Richard Henry Bain – un personnage énigmatique

8 septembre 2012

Le geste démoniaque commis par Richard Henry Bain au Métropolis au moment où la nouvelle première ministre du Québec faisait son allocution devant ses partisans soulève de nombreuses questions.

On peut d’abord sérieusement se demander comment un homme masqué et vêtu d’une robe de chambre ait pu si facilement entrer dans le hall du Métropolis comme dans une passoire à ciel ouvert.

On peut aussi se questionner sur les raisons de posséder 22 armes à feu chez lui, de conduire un camion militaire arborant l’image de Mickey Mouse, affublée d’un panache, d’arborer un drapeau du Québec sur sa propriété alors qu’il semblait vouloir sonner le « réveil des Anglais » lors de son incursion sur les lieux de l’attentat.

Enfin, certains associent un tel geste à la haine de la communauté anglophone contre les québécois francophones de souche. À ce chapitre, je serais porté à faire preuve de prudence puisque que de telles allégations risquent d’envenimer davantage une cohabitation déjà passablement tendue depuis longtemps.

Un fait m’apparaît indéniable…Aux dires des personnes qui le côtoyaient, Richard Henry Bain ne laissait pas indifférent et certains de ses comportements suscitaient des interrogations. Son geste démesuré du 4 septembre vient ajouter au caractère énigmatique du personnage avec lequel les enquêteurs sont confrontés.

quebechebdo 8 septembre 2012

    

 

 

Reflet d’une campagne axée sur le discours stratégique

7 septembre 2012

Un rapide coup d’œil sur l’évolution des sondages nous indique que, malgré la volatilité du vote qui s’est exprimée tout au cours de la dernière campagne électorale au Québec, les Québécois sont retournés à la case départ où leurs intentions de vote se situaient 35 jours auparavant.

En effet, dès les premiers sondages, les résultats donnaient 32% pour le PQ, 31% pour le PLQ, 27% pour la CAQ, 6% pour QS et 2% pour ON, soit exactement le résultat final de l’élection et ce, même si à peine 26% des électeurs avaient déjà fait leur choix avant le début de la campagne, que quelque 35% des gens confiaient avoir attendu à la dernière semaine au cours des derniers sondages, et que 10% confirmeraient leur choix dans l’isoloir.

« Dans le doute, abstiens-toi », nous enseigne un vieux proverbe qui trouverait son origine dans l’Avesta, livre sacré des zoroastriens attribué à Zarathoustra au VIIième siècle avant J.-C. Il semble que la « prudence légendaire » des Québécois ait encore une fois guidé leur choix le 4 septembre!

Certains commentaires émis tout au cours de la campagne électorale québécoise l’ont qualifiée d’ « historique »…Pourtant, si nous analysons le résultat final, les Québécois, embourbés dans l’engrenage du discours stratégique, n’ont fait que ce qu’ils ont l’habitude de faire, à savoir de voter pour un « prudent changement » tout en conservant la sonnette d’alarme fédéraliste dans les parages.

Si nous excluons l’élection de la première femme à titre de premier ministre de la province de Québec et la tentative d’assassinat d’un détraqué envers elle le 4 septembre au Métropolis, laquelle a donné lieu à la mort tragique et malheureuse d’un innocent, je ne vois pas vraiment comment la dernière campagne électorale va passer à l’histoire compte tenu que la dite nouvelle première femme premier ministre du Québec se retrouve « les mains liées » avec un gouvernement minoritaire.

Dans un tel contexte, Pauline Marois ne pourra que surfer sur la vague de la gouvernance souverainiste avec, en prime, deux partis qui ne se gêneront pas pour lui mettre des bâtons dans les roues…jusqu’au déclenchement prochain d’une autre campagne électorale qui, je l’espère, s’inscrira vraiment, cette fois-ci, dans l’histoire par l’élection d’un parti résolument souverainiste…ou d’un front uni des forces souverainistes par un pacte électoral, une option qui mérite d’être exploitée!

quebechebdo 7 septembre 2012
vigile.net tribune libre 7 septembre 2012

Option nationale récolte quelque 74 000 voix

5 septembre 2012

D'entrée de jeu, j'aimerais offrir mes félicitations à Pauline Marois et au PQ qui, à la suite d'une campagne électorale saine et uniforme et un taux d'intentions de vote relativement stable dans les sondages, ont repris le pouvoir à l'Assemblée nationale après neuf ans d'absence.

Toutefois, les résultats du 4 septembre 2012 laissent présager des jours sombres au temple des élus comme le font foi certains titres que j’ai glanés ici et là dans les médias au lendemain du scrutin. À titre d’exemples, nous pouvons lire, à propos du gouvernement minoritaire péquiste que Pauline Marois aura « les mains liées », de la deuxième position du PLQ interprétée comme « une victoire morale », et des « mines déconfites » des caquistes qui se retrouvent relégués au rang de deuxième opposition officielle.

Par ailleurs, l’arrivée de Françoise David au Salon bleu ne peut qu’apporter un élément de fraîcheur et contribuera peut-être à favoriser l’éclosion d’une coalition des forces souverainistes et progressistes, étant donné la position minoritaire du PQ.

Enfin, compte tenu qu’Option nationale se retrouve sans voix à l’Assemblée nationale à cause de la défaite de Jean-Martin Aussant dans son comté, je ne peux qu’éprouver une amère déception. Néanmoins, comme l’exprimait le chef d’ON à ses militants réunis au Centre des arts populaires de Nicolet…« C’est loin d’être une défaite à plates coutures, et vous le dites si bien vous-mêmes : ce n’est qu’un début. Option nationale a sa place dans le paysage politique québécois…Je n’ai aucune inquiétude pour mon avenir et l’avenir du projet…On perd la tribune de l’Assemblée nationale. C’était incomparable et exceptionnel comme tribune, et c’est pour ça qu’on a travaillé très fort pour la garder. C’est juste un obstacle additionnel, mais ce n’est pas la fin du projet. »

De toute façon, si nous considérons objectivement l’infime temps de parole que les règlements de l’Assemblée nationale auraient accordé au seul député d’un tiers parti, nous devons admettre que le chef de ce parti pourra consacrer davantage de temps sur le terrain à consolider les bases de son parti et à mettre la table pour 2016.

En réalité, avec 1,9% des suffrages exprimés en faveur d’Option nationale [information officielle obtenue du bureau du Directeur général des élections le 5 septembre à 10h] , à savoir environ 2% des 3,7 millions d’électeurs qui se sont prévalus de leur droit de vote, soit 74% des 5 millions inscrits sur la liste électorale, ON récolte quelque 74 000 voix.

Si nous ajoutons à ce score relativement exceptionnel pour un parti qui n’a pas encore un an d’existence, l’adhésion de plus de 6000 membres, et la performance exceptionnelle de Catherine Dorion dans Taschereau qui reçoit un appui de 7% des électeurs, je considère que les résultats du scrutin du 4 septembre 2012 représente sans contredit une « victoire morale » pour Jean-Martin Aussant.

quebechebdo 5 septembre 2012
vigile.net tribune libre 5 septembre 2012
cyberpresse.ca 6 septembre 2012 (Que pensez-vous du résultat des élections?) "Une victoire morale pour Jean-Martin Aussant" (version abrégée) 

Le 4 septembre, je demeure authentique

3 septembre 2012

Que de manipulations et de sarcasmes, voire même de paroles cyniques, les quelque 5 000 membres d’Option nationale [dont je fais partie] et les nombreux appuis non-comptabilisés à ce nouveau parti ont dû supporter depuis sa création et particulièrement depuis le début de cette campagne électorale!

Du spectre de la division du vote au dogme du vote stratégique en passant par l’urgence de nous débarrasser du gouvernement Charest, tous les arguments ont été sortis de la vieille valise péquiste pour nous « faire entendre raison » et nous ranger derrière le seul parti qui « prône la souveraineté du Québec ».

Foutaise…La rengaine de la gouvernance souverainiste n’a plus aucun écho à nos oreilles et ce, depuis belle lurette et d’ailleurs bien avant la création d’Option nationale. Et maintenant qu’enfin, un véritable parti indépendantiste se présente à nous avec, à sa tête, un leader intègre et convaincu, muni d’une plate-forme écrite « dans le béton » en ce qui a trait à une démarche claire de l’accession du Québec à son statut de pays, les ténors de la sacro-sainte stratégie voudraient nous vendre la supposée ferveur d’un parti moribond qui, depuis 42 ans, divague dans le chant des sirènes émergeant des catacombes étapistes et des antres des conditions gagnantes.

Eh bien, aujourd’hui, à la veille de ce scrutin que plusieurs qualifient d’ « historique », je persiste et je signe…je demeure authentique et j’assume mes convictions en vous confirmant que je voterai pour le candidat d’Option nationale dans ma circonscription.

Et, à toutes celles et à tous ceux qui me demanderont si « j’ai gagné mes élections » le 5 septembre, je leur répondrai que non au sens où ils l’entendent, mais que j’ai gagné par ailleurs l’insigne privilège de m’inscrire sur la liste des pionniers qui auront contribué à faire du Québec un pays dans un avenir rapproché.

Quant à celles et à ceux qui sabreront le champagne dans l’hypothèse où un gouvernement péquiste, qu’il soit minoritaire ou majoritaire, est élu, je ne peux que vous souhaiter que notre première ministre ne contribuera pas à faire reculer l’option nationale du Québec au cours de ses pèlerinages à Ottawa.

Enfin, les bureaux de scrutin ouvriront dans quelques heures et la voix du peuple pourra s’exprimer tel que le proclame notre système démocratique. L’heure de vérité a maintenant sonné…que chacun vote en son âme et conscience!

quebechebdo 3 septembre 2012
vigile.net tribune libre 3 septembre 2012 "Je vote authentique"

Commentaire:

"Merci pour votre clarté d'esprit et votre belle conviction. Au soir du 4 septembre, ce jeune parti aura certainement gagné le droit d'exister et de faire connaître sa belle assurance au peuple québécois. L'histoire dira que la destinée d'Option Nationale aura commencé le 5 septembre 2012. C'est l'espoir que je nous souhaite" !

Serge Savoie
quebechebdo 3 septembre 2012

Conseil de la fédération – Pauline Marois vire son capot de bord

3 septembre 2012

La chronique de Michel David, parue dans Le Devoir du 1er septembre sous le titre "La bébelle", ne peut que susciter une sérieuse réflexion sur la démarche qu'entend prendre Pauline Marois dans ses relations fédérales-provinciales dans l'éventualité où elle deviendrait première ministre du Québec.

Le nœud de l’argumentaire de Michel David s’articule particulièrement autour du Conseil de la fédération que Jean Charest considère comme la « huitième merveille du monde » et qui devait constituer le « symbole du fédéralisme renouvelé ».

La suite des événements a clairement démontré que les chefs du PQ ont immédiatement pris en grippe ce que Bernard Landry qualifiait « d’acte de soumission » et que Pauline Marois a repris sous le qualificatif peu reluisant de « bébelle » en 2010 par la voix d’Alexandre Cloutier, son porte-parole en matières intergouvernementales canadiennes, un discours que son successeur, Bernard Drainville, a réitéré à maintes occasions en affirmant que « des millions provenant des poches des Québécois y étaient investis dans le seul but de vanter les mérites du fédéralisme et du statu quo constitutionnel ».

Toutefois, en entrevue avec l’équipe éditoriale du Devoir le 30 août, la chef du PQ vire son capot de bord et déclare qu’elle est maintenant « disposée à s’accommoder de la bébelle », alléguant qu’elle « ne pratiquera jamais la politique de la chaise vide ». En termes clairs, la future nouvelle première première ministre du Québec a l’intention de s’asseoir autour de la table de la ligue du vieux poêle pour discuter fraternellement avec ses confrères canadiens du statut du Québec à l’intérieur de la fédération canadienne.

Comme l’exprime assez justement Michel David, « Mme Marois prétend vouloir sortir le Québec du Canada, mais elle n’ose même pas se retirer d’une institution que les péquistes ont toujours présentée comme un véritable piège à cons. Ça promet pour la gouvernance souverainiste! En quoi consiste la souveraineté, sinon à laisser la chaise vide ? »

Ce n’est sûrement pas avec des attitudes aussi tordues que l’ardeur souverainiste va reprendre du panache. En effet, si vous combinez la rencontre de famille annuelle du Conseil de la fédération avec la visite paroissiale mensuelle de la gouvernance souverainiste, les probabilités d’avancement de la cause souverainiste au Québec risque de s’effriter compte tenu que la brigade péquiste s’apprête à passer plus de temps dans le ROC que dans sa propre forteresse.

Le 30 août, au Métropolis, Pauline Marois y est allée de cette envolée oratoire: « Après 400 ans d’existence, 250 ans après la Conquête, une génération de lutte politique, neuf ans de recul libéral, il est temps que les souverainistes se mettent en marche. »…Eh bien, Mme Marois, il est plutôt temps que vous passiez de la parole aux actes!

quebechebdo 2 septembre 2012 
vigile.net tribune libre 3 septembre 2012 "Pauline Marois vire son capot de bord" 

Le choc des pelles

2 septembre 2012

En annonçant sa candidature à la mairie de Québec sous la bannière du nouveau parti qu’elle vient de créer, à savoir Démocratie Québec, la conseillère indépendante Anne Guérette, à mon avis, vient ajouter de l’eau au moulin d’une saine opposition à l’Hôtel de Ville de Québec.

Quoique j’éprouve certaines réserves sur les résultats qu’elle obtiendra dans ses intentions de réclamer à Stephen Harper une contribution financière pour la construction du nouvel amphithéâtre, je demeure convaincu que la vaste expérience de Mme Guérette à titre de conseillère, alliée à sa propension naturelle à une gestion prudente des fonds publics, contribueront à freiner les élans souvent mégalomanes de Régis Labeaume. À cet effet, le nom choisi par Anne Guérette dénote sans ambiguïté son intention de mettre de l’avant un processus démocratique dans la gestion de la ville de Québec.

En présentant sa pelle rouge, ornée d’un signe de dollar noir, à l’attaché de presse du maire lors de l’annonce officielle de sa candidature, Mme Guérette voulait symboliquement faire un contrepoids à la pelle bleue qui sera utilisée à l’occasion de la pelletée de terre collective du 3 septembre.

Qui sait…peut-être que dans le choc des pelles jaillira la lumière!

quebechebdo 1er septembre 2012

La croisade de Solange Allen

31 août 2012

Depuis le début d’août, 151 personnes ont été infectées par la légionellose et 9 d’entre elles en sont décédées. Il aura fallu un tel bilan désastreux pour que la Régie du bâtiment confirme qu’elle se joignait aux équipes de la Ville de Québec et de la Direction régionale de santé publique de la Capitale nationale dans les démarches d'inspection des différentes tours de refroidissement situées sur les édifices d'un certain territoire de la ville.

Quant aux autorités de la Ville de Québec, elles ont démenti , par le biais d’un communiqué, toute information circulant sur la possibilité que ses réservoirs de rétention des eaux ou que son incinérateur puissent être à la source de l’éclosion actuelle de légionellose, alléguant qu’en juillet, la Ville a fait inspecter ses installations pouvant produire de la vapeur d’eau dans le secteur concerné dans le cadre de l’appel lancé par la Direction régionale de santé publique et qu’aucune infection à la légionelle n’y a été constatée.

Au niveau des instances gouvernementales provinciales, chacun des partis ayant occupé le pouvoir au cours des dernières décennies, à savoir le PLQ et le PQ, se renvoient la balle, le ministre sortant de la Santé Yves Bolduc critiquant le Parti québécois de ne pas avoir appliqué les recommandations d'un rapport publié en 1997 après une éclosion de légionellose en 1996 alors qu’après trois mandats au sein du gouvernement, le PLQ est demeuré silencieux dans ce dossier.

Devant un tel dénigrement scandaleux de responsabilités face à l’éclosion de la légionellose, Mme Solange Allen, la veuve de Claude Desjardins décédé de la légionellose le 19 août dernier, en compagnie de l’avocat Jean-Pierre Ménard, a décidé de partir en croisière, déterminée à obtenir des réponses à ses questions et, surtout, à voir les coupables punis.

Pour atteindre leur objectif, maître Ménard et la plaignante demandent aux ministres de la Santé et de la Sécurité publique d'ordonner la tenue d'une enquête publique du coroner pour «permettre de comprendre ce qui est survenu et éviter qu'une telle situation ne se reproduise», plaidant la « négligence criminelle » contre les responsables de la contamination pour avoir omis de nettoyer leurs tours de refroidissement alors que la Santé publique multipliait les messages en ce sens et que le nombre de cas explosait.

Alors que le Québec se retrouve en pleine campagne électorale et qu’une situation aussi dramatique met sérieusement en danger la santé publique, nous ne pouvons que déplorer l’attitude cavalière de nos politiciens pour qui, encore une fois, leur intérêt professionnel transcende largement l’intérêt public.

Si vous ajoutez à ce tableau peu reluisant le fait que, 5 jours avant le scrutin, le ministre libéral sortant de la Sécurité publique, Robert Dutil, se rende tout à coup aux doléances exprimées par Solange Allen et demande au coroner la tenue d'une enquête publique sur l'éclosion de légionellose à Québec alors qu’il n’envoyait pas la nécessité quelques jours auparavant, vous obtenez la recette parfaite d’une fumisterie bassement électoraliste!

quebechebdo 31 août 2012
vigile.net tribune libre 31 août 2012

Jean-Martin Aussant dixit

30 août 2012

Rares ont été les occasions où le chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, a pu s’exprimer sur les médias traditionnels au cours de la présente campagne électorale. Néanmoins, le 29 août, Le Devoir est allé le rencontrer à son bureau de comté et a publié un article le 30 août sous le titre « Le PQ ne cherche qu’à se faire élire » qui a enfin permis à JMA de livrer le fond de sa pensée sur certains dossiers chauds qui le préoccupent particulièrement. Aussi, ai-je cru opportun de vous livrer en vrac quelques unes des réflexions qu’il a livrées au cours de cette rencontre avec Robert Dutrisac.

« Dans cette élection, c’est la plaie la plus irritante et la plus fatigante : le maudit discours sur la division du vote, le vote stratégique, le vote utile… Ça m’horripile de penser que des gens aiment bien Option nationale, mais qu’ils vont voter pour autre chose pour bloquer quelqu’un d’autre…Un mode de scrutin de type proportionnel, c’est dû depuis longtemps, au Québec. Le système britannique, ça ne marche pas dès qu’il y a plus que deux partis. »

À ce sujet, M.Aussant soutient que tous les partis souverainistes devraient souhaiter l’instauration d’un mode de scrutin de type proportionnel, même pour des raisons stratégiques tout en rappelant du même souffle que René Lévesque était plus populaire que son parti et que son parti était plus populaire que l’option souverainiste alors qu’aujourd’hui, Pauline Marois est moins populaire que son parti qui, lui, est moins populaire que son option, d’où l’avantage de la proportionnelle pour augmenter le nombre d’élus souverainistes à l’Assemblée nationale.

En ce qui a trait à la pierre d’assise d’ON, Jean-Martin Aussant insiste sur le fait indéniable que le projet de souveraineté ne pourra se réaliser qu’avec un parti qui en fait clairement son objectif. « C’est tellement clair que le jour où on est élu, c’est que le Québec est prêt à faire la souveraineté ».

« Ce n’est pas quand on est gêné d’avoir une idée qu’elle avance bien vite. Le jour où tous les candidats souverainistes auront le courage de parler de souveraineté au risque de ne pas être élus, l’idée va avoir gagné beaucoup en crédibilité et ça va accélérer le projet et l’élection de députés souverainistes ».

« La population perçoit un manque de courage, perçoit ce doute dans la tête des leaders souverainistes. Elle se dit : si même les leaders en doutent, s’ils ont tellement peur d’en parler, il doit y avoir quelque chose qui ne va pas quelque part. »

Jean-Martin Aussant signale qu’il a rencontré des centaines, sinon des milliers de fédéralistes « qui sont devenus souverainistes ». Il leur présente des arguments de nature économique pour contrer « la propagande mensongère » des forces fédéralistes, puisque sur le plan identitaire, les Québécois savent très bien que seul leur gouvernement québécois peut protéger la culture québécoise. Il s’adresse à l’« Homo economicus ».

Relativement à la jeunesse québécoise actuelle, le chef d’ON souligne que les jeunes n’ont jamais vécu une période où les arguments à l’appui de la souveraineté ont vraiment été débattus puisque, pour la plupart, ils n’étaient pas encore nés lors du référendum. « À chaque fois qu’on leur en parle, ils entendent les arguments pour la première fois. »

Concernant le fait qu’ON soit le seul parti qui dit résolument oui à la souveraineté, JMA conclut en disant qu’il y a les deux partis du « non », le PLQ et la CAQ, et les deux partis du « peut-être », le PQ et Québec solidaire.

Lorsqu’il aborde son départ du PQ, M. Aussant invoque qu’il ne croyait plus que le parti pouvait être transformé de l’intérieur, citant à ce propos René Lévesque, qui avait affirmé que le PQ, fondé en 1968, ne devrait pas durer plus de 20 ans. « Il a dit que le parti deviendrait une Église, qu’il deviendrait un parti opportuniste et calculateur comme tous les autres, et il avait raison…Le PQ est devenu une machine politique professionnelle qui ne cherche qu’à se faire élire ».

À ce sujet, Jean-Martin Aussant accuse son ancien parti d’être « malhonnête intellectuellement quand il prétend vouloir faire un pays ». Il voudrait que le PQ, par souci d’honnêteté, se présente plutôt « comme une alternative de gestion provincialiste ». À son avis, « le PQ ne reviendra pas aux idéaux qui l’ont fondé ».

Enfin, même si Jean-Martin Aussant dit croire en ses chances d’être élu le 4 septembre, il répond que, même s’il était battu, son parti ne disparaîtra pas et qu’il entend en demeurer le chef. « Concrètement, si on n’a pas de chef à l’Assemblée nationale, c’est sûr que c’est plus difficile de garder un projet très vibrant, mais c’est faisable. Et le 4 septembre, c’est le début d’Option nationale, ce n’est pas la fin…Il a fallu trois élections pour que René Lévesque soit élu sous la bannière du PQ ».

vigile.net tribune libre 30 août 2012
quebechebdo 2 septembre 2012

Commentaire:

"La malhonnêteté intellectuelle du PQMarois, je l'ai démontré en long, en large et dans les détails dans un livre de 90 pages publié en février 2012 sous le titre : Indépendance : Le Parti québécois a trahi ses militants.
À ce chapitre, depuis 42 ans, il y a eu violation systématique de la part des leaders péquistes, du programme et des statuts, la pire étant à ce sujet Pauline Marois, qui en mars 2008, a même poussé l'ignominie à faire changer en violation du programme et des statuts (par un simple conseil national) l'article 1 du programme (réaliser la souveraineté du Québec) pour le remplacer par "défendre les intérêts du Québec" en attendant la
souveraineté." 

Pierre Cloutier ll.m avocat à la retraite
vigile.net tribune libre 30 août 2012

Un message qui rapporte des fruits

29 août 2012

Si le dernier sondage accorde 3% des intentions de vote à Option Nationale, c’est en grande partie parce que son chef, Jean Martin Aussant, a su déployer une stratégie de communication 2.0 qui s’est avérée très efficace, une approche qui, aux dires de JMA, repose d’abord et avant tout sur une ligne éditoriale stricte, à savoir éviter les combats de coqs et les viles prises de bec caractéristiques des débats politiques traditionnels au Québec et se concentrer positivement sur les échanges à propos des positions d’ON, en réalité, le style privilégié de politique qu’il veut offrir aux Québécois.

Si, malgré son absence aux débats télévisés et un budget de publicité restreint, ce nouveau parti a su s’imposer dans la campagne, c’est surtout grâce à une poignée de jeunes bénévoles engagés qui scrutent à la loupe les réseaux sociaux 20 heures par jour, restant à l’affût de tout ce qui touche Option Nationale de près ou de loin tout en réagissant au besoin. Si vous ajoutez à cette brigade de jeunes les équipes dynamiques des différentes circonscriptions, Option nationale se retrouve avec une petite armée de bénévoles qui diffusent les messages et propositions du parti de façon massive.

À titre d’exemple d’efficacité de l’importance de l’impact de la campagne 2.0 d’ON, JMA, après avoir été débouté par un tribunal de participer aux débats des chefs, a tenu son propre débat sur un blogue et soutient y avoir attiré plus de 10 000 personnes.

Selon les données fournies par ON, les identifiants sur Twitter concernant Jean-Martin Aussant et Option Nationale comptent respectivement 21 300 et 11 400 abonnés alors que leurs équivalents Facebook rejoignent quant à eux 7 300 et 23 300 personnes. En plus de s’attirer la faveur et l’écoute d’un certain public indépendantiste, le rayonnement 2.0 aura valu à Option nationale de s’attirer une couverture relativement importante dans les médias traditionnels et de récolter en prime un 3 % d’intentions de vote dans les sondages, alors qu’ON se maintenait depuis longtemps à 2%.

Comme disait Marshall McLuhan, « le médium est le message ». Dans le cas de la remontée d’Option nationale dans la faveur populaire, il serait opportun de mentionner que, en plus du médium utilisé, la qualité du message et la manière de le véhiculer revêtent aussi une importance capitale.

En réalité, tant et aussi longtemps que les politiciens s’en tiendront à des discours de combats de coqs à saveur bêtement électoraliste, nous récolterons les fruits de leurs querelles enfantines et oiseuses. Par ailleurs, à partir du moment où l’argumentaire s’alimentera autour des idées, nous récolterons des fruits sains et générateurs d’énergie pour l’avenir du Québec…c’est peut-être ça « faire de la politique autrement ».

vigile.net tribune libre 29 août 2012
quebechebdo 30 août 2012

Désertion intensive

29 août 2012

Conformément à une nouvelle politique du gouvernement Charest, tous les élèves de sixième année suivront, d’ici 2015, un programme d’anglais intensif qui occupera la plage-horaire de la moitié de l’année scolaire à plein temps, les matières régulières, telles le français, les mathématiques et les autres disciplines, étant condensées en cinq mois au lieu de dix.

Une réalité avec laquelle plusieurs enseignants de sixième année ont déjà annoncé leur couleur en manifestant leur intention de déserter leur niveau d’enseignement pour un autre. À titre d’exemple, une petite enquête interne du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec auprès de 25 professeurs révèlent que 80% d’entre eux quitteront leur poste le jour où l’anglais intensif sera imposé dans leur école. À la commission scolaire des Découvreurs, où près de la moitié des élèves seront soumis à l’anglais intensif dès cette année, 45% des professeurs ont décidé de changer de niveau.

Espérons que le prochain gouvernement révisera cette politique pour le moins contestable, à défaut de quoi, je devrai donner raison à cette enseignante de sixième année qui s’exprime en ces termes : « Quand on me dit que ça ne changera rien aux résultats des élèves, c’est comme si on me disait que je ne fais rien dans ma classe pendant la moitié de l’année ».

quebechebdo 29 août 2012