un report du début des travaux de 16 à 18 mois, le président de l’usine suédoise ayant d’abord l’intention de solidifier les bases de ses usines suédoises. Quant aux modifications majeures prévues au sein d’Hydro-Québec, le nouveau ministre désigné par le premier ministre devra, entre autres, s’en tenir à une augmentation maximale de 3% sur les tarifs de la compagnie d’État tel que promis par François Legault.
Nonobstant les nombreuses pirouettes de Pierre Fitzgibbon eu égard à certains règlements de la Chambre dénoncées par le Commissaire à l’Éthique, les interventions du super-ministre faisait fi de la langue de bois et visaient directement le coeur du sujet abordé à la grande satisfaction des médias et des Québécois.
On dit souvent que personne n’est irremplaçable, soit! Toutefois, force est de constater que le ou la remplaçant (e) de Pierre Fitzgibbon aura de «grands souliers à chausser» au sein d’un gouvernement empêtré par l’usure du pouvoir et par une situation économique chancelante. Sans l’ombre d’un doute, le séisme causé par le départ précipité de Pierre Fitzgibbon laisse un trou béant au sein du gouvernement caquiste qui devra affronter, de surcroît, une autre élection partielle cruciale dans Terrebonne.
vigile.quebec tribune libre 5 septembre 2024
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6 septembre 2024
Depuis quelques années, nous assistons à des phénomènes d’une violence inouïe autant à l’intérieur qu’à l’extérieur des murs de l’école qui revêtent des allures de combats de gladiateurs monstrueux, voire sanguinaires. Aucune surprise si nous jetons un coup d’oeil du côté des jeux vidéos violents qui sont étalés ad nauseam sur les médias sociaux.
Nonobstant la prolifération de la projection de ces scènes abominables, peut-être y-aurait-il lieu de jeter un regard sur les milieux familial et scolaire où gravitent nos jeunes. Comme tout comportement déviant qui, sournoisement, prend racine chez les jeunes, la violence s’infiltre, en grande partie, auprès des adultes qui les côtoient. Et je veux parler ici du milieu familial. En termes clairs, qui sème la violence la récolte indubitablement et la dissémine autour de lui et cela, jusque dans les espaces publics, tels les écoles.
Or l’école, qui, en théorie, devrait être un «milieu de vie» où s’épanouissent les jeunes, se retrouve bien malgré elle plongée dans le prolongement de la famille et de la société de consommation excessive de violence physique et psychologique sous le couvercle du harcèlement.
Toutefois, une lueur d’espoir se pointe à l’horizon, à savoir l’arrivée sur les bancs d’école du cours Culture et citoyenneté québécoise qui abordera, entre autres, un volet sur l’utilisation des médias sociaux, une initiative que je salue avec enthousiasme dans l’espoir d’assister à un éveil de la notion de respect qui manque lamentablement à notre société dite «moderne».
vigile.quebec tribune libre 5 septembre 2024
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4 septembre 2024
D’entrée de jeu, les fonctionnaires des ministères et organismes ont obtenu la même base d’augmentation de salaire que les employés du Front commun syndical, à savoir 17,4% sur cinq ans.
Or à compter du 1er avril, les fonctionnaires ayant accumulé trois années consécutives d’ancienneté dans le même ministère et qui auront fourni un «rendement satisfaisant» toucheront un montant forfaitaire de 300$. Et la prime atteindra 800$ lorsque le fonctionnaire aura travaillé au même endroit pendant cinq ans ou plus le 1er avril de chaque année. «C’est une prime de remerciement que le gouvernement verse tous les 1er avril pour dire aux gens: merci beaucoup d’être restés chez nous. Parce qu’on sait qu’au bout de cinq ans dans un même poste, une personne est beaucoup plus productive qu’après six mois», argue le président de la centrale syndicale, Christian Daigle.
Par ailleurs, l’un des points qui achoppent actuellement dans les négociations avec les infirmiers et infirmières de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) tourne autour de la mobilité des syndiqués. À titre d’exemple, une infirmière pourrait être appelée à se déplacer de l’oncologie à l’urgence ou la neurologie du jour au lendemain sans aucune formation.
En termes clairs, d’un côté, le gouvernement Legault favorise la rétention en versant une prime annuelle de fidélité aux employés qui demeurent à leur poste, et de l’autre, il propose d’insérer la mobilité dans la convention collective…De toute évidence, on fait face à une politique du deux poids, deux mesures.
vigile.quebec tribune libre 3 septembre 2024
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4 septembre 2024
Les statistiques sont alarmantes, En pleine période de pénurie de main d’oeuvre en enseignement, jusqu’à un aspirant prof sur deux abandonne ses études en cours, une proportion qui est en hausse dans certaines universités.
Selon la doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, Anabelle Viau-Guay, «une des pistes d’explication, c’est la durée des études qui s’allonge chez nos étudiants notamment en raison de la conciliation travail-études. Parmi la plus récente cohorte d’étudiants en enseignement, 10% sont toujours inscrits à l’université six ans après le début de leur baccalauréat de quatre ans». Le taux de diplomation à l’Université Laval, tous programmes confondus, est de 64% comparativement à 79% il y a trois ans, et un scénario à peu près semblable ressort dans les autres universités du Québec.
Or quoique perçus de facto comme bénéfiques pour la formation des futurs enseignants, certains experts du réseau scolaire préconisent la rémunération des stages en enseignement, un facteur qui contribuerait, selon eux, à freiner le nombre d’abandons parmi les aspirants enseignants qui, pour plusieurs, doivent se dénicher un emploi à temps partiel pour payer l’épicerie.
En bref, l’attractivité et la rétention eu égard aux études menant à la carrière d’enseignant ont un prix. Primo, la durée du baccalauréat en sciences de l’éducation doit être réduite au minimum compte tenu que les cours de didactique n’abordent que les notions théoriques inhérentes à la profession d’enseignant. Et secundo, les stages, qui incarnent la facette pratique des notions didactiques, doivent être rémunérés, les étudiants étant confrontés aux mêmes tâches qu’un enseignant, notamment à la préparation et la prestation de cours en plus de la correction.
vigile.quebec tribune libre 3 septembre 2024
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1 septembre 2024
Avec le début des classes dans les écoles du Québec, il est une question qui revient sur toutes les lèvres comme un leitmotiv à chaque rentrée scolaire à savoir «devons-nous exiger le vouvoiement de la part des élèves envers le personnel enseignant?»
À cet effet, le vouvoiement a toujours été associé à une marque de respect envers la personne à qui on s’adresse, voire la panacée aux problèmes liés au manque de respect de certains élèves envers leurs enseignants, une assertion à laquelle je me rallie mais avec une certaine réserve.Tout d’abord, il m’apparaît primordial de faire une mise au point. À mes yeux, le respect ne s’exige pas par des «vous», il se gagne avec le temps. Je demeure convaincu que le respect ne s’impose pas de droit, mais qu’il s’acquiert dans une attitude respectueuse des personnes humaines que nous côtoyons, peu importe leur âge et leur statut. En termes clairs, l’enseignant gagnera le respect de ses élèves pour autant qu’il leur rend la pareille. Par ailleurs, il est utopique de croire qu’un professeur qui exige le vouvoiement gagnera de facto le respect de ses élèves.
J’ai toujours vouvoyé mes parents, mes enfants me tutoient et ma petite-fille tutoie ses grands-parents et cela dans un respect mutuel. Lorsque j’étais enseignant, la plupart de mes élèves me demandaient s’ils devaient me tutoyer ou me vouvoyer. Je leur répondais que je n’avais pas de préférence à cet égard pour autant que le respect s’établisse entre nous.
En bref, si nous fabulons sur l’effet magique du vouvoiement, nous risquons de mettre un cataplasme sur la solution au problème d’irrespect de certains jeunes car nous devons admettre qu’on peut manquer de respect envers quelqu’un même en le vouvoyant!
vigile.quebec tribune libre 29 août 2024
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30 août 2024
D’entrée de jeu, je voudrais dissiper toute ambiguïté sur les bienfaits pédagogiques du projet de Lab-École, abstraction faite du coût astronomique engendré par la construction d’un tel projet. À titre d’exemples, le Lab-École de Rimouski est estimé à 44,3 millions $ pour un bâtiment de 25 classes, et celui de Shefford à 37,1 M$, soit une facture moyenne de 2,3 M$ par classe. Par ailleurs, on apprend que le gouvernement Legault a pris la décision de mettre fin à ce projet.
D’un autre côté, c’est bien connu, plusieurs des écoles actuelles tombent en décrépitude sous le poids des années et ont rapidement besoin dune cure de rajeunissement, notamment sur l’étanchéité de la fenestration et l’absence d’un système d’air climatisé lors des canicules qui sont de plus en plus fréquentes sous l’influence des changements climatiques. C’est sans compter les murs défraîchis par le temps et les fissures qui font figure de locaux délabrés.
À cet effet, on se souviendra que François Legault a pris comme engagement de faire de l’éducation sa première priorité dès le début de son premier mandat, le délabrement des écoles québécoises faisant partie intégrante de cet engagement. Or le projet de Lab-École, malgré ses vertus avant-gardistes, ne touchent qu’une minorité d’élèves tandis que la restauration des écoles existantes améliorerait la qualité de vie de l’ensemble des élèves du Québec.
Enfin, je suis plutôt d’avis que les investissements eu égard au bien-être des élèves doivent être priorisés au profit de la qualité de vie de l’ensemble des jeunes du Québec plutôt que de privilégier une infime partie des élèves. C’est une simple question de gros bon sens!
vigile.quebec tribune libre 29 août 2024 "Investir dans le Lab-École ou la restauration des écoles"
Le Devoir 30 août 2024
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29 août 2024
Sans grande surprise, la pénurie d’enseignants refait surface en ce début d’année scolaire, attirant dans son sillon l’inquiétude des parents et des directions d’écoles qui n’ont d’autres choix que de se rabattre sur l’engagement d’enseignants non-qualifiés. Parmi eux, se retrouvent des bacheliers en français, en mathématiques, en géographie, en histoire, etc. En bref, des personnes compétentes dans leur domaine respectif mais qui manquent d’un atout essentiel, soit une formation en didactique.
Or, enseigner est un art qui s’acquiert, comme la plupart des professions, à travers les expériences vécues, en d’autres termes, par l’enseignement. Nonobstant les outils importants présentés aux bacheliers en sciences de l’éducation, l’apprentissage de la profession trouve aussi sa pertinence dans la prestation de cours adéquate sur le terrain.
Conséquemment, il m’apparaît essentiel que les enseignants non-qualifiés soient appuyés par des mentors qui pourront les initier progressivement aux rudiments de l’acte pédagogique, dont la gestion de classe, une variable primordiale sous-jacente à toute forme de communication des connaissances.
Sans vouloir dénigrer l’importance des cours de didactique, il n’en demeure pas moins qu’ils sont axés autour de notions théoriques qui font abstraction des situations concrètes que sont appelés à gérer les enseignants au quotidien. Dans cette foulée, le mentor joue un rôle capital, soit de présenter à l’enseignant non-qualifié les bases d’une saine gestion de groupe, Après tout, n’est-ce pas en enseignant qu’on apprend à enseigner?
vigile.quebec tribune libre 28 août 2024
Le Devoir 31 août 2024
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27 août 2024
Dans la foulée de la nouvelle branche de la rubrique Point de vue, Point de langue, j’ai cru pertinent de remettre les pendules à l’heure eu égard à l’étymologie des mots, le déclencheur de ma réflexion émanant de l’article de Mireille Elchacar sous le titre Et si l’on dépassait les idées reçues sur l’orthographe?
Depuis des siècles, de nombreux projets de réformes de l’orthographe française ont été proposés dans le but, notamment, de simplifier la graphie des mots. Or, nonobstant l’intention louable de ces réformes orthographiques, on semble oublier que la très grande majorité des mots français tirent leur origine et, par conséquent leur racine du latin.
À en juger l’orthographe de certains mots que plusieurs qualifient d’inutilement compliqué, une tendance à la simplification entre directement en conflit avec l’étymologie des mots. Ainsi en est-il du chiffre «sept» qui conserve le «p» en français compte tenu de son origine latine «septem», et des adjectifs «innombrable» et «inopportun» qui pour l’un redouble le «n» sous l’effet de la proposition latine «in» et de la première lettre de la racine et pour l’autre, conserve la préposition «in» latine suivie de la racine commençant par une voyelle.
Selon Larousse, l’étymologie est la «science qui a pour objet la recherche de l'origine des mots d'une langue donnée, et la reconstitution de l'ascendance de ces mots.» En conséquence, l’étymologie va au-delà de l’origine des mots, elle reconstitue l’ascendance des mots, d’où la nécessité de reproduire fidèlement la graphie latine, à défaut de quoi le mot français se verra littéralement déraciné.
En terminant, je suis d’avis qu’une période d’étymologie par cycle soit intégrée au cours de français au premier cycle du secondaire dans le but de conscientiser les élèves sur les phénomènes orthographiques agissant sur les mots français et, de ce fait, les amener à démystifier ce que certains spécialistes qualifient à tort d’ orthographe «capricieuse».
vigile.quebec tribune libre 25 août 2024
Le Devoir 27 août 2024
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